Macron a choisi la dissolution, il l'a perdu lamentablement ! - Jean-Philippe Tanguy (CNEWS)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:05OuverteRéponse directe
Vous êtes député à Rassemblement National de la Somme. Est-ce que vous êtes prêt ?
- 0:47RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous êtes prêt surtout à voter la motion de censure de la gauche et donc le texte de Mme Panot, de M. Bompard et consorts qui vomissent vos idées, votre parti et vos électeurs ?
- 1:30RelanceÉludée
Il est quand même écrit dans cette motion de la gauche que le Premier ministre a cédé aux plus viles obsessions de l'extrême droite. C'est vous. Loi immigration, remise en cause de l'AME. Donc vous allez voter avec le sourire, un texte qui vous insulte. Et vous n'avez aucun scrupule, qu'on comprenne bien ce matin.
- 1:59RelanceRéponse directe
Vous allez voter quand même sur un texte.
- 2:34RelanceRéponse directe
Ce matin, vous auditez un téléspectateur qui, de fait, pense que vous enterrinez une alliance avec le NFP. N'êtes-vous pas définitivement aujourd'hui dans le camp des destructeurs, de fait ?
- 2:57OuverteRéponse directe
Ce matin, M. Tanguy, plusieurs ministres, dans différents médias, vous appellent à la raison.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:25Invité politiqueFait
« notre devoir, c'est de dire aux Françaises et aux Français que le budget que proposait Michel Barnier était dangereux et toxique pour la France. »
- 0:40Invité politiqueChiffre
« On est déjà dans un dérapage encore de 12 milliards d'euros sur ce qui était promis. »
- 2:41Invité politiqueChiffre
« Ne faites pas confiance à ceux qui ont ruiné la France. Ne faites pas confiance à ces gens qui ont accumulé, en 50 ans de déficit continu, plus de 3 000 milliards de dettes, qui ont détruit notre industrie. »
- 3:27Invité politiqueFait
« Ce budget, si ça avait été le NFP, pour le coup, le nouveau Front populaire, qui l'avait défendu, ou en son temps, François Hollande, ce n'était pas si ancien déjà qu'Emmanuel Macron, ils auraient crié au loup. »
- 3:36Invité politiqueChiffre
« C'est un budget totalement socialiste, avec plus de 40 milliards d'impôts ou de pertes de droits, seulement 10 milliards d'économies. »
- 3:49Invité politiqueFait
« Donc moi, on a déjà un record de prélèvement obligatoire sous Emmanuel Macron, avec M. le maire et consorts. »
- 4:22Invité politiqueChiffre
« Il a validé tout. Il a validé les deux tiers des budgets qui ont créé ces 1 000 milliards de dettes, soit plus de dettes à lui seul, avec Emmanuel Macron et ses amis, que tous les présidents de la République, du général de Gaulle, juste à Jacques Chirac. »
- 5:14Invité politiqueFait
« Les lignes rouges qu'a données Marine Le Pen, les dernières lignes rouges, qui ont toujours été les mêmes d'ailleurs depuis qu'elle a rencontré M. Barnier, contrairement aux mensonges d'État qui sont racontés ici ou là, c'est éviter la récession. »
- 6:06Invité politiqueFait
« Et j'ai découvert que la dernière fois que c'est arrivé, en 1979, il y avait bien eu un amendement pour indexer le barème de l'impôt sur le revenu et donc qu'il était possible de protéger tous les contribuables des classes moyennes et des classes populaires face à une augmentation injuste de l'impôt sur le revenu. »
- 7:32Invité politiqueChiffre
« Le spread, l'écart de taux entre la France et l'Allemagne, qui est un peu l'indicateur de l'état des marchés, a doublé avec la dissolution de M. Macron et n'a jamais baissé. »
- 11:20Invité politiqueFait
« M. Rotaillot, par ses dernières décisions, participe à ça ? La communication de Payette de M. Rotaillot qui s'invente un bilan au bout de deux mois, le seul bilan qu'il a, c'est d'avoir trahi toutes les promesses qu'il avait faites aux Françaises et aux Français de jamais soutenir un gouvernement macroniste. »
- 11:56Invité politiqueFait
« Michel Barnier a dit, par exemple, qu'il avait fait un audit des comptes publics, que la situation était bien plus grave que prévu, nous avons cru, peut-être, à un moment churchillien. »
- 12:16Invité politiqueFait
« il a présenté un budget qui aurait pu être présenté par François Mitterrand, François Hollande, les mauvais jours de Jacques Chirac, c'est-à-dire un budget de faillite. »
- 14:13Invité politiqueFait
« Il a choisi la dissolution. Il l'a perdu lamentablement. »
Temps de parole
- Jean-Philippe Tanguy74 %
- Présentateur26 %
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Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour Madame Mabrouk.
