Les Partis Pris : "Une lueur nommée Marguerite", "IA, le grand remplacement est enclenché" et "Ca...
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:06OuverteRéponse partielle
Vous dites qu'il y a une lueur, elle s'appelle Marguerite.
- 1:06OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui s'est passé ?
- 4:29OuverteRéponse partielle
Ce n'est pas aussi rare que ça ?
- 6:07RelanceRéponse directe
Est-ce qu'il ne faut pas avoir le courage de Marguerite ?
- 6:21OuverteRéponse partielle
Le discours public doit-il inciter à agir ?
- 9:35OuverteRéponse directe
On entend parler de l'IA qui remplace les métiers, un exemple chez Amazon ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:38InvitéChiffre
« Il y a eu 3 374 victimes de violences sexuelles dans les transports. »
- 10:15PrésentateurChiffre
« L'intelligence artificielle, pour Amazon, c'est des dizaines de milliards de dollars d'investissement chaque année. »
- 12:33PrésentateurChiffre
« Sur 5 ans, le nombre de paquets distribués par livreur et par jour chez Amazon a été multiplié par 2. »
- 13:42InvitéFait
« Paul Biya, 82 ans au Cameroun, huitième mandat. »
Temps de parole
- Invité40 %
- Invité 225 %
- Présentateur20 %
- Présentateur 28 %
- Invité 37 %
≈ 2,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
En place au parti pris, François Roux, vous restez autour de la table, Abouz Chalmani nous rejoint pour le parti pris international. Mais c'est vous qui commencez, Roux, parce que dans une France qu'on dit plus que jamais individualiste, égoïste, repliée sur elle-même, soucieuse uniquement d'elle-même, vous dites, il y a une lueur, il y a une lumière, une lumière, une lueur, elle s'appelle Marguerite.
L'histoire d'une héroïne du quotidien. Elle s'appelle Marguerite, vous ne verrez pas son visage, mais elle va être décorée pour son courage. Son fait d'arme, oui, il faut l'appeler comme ça, parce que ça n'arrive pas souvent, hélas, ça a été d'empêcher un viol dans le RERC, à la région parisienne. Les faits se sont déroulés...
On en a parlé il y a quelques jours, mais vous avez voulu y revenir.
Oui, parce que moi je suis très attachée à cet héroïsme du quotidien. Je vous en reparlerai tout à l'heure, mais c'est quelque chose qui me frappe beaucoup et qui me hante tout le temps. Parce que la question, évidemment, c'est est-ce qu'on serait capable de faire la même chose ? Et c'est une question qui peut hanter dans toute sa vie. Alors, qu'est-ce qui s'est passé ? Les faits se sont déroulés il y a une quinzaine de jours entre Villeneuve-le-Roi et Choisy-le-Roi. C'est un homme qui est en train d'agresser une jeune fille brésilienne. Et Marguerite entend les cris de la jeune Jordana, qui se débat contre l'homme entièrement couché sur elle.
Elle approche et elle lui intime l'ordre de déguerpir. Écoutez. Restez là-bas. Restez là-bas. Voilà. Elle se fait obéir. Elle se fait obéir. Le wagon est vide. La jeune fille est totalement dans un désarroi terrible parce que l'homme est dangereux. Elle a été blessée au visage. Il a tenté de l'étrangler. Il l'a giflé. Elle est blessée à l'œil, à la lèvre. Et elle le tient à distance. Et elle lui intime l'ordre. S'applique d'ailleurs. On va l'écouter. Elle a gardé son calme. Et il a vu que je n'avais pas peur. C'est son secret. Je suis directrice de centre d'hébergement d'urgence. Donc j'ai cette habitude de me faire respecter. D'être devant des personnes qui font la forte tête.
