Renouvellement de l'autorisation du glyphosate : "ce n’est pas acceptable", affirme Stéphane Séjourné
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France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien le secrétaire général, le patron du parti Renaissance. Député européen, il préside le groupe Renew Europe au Parlement européen. Vos questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Stéphane Séjourné, bonjour. Bonjour. Bonjour à vous deux. Et merci d'être à notre micro, beaucoup de questions à vous poser ce matin sur la visite du pape, sur son alerte sur les migrants, sur le plan de transition écologique annoncé lundi par Emmanuel Macron. Mais d'abord, commençons par l'actualité internationale, brûlante et qui nous concerne.
Pierre Aski vient d'en parler, c'est la présence arménienne qui est éliminée au Haut-Karabakh par l'Azerbaïdjan. Ça fait des années que ça dure que l'Azerbaïdjan essaye d'envahir cette enclave et d'en chasser les Arméniens. Fin des mois que la diplomatie semble impuissante. Le point titré sur le naufrage de la diplomatie européenne. Stéphane Séjourné, comment voulez-vous défendre l'idée européenne si vous ne parvenez pas à faire entendre la voix de l'Europe sur ce conflit ?
Bon, d'abord, peut-être avoir un message d'amitié et de soutien à la communauté arménienne. Je sais qu'ils sont nombreux aussi à nous écouter.
Ils sont nombreux à être déçus de l'impuissance d'Emmanuel Macron.
Je suis totalement d'accord avec l'édito de Piraski ce matin. Et c'est un mélange de tristesse et de colère, puisque ça fait des mois qu'on alerte sur ce sujet au Parlement européen. Évidemment, c'était écrit que la Russie allait lâcher le pouvoir en place et que l'idée est évidemment d'avoir des déplacements forcés de population et de libérer ce territoire. J'ai peur qu'on fasse exactement les mêmes erreurs qu'avec l'Ukraine, avec un mélange de géopolitique, d'intérêt économique, évidemment derrière, et que derrière, l'intérêt pour les Européens, l'intérêt économique sera supérieur à la défense des intérêts territoriaux.
Mais n'est-ce pas ce qui s'est passé ? N'est-ce pas ce qui s'est passé là, ces dernières heures ?
À un moment donné, le communiqué de presse du représentant et du chef de la diplomatie européenne n'est pas à la hauteur. Au Parlement européen, on aura un engagement fort et on demandera une résolution, y compris pour parler de sanctions, parce qu'il faut commencer à parler de sanctions sur ce sujet-là.
Mais sanctionner qui ? Aliefs ?
Sanctionner Aliefs, regarder les liens aussi avec la Russie, regarder les liens avec la Turquie, quelle est l'implication de tous ces pays. Et puis, je voulais le dire, si la France était suivie par ses partenaires européens, le Président de la République s'est entretenu avec le Premier ministre arménien, on a demandé une réunion du Conseil de sécurité sur ce sujet-là. C'est aussi la preuve que le sujet diplomatique, en tant que cas ce sujet, est une priorité diplomatique pour la France.
Mais pourquoi la France n'arrive pas à faire entendre sa voix sur un sujet comme celui-là, où elle aurait peut-être pu parler plus fort ? Pascal Bruckner, dans Le Figaro, a écrit une lettre à Emmanuel Macron hier sur la situation en Arménie, Monsieur le Président. Ne regardez pas ailleurs, face à ces événements, votre formidable inaction, en contradiction avec vos promesses, ne laisse pas de nous décevoir la communauté arménienne en France. Attendez beaucoup du Président de la République qui s'était engagé sur ce sujet. Pourquoi la France n'arrive pas à parler plus fort ?
Je ne veux pas laisser dire que la France n'a rien fait. Je pense que Nathalie Loiseau, qui lide sur ce sujet au Parlement européen, a été à s'exprimer hier dans les commissions parlementaires de manière très précise. Ma délégation au Parlement européen est en pointe dans la défense des Arméniens. Et le Président de la République a eu, encore une fois, demandé la réunion du Conseil de sécurité. C'est entretenu avec le Premier ministre. Et on essaye de trouver une coalition. Mais je vais vous le dire en transparence, il y a des intérêts économiques derrière. Le gaz a été coupé en Russie. On a essayé de diversifier nos approvisionnements.