Et bienvenue à la grande interview sur CNews Europe 1. Vous êtes député à Rassemblement National de la Somme. Est-ce que vous êtes prêt ?
Oui, nous sommes prêts à exercer notre responsabilité qui est de protéger les Français, même quand c'est un choix difficile, même quand évidemment je comprends les angoisses, les inquiétudes de certaines personnes qui voient le gouvernement devoir démissionner si la censure est votée. Mais notre devoir, c'est de dire aux Françaises et aux Français que le budget que proposait Michel Barnier était dangereux et toxique pour la France. Il ne respectait pas les lignes rouges que le Premier ministre avait lui-même fixées, à savoir rétablir les comptes. Les comptes ne sont pas rétablis avec ce budget. On est déjà dans un dérapage encore de 12 milliards d'euros sur ce qui était promis.
Et surtout, il n'y a aucune justice sociale et économique.
Nous allons en parler en détail. Est-ce que vous êtes prêt surtout à voter la motion de censure de la gauche et donc le texte de Mme Panot, de M. Bompard et consorts qui vomissent vos idées, votre parti et vos électeurs ?
Oui, je comprends.
Vous allez voter une motion de censure qui propose de vous censurer, de censurer vos idées.
Pour une raison simple, Mme Mabrouk, c'est qu'en fait on ne vote pas ce texte. Ce texte, si vous voulez, c'est une espèce d'artifice à côté. Nous votons la censure. Et nous votons seulement la censure par la Constitution. La gauche, évidemment, elle l'a fait aussi avec les retraites. Multiplie les outrances, fait du gros rouge qui tâche pour nous dévier de notre trajectoire d'intérêt national. Mais même si on nous critique, même si on nous insulte, nous, on défend l'intérêt national. Et l'intérêt national, c'est de stopper cette énième dérive du GF.
Il est quand même écrit dans cette motion de la gauche que le Premier ministre a cédé aux plus viles obsessions de l'extrême droite. C'est vous. Loi immigration, remise en cause de l'AME. Donc vous allez voter avec le sourire, un texte qui vous insulte. Et vous n'avez aucun scrupule, qu'on comprenne bien ce matin.
Je voterai sans sourire, parce que c'est un moment grave. Ça ne me fait pas plaisir de censurer un gouvernement de mon pays. Mais ce que peut dire la gauche, le fait qu'elle s'agite, si vous voulez, ça ne m'intéresse pas. Ils l'ont fait la semaine dernière. Vous savez, moi je sais très bien pourquoi ils ont déposé...
Oui, je suis bien qu'il y ait une cohérence quand même. Vous allez voter quand même sur un texte.
Vous les connaissez, Madame Mabrouk, c'est pour une espèce de provocateur à dessous. Ils avaient défendu la fin de l'apologie du terrorisme trois jours avant les retraites pour espérer que le Rassemblement National ne vote plus l'abrogation de la réforme des retraites, qu'on n'a d'ailleurs pas pu voter tellement ils sont incompétents et qu'ils sont tombés dans les pièges de la Macronie en gâchant toute leur journée de niche. Mais même s'ils disent des choses odieuses, ce qui comptait, ce n'était pas le fait que les Insoumis défendent l'abrogation des retraites, c'était donner la justice sociale et reconnaître la valeur travail.
Ce matin, vous auditez un téléspectateur qui, de fait, pense que vous enterrinez une alliance avec le NFP. N'êtes-vous pas définitivement aujourd'hui dans le camp des destructeurs, de fait ?
