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interviewBFM TV (sur YouTube)· 4 juillet 2025

Budget 2026, impôts, Ademe...L'interview de Jean-Philippe Tanguy (RN) en intégralité

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

BFM TV face à face. Apolline de Malherbe. Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV.

Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour Anne-Marie de Malherbe. Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions.

Vous êtes député Rassemblement National de la Somme et vous êtes aussi le monsieur économie du Rassemblement National. Vous les trouveriez où vous les 40 milliards dont on nous dit qu'ils sont absolument indispensables pour retrouver une trajectoire budgétaire acceptable ? Déjà c'est vrai qu'ils sont indispensables.

Vous savez pendant la législative on avait annoncé avec Jordan Bardella qu'il fallait trouver 100 milliards d'euros avant 2027 pour rétablir une trajectoire des comptes. Donc il faut s'attaquer et c'est ce que j'ai dit à la ministre Montchalin qui m'a reçu avec Mathias Renaud mercredi soir. La ministre du budget.

Oui pardon la ministre du budget. Les grands tabous de la France depuis 50 ans. Le premier c'est qu'on propose une année blanche européenne.

C'est à dire qu'on arrête d'augmenter systématiquement la contribution de la France à l'Union Européenne. Surtout que l'année prochaine elle augmente de 30% puisque c'est 7 milliards d'un coup qui va augmenter. Et elle vous a répondu quoi ?

Écoutez je vais présenter une mesure technique d'annulation de crédit au niveau européen qui par répercussion permettrait cette année blanche. J'ai été écouté. Est-ce que j'ai été entendu ?

Nous verrons. En tout cas on peut récupérer une grande partie de cette somme. Ensuite il y a évidemment le coup de l'immigration.

Et l'année blanche ici ? Non. L'année blanche ici ?

Non pas d'année blanche ici madame. Pour une raison simple déjà c'est le néant de la gestion de l'État. L'année blanche c'est on bloque tout, on ne sait pas quoi faire donc on arrête tout.

On gèle le salaire des fonctionnaires, les aides sociales, les retraites, l'indexation de l'impôt sur le revenu. Soit disant la dernière c'était le grand tabou qui a empêché la censure. Maintenant c'est devenu la norme du point de vue de la macro.

Je rappelle le fonctionnement, si on gèle, c'est en réalité des économies qui sont faites puisque pendant ce temps-là il y a l'inflation. Donc techniquement ça veut dire désindexer les pensions de retraite, ça veut dire désindexer les salaires des fonctionnaires, désindexer même les différentes aides et faire rentrer un certain nombre de foyers dans l'impôt sur le revenu. Exactement.

Vous avez parfaitement expliqué. C'est quand même un peu escroquer les gens puisqu'en fait on considère qu'au lieu de faire des économies, on laisse filer l'inflation et on ne bouge pas. C'est un peu plus indolore, c'est-à-dire en tout cas en apparence ?

Oui, ça a l'air indolore mais ça ne l'est pas et surtout si vous voulez, ça veut dire que le gouvernement ne fait pas de réformes, ça veut dire qu'on ne fait pas d'économies puisqu'on laisse en fait un phénomène monétaire qui n'est pas lié au gouvernement prendre le dessus sur la gestion. Mais dans ce cas-là ça ne sert à rien d'avoir des ministres. Des ministres, par exemple quelqu'un comme Thierry Breton qui n'est pas de ma famille politique l'explique très bien, le rôle des ministres des finances c'est ingrat, il faut prendre ligne par ligne le besoin de financement de l'État et faire des choix et des réformes.

Alors vous auriez enlevé quoi comme ligne dans le budget ou dans les fiches de paye de l'État ? On nous dit, il y a un rapport hier du Sénat sur les opérateurs. Les agences ?

Les agences, les opérateurs, les comités, je crois qu'il y en a presque 1800, en tout c'est une masse de 80 milliards de l'État, alors il ne faut pas faire de la démagogie. Dedans il y a des grandes missions qui sont importantes sur l'éducation supérieure, sur le CNRS, évidemment on ne va pas y toucher. Mais il y a d'autres agences qu'il faut supprimer, mutualiser.

