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InterviewFrance Culture (sur YouTube)· 19 mars 2026 26 minComplaisantActualité / polémiqueNumériqueEurope & internationalInstitutions & électionsSécurité

RÉSEAUX SOCIAUX : les discours d’EXTRÊME DROITE favorisés ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    En pleine période électorale, la question de l'influence des algorithmes et des réseaux sociaux sur le débat public ressurgit. Dernièrement, c'est la campagne de la candidate reconquête à la mairie de Paris, Sarah Knafo, qui est soupçonnée d'avoir été poussée par les algorithmes.

  • 2:05OuverteRéponse directe

    Ces vidéos virales de Sarah Knafo durant cette campagne municipale. On a choisi de les faire entendre. Comment analysez-vous ce succès, le nombre de vues qu'elle parvient à obtenir ?

  • 4:10OuverteRéponse directe

    Est-ce que dans ces raisons de succès inorganique, le financement peut aussi rentrer en compte ?

  • 6:10OuverteRéponse directe

    Est-ce que indépendamment de cela, toute chose égale par ailleurs, ces algorithmes favorisent les discours considérés comme radicaux, les discours considérés comme d'extrême droite ?

  • 8:10OuverteRéponse directe

    Est-ce que chaque réseau social a aussi et sa méthode et sa politique dans ce domaine ?

  • 10:10OuverteRéponse directe

    Comment est construit leur algorithme dans leur rapport justement au contenu politique ? Est-ce qui est peut-être plus sain dans ces réseaux ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:50David ChavalariasFait
    « X va favoriser les contenus dit conservateur. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

En pleine période électorale, la question de l'influence des algorithmes et des réseaux sociaux sur le débat public ressurgit. Dernièrement, c'est la campagne de la candidate reconquête à la mairie de Paris, Sarah Knafo qualifié mais qui s'est désisté aujourd'hui avant le second tour, qui est soupçonné d'avoir été poussé par les algorithmes en janvier et en février. Ces publications ont cumulé plus de 24 millions de vues quand celle de Rachidati plafonnait elle à 4,4 millions pour un nombre équivalent d'abonnés.

Alors, ces accusations sont-elles fondées ou ne cachent-elles pas une véritable adhésion à un style et à des idées ? Un invité ce soir, un chercheur même pour nous éclairer, David Chavalarias. Bonsoir.

Bonsoir. Vous êtes directeur de recherche CNRS au centre d'analyse et de mathématiques sociale, directeur par ailleurs de l'Institut des systèmes complexes de Paris et à mes côtés pour m'accompagner dans cette interview, Julien Bisson. Bonsoir Julien.

Bonsoir Quentin. Plaisir renouveler de vous retrouver. vous êtes directeur des rédactions de l'HBdomadaire Le 1.

Merci à vous deux d'être présents ce soir à question du soir. Avec ces 6 millions et demi de visiteurs par an, la tour [musique] Effel est le monument payant le plus visité du monde. En principe, ça devrait apporter une manne considérable à la ville de Paris.

Et bien aussi absurde que ça puisse [musique] paraître, aujourd'hui la tour effel est déficitaire. Quant de femmes ont peur de sortir le soir aujourd'hui en plein cœur de Paris ? Ce n'est pas une fiction, c'est la réalité que vivent des milliers de Parisiennes chaque soir dans notre ville.

Si vous avez des enfants à Paris, vous avez tous vécu ça. Vous cherchez une place en crèche, vous remplissez dossier sur dossier, vous attendez des mois. Cette opacité, c'est exactement ce que la mairie de Paris entretient depuis des années.

Moi, je vais y mettre fin. La technologie est là pour ça. Rendre le service public enfin équitable pour tout le monde, pour vous sans exception.

Trois vidéos virales de Sarah Knafo durant cette campagne municipale. On a choisi de les faire entendre parce que c'est un style particulier, c'est une manière d'écrire très singulière de justement la façon d'écrire ces vidéos. Je regarde depuis mon compte Instagram les vues, j'allais dire de ces vidéos 1,6 million 1,9 million 26400.