Non, je leur dis, ne faites pas confiance à ceux qui ont ruiné la France. Ne faites pas confiance à ces gens qui ont accumulé, en 50 ans de déficit continu, plus de 3 000 milliards de dettes, qui ont détruit notre industrie. Encore, vous avez vu, Legrand, qui va fermer deux usines qui vont aller en Estonie et en Europe de l'Est. Ne laissez pas impressionner par ces gens qui ont détruit l'école.
Ce matin, M. Tanguy, plusieurs ministres, dans différents médias, vous appellent à la raison.
Oui, monsieur, vous avez parlé...
Il reste encore quelques heures, disons les choses, il reste encore un jour. Est-ce que vous êtes sûr que vous allez voter ? Est-ce que c'est votre dernier mot, si je puis dire, même si la situation est grave, la motion de censure de la gauche ?
Oui, nous en sommes sûrs, parce que c'est notre devoir. Je suis très étonné des réactions d'un certain nombre de personnes qui parlent de bonne gestion, qui parlent de responsabilité. Ce budget, si ça avait été le NFP, pour le coup, le nouveau Front populaire, qui l'avait défendu, ou en son temps, François Hollande, ce n'était pas si ancien déjà qu'Emmanuel Macron, ils auraient crié au loup. C'est un budget totalement socialiste, avec plus de 40 milliards d'impôts ou de pertes de droits, seulement 10 milliards d'économies. Donc on a un rapport de 1 à 4 entre des économies. Et encore, on pourra en parler des économies, parce qu'en fait, il n'y a pas de suppression des pensées.
Mais ce budget, personne ne l'a. Et que des impôts partout. Donc moi, on a déjà un record de prélèvement obligatoire sous Emmanuel Macron, avec M. le maire et consorts. Je ne vais pas encore augmenter les impôts.
Mais ce matin, plusieurs ministres, M. Saint-Martin, M. Rotailleau vous appellent à la raison. La porte est fermée. Il n'y a plus rien qui puisse faire changer d'avis vous-même, Marine Le Pen, avant mercredi.
Mais ils ont raison, si je puis dire, d'appeler à la raison, sans mauvais jeu de mots. La raison, c'est les censurer. Ces gens sont des incapables. Ils ont ruiné la France à tout point de vue. Sans doute, M. Rotailleau n'est pas aussi responsable que les autres. M. Saint-Martin, pendant 5 ans, il a été rapporteur général du budget. Il a validé tout. Il a validé les deux tiers des budgets qui ont créé ces 1 000 milliards de dettes, soit plus de dettes à lui seul, avec Emmanuel Macron et ses amis, que tous les présidents de la République, du général de Gaulle, juste à Jacques Chirac.
Donc, nous n'allons pas confier davantage les cordons de la Bourse de la France à des gens qui sont incapables de se remettre en cause. Il n'y a aucune rupture avec le macronisme, comme l'ont demandé les Français.
Ce budget ne plaît à personne. Vous auriez pu quand même prendre votre gain hier. Vous auriez quand même obtenu de nombreuses concessions. Marine Le Pen aurait pu affirmer qu'elle avait fait plier. Michel Barnier sort pour autant aller vers la censure. Pourquoi avoir choisi la politique de la terre brûlée ?
Mais au contraire, nous essayons d'éviter la terre brûlée.
C'est un saut dans l'inconnu aujourd'hui quand même.
Non, pas du tout. Là, on allait à un saut dans le connu, qui est la récession, qui était aggraver la ruine de la France. Les lignes rouges qu'a données Marine Le Pen, les dernières lignes rouges, qui ont toujours été les mêmes d'ailleurs depuis qu'elle a rencontré M. Barnier, contrairement aux mensonges d'État qui sont racontés ici ou là, c'est éviter la récession. Pourquoi on protège le pouvoir d'achat des retraités ? Déjà parce que c'est un contrat moral, mais c'est aussi un contrat économique. Donc, si vous attentez encore au pouvoir d'achat des retraités, la consommation va s'effondrer, les recettes de TVA vont s'effondrer. Les résultats seront pires.