Et il y a un certain nombre de pays qui sont mêlés dans une situation géopolitique qui intéresse l'Europe.
On a privilégié le gaz de l'Azerbaïdjan aux Arméniens. Je pense. Venons-en à la visite du pape François qui arrive demain à Marseille pour deux jours avec une messe très attendue samedi au stade Vélodrome. Il a prévenu qu'il plaçait cette visite sous le signe d'un appel pour les migrants. Il a choisi Marseille comme ville symbole de l'accueil des étrangers. Il dit que la Méditerranée est un cimetière. Voilà pourquoi je vais à Marseille. Comment recevez-vous ce message papal ?
C'est un message qui est assez cohérent avec la ligne de l'Église sur l'humanité. Et donc effectivement, ça s'inscrit dans une situation catastrophique à Lampedusa avec des versements de migrants et puis une instrumentalisation de l'extrême droite sur ce sujet-là. Et on voit bien partout en Europe que l'augmentation des populistes se fait sur ce carburant électoral. Au niveau européen, on travaille. On a le pacte asile-immigration qui est en discussion entre le Parlement et le Conseil. Qui a du mal à passer. On essaye justement de le faire passer. Je pense que c'est une révolution. Il faut faire comprendre à vos auditeurs.
Le vrai changement, c'est qu'on traitera les demandes d'asile aux frontières de l'Union européenne. Et c'est comme entre le tube de l'avion et au moment où vous donnez votre passeport, vous êtes en zone internationale. Et ça vous permet justement de traiter plus rapidement et d'avoir plus d'efficacité dans le traitement des migrants. C'est ça qu'il faut à réussir. Et puis il y a une forme à l'extrême droite où on vote contre au Parlement européen. On essaye de repousser ce sujet-là. C'est la Hongrie et la Pologne qui bloquent. Et en même temps, on dénonce.
Oui, mais vous avez raison de dire que la Hongrie et la Pologne bloquent aujourd'hui. Vous leur demandez d'arrêter de bloquer. Et en même temps, vous demandez ça, et en même temps, j'ai envie de vous dire, la France décide, par la voix de Gérald Darmanin il y a deux jours, de ne pas accueillir aucun migrant en France de ces 11 000 personnes qui sont arrivées à Lampedusa. Et c'est vrai que ça nous a surpris. Est-ce qu'il y a un revirement ? Est-ce qu'Emmanuel Macron avait dit la semaine dernière, il y aura une solidarité européenne ? Catherine Colonna avait dit, on prendra notre part. Et soudainement, Gérald Darmanin dit, pas un migrant. C'est votre conception de la solidarité européenne ?
Non, je crois que Gérald Darmanin parlait des migrants économiques. Pour ce qui est de l'asile, c'est la solidarité qui jouera. Et par ailleurs, c'est notre devoir de les recevoir. Et donc, à partir du moment où les migrants rentrent dans le parcours d'asile, qui sont acceptés à l'asile, effectivement, c'est le devoir de la France de les accueillir. Et donc, je pense qu'il faut différencier les deux. On a toujours fait la distinction entre les deux. Je pense que Gérald Darmanin, sur ce volet-là, parlait de la migration économique et pas des demandeurs d'asile.
Il n'y a pas de revirement.
Non, il n'y a pas de revirement et on dit tous la même chose.
Un mot sur la messe samedi au Vélodrome à laquelle Emmanuel Macron va assister. La messe du pape pour Jean-Luc Mélenchon. Non, monsieur le Président, ce n'est pas votre place d'aller à la messe du pape. L'État laïc ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte. La droite aussi a critiqué cette décision pour Olivier Marlex, le patron des députés LR, que le Président de la République aille accueillir le pape sur le tarmac, qu'il le rencontre très bien, mais qu'il aille assister à la messe. Ça me paraît un peu incongru de la part de quelqu'un qui visiblement n'est pas chrétien, a-t-il affirmé. Vous leur répondez quoi ?
Je leur dis que ce n'est pas la première fois que le Président est présent à un office religieux. Il s'est déjà rendu dans une synagogue. Il a déjà participé à la rupture du jeûne. Nous avons un chef d'État sur le territoire français. Alex, il participera à l'événement, mais il ne participera pas en tant que catholique. C'est sa fonction. Il assistera à la messe.