C'est absolument considérable l'impact qu'elles ont David Chavalarias. Alors oui, effectivement, on peut avoir des des vidéos comme ce type là qui ont des des diffusions assez importantes qui seraient impensables à l'air près internet et donc on voit bien que ça donne à ceux et celles qui arrivent à faire ce genre de contenu à les pousser. On va voir comment éventuellement à peut-être un avantage dans des campagnes.

Donc on est entre la maîtrise du numérique, l'accompagnement algorithmique et éventuellement des pratiques qui seraient à la limite de la légalité. Mais ça avec des difficultés de l'éprouver. Comment analysez-vous à propos de Sarah Knafo de ses vidéos dessinées par son équipe de campagne durant cette campagne municipale ?

Comment comment comprenez-vous ce succès, le nombre de vues qu'elle parvient à obtenir ? Alors le pour pour si on voulait le l'étudier de manière on va dire rigoureuse, il faudrait avoir accès sur les plateforme où il y a eu ce succès-là à en gros la circulation d'information à au aux comptes qui ont pu interagir avec ça et voir parce que ce qu'il faut bien comprendre c'est que le succès d'une vidéo quelconque hein c'est à la fois le partage organique c'est-à-dire je partage à mes abonnés et puis le relais et puis le partage qui est fait via l'algorithme. C'estàd que la plateforme peut recommander des contenus à des gens qui n'ont rien demandé et leur montrer et après ces contenus peuvent être repartagés.

Et donc arriver à faire la distinction entre ce qui euh relève en fait du partage organique et ce qui relève d'une d'un boost algorithmique. Pour ça, il faut arriver à ouvrir la machine et faire des des audits. Euh et ça euh euh bah par exemple là, on parle de vidéo sur X ou TikTok.

Ce sont deux plateformes qui sont complètement opaques et fermées au chercheurs. Euh X c'est fermé au chercheur avant c'était ouverte. Donc c'est très difficile de départager.

Par contre, ce que l'on peut dire c'est que euh les vidéos, enfin les les vidéos et les contenus là qu'on vient d'entendre sont des contenus qui font appel à l'émotion beaucoup. Donc c'est un style qui font appel aussi à à des des notions de danger, menace sur l'individu. On entendait des cris.

Euh donc on voit bien que euh on est sur un registre euh à la fois émotionnel et euh quelque chose peut vous menacer et moi je vais vous protéger. Une femme qui hurle, ça euh accélère l'algorithme. Bah si vous si c'est pas que ça accélère l'algorithme, c'est que quand vous produisez des contenus qui vont être perçus comme euh "Il y a un danger, informez-vous, moi je vais vous protéger".

On sait que ce genre de contenu, toute chose égale par ailleurs, sont des contenus qui vont générer pas mal de clics parce que on a individuellement et tout et c'est tout et tout, c'est normal euh et c'est ça dépend pas des réseaux sociaux, un biais qui s'appelle le biais de négativité qui fait qu'on a tendance à à interagir à des contenus où on voit qu'il y a une certaine dose de menace à l'intérieur et qu'on veut comprendre pourquoi la menace pourrait être réelle. Et donc, ce sont des contenus qui vont générer donc du clic. Or, les réseaux sociaux depuis quelques années ont des métriques pour booster les contenus, donc pour faire les recommandations inorganiques, donc celles qui vont recommander à d'autres gens indépendamment de les ab des abonnements ou ne pas.

Donc, les réseaux sociaux ont comme métrique l'engagement, c'est-à-dire le nombre de de de clics ou de vues d'un contenu. Donc, c'est-à-dire que si vous créez un contenu très émotionnel qui va faire que beaucoup de vos abonnés vont le vont vont commencer à cliquer dessus, et bien euh c'est ces contenus vont être encore plus relayés de manière inorganique, c'est-à-dire artificielle, on va dire. Julien Bisson, est-ce que dans ces raisons de succès inorganique, le financement peut aussi rentrer en compte ?

