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interviewBLAST (sur YouTube)· 19 décembre 2025 38 min

SARKO : OUIN-OUIN

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour et bienvenue dans ce dernier épisode de dissolution pour l'année 2025. Et quelle année mes amis entre la nomination de Bairou, la commission d'enquête sur Betaram, le butin des 200 milliards d'euros donnés aux entreprises le 10 septembre, le Cornu, la démission de Le Cornu, la renomination de Le Cornu, il s'en est passé des choses, hein. Alors, finir l'année, on va le faire en beauté.

Oh s'il te plaît, allez le budget. J'ai trop envie de savoir si Lacosse a eu son autorisation d'emprunt relevé. Allez, allez, allez, allez.

Alors si on parle du budget, de ses perspectives, on va faire vite. Ça ne sera plus un zoom parlementaire mais un flash [musique] parce qu'on va ensuite s'atteler un programme autrement plus réjouissant, le livre de Nicolas Sarkozi. Car comment dire pépite ?

Je suis incapable d'éprouver une haine durable à l'endroit de quiconque. Je ne garde rancune à personne. On nen dit pas plus, ce serait gâcher la surprise.

Avant ça, on fera un tour du côté des Macron pour suivre l'affaire Salcon et les déboirs de Bardella à la télé avant de finir sur le nouvel octogone parisien, le conseil de Paris. Qu'est-ce qui avait bien pu me faire tomber du mauvais côté de l'histoire ? Pas de précipitation, ça se déguste.

C'est rempli de petites pépites savoureuses [musique] qu'on a méticuleusement sélectionné. Alors bon épisode de dissolution. [musique] Je dis sous donc ce soir l'Assemblée nationale aux Grand Dame de la France insoumise, le PLFSS a été définitivement adopté par l'Assemblée nationale le mardi 16 décembre 2025 avec deux voix de plus que la semaine d'avant.

Je crois que les socialistes, le message est extrêmement clair. Ils ont décidé d'un changement d'alliance et le vote aujourd'hui confirme le changement d'alliance. C'est-à-dire qu'ils ont décidé de s'allier avec la Macronie.

Et oui, la pilule passe d'autant moins à gauche que les positions adoptées dans le PLFSS ne sont pas vraiment compatibles avec un certain engagement signé pendant une certaine campagne. Dans le programme sur lequel nous avons toutes et tous été élus, c'est-à-dire le programme du Nouveau Front populaire, ce programme commençait par dire que le Nouveau Front populaire unissait des femmes et des hommes qui voulaient rompre avec la politique macroniste et proposer une alternative au pays. Désormais, les socialistes ont fait un autre choix qu'il l'assument qu'il l'assument y compris devant celles et ceux qui les ont fait élire.

Ah oui, c'est vrai que c'est gênant. Surtout que le PLFSS certes, c'est important, mais c'est pas comme le budget de l'État. ce sont que des objectifs de dépense.

C'est pas aussi grave si on a pas tout de suite. J'ai cru comprendre que dans les arguments utilisés par ceux notamment qui étaient abstenu, on reprend certains des arguments du gouvernement sur les conséquences du fait qu'on ne vote pas le PLFS dont j'avais parlé en séance. C'est-à-dire que le gouvernement dans une note interne de Bercy avait expliqué qu'il appliquerait finalement à ce qui remplacerait le PLFSS les mêmes règles que la loi spéciale pour le budget de l'État. par exemple le fait de scinder toutes les dépenses en matière de santé sous les 12e ou par exemple le fait que certaines dépenses ne pourraient pas avoir lieu.

Ah oui, d'accord. Mais c'est-à-dire il y a quand même des textes. Non, je rappelle que tout ça n'a aucun fondement juridique, n'a aucun fondement de texte et que au PLFS, on n'applique pas les conséquences de la loi spéciale.

Et donc à partir de là, si le PLFSS n'est pas voté, ce n'est pas vrai. Alors, les cartes vitales continueront à fonctionner. Ça, on a compris depuis un an, mais de manière globale, les dépenses qui devront avoir lieu se feront parce que le PLFS, ce sont des objectifs et non pas, j'allais dire, des dépenses euh effectives décidées.

Pas de pression donc à voter le PLFSS, sauf pour faire de la mise en scène politique. Vous voyez comment on est responsable, on est la gauche de l'ordre et de gouvernement. Bien, je crois que ce soir nous pouvons dire que nous avons fait œuvre utile.

Certains font feu sur les socialistes. Et bien, je dois vous dire que ça ne nous impressionne pas. Nous n'avons jamais perdu de vue ni les raisons de nous battre, mettre de la justice dans ce budget, faire reculer les brutalités qu'il contenaient, effacer le musée des orreurs qu'avec nous les organisations syndicales avaient dénoncé.

Je crois que sans que ce soit notre budget, nous y sommes parvenus. Mais parvenu à quoi ? Parce que la seule chose qui s'est passée, c'est quand même que le projet de loi était légitimé par le vote de député que l'espace médiatique classe à gauche.

Grâce à ça, la droite a pu endosser le beau rôle et dénoncer un budget sous l'emprise des socialistes alors que bon, c'est du macronisme purju, hein. Et le budget de l'État s'annonce encore pire. Je rappelle quand même quel est le texte qui va nous revenir.

Alors, il a été encore aggravé par le Sénat. Quelle surprise ! Globalement, c'est un texte qui instaure des politiques de coupe budgétaire sans précédent dans la plupart des ministères.

