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InterviewRTL (sur YouTube)· 4 avril 2017 12 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesEurope & internationalSolidarités & famille

Benoist Apparu était l'invité de RTL le 4 avril 2017

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 72 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:25OuverteÉludée

    Est-ce que vous regrettez d'être parti, d'avoir quitté le navire ?

  • 1:09OuverteRéponse directe

    François Fillon s'auto-désigne victime du système, est-ce que c'est une facilité ?

  • 2:01OuverteRéponse directe

    Vous faites campagne localement, vos électeurs sont-ils restés ?

  • 3:15OuverteRéponse directe

    Les affaires polluent, vous l'avez dénoncé dans une tribune avec d'autres maires.

  • 3:21OuverteRéponse directe

    Quand François Fillon répond sur ses costumes prêtés, est-ce de la maladresse ou une impossibilité à être proche des gens ?

  • 3:50RelanceRéponse partielle

    Il suffit de les rencontrer de façon furtive pour être proche d'eux ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:13Invité politiqueFait
    « Vous avez claqué la porte de la campagne de François Fillon le 2 mars dernier, quand il s'est maintenu malgré sa mise en examen annoncé. »
  • 0:30Locuteur non identifiéFait
    « Je n'ai pas le sentiment d'avoir quitté le navire. »
  • 0:48Locuteur non identifiéFait
    « Ce scénario de substitution n'a pas fonctionné. »
  • 1:05Locuteur non identifiéFait
    « pour éviter Marine Le Pen, pour éviter Emmanuel Macron. »
  • 1:25Locuteur non identifiéFait
    « Je ne sais pas ce que c'est que le système d'ailleurs, mais tout le monde est contre. »
  • 2:19Locuteur non identifiéFait
    « Je pense que l'ambiance du moment est effectivement une ambiance qui pousse à la montée du Front National. »
  • 2:57Locuteur non identifiéFait
    « C'est fou que dans cette campagne électorale, on ne parle pas d'énergie, on ne parle pas de la question militaire anéenne, on ne parle pas de l'eau, on ne parle pas des transformations numériques, des transformations écologiques que doit subir notre société. »
  • 3:34Locuteur non identifiéFait
    « Je pense que c'est de la maladresse, puisqu'autre chose, c'est qu'on a ce procès d'intention général sur les politiques qui ne sont pas proches des gens. »
  • 4:12Locuteur non identifiéFait
    « Or, il me semble que la fonction principale d'un homme politique, c'est de réfléchir beaucoup plus, et d'essayer de regarder beaucoup plus loin, de regarder à 20 ans et pas à demain matin. »
  • 4:39Locuteur non identifiéFait
    « Donc, tous les hommes politiques se plongent dans « on va changer le système », « on n'aime pas le système », « on ne représente pas le système ». »
  • 5:17Locuteur non identifiéFait
    « Ils ont raison, notre fonction, elle est double. Nous avons une fonction quotidienne et nous avons une fonction de long terme. »
  • 5:38Locuteur non identifiéFait
    « On suit les gens au lieu de les guider. »
  • 5:57Locuteur non identifiéFait
    « Il y a, je crois, effectivement, une capacité à résister qui est très forte, parce qu'objectivement, ce qu'il a vécu depuis plusieurs semaines doit être d'une difficulté sans nom. »
  • 6:11Locuteur non identifiéFait
    « Il doit cibler son électorat, comme on dit. »
  • 7:42Locuteur non identifiéFait
    « Je pense qu'il y a beaucoup, beaucoup de marketing chez Emmanuel Macron, qu'il y a une incertitude quant à sa capacité à gouverner demain. »
  • 8:04Locuteur non identifiéFait
    « Je pense qu'il était soulagé d'avoir pris la décision qu'il a prise de ne pas se présenter à cette élection présidentielle. »
  • 8:25Locuteur non identifiéFait
    « Si vous appelez à faire battre l'UFN, vous appelez à voter Macron, évidemment. »
  • 8:51Locuteur non identifiéFait
    « Potentiellement, les deux principaux partis politiques français éjectés du second tour. »
  • 9:22Locuteur non identifiéChiffre
    « J'ai fait 15 ans de vie politique nationale derrière moi, 5 ans de cabinet ministériel, 3 ans en ministère, 7 ans au Parlement. »
  • 10:30Locuteur non identifiéFait
    « Ça joue, évidemment. »

Temps de parole

  • Locuteur non identifié67 %
  • Benoist Apparu29 %
  • Présentateur3 %

11,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:02
Présentateur

7h44, bonne journée à tous. Elisabeth Partichoux, vous recevez ce matin Benoît Apparue. Bonjour Benoît Apparue. Bonjour Elisabeth Partichoux.