Est-ce que l'argent là là aussi dans le sein d'une campagne politique peut-être un outil ? Oui, tout à fait. Alors donc il y a il y a plusieurs manières de de de booster une vidéo, mais il y a aussi alors il y a tout payé payer hein, c'est c'est le modèle des réseaux sociaux he c'est la publicité hein.

Donc c'est de faire de faire en sorte que ils vont pouvoir vous promettre d'atteindre un certain nombre de de de publics en fonction de critères socio-démographiques et vous payez pour ça les publicités politiques y compris les publicités politiques. Donc donc ça c'est possible et les publicités politiques sont interdites en temps en en temps de campagne électorale, mais en fait la notion de qu'est-ce qui est une publicité politique est très très vague et et donc par exemple un candidat qui une vidéo d'un candidat sera considéré comme une publicité politique si c'est un candidat de de du parti. Mais euh si c'est le thème du candidat qui est mis en avant, par exemple la sécurité, bah ça sera pas considéré comme nécessairement comme une publicité politique.

Et puis une autre manière de de booster aussi des vidéos, c'est euh euh le le fait de les de se synchroniser entre militants euh pour euh au même moment liker la vidéo ou la relayer. Et en fait, les algorithmes de de recommandation, donc ceux qui recommandent à ceux qui n'ont rien demandé ce genre de vidéo, euh ils ont des des métriques qui permettent de de détecter quand quelque chose semble être tendance. Et donc on peut tromper l'algorithme en faisant croire que quelque chose est tendance alors que derrière c'est juste 100 personnes qui sont synchronisées pour faire ça.

Et on a pu analyser ça par exemple en 2022. En gros, il y a plusieurs équipes de campagne qui font ça mais l'équipe reconquête donc celle qui va autour de Saraknafo sont les leaders dans ce genre de de démarche. Ils font ça 10 à 100 fois plus souvent que les autres.

Un autre point euh David Chavalas, vous nous avez euh bien expliqué que la manière dont ces vidéos dont les vidéos de Sarah Knafo étaient écrites parce qu'elles instylaient de la sensibilité, de l'émotion, de l'angoisse, de la peur également était favorisé par les algorithmes des réseaux sociaux. Est-ce que indépendamment de cela, toute chose égale par ailleurs, ces algorithmes favorisent les discours considérés comme radicaux, les discours considérés comme d'extrême droite ? Alors, il y a il y a il y a eu il y a eu plusieurs euh mesures qui ont été faites sur différents réseaux.

Encore une fois, c'est toujours assez difficile parce qu'on fait une mesure à un moment donné, on sait pas si ça évolue après. Et puis bon, parce que les algorithmes évoluent, il faut le dire, parce que les algorithmes évoluent et puis parce que euh dans les les grandes plateformes qu'on connaît, donc X, Facebook, LinkedIn, Instagram, tout est fait pour qu'on puisse pas vérifier que il y a pas de biais majeur. Euh donc ce qu'on a pu montrer nous par exemple, c'est que l'algorithme favorise les contenus ditoxiques et négatifs.

Donc typiquement voilà ceux qui qui font appel à à à une certaine de danger de de harcèlement de pornographie. Donc par exemple, il y a une surreprésentation dans les fils d'actualité de 49 % sur X par rapport à ce à quoi vous vous abonnez. Donc ça c'est une première chose.

Et donc on sait que les les partis politiques qui sont aux extrêmes des des spectres politiques ont tendance à s'exprimer suivant cette modalité là et donc du coup ils ont un boost naturel. Donc ça c'est une première chose. La deuxième chose c'est que euh on sait que par exemple là si on c'est une étude qui est sorti récemment sur X.