Alors le rapport dit qu'on peut faire 500 millions d'euros d'économie assez facilement. 545 millions d'euros d'économie si on mutualise les moyens de ces 317 organismes consultatifs et 1153 organismes publics nationaux. Voilà, moi je pense qu'on peut aller un peu plus loin, mais surtout, il y a une autre option d'ailleurs que dit le rapport, mais qui n'a pas été repris, c'est dommage, c'est qu'en réduisant certaines missions, certaines missions de l'ADEME sur une mauvaise écologie, certaines missions sur l'organisation des transports, la FIP.

C'est quoi une mauvaise écologie ? Mauvaise écologie, c'est une écologie, on l'a vu avec la climatisation, vous savez lundi dernier Marine Le Pen a proposé la clim pour tous, en particulier pour les écoles, les hôpitaux, les EHPAD, mais aussi les fonctionnaires qui suffoquent, c'est pas parce qu'on est fonctionnaire qu'on va crever de chaud. Et tout de suite, on a eu des réactions de ces agents, de cet opérateur avec l'ADEME, ou l'agent France Santé, qui a fait une campagne de propagande sponsorisée, je vais aller vérifier, sur les réseaux sociaux et en ligne.

Sponsorisée, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il y a de la pub ? Oui, et cette pub, elle est payée par qui ?

Par les contribuables. Qui payent effectivement ces déclarations, ces discours. Déclarations, puis surtout, voilà, un peu du paternalisme, quoi, on vous explique, il y avait même, comment dire, une information qui expliquait que si vous installez un ventilateur au plafond, faites attention à la hauteur pour pas vous blesser, parce qu'il faudrait pas être décapité.

Bon, enfin, on en est là quand même. Donc, hier, j'ai vu une publicité aussi pour expliquer aux gens ce qu'il fallait manger avec le Nutri-Score. Bon, est-ce qu'on doit se payer une campagne de pub payée par l'agence France Santé sur le Nutri-Score ?

Donc, ce que vous êtes en train de nous dire, Jean-Philippe Tanguy, c'est qu'effectivement, et c'est très intéressant quand on regarde ce rapport, parce qu'on a d'un côté le gouvernement, Madame de Montchalin, dont vous parliez, qui disent, si on mutualise un certain nombre de ces agences, si on réduit les coûts en rassemblant tout le monde dans un même immeuble, enfin bref, des dépenses de fonctionnement, on peut trouver 2 à 3 milliards d'euros. Les sénateurs qui ont fait ce rapport, ils disent non, on ne trouvera pas 3 milliards d'euros, on en trouvera 500 000 au mieux. Sauf, sauf à supprimer le fonds, c'est-à-dire à ne pas s'intéresser juste à la coquille, comme ils disent, mais à s'intéresser aux missions.

Mais quelles sont les missions que vous enlevez ? L'ADEME, est-ce que vous supprimez purement et simplement l'ADEME, par exemple ? L'ADEME, il faut la supprimer, c'est ce qu'on appelle une réinternalisation, c'est qu'on envoie au ministère de l'Environnement.

Parce que, ce qui est quand même très intéressant dans ce rapport...

L'ADEME, agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie. Voilà, il n'y a pas besoin d'une agence. Aussi, il y a eu une fausse croyance, c'est ce qu'on appelait le New Public Management dans les années 90.

Désolé, mais ça a été un tel courant de pensée et qu'il y a eu de telles conséquences. C'est ce qu'on appelle le néolibéralisme, par la caricature le vrai courant néolibéral, qui disait l'État est trop cher, on va créer des agences, on va tout détacher et il y aura une meilleure gestion. C'est l'inverse qui s'est créé, ça a beaucoup de coûts de communication, de coûts de support, de coûts administratifs, des salaires qui souvent sont bien meilleurs.

