Jordan Bardella : "Il faut un nouveau gouvernement qui aille vers plus d'écoute et de démocratie"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 67 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:22OuverteRéponse directe
Vous assumez d'ouvrir avec les députés RN une nouvelle phase d'incertitude, de crise, voire de chaos politique en 2024 ?
- 1:52FerméeRéponse directe
Donc vous avez validé ce choix ?
- 3:50FerméeRéponse directe
Qu'est-ce que vous leur répondez ce matin ? Qu'ils sont dans le déni, que vous la voterez tout à l'heure, à 16h, cette censure ?
- 6:01OuverteRéponse directe
Vous irez les voir, ces Français, et vous assumerez devant eux, Jordan Bardella ?
- 7:16RelanceRéponse partielle
Mais vous assumez votre responsabilité, parce qu'on a l'impression qu'avec vous, c'est jamais votre faute.
- 9:02RelanceRéponse partielle
Quand Marine Le Pen a brandi dimanche dernier, il y a deux jours, ce qu'elle dit dans la tribune dimanche, que Michèle Barnier, elle dit, je ne censurerai pas si, je la cite, si le gouvernement nous donne quittus sur la désindexation des pensions ou sur le non-remboursement des médicaments.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:09Invité politiqueFait
« Michel Barnier a été désigné au début du mois de septembre comme étant un Premier ministre sur fond d'absence de majorité parlementaire et d'absence totale de légitimité démocratique, puisqu'il est issu d'un mouvement politique qui est arrivé peu ou prou dernier des élections européennes et dans les dernières positions des élections législatives. »
- 2:01Invité politiquePromesse
« Nous avons indiqué très tôt à Michel Barnier quelles seraient nos lignes rouges, la défense du pouvoir d'achat, le soutien à la croissance et notamment dans le cadre de la discussion budgétaire, la lutte contre la mauvaise dépense publique, la lutte contre les gaspillages. »
- 4:08Invité politiqueFait
« Ce budget, c'est un budget qui est dangereux pour la croissance économique, qui est dangereux pour le pouvoir d'achat de nos compatriotes les plus précaires. »
- 4:23Invité politiqueFait
« Comment on peut assumer un choix budgétaire qui vise à maintenir, voire à augmenter l'aide médicale d'État, c'est-à-dire la gratuité des soins aux étrangers en situation irrégulière d'un côté et de l'autre, accélérer les déremboursements de médicaments ? »
- 6:41Invité politiqueChiffre
« Quand on dit qu'il y a 400 000 personnes en plus qui vont payer l'impôt sur le revenu, alors qu'il y a une loi spéciale qui sera votée le lendemain même du rejet de ce budget, et qui peut parfaitement prévoir, ça a été le cas la dernière fois que ça s'est produit, alors pardon, ça remonte à quelques années, en 1979, et qui réindexe le barème de l'impôt sur le revenu, c'est totalement faux. »
- 8:13Invité politiqueFait
« Celui qui est responsable de la situation dans laquelle nous sommes, avec le record de déficit public, le record de dette, le record de déficit commercial, qui a fait n'importe quoi avec les comptes de l'État, qui fait qu'il a dissous dans des conditions qui sont particulièrement contestables dans la mesure où les alliances de second tour entre la France Insoumise, l'extrême-gauche et la Macronie a provoqué une absence de majorité claire pendant un minimum à un an. »
- 11:24Invité politiqueChiffre
« Un Français sur trois renonce à se soigner parce que le reste à charge est trop important. »
- 11:50Invité politiqueFait
« Michel Barnier, encore une fois, il n'a aucune légitimité démocratique. Il n'a pas de majorité parlementaire. »
- 14:26PrésentateurFait
« Ils ne vont pas vous reprocher de voter les textes des insoumis qui vous accusent de viles obsessions ? »
- 17:59Invité politiqueChiffre
« Il y a deux tiers des électeurs du Rassemblement national qui sont favorables à un vote de cette motion de censure. »
- 18:56AuditeurFait
« Vous n'y avez jamais travaillé. »
- 21:07Invité politiqueChiffre
« L'électricité a doublé depuis 2017. »
- 22:06PrésentateurChiffre
« Le parquet a requis contre Marine Le Pen cinq ans de prison, dont deux ans ferme aménageable, 300 000 euros d'amende et une peine d'inéligibilité assortie d'une exécution provisoire. »
Temps de parole
- Jordan Bardella64 %
- Présentateur16 %
- Présentateur 214 %
- Auditeur4 %
- Auditeur 22 %
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Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le président du Rassemblement National, également eurodéputé et auteur de « Ce que je cherche », publié il y a quelques semaines aux éditions Fayard, vos questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application de Radio France. Jordan Bardella, bonjour.