Euh X va favoriser les contenus dit conservateur. Alors comment savoir quel mécanisme exact, c'est toujours compliqué puisqu'il faudrait avoir accès à l'entraille mais des mesures externes me le montrent et que ça a un impact vraiment sur la formation de l'opinion. Euh et cette cette étude est vraiment très intéressante parce qu'elle a permis à à des elle a demandé à des personnes qui ne suivaient pas l'algorithme de enfin qui ne suivait pas le fil d'actualité algorithmique de X de le suivre pendant cette semaine et ils ont fait l'inverse avec des gens qui suivaient de manière différente et ils ont montré que au bout de cette semaine la ça c'est aux États-Unis hein le fait de de d'adhérer à des thèses des priorités du parti républicain la proportion des des la population qui adhère à des priorités républicaines peut augmenter de l'ordre de 4 % en 7 semaines.

En 7 semaines, ça veut dire que vous prenez un un une population au hasard au hasard qui a donc un certain niveau de support, je sais pas moi 40 % et puis au bout de cette semaine, il s'est passé à 44. Euh et donc ça c'est important parce que euh les priorités, ce que vous jugez prioritaire, bah évidemment ça va influencer votre vote. C'estd que si vous pensez que c'est l'écologie qui est prioritaire, vous avez pas voté pour les mêmes personnes que si vous pensez que c'est l'immigration ou la sécurité.

Et donc ce que l'on voit c'est que des algorithmes tels que ceux que de X peuvent influencer une partie significative la population enfin de la population qui est sur X he euh euh qui en fait de l'ordre de grandeur des des marges qu'il y a dans dans les élections. Sarak Nainfo a a passé le premier tour à moins de 1 %. Euh voilà, vous avez je sais pas combien 100 millions de personnes qui sont sur X.

Donc voilà, ça c'est c'est pas ça qui a fait sa victoire, mais ça a pu lui faire gagner vraiment des choses de de l'ordre de cette marge si jamais l'effet est pareil en France parce que ça c'est une mesure aux États-Unis. Peut-être pas quand même 100 millions de personnes sur X à Paris, mais en tout cas on voit la tendance. Mais mais les carart de info c'est pas 100 millions hein, c'est 1 % sur les Parisiens, c'est pas beaucoup hein.

Julien Bisson, ça c'est la réalité pour X anciennement Twitter. Est-ce que on peut voir des couleurs politiques euh aux différents réseaux sociaux auxquels nous pouvons être abonnés ou est-ce que les logiques sont les mêmes dans tous les réseaux sociaux ? Et est-ce que ça veut dire qu' aussi ce que vous nous dites sur X, il y a une intentionnalité politique ou est-ce que là aussi c'est d'autres logiques ? tous les réseaux sociaux qui utilisent ce qu'on appelle la maximisation de l'engagement, c'està-dire qu'ils essayent de montrer des contenus qui vont générer le plus de clics, on peut montrer que quasiment mécaniquement ça favorise les contenus ditoxiques.

Ça crée un une viralité supplémentaire pour les contenus ditoxiques. Donc ça c'est un truc mécanique par-dessus donc et ceux qui utilisent l'engagement en priori c'est Facebook, Twitter, enfin X, Instagram. Bon euh tous les réseaux n'utilisent pas ça.

Par exemple, si vous êtes sur Blue Sky ou sur Mastodon, il y a d'autres types d'algorithmes. Donc ça c'est une première chose. Euh ensuite si vous voulez le il y a certains réseaux qui manifestement ont une intention d'amplifier certains contenus quand on est sur X.

On parle donc d'Elon Musk. Elon Musk qui a racheté X avec l'intention de faire une guerre culturelle et en disant qu'il voulait en fait gaver les utilisateurs d'une certaine idéologie. Et ce qu'on prend, on a fait les mesures à l'époque, on a vu que par exemple le biais de toxicité augmenté.

Euh Elon Musk par sa personnalité lui-même parce qu'il influence le réseau euh favorise ce genre de contenu. Donc il y a aussi maintenant des des propriétaires de réseau qui explicitement souhaitent favoriser une couleur politique plutôt qu'une autre. La voix du président de la République Emmanuel Macron, il s'exprimait le 29 octobre dernier dans le cadre de la conférence internationale pour l'intégrité de l'information et les médias indépendants.