Beaucoup disent que c'est une rupture avec la loi de 1905 où ils pouvaient l'accueillir comme un chef d'État, mais assister à la messe, c'est autre chose sympa, supplémentaire.
D'abord, il y a eu des précédents. Valéry Giscard d'Estaing a participé à une messe dans les années 80 de Jean-Paul II à Paris. La laïcité, c'est une loi de liberté, ce n'est pas une loi d'effacement des religions. On le répète assez. Je pense que c'est une mauvaise polémique. C'est la place du président de la République sur un événement populaire d'être présent. Encore une fois, il l'assistera, mais il ne participera pas à l'office religieux. C'est très bien comme ça.
C'est respectueux de la laïcité française. Sur la planification écologique, Elisabeth Borne a reçu lundi les chefs des différents partis politiques, sauf les insoumis, pour présenter les grandes lignes du plan qui sera dévoilé officiellement lundi par Emmanuel Macron. D'ores et déjà, l'opposition de gauche parle d'un plan qui ne sera pas au niveau. Olivier Faure craint une planification du vide. Vous les rassurez ? Le plan sera au niveau ? On rappelle la promesse d'Emmanuel Macron tout de même dans l'entre-deux-tours en 2022. Ce quinquennat sera écologique ou ne sera pas ?
Oui, et je vous le dis ce matin, la France est le premier pays à faire cet exercice. Moi, je l'ai dit d'ailleurs à Marine Tondelier lors de cette réunion avec les chefs de parti et la première ministre, là où l'Evers sont en responsabilité gouvernementale, cet exercice de planification sur le long terme avec des priorités n'a pas été fait. Et la France est pionnière dans cet exercice. Alors, vous verrez sur la présentation du président de la République, c'est très concret, secteur par secteur, année par année. Il y a des objectifs chiffrés et des politiques publiques qui sont associées. Je pense que c'est ça l'objectif, c'est de donner de la visibilité aussi sur la baisse des émissions.
C'est ça notre objectif. Et donc, oui, cet exercice est inédit. Cet exercice sera utile aussi dans la pédagogie de ce qu'on veut faire et dans la trajectoire. Et je pense que l'État, le secrétaire général à la planification, a très bien travaillé sur ce sujet et donnera au moins, je pense, de la visibilité aux entreprises, aux ménages et puis des politiques publiques très concrètes pour faire baisser nos émissions.
Ça coûte cher, vous le savez, la transition écologique, elle a été chiffrée à 66 milliards d'euros par le rapport Pizani-Mafouz, un rapport qui propose un ISF vert ponctuel pour financer cette transition. Vous l'avez balayée au gouvernement. Est-ce que vous, comme patron de Renaissance, vous la balayez également ?
Je crois que la proposition du gouvernement est assez équilibrée, c'est-à-dire basée sur l'épargne des Français et ce qui reste justement en termes de mobilisation aujourd'hui plus 7 milliards d'euros pour compléter. Et puis, il y aura aussi une mobilisation évidemment des entreprises elles-mêmes dans la transition. Vous savez, on a mis beaucoup de règles au niveau européen. On a des objectifs... Non, pas trop.
Parce qu'Emmanuel Macron a dit qu'il y a trop de normes environnementales.
On a mis beaucoup de normes avec des objectifs très concrets 2030, 2035, 2050, décarbonation de l'économie. Mais il faut suivre en termes de financement parce que c'est ça l'objectif maintenant. Les règles sont importantes et maintenant les financements pour arriver à la transition doivent être aussi importants.
Mais vous avez raison et c'est pour ça que je vous pose la question d'une taxe ponctuelle sur les plus riches ou sur les entreprises. Même la Banque Centrale Européenne, l'économiste de la Banque Centrale Européenne dit que ce serait une bonne idée. Je veux dire, c'est que ce n'est pas forcément...
Les entreprises seront mises à contribution de leur propre transition. Je pense à ArcelorMittal et le travail que fait l'État. L'État va mettre plus de 800 millions d'euros mais les 1,2 milliards qui restent, c'est l'entreprise qui les met pour la transition.