0:08
Benoist Apparu

On ne vous a pas entendu depuis plus de deux mois et demi. Merci d'être avec nous ce matin dans ce studio d'RTL. Vous avez claqué la porte de la campagne de François Fillon le 2 mars dernier, quand il s'est maintenu malgré sa mise en examen annoncé. Depuis, c'est vrai que la tension est redescendue. Est-ce que vous regrettez d'être parti, d'avoir quitté le navire ?

0:28
Locuteur non identifié

Je ne regrette pas. Je n'ai pas le sentiment d'avoir quitté le navire. J'ai le sentiment de ne plus avoir été en accord avec une campagne électorale et donc de ne plus pouvoir la poursuivre. A partir de ce moment-là, la moindre des choses, c'est de se taire, entre guillemets, pour ne pas gêner le candidat, pour ne pas lui prendre du temps de parole par rapport au CSA. Ce n'est pas vous qui t'y a gêné ? Donc, raison pour laquelle, effectivement, j'ai préféré me mettre en retrait de cette campagne-là. Qui plus est, je vous rappelle qu'à ce moment-là, l'idée était d'essayer d'avoir un scénario de substitution. Ce scénario de substitution n'a pas fonctionné.

Donc, je suis resté en retrait de cette campagne électorale, sur le plan national, parce que sur le plan local, je pousse mes militants à faire campagne électorale pour nos idées, pour la droite, pour le centre, pour le projet, pour éviter Marine Le Pen, pour éviter Emmanuel Macron. Donc, je pousse mes militants à faire campagne.

1:09
Benoist Apparu

François Fillon, dans cette campagne, s'auto-désigne victime du système, de l'acharnement judiciaire, d'un complot, il fait siffler les médias, c'est un discours habile.

1:17
Locuteur non identifié

Si je me suis retiré de la campagne électorale, c'est peut-être parce que je ne partageais pas l'ensemble des perceptions qui étaient celles de François Fillon. Je note une chose qui m'amuse beaucoup d'ailleurs en ce moment, c'est que tout le monde est contre le système. Je ne sais pas ce que c'est que le système d'ailleurs, mais tout le monde est contre. Emmanuel Macron est contre, Benoît Hamon est contre, François Fillon est contre, Marine Le Pen est contre, tout le monde est contre le système.

1:37
Benoist Apparu

Il y a des candidats qui peuvent avoir des raisons plus ou moins légitimes.

1:40
Locuteur non identifié

Je trouve qu'il y a des facilités.

1:41
Benoist Apparu

Est-ce que François Fillon, c'est une facilité aussi ?

1:43
Locuteur non identifié

Je pense que c'est une facilité de tout le monde d'être contre le système, parce qu'apparemment, ça semble être un outil marketing pour plaire aux Français et pour récupérer quelquefois. Je trouve que ce n'est pas une bonne chose que de scier la branche sur laquelle l'ensemble de la démocratie est assise, parce que jusqu'à preuve du contraire, le système, c'est justement la démocratie.

2:01
Benoist Apparu

Vous parliez du fait que vous faites campagne localement. Gérald Darmanin, vous connaissez bien, le maire de Tourcoing, qui est parti en même temps que vous, même un peu avant, peut-être, avait tweeté. J'ai honte à ma droite. Avant le PS faisait monter le FN, maintenant c'est nous. C'est vrai sur le terrain ? A Chalant-en-Champagne, vos électeurs, ils sont restés au bercail ou ils sont partis ?

2:19
Locuteur non identifié

Je pense que l'ambiance du moment est effectivement une ambiance qui pousse à la montée du Front National. On verra en résultat ce qu'il en est, mais cette campagne électorale, où on parle énormément des affaires, peu du projet, est une campagne électorale qui, mécaniquement, génère, me semble-t-il, une montée du Front National. Sur le terrain, j'ai le sentiment que bon nombre de nos compatriotes, à Chalant-en-Champagne sûrement comme ailleurs, sont aujourd'hui déboussolés par cette campagne électorale. Et j'espère que les trois semaines qui restent, le débat de ce soir, les émissions qui vont se dérouler dans les trois dernières semaines, vont permettre de parler des vraies questions.

C'est fou que dans cette campagne électorale, on ne parle pas d'énergie, on ne parle pas de la question militaire anéenne, on ne parle pas de l'eau, on ne parle pas des transformations numériques, des transformations écologiques que doit subir notre société. Et donc tous ces grands sujets-là, me semble-t-il, ont complètement été dépassés par cette campagne électorale.