Bonjour, merci de votre invitation.
Soyez le bienvenu sur Inter, une page de l'histoire politique du pays est en train de s'écrire cette semaine avec la probable chute du gouvernement Barnier. Sous la Vème République, ce serait la première fois depuis 1962 qu'une motion de censure serait adoptée. Et on rappelle le contexte de l'époque, 1962, la France en pleine crise sur fond de guerre d'Algérie et d'attentat du petit clamart contre le général de Gaulle. Vous assumez d'ouvrir avec les députés ARN une nouvelle phase d'incertitude, de crise, voire de chaos politique en 2024 ?
Bon, la question n'est pas du tout caricaturale, si vous me le permettez. Michel Barnier a été désigné au début du mois de septembre comme étant un Premier ministre sur fond d'absence de majorité parlementaire et d'absence totale de légitimité démocratique, puisqu'il est issu d'un mouvement politique qui est arrivé peu ou prou dernier des élections européennes et dans les dernières positions des élections législatives.
Moi j'ai fait le choix avec le Rassemblement National de ne pas censurer a priori Michel Barnier parce qu'il fallait un Premier ministre au pays et que le pays devait avancer dans des temps qui sont des temps difficiles pour le pouvoir d'achat, la sécurité de nos compatriotes ou l'image de la France sur la scène internationale.
On peut même dire que c'est un choix que vous avez validé puisque Marine Le Pen, on se rappelle il y a trois mois, disait à la tribune ces mots-là, le Président de la République a tenu compte des critères posés par le Rassemblement National dans son choix de Michel Barnier après avoir retoqué plusieurs autres noms. Donc vous avez validé ce choix ?
Nous avons été responsables et nous avons fait le choix d'être constructifs. Nous avons indiqué très tôt à Michel Barnier quelles seraient nos lignes rouges, la défense du pouvoir d'achat, le soutien à la croissance et notamment dans le cadre de la discussion budgétaire, la lutte contre la mauvaise dépense publique, la lutte contre les gaspillages.
Et nous avons ajouté à cela également un tournant nécessaire sur la politique migratoire, la politique sécuritaire et pénale et aussi l'instauration du scrutin proportionnel parce qu'on sait très bien que cette situation ne vivra pas très longtemps et que nous serons très probablement amenés d'ici à 2027 à retourner aux urnes devant le peuple français. Donc nous avons été constructifs et nous avons été constructifs jusqu'au bout. Mais il y a eu une élection, il y a eu une nouvelle donne politique.
Et quand le Premier ministre nous présente un budget qui est un budget de récession, qui est un budget de punition, qui va pénaliser la croissance, qui va pénaliser le pouvoir d'achat de nos compatriotes les plus précaires, les plus modestes et qui n'engage aucune réforme structurelle dans le fonctionnement de l'État, alors il est de mon devoir que de rejeter ce budget.
Parce que je ne peux pas ensuite retourner devant mes électeurs et leur dire que j'ai laissé passer un budget qui prévoit le déremboursement des médicaments, la désindexation partielle des pensions de retraite, qui prévoit le malus, d'alourdir le malus automobile, qui prévoit d'alourdir la fiscalité de 40 milliards d'euros supplémentaires cette année. Ce n'est pas possible. J'ai pris des engagements, je dois les faire respecter.
Et j'ajoute à cela que le fait que Michel Barnier ait très tôt reçu l'intégralité des groupes politiques, à l'exception du Rassemblement National, qu'il ait rejeté toutes les propositions qui ont été faites depuis trois mois par le Rassemblement National à l'Assemblée, démontre qu'il n'a pas intégré la nouvelle donne politique.