Aujourd'hui, les plus gros acheteurs de faux comptes de X et compagnie, ce sont les Russes pour venir déstabiliser les démocraties européennes. Formidable cocktail. Et nous, on est au milieu de tout ça.

Alors, on a créé des instruments, on fait tirer les contenus à la main, la pince à épiler, on court après. Mais la mécanique est passée en surmultiplié. On est dans l'ingérance sous stéroïde.

Ce qui a été fait en Roumanie à cet égard et est terrifiant avec une stratégie d'aller chercher des verticaux, de créer des faux comptes, de créer des faux contenus, de créer des faux médias sur la médecine parallèle, la religion, de créer du coup après des candidats qui ont plugué là-dessus et qui ont créé cette cercle vicieux entre de l'IA, des réseaux sociaux et des systèmes d'information complètement fabriqués et ça crée de la viralité et donc de la lésion. Faux contenu, faux médias, dit le président de la République. C'est vrai qu'on se concentre majoritairement dans ce type de discussion, même ici dans ce studio sur ce qu'on appelle très souvent les fausses nouvelles, les fake news.

Est-ce que c'est cela le véritable problème le problème premier de ces réseaux sociaux, c'est la fausseté ou le flou des nouvelles des contenus qui sont poussés sur ces réseaux ? Alors euh les la fausseté est un problème, mais si on suit par exemple, on écoute Steve B ou d'ailleurs d'autres théoriciens euh plutôt du côté de la Russie, euh l'objectif c'est plutôt de créer du flou, de la la désorganisation et la désorientation, hein. Steve Banon, peut rappeler sa citation.

Il disait euh il faut inonder inonder la zone de merde de manière à ce que les gens ne se savent plus qui sont les bonnes sources d'autorité, qui quelles informations sont vraies ou quoi qui croire et quoi penser. Quelle différence alors entre le faux et le flou ? Bah, si vous voulez, le le le faux, c'est vous c'est quelque chose qu'éventuellement vous pouvez prouver vrai et en gros c'est quelque chose qui est factuel.

Le flou, ça va être des choses du genre euh bah si vous attaquez euh euh le enfin c'est le flou déjà, c'est quelque chose qui qui est flou, mais c'est aussi des choses qui ne sont pas forcément un statut vrai faux, hein. Par exemple, si on soutient l'Ukraine, il y a des plein de messages prusses, enfin de de trolls russes dont on vient de parler, Emmanuel Macron, qui vont dire ça va être la troisème guerre nucléaire mondiale et cetera. En fait, on en sait rien.

On sait pas où est la ligne rouge de Vladimir Poutine. On sait pas s'il est prêt à déclencher tout ça. Donc euh même au-delà du de la question du faux contenu, il y a la question des faux comptes qui est mentionné par Emmanuel Macron dans cette interview, c'est-à-dire des une population qui va créer une sorte de champ moyen d'opinion pour faire croire que ou ou biaiser, avoir une représentation du monde biaisée.

Et ça c'est vraiment la première la la le premier but plus que le vrai ou le faux, c'est vraiment de de faire en sorte que les populations s'intéresse plus à tel sujet qu'à tel autre ou pensent que telle chose est plus importante que telle autre. parce que dans les urnes notamment c'est ça et juste je je précise que c'est très intéressant que Emmanuel Macron le dise maintenant parce que ça fait quand même plus de 10 ans que tout le monde alerte sur ces choses-là et que par exemple quand on parle de fermatrol russe he les premières traces officielles on va dire c'est 2013-214 avec l'agence de recherche internet donc on a un certain retard là qu'il faudrait rattraper Julien Bisson ou est-ce que ça veut dire justement quand on parle de nettoyer les réseaux sociaux à la à la pince à épiler que cette régulation des réseaux sociaux qui est annoncé depuis très longtemps par les acteurs politiques reste un mirage. Bah oui, au sens où en fait la l'Union européenne a a produit un certain nombre de textes de loi, notamment ce qu'on appelle le DMA et DSA qui vise à réguler les réseaux sociaux, notamment à assurer le fait qu'on puisse auditer et vérifier qu'il y a pas de biais majeur et pour le moment les réseaux sociaux ne le respectent pas.

