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InterviewRTL — L'invité de 7h40 (sur Podcast)· 17 avril 2026 9 minComplaisantPortrait personnelJustice

L'énigme Xavier Dupont de Ligonnès "hante" ceux qui s'en approchent : le journaliste Philippe Créhange dit que son enquête l'a fait "cauchemarder"

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:33OuverteRéponse directe

    Bonjour Philippe Créange, vous êtes journaliste, rédacteur en chef adjoint du journal Le Télégramme et vous avez rencontré ceux qui ont été plongés au cœur de cette affaire.

  • 0:49OuverteRéponse partielle

    La vôtre, Philippe Créange, après ces années d'enquête, vous êtes de quel côté ? Ceux qui le croient vivant ou mort ?

  • 1:39OuverteRéponse directe

    Vous allez vous retrouver dans la maison du drame, cette façade qu'on a beaucoup vue à la télévision à l'époque, au 55 boulevard Schumann.

  • 3:03OuverteRéponse directe

    Vous n'avez pas visité dans son intégralité, vous le racontez, ça a suffi à vous happer dans cette histoire ?

  • 3:38OuverteRéponse directe

    Cette maison, c'est aussi un personnage à part entière dans ce drame.

  • 4:14OuverteRéponse directe

    Cette affaire, vous dites qu'elle hante, vous avez d'ailleurs donné ce titre à votre livre, on pourrait la qualifier aussi de radioactive, elle laisse des traces chez tous ceux qui ont été éclaboussés.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Invité politiqueFait
    « Je me refusais de répondre à cette question au démarrage de cette enquête. »
  • 1:00Invité politiqueFait
    « C'est vrai que mon hypothèse première, j'avais été assez convaincu par le livre du psychiatre Daniel Zaguri qui était sorti l'année dernière sur la thèse du suicide. »
  • 1:17Invité politiqueFait
    « en rencontrant toutes ces personnes que vous venez de lister, je me dis que finalement, cet homme, il avait de la ressource en lui, beaucoup de ressources. »
  • 3:56Invité politiqueFait
    « je rappelle d'ailleurs qu'il est présumé innocent, quand même, Xavier Dupont de Ligonnès »
  • 4:00Invité politiqueFait
    « comment un homme seul aurait pu creuser des tombes, il faut appeler un chat un chat, comment il a pu vivre comme ça plusieurs jours, seul, avec des morts. »
  • 5:27Invité politiqueFait
    « Bénédicte s'en va en vacances, et quand elle revient, son amie a disparu, les enfants, cette famille a disparu, et puis, elle apprend, quelques jours après encore, le 21 avril, qu'ils sont retrouvés sous la terrasse. »
  • 6:34Invité politiqueFait
    « c'est l'arme du crime supposée, puisqu'on ne l'a pas retrouvée. »
  • 7:40Invité politiqueFait
    « Disons qu'il ne faut pas l'écarter totalement. »
  • 8:33Invité politiqueFait
    « Je crois sincèrement que peut-être qu'on ne retrouvera pas. »
  • 8:40Invité politiqueFait
    « il faut des preuves de vie ou des preuves de mort pour avancer dans ce dossier. »

Temps de parole

  • Invité politique61 %
  • Présentateur39 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Céline Landreau, RTL Matin. 7h42 sur RTL. Un homme qui s'éloigne de dos sur le parking d'un hôtel du Var. C'était il y a 15 ans, quasiment jour pour jour, le 15 avril 2011. La dernière image que l'on ait de Xavier Dupont de Ligonnès, dernière trace de vie de celui qui est soupçonné d'avoir tué sa femme, Agnès, et leurs quatre enfants quelques jours plus tôt à Nantes. L'affaire XDDL charrie depuis son lot de questions sans réponses et hante ceux qui y ont été confrontés de près ou de loin. Les hantés, justement, c'est le titre de votre livre. Philippe Créange, bonjour. Bonjour.

Vous êtes journaliste, rédacteur en chef adjoint du journal Le Télégramme et vous avez rencontré ceux qui ont été plongés au cœur de cette affaire. Des policiers, des proches, des journalistes qui doivent aujourd'hui vivre avec, avec leurs questions, avec leurs convictions aussi. La vôtre, Philippe Créange, après ces années d'enquête, vous êtes de quel côté ? Ceux qui le croient vivant ou mort ?

0:54
Invité politique

Je me refusais de répondre à cette question au démarrage de cette enquête. Donc, je vais tenter quand même de vous répondre. C'est vrai que mon hypothèse première, j'avais été assez convaincu par le livre du psychiatre Daniel Zaguri qui était sorti l'année dernière sur la thèse du suicide. Un homme endetté avec des problématiques en matière de religion confrontées à des oppositions et familiales. et puis, finalement, en rencontrant toutes ces personnes que vous venez de lister, je me dis que finalement, cet homme, il avait de la ressource en lui, beaucoup de ressources. Il avait une très forte personnalité. Il cachait sans doute des choses de sa vie. On ne sait pas toute sa vie.