Qu'est-ce que vous dites ce matin aux 380 000 foyers
qui vont voir leur impôt augmenter et qui vous écoutent ? Je leur dis de me faire confiance, de nous faire confiance au Rassemblement National. Ça ne suffit pas quand on voit la facture arriver. J'ai un élément très intéressant qu'on a découvert cette nuit. J'ai dit lors de ma conférence de presse avec mes amis la semaine dernière qu'on estimait qu'il était possible techniquement de déposer un amendement sur la loi spéciale. C'est un peu technique, je suis désolé. C'est-à-dire avant la fin de l'année, quoi qu'il arrive, les institutions de la France protègent les contribuables. Il y aura une loi spéciale pour autoriser le budget à lever les impôts.
Et j'ai découvert que la dernière fois que c'est arrivé, en 1979, il y avait bien eu un amendement pour indexer le barème de l'impôt sur le revenu et donc qu'il était possible de protéger tous les contribuables des classes moyennes et des classes populaires face à une augmentation injuste de l'impôt sur le revenu. Donc nous ferons ce que nous avons promis. Mais ce qui est intéressant, Mme Mabrouk, derrière cela, c'est que c'est Bercy, c'est M. Saint-Martin, plutôt que s'agiter partout sur les plateaux, qui aurait dû dire que cet amendement avait existé en 1979. C'est au principal parti d'opposition.
Vous voulez qu'il fasse le service à prévente de la censure ?
Non, non, j'aimerais qu'il dise la vérité pour une fois aux Français. Mais il y a la technique, il y a la psychologie. Parce que là, c'est mentir. Ça fait une semaine, y compris aux journalistes, que M. Saint-Martin et Bercy donnent de fausses informations. Mais oui, puisque, regardez, vous posez votre question de bonne foi. Votre question, Mme Mabrouk, on se connaît un peu depuis quelques années. Vous la posez de bonne foi. C'est parce que des institutions, des économistes, des gens ont dit aux Français depuis une semaine qu'il était impossible d'indexer l'impôt sur le revenu sans leur budget pourri.
Vous affirmez que c'est aujourd'hui possible ?
Je l'ai trouvé au journal officiel de la République en 1979. Cet amendement existe, il était recevable et il peut protéger les Français. Donc nous le ferons à nouveau.
Ce que vous ne pouvez pas protéger, c'est le fait qu'on aura du mal à lever de l'argent sur les marchés financiers. C'est le fait que ce matin, et là, avec notre expérience, nous pouvons parler depuis des années, et moi-même, je n'ai jamais vu des marchés autant être si fébrile par rapport à une situation politique. Cela, je pense que vous ne pouvez rien y faire.
Mais malheureusement, c'est le cas depuis la dissolution. Le spread, l'écart de taux entre la France et l'Allemagne, qui est un peu l'indicateur de l'état des marchés, a doublé avec la dissolution de M. Macron et n'a jamais baissé. C'est encore un mensonge de M. Saint-Martin et des macronistes. Ils n'ont jamais réussi, tout le monde peut vérifier, sur les six derniers mois, à ramener le calme sur les marchés envers la dette. C'est ce qu'on appelle le pricing. Une fois plus, c'est un peu compliqué. Mais en fait, les marchés ont anticipé que ce gouvernement n'était pas capable de rétablir les comptes. Ils nous font payer depuis déjà trois mois leur incapacité à présenter un budget équilibré.
Parce que vous savez, les marchés, eux, tout ce qui les intéresse, c'est l'argent. C'est l'argent qui rentre, c'est l'argent qui sort. Donc eux, ils savent compter, contrairement aux macronistes. Et ils ont vu que ce budget a gravé la dette.
Décidément, ils en prennent pour leur grade. C'est un menteur, incapable de compter.
Vous avez vu dans quel état on est ?
Vous-même. La septième puissance du monde. Pardonnez-moi. Nous sommes obligés d'interroger votre responsabilité. Est-ce que vous n'avez pas jeté aux orties, justement, votre stratégie de la respectabilité ? Il y a encore quelques temps, Marine Le Pen était vue par une majorité de Français, comme une femme pouvant accéder aux responsabilités. Est-ce qu'aujourd'hui, ce n'est pas une stratégie à la roulette russe que vous jouez ?