Euh et on voit bien que les régulateurs par exemple qui ont fait cette régulation sont interdits de viser aux États-Unis comme c'est par exemple le cas de Thierry Breton. Et en fait ce qui se passe c'est que donc les réseaux sociaux sont une arme d'influence et une arme géopolitique notamment des États-Unis mais aussi de la Chine par exemple avec TikTok que l'Europe a dit bah en fait on va réguler pour se protéger mais que en face depuis que il y a Donald Trump au pouvoir la pression est trop forte. C'est Donald Trump enfin JD Vance avait dit pendant la campagne si vous attaquez à X nous on sort de l'OTAN c'està-dire qu'on met au même niveau les militaires et les réseaux sociaux et et Trump a dit à peu près la même chose on va mettre des droits de douanine et cetera donc en fait la la régulation se heurte à des enjeux géopolitiques assez majeurs et qui avec lesquels il faut faire ça c'est pour la régulation du côté des usagers vous avez cité tout à l'heure des réseaux comme Mastodon comme Blue Sky qui sont censés être plus vertueux moins toxiques.

Pourquoi est-ce que ces réseaux ne décollent pas davantage auprès des usagers ? Alors, ils commencent à décoller mais effectivement on pourrait dire étant donné le danger et ça serait intéressant que ça décolle plus. Alors, il y a plusieurs raisons.

La première, c'est que les réseaux sociaux traditionnels, donc X, Instagram et cetera, sont conçus pour capter leur audience, pour vous garder captif, hein. Sont conçus pour que vous ne puissiez pas aller sur un autre réseau en gardant ce que vous avez construit, c'est-à-dire du social, hein. Vous ne pouvez pas bouger votre communauté sociale facilement à aller sur un autre réseau.

Donc, c'est très très coûteux socialement de projet de réseau social. C'est coûteux socialement parce que réseau social hein, le nom c'est réseau et social. Et donc c'est l'objectif d'un réseau social, c'est de mettre dans le dur vos relations sociales et tellement dans le dur que vous ne pouvez pas les bouger ailleurs.

Alors nous on a il y a des dispositifs qui commencent à arriver qui vous permettent de le faire. Nous on l'a fait par exemple avec Open Portability. Donc c'est un dispositif qui permet de faire ça mais il faut le temps que les gens prennent conscience qu'ils aient conscience qu'il y a un vrai problème.

Puis il y a toujours un risque et puis il y a des campagnes de désinformation. par notre plateforme a été victime de campagne de désinformation qui disait on va vous voulez voler vos données et cetera alors que c'est c'est X qui vole les données enfin d'une certaine manière donc il y a il y a une inertie en fait dans le choix et puis c'est toutes les technologies où en fait le premier arrivé envahit tout hein quand vous avez ce qu'on appelle des externités positives c'estàd plus le réseau est gros plus il est il a de la valeur et bien c'est très difficile d'aller sur un petit réseau même si en grandissant il va aussi devenir avoir de la valeur. Donc voilà, c'est c'est il y a plusieurs raisons mais c'est la principale c'est ça, c'est une espèce d'inertie de la communauté du fait que c'est difficile de bouger une communauté d'un endroit à un autre.

On parle depuis le début de cette discussion David Chavalarias des réseaux sociaux comme s'il s'agissait d'un bloc et notamment de ce lien entre les réseaux sociaux et la politique. Je vais vous faire part d'un d'un sentiment d'usager he vous me direz si j'ai tort ou raison. Lorsque l'on va sur X, on voit énormément de contenus politiques, vous l'avez dit, des contenus notamment qui valorisent les extrêmes du spectre politique.

En revanche, lorsqu'on est sur YouTube, on sait que l'algorithme ne favorise pas les contenus politiques, qui les invisibilise énormément ce qui est par ailleurs. Un autre problème important et significatif. Alors, est-ce que chaque réseau social a aussi et sa méthode et sa politique dans ce domaine ?