C'est aussi ce que dit le rapport quand même, dans ces agences concernent l'État. Le rapport dit que l'État en réalité ne sait pas très bien ce qui s'y passe. Il crée des agences et qu'en réalité il ne sait pas ensuite tout à fait ce qui s'y passe.

Mais il dit aussi qu'il y a beaucoup de fonctionnaires qui demandent à leurs ministres de partir dans leurs agences parce que c'est un peu, ils sont en proie dans leur petit royaume. Et ça coûte très cher. Mais là, attendez, je vais répondre à votre question.

Allez-y. Pourquoi est-ce qu'effectivement la ministre se trompe par rapport au Sénat si elle dit on peut faire 3 milliards d'économies et pas 500 millions parce qu'effectivement il faut faire des choix ? Et la ministre, elle ne veut pas dire.

Et c'est là l'impasse. Quelle mission supprimerait ? Moi je vous l'ai dit, j'estime que l'ADEME fait des mauvaises missions sur l'écologie, sur la propagande, tout ça, ça ne sert à rien.

Le ministre de l'Environnement peut le faire lui-même. Mais il y a aussi des choses qui ne marchent pas. Pourquoi ça coûte cher l'ADEME ?

C'est des dispositions très techniques, bureaucratiques, où il y a beaucoup de fraude. Alors, ce n'est pas eux qui s'occupent de la prime rénov', mais par exemple ma prime rénov', pourquoi ils l'ont suspendu ? Parce que c'est un nia-fraude.

Ce n'est pas le problème de rénover les bâtiments par exemple. C'est que si vous mettez 3 milliards sur la table et que vous avez 1 milliard qui part en fraude et en fausse rénovation, ça ne va pas. Donc là, vous êtes plutôt d'accord avec le gouvernement qui a mis sur pause ?

Oui, c'est nous qui l'avons demandé. Jean-Philippe Tanguy, pardon, mais quand même si on s'arrête un instant...

Il faut le remplacer, attention, il ne faut pas pause sans rien. Et nous, on veut le remplacer par Oslo, ce qui fonctionne. Si on s'arrête un instant sur l'ADEME dont vous parliez à l'instant et dont vous dites qu'il faudrait la supprimer, en 2024, le budget de l'ADEME, c'est 3,4 milliards d'euros.

Donc en effet, vous pourriez faire 3,4 milliards d'euros. Sauf que vous feriez ces économies, non pas sur l'ADEME à proprement parler, mais sur les enveloppes que donne l'ADEME. Et elles les donnent à qui ?

Elles les donnent notamment aux collectivités locales, à qui, pour accompagner la transition écologique, ils doivent faire un certain nombre de travaux, de rénovation, de rénovation aussi de la question de la façon dont on va trier les déchets dans leur commune. Et pour ça, ils ont besoin de sous. C'est-à-dire que si vous enlevez le budget de l'ADEME, en fait, vous enlevez un budget pour les collectivités locales.

Ben non, parce qu'en fait, je pense que les collectivités locales ne devraient pas avoir besoin de l'ADEME. Et d'ailleurs, ça, il y a toute une simplification. C'est pas une baguette magique, je suis d'accord avec vous.

Moi, j'ai quand même l'impression que vous nous dites qu'on va enlever ça, sauf que vous n'avez pas vu qu'à l'intérieur, c'était des aides pour tout le territoire. Franchement, je n'ai pas l'impression depuis le début de ne pas avoir compris comment ça fonctionnait, Mme de Malherbe. Je vous dis que c'est quoi le problème de tout ça ?

C'est la confusion. Vous l'avez dit vous-même, on ne sait même pas où vont les fonctionnaires et on ne sait même pas tout ce qu'ils font. En fait, il y a tellement un millefeuille administratif d'un côté, avec des échelons de collectivités qui s'enchevêtrent.

Plus la déconcentration de l'État, le préfet, des agences qui sont aussi dans les départements ou dans les régions. Plus l'État dessus, plus l'Union européenne dessus, qui elle-même cofinance tout un tas de projets. On n'y se retrouve pas et il y a de l'argent qui se perd en ligne.