Mais il faut savoir leur parler. Il faut hausser le ton quand il faut. Il faut parler calme quand il faut. Parce que l'objectif, ce n'était pas de l'énerver ou de l'exciter davantage. C'était de lui faire comprendre que ce qu'il a voulu faire, il ne pourra pas l'aboutir. Et qu'on s'arrête là et il fait son chemin et nous, on fait le nôtre. J'ai agi avec les compétences et les capacités que j'avais. Mais je ne conçois pas que quelqu'un soit en danger et qu'on ne réagisse pas. Comment on se sent en se disant « je n'ai rien fait ». Et qu'après, on prend la nouvelle que la jeune fille est décédée ou qu'il s'est passé quelque chose de grave.
Je pense que dans toute situation, il y a toujours quelqu'un qui est notre solution. Et moi, j'étais à ce moment-là la solution de Jordana. Voilà, c'est donc un témoignage. Oui, pendant l'agression, bien sûr. Là, c'est un témoignage de TF1, de nos confrères de TF1. Bon, grâce à son témoignage, d'ailleurs, l'auteur de la tentative de viol a été interpellé et mis en examen. Elle a été félicitée par Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France, qui rappelle un numéro à appeler, 3177, ou par SMS 31177, pour faire intervenir les forces de sécurité. Elle a été félicitée par le ministre des Transports.
Et bon, il faut rappeler au passage qu'il y a eu 3 374 victimes de violences sexuelles dans les transports. Mais ce que je trouve très important, je vous le disais tout à l'heure, pourquoi est-ce que nous avons choisi de parler de cette histoire, de cette belle histoire qui nous change un peu ce qu'on vient d'entendre, et c'est pour ça qu'on voulait aussi en parler, c'est parce qu'il est très important de rendre hommage à ces héros du quotidien. Et je pense à cet homme, par exemple, qui avait empêché l'enlèvement d'un patron de la cryptomanie.
En plein jour, il était dans la rue avec sa femme enceinte, et cet homme est intervenu, il n'était pas armé, il a permis, alors on est allé un peu plus vite, mais il a permis d'éviter l'enlèvement. Il y a eu aussi un homme qui a sauvé un bébé dans un immeuble en feu. Je vous le donne un peu en vrac comme ça me revient, parce qu'à chaque fois, ça me frappe, et à chaque fois, je trouve ça admirable.
Peut-être que ce n'est pas aussi rare que ça. Là, c'est filmé, donc on en a connaissance, mais peut-être que ça arrive beaucoup plus qu'on ne l'imagine.
Alors, moi je me dis quand même que c'est vrai que ça nous fait poser à chacun la question. Est-ce qu'on en serait capable, nous, dans un wagon de métro, dans la rue, qui hésitons, qui sommes accrochés à notre portable, qui espèrent que l'autre va intervenir ? C'est ça l'indifférence du quotidien. C'est ça le courage de ces héros, c'est de casser cette indifférence, et c'est de ne pas attendre que les autres interviennent. Alors, c'est vrai que face aux couteaux qui se dégainent si vite, à la désinhibition de certains délinquants très jeunes, ce n'est pas facile. Mais je voudrais vous donner, pour conclure, les consignes à suivre, parce qu'elles existent.
Si vous êtes témoin d'une agression, seulement même physique, ou verbale, évidemment sexuelle, il y a un protocole. Se protéger, ne s'interposer jamais si c'est dangereux, il faut se mettre à l'abri et garder son calme. Alerter, si on ne peut pas parler, par SMS. Donner le lieu, la description de ce qui se passe. Observer, retenir les détails, les vêtements, les directions de fuite, les heures, les témoins, et si possible, bien sûr, filmer ou noter, sans se mettre en danger. Agir sans risque, parler à la victime, créer une diversion, parfois, parler, faire du bruit, attirer du monde, empêcher l'acte, intervenir à plusieurs, si possible.
Ah, là oui ! Parce qu'au départ, si on lit ses consignes, Marguerite n'aurait pas agi comme elle l'a fait.
Non, mais je les donne pour tous les autres, pour nous tous. Je les rappelle, parce que c'est une façon de se rassurer, c'est-à-dire qu'il y a quand même des choses qu'on peut faire, même si on n'a pas le courage de Marguerite. Vous voyez ce que je veux dire ?
Mais est-ce qu'il ne faut pas avoir le courage de Marguerite ?