Et Matignon dit qu'ils ont appelé pour l'inviter Marine Le Pen et que vous n'étiez pas disponible sur un problème d'agenda manifestement. Mais juste, on va revenir point par point sur ce que vous dites. Mais quand même, Michel Barnier, hier soir à la télévision, veut encore croire que la motion de censure ne sera pas adoptée. Emmanuel Macron, hier aussi, a déclaré « Je ne peux pas croire au vote d'une censure ». Qu'est-ce que vous leur répondez ce matin ? Qu'ils sont dans le déni, que vous la voterez tout à l'heure, à 16h, cette censure ? Que vous voterez les deux textes, d'ailleurs.
Cela démontre qu'ils sont totalement déconnectés de ce qui se passe dans le pays et qu'ils sont totalement sourds aux souffrances des Français. Ce budget, encore une fois, et c'est ça la question de fonds qu'on doit se poser, résorbe-t-il les déficits ? Résorbe-t-il la dette publique ? Je pense que ce budget, c'est un budget qui est dangereux pour la croissance économique, qui est dangereux pour le pouvoir d'achat de nos compatriotes les plus précaires.
Comment on peut assumer un choix budgétaire qui vise à maintenir, voire à augmenter l'aide médicale d'État, c'est-à-dire la gratuité des soins aux étrangers en situation irrégulière d'un côté et de l'autre, accélérer les déremboursements de médicaments ? Moi, depuis le départ, nous avons dit qu'il y a des tabous dans ce budget. Arrêtez de le dire, parce qu'il est revenu sur ça.
Sur le déremboursement des médicaments, c'est ce qu'il a dit hier matin, vous le savez mieux que moi, il a dit, je ne ferai pas le déremboursement des médicaments. Il l'a dit.
Mais il n'y a pas que cela, il y a un problème d'équilibre général dans ce budget. Donc, nous, nous sommes parfaitement disposés, poser la question de l'incertitude, à accueillir un nouveau gouvernement, à être reçu très tôt par ce nouveau gouvernement, à exposer nos lignes rouges. Mais ils ne peuvent pas faire comme si les 11 millions de gens qui ont voté pour nos candidats aux élections législatives, qui ont voté à plus d'un tiers pour le Rassemblement national aux élections européennes, n'existaient pas, ce n'est pas possible.
Donc c'est fini, vous la voterez tout à l'heure.
Nous voterons la motion de censure, et il faut maintenant un gouvernement qui aille vers plus d'écoutes, plus de considérations, plus de démocratie. Et à partir du moment où un nouveau gouvernement sera nommé, la discussion budgétaire va reprendre, parce qu'encore une fois, ce budget est dangereux pour les Français.
Oui, mais Michel Barnier a prévenu hier soir, et je vais le citer, il faudra que les députés qui vont voter la censure aillent s'expliquer avec les Français que chaque député aille dire aux agriculteurs de sa région pourquoi les retraites agricoles n'augmenteront pas le 1er janvier, car cette mesure aura été supprimée. Il faudra que chaque député aille expliquer pourquoi 18 millions de Français vont devoir payer plus d'impôts qu'ils ne devraient. Il faudra expliquer aux infirmiers dans les hôpitaux pourquoi les crédits que j'ai prévus dans le budget pour la santé mentale, les soins palliatifs, les personnes âgées ne sont plus là, car ils auront été supprimés. Fin de citation.
Vous irez les voir, ces Français, et vous assumerez devant eux, Jordan Bardella ? Non, mais je veux vous dire ce qui est tiré. Les agriculteurs, les infirmiers, les infirmières.
Les agriculteurs, ils sont dans les rues du pays, comme ils l'ont été en début d'année 2024, parce qu'ils sont menacés aujourd'hui par une concurrence internationale déloyale, à laquelle Michel Barnier ne s'attaque pas, par le traité du Mercosur qui est en ce moment même en train d'être négocié dans les couloirs de la Commission européenne, et par une incapacité à vivre de leur salaire. Donc, moi je veux bien qu'on joue, si vous voulez, sur les peurs, mais ce qui est irresponsable, c'est d'aller raconter n'importe quoi aux Français, pour essayer de leur faire peur, pour essayer d'effrayer les Français, en racontant objectivement n'importe quoi.