3:15
Benoist Apparu

Oui, mais parce que les affaires polluent. Vous l'avez dénoncé dans une tribune avec d'autres maires. Juste une question sur la personnalité quand même, par parenthèse, de François Fillon. Quand il répond, et alors, à une question sur ses costumes prêtés, quand il dit qu'il n'arrive pas à mettre de l'argent de côté, est-ce que c'est de la maladresse ou c'est une impossibilité à être proche des gens ?

3:34
Locuteur non identifié

Je pense que c'est de la maladresse, puisqu'autre chose, c'est qu'on a ce procès d'intention général sur les politiques qui ne sont pas proches des gens. Je ne connais pas beaucoup de fonctions, où justement on a cette capacité sur le terrain, à Chalant-en-Champagne comme ailleurs, de rencontrer des ouvriers, de rencontrer des profs, de rencontrer des leaders associatifs, de rencontrer des bénévoles associatifs.

3:50
Benoist Apparu

Il suffit de les rencontrer, de façon furtive, pour être proche d'eux ?

3:53
Locuteur non identifié

Ce n'est pas furtif. On passe beaucoup de nos journées à faire ça, parce que ça fait partie de nos fonctions et de nos métiers. Donc on est proche des gens beaucoup plus que vous ne le pensez. Et de mon point de vue, je vais vous dire même beaucoup trop. Parce que la conséquence pratique ou pratique de ça, c'est quoi ? C'est qu'on passe notre temps, effectivement, à répondre à leurs attentes quotidiennes. Or, il me semble que la fonction principale d'un homme politique,

4:16
Benoist Apparu

c'est de réfléchir beaucoup plus,

4:18
Locuteur non identifié

et d'essayer de regarder beaucoup plus loin, de regarder à 20 ans et pas à demain matin.

4:24
Benoist Apparu

Le long terme, finalement, qu'est-ce que les exigences permanentes des électeurs font qu'on...

4:31
Locuteur non identifié

C'est exactement ça, j'ai le sentiment, effectivement, que prenez l'exemple qu'on cite tout à l'heure sur le système. Il y a cette demande, paraît-il, de vouloir changer le système. Donc, tous les hommes politiques se plongent dans « on va changer le système », « on n'aime pas le système », « on ne représente pas le système ». Moi, ce qui m'intéresserait, c'est qu'au lieu d'avoir ces coups marketing des uns et des autres, on puisse regarder à beaucoup plus long terme, qu'on puisse se prononcer sur les grandes questions qui sont vraiment existentielles pour la planète, pour les hommes, pour les femmes, pour tous ceux qui y vivent.

Et ces questions-là, malheureusement, sont absentes du débat électoral.

5:03
Benoist Apparu

Oui, mais vous les voyez, vos électeurs, ils sortent de deux quinquennats déceptifs, comme on dit, qui n'ont pas réussi à résoudre leur problème, est-ce qu'il n'y a pas de légitimité ? Aujourd'hui, est-ce qu'ils exigent des solutions et des solutions à court terme ?

5:17
Locuteur non identifié

Ils ont raison, notre fonction, elle est double. Nous avons une fonction quotidienne et nous avons une fonction de long terme. On a ces deux fonctions-là. Si on n'a pas l'une et qu'on ne fait que le long terme, on se plante. Si on n'a que le court terme et le quotidien, on se plante aussi. Or, à ce stade, aujourd'hui, depuis dix ans, et c'est peut-être pour ça qu'on a des problèmes dans les rapports entre les Français et la politique, on ne s'occupe plus que du court terme. On suit les gens au lieu de les guider.

5:40
Benoist Apparu

C'est compliqué votre métier, on y reviendra d'ailleurs. Juste encore une question sur Fillon. Sa résistance vous impressionne ?

5:47
Locuteur non identifié

Oui, il y a une forme de pugnacité, de courage qui est forte, parce qu'il traverse d'obstination, je ne crois pas. J'ai utilisé des mots positifs, pas négatifs. Il y a, je crois, effectivement, une capacité à résister qui est très forte, parce qu'objectivement, ce qu'il a vécu depuis plusieurs semaines doit être d'une difficulté sans nom.

6:07
Benoist Apparu

Quel conseil vous lui donnez pour le débat de ce soir ? À 11, il doit cibler qui, par exemple ?

