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InterviewRTL — L'invité de 7h40 (sur Podcast)· 27 avril 2026 10 minComplaisantActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

L'analyste François Heisbourg estime sur RTL que la tentative d'attentat contre Donald Trump va lui "bénéficier"

Au micro : Thomas SotoSource d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 30 %Défensif 70 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:22OuverteRéponse directe

    Que change pour Donald Trump la tentative d'attentat ?

  • 1:21OuverteRéponse directe

    Ce regain de popularité peut-il changer la guerre ?

  • 2:41OuverteRéponse directe

    Cette guerre est-elle devenue un bourbier ?

  • 3:28OuverteRéponse directe

    À qui Trump va-t-il faire perdre les élections de mi-mandat ?

  • 4:12OuverteRéponse directe

    Quel est votre regard sur Donald Trump aujourd'hui ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Quels sont les trois grands prédateurs selon votre livre ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:29Invité politiqueFait
    « il y a forcément un effet drapeau. Le chef de l'Etat a fait l'objet d'une tentative d'attentat, lui et les membres de son administration. »
  • 0:42Invité politiqueFait
    « Dans les médias, ça va lui bénéficier politiquement. »
  • 1:16Invité politiqueFait
    « Trump, il a des tas de défauts, mais c'est un animal politique hors pair. »
  • 1:47Invité politiqueFait
    « Il ne va pas faire dans la sobriété ce qui concerne ses messages futurs sur Truth Social. »
  • 2:10Invité politiqueFait
    « C'est une guerre qui ne fait aucun sens, dans laquelle les États-Unis se sont plongés. »
  • 2:35Invité politiqueFait
    « Ce n'est pas parce que quelqu'un a fait un mauvais coup que le fait de ne pas s'y associer vous mettrait en dehors de l'histoire. »
  • 2:58Invité politiqueFait
    « Cette guerre, je ne sais pas si elle est devenue un bourbier, parce que la guerre de Vietnam, elle a duré 8 ans, on n'en est quand même pas tout à fait là. »
  • 3:43Invité politiqueFait
    « les sondages locaux disent grosso modo que l'électorat en a assez du trumpisme et qu'ils ont envie de passer à autre chose. »
  • 3:53Invité politiqueFait
    « M. Trump est aussi un homme qui continue de croire et de faire croire qu'il avait gagné les élections présidentielles en 2020. »
  • 4:37Invité politiqueFait
    « Non, d'abord, il n'est pas cinglé. Pour gagner les élections deux fois, il a gagné les élections présidentielles deux fois quand même. »
  • 4:52Invité politiqueFait
    « il y a des sujets sur lesquels il donne une grande constance son attitude vis-à-vis de la Russie. Elle remonte aux années 80 du temps de l'Union soviétique. »
  • 5:18Invité politiqueFait
    « il a une vision. Il n'a pas une stratégie, il a une vision. Il est piètre stratège. »
  • 6:17Invité politiqueFait
    « L'Iran a aidé la Russie dans la guerre d'Ukraine, notamment en lui livrant les fameux drones Shahed. »

Temps de parole

  • Invité politique77 %
  • Présentateur23 %

2,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Thomas Soto, RTL Matin. Conseiller spécial à la Fondation pour la Recherche Stratégique, son nouveau livre « L'Europe face aux prédateurs » sortira après-demain, mercredi, chez Odile Jacob. François Heisbourg est l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, François Heisbourg. Ça fait deux mois quasiment que les Etats-Unis et Israël ont entamé leur guerre contre l'Iran. Alors ce matin, grâce à vous, on a eu envie de poser un peu les choses, de regarder où on en est vraiment. Mais juste avant, peut-être, que change pour Donald Trump ce qu'il s'est passé samedi soir et ce qui ressemble à une tentative d'assassinat du président américain ?

0:29
Invité politique

Oui, il y a toujours, dans ces cas-là, il y a forcément un effet drapeau. Le chef de l'Etat a fait l'objet d'une tentative d'attentat, lui et les membres de son administration. Donc, dans les médias, ça va lui bénéficier politiquement. Et comme en plus, dans ces cas-là, il a tendance à réagir de façon plutôt intelligente. Il a fait une petite conférence de presse tout de suite après. Il avait trouvé les mots justes. Il a été sobre. Il a été sobre. Il a trouvé le ton juste. C'est comme après l'attentat pendant la campagne électorale, où la balle lui était passée à l'oreille. Dans ces cas-là, il est bon.

Il ne faut pas oublier que Trump, il a des tas de défauts, mais c'est un animal politique hors pair.

1:21
Présentateur

Mais est-ce que vous pensez que ce regain de popularité, on comprend qu'on serre les renders, un président qui a failli être assassiné, est-ce que vous pensez que ça peut changer quelque chose dans le déroulement de la guerre ?

