"La chaleur et le vent, c'est le cocktail malheureusement idéal": les céréaliers de Vendée inquiets face aux incendies
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Questions et réponses
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Bonjour Bertrand Mittard.
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Vous êtes donc responsable au sein de ce puissant syndicat agricole FNSEA des Grandes Cultures pour la Vendée.
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Le thermomètre grimpe, les feux de végétation se multiplient. Il y a eu une trentaine de départs de feux lundi par exemple en Vendée, près de 80 hectares partis en fumée.
- 0:49OuverteRéponse directe
Ce que je disais, c'est qu'il suffit parfois d'une étincelle, pas forcément l'imprudence d'un mégot, juste une étincelle d'un moteur et ça part vite.
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Certains d'entre vous, je crois que c'est votre cas, au-delà de 35, vous renoncez à sortir les machines ?
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Est-ce qu'il y a des moyens, malgré tout, qui existent pour vous de vous protéger ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:35Invité politiqueFait
« Ah ça, ça fait très mal au cœur les parcelles, les engins aussi qui peuvent brûler aussi. »
- 1:04Invité politiqueFait
« On n'a pas eu de pluie significative depuis un mois. »
- 1:11Invité politiqueFait
« comme on a connu des lundis à 35 degrés, c'est le cocktail malheureusement idéal pour créer un incendie. »
- 1:23Invité politiqueFait
« Oui, quand il fait trop chaud, on arrête de moissonner l'après-midi. On arrête de 13h à 14h jusqu'à 19h, 20h où la fraîcheur revient. »
- 1:57Invité politiqueFait
« Oui, ça existe. Il y a 20 ans, on n'avait pas d'extincteurs sur les moissonneuses. »
- 2:20Invité politiqueFait
« Oui, voilà, des chômeurs. Il suffit d'en passer deux, trois largeurs pour que le feu s'arrête, dans le sens où il se propage. »
- 2:46Invité politiqueFait
« Là, on est mi-juin et on est en pleine moisson, avec 15 jours, 3 semaines d'avance. »
- 2:52Invité politiqueFait
« Nos cultures avaient de l'avance depuis le printemps, mais on voit bien que ce changement climatique est de plus en plus présent. »
- 3:01Invité politiqueFait
« Et les pics de chaleur, on a déjà eu une semaine de canicule au mois de mai. »
- 4:05Invité politiqueFait
« En quantité, non, non. C'est bien en deçà de ce qu'on avait espéré. »
- 4:16Invité politiqueFait
« Parce que forcément, quand il n'y a pas de pluie significative depuis 2 mois, et c'est au printemps où ces cultures-là ont le plus besoin d'eau. »
- 4:23Invité politiqueFait
« Mais ça a été vraiment... Voilà, on est vraiment en dessous. »
- 4:44Invité politiqueFait
« C'est vraiment cette chose qu'on voit avec des sommes de pluies importantes à un moment donné, des périodes sèches à un moment donné, des pointes de température. »
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Et votre invité ce matin, Nicolas Creusel, c'est Bertrand Mittard, céréalier à Fontenelle-Comte et responsable de la section Grande Culture à la FDSEA 85. Bonjour Bertrand Mittard. Bonjour Monsieur. Merci d'être en direct avec nous ce matin. Vous êtes donc responsable au sein de ce puissant syndicat agricole FNSEA des Grandes Cultures pour la Vendée. Le thermomètre grimpe, les feux de végétation se multiplient. Il y a eu une trentaine de départs de feux lundi par exemple en Vendée, près de 80 hectares partis en fumée. C'est le moment où démarrent les moissons. Parmi les dégâts, il y a eu des parcelles évidemment de céréales. Ça fait mal au cœur forcément.
Ah ça, ça fait très mal au cœur les parcelles, les engins aussi qui peuvent brûler aussi. C'est vrai que c'est anxiogène, mais il faut bien travailler. C'est la période des récoltes qui est en avance, mais nos cultures sont mûres et il faut les récolter.
Ce que je disais, c'est qu'il suffit parfois d'une étincelle, pas forcément l'imprudence d'un mégot, juste une étincelle d'un moteur et ça part vite.
Les étincelles d'un moteur ou les frottements des engins sur la terre. On a une terre qui est extrêmement sèche. On n'a pas eu de pluie significative depuis un mois. Donc on a des terrains qui sont extrêmement secs et la moindre étincelle avec du vent et des chaleurs, comme on a connu des lundis à 35 degrés, c'est le cocktail malheureusement idéal pour créer un incendie.
Certains d'entre vous, je crois que c'est votre cas, au-delà de 35, vous renoncez à sortir les machines ?
Oui, quand il fait trop chaud, on arrête de moissonner l'après-midi. On arrête de 13h à 14h jusqu'à 19h, 20h où la fraîcheur revient. C'est une organisation, mais le souci qu'on a également, c'est que certains stockent leurs céréales, mais certains les livrent dans les silos. Et il faut que toute la chaîne s'adapte à notre timing.