6:11
Locuteur non identifié

Il doit cibler son électorat, comme on dit. Il doit cibler, me semble-t-il, cet électeur de droite qui est déboussolé aujourd'hui et qui ne comprend pas ce qui se passe, et qui attend, me semble-t-il, avoir une parole forte sur des sujets comme ceux qu'on a évoqués, par exemple, pour essayer de se dire « Ok, j'irai quand même voter, parce qu'il faut aller voter, quelle que soit la nature de la campagne électorale. » Et de mon point de vue, l'espace politique quasi idéologique entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen ne peut pas être vide.

Il faut que cet espace idéologique, ce système de pensée de valeur qui est en fait la droite et le centre, continue à exister pendant cette campagne électorale.

6:47
Benoist Apparu

Il peut encore gagner ? Je pense qu'il peut encore gagner. Avec un programme qu'en tant que Juppéiste, vous aviez taclé en son temps, quand vous étiez dans la campagne ?

6:55
Locuteur non identifié

Peut-être que là encore, si on essaie d'avoir un tout petit peu de nuance dans ce que nous disions les uns et les autres. Nous disions que nous avions 80% d'accords et 20% de désaccords. Alors évidemment, pendant la primaire, on a beaucoup plus parlé des 20% que des 80% restants, mais globalement, sur les grandes questions économiques et sociales, il n'y a pas de différence majeure entre François Fillon et Alain Juppé.

7:12
Benoist Apparu

Il peut encore gagner avec les affaires, il est à 17%.

7:15
Locuteur non identifié

Je pense qu'il peut encore gagner, vous savez.

7:16
Benoist Apparu

Il est à plus 4 pour lui, moins 4 pour Macron.

7:21
Locuteur non identifié

Et on est... En 3 semaines. Voilà, c'est possible. En 3 semaines, l'inverse est passé. Donc effectivement, c'est possible.

7:26
Benoist Apparu

Vous regrettez qu'Alain Juppé n'ait pas été la solution de substitution ?

7:30
Locuteur non identifié

Revenir sur le passé n'a pas d'intérêt majeur.

7:33
Benoist Apparu

Emmanuel Macron, son slogan de campagne, il vient de le publier, « La France doit être une chance pour tous ». Macron, une chance pour la France.

7:41
Locuteur non identifié

Je ne le crois pas. Je pense qu'il y a beaucoup, beaucoup de marketing chez Emmanuel Macron, qu'il y a une incertitude quant à sa capacité à gouverner demain, parce qu'il me semble qu'il aura du mal à avoir une majorité aux élections législatives. Donc je ne suis pas convaincu que ce soit une chance pour la France.

7:56
Benoist Apparu

Je reviens sur Alain Juppé. Vous dites qu'on ne revient pas sur le passé. Vous le regrettez qu'il ne soit pas présenté. Lui, il le regrette ou pas ?

8:03
Locuteur non identifié

Je ne le crois pas non plus, non. Je pense qu'il était soulagé d'avoir pris la décision qu'il a prise de ne pas se présenter à cette élection présidentielle. C'est son choix, il faut le respecter.

8:12
Benoist Apparu

Si un deuxième tour, Macron-Le Pen, François Fillon doit se prononcer pour Macron ?

8:16
Locuteur non identifié

Bien sûr.

8:18
Benoist Apparu

La réponse fuse immédiatement. Pas question d'avoir un nini. Laurent Wauquiez, lui, dit qu'il faut un nini. Chacun fera ce qu'il veut en la matière. Si vous appelez à faire battre l'UFN...

8:26
Locuteur non identifié

Tout le monde tirera les conséquences, mais la question ne se pose pas pour moi.

8:28
Benoist Apparu

Oui, et on verra pourquoi d'ailleurs. Mais si vous appelez à faire battre l'UFN, vous appelez à voter Macron, évidemment, de facto, aux législatives, le candidat Les Républicains trouvera en face de lui un représentant du candidat pour lequel vous aurez appelé à voter. C'est un peu compliqué.

8:42
Locuteur non identifié

Et alors ?

8:43
Benoist Apparu

Ah bah alors c'est un peu compliqué.

8:45
Locuteur non identifié

Et alors ? Enfin, on va avoir au second tour de l'élection présidentielle un truc unique. Potentiellement. Les deux principaux partis politiques français éjectés du second tour. Un double vingtaine avril. En l'espace de six mois, la France aura sorti du jeu politique deux anciens premiers ministres, deux anciens présidents de la République, dont le sortant. Deux premiers ministres, dont le sortant. Potentiellement un troisième président de la République, pardon, premier ministre qui sortira du jeu. Nous avons effectivement une situation politique totalement unique. Il faudra bien en tirer les conséquences au second tour de l'élection présidentielle.

9:17
Benoist Apparu

Ça ne vous concernera pas la législative ? Je vous le confirme. Vous ne vous représentez pas ? Vous rendez votre tablier ? Pourquoi ?