Il faut tout simplifier. Donc évidemment que la réduction des agences, ce n'est pas juste supprimer une agence ou en fusionner une. L'année dernière, ils ont fusionné l'agence de sûreté nucléaire et l'IRSM.

Ce n'est pas ça le problème. C'est qu'il faut tout clarifier. En fait, la question que je vous pose, c'est est-ce que vous supprimez l'ADEME ou est-ce que vous supprimez les allocations que distribue l'ADEME ?

Il y a une part des deux. On supprime l'ADEME et surtout, il faut tout refaire. Par exemple, moi je suis pour, avec Marine Le Pen, Jordan Bardella, nous sommes pour l'échelon commune, département, nation et plus commune et intercommunalité, plus syndicat, des eaux, des poubelles, tout un tas de trucs.

Département et région, plus toutes les agences qu'il y a au milieu. Et après, l'État français, puis encore l'Union européenne. Il faut clarifier.

Et avec ça, vous pouvez simplifier l'émission. Parce qu'en fait, le problème aussi de la France depuis, allez, 30 ans, c'est qu'on prend tout par le petit bout de la lorgnette et on ne s'attaque pas à ce qui est devenu l'État obèse, qui est à la fois partout et nulle part. Vous avez une inauguration, je ne sais pas si vous l'avez déjà fait, je ne sais pas, d'une crèche ou d'une rénovation thermique.

J'ai longtemps été reporter qui accompagnait sur le terrain tous les politiques qui allaient. Dix discours, voilà, vous avez dix discours parce que tout le monde a fait son petit chèque. Mais pourquoi il y a dix discours ?

Parce que tout le monde a mis son petit billet, enfin son billet, un peu d'argent des Français. Il y a son logo, d'ailleurs, il y a une des propositions du rapport, c'est de supprimer les logos, plein de logos partout. Mais moi je veux bien, mais en fait, c'est très sympa de dire ça et ça se fait plaisir.

Non, ça ne vous fait pas plaisir. Mais en fait, la vérité, c'est que si vous n'avez pas ses aides, vous n'avez pas la crèche. Mais parce que personne n'est responsable.

Mais en fait, quand vous inaugurez une crèche et que vous remerciez tout le monde, c'est parce que c'est eux qui ont participé au fait qu'il y ait cette crèche. Et tant mieux qu'il y ait cette crèche, non ? Mais on n'a pas besoin de répartir l'effort sur autant de monde, parce que tout le monde fait à la fois tout et rien.

Oui, mais encore une fois, ça veut dire que ce n'est pas les sous que vous allez supprimer. C'est juste qu'au lieu de venir en dix enveloppes, ils vont venir en une enveloppe. Mais bon, vous aurez économisé effectivement des enveloppes.

Mais vous n'aurez pas économisé les sous. C'est quoi l'échelle dont on parle ? Les opérateurs, tout ça, c'est entre 60 et 80 milliards d'euros selon la façon dont on compte.

Si on fait 5% d'économie, c'est 3 milliards à 4 milliards. Donc en fait, il suffit juste d'améliorer l'efficacité aussi pour...

Donc s'il y a autant d'argent qui se perd en ligne, si à chaque fois qu'il y a un petit billet, il y a de la com autour, bien sûr que 5% ça va vite. Ici, il y a BFMTV, vous êtes une entreprise. Si vous faites des économies de gestion, vous n'allez pas annoncer 30%.

Vous allez annoncer 3, 5%. Donc faisons déjà cela. Par ailleurs, les agences ont aussi, c'est l'Inspection Générale des Finances qu'il avait montré l'année dernière, accumuler trop de trésorerie.

Alors comment ça se passe ? C'est-à-dire que chaque année, l'État délègue soit une part des impôts qu'ils envoient directement aux agences, soit on verse un chèque. Et en fait, ils prennent trop.