C'est-à-dire que les sommes qui sont prévues pour augmenter le budget de la défense à presque 7 milliards et puis un peu quelques centaines de millions d'euros pour la sécurité à la justice sont pris sur tous les autres ministères à commencer par l'écologie, le travail, la culture, le sport, l'aide au développement, enfin je vais pas les énumérer donc c'est des coups budgétaires absolument dramatiques. Mais alors ça se dirige vers quoi cette horreur antisociale ? Qu'on sache un peu comment ça va se passer.

Ce budget est insupportable et c'est la raison parce qu'il est insupportable que euh je peux dire sans trop me tromper qu'il sera battu, que ça sera une défaite pour le gouvernement lorsqu'il va arriver euh à l'Assemblée la semaine prochaine. Ah bon ? D'accord.

Et alors c'est quoi les options ? S'il y a des faites, on le sait maintenant de manière quasi certaine, il y a loi spéciale. Ça a encore été confirmé à la conférence des présidents ce matin où la seule discussion c'était la date.

Ouais mais l'an dernier c'était pareil. loi spéciale machin et puis on a souffert pendant des mois pour finir en plus par avoir un budget 100 % bao Macron. Et là, j'en profite pour faire un appel au gouvernement et puis à tous ses partisans qu'il ne fasse pas la pression qu'il a fait l'an dernier, c'est-à-dire d'utiliser la loi spéciale euh pour euh, j'allais y contraindre au début 2026 au fait que l'Assemblée finisse par voter un texte ou éventuellement ne censure pas à 493 s'il était proposé.

Et donc grande cette loi spéciale euh encore plus difficile à vivre pour les Français. Ah mais ils avaient fait exprès ces crapules. La loi spéciale, il faut le savoir, n'a pas de règle en matière de dépense.

Ce qui est ce qui est inscrit dans les textes, c'est que euh on peut dépenser ce qui est important fondamental pour l'État. Donc il y a pas de règle précise. Et l'an dernier, on avait choisi, le gouvernement avait choisi d'avoir le la vision la plus drastique possible de la loi spéciale pour faire pression en disant on va pas payer les associations, on va pas payer les emplois aidés et cetera.

Voilà. Donc je je demande au gouvernement aujourd'hui de ne pas s'engager dans cette voie qui serait effectivement euh non seulement problématique euh pour les Français mais problématique aussi pour l'économie. Mais oui, il y a pas de raison.

Zéro raisons, pas une seule pour que le gouvernement Lecnu reproduise exactement la même stratégie qui a très bien marché l'an dernier. Zéro raison. La situation financière du pays est inquiétante.

Les macronistes, désormais pleinement soutenus par le PS, continuent à appliquer les mêmes recettes néolibérales qui n'ont fait qu'aggraver la dette et les inégalités. Et en parlant de situation désespérée ou désespérantes, rubrique suivante. On parle souvent de trumpisation de la politique française, de l'imitation de son style, de ses coups de com un peu foireux. [rires] Et ben figurez-vous qu'il y en a un bien de chez nous là, un qui sent le marile qui s'est dit qu'il allait faire pareil. [musique] D'accord.

Oh là là là ! Le cringe de l'espace avec la musique et tout. [musique] L'imitation et crasse.

La scène de liè populaire devant le bon seigneur qui bénit sa présence, c'est la gênance absolue. Et puis faire la pub pour Burger King, c'est sa mars 2025. Burger King ? [musique] Oh non mais stop là.

C'est quoi cette histoire ? [musique] [musique] Oh là là ! Non non non non mais ça pue trop la loose à des kilomètres là.

Par pitié, on enchaîne parce que là c'est trop. Et puisqu'on parle d'imitation ratée de Trump, Jordan Bardella a une séquence médiatique un peu remuée sur le plateau de quelle époque le 13 décembre 2025. La petite phrase de Nicolas SarkoZi dans le point disant en parlant de Jordan Bardella, quand j'ai rencontré Jordan Bardella, il m'a fait un peu penser au RPR autant de Chirac.

Moi je il me fait pas du tout penser au RPR autant de Chirac. Alors pas du tout euh c'est pas du tout le même genre de personne. C'est pas une critique d'ailleurs contre lui mais pas du tout.

Et bim, un premier tacle. En fait c'est un moment de l'émission où Salamé montre une photo de quelqu'un et demande à son invité de lui dire un truc. Nicolas Sarkoier.

Où est-ce qu'il trouve toute cette énergie ? C'est particulièrement abruti comme concept hein parce que bon une phrase comme ça au dépourvu, soit ça fait pathétiquement naze, soit ça fait faux poète et c'est encore pire. Mais bon, je crois que Salamé, elle aime bien le cringe.

Bruno Rota na donc et les visages se sont enchaînés jusqu'à ce qu'il tentent une pointe d'humour, se rate lamentablement et se fassent ramasser par la tablée pour finir par montrer son petit côté bougon. Ils sont méchants au service public. Mo Donald Trump, où est-ce qu'il trouve toute cette énergie ?

Euh aussi répéter là hein. [rires] Là tu manques d'imagination. Mus dans tirage de pompe là [rires] il ser les pompes à Donald.

Oui bah évidemment. [rires] Je vous trouve bien inélégante madame Bach. Non non mais c'est pourquoi est-ce qu'il déteste ?