Et donc, finalement, peut-être que c'est possible aujourd'hui. Je ne suis plus sûr de rien.

1:39
Présentateur

Philippe Créange, en avril 2011, quand l'affaire éclate à Nantes, vous ne travaillez pas, vous, dessus. Vous allez y venir bien plus tard et par un chemin assez étonnant. Vous allez vous retrouver dans la maison du drame, cette façade qu'on a beaucoup vue à la télévision à l'époque, au 55 boulevard Schumann.

1:54
Invité politique

Oui, c'est par l'intermédiaire de mon épouse, en fait, qui achète un petit meuble sur une plateforme de mise en relation entre particuliers. Et donc, je l'accompagne pour aller chercher ce meuble. Et je me rends compte, sur le moment où je n'avais pas réalisé, que je me retrouve devant le 55 boulevard Schumann à Nantes, cette maison qui a connu un drame terrible il y a 15 ans. Et donc, je reste quelques minutes sur le perron de cette maison. et ces quelques minutes, en fait, ont fait l'effet d'une forme de bombe émotionnelle chez moi. Et je suis sorti de là vraiment bouleversé, il faut dire les choses. Mais je ne me suis pas lancé tout de suite, en fait, dans l'écriture de ce...

Enfin, dans la réalisation de cette enquête d'abord, parce qu'il y a eu tellement de choses, de fait, tellement de choses écrites, tellement de documentaires, de films. Qu'est-ce que moi, j'allais apporter ? Et puis, de fil en aiguille, ma réflexion m'a mené à me dire que, finalement, ce que j'ai vécu, ces quelques minutes vécues sur ce perron, qu'est-ce que ça a dû être pour tous ceux qui ont finalement, vivent avec ça depuis 15 ans ? Et donc, j'ai commencé à rencontrer des témoins.

3:03
Présentateur

Parce que vous, ces quelques minutes passées, dans l'entrée de cette maison, en plus, vous n'avez pas visité dans son intégralité, vous le racontez, ça a suffi à vous happer dans cette histoire ?

3:11
Invité politique

Ça m'a happé, et puis, en fait, c'est le regard aussi de mes collègues de travail, d'amis, quand je racontais cette petite anecdote qui paraît relativement secondaire, et à chaque fois, il y avait une réaction, « Ah, tu es rentré dans la maison du pont de Ligonnès ». Donc, c'est comme ça que, finalement, j'ai plongé totalement dans cette affaire.

3:29
Présentateur

Parce que cette maison, c'est aussi un personnage à part entière dans ce drame. « On sait que tout s'y passe, mais c'est tout ce qu'on sait, ou presque ».

3:38
Invité politique

Ben oui, parce que... Et c'est de la difficulté de cette enquête, c'est qu'il n'y a quasiment aucune trace des meurtres. Les policiers ont passé à la maison au Bluestar, on a retrouvé quelques gouttes de sang, et seulement, on s'interroge comment un homme seul, je rappelle d'ailleurs qu'il est présumé innocent, quand même, Xavier Dupont de Ligonnès, comment un homme seul aurait pu creuser des tombes, il faut appeler un chat un chat, comment il a pu vivre comme ça plusieurs jours, seul, avec des morts. Donc oui, c'est un mystère total, cette maison.

4:14
Présentateur

Cette affaire, vous dites qu'elle hante, vous avez d'ailleurs donné ce titre à votre livre, on pourrait la qualifier aussi de radioactive, elle laisse des traces chez tous ceux qui ont été éclaboussés. Philippe Cussat, qui à l'époque, commissaire centrale en poste à Nantes, parle de blessures invisibles. Vous, ça a pris quelle place dans votre vie, cette quête ? Vous en avez fait des cauchemars, vous le racontez.

4:35
Invité politique

Oui, je pense que c'est valable pour l'ensemble des journalistes qui enquêtent pendant longtemps sur une affaire, et qui plus est, une affaire criminelle. Mais c'est vrai que, chez moi, ce dossier m'a totalement habité, parce que je suis tombé face à des femmes et des hommes qui, 15 ans après, n'ont absolument rien oublié de ce qui s'est passé, de ce qu'ils ont vécu au fil de ces années. On a encore des gens en souffrance, en fait, après toutes ces années. Donc, moi-même, finalement, habité par ce dossier, ben oui, j'en ai rêvé parfois, et même cauchemardé.

5:08
Présentateur

Des gens qui, parfois, n'avaient jamais parlé, 15 ans après, c'est le cas de cette amie d'Agnès, que vous appelez Bénédicte, dans votre livre, qu'on sent encore très traumatisé par ce drame, d'autant qu'elle porte aussi une forme de culpabilité, parce que quelques jours avant le drame, Agnès lui avait proposé de déjeuner rapidement.