Vous savez, je ne sais pas si vous vous souvenez, quand on était plus jeunes...

Erreur de la France en votre part-là ? On disait que l'armée faisait tourner les camions avant la fin de l'année pour garder le budget parce que s'ils dépensaient moins, ils allaient avoir moins d'argent. Mais ça fonctionne toujours.

Et les agences, c'est notamment comme ça, ils prennent plus dont ils ont besoin et ils dépensent trop pour toujours garder leur budget au maximum. Alors qu'en fait, en leur faisant faire des économies ou en interdisant des dépenses qui ne servent à rien, on pourrait petit à petit réduire les budgets. Jean-Philippe Tanguy.

Les grands fleuves sont des petits ruisseaux à la base. Parmi les pistes évoquées, il y a cette idée de plafonner les dons qui seraient défiscalisés vis-à-vis des associations. C'est nos confrères du journal Le Parisien qui le révèlent ce matin.

C'est tous les dons qu'on peut donner aux secours catholiques, aux secours populaires, qui aujourd'hui sont défiscalisés. Il faudrait plafonner. Ils évoquent le plafond de 2000 euros.

Est-ce que vous êtes d'accord ou pas d'accord ? Pourquoi on a fait ça à la base ? C'était pour lutter contre le travail au noir.

C'est-à-dire, effectivement, je me souviens d'une période pas si lointaine où la quasi-totalité des femmes ou des hommes de ménage, enfin sous-temps des femmes, étaient au noir, où le jardinier était au noir. Non, pardon, vous vous trompez. Là, vous nous parlez de la question de l'emploi à domicile.

Moi, je vous parle des dons. De la défiscalisation des dons. Ah pardon, excusez-moi.

Parce que le gros sujet dont on apparaît avec Mme Monchal, c'est tellement les aides aux personnes. Excusez-moi, j'ai oublié. On va y venir dans un instant si vous voulez.

Mais honnêtement, ce matin, cette histoire de dons, l'idée, c'est de récupérer 500 millions d'euros en clafonnant les dons. Non, mais c'est vrai qu'on peut regarder. Après, les Français sont un peu plus généreux.

Puis c'est pour compenser par des subventions. Moi, je me souviens, à un moment, il y avait un problème de trésorerie pour les réseaux du cœur. Et puis finalement, c'est l'État qui était dû venir au secours.

Donc il faut faire attention parce que moi, je préférais surtout qu'on lutte contre les fausses associations. C'est quoi les fausses associations ? C'est comme la mauvaise écologie.

Oui, mais on l'avait fait pour les petits partis politiques. Vous savez, il y avait des espèces de partis politiques un peu bidons, même totalement bidons, qui dépendaient d'un seul élu. Chaque député ou chaque maire avait une association parti politique de soutien local pour faire des dons défiscalisés et puis se payer sa campagne.

Donc il faut encadrer mieux les dons fiscaux ? Non, mais ça peut arriver aussi que localement, il y ait des gens qui créent une association ou des cagnottes. Ça arrive souvent maintenant en ligne.

Des cagnottes en disant on va aider machin ou bidule. Et puis en fait, à la fin, c'est pour eux. Donc il y a quand même ce genre de phénomène.

Après, on peut regarder la limitation de dons. On n'est pas contre, mais il y a aussi quand même beaucoup d'associations qui rendent des missions très utiles. Jean-Philippe Sanguil, vous le disiez de vous-même, cette question qui a été évoquée, même si Amélie Monchalin pour l'instant a l'air de dire qu'elle ne voulait pas forcément toucher trop à cette question-là, qui est effectivement la déduction des charges pour les emplois à domicile, c'est-à-dire les services à la personne notamment.

C'est ce que vous évoquiez à l'instant. Ça a été créé parce que ces emplois-là, ils existaient, mais que la plupart du temps, ils n'étaient pas déclarés. Désormais, ils sont déclarés et défiscalisés en partie.