Pourquoi est-ce qu'il nous déteste ? Ah oui, au secours en effet. Et ça ça aurait pu être notre premier ministre.

Et enfin le coup de grâce Vladimir Poutine. Où trouve-il tout cette énerve ? [rires] Jusqu'où va-t-il aller ?

Mais ce n'est pas le seul à cette monumentalement raté sur sa com cette semaine. Précédemment dans Salecon, on va crois [rires] que j'ai fait hier. Pardon ?

Maiselle parle de qui là ? Elle ? Celle que Brigitte Macron traite de Salcon, ce sont ces militantes féministes du collectif Nous toutes.

Et bien Brigitte Macron a fini par réagir à la polémique. Je suis désolée si j'ai blessé des femmes victimes. Ce sont elles ce sont elles et à ell seul que je pense.

Vous avez attribué les propos de Salcon vis-à-vis de militantes féministes. C'est des propos qui ont énormément choqué sur sur les sur les réseaux sociaux et pas que. Mais ça je le comprends tout à fait puisque ça n'était absolument pas destiné à être public.

Ah bon ? Alors si c'est pas destiné à être public, ça va. Je suis montée dans la loge d'un ami parce que il avait peur.

Je pense qu'on l'entend dans les propos. Donc j'étais avec ma fille et il était avec deux amis. Donc c'était à destination de quatre personnes.

Et ben quelle éducation, quelle exemplarité. Et elle en rajoute une couche. En plus je n'ai pas vu qu'il y avait quelqu'un derrière moi qui filmait.

Est-ce que vous regrettez d'avoir tenu ces propos ? Je peux pas regretter de parler. Mais nous notre problème c'est pas que Brigitte Macron parle, c'est ce qu'elle pense.

C'est ça le problème. Je peux pas regretter. Je suis effectivement l'épou de la République mais je suis aussi avant tout moi-même et dans quand je suis dans le privé effectivement je je peux me lâcher de manière qui n'est absolument pas adéquate.

Ah bah oui, on sait. Oui, une [musique] bonne paire de claque dans la gueule et la vie reprend tout son. [musique] Emmanuel, si tu nous entends et qu'elle te martyrise, fais-nous un signe.

On est persuadé qu'il y a tout plein d'associations de bah non, nous on va dire juste féministe, mais elles seront prêtes à accueillir ton témoignage. Et oui, la violence conjugale concerne aussi les hommes. Et en plus hein, le soutien d'une femme comme celle-là, pas sûr que les féministes en veulent vraiment.

De votre soutien. En revanche, on en a besoin. Blast est encore en campagne pour se financer et ne pas dépendre des puissances de l'argent.

Alors, plutôt que d'offrir le dernier bouquin de Sarko ou celui de Bardella, aidez-nous à survivre et offrez un abonnement à Blast. Oui, on sait. Personne dans notre public ne veut acheter le bouquin de Bardella ou de Sarco.

C'est tout pourri comme exemple, on sait. Et ben, raison de plus, on essaie d'arriver au seuil des 35000 abonnés avant la fin de l'année. On compte sur vous.

Je vous dire madame la maire, je vous dire madame la maire, vous pourriez partir avec du panache si votre seule attaque si vous avez seulement à me reprocher évidemment une affaire de nature privée contrairement à vous et c'est reparti pour un tour. L'octogone des municipales est dressé et ça distribue les bastos dans tous les sens. Mardi 16 décembre 2025, les élus de Paris discutaient du budget d'Hidalgo et la discussion a très très vite dégénéré.

En intégrant vos prédictions pour l'année 2026, en incluant le braquage budgétaire que sont les loyers capitalisés qui ont qui ont qui ont empêché. C'est vrai qu'elle est culotée la dati, elle doute de rien. Sa mouline de l'air version turbine géante à la culture depuis des années, mais ça donne des leçons à la terre entière.

En plus, elle s'est fait perquisitionner jeudi 18 décembre 2025 dans la journée à la mairie du 7e, au ministère de la culture et chez elle pour corruption et trafic d'influence. Mais bon, ça se la ramène quand même pour faire campagne sans trop de honte. Vous parliez des agents tout à l'heure, ils sont en grève systématiquement.

Ils sont encore ils sont encore ils sont encore devant l'hôtel de ville. Ils sont encore devant l'hôtel de ville. Nous les avons reçus comme nous les recevons à chaque ils ne sont pas ils ne sont et ça a enchaîné les coups méchants dans un sens comme dans l'autre.

Les impôts des Parisiens sous votre décos patrimoin et vos bijou plus de 80 % de toutes les recettes de la ville. C'est de l'argent public, de l'argent des paris de l'argent de la collectivité dont vous servez. pour vos dépenses personnelles pour lesquelles évidemment vous devrez rendre compte.

Ah ouais, c'est rigolo. Dites donc, ce fight entre femmes qui dépense des dizaines de milliers d'euros de trucs qu'aucun français ne comprend très bien. Vous vous rendrez compte au tribunal le 16 [rires] septembre 2026 comme votre 16 septembre madame la ma commad tribunal le 16 septembre 2026 pour fait de corruption.

Je n'ai jamais utilisé d'argent public contrairement à vous. De l'argent privé, de l'argent privé, oui. [applaudissements] De l'argent privé, oui.

Et bim, tes notes de frais et bam, tes bijoux et bim, ton enquête et bam ton jugement. Bon, ça fait pas avancer le schmilblic hein, mais au moins ça peut faire marrer et c'est leur cas visiblement. Ah oui, quelle ambiance.