Alors bien sûr, il y a différents types de politiques de réseaux sociaux. Euh chaque enfin chaque réseau social a effectivement son algorithme souvent donc secret. On sait qu'il y a des des constantes comme par exemple l'engagement mais après il y a des modulations.

Effectivement, il y a des réseaux sociaux où la la politique est désamplifiée et d'ailleurs donc c'est vrai sur YouTube, c'est vrai que les contenus politiques ont du mal à émerger. Alors ça ça moi je peux j'ai pas de de chiffre ou d'études dessus. Je pense que ça ça il peut y avoir des choses comme ça mais ça je peux pas vous le confirmer.

J'ai pas en tête l'étude correspondante, mais par contre euh c'est sûr que le chaque réseau social a sa couleur en terme de ce qu'il amplifie et ce qu'il désamplifie. Euh mais ce qui est important, c'est que ces ces ces biais ne soient pas sur des dimensions critiques. Donc par exemple, tout à l'heure, on parlait de la toxicité. euh un réseau social qui ferait croire à 500 millions de personnes que le l'environnement est plus hostile qu'il n'est, c'est un problème.

Mais ça serait dans l'autre sens, ça serait aussi un problème. Un réseau social qui dirait tout va bien alors que en fait derrière euh ça toi rien ne marche, ça serait aussi un problème. Donc en fait l'important c'est de s'assurer que les réseaux sociaux n'amplifient pas ou n'invisibilisent pas des catégories de contenu qui sont des catégories problématiques, enfin en tout cas dont on a on a intérêt à ce qu'elles soi diffusées de manière neutre pour l'information, pour une parfaite information.

Et ça en fonction des réseaux, ça peut changer et le c'est qu'on puisse les auditer, c'est-à-dire faire des mesures. Julien Bisson, on a parlé jusqu'ici de très grands réseaux sociaux euh X, Facebook, Instagram, YouTube. Est-ce qu'il y a d'autres réseaux sociaux plus petits, moins connus mais qui façonnent l'opinion aussi ?

Alors, il y a il y a je pense à Redit moi spontanément. Oui oui oui. Alors il y a des a des réseaux moins connus où il y a des communautés très actives.

Redit aussi hein. Alors en fait Redit est au-dessus de X he si on parle de en terme de popularité X est maintenant derrière Redit. On en parle pourtant beaucoup moins.

Non mais parce que oui mais enfin parce que les gens font une fixation sur X et puis que il y a aussi la puissance d'Elon Musk en terme de de communication et marketing mais en fait la la dernière étude médiamétrie a montré que X a perdu des des places dans le classement jusqu'à maintenant à être derrière sorti du top 10. Mais en fait le l'espace numérique il est il est il est divers. Il y a aussi Discord enfin il y a il y a plein de de sous-poches en fait.

Euh euh donc la la multitude des petits réseaux ont un impact, mais ce qui est important c'est que quand un réseau est plus petit, il peut pas avoir un impact systémique. C'estàd qu'il va pas biaiser l'ensemble de la perception de l'ensemble des citoyens. Alors que un Facebook, c'est quand même 3 milliards d'utilisateurs.

Donc en France, je sais pas c'est 50 % ou je sais pas quoi les chiffres exacts, mais c'est c'est une proportion importante des des Français. Donc si Facebook fait une erreur dans son algorithme intentionnel ou pas, ça crée des des désordres. Pareil pour X.

Donc euh donc euh voilà, c'est pour ça que notamment à l'Europe fait une catégorie spécifique pour les très grandes plateformes, ils appellent ça Velops. Euh les plateformes qui ont plus de 45 millions d'utilisateurs en Europe sont soumis à des règles spécifiques justement parce que si jamais elles se trompent ou qu'elle intentionnellement elles biaisent leur algorithme et bien ça ça crée des dégâts au niveau de la démocratie. Vous avez mentionné David Chavalarias deux réseaux plus petits, plus indépendants, Blue Sky et et Mastodon.