5:27
Invité politique

Oui, donc, c'est une amie de 15 ans, elle se voyait régulièrement, elle s'appelait quasiment tous les jours, elle s'échangeait par messagerie, et puis, la semaine du drame, enfin, quelques jours avant, elles avaient décidé de se voir pour un déjeuner à Nantes, parce que ça faisait un petit moment qu'elles ne s'étaient pas vues physiquement, et donc, Bénédicte s'en va en vacances, et quand elle revient, son amie a disparu, les enfants, cette famille a disparu, et puis, elle apprend, quelques jours après encore, le 21 avril, qu'ils sont retrouvés sous la terrasse.

Et elle se dit, aujourd'hui encore, qu'est-ce qu'Agnès aurait pu me dire, elle aurait peut-être pu me donner des indications, finalement, lors de cette déjeuner, sur ce qu'elle vivait, à ce moment précis.

6:12
Présentateur

Il y a ce qu'elle n'a pas pu lui dire, parce que ce déjeuner n'a pas eu lieu, il y a aussi ce qu'elle lui avait dit, elle lui avait notamment parlé de cette carabine que Xavier Dupont-de-Ligonnès avait ramenée de chez son père décédé, quasiment le seul héritage qu'il avait voulu conserver, et ça intriguait un peu Agnès, elle le disait à son amie.

6:28
Invité politique

Ben, complètement.

6:29
Présentateur

On rappelle que cette carabine est l'arme du crime supposée.

6:33
Invité politique

En tout cas, oui, c'est l'arme du crime supposée, puisqu'on ne l'a pas retrouvée. En effet, c'est une vanne de long rifle. Michael Calvi, déjà, qui était un ami du père de Xavier Dupont-de-Ligonnès, avait remarqué la dernière semaine quand Dupont-de-Ligonnès était venu débarrasser l'appartement de son père, qu'il cherchait vraiment cette carabine. Et puis ensuite, c'est Bénédicte qui me le dit. En effet, Agnès, à deux reprises, lui dit, mais tu comprends, pourquoi il a voulu absolument récupérer cette carabine ? Elle ne comprenait pas.

7:06
Présentateur

Vous dites qu'il y a des gens qui sont en souffrance depuis 15 ans avec cette histoire. On vient de parler de Bénédicte, ami d'Agnès. Lui non plus n'avait pas parlé depuis 15 ans. C'est le frère aîné d'Agnès Dupont-de-Ligonnès, Guillaume Abbas-Odanger, qui a pris la parole pour la première fois il y a quelques jours sur France 5 et a lancé cet appel « rends-toi », dit-il, même si lui-même dit que ses convictions sont très mouvantes, qu'il n'est pas du tout certain que Xavier Dupont-de-Ligonnès soit encore en vie. Il y a aussi cet appel à témoins qui a été relancé au Texas il y a quelques jours. La piste américaine, vous y croyez, vous ?

7:40
Invité politique

Disons qu'il ne faut pas l'écarter totalement. Là, on ressort parce qu'il y a un ancien policier de la cybercrime qui est allé aux Etats-Unis et qui a développé une thèse sur un voyage, un vol depuis Nice jusqu'aux Etats-Unis puis au Texas, une région que connaît bien Xavier Dupont-de-Ligonnès et donc il y a en effet cet appel à témoins lancé par le shérif d'Alpine. Mais donc Xavier Dupont-de-Ligonnès il connaît cette région donc il aurait très bien pu se dire que c'est là qu'il aurait pu se réfugier. On l'a annoncé aussi

8:12
Présentateur

en Asie. Non mais c'est ça,

8:13
Invité politique

il y a eu 1800 signes allemands depuis 15 ans, 1800, donc c'est peut-être un de plus qui n'aboutira à rien.

8:19
Présentateur

Il est introuvable et on le voit partout.

8:22
Invité politique

Oui, que vous dire de plus ? Oui, c'est une sorte de mirage.

8:27
Présentateur

Ce sera ça, le mirage Xavier Dupont-de-Ligonnès, vous espérez, vous qui soyez élucidé un jour, vous y croyez ?

8:33
Invité politique

Oui, j'y crois. Je crois sincèrement que peut-être qu'on ne retrouvera pas c'est Xavier Roncin, l'ex-procureur de la République de Nantes qui le dit, il faut des preuves de vie ou des preuves de mort pour avancer dans ce dossier. Je ne sais pas si on en aura ces preuves mais je pense qu'il y a des témoignages qui finiront par émerger et quelques pièces tangibles.

8:49
Présentateur

Merci beaucoup. Les hantés, ils ont été au cœur de l'affaire Xavier Dupont-de-Ligonnès et racontent aux éditions Robert Laffont. Vous y parlez aussi de la dimension religieuse qu'on n'a pas évoquée ce matin mais qui est très importante dans la vie de Xavier Dupont-de-Ligonnès dans sa vie familiale, quasi mystique par moments. C'est donc à lire aux éditions Robert Laffont. Merci beaucoup Philippe Créange d'être venu.