Vous savez, je me soucie beaucoup plus de votre avenir que du mien. Madame, en tous les cas, souciez-vous de votre avenir plus que du mien. Le mien au moins, il y a pas procès en vue pour corruption terminé dans l'amertume.

Madame la mère, c'est c'est notre dans la haine et dans l'amertume. On se détend. On se demande bien qui est la plus amè des deux hein, madame la mère ou la merde.

Future madame la mer aussi. Et en parlant de haine, d'amertume et de corruption, rubrique suivante. [musique] Alors oui, on a vous noostra coule pas, on a lu tout le bouquin de SarkoZi et comme prévu, bah il y avait des belles perles et ça a commencé direct dès le début avec l'avertissement.

Par souci du respect de la vérité et de la crédibilité de mon propos, j'ai choisi de ne modifier aucun des noms des protagonistes de ce récit. Chacun pourra donc s'y reconnaître et ainsi assumer sa juste part de responsabilité dans ce qui restera à n'en pas douter une douloureuse épreuve judiciaire par souci du respect de la vérité venant de Sarkozy. C'est quand même pépite hein.

Qu'est-ce qui avait bien pu me faire tomber du mauvais côté de l'histoire ? Qu'avais-je fait pour mériter un tel traitement ? Quel crime avais-je bien pu commettre ?

Je dois reconnaître aujourd'hui la profondeur de ma naïveté. Jamais je n'aurais envisagé qu'avoir été porté au sommet de l'État pouvait constituer une telle menace pour ma famille et pour moi-même. Mais oui, quel crime ?

Comment ? De qui ? De quoi ?

Pourquoi ? On se le demande. Pourquoi je vécu tant de situations si extrêmes ?

Je m'apprêtais à recevoir mon numéro d'écrou, le 320535. C'est ainsi que j'allais désormais être identifié. 4 jours auparavant, j'étais Nicolas Sarkozy, l'ancien président de la République reçu par le président Emmanuel Macron en personne au palais de l'Élysée.

A-t-on jamais imaginé un contraste plus saisissant ? C'est vrai que c'est assez saisissant, hein, mais peut-être qu'un président reconnu coupable d'association de malfaiteurs, ça passe devant, non ? Et moins on trouve de preuves, plus on s'obstine allant jusqu'à me jeter en prison.

Toi, je me taire, toi-je baissais la tête ? On ne peut pas me le demander. Et d'ailleurs, je ne le ferai pas parce que ce serait trop grave, trop lourd de conséquence, trop contraire à l'idée même d'état de droit.

À la corrida, le moment de la mise à mort est toujours le plus attendu. Il en a les deux mêmes ici. De toute beauté, une martyrologie d'anthologie.

Au cas où vous n'aviez pas remarqué, ce n'est pas Sarco mais Usule. On le remercie pour ses imitations saisissantes. Alors bon, on va pas le faire imiter toutes les citations.

Donc bon, on va se faire une petite session cous lecture chill. Bonjour, je suis Nicolas Sarkozy. J'ai le plaisir de vous lire le journal d'un prisonnier pour Blast.

Alors dans le genre bizarre, il y a eu aussi ça. On ne prête à autrui que les sentiments que l'on éprouve pour soi-même. Ce fut sans doute une erreur de ma part de ne pas l'avoir compris à tant.

Je suis un bagarreur. J'aime me battre. C'est vrai que parfois il tenait du personnage de comédie, hein.

Un téléphone était installé dans ma cellule comme dans celle des autres détenus. Il s'agissait d'un poste fixe. Je devais me tenir debout pour l'utiliser car il était fixé au mur à hauteur d'homme.

Son utilisation n'était gaisée. Oh non, on avait dit pas sur la taille. C'est un petit ponhomme haut comme trois pommes.

Un véritable cauchemar. Mais le téléphone réservait d'autres secrets à notre détenu d'exception. Personne n'avait la possibilité de m'appeler.

Je pouvais le faire mais uniquement pour des numéros qui avaient été préalablement enregistrés et agréés par l'administration pénitentiaire. Il convenait ensuite de composer pas moins de 10 chiffres qui constituaient autant de codes nécessaires pour obtenir la ligne permettant enfin d'atteindre le correspondant désiré. Un véritable parcours du combattant.

Oui, un téléphone quoi avec des numéros. C'est pas un code, c'est numéro de téléphone. Si tout se remble en combat, c'est peut-être parce que ça fait des années qu'il vit dans le nuage cotonneux du luxe, hein.

Pas de privation, pas de frustration et surtout pas de bruit. La prison est plus sonore la nuit que le jour. Mon voisin de cellule passait une partie de son temps à chanter le roi Lyon et l'autre à s'acharner avec sa cuillère contre les barreaux de sa cellule, déclenchant un bruit assourdissant.

Je lui étais reconnaissant d'avoir arrêté ses activités à cette heure assez avancée de la nuit. Et en parlant de roi, il a aussi pas mal lâché sur les politiques et Macron en particulier. Emmanuel Macron avait suffisamment de contenteurs, d'ennemis déclarés, d'amis déçus pour que je vienne allonger cette liste interminable.

Et hop, au passage, un tacle sur son impopularité et la déloyauté de ce soutien. Depuis sa fineste décision de dissoudre l'Assemblée nationale en 2024, nos relations s'étaient distendues. Je n'avais pas compris et encore moins accepté ce que j'avais considéré comme un caprice qui faisait autant de mal à la France qu'à son auteur.