Mais est-ce que ça n'a pas été trop loin ? Non, mais on peut regarder certaines limites. C'est vrai qu'il y a sans doute des abus de gens qu'on peut avoir des grands domaines ou des grands moyens et qui utilisent, comment dire, cet avantage fiscal au lieu tout simplement de salarier des gens.

Donc il faut sans doute regarder là aussi le nombre d'heures qui est faite. Parce que si effectivement quelqu'un est emplatant, par exemple vous avez un grand domaine, un château, vous avez un jardinier ou un gardien qui fait 35 heures pour vous, vous déclarez comme si c'était un entrepreneur qui fait 10 heures de ménage chez vous. Là, effectivement, il y a un problème.

Mais vous voyez une fois plus, le problème, c'est qu'ils veulent mélanger des grandes politiques qui ont été utiles, parce que ça a vraiment lutté contre le travail au noir, pour ne pas lutter contre des abus. Donc moi, c'est une position que j'ai régulièrement en commission des finances. C'est qu'il y a un peu de fainéantise des dirigeants qui veulent souvent remettre en cause toute une politique plutôt de l'améliorer et de la piloter.

Enfin, tout ça ne nous fait pas 40 milliards. Non, c'est pour ça que j'ai commencé avec les grands tabous, parce que 7 milliards l'année prochaine pour l'Union européenne, c'est plus important. Et ça compte dans les dépenses déjà.

C'est ce qu'ils appellent la trajectoire. C'est déjà compté. Donc si on réduit 7 milliards d'euros, on a déjà trouvé presque un quart.

Est-ce qu'il faudra finalement, comme le dit la présidente de l'Assemblée nationale, passer par une hausse d'impôts ? Non, surtout pas. Parce que vous voyez, les Français, justement, ils ont peur de cette hausse d'impôts.

Et donc en ce moment, ils épargnent ce qu'ils le peuvent plus que normal. Et notamment les retraités ? Oui, oui, tout à fait.

Parce qu'ils ont peur de l'avenir et ils sentent venir un gros coup de massue fiscale. Donc il faudrait plutôt les rassurer et arrêter d'inventer des impôts tous les 4 matins. Et puis on est plus loin de la justice fiscale.

Vous savez que nous, on avait accepté l'année dernière qu'on augmente la contribution des très très aisés, qui devait être temporaire, en échange de baisses d'impôts. Bon, on n'a pas vu les baisses d'impôts. En tout, ça a augmenté de 25 milliards d'euros.

Vous imaginez ? Parce qu'entre les petites contributions, les impôts indirects, comment dire, les taxes qui sont sur des phénomènes qu'on ne voit pas forcément ? Hier, on a reçu M.

Moscovici. La hausse de total des impôts les dernières, c'est 25 milliards d'euros. Il est le président de la Cour des comptes.

Jean-Philippe Tanguy, avec vous, on n'augmenterait pas les impôts ? Non. Il faut les baisser.

Il faut réussir à baisser les impôts. Mais c'est comment ? Par l'amélioration de l'efficacité de l'État.

On aurait pu citer comme les grands tabous, on a parlé du millefeuille. Il y a évidemment une part de fraude. Mais enfin, il ne faut pas non plus avoir des miracles.

Ça prend du temps de lutter contre la fraude. Et puis, il faut s'attaquer aussi à des nouveaux tabous. Par exemple, il est évident que les 30 milliards d'euros qu'on met dans la formation professionnelle, ça ne marche pas.

C'est une dépense qui ne fonctionne pas, qui n'a pas les résultats escomptés. Et là, je pense qu'il y a beaucoup d'efficacité à faire parce qu'il n'y a non pas de la fraude de la part des gens qui veulent se former, mais visiblement beaucoup d'ententes de la part des organismes qui ne sont pas toujours au clair, seulement qu'on puisse dire. Jean-Philippe Tanguy, c'est ça la ligne rouge ?

Les impôts, oui. Et on ne peut plus augmenter les impôts sur les gens. C'est stop, stop.

Ce n'est plus possible. Mais par exemple, est-ce qu'une année blanche, vous considéreriez...