Quand on dit qu'il y a 400 000 personnes en plus qui vont payer l'impôt sur le revenu, alors qu'il y a une loi spéciale qui sera votée le lendemain même du rejet de ce budget, et qui peut parfaitement prévoir, ça a été le cas la dernière fois que ça s'est produit, alors pardon, ça remonte à quelques années, en 1979, et qui réindexe le barème de l'impôt sur le revenu, c'est totalement faux.
La discussion budgétaire va reprendre, le budget, il y aura un budget pour notre pays, évidemment, dans les prochains mois, mais moi, je ne veux pas d'un budget qui augmente les impôts, je ne veux pas d'un budget qui dérembourse des médicaments, et je ne veux pas d'un budget qui demande toujours des efforts au même.
On entend ce que vous dites, mais vous assumez votre responsabilité, parce qu'on a l'impression qu'avec vous, c'est jamais votre faute. Là, vous avez dit pendant trois mois, à juste titre, que vous aviez un quart des députés, que vous aviez les cartes en main, que c'était vous désormais, le Rassemblement National était traité. Vous l'avez dit, vous l'avez répété, on a entendu Marine Le Pen dire, on est traité pour la première fois et c'est nous qui décidons. Et bien là, c'est vous qui décidez de baisser le pouce et de censurer ce gouvernement. Est-ce qu'à un moment, vous dites, oui, j'assume, je prends mes responsabilités, de créer un chaos, de créer quand même un chaos.
Mais quel chaos, madame ? Mais on est reparti sur une France sans Premier ministre, sans gouvernement, sans budget.
Mais pardon, madame. Je ne vais pas vous rappeler le spread, mais il a augmenté. Madame, madame, ce n'est pas Emmanuel Macron que vous avez en face de vous. Donc, moi, je veux bien, si vous voulez, qu'on rende responsable de la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui. Le seul parti politique qui, en 50 ans, n'a jamais été au pouvoir. Mais à un moment donné, je ne peux plus de cette démocratie où personne n'est responsable de rien.
Celui qui est responsable de la situation dans laquelle nous sommes, avec le record de déficit public, le record de dette, le record de déficit commercial, qui a fait n'importe quoi avec les comptes de l'État, qui fait qu'il a dissous dans des conditions qui sont particulièrement contestables dans la mesure où les alliances de second tour entre la France Insoumise, l'extrême-gauche et la Macronie a provoqué une absence de majorité claire pendant un minimum à un an. Je ne suis pas responsable de cette situation. Donc, j'ai pris mes responsabilités. J'estime que ce gouvernement est dangereux pour mon pays.
Et moi, la seule question que je me pose, ce n'est pas est-ce que c'est bon ou pas bon pour le RN ? C'est est-ce que c'est bon ou pas bon pour les Français ? Or, ce budget, il est mauvais pour le pouvoir d'achat, il est mauvais pour la croissance et il est mauvais pour la dépense publique. Donc, en responsabilité, comme ils disent, je ne peux pas laisser passer un budget qui serait dangereux pour mon pays. Si ce gouvernement tombe, un nouveau gouvernement sera constitué et évidemment que ce gouvernement devra prendre en compte les demandes du Parlement. C'est parfaitement sain.
Jordan Ballère, vous avez une parole. Vous avez une parole, on doit vous croire.
Mais allez-y, madame, allez au bout de votre question.
Quand Marine Le Pen a brandi dimanche dernier, il y a deux jours, ce qu'elle dit dans la tribune dimanche, que Michèle Barnier, elle dit, je ne censurerai pas si, je la cite, si le gouvernement nous donne quittus sur la désindexation des pensions ou sur le non-remboursement des médicaments. Cela ne me poserait pas de problème de ne pas voter de la censure s'il nous donne ça ou ça. Eh bien, il vous a donné l'un des deux, c'est-à-dire le déremboursement des médicaments. Deux heures après, vous disiez, non, non, non, en fait, c'est ça et ça. En fait, on a l'impression que c'est toujours plus.
Non, madame, ça n'est pas vrai, parce que vous faites référence à une interview de dimanche dans laquelle, une heure après, le ministre Saint-Martin a indiqué que le gouvernement n'entendait plus bouger sur le budget. Et donc, moi, je considère que c'est précisément le gouvernement, par l'intermédiaire du ministre du Budget, qui est quand même bien renseigné, dont l'interview a manifestement été relue par Matignon, qui a clos le cycle de négociations.