Si même la droite réa se met à le dire, c'est peut-être que Jupiter a raté le coche, hein. Et visiblement, il n'a pas semblé être très convaincu par le macronisme. La question n'est pas simplement de rassembler son camp ou son parti, elle est de rassembler la France dans sa multitude, sans affadir ses propres convictions et sans faire le en même temps qui ne fonctionne pas comme on le constate malheureusement aujourd'hui.

Il a su avec la subtilité qui est la sienne, flatter son propre parcours. Surprise ! La méfiance était même installée à la suite du retrait de ma légion d'honneur.

Ce n'était pas tant le fait en lui-même que la manière qui m'avait profondément heurté. J'avais été promu chevalier en 2004 par Jacks Chirac qui avait alors évoqué au titre de mes mérites supposés l'affaire human dans laquelle les circonstan m'avaient mis en situation de sauver des enfants de maternel retenus en otage par un détraqué qui voulait faire sauter l'école entière et hop un peu de pub gratuite comme il le dit si bien d'ailleurs. La modestie s'imposait et il n'a pas épargné sa famille politique comme il le dit si joliment.

Bruno m'appela régulièrement mais n'en fit publiquement pas davantage. Laurent Voquier se manifesta aussi mais ses prises de position publique furent prudentes et surtout moins tranché que celle de Gérard Larchet qui osa affirmer que l'exécution provisoire posait un problème. Et le coup de grâce ?

Je n'en veux pas à ceux qui n'ont pas été particulièrement courageux. Chacun fait comme il peut ou comme il veut. Mais comment espérer être un leader politique si on a peur et surtout si on le montre ?

Nous on aime bien hein ces petits déchirements entre Droitos, mais bon c'est pas non plus l'apanage du courage le Nico. J'avoue avoir fait preuve d'une certaine couardise. Oh mais rassurez-vous, il a pas gardé ses munitions que pour Macron et les LR hein.

Cela n'empêcha pas Segolen Royal d'affirmer sans rire qu'elle avait perdu l'élection de 2007 à cause de l'argent de Kaddafi. Plus c'est gros, plus la passe. Et avec elle, ce n'est jamais assez gros.

À son crédit, je dois dire que je ne suis pas certain qu'elle comprenne toujours le sens de ce qu'elle dit. Cela sauve de la honte. Puisqu'il me fallait porter une croix, je devais tenter de le faire en m'élevant spirituellement.

Et ben, quelle élévation spirituelle qui plusit. Et en parlant d'élévation spirituelle, il semblerait que Sarkozy est tenté de prendre un raccourci direct martyr. Bonne nouvelle, ma cellule comportait deux fenêtres consolidées.

Chacune d'elles était obturée par un double système de barreau et de grillage. L'évasion n'était guère envisageable. En tout cas, pour un prisonnier comme moi, je pouvais même les ouvrir.

Je f l'erreur de vouloir aérer ma cellule en ouvrant l'une des fenêtres. Mal m'en appris, un bruit assourdissant m'agressa. Oh !

Ah ! On m'agresse ? Mais qui va là ?

Y avait-il une bagarre ? S'agissait-il de manifestation qui m'étaient destinée ? Ce vac m'a duré plusieurs minutes.

Elles m'ont paru interminables. L'ambiance était menaçante. Bienvenue en enfer.

J'ai vite refermé la fenêtre. Je prendrai l'air plus tard. Ce n'était pas la priorité du moment, l'espace d'un instant, je me suis demandé comment j'allais pouvoir survivre dans cet environnement hostile.

Environnement hostile ? C'est pas l'Anapurna non plus, faut se calmer. Certains de mes nouveaux voisins ne semblaient pas bénéficier d'un équilibre mental optimal.

Nicolas. Oh mais attendez voir, il sera moins fanfaron par la suite hein. Là il vient d'arriver, il se la pète et tout.

Après 3 semaines, il sera maté le petit délinquant de nuit sur scène. La cérémonie de la douche après le sport était particulièrement cocasse. Je n'avais jamais connu une installation plus incommode par la crainte sans doute qu'un détenu ne se pende.

Il n'y avait pas de pomau mais seulement un petit filet d'eau qui coulait presque le long du mur. On ne pouvait se mettre au-dessous. Il fallait essayer de se placer à la bonne hauteur juste en face.

Mais ce n'était pas la seule difficulté. Le pire était que le mince filet d'eau s'interrompait très vite comme une minuterie. Il fallait sans cesse retrouver le bouton et le presser.

L'imaginer ce qu'on torsionnait dans tous les sens sous la douche après le sport. Comme il le dit si bien, quitte à boire le calis, autant le boire jusqu'à la le et la li bu dans son bouquin. Il a radicalement refusé de changer ne serait-ce que le commencement du début de sa posture.

Mon crime aujourd'hui serait-il de ne pas être de gauche ? Ah, attendez, non, c'est euh à l'origine de toute l'affaire, il y a l'officine Média Part et ce fameux document dans le tribunal correctionnel de Paris a jugé que le plus probable est qu'il soit un faux. L'objectif était d'abord de me faire perdre l'élection présidentielle de 2012 alors que j'étais en train de faire une remontée spectaculaire.