C'est une forme d'augmentation d'impôt. C'est une question de perception. Est-ce que vous considéreriez...

C'est-à-dire que l'État, lui, le gouvernement aujourd'hui, dit que ce ne serait pas une augmentation d'impôt, ce serait juste un gel. Est-ce que pour vous, s'il y a une année blanche, c'est une ligne rouge, vous censurez ? Oui, c'est une ligne rouge parce que ça induit des hausses d'impôts.

Par exemple, l'impôt sur les revenus. Pour nous, une désindexation des retraites, c'est une forme de taxation. D'ailleurs, c'est un vieux phénomène.

C'était déjà ce que les Français regrettaient dans des temps plus anciens. Vous savez, quand les rois truquaient la monnaie. C'est pour ça qu'on mord parfois les pièces certaines.

Dans certaines traditions rurales, on mord les pièces pour vérifier si elles sont bonnes. C'est que c'est une vieille technique de l'État français pour gruger les gens. C'est de jouer sur l'inflation.

Donc, c'est une forme de prélèvement. Mais qui gruge ? Parce que décidément, décidément...

Vous aussi, d'après Le Monde, vous avez quand même vu cette histoire. Bravo pour la transition. Non, mais c'est exactement ce dont la Direction Générale des Finances du Parlement européen vous accuse.

Le journal Le Monde a eu accès à un rapport confidentiel de la Direction Générale des Finances du Parlement européen. J'allais dire encore d'avoir utilisé des fonds européens, mais sans respecter les règles de dépense de ce fonds. On parle de 4,33 millions d'euros pour le groupe dans lequel siégeait le RN.

Entre 2019 et 2024, le RN aurait signé des contrats avec des sociétés Ami sans faire d'appel d'offres en bonne et due forme. Mais tout a été validé depuis des années par la comptabilité du Parlement européen. Donc, si vous voulez, c'est quand même très étrange que des comptes qui ont été déposés, qui ont été validés, soient critiqués des années après.

Je ne peux pas vous dire autre chose. Même l'Arctique du Monde reconnaît qu'ils ont été validés par la comptabilité du bureau du Parlement européen et validés par le bureau, c'est-à-dire par les politiques qui vérifiaient. Mais vous avez l'air quand même très scrupuleux sur les comptes, Jean-Philippe Tanguy.

Vous regardez au détail près, effectivement, dans tous les comptes de l'État. C'est la misure de Marine Le Pen. Est-ce que vous êtes absolument convaincu que le groupe RN au Parlement a été aussi scrupuleux que vous ?

Pourquoi les comptes ont été validés par le Parlement européen ? Marine Le Pen elle-même évoque hier des désaccords administratifs avec le Parlement européen que le parti va essayer de résoudre. Non, c'est parce qu'en fait, il n'y a pas eu les publications des réponses à ce rapport.

C'est ça le désaccord. Le désaccord, c'est juste sur les...

Oui, puisque les comptes avant, ils ont été validés. C'est-à-dire qu'après, il y a eu une enquête qui a été réouverte, il y a des réponses qui ont été apportées et les réponses n'ont pas été répondues. On n'a pas eu les réponses aux réponses, si je puis dire.

On n'a pas eu les réponses aux réponses. C'est-à-dire qu'en fait, vous avez donné les chiffres...

Je ne sais pas si vous avez déjà eu un contentieux avec le fisc, mais le fisc vous pose des questions. Ceux qui nous écoutent et les entreprises l'ont eu, vous posent des questions, vous répondez, puis le fisc...

Et vous attendez donc qu'ils vous répondent et qu'ils vous disent bien reçu, validé, pas validé. Mais vous avez regardé un peu, vous ? Non, je n'ai pas regardé les comptes de l'ancien groupe européen.