Et lundi matin, Michel Barnier vous a dit, je reviens sur le déremboursement des médicaments.
Madame, on ne peut pas nous ignorer pendant trois mois et venir à deux heures de la censure en disant, s'il vous plaît, s'il vous plaît, ne censurez pas, je vais vous donner ce que vous avez envie de faire. Ça ne marche pas comme ça. Donc, ce type de considération, il fallait l'avoir au début. Et moi, je souhaite que le nouveau gouvernement, s'il doit y avoir un nouveau gouvernement, si la censure, encore une fois, est votée cet après-midi, ce soir, puisse prendre en considération les lignes rouges du Rassemblement national.
Pas parce que ce sont nos lignes rouges, mais parce que ce sont des lignes rouges pour lesquelles les Français ont très largement voté lors des dernières élections législatives. Il y a une nouvelle donne politique. C'est une affaire d'orgueil.
Vous ne cessez de dire qu'on n'a pas été pris en considération, alors que jamais, jamais, un Premier ministre, un gouvernement, ne vous a autant pris en considération. Et pour le coup, d'une certaine manière, ça se défend à partir du moment où vous êtes plus du quart des députés de l'Assemblée nationale. Mais il a fait des bougées. Sur la hausse de l'électricité, il a fait des bougées. Sur les médicaments, il a fait des bougées. Et à un moment, vous ne cessez de dire qu'on manque de considération. Il aurait dû faire quoi de plus, en fait ? Qu'est-ce que vous attendez de plus ? Qu'il reprenne mot pour mot votre programme et là, on est bon ?
Madame, on ne réduit pas un budget à deux mesures. Donc, moi, je suis très fier et très heureux de m'être battu pour que l'électricité n'augmente pas. C'est une victoire du Rassemblement national. Et accessoirement, pour que le gouvernement s'engage à quelques heures de la censure, à ne pas dérembourser des médicaments. Parce que je pense que dans un contexte où un Français sur trois renonce à se soigner parce que le reste à charge est trop important, cela aurait des conséquences très lourdes pour des millions de nos compatriotes et notamment pour des retraités. Mais ce n'est pas que cela.
Et donc, si demain, on redémarre la discussion avec un nouveau gouvernement, évidemment que ces lignes rouges et que ces quelques victoires que nous avons obtenues, elles doivent demeurer. Mais à partir du moment, encore une fois, où on a le premier groupe à l'Assemblée, moi, je souhaite que nos lignes rouges soient respectées, qu'elles soient entendues en intégralité. Parce que Michel Barnier, encore une fois, il n'a aucune légitimité démocratique. Il n'a pas de majorité parlementaire.
Et je vais vous dire, le seul chantage qui a été exercé dans cette affaire, c'est le chantage de Gabriel Attal et de l'ensemble de ses amis macronistes pour faire pression sur Michel Barnier pour qu'il ne reprenne pas les demandes du Rassemblement national. C'est ça la réalité. Et qu'après avoir fait alliance au second tour avec l'extrême-gauche, après avoir positionné l'extrême-gauche aux portes du pouvoir il y a trois mois, Gabriel Attal et ses amis ont fait pression sur Michel Barnier pour que l'ensemble des amendements que nous avons déposés ne soient jamais adoptés.
Justement, puisque vous parlez de l'extrême-gauche, comme vous dites. En tout cas, vous allez voter cet après-midi un texte déposé par le NFP et qui vous attaque pourtant violemment. Michel Barnier en a parlé hier soir de ce texte qui vous incrimine. Je vais le citer, alors qu'une large majorité de nos concitoyennes et concitoyens a fait le choix du barrage à l'extrême-droite lors des élections législatives, le Premier ministre a cédé à leurs plus viles obsessions avec une nouvelle loi immigration qui poursuivra la faillite morale et politique de l'année dernière. Jordan Bardella, vous assumez de voter un texte qui parle de vos viles obsessions, de votre faillite morale ?
M. Demorand, la motion de censure, c'est l'expression d'une défiance à l'égard du gouvernement. Le Rassemblement National a déposé sa motion de censure. Le nouveau Front Populaire a déposé sa motion de censure. Il se trouve que c'est celle du nouveau Front Populaire qui a recueilli le plus de signatures et donc par définition, c'est celle du nouveau Front Populaire qui va être mise au voie. En 1962, lorsqu'il y a eu la censure, vous l'avez mentionné il y a quelques instants de Pompidou, le centre et la gauche ont voté cette motion de censure ensemble.