Non, moi, je suis très fier d'être encore aujourd'hui, pour longtemps, j'espère, le porte-parole de Marine Le Pen et de Jordan Bardella. Une fois plus, agir en femme d'État, en homme d'État. C'était très facile, vous l'avez dit tout à l'heure, Madame Mabrouk, de prendre nos gains, de négocier... Pas si facile. Peut-être ça, ça aurait été le courage. Si M. Wauquiez le fait, c'est que ce n'est pas courageux. Si M. Attal l'a fait, c'est que ce n'est pas courageux. Parce que ces gens n'ont jamais eu le moindre courage pour défendre l'intérêt général.
Pourquoi vous auriez le monopole du courage ? Parce que vous allez à la censure ?
Parce que Mme Le Pen s'est opposée toujours aux mauvaises politiques qui ont mis la France dans cet État. On ne vous avait jamais vu Marine Le Pen changer d'avis et dire « Ah ben finalement, je suis d'accord avec ce qu'a dit il y a 10 ans M. Macron ou ce qu'a dit il y a 20 ans M. Wauquiez ». C'est toujours eux qui viennent sur les positions de Marine Le Pen. Qu'est-ce qui vous a fait basculer Jean-Philippe Tanguy ? Qu'est-ce qui a fait décider au dernier moment de la censure ? Donc on aurait pu faire comme eux, négocier un petit chèque et puis une fois que ce n'aura pas réalisé.
Parce que ce qui est difficile pour nous, là vous avez raison, c'est qu'effectivement on a protégé et on va protéger les Français de malheurs qui pour une fois ne vont pas se réaliser. Nous allons voir. C'est plus difficile. C'est vrai qu'on aurait pu négocier nos petits chèques et puis après, dans 6 mois, quand ce serait écoulé, dire « Ah on ne savait pas, on a ignoré, on ne savait pas ».
Pardonnez-moi, ce matin vous ne savez pas ce qui va se passer dans quelques jours ?
Je sais ce qu'on a évité. Et ce qu'on a évité, c'est 40 milliards d'impôts, une récession et la catastrophe. Ça je peux vous le garantir.
Est-ce que vous pouvez garantir ce matin que ça ne va pas être pire demain ?
Non. Parce que ça ne peut pas être pire que ce qu'on nous a proposé là. Impossible. Voilà, c'était le musée des horreurs de Bercy. Toutes les vieilles réformes qu'il y avait dans les couloirs de Bercy, dans les tiroirs de Bercy depuis des années, qu'on dénonce à chaque budget, ils ont tout ressorti. Ils ont fait un espèce de Frankenstein sans que ni tête, dont le seul objectif était de tondre le quelques d'argent que les Français ou les entrepreneurs pouvaient encore avoir derrière eux. Nous, on a proposé un contre-budget avec Marine Le Pen.
On a prouvé, et ça n'a été démenti par personne, c'est suffisamment rare qu'on ne soit pas critiqué, pour pouvoir le signaler, qu'on pouvait faire 25 milliards d'économies sur les agences, sur le milieu territorial, sur les mauvaises défenses, sur l'immigration, évidemment. Jean-Philippe, pourquoi pas d'économies ? Pourquoi ils refusent toutes les économies ?
Dites-moi, qu'est-ce qui vous a fait basculer ? Est-ce que c'est le manque de considération à l'égard de Marine Le Pen, de ces millions d'électeurs ? Le procès en mépris que vous faites à Michel Barnier, qui a été résumé par cette formule que je lis, ils veulent de nos voix, mais pas de nos gueules, pardonnez-moi pour l'expression. C'est ça qui a fait décider de la motion de censure ?
Oui, parce que c'est un état d'esprit.
Nous en sommes là, à de la psychologie ?
Mais parce que ça explique tout, malheureusement. Ça explique le fait qu'ils sont incapables de se remettre en cause malgré 50 ans de déficit. Ils sont incapables de se remettre en cause malgré la submersion migratoire. incapables de se remettre en cause malgré les très mauvais résultats de l'école. C'est une caste qui, même quand les Français votent contre eux, ils estiment que les Français ont mal voté.
C'est-à-dire que Bruno Rotaillot était en train de participer à la submersion migratoire ?
Mais si ! Non, M. Tanguy,
vous êtes quand même essayant d'être objectif dans les faits.