Il fallait à tout prix casser cette dynamique aussi inattendue qu'imprévue. Et pas du tout. Enfin, on parle d'association de malfaiteurs.

Ici, c'est des accusations sérieuses étayées par de nombreux documents, pas une chasse aux sorcières. Mais ça, il s'en fiche et il compte bien faire payer ceux qui ont entraîné sa chute. La vengeance, je l'ai déjà dit, ne m'est pas naturelle.

Je n'aime pas ce sentiment. Je n'ai pas envie de me rabaisser avec l'idée de faire du mal à ceux qui m'en ont en fait, mais je sais qu'il va me falloir reconsidérer une partie de mes convictions. Il n'est coupable de rien.

Tout serait la faute de cette officine politique que serait Médiap et dans complot des juges. Et peu importe s'il a déjà été condamné définitivement deux fois dans les affaires Big Malion et Bismut. Ça bizarrement, il ne s'en vente pas.

Peu importe aussi si le parquet national financier a ouvert une nouvelle enquête et demandé un nouveau procès pour l'affaire dans l'affaire sur le revirement de témoignage de Ziat Takedin. Ah non non. E oh on reste sur celle-là hein.

On regardera la nouvelle plus tard parce que sinon on va pas s'en sortir. Alors malgré cette persécution antidroite dont il fait les frais, il n'est pas lui comme les autres traînent savates. Il reste un partisan de l'ordre du travail.

Je pris la décision de faire mon lit. Oh et ça aussi quelle péripétie. ce qui n'était pas une mince à faire, car celui-ci était fixé au mur par des plaques imposantes.

Il fallut renoncer à en faire le tour. Outre sa rigidité, le matelas pesait un poids étonnant. Décidément, nous ne serions pas amis, lui et moi.

Les oreillers étaient d'une drôle de matière, peut-être du plastique. Les couvertures n'en avaient que le nom. Leur minceur faisait peine avoir.

Mais une fois le lit fait convenablement, la cellule prit un aspect plus humain. Il suffit de peu de choses parfois. Il était tout content d'avoir fait son lit.

L'oisiveté est le pire des travers, spécifiquement lorsque l'on se trouve privé de liberté. Le travail, la famille, attention, il manque plus que la patrie. J'ai pu mesurer à cette occasion la profondeur des racines chrétiennes de la France et l'importance des sentiments religieux, y compris chez ceux qui m'écrivaient sans être visiblement des pratiquants réguliers.

Et hop, en direct de ces news prison pour vos oreilles ébahis. Mais en même temps, le Front républicain est mort et enterré depuis longtemps avec lui et il le reconnaît. Beaucoup d'électeurs actuels de Marine Le Pen et de Jordan Bardella était à mes côtés lorsque j'étais dans la politique active.

Jamais lorsque j'étais président de l'UMP, ni le père ni la fille n'ont été présents au second tour de l'élection présidentielle. Insulter les dirigeants du Rassemblement national, c'est insulter leurs électeurs, donc les nôtres au moins potentiellement. Bah c'est bien au moins, c'est clair.

J'ai vu à l'occasion de mon incarcération la force de ce lien charnel qui me lit avec tant de français. Mais à part ces horreurs, ses refus de remise en question, ce bouquin pose deux vraies questions sur la prison. Alors là, ça non, ça peut pas être vrai, hein.

Alors oui, non, lui ne se pose pas vraiment les questions, il évoque le sujet un peu abstraitement. Je me fis la promesse d'avoir à ma sortie une parole désormais plus élaborée et moins caricaturale que celle que j'avais pu tenir dans le passé sur tous ces sujets. Ah mais quand même.

Et ben justement, on va faire un petit peu de subversion et de vrai gauchisme antiprison à partir du bouquin de Sarkozi, un surveiller et punir version martyrologique du Droitos. Une véritable Oasis. C'est une ultime trahison de cette mise en scène autrement assez pathétique.

Ce qui est intéressant avec le livre de Sarkozy, c'est que sans en avoir l'air, il évoque l'essentiel des questions qui se pose sur la prison et le système pénal. Ça peut sembler grandiloquant, mais c'est savoir à quoi servent les normes du crime. Comment doit-on définir les déviances sociales ?

Est-ce que la punition est une bonne option pour y répondre ? À quoi est-elle censée servir ? Toutes ces questions ont notamment été longuement travaillées par un groupe d'intellectuels dans les années 70, le Jy groupe d'informations sur les prisons, notamment fondé par Michel Fouco et Pierre Vidal Net et rapidement rejoint par des noms reconnus de la pensée de gauche radicale comme Hélène Siksou ou Gill deuse.

Comme Michel Fouco l'a si bien montré dans son ouvrage surveiller punir depuis la révolution française et les lumières. La peine, c'est-à-dire la punition, l'infliction d'un mal doit servir à quelque chose, doit poursuivre un bien social collectif. La peine ne saurait être uniquement une forme de vengeance spectaculaire ou de moyen de réaffirmer l'autorité de l'État via l'expiation souffrante de faute par le corps du condamné.

La force de l'analyse de Fouo, c'est de montrer comment derrière cette façade du bien commun du progrès de la société se cache en réalité des dessins tout aussi primaires et politiques. La peine reste encore une modalité du contrôle social par définition brutale. Classiquement, la peine reçoit trois grandes fonctions.