9:22
Locuteur non identifié

Parce que, tout simplement, j'ai fait 15 ans de vie politique nationale derrière moi, 5 ans de cabinet ministériel, 3 ans en ministère, 7 ans au Parlement et que j'ai envie de faire autre chose.

9:31
Benoist Apparu

Ce n'est pas intéressant d'être député ?

9:32
Locuteur non identifié

C'est intéressant d'être député, mais ce n'est pas là que ça se décide. Ce n'est pas là qu'on a les malettes. Quand on est maire, comme je le suis, comme je le resterai, c'est le choix que je fais. On a une capacité réelle à agir sur les choses. On a une capacité à faire évoluer la vie des gens, à être utile pour les gens dans une fonction qui est passionnante. La fonction de parlementaire, l'est beaucoup moins. Ce qui est intéressant quand on s'engage en politique, pardon, ce n'est pas de commenter ce que font les autres, c'est d'agir.

9:58
Benoist Apparu

C'est ça, député ?

9:58
Locuteur non identifié

Et aujourd'hui, il me semble qu'effectivement, la fonction parlementaire est beaucoup plus une fonction de commentaire qu'une fonction d'action. C'est la Ve République qui le veut.

10:06
Benoist Apparu

Mais vous pourriez œuvrer pour le rendre plus intéressant, pour modifier le travail parlementaire ? J'ai l'impression que vous désertez. Vous pourriez, par exemple... C'est un sentiment.

10:13
Locuteur non identifié

J'ai envie de faire autre chose, d'avoir une autre vie, d'avoir une troisième vie après une vie politique.

10:19
Benoist Apparu

Est-ce qu'il y a une forme de dégoût aussi ? Est-ce que ce qui est arrivé, c'est-à-dire l'échec de votre champion Alain Juppé, les affaires de François Fillon, on ne peut pas imaginer une seule seconde que ça ne joue pas ?

10:28
Locuteur non identifié

Ça joue, évidemment. Je m'étais déjà posé la question en 2012, pardon, de savoir si j'allais rester ou pas dans le milieu politique, ou si j'allais partir dans le privé. J'ai fait le choix de refaire un mandat parlementaire. Je me repose la question aujourd'hui en me disant que j'ai envie de faire autre chose. Et que j'ai l'âge aujourd'hui pour avoir une troisième vie. Vous avez envie de travailler ?

10:48
Benoist Apparu

Vous avez envie de bosser ?

10:49
Locuteur non identifié

J'ai envie d'avoir une vie différente. J'ai envie de connaître d'autres choses, de prendre d'autres plaisirs que ceux que je prends aujourd'hui. Et donc, effectivement, je prends beaucoup de plaisir dans les fonctions de maire. J'en prends beaucoup moins dans les fonctions législatives. Donc, j'arrête l'une pour l'autre.

11:04
Benoist Apparu

Et sur Twitter, quand j'ai annoncé que vous vous recevez, que vous abandonnez les législatives, il y en a quelques-uns qui ont réagi en disant « Ah oui, bien sûr, elle va gagner de l'argent dans le privé. C'est tellement plus intéressant. »

11:13
Locuteur non identifié

On peut toujours résumer les choses de cette façon-là. On peut toujours se dire effectivement « Ah, les politiques, ils sont intéressés par le fric, ils ne pensent qu'au fric, ils ne voient que le fric. » Ce n'est pas le sujet. J'ai effectivement envie d'avoir une vie différente, d'avoir une autre vie, d'avoir une troisième vie.

11:27
Benoist Apparu

C'est dur d'être politique aujourd'hui. Vous trouvez que c'est ingrat, qu'on n'est pas rendu finalement, qu'on n'est pas, pardon, remboursé financièrement.

11:34
Locuteur non identifié

Je n'ai pas le sentiment que ce soit beaucoup plus dur qu'avant. J'ai le sentiment effectivement que les Français sont exigeants par rapport à leur classe politique et ils ont raison de l'être.

11:42
Benoist Apparu

Merci beaucoup Benoît Apparu d'avoir été avec nous ce matin sur RTL.

11:46
Présentateur

Nos électeurs sont déboussolés. Nous élus suivons d'ailleurs nos électeurs parfois beaucoup trop à court terme. Quant à François Fillon, il peut encore gagner cette élection puisqu'il reste trois semaines. Benoît Apparu qui confirme qu'en cas de second tour, Le Pen Macron, il appellera à voter pour Emmanuel Macron. Merci à tous les deux. L'intégralité de l'entretien est à retrouver sur le site rtl.fr.