Mais je suis totalement objectif. M. Rotaillot, par ses dernières décisions, participe à ça ? La communication de Payette de M. Rotaillot qui s'invente un bilan au bout de deux mois, le seul bilan qu'il a, c'est d'avoir trahi toutes les promesses qu'il avait faites aux Françaises et aux Français de jamais soutenir un gouvernement macroniste. Et il le disait très bien quand il était dans l'opposition. Il disait la politique, c'est la cohérence. M. Rotaillot, imaginons même qu'il soit vraiment volontaire pour baisser l'immigration ou rétablir l'ordre public. Il a M. Migot, on en parlait ici plusieurs fois, dans son gouvernement qui le plante dans le dos. Alors pardonnez-moi, dans ce cas-là,
vous auriez pu voter la motion de censure depuis le début. Pourquoi vous avez attendu tout ce temps ? Si vous saviez que c'était des venteurs, si vous saviez que c'était des incapables, si vous saviez que vous n'alliez pas respecter ces promesses, pourquoi avoir fait attendre pendant des mois ?
On s'est dit, vu la gravité de la situation, quand Michel Barnier a dit, par exemple, qu'il avait fait un audit des comptes publics, que la situation était bien plus grave que prévu, nous avons cru, peut-être, à un moment churchillien. C'est-à-dire, effectivement, M. Barnier, après sa longue carrière, qui disait ne plus avoir rien à espérer, peut-être qu'il va prendre les choix courageux que les 50 ans précédents n'ont jamais fait. Et finalement, il a présenté un budget qui aurait pu être présenté par François Mitterrand, François Hollande, les mauvais jours de Jacques Chirac, c'est-à-dire un budget de faillite. Une fois plus. Ou alors, il y a un autre scénario.
Moi, j'ai entendu sur votre antenne l'autre jour, Mathieu Lefèvre, qui est un des responsables des finances pour la Macronie, qui disait, oui, c'est vrai que c'est un mauvais budget, mais il faut mieux un mauvais budget que pas de budget du tout. C'est comme ça qu'on se retrouve avec 3 000 milliards de dettes, avec 60 milliards d'euros à payer chaque année.
Peut-être aussi que Marine Le Pen a tenu compte des réquisitoires dans son procès, tout simplement. Ah non, à vous l'excluer. Ah non, pas vous. Qui peut croire aujourd'hui, pourquoi pas moi, toute la question se pose, moi ou d'autres. Qui peut croire aujourd'hui qu'elle n'a pas tenu compte de ce qui se passe sur le plan judiciaire ?
Autre simplement que moi j'ai dit que le gouvernement avec ce budget s'engageait sur le chemin de la censure le 15 octobre. Les réquisitions contre Marine Le Pen
ça a pu faire basculer votre décision et opinion. Vous savez que je n'ai pas
l'habitude de parler en l'air, surtout quand je parle au nom comme tout le monde. Parfois je le regrette mais là c'est une formule si je puis dire qui a prospéré parce que plus les jours passaient plus ils s'engageaient sur le chemin de la censure. J'invite aussi parce que vous savez on les connaît. Donc moi comme je l'ai dit j'ai joué au petit poussé et donc j'ai mis mes petits cailloux blancs sur ce chemin de la censure pour qu'on puisse retrouver notre chemin quand la nuit des mensonges coubera. Donc on est dans la nuit des mensonges et on peut retrouver tous les cailloux et on a toujours dit la même chose sur ce budget et M. Barnier
n'en a pas tenu compte. C'est une fin que certains imaginent celle de la démission d'Emmanuel Macron. Vous l'imaginez aussi ?
C'est les institutions qui l'ont imaginé.
Vous me dites que vous êtes franc depuis le début. Oui. Je vous pose la question parce que lui Aliot du RN a pris moins de précautions que vous. Il a admis que la question va se poser dans quelques jours. Je vous pose la question est-ce qu'après Michel Barnier c'est M. Macron que vous visez ?