1:30
Invité politique

Dans le déroulement de la guerre, probablement pas directement. Mais lui, il sera renforcé, bien entendu, dans sa croyance qu'il est béni par la providence, que c'est la main de Dieu qui le guide. Ça ne va pas arranger les choses. Il ne va pas faire dans la sobriété ce qui concerne ses messages futurs sur Truth Social. Son raison sociale à lui. Et dans une négociation dans laquelle les Américains sont très mal placés, ça ne va pas les aider à rattraper le terrain perdu au profit de cette guerre, je vais dire, totalement démonte. C'est une guerre qui ne fait aucun sens, dans laquelle les États-Unis se sont plongés.

J'allais d'ailleurs dire que, certains m'ont demandé, mais ton livre sur l'Europe, est-ce qu'on n'assiste pas à l'Europe qui sort de l'histoire ? La preuve, c'est qu'on n'est pas dans la guerre, la guerre d'Iran. Je réponds non. Ce n'est pas parce que quelqu'un a fait un mauvais coup que le fait de ne pas s'y associer vous mettrait en dehors de l'histoire.

2:41
Présentateur

Ce n'est pas forcément là qu'il y a la faiblesse européenne, on va y venir. Ça devait être une guerre rapide, qu'allait faire tomber le régime des Mola et régler une fois pour toutes le problème du nucléaire iranien. Deux mois plus tard, est-ce que vous diriez, comme on l'a dit à l'époque des États-Unis au Vietnam, comme on l'a dit à l'époque de l'Union soviétique en Afghanistan, que cette guerre est devenue un bourbier ?

2:58
Invité politique

Cette guerre, je ne sais pas si elle est devenue un bourbier, parce que la guerre de Vietnam, elle a duré 8 ans, on n'en est quand même pas tout à fait là. Il y avait des hommes au sol qui mouraient. Voilà, mais elle est devenue un boulet, d'ores et déjà, par rapport à des élections qui ont lieu dans quelques mois. Les élections de mi-mandat, en novembre. Les élections de mi-mandat, si celles-ci se déroulent de façon à peu près démocratique, ce qu'on peut espérer, elles seront perdues de façon assez massive.

3:28
Présentateur

Ça, c'est à qui déjà, vous pensez ?

3:30
Invité politique

Comment ?

3:30
Présentateur

C'est à qui déjà que Trump va faire des élections de mi-mandat ?

3:33
Invité politique

Tous les sondages locaux, parce que ce sont des élections législatives, donc ce qui compte, ce ne sont pas les sondages nationaux, ce sont les sondages locaux. Mais il s'en fait beaucoup et les sondages locaux disent grosso modo que l'électorat en a assez du trumpisme et qu'ils ont envie de passer à autre chose. Mais M. Trump est aussi un homme qui continue de croire et de faire croire qu'il avait gagné les élections présidentielles en 2020. Il est donc parfaitement capable de se radicaliser et de tenter de vider de leur sens les élections du mois de novembre.

4:12
Présentateur

On a entendu beaucoup de choses au sujet de Donald Trump. Dans votre livre précédent, vous l'aviez qualifié de vandal. Il y a ceux qui pensent qu'il est cinglé. Quand d'autres regardent Trump comme un stratège roi de l'embrouille qui, sous son personnage parfois fantasque, c'est parfaitement où il va. Quel est votre regard sur ce personnage ? C'est qui Trump aujourd'hui ?

4:29
Invité politique

J'ai choisi ce mot de vandal de façon tout à fait délibérée. J'ai beaucoup réfléchi là-dessus. Non, d'abord, il n'est pas cinglé. Pour gagner les élections deux fois, il a gagné les élections présidentielles deux fois quand même. Et la deuxième fois, largement. Et la deuxième fois, haut la main, on ne peut pas être cinglé. On ne peut pas être cliniquement dysfonctionnel. Donc, c'est autre chose. Par ailleurs, il y a des sujets sur lesquels il donne une grande constance son attitude vis-à-vis de la Russie. Elle remonte aux années 80 du temps de l'Union soviétique. Son attitude de mépris total par rapport aux Européens, elle remonte aux années 80.

Il est certes toujours cet homme qui est capable de se contredire trois fois dans la même journée. Mais sur le fond, il a une ligne directrice. Mais sur un certain nombre de sujets, pas sur tous, mais sur un certain nombre de sujets, il a une vision. Il n'a pas une stratégie, il a une vision. Il est piètre stratège. Il n'est pas du tout transactionnel, contrairement à ce qu'on répète à l'envie. Oui, on dit qu'il aime faire des deals. Ben non, les deals, faire une transaction, ça veut dire je donne, tu donnes. Il y a quelque chose pour chacun. Sinon, il n'y a pas d'accord à la sortie. Des accords, il en fait très très peu. Le Venezuela, ce n'est pas un deal.

La guerre d'Iran, ce n'est pas un deal. Ça se finira probablement par un cessez-le-feu durable à un moment donné. Mais ce ne sera pas parce qu'il y aura eu un deal au sens plein de ces termes.