Il ne s'agissait pas d'un accord sur le fond, il ne s'agissait pas de se dire politiquement on va mener la même politique, il s'agissait de dire qu'il y a un rejet, une motion de rejet à l'égard de défiance à l'égard du gouvernement, nous la votons.
Vous avez raison mais le texte était neutre, les textes en général, il faut le dire aux auditeurs, les textes des motions de censure sont neutres pour avoir un maximum de voix. Mais là ce n'est pas un texte qui est neutre, c'est un texte qui est politique et qui est contre vous que vous allez voter.
Mais voyez bien que notre intérêt ne nous importe pas. Ce qui nous importe c'est l'intérêt du pays. Et donc lorsqu'en 1990 la motion de censure contre Rocard reçoit les voix du parti communiste et de la droite, ça ne veut pas dire que le parti communiste et la droite vont conduire la même politique si demain ils sont, je ne sais pas, amenés à discuter d'un texte ou autre, ce n'est pas le sujet. Je veux dire, la motion de censure c'est une défiance à l'égard du gouvernement. Ils ne vont pas vous le reprocher, vos électeurs ? Mais nos électeurs, regardez les sondages, vous les avez vous-mêmes.
Ils ne vont pas vous reprocher de voter les textes des insoumis qui vous accusent de viles obsessions ?
Madame, mon intérêt personnel, les mots que peut avoir le nouveau Fonds populaire à notre égard, franchement ne nous importent pas. Ce qui compte c'est l'intérêt du pays, c'est l'intérêt des Français. Et c'est que désormais on intègre la nouvelle donne politique et qu'on puisse évidemment intégrer nos lignes rouges dans le cadre d'une discussion budgétaire qui va reprendre. Encore une fois, tout ça c'est de la com' et probablement que cette motivation elle est faite pour nous empêcher et pour nous contraindre à ne pas voter ce texte.
Mais encore une fois, nous voterons la censure, peu importe le parti politique qui en est à l'origine parce que l'intérêt du pays et le fait d'empêcher ce budget de récession d'être adopté est pour moi un impératif au regard de la situation de millions de Français aujourd'hui dans le pays et au regard de la situation économique de la France.
Alain, au standard d'Inter, bonjour.
Oui bonjour, je voulais un peu tirer l'oreille au Rassemblement National. Dommage, je soutiens ce parti, mais je ne comprends pas pourquoi aller soutenir une motion de censure qui a été posée par la gauche, on va leur faire leur travail. Et sincèrement, avoir un M. Barnier aujourd'hui ou demain peut-être un M. Cazeneuve ou M. Bayrou, ça me dérange beaucoup. Je veux dire, restez à votre place, attendez 2027. M. Barnier, son budget n'est pas pire qu'un autre.
Alain, vous êtes électeur du Rassemblement National ? Oui.
Alors, je vais vous dire, monsieur, d'abord, merci pour votre franchise. Moi, j'ai été, et nous avons été élus tous, députés européens, députés cet été, en ayant pris des engagements. Et l'engagement qu'on a pris, ce n'était pas d'attente 2027, c'était de défendre les Français, notamment de défendre leur pouvoir d'achat. Et je me sentirais extrêmement mal à l'aise que de laisser passer l'alourdissement du malus sur les automobilistes, que de laisser passer l'augmentation de l'aide médicale d'État, que de laisser passer des augmentations d'impôts de 40 milliards d'euros, de laisser passer une augmentation du coût du travail, une augmentation des taxes sur l'énergie, par exemple.
Vous voyez, je serais extrêmement mal à l'aise que de retourner devant mes électeurs et de les regarder dans les yeux en leur disant, « J'ai laissé passer un affaiblissement de votre pouvoir d'achat. »
Et Alain, il en pense quoi alors ?