Il parle notamment de deux associations, enfin de deux entreprises, pardon, qui sont au cœur, et ça je cite le journal Le Monde, de la GUD Connection, c'est-à-dire le cercle de sociétés liés à Frédéric Chatillon et Alex Loustot, c'est toujours les mêmes, j'ai l'impression quand même, les anciens dirigeants du groupuscule d'ultra-droite violent, groupe Union Défense, le GUD. Vous n'avez-vous plus rien à voir avec le GUD ? Vous n'avez jamais rien à voir avec le GUD ?

Vous demandez régulièrement leur dissolution. Et vous demandez leur dissolution. Mais alors comment, jusqu'en 2024, on peut continuer à travailler avec d'anciens dirigeants du GUD si on a une telle défiance vis-à-vis du GUD ?

Vous savez, l'article reconnaît lui-même que quand on a appris que certains dirigeants du GUD en fait n'étaient pas des anciens mais avaient toujours, en tout cas voulu leur participer à des manifs, c'est là où la rupture a été définitive avec Marine Le Pen. Ça ne vous décourage pas un peu ? Non.

Vous-même qui régulièrement, y compris à ce micro, dites que des gens qui ont eu des affinités avec le GUD sont vraiment des gens avec qui vous n'avez aucune vous-même d'affinité voire même plutôt un rejet. Je crois même que vous avez utilisé une fois le mot de dégoût. Le fait qu'il ait pu y avoir affaire au minimum avec eux encore ?

Non mais d'une part, on ne juge pas les cœurs et les reins. Donc quand c'est public et affirmé, les décisions sont prises immédiatement. Mais il y a un autre problème ancien qui a été le cas pour d'autres, par exemple, l'affaire des kits de campagne où on a été innocenté, où le Rassemblement National a été innocenté.

Ceci que pendant des années, les entreprises qui avaient pignon sur eux, si je pouvais dire, ne voulaient pas travailler avec l'URN. D'ailleurs, l'article reconnaît aussi que les entreprises n'avaient pas répondu. Si vous aviez fait quoi ?

Un appel d'offres ? Il n'y aurait pas eu tellement d'entreprises ? L'appel d'offres a été fait.

Même l'article reconnaît. Mais personne n'a candidaté. C'est que pendant des années aussi, on avait le même problème avec les imprimeurs.

Avec M. Dupont-Aignan, quand j'étais avec lui, on avait aussi le même problème sur l'impression. Les entreprises qui avaient pignon sur rue ou qui étaient dans un certain système ne voulaient pas travailler pour nous.

Donc il y a un moment, il faut bien que les bulletins soient imprimés. Il faut quand même se présenter aux élections. Donc c'est toujours aussi un peu le procès injuste ce qu'on fait au RN.

On nous refuse tout. On nous refuse les prêts. On nous refuse les prestations.

Et donc à la fin, il faudrait accepter de ne pas se présenter aux élections. Non, on refuse de ne pas se présenter aux élections. Vous savez, il y a deux façons de persécuter les opposants politiques.

Il y a l'heure interdire de se représenter officiellement. Heureusement, en France, on n'en est pas là. Et puis, il y a sa paix par derrière en privant d'argent, en privant de comptes bancaires.

Moi, on m'a interdit deux comptes bancaires. Je ne vois pas trop ce que j'ai fait pour mériter qu'on ferme mes comptes bancaires d'autorité comme ça. Et je ne suis pas le seul.

C'est qui c'est les banques ? Oui, oui, oui. La Banque Populaire, qu'on va donner leur nom.

La Banque Populaire que j'étais client depuis que j'étais petit. Je me souviens, le premier cadeau de Noël que m'avaient donné mes grands-parents, j'étais allé ouvrir mon compte. Je n'ai jamais été en déficit.

Je n'ai jamais eu de problème avec la Banque Populaire. Ah, puis un jour, je suis devenu porte-parole un peu connu du Rassemblement National et j'ai reçu un courrier pour fermer mon compte. Bizarre, je ne suis pas le seul.

Merci Jean-Philippe Tanguy en tout cas d'avoir répondu à mes questions ce matin. Député Rassemblement National de la Somme.