Comment est construit leur algorithme dans leur rapport justement au contenu politique ? Est-ce qui est peut-être, mais vous nous le direz, plus sain dans ces réseaux ? Alors en fait, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que euh les réseaux qui sont les réseaux majoritaires aujourd'hui ont été donnés dans les années 2000 en contrepartie de ciblage publicitaire et euh et donc de d'extraction de données des utilisateurs.

Donc c'est un un business model, c'est un modèle économique, c'est un modèle économique très spécifique. Et pour que ce modèle économique marche, bien il faut que vos utilisateurs ne puissent pas partir de votre réseau parce que vous voulez avoir vous vous voulez en avoir le plus possible et vous voulez pas qu'il parte. Donc ça veut dire que en gros on est bloqué sur un réseau depuis une dizaine d'années.

Il y a des nouvelles technologies de réseaux sociaux, donc des des communautés qui ont dit "Comment on pourrait faire des réseaux mieux ?" Et donc c'est on est on est allé sur des des nouvelles manières d'écrire même informatiquement ce que c'est qu'un réseau social. Et euh on a fait des les réseaux que vous mentionnez, Blue Sky, Mastodo.

En fait, c'est pas juste des alternatives à Twitter, ce sont des écosystèmes. C'est-à-dire que c'est euh des endroits où il va y avoir plusieurs types de réseaux différents. Il y a par exemple un équivalent à LinkedIn, un équivalent à Twitter et cetera, mais ils pourront tous se parler entre eux et les gens pourront bouger de l'un à l'autre en emportant leur communauté très facilement.

Donc en fait, c'est euh il y a une nouvelle génération de réseau qui donne plus de de de liberté au aux utilisateurs, à la fois la liberté de choisir où être. Et donc c'est un peu comme pour le téléphone, c'estdire quand vous changez d'opérateur parce que je sais pas il euh les prix sont trop forts, bah vous pouvez changer, vous gardez votre numéro de téléphone. Là normalement dans les réseaux sociaux, vous devriez pouvoir charger changer et garder euh votre identifiant et vos abonnés.

Donc euh il y a des nouvelles conceptions de réseaux sociaux qui permettent ça. Et sur le côté des algorithmes, il y a ce qu'on appelle donc le pluralisme algorithmique. C'estd que normalement normalement vous devriez enfin idéalement vous devriez pouvoir choisir comment vous êtes alimenté en information.

Est-ce que c'est le l'engagement ? Est-ce que c'est les les les postes rares ? Est-ce que c'est les postes de vos amis et cetera ?

Euh les réseaux sociaux traditionnels sont conçus pour vous imposer puisque'en fait ils veulent vous imposer la publicité qui va dedans et donc c'est leur levier pour vous influencer. Les autres réseaux tels que BK Mastodon sont conçus en fait pour vous permettre de choisir et là vous pouvez choisir différentes algorithmes. Donc on est vraiment sur un changement de paradigme complet.

Merci beaucoup David Chevalarias d'avoir ouvert en partie la boîte noire des des algorithmes. Je rappelle que vous êtes directeur de recherche CNRS au centre d'analyse et de mathématiques sociale, directeur de l'Institut des systèmes complexes de Paris. Je me tourne vers vous Julien Bisson.

Si je souhaitais par exemple me procurer le 1 semaine, qui trouverais-je ? Et bien, on passe de la boîte noire à l'or noir. Le pétrole est-il le moteur de la guerre alors que Donald Trump peine à sécuriser le trafic dans le D3 d'Ormous, on se demande quel rôle joue le pétrole dans les conflits contemporains du Venezuela à l'Iran.

Merci beaucoup à vous deux de ces éclairages. Merci également à celles et ceux qui ont pensé cette émission. Bruno Barada, Bert Bourdon, Roden à la réalisation ce soir.

Comme chaque soir, les H racines

RÉSEAUX SOCIAUX : les discours d’EXTRÊME DROITE favorisés ? · Pourquijevote