Louis Aliot a parfaitement raison. M. Macron est en échec sur toute la ligne. Il aurait pu choisir pour s'en sortir les référendums. Il en a beaucoup parlé jamais fait. Il a choisi la dissolution. Il l'a perdu lamentablement. Maintenant il reste la démission. C'est ce que prévoit la Ve République. Donc nous on ne s'agit pas comme les insoumis à demander, à exiger une destitution le mardi.
Vous pouvez beaucoup y penser sans le dire officiellement sur les plateaux.
Mais c'est la logique des institutions. Je note qu'il est lâché par tous ceux qui l'ont soutenu comme l'accord soutien le pendu. M. Copé, jamais avare d'un mauvais coup et d'autres. On sait que M. Philippe son ancien Premier ministre qui a si mal géré la France a lancé sa campagne présidentielle sur la démission d'Emmanuel Macron. Ça donne le ton. Mais c'est très important aussi ce que vous dites finalement parce que pourquoi aussi on ne peut pas confier plus longtemps l'avenir du pays à ces gens qui ne sont même pas d'accord entre eux.
Je note que c'est la première fois que quelqu'un du Rassemblement national, mis à part M. Alliot, parle ouvertement quand même de la démission. Hier, Marine Le Pen a balayé cette question.
Elle a donné le même raisonnement que moi. Elle n'a pas répondu
à la question.
Référendum, il ne veut pas. Vous venez de dire
que c'est ce qui lui reste comme solution.
C'est effectivement ce qui lui reste comme solution dans l'attente de la dissolution cet été. Moi, j'assume cette logique des choses. D'ailleurs, moi, je l'avais dit après la dissolution ratée. J'avais dit écoutez, moi, je suis gaulliste. Vous le savez. Quand on rate la dissolution devant les Français, quand on se prend une telle sanction de nos compatriotes, eh bien, on doit partir surtout quand on fait quand même un caprice. Mais quand on choisit un calendrier électoral très compliqué avant les Jeux Olympiques qui nous a quand même
mis dans la difficulté. On va conclure Jean-Philippe Tanguy avec une question qui me semble essentielle si on sort un peu de la bulle médiatico-politique et qu'on pense ce matin aux patrons petits et grands, aux agriculteurs, aux Français qui sont dans l'urgence. Selon vous, comment ils regardent le paysage politique aujourd'hui ?
Mais pas à la hauteur du travail qu'ils fournissent pour la France, évidemment. J'espère que nous répondons à leurs attentes. Mais moi, j'essaie d'être humble.
Vous ne le savez pas encore ?
Mais personne ne le sait. Ceux qui commencent à savoir...
L'addition, ce sera dans quelques temps, alors, pour toi.
Madame Mabrouk, quand vous avez des responsables... À mes yeux. Quand vous avez des responsables politiques qui agissent en pensant, sans se soucier des risques et des doutes, être toujours impeccables, ne jamais se remettre en cause, c'est mauvais signe. Donc moi, je ne prétends pas parce que je suis sur un plateau de télévision tout savoir et faire tout parfaitement. Je dis qu'on fait au mieux, qu'on respecte des lignes rouges, on respecte des principes. On l'a toujours fait. On dit la vérité. La vérité que nous disons aujourd'hui est difficile à entendre. La France, dans une situation économique et financière extrêmement grave, M. Barnier, qui devait la redresser, en est incapable.
C'est difficile parce que nous faisons effectivement... Nous nous protégeons les Français contre des effets qui n'existent pas. Il aurait été beaucoup plus cynique de jouer la politique du pire. Mais aujourd'hui, la politique du pire, c'était ne pas censurer. Ça peut paraître paradoxal, mais je demande aux Françaises, aux Français qui nous ont fait confiance, de nous faire confiance une fois encore. Et surtout, nous pouvons avoir un bon budget, en tout cas un meilleur budget, avant la fin de l'année, si les forces politiques qui gouvernent la France sont enfin responsables.
Merci, Jean-Philippe Tanguy. Merci à vous. On est à vous que vous avez répondu ce matin aux appels à la raison de plusieurs ministres en fermant définitivement la porte. Et donc, la motion de censure de la gauche sera votée par le Rassemblement National. Merci à vous et bonne journée.
à Mabrouk.
Merci. On est à Mabrouk. Merci. Merci. Merci. Merci. Merci.
Jean-Philippe Tanguy