Taxer les plus riches, ça vous semble une mauvaise idée ? Les entreprises sont mises à contribution
dans cette planification tout comme les consommateurs. On leur demande de réduire justement leur consommation d'énergie. Tout ça est pris en compte mais vous verrez bien dans la présentation, c'est très concret et j'incite nos auditeurs à regarder attentivement.
Vous ne voulez pas répondre sur une taxation exceptionnelle sur les plus riches ? C'est une mauvaise idée pour vous ? On déplace le problème
pour la transition écologique ? Ils sont déjà mis à contribution par les impôts, par le budget de l'État qui rentrent dans le financement de la transition. C'est les 7 milliards d'euros dont je vous parlais.
Le grand mot de la rentrée dernière chez tous les ministres, il n'y avait pas une intervention à ce micro sans employer le mot, c'était le mot sobriété. Là, il n'y a pas une intervention, on entend le mot sobriété. Il est parti en vacances ?
Dans la planification, ça sera y compris dedans puisqu'on intègre dans la planification écologique la sobriété des Français et c'est les efforts des Français, les efforts des consommateurs qui sont intégrés dans la trajectoire en quelque sorte. Et puis, on a été même un peu plus loin puisque j'ai pu comprendre que le gouvernement avait chiffré ça à 20% des efforts pour les consommateurs. Donc oui, c'est intégré dedans et vous entendrez le président de la République le répéter, je pense.
Vous nous le dites ce matin, il n'y a pas trop de normes environnementales au niveau européen. Emmanuel Macron, en mai dernier, avait demandé une pause européenne en matière environnementale et on a entendu Ursula von der Leyen la semaine dernière défendre le fameux pacte vert très attendu au niveau européen. mais le défendre de manière mezzo-voce par rapport aux ambitions initiales. Est-ce qu'il y a une ambiance aujourd'hui au Parlement européen, au niveau européen et au niveau français à la tête de l'État qui est un peu l'écologie, ça commence à bien faire ?
Bon, d'abord, si le sujet est devenu un clivage politique un peu partout en Europe, c'est qu'on a fait des choses. Sinon, ça ne serait pas un clivage politique et ça n'intéresserait personne. Donc, c'est bien la preuve qu'on a agi et qu'on a mis effectivement beaucoup de normes. On a beaucoup travaillé sur le pacte vert. Maintenant, ce que je disais, c'est qu'il faut suivre dans les financements parce que, évidemment, on ne peut pas avoir un déséquilibre entre sur-réglementation et sous-investissement. Et donc, il faut trouver des financements. On y travaille au Parlement européen avec la taxe carbone aux frontières, des ressources propres pour l'Union européenne.
On ne peut plus se permettre d'avoir un budget à 1% du PIB européen aujourd'hui au vu des enjeux que nous avons pris.
Mais est-ce que vous avez l'impression qu'il y a un peu cette idée-là aujourd'hui en Europe qui est de dire, impulsée par les conservateurs, mais auquel vous suivez peut-être un peu aussi, qui est de dire ça suffit, ça écrase trop les gens, les normes environnementales, on arrête.
C'est devenu encore une fois un clivage politique entre les partis politiques et il y a même des partis politiques qui se fondent sur ce clivage-là en ce moment. Je le vois par exemple aux Pays-Bas, on le voit dans l'Est de l'Europe où ce sujet monte. Les différentes prises de parole du Premier ministre britannique cette semaine montrent aussi que ce sujet est devenu un élément de clivage. Maintenant, il faut résister parce que je pense que c'est la création des emplois de demain. On prend une longueur d'avance le continent européen sur le reste du monde et il faut garder notre avance.
Encore une fois, il faut avoir des financements qui permettent cette réglementation et donc on va travailler maintenant sur le budget européen et sur des nouveaux financements.
C'est la une des échos glyphosate, la proposition choc de Bruxelles. Bruxelles qui propose de prolonger pendant dix ans l'usage du glyphosate dans l'Union. Vous y êtes favorable ?
Non, en tout cas, ce qui est proposé dix ans sans condition n'est pas acceptable. Je le dis...
Donc vous allez voter contre ?
Oui, à ce stade, si en tout cas, il n'y a pas de modification de cette proposition, on votera contre. Je pense que la commission serait en tout cas peut-être regarder le compromis qui a été fait en France, c'est-à-dire interdiction par défaut et une forme de pragmatisme aussi avec les agriculteurs pour tout ce qui est remplacement et donc il y a des éléments d'exception qu'on a mis en place. Je pense que c'était le bon compromis et après dix ans sans contrepartie, je pense que ma délégation ne sera pas d'accord avec cette proposition de la commission.