Encore une fois, je dis la vérité et je vous demande de nous faire confiance. Si on vous dit que ce budget, il est mauvais pour les Français, c'est parce que précisément, nous savons qu'il est mauvais pour les Français et qu'il est mauvais pour le pays. Et encore une fois, ce n'est pas une alliance avec la gauche. Je veux dire, on a déposé notre motion de censure. La censure, c'est l'expression d'un rejet du gouvernement. Jean-Luc Mélenchon ne sera pas Premier ministre. À un moment donné, il faut dire la vérité, il faut raconter de rien. Vous êtes convaincu, Alain ? Vous êtes convaincu ?
Oui, je suis convaincu parce que je les soutiens. Mais je veux dire, c'est sûr que M. Mélenchon ne sera jamais Premier ministre. Mais je veux dire, à la limite, on attendait notre place tranquillement, assis dans un fauteuil. Et je veux dire, on n'achète pas des voitures tous les jours.
Ça, c'est pour le malus ?
Voilà, je veux dire, l'électricité, d'un côté, ça baisse, mais de l'autre côté, ça va augmenter. Et puis, c'est dommage de re-rentrer encore trois mois d'attente, comme en septembre. Attendez, les Français, dommage, on a autre chose à faire, à part les gens peut-être de gauche.
Vous voyez, c'est vos électeurs, ça.
Merci Alain. Monsieur, si vous êtes d'accord pour payer plus d'impôts, pour voir la facture d'électricité augmenter, et voir les soins déremborsés, je pense que je vais me faire tirer les oreilles par beaucoup de mes électeurs si je laisse passer ça. Encore une fois, il y a des... Alors, évidemment, les sondages ne sont jamais des votes et ne sont jamais des réalités pure et parfaite, mais aujourd'hui, il y a deux tiers des électeurs du Rassemblement national qui sont favorables à un vote de cette motion de censure pour qu'on puisse se remettre autour de la table dans le cadre d'une discussion budgétaire et continuer à avoir des avancées.
Et l'idée, si vous voulez, c'est aussi de montrer que, bah oui, le Rassemblement national peut voter une censure et que donc, il faut aussi écouter nos lignes rouges. Et je pense que dans le cadre d'une nouvelle discussion budgétaire, on peut obtenir davantage. Il n'y a jamais de choix parfait dans une démocratie. La seule chose que je demande à mes électeurs, c'est de me faire confiance.
Laurent, au standard. Laurent, bonjour, vous êtes chef d'entreprise. Yes, bonjour, je suis chef d'entreprise. Bonjour, monsieur.
J'habite à Rochefort. Allez-y. Bonjour à toute l'équipe, d'abord. C'est sympa. Allez-y, on vous écoute. Ouais, je dis souvent que l'économie, là, c'est la confiance. Or, en plongeant la France dans le chaos, là, par le vote que vous allez mettre en œuvre, vous mettrez sans doute davantage les entreprises en difficulté. Alors, je sais que ce monde de l'entreprise, vous êtes étranger puisque vous n'y avez jamais travaillé. Mais avez-vous conscience des conséquences du vote que vous vous apprêtez à faire ?
Merci, Laurent, pour cette question. Jandane Bardella.
Je préside un mouvement politique qui a plusieurs dizaines de salariés, qui a pas loin de 200 parlementaires à l'Assemblée nationale, au Sénat et au Parlement européen. Donc, on est confronté tous les jours à la réalité de la gestion d'un collectif humain qui doit obtenir des résultats. Mais d'où ça sort, le chaos ? Enfin, excusez-moi, mais d'où ça vient l'idée que si demain, Michel Barnier n'est plus Premier ministre et qu'après-demain, on a M. Bayrou ou M. Lecornu qui va revenir devant la représentation nationale pour reprendre des discussions budgétaires plus respectueuses du pouvoir d'achat et des intérêts économiques du pays, en quoi c'est le chaos ?
Ne pas avoir la vacance du pouvoir, ne pas avoir de Premier ministre, ne pas avoir de budget voté, vous comprenez que quand on est chef d'entreprise, ça déstabilise.
Mais évidemment, mais qui nous a mis dans cette situation, madame ? C'est moi qui ai organisé la dissolution en 15 jours, qui ai fait des accords de second tour avec le nouveau Front populaire pour empêcher la France délibérément de voir le Rassemblement national obtenir une majorité, avoir 289 sièges et priver le pays d'une majorité. C'est aussi la conséquence des choix politiques cyniques qui ont été faits pendant le second tour et qui ont empêché le pays d'avoir une majorité.