Évidemment ! Évidemment ! Si on raconte cette histoire, évidemment ! Mais vous voyez qu'elle a expliqué pourquoi elle a ce courage, parce que tous les jours, elle se confronte à ces types de situations. Ce que je veux dire,
c'est que le discours public et le discours des autorités morales, n'ayons pas peur des mots, c'est peut-être d'inciter à agir.
Oui, mais il y a un problème, c'est que, et ça c'est très important, si vous agissez sans avoir préparé, sans être assez calme, et en essayant de maîtriser la situation, vous vous mettez en danger et vous n'aidez pas la personne. Donc en fait, il y a des situations dans lesquelles c'est très compliqué. Il faut le rappeler, ce n'est pas honteux, ce n'est pas honteux d'avoir peur quand il se passe quelque chose de dangereux. Mais si je vous rappelle ces consignes, c'est pour dire qu'on n'est pas obligé de rester passé.
Le courage de Marguerite, de celui qui a empêché l'enlèvement de ce patron à la cryptomanie, de ceux qui ont filmé à certains moments des agressions, c'est des hommes qui ont aussi empêché d'autres de poignarder quelqu'un dans un métro ou autre. Il y a un moyen de ne pas rester passif parce que c'est être là, les uns pour les autres, c'est une marque de civilisation. Bon. Non, mais c'est vrai, mais après, c'est vrai que dans les cas où les gens interviennent, quand vous regardez les métiers qu'ils font, vous avez souvent des sportifs de haut niveau, des gens qui ont une espèce de sens du collectif, donc qui réagissent, et que ça ne leur viendrait même pas à l'idée de ne pas réagir.
Cette dame avait le langage, la manière de parler, si elle avait été un peu agressive, si elle avait commencé à l'insulter, si elle était montée dans les aigus, je pense qu'il serait devenu deux fois plus agressif, donc elle savait comment maîtriser la situation parce que c'était parti de son métier.
Donc ces choses-là sont vraies, mais il est vrai aussi, ayant assisté comme ça à des scènes dans le métro, donc une fois en l'occurrence quelqu'un met le feu à le journal d'un monsieur, un type un peu ivre, je l'éteins, le type ne me dit pas merci, tout le monde me regarde bizarrement, et à la station d'après, tout le monde est descendu du wagon, il m'a laissé avec le dingue, et que c'est moi qui étais devenu radioactif, parce que ça mettait les gens extrêmement mal à l'aise, donc ça m'avait fait sourire, et puis le type était juste ivre, et moi par bravage, c'était un petit peu bête de ma part, je ne suis pas descendu en disant mais non, mais moi je peux, ça aurait pu être dangereux, mais je veux dire, on a de temps en temps, voilà, des espèces de réflexes, mais promouvoir, mais ça se commence dès l'école, le fait que l'autre c'est toi, et qu'il faut le défendre, ça ne serait pas idiot, mais il y a une éducation aussi.
C'est-à-dire, ça s'appelle le civisme, voilà. Oui, enfin d'abord, on ne peut que saluer, comme vous l'avez fait, ce comportement individuel, et c'est vrai que ça renvoie chacun à son courage, ou à l'absence de courage, au fond, de se dire, mais comment j'aurais fait ? Mais au-delà de ça, c'est vrai qu'on peut se poser la question, au fond, l'entretien de l'ordre public, il est d'abord à la charge des gens qui sont payés pour ça, c'est les policiers, etc., mais probablement aussi à chacun d'entre nous. Bien sûr, bien sûr.
Et il y a eu d'ailleurs dans le métro, il y a quelques années, des campagnes qui disaient intervenez, voilà, si vous voyez une incivilité intervenez, elles sont d'ailleurs beaucoup plus radicales au Royaume-Uni, où on parle de façon beaucoup plus claire aux citoyens en disant mon gars, c'est de ta responsabilité. Alors, c'est évidemment le lien entre l'individu et la collectivité, ce n'est pas le même que chez nous, mais c'est vrai aussi. Et on peut faire preuve du discernement. On n'est pas obligé de se plonger dans la bagarre. Exactement. Et le seul fait souvent de se lever, de s'approcher, de dire non, d'autres se joignez-vous. C'est ça, tout à fait. Bon. En tout cas, ça fait du bien.