On en discutera encore mais le compromis français a été un bon compromis et on a beaucoup critiqué la position d'Emmanuel Macron mais la France est devenue...
Emmanuel Macron s'était engagé à interdire le glyphosate, vous vous en souvenez quand même et c'est toujours permis. Il avait dit dans trois ans on l'arrêtera, je pense que c'était en 2017 ou 2018, on est en 2023, elle n'est pas arrêtée.
Par défaut, interdiction, si pas de substitution, autorisation exceptionnelle, ce n'est pas du tout ce que propose aujourd'hui la commission. La commission propose les dix ans d'autorisation sans condition et ça, ce n'est pas acceptable.
Allez, on passe au standard d'Inter. Bonjour Thomas. Bonjour. Vous nous appelez Limoges, soyez le bienvenu.
Merci. Déjà, je voudrais dire merci aux deux standardistes et aux techniciens, ils ont été très gentils. Alors ma question...
Vous faites bien de les remercier, c'est vrai, on ne les remercie pas assez.
Alors ma question, c'est pourquoi est-ce que Renaissance met un signe égal entre la NUPES, spécifiquement LFI, et le RN, alors que l'un vient quand même du pétainisme et l'autre d'un ancien socialiste ?
Merci Thomas pour cette question. Stéphane Séjourné vous répond.
Oui, d'un point de vue politique, moi je ne mets pas un signe égal, je dis juste qu'il y a des clivages qui sont très différents. Moi j'ai un problème avec LFI sur les questions démocratiques. Je pense qu'à la fin, moi je soutiens notre modèle avec le suffrage universel comme clé de voûte de notre organisation démocratique. La NUPES considère que l'avant-garde éclairée est importante parce que le peuple vote souvent contre ses propres intérêts à cause de vous, les médias, à cause de moi, à cause de grands bourgeois. Tout ça provoque évidemment chez eux une différenciation entre les élus NUPES et les autres élus.
Moi j'étais scandalisé quand Mathilde Panot expliquait qu'il y avait des élus du peuple et pas des élus du peuple. Quand il y avait des élus de la NUPES qui étaient battus aux élections, ils étaient évincés et pas battus. Donc oui, moi j'ai un gros problème avec ça et puis de l'autre côté, j'ai un plein de valeurs. Et c'est vrai qu'on vous entend
plus souvent scandaliser par ce que dit Jean-Luc Mélenchon et Mathilde Panot que par l'extrême droite. Non mais c'est vrai, c'est vrai, ces derniers mois on a l'impression que l'ennemi ou ceux qui sont limite avec la démocratie, c'est plus pour vous les insoumis que Marine Le Pen.
Je pense que les insoumis provoquent une forme de normalisation de l'extrême droite. Ils disent que c'est vous qui faites monter l'extrême droite. Alors que nous avons des vrais problèmes de valeurs et il reste encore parmi les sympathisants de l'extrême droite des gens qui considèrent que des gens de couleur n'ont pas les mêmes droits que des Français. Et donc oui, on a un problème de valeurs républicaines avec une partie de la classe politique française sur laquelle il faut qu'on continue à se battre. Mais ça n'empêche que j'ai le droit et nous avons le droit de dénoncer y compris la conception de la démocratie du côté de la NUPES.
Alors une question sur l'application d'Inter de José, une question au patron du parti Renaissance. Votre parti n'a pas assez de visibilité. J'étais là en 2017 avec vous tous, avec En Marche, mais Renaissance, il ne se passe plus rien. Réveillez-vous s'il vous plaît. En céphalogramme plat, Stéphane Séjourné ?
Non, justement, depuis un an, on a beaucoup changé les choses et puis j'ai donné beaucoup de responsabilités locales. C'était une des critiques qui était faite à En Marche avant. Et donc là, il y a des budgets locaux. Maintenant, nos responsables départementaux sont élus par les militants. On a créé justement une organisation territoriale qui doit prévoir et préparer sur la lancée les municipales qui auront lieu dans un peu plus de trois ans. Et donc, oui, j'organise territorialement le parti. Vous savez, un parti présidentiel qui est en responsabilité, c'est toujours la question de savoir sa place. Et donc, sa place, c'est d'abord de préparer les rendez-vous électoraux.