Évidemment, ça entraîne en cascade des réorganisations pour toute la filière. Est-ce qu'il y a des moyens, malgré tout, qui existent pour vous de vous protéger ? On ne voit pas trop lesquels, mais est-ce que ça existe ?
Oui, ça existe. Il y a 20 ans, on n'avait pas d'extincteurs sur les moissonneuses. Aujourd'hui, on a un ou deux extincteurs. Par secteur, on essaye d'avoir un déchaumeur, c'est-à-dire un outil qui gratte la terre en cas d'incendie, pour éviter que l'incendie prenne des proportions énormes. Donc ça, par secteur, on essaye de s'organiser. Il y a une solidarité entre agriculteurs.
C'est ce qu'on appelle les cultivateurs à dents, c'est ça ?
Oui, voilà, des chômeurs. Il suffit d'en passer deux, trois largeurs pour que le feu s'arrête, dans le sens où il se propage. Et ça, ça maîtrise bien les incendies. On a également tous ceux qui sont équipés de tonnes, pour mettre les lisiers, les choses comme ça, qui sont remplis et qui peuvent intervenir en cas d'incendie pour aider les pompiers.
C'est une préoccupation de plus en plus importante, forcément, puisque vous constatez année après année l'évolution du climat.
Oui, oui. Là, on est mi-juin et on est en pleine moisson, avec 15 jours, 3 semaines d'avance. Ça, on s'en rend compte. Nos cultures avaient de l'avance depuis le printemps, mais on voit bien que ce changement climatique est de plus en plus présent. Et les pics de chaleur, on a déjà eu une semaine de canicule au mois de mai. Ils en annoncent ce week-end. Et c'est vrai que ça, c'est des contraintes pour nous, pour les cultures, pour les machines, pour les hommes.
Est-ce qu'avoir des citernes d'eau sur les tracteurs, par exemple, ça peut être une bonne idée aussi ?
Ça peut être une bonne idée. C'est un coût, mais ça se développe de plus en plus. Bon, il faut le temps qu'on s'adapte aussi, parce que c'est vrai qu'il y a quelques années, il y avait peut-être des incendies, mais de moindre ampleur, parce qu'on n'avait pas ces chaleurs et ce vent qui est de plus en plus chaud et qu'on a depuis 2-3 ans. Et on va s'adapter aussi à ce changement climatique.
Vous, à la FNSEA, vous seriez d'avis de rendre obligatoires certains de ces dispositifs ?
Obligatoires, c'est toujours compliqué. Nous, on préfère passer par la prévention et la discussion pour mettre les moyens en place. Nous, c'est notre façon de voir les choses.
Comment vont se porter vos cultures ? Si la nature vous épargne, évidemment, c'est ce qu'on souhaite, on croise les doigts. C'est en avance, mais il y a ce qu'il faut en quantité et en qualité ?
En quantité, non, non. C'est bien en deçà de ce qu'on avait espéré. Parce que forcément, quand il n'y a pas de pluie significative depuis 2 mois, et c'est au printemps où ces cultures-là ont le plus besoin d'eau. Et la chaleur, la semaine de canicule au mois de mai a été fait micro-ondes ou grille-pain, vous l'appelez comme on veut. Mais ça a été vraiment... Voilà, on est vraiment en dessous. En qualité, on est plutôt pas mal, mais en quantité, on sera vraiment en dessous d'une année normale.
Et là encore, j'imagine que c'est une sorte d'inquiétude récurrente, parce qu'on voit bien les aléas du climat. Il a beaucoup, beaucoup plu en début d'année. Trop, sans doute. Et puis après, plus rien.
Voilà, c'est vraiment cette chose qu'on voit avec des sommes de pluies importantes à un moment donné, des périodes sèches à un moment donné, des pointes de température. Et nous, pareil, on essaye de récolter forcément, parce que nos cultures sont mûres, mais parce qu'on a des normes aussi. Et si on perd de la qualité, on a des réfractions sur le prix de vente. Donc, on a aussi cette pression de récolter tout en bonne condition. Bon, forcément, on le fait, comme je vous disais, on fait attention, on moissonne pas auprès des lotissements ou des forêts en pleine chaleur. On essaye de s'organiser pour préserver nos voisins et ne pas encombrer les services des pompiers.
Merci beaucoup d'avoir nous éclairé ce matin sur cette problématique nouvelle, finalement, qui date de quelques années, mais qui est amenée à se généraliser sur nos deux départements. Bertrand Mittard, c'est réallié à Fontenay-le-Comte, responsable de la section Grande Culture à la FNSEA en Vendée. Bon courage à vous tous et bonne journée. Merci.