Oui, ça nous change.
Ça fait du bien. François, ça fait 2, 3, 4, 5 ans qu'on entend parler de l'intelligence artificielle qui va remplacer les métiers. Et là, vous dites, ça y est, on a un exemple précis, concret, de ce, entre guillemets, grand remplacement chez Amazon. Oui, oui, c'est Amazon, le géant du e-commerce américain, qui a annoncé aujourd'hui la suppression de 30 000 emplois. 30 000 ? 30 000. Alors, pas en aide, parce qu'ils vont recruter par ailleurs, au total, c'est moins 14 000, mais c'est 30 000 cols blancs. Et Amazon justifie cette opération en disant, bon, il faut supprimer de la bureaucratie, simplifier les structures, mais aussi s'adapter à l'intelligence artificielle.
C'est la première fois que c'est dit de façon aussi importante. L'intelligence artificielle, pour Amazon, c'est des dizaines de milliards de dollars d'investissement chaque année. Donc, c'est considérable. Alors, c'est quoi, le traitement des données ? Oui, vous avez différentes choses, mais tout converge vers la nécessité de répondre à nous, clients, qui sommes de plus en plus exigeants sur la rapidité de la livraison. C'est l'économie presse-bouton. On veut tout, tout de suite. Livraison, évidemment, le jour même, voire dans la demi-journée. Et alors, de quoi s'agit-il concrètement ?
Le géant du e-commerce a présenté la semaine dernière trois robots intelligents qui devraient justement faire gagner un temps précieux dans le traitement et la livraison des envois. Le premier, il s'appelle Blue Jay. C'est un robot développé lui-même par intelligence artificielle dans un temps beaucoup plus rapide que les générations précédentes. Donc, les robots font eux-mêmes des enfants, voire des petits-enfants, et qui permet de traiter les colis dans de petits entrepôts qu'on peut loger dans les centres-villes. C'était ça, le problème d'Amazon pour traiter la clientèle citadine. C'est qu'on ne peut pas mettre de grands entrepôts parce que le mètre carré coûte trop cher.
Désormais, grâce à cette innovation, ça va être possible. Le second robot s'appelle Eluna et il assiste le manager dans la gestion de la répartition des personnels pour prévoir et anticiper les goulots d'étranglement. Auparavant, il fallait plusieurs personnes pour analyser justement les demandes et puis les répercuter dans l'organisation du travail. Désormais, c'est une machine qui fait cela. Troisième, c'est une paire de lunettes 3D pour les livreurs qui leur permet d'abord d'identifier immédiatement dans le camion, chargé de colis, le bon colis à distribuer.
Grâce, évidemment, c'est enregistré avec des codes barres, etc., qui les aident aussi à trouver l'endroit exact de la livraison parce que le fait que les livreurs cherchent, c'est l'un des principaux facteurs de perte de temps. Ils ne savent pas se repérer. Les lunettes 3D permettent même d'anticiper la présence d'un chien parce que ça détecte la chaleur. Tout ça va considérablement augmenter l'efficacité des salariés d'Amazon et puis éliminer les tâches répétitives ou dangereuses. Un seul chiffre, sur 5 ans, le nombre de paquets distribués par livreur et par jour chez Amazon a été multiplié par 2. Vous vous rendez compte de l'augmentation de cette productivité ?
Tout ça pour faire mieux, moins cher, plus vite. Alors évidemment, ça détruit les emplois mais dans le même temps, d'abord, il faut des emplois pour créer les robots et puis surtout, ça va libérer du pouvoir d'achat chez le consommateur qui lui-même va investir cet argent ailleurs. Est-ce que c'est la destruction créatrice ? Vous me lotez de la bouche, Philippe Aguillon, s'il était là, il nous dirait c'est exactement ce que je vous dis depuis longtemps et c'est pourquoi j'ai eu le prix Nobel. Abnouz, votre parti-prix international, on dit souvent que le pouvoir rend fou. Là, il y a deux exemples coup sur coup en Afrique, en Afrique de l'Ouest qui pourraient confirmer l'adage.