Punir, c'est-à-dire rétribuer, infliger un mal pour un mal. réhabiliter, c'est-à-dire rendre le condamné à même de vivre normalement dans la société et protéger en mettant de côté les éléments dangereux de la société. Malgré sa cécité réactionnaire et conservatrice, le récit de Nicolas Sarkozy permet avec grande fidélité de montrer en quoi les trois fonctions de la norme pénale sont très largement inefficaces et problématiques sur le principe et dans le milieu carcéral en particulier.

Le premier mythe, très enraciné dans la façon de voir la punition serait sa vertu rédemptrice par la souffrance. En infligant une souffrance au condamné, on en transformerait l'âme. Je me suis rendu compte que la prison provoquait une fatigue profonde, nerveuse comme physique.

Je ne l'avais pas réalisé au début. Je vivais sur les ners. J'étais concentré à l'extrême pour tenter de comprendre les règles de vie de mon nouvel environnement.

Cette fatigue, c'est le résultat de l'enfermement, de la solitude. C'est la prison. En prison, il n'y a rien à voir, rien à faire.

J'oublie le silence qui n'existe pas à la santé où il y a beaucoup à entendre. Le bruit est hélas constant. À l'image du désert, la vie intérieure se fortifie en prison.

La prison est fabriquée siamment et intelligemment pour la dépression, pour punir le condamné au moins mentalement, si ce n'est physiquement. Aucun espace n'exprimait le plus petit espoir ou la moindre humanité. Je fus frappé par l'absence de toute couleur.

Le gris dominait tout, dévorait tout, recouvrait toutes les surfaces. Le premier contact était rude. Il s'agissait davantage d'une cage que d'un lieu de promenade.

Tout cela n'est pas du hasard. Tout est pensé et organisé à cette macabre fin. Nous traversâmes la cour d'honneur dont la pente était inclinée à dessin.

Autrefois, la guillotine y était installée et le dénivelé permettait au sang de s'écouler. La barbarie ne néglige aucun détail. Cette dépression manufacturée a pour but d'écraser le condamné sous le poids de la culpabilité, d'épuiser ses ressources morales et de lui faire croire à la fin qu'il est coupable.

Peu importe la réalité des faits. Au fond, le processus judiciaire est fait consciemment ou non pour user, pour affaiblir et pour que au bout de cette course d'obstacle, le prévenu se sente coupable. La punition est déshumanisante.

Elle sert à presser le condamné sous les rouages de l'administration pénitentiaire qui reste flegmatique comme si elle avait affaire à une chose immuable. Ainsi, à propos d'un détenu qui se tapait la tête contre la porte de sa cellule pour aller en visite, Sarkozy narre cette interaction. Le jeune surveillant me fit cette remarque fataliste.

C'est un détenu impatient. Son fleg m'impressionna. Je n'en aurais sans doute pas été capable.

Ce n'est plus quelqu'un épuisé par des années de confinement seul, rendu fou par l'enfermement. C'est un détenu impatient. Loin de se contenter de punir un condamné, la prison et tout le système pénal avec elle sert à fabriquer des coupables, à prendre de la chair et des vies humaines pour valider la raison d'être de tout ce système.

La culpabilité. Cette logique punitive est extrêmement inefficace à faire prendre au coupable conscience de sa culpabilité. Punir et faire souffrir ne fait que renforcer l'antagonisme.

Ça favorise les discours victimaires et martyrologiques comme le même Sarkozy a su nous le montrer. Ça ne permet donc pas une réhabilitation morale mais la prison ne permet pas non plus une réhabilitation sociale. Son fonctionnement est radicalement incompatible avec le mode de vie sociale normal.

La violence la plus inhumaine était la réalité quotidienne de ce lieu dont on attend à l'inverse qu'il prépare à la réinsertion des délinquents. Cela me paraissait assez mal parti dans ces conditions. Dans la prison, la règle c'est l'arbitraire.

Pas de promenade parce que X, pas de visite parce que Y. Le maton vous a dans le nez, vous prenez du cachot disciplinaire. C'est d'ailleurs l'un des principaux problèmes avec la prison.

Lorsque l'on se retrouve dans un lieu où sont regroupés tant d'assassins, de malfaiteurs et d'escroc en tout genre, il est assez naturel d'être affecté par l'ambiance générale de culpabilité et par l'image que la prison vous renvoie de vous-même. Si je n'y prenais garde, je pouvais finir par me sentir coupable rien que par la contamination extérieure. Comment apprendre à des individus à vivre selon les règles de la société en les plongeant dans une mini société qui fonctionne exactement à l'envers de la vraie société ?

En prison, l'ordre se fait par la terreur de l'agression soudaine et la surveillance constante. Le libre arbitre est oblitéré. Ce qui compte, c'est de se mettre dans les bonnes grâces de ceux qui ont votre vie entre leurs mains.

Votre condamnés ? Maton ou magistrat ? Si je ne disais pas que je souffrais de l'enfermement, les juges pourraient penser que je les provoquais et que je n'avais pas pris les choses au sérieux.

À l'inverse, si j'en faisais trop, je risquais d'être présenté comme impudique, faible, cherchant à les apitoyer. La prison est ainsi une machine à fabriquer la récidive. Elle plonge des gens violents dans une société où l'ordre se fait par le rapport de force et la violence.

Bref, elle ne réhabilite plus du tout. Cette violence est omniprésente. La nuit précédente avait été particulièrement agitée.