6:00
Présentateur

François Heisbourg, quand on lit votre dernier livre, L'Europe face aux prédateurs, on comprend qu'il y a trois grands prédateurs. Les Etats-Unis, la Chine et aussi la Russie. Justement, Vladimir Poutine va recevoir aujourd'hui le ministre iranien des Affaires étrangères. Ce n'est pas rien quand même. La Russie qui soutient ouvertement l'Iran en guerre avec les Etats-Unis. Est-ce qu'on doit s'inquiéter de ça ?

6:17
Invité politique

Oui, bien sûr. L'Iran a aidé la Russie dans la guerre d'Ukraine, notamment en lui livrant les fameux drones Shahed, dont la Russie a entrepris l'amélioration et la production en masse. Maintenant, je pense qu'à Saint-Pétersbourg, M. Harakshi, le ministre iranien, va verrouiller avec le président Poutine la livraison des drones Shahed, en sens inverse, de la Russie vers l'Iran, parce que les capacités de production de l'Iran ont été un petit peu abîmées par les bombardements.

6:53
Présentateur

Bon, mais comment vous lisez le rapport entre Trump et Poutine ? Qui domine l'autre ? Parce que quand on dit entreprédateurs, il y a toujours un dominant et un dominé. C'est qui le patron entre Trump et Poutine ? Lequel impressionne le plus l'autre ?

7:04
Invité politique

Ça dépend où. Je pense que Trump est beaucoup plus admiratif de Poutine que Poutine est admiratif de Trump. Ça, il est clair qu'il y a une fascination de Poutine par Trump. On l'a vu pendant le premier mandat, on le revoit pendant le second, et dans l'affaire ukrainienne, où les intérêts occidentaux, y compris américains, sont quand même en jeu, le moins que l'on puisse dire, c'est que M. Trump continue de faire preuve d'une complaisance coupable, du moins du point de vue des intérêts américains, par rapport au président Poutine.

7:39
Présentateur

Face à tout ça, François Haysbourg, on a l'impression que nous, les Européens, on regarde les balles passées. Vous écrivez, l'Europe va devoir apprendre à être brutale. Ça veut dire quoi ? Qu'on va devoir devenir un empire agressif, nous aussi ? Il va falloir, par rapport aux prédateurs, je ne parle pas au reste du monde,

7:53
Invité politique

mais par rapport aux prédateurs, il va falloir jouer le rapport de force, et quand il n'existe pas, il faut le bâtir.

7:59
Présentateur

Et comment on fait ? Parce que, pardon, mais dans ces trois pays, il y a un homme seul qui décide. Xi Jinping en Chine, Trump qui s'assoit à peu près sur toutes les procédures aux Etats-Unis, et Poutine qui est un autocrate en Russie. Comment on fait ? Nous, on a déjà du mal à être d'accord avec nous-mêmes.

8:11
Invité politique

Ben, écoutez, si vous voulez qu'on troque nos modes de gouvernance... Je n'ai pas dit ça ! Ben oui, mais à la fin, c'est de ça dont il s'agit. Moi, je préfère la gouvernance européenne, qui est lente et un peu visqueuse, à la prise des décisions russes, où on est parti pour faire une guerre de quatre jours, la subjugation de l'Ukraine, et on est là plus de quatre ans plus tard, dans un merdier invraisemblable, où la Russie n'atteint aucun de ses buts de guerre. Je préfère un autre mode de gouvernance à celui des Etats-Unis, de M. Trump. Et quant à la Chine, elle n'est toujours pas sortie du Covid en termes de conséquences économiques.

François Langlais nous parlait de la poussée exportatrice de la Chine. La Chine fait aussi ça, parce qu'elle n'arrive pas à relancer la demande intérieure. Elle fait ça, parce qu'elle cherche à trouver désespérément des sources de croissance dans le monde extérieur. Alors nous...

9:09
Présentateur

Est-ce que la démocratie est devenue une faiblesse aujourd'hui ? Est-ce qu'il est là notre point faible ?

9:13
Invité politique

Je prends un exemple pratique. Lorsque Trump a voulu manger le Greenland, il voulait vraiment le manger. Là, on a réagi. On a même préempté. Qu'est-ce qu'on a fait ? Un, on a envoyé quelques soldats, pas beaucoup, mais il n'y avait pas besoin d'en envoyer beaucoup. On a planté le drapeau. On a planté le drapeau et on a menacé les Etats-Unis d'une vraie guerre commerciale en utilisant ce qu'on appelle l'instrument anti-coercition, c'est-à-dire le bazooka commercial qui aurait provoqué une crise du commerce international d'une ampleur invraisemblable. Les marchés auxquels M.

Trump prête une oreille attentive, alors là, pour le coup, Trump n'est pas idiot, il écoute ce que lui disent les marchés. Les marchés lui disaient, si tu insistes sur le Greenland, ça va être la cata pour toi. Le lendemain, à Davos, M. Trump dit, finalement, j'attaque pas.

10:12
Présentateur

Merci beaucoup, François Heisbourg. L'Europe face au prédateur, forger la nouvelle puissance, votre livre sortira.