Oui, quand même, c'est des réélections Paul Biya au Cameroun et d'Alassane Ouattara en Côte d'Ivoire, c'était il y a quelques jours, c'est quoi ? C'est la continuité évidemment des régimes autoritaires et la démocratie qui, depuis qu'ils sont au pouvoir et pourtant, et pourtant, j'y reviendrai, c'était plein d'espoir leur arrivée, et bien rien du tout, les deux scrutins marqués par des contestations, des accusations de fraude, atmosphère politique tendue, spectre de la déstabilisation parce que ça ne se passe pas n'importe où.
Donc Paul Biya, 82 ans au Cameroun, huitième mandat et il aurait remporté huitième mandat, il aurait remporté l'élection avec 53,66% des voix après le Conseil constitutionnel contre 35,19% pour son principal opposant Issa Thiroma Bakary qui lui revendique l'opposant d'avoir remporté le scrutin avec 54,8% des voix selon son propre décompte.
Bon, vous avez la précision des chiffres, bon, il annonce évidemment une fraude et appelle à des manifestations pacifiques, ce qui n'est pas le cas, c'est que même avant l'annonce de la victoire de Paul Biya, à Garoua comme à Douala, affrontement entre les forces de l'ordre, mais pas tous parce que les forces de l'ordre n'ont pas arrêté Bakary, ce que le pouvoir visiblement avait demandé. Donc toute la question c'est de quel côté les forces loyalistes vont basculer, est-ce qu'ils vont continuer à soutenir ce pouvoir pourrissant et finissant de Paul Biya ou est-ce que c'est le moment de basculer ?
Mais barricade, épisodes de violence, il y a même eu quelques morts, on n'est pas encore sûr, mais du côté de Garoua qui est le fief de Bakary, donc ça chauffe, ça chauffe et c'est intéressant parce que là on a une crise chaude, en Côte d'Ivoire c'est une crise froide, c'est une crise apathique, c'est une crise presque désespérée, Alassane Ouara, Ouattara a remporté le scrutin, lui, à la stalinienne avec 89,77% des voix, il n'a pas fait l'effort de faire semblant.
Quatrième mandat je crois.
Ouais, quatrième mandat, les leaders majeurs de l'opposition, mais alors quel leader ?
Parce que le retour de Laurent Gbagbo, bon, et Tijan Thiam, ils ont été recalés de toute façon donc il n'y avait plus que des candidats mineurs, donc il n'y avait aucun enjeu, donc moins de 50% de participation et dans certaines localités, ça n'a même pas dépassé les 20% la participation, donc c'est vraiment, vous voyez, les opposants parlent de coups d'état civil, de fraude, évidemment, c'est évident, mais c'est qu'il y a une espèce de vent de désespoir, c'est-à-dire que comme il n'y avait aucun enjeu dans l'élection, il y a un côté genre sourdine, je ne sais pas est-ce que c'est la version chaude du Cameroun qui pourrait aboutir à quelque chose, mais quoi ?
Parce que voilà le problème, c'est que le Cameroun comme la Côte d'Ivoire sont entourés par ce qu'on appelle la ceinture de coups d'état, c'est toute une zone géographique qui va d'ouest en est en Afrique subsaharienne et qui a connu depuis août 2020 13 tentatives de coups d'état dont 8 ont réussi, je les rappelle rapidement, le Mali par deux fois, la Guinée, le Soudan, le Tchad, qui a été un coup d'état dynastique, le Burkina Faso par deux fois, le Niger et le Gabon.