Un détenu s'était blessé à la tête sans que l'on sache si cela était volontaire ou non. à l'hôpital Coch où il fut transporté pour être soigné, le médecin avait demandé que les menottes lui soient retirées. C'est à ce moment que l'homme avait eu la mauvaise idée de tenter de s'enfuir.

Une course poursuite s'était engagée dans les couloirs de l'hôpital. Le détenu avait finalement été rattrapé et ramené à la santé dans un grand état d'agitation. De 4 à 6h du matin, le malheureux n'avait cessé de protester, de hurler et de manifester son désespoir et sa colère de la façon la plus bruyante possible.

Il devait se trouver au quartier disciplinaire juste en dessous du mien. Il était difficile de dormir dans ces conditions tant le bruit était prignant. De surcroix, ces cris étaient déchirants.

C'était assez bouleversant. Cela me conduisit à réfléchir à la misère humaine, à la désespérance profonde et au sentiment d'abandon que devait ressentir cet homme. J'ai éprouvé une certaine commisération pour lui.

J'ignorais tout de ce qu'il avait fait, mais la compassion m'a parut être le sentiment le plus adapté. En tout état de cause, bien davantage que l'énervement d'avoir un voisin bruyant. Sarkozy ne vit cette situation que de très loin, mais elle est courante en prison où les agressions et les violences sont le lot quotidien de bien des détenus.

Cinq détenus s'étaient acharnés sur un autre au lieu de se sentir comme des compagnons d'infortune dont l'intérêt aurait été de se serrer les coudes. La nature de l'homme et ses penchants pour la violence et l'agressivité avaient fait que les cinq agresseurs s'étaient ligués contre le 6e. La prison ne protège personne.

Elle ne protège pas la société, elle fabrique des récidivistes. Elle ne protège pas plus le condamné, elle l'enferme dans un lieu encore plus violent. Elle ne protège pas non plus le personnel pénitentiaire, obligé de gérer l'ingérable dans des conditions toujours plus pénibles, difficiles et crisogènes.

L'étonnant à mes yeux n'était pas que l'affrontement ait eu lieu, mais qu'il n'y en ait pas eu davantage dans une prison dont le taux d'occupation était de 191 %. Comment cohabiter paisiblement et durablement avec un inconnu dans un espace aussi exigu qu'une cellule d'à peine 10 m² ? La prison brouille les lignes.

Les matons sont aussi enfermés que les prisonniers. Ils doivent ouvrir, fermer, surveiller, contraindre, punir. C'est une usine à fabriquer des coupables, à démanteler tout esport de réhabilitation et qui construit des prisons dans les prisons à travers le corps des condamnés et la tête des surveillants.

Le mode de pensée bave partout. La culpabilité des uns devient la justification de punir des autres. La cruauté des autres légitime la résistance des uns.

Le cycle de la violence n'en ressort que renforcé par l'organisation carcérale. Alors bon, toutes ces remarques sont extrêmement classiques et font de l'abolitionnisme pénal que soutient par exemple Geofreid la gnererie. Si ces sujets vous intéressent, vous pouvez aller regarder l'entretien mené par Denis.

Ce qui est particulièrement gênant, c'est qu'évidemment de la prison, Nicolas Sarkozy n'en a rien vécu. Il n'a pas subi la surpopulation, les agressions et l'arbitraire des matons. Il a eu un séjour privilégié et très protégé.

Sa mise en scène médiatique est d'autant plus pathétique et ril se prend au sérieux au point que ses interlocuteurs, eux, ont du mal à en faire de même. Le courageux est celui qui domine sa lâcheté. J'ai souvent ressenti ça face à des gens malades en me disant "Mais si j'étais dans sa situation, quand j'ai monté les escaliers pour la première fois, les 85 marches pour aller à ma cellule, je ne savais pas." Et enfin les commentaires, l'oricanement, c'est au fond le rire sans le courage ou les pleur sans le sentiment.

C'est les gens qui sont au bord de la rivière qui la regardent passer et qui commentent. Le rire vire à la nausée quand on sait qu'il n'a mentionné aucune de ces deux autres condamnations définitives pour la faire Big Malion et la faire des écoutes. Mais surtout, il n'a pris aucun recul sur sa propre situation et n'a jamais, pas une seule fois, emprunté ses chaussures de président ou de ministre de l'intérieur pour lire la situation dans laquelle il était.

Il n'a pas cherché à construire une signification sociologique particulière. Il ne voit aucun lien entre sa politique et la situation dans laquelle il s'est retrouvé, entre ses idées et sa réalité. Pas une seule fois s'est-il rendu compte que l'idéologie à laquelle il a souscrit produisait les résultats qu'il a dû vivre.

Il s'est contenté de son petit nombril, de sa petite famille et de son petit vécu en jouant une sérénade de martyrologie répugnante. Voilà pour cette fois. Passez de bonnes fêtes autant que possible.

On n'est pas à l'abri d'un tonton fachot ou d'une grand-mère macroniste. On se retrouve très bientôt pour commenter l'actualité politique et parlementaire. N'oubliez pas de liker, commenter, partager pour diffuser une information libre, indépendante et accessible à tous.

Et en attendant la prochaine fois, on vous laisse avec cette ultime citation inspirante de Nicolas Sarkozy. À force de subir des injustices, on peut finir par les trouver normal, voire par se sentir gêné d'exiger ce qui en définitive [musique] n'est que son droit.

SARKO : OUIN-OUIN — Nicolas Sarkozy · Pourquijevote