Donc moi, j'essaie, si vous voulez, dans la position qui est la mienne aujourd'hui, à la tête d'un parti qui n'a aucune responsabilité dans la situation du pays, de défendre l'intérêt de mes compatriotes, leur pouvoir d'achat et aussi de nos chefs d'entreprise. Mais moi, je ne crois pas que les chefs d'entreprise soient d'accord pour une rallonge supplémentaire de la fiscalité, qu'ils soient d'accord pour une augmentation du coût du travail ou qu'ils soient d'accord pour une augmentation des taxes sur l'électricité.
Les auditeurs ont entendu. Vous avez cité deux noms ce matin, donc François Bayrou et Sébastien Lecorni. Vous semblez acceptable ou vous allez les censurer à nouveau deux mois après ?
Non mais ils sont acceptables à partir du moment où ils vont revenir devant nous en disant on se remet autour de la table, on rediscute du budget et on fait attention. On ne dérembourse pas les médicaments dans une période où les gens n'arrivent plus à se payer des médicaments. On ne va pas augmenter les taxes sur l'électricité quand l'électricité a doublé depuis 2017 et que c'est aujourd'hui un poids négatif dans la compétitivité de la France et dans la capacité de milliers d'entrepreneurs à payer leur facture à la fin du mois.
Il y a presque plus de temps. Est-ce que vous demandez ce matin, comme Jean-Luc Mélenchon, la démission d'Emmanuel Macron ?
Non, je ne demande pas la démission du président de la République. Moi je suis respectueux des institutions. Emmanuel Macron a été élu pour une durée évidemment de deux fois cinq ans et rien ne justifie au moment où on se parle que le président de la République s'en aille. Et donc, voilà, moi ce que je demande si vous voulez, c'est qu'on revienne autour de la table avec un gouvernement qui prenne en compte la nouvelle donne parlementaire et qui soit capable d'intégrer les lignes rouges qui sont posées par les uns et les autres dans un contexte où il n'y a pas de majorité parlementaire.
Et puis il y a un autre calendrier à prendre en compte pour vous et votre parti, c'est le calendrier judiciaire. Le 31 mars, le tribunal rendra son jugement dans l'affaire de vos assistants parlementaires présumés fictifs. Le parquet a requis contre Marine Le Pen cinq ans de prison, dont deux ans ferme aménageable, 300 000 euros d'amende et une peine d'inéligibilité assortie d'une exécution provisoire. Si les juges confirmaient qu'elle est inéligible, comment vous ferez Jordan Bardella ? C'est vous qui irez ?
Marine Le Pen ne sera pas condamnée puisque Marine Le Pen est innocente. Et donc nous espérons que le jugement vienne rendre à Marine Le Pen et au Rassemblement national son innocence. On parle d'un désaccord administratif sur le travail des assistants parlementaires au sein du Parlement européen. Et donc évidemment que j'ai toute confiance dans la défense qui a été faite par nos avocats.
C'est de dire que vous êtes un parti de gouvernement, que vous êtes prêt à gouverner, vous-même vous avez fait campagne pour être Premier ministre, vous êtes prêt à gouverner, un parti de gouvernement, gouverner c'est prévoir Jordan Bardella. Vous n'avez pas de plan B si jamais elle est déclarée inéligible dans trois mois ?
Non mais elle ne sera pas déclarée inéligible, je vous donne ma conviction, il serait bien malvenu de ma part que de songer à ce genre de choses dans la période actuelle et dans la période qu'on a pu traverser ces dernières semaines. Donc il n'y a pas de plan B pour 2027 ? J'ajoute une petite chose, on parle du chaos tous les quarts d'heure, le CAC 40 était dans le vert hier matin et la Bourse de Paris a grimpé suite à l'annonce de l'ascenseur.
Donc il y a un effet d'anticipation des marchés et donc je redis bien ce matin à l'ensemble de nos électeurs que tout ce qui relève des arguments du chaos sont une stratégie de la peur pour en réalité venir au soutien d'un gouvernement qui n'a pas de majorité ni de légitimité.
Merci Jordan Bardella. Merci à vous. Ce que je cherche, votre livre publié aux éditions Fayard. Merci d'avoir été à notre micro ce matin, il est 8h47.
Jordan Bardella