Donc forcément, entourés de pays qui en plus, disons leur contratement, ceux qui sont arrivés au pouvoir, veulent la peau de ces deux dirigeants en disant on peut y mettre des copains à nous et avoir vraiment une ceinture de coups d'état militaire, c'est quand même... Donc il y a une déstabilisation possible et moi quand je regardais, je ne pouvais pas m'empêcher de penser au passé. C'est qu'on oublie parce que comme 92 ans, 8 mandats, 4 mandats, 83 ans, on a oublié qu'un jour ils ont été jeunes et qu'un jour ils ont représenté un espoir extraordinaire.
Paul Buya, il est arrivé de manière constitutionnelle au pouvoir en 82, démission surprise d'Amadou Haïdjo qui était le premier président camerounais, promesse de renouveau, slogan, rigueur et moralisation. Ça ne me déprègne rien que de dire on va gérer la corruption, assainir la gestion publique, démocratiser le pays, instaurer une gouvernance vertueuse, tout va bien. Seulement, il se passe 18 mois après son accès au pouvoir en avril 82, un coup d'état. Et il est sorti Paul Buya qui était vraiment un jeune homme plein de promesses et je pense qu'il croyait vraiment ce qu'il disait, totalement traumatisé par ce coup d'état.
C'est la garde républicaine qu'il avait fomenté et l'armée lui est restée loyale donc il a réussi à s'en sortir mais il est devenu parano, méfiant et il a décidé que tant pis pour la bonne gestion il faut que je n'ai plus que des loyaux autour de moi. Et quand on commence à mettre un pied là-dedans, on institutionnalise la corruption. C'est qu'on a tellement peur que ça recommence que j'allais dire c'est presque foutu. Le résultat c'est une inversion des valeurs totales, corruption systémique qui est estimée à 40% des dépenses de l'état. Vous vous rendez compte ? Et Alassane Ouattara c'est quand même quelqu'un formé aux Etats-Unis doctorat en économie à l'université de Pennsylvanie en 72.
C'est le technocrate international parfait. Il a effectué l'essentiel de sa carrière entre le FMI et la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest. C'est le président Félix Soufouette-Bouani qui l'appelle qui en fait en 90 le premier Premier ministre poste qui n'existait pas de Côte-du-Voire. Il assainit les finances publiques, il fait du bon job. C'est dur, c'est brutal mais ça fonctionne. Et il est viré de la succession de Félix Soufouette-Bouani. Il revient enfin. Alors il rétente en 99 mais il n'est pas assez ivoirien. Il y a la loi sur l'ivoirité. Son père est un peu burkinabé donc ça craint. On le vire.
Et il accède finalement au pouvoir en 2011 après 5 mois de guerre civile et au minimum 3248 morts et après l'intervention militaire de l'ONU et de la force française Licorne qui ont bombardé en gros les Bagbo, Laurent Bagbo qui refusait de reconnaître sa défaite et ses soutiens et depuis il est resté là depuis c'est scandale opacité sur scandale et quand je parle de scandale financier massif c'est du lourd.
Donc il y a quelque chose quand je regarde ça d'un côté de me dire si t'étais possible parce que les deux avaient la compétence le désir la jeunesse pour changer quelque chose et une mélange de comme si le système était toujours plus fort que les hommes qu'il n'y a plus que se baisser pour se servir et pourquoi pas et que quand même les haines ethniques jouent énormément je pense que Ouattara n'a jamais pardonné le fait qu'on lui a reproché son père qui était concrètement ivoirien mais qui était né dans une localité qui après les indépendances est devenue pirkinabée et ça ça a suffi pour poser sur lui sa femme qui était une femme blanche enfin ses enjeux ethniques il a quand même repris cet argument de l'ivoirité contre ses adversaires et il l'a repris pour les écarter voilà et c'est ça que je trouve dramatique c'est que c'est les espoirs déçus et le fait que peut-être que ce qui attend ces deux pays qui devraient être des grands pays et bien c'est peut-être un nouveau coup d'état qui renforcera cette ceinture du coup d'état d'ouest en est de l'Afrique subsaharienne
et la Côte d'Ivoire c'est la puissance économique totalement régionale
parce qu'il y a de quoi
merci à vous trois pour ces partis pris merci à vous de nous avoir suivis