Et donc, ça, c'est ma place. Et puis, je ne suis pas dupe et je suis assez lucide sur le fait qu'on a une crise de l'engagement politique depuis maintenant 15-20 ans dans les partis.
Ça, c'est vrai, mais c'est vrai que c'est beaucoup chez Renaissance. Est-ce que vous avez déjà demandé, est-ce que vous avez fait un sondage sur si les Français connaissaient même le nom de votre parti ? Oui, oui, oui.
Puisque le groupe parlementaire a pris le nom de Renaissance. Ça a créé d'ailleurs la délégation française au Parlement européen. Ça s'appelait d'ailleurs Renaissance. Et donc, oui, il y a une connaissance. La difficulté, je vous l'ai dit, c'est l'engagement politique. Je vois bien que les gens maintenant préfèrent s'engager sur des causes et dans des associations. Et puis,
c'est un parti présidentiel dont le président ne pourra pas se représenter. Donc, ça ne fait pas un grand vide théorique,
métaphysique, politique. On aura tranché la question de 2017 un peu plus tard, évidemment. Mais moi, je pense que le vrai héritage, c'est quand un candidat à l'élection présidentielle dans 10-15 ans revendiquera le discours de la Sorbonne, peut-être un certain nombre de bilans que je vous ai dit ici. Ça, pour moi, c'est le vrai héritage politique. Et penser que l'héritage partisan est l'unique héritage politique, je trouve que c'est assez réducteur. Donc, moi, je préfère travailler sur le bilan.
Vous trouvez que c'est une funeste connerie de ne pas pouvoir se représenter pour un troisième mandat ?
Non, je...
C'est ce qu'Emmanuel Macron avait dit, je précise aux auditeurs qui avaient loupé.
Non, je pense que ce qu'a dit le président de la République dans celui clos, c'est que le fait de ne pas se représenter un deuxième mandat ou un troisième mandat, même pour un élu locaux, puisqu'on parlait aussi éventuellement des limites de cumul de mandat pour les élus locaux, démonétisaient totalement dans le dernier mandat les élus et leur faisaient perdre aussi une partie de leurs responsabilités. Et donc... Donc, funeste connerie. Funeste connerie ou pas, mais en tout cas, effectivement, moi, je ne suis pas pour le cumul des mandats des élus locaux.
Alors, d'un mot, les Européennes, on connaît la plupart des têtes de liste, mais pas la vôtre. C'est vous qui allez mener le combat ?
On va d'abord suivre notre propre calendrier, parce que je vois bien la tentation de l'extrême droite de nous faire rentrer dans une élection européenne à 8-9 mois de l'échéance et nationaliser le débat. Vous savez, on parle d'Europe une seule fois tous les 5 ans dans une élection qui est l'élection au Parlement européen. Donc, on ne se laisse pas voler cette élection. Moi, je souhaite qu'elle soit sur des thèmes européens. Et notre calendrier, il est plutôt autour de janvier-février qu'autour de septembre-octobre.
donc, je charge à Jordan Bardella de faire la campagne avec Marion Maréchal-Le Pen si elle le souhaite, mais en tout cas, moi, je ne rentrerai pas dans la désignation ni des têtes de liste.
Mais ce sera quand ? On le saura quand ?
Je vous le dis juste, ce qu'on vient de parler sur le glyphosate, le pacte vert, la question du pacte asile-immigration, c'est un travail qu'on doit mener dans les 6 prochains mois au Parlement européen. Donc, on a encore du boulot.
Vous avez du boulot, mais on saura quand ? Est-ce qu'on saura en 2023 qui sera la tête de liste de votre parti ou il faut attendre janvier ?
Il faudra probablement attendre janvier.
Merci Stéphane.
Si vous m'invitez, je reviendrai.
Pour annoncer votre candidature ou annoncer que vous l'êtes tête de liste parce qu'on parle de Thierry Breton, Laurence Boone.
Je vous le dirai à ce moment-là.
Donc, 2024. 2024 Nicolas, janvier 2024. On a pris la date. Merci. Merci.
Stéphane Séjourné