Débat : Pascal Praud face à François Grosdidier, maire de Metz
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
Est-ce que M. le maire de Metz est là, que j'ai qualifié hier de mauvais coucheur ?
- 0:07ComplaisanteRéponse partielle
Bonjour M. le maire ! D'abord, je vous félicite d'être maire de cette ville.
- 0:44RelanceÉludée
Pourquoi pas les bars de nuit, pourquoi pas les restos, et puis on fait des villes aseptisées ?
- 1:27RelanceRéponse directe
Mais enfin ça c'est nouveau, jamais il n'y avait ça dans les boîtes de nuit à Metz.
- 2:20OuverteRéponse partielle
Qui sont ces gens, ces 80 personnes, qui sont dans la rue enivrées ?
- 3:18OuverteRéponse directe
Donc vous avez trois boîtes de nuit, où ça, dans le centre de Metz ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:44PrésentateurFait
« si on enlève les boîtes de nuit, pourquoi pas les bars de nuit, pourquoi pas les restos, et puis on fait des villes aseptisées. »
- 0:50Invité politiqueFait
« Mais il faut toujours éviter de faire des raccourcis comme vous le faites. »
- 1:05Invité politiqueFait
« Des gens qui, à partir de la fin de la soirée et en nuit profonde, présentent de véritables dangers »
- 1:58Invité politiqueChiffre
« Quand, ce week-end dernier encore, j'avais dans une rue où nous avons trois boîtes, 80 personnes enivrées qui cherchaient en découdre que dix policiers municipaux et trois policiers nationaux ne pouvaient maîtriser la situation »
- 3:27PrésentateurFait
« Vous voulez mettre le problème ailleurs. »
- 3:44Invité politiqueFait
« Ce que je souhaiterais, c'est que, comme la loi d'ailleurs le prévoit, mais je conviens que c'est pas facile, normalement, le gérant d'un débit de boisson, d'un café ou d'une boîte ne doit pas servir de l'alcool à quelqu'un qui est déjà enivré. »
- 4:11Invité politiqueFait
« Les activités nuisantes en centre-ville »
- 6:00PrésentateurFait
« Vous allez fermer donc les trois boîtes de nuit ? »
- 7:45Invité politiqueFait
« C'est samedi dernier. C'est tous les week-ends. »
- 9:54Invité politiqueFait
« Un, justement, c'est une boîte de périphérie. »
- 10:03Invité politiqueFait
« Quand on est entre les bagarres entre 4h et 7h du matin, où même les gens qui sortent tôt pour aller aujourd'hui dans des boulangeries ou des pâtisseries, on la trouille et vite »
Temps de parole
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- Présentateur28 %
- Présentateur 27 %
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Est-ce que M. le maire de Metz est là, que j'ai qualifié hier de mauvais coucheur ? M. Gros Didier ! Oui, bonjour ! Bonjour M. le maire ! D'abord, je vous félicite d'être maire de cette merveilleuse et en tout cas belle ville de Metz, dans laquelle je suis allé si souvent voir des matchs de football, notamment au stade Saint-Sinforien. Et je parlais de la place Saint-Jacques, les soirs d'été. Nous allions à l'époque au Rouge, qui était une boîte de nuit, figurez-vous. Et nous allions avec les joueurs de l'équipe de Metz, avec Pouget à l'époque, avec Pascal Pierre.
C'est pas tout à fait en centre-ville, mais dans la ville voisine de Montigny.
Exactement, c'est ce que je disais hier, je crois que c'est à Montigny-les-Messes. Et j'étais un peu colère contre vous, parce que si on enlève les boîtes de nuit, pourquoi pas les bars de nuit, pourquoi pas les restos, et puis on fait des villes aseptisées.
Mais il faut toujours éviter de faire des raccourcis comme vous le faites. Alors expliquez-vous. Justement parce que je veux garder la ville animée, parce que je veux que les gens puissent aller au resto, puissent aller au café, puissent s'amuser, que je ne veux pas qu'ils se sentent menacés, qu'ils soient menacés. Des gens qui, à partir de la fin de la soirée et en nuit profonde, présentent de véritables dangers, parce qu'ils sont parfois à plusieurs dizaines à sortir enivrer, à chercher en découdre et se battre, au péril non seulement des riverains qui n'osent plus sortir de chez eux, mais également, j'allais dire, des clients, des restos qui sortent un peu tard, des bistrots.
Mais enfin ça c'est nouveau, jamais il n'y avait ça dans les boîtes de nuit à Metz.
Mais l'époque a changé, M. Prod, depuis que vous étiez à Metz. Mais c'est-à-dire que, mais c'est quoi, mais qu'est-ce qui se passe, mais qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ? S'il vous plaît, on ne peut pas parler à deux je crois. Donc vous me demandez, vous m'avez reproché quelque chose qui n'est pas justifié, qui était de vouloir une ville aseptisée. Je veux une ville animée, mais où les gens puissent sortir en sécurité. Quand, ce week-end dernier encore, j'avais dans une rue où nous avons trois boîtes, 80 personnes enivrées qui cherchaient en découdre que dix policiers municipaux et trois policiers nationaux ne pouvaient maîtriser la situation, on dépasse tout ce que nous avons connu.
Et ça met justement en péril l'animation de la ville. Donc quand on a des phénomènes qu'on ne connaissait pas il y a quelques années. Bon, et donc, et manifestement, la police nationale... Mais qui sont ces gens, ces 80 personnes ?
Pardonnez-moi M. Grosd, mais je ne comprends pas. Qui sont ces gens, ces 80 personnes, qui sont dans la rue enivrées, mais ils ont quel âge ? Ils viennent d'où ?
Ah ben, ils viennent de notre secteur. Je ne pense pas qu'ils viennent de l'étranger. Je veux dire, on a des boîtes parfois avec des clientèles... Ils ont quel âge ? On a des boîtes avec des clientèles différentes, qui, quand ils sont enivrés, en veine volontiers aux mains, ou simplement des phénomènes de bande qui se créent même spontanément. Ce n'est pas d'abord organisée ou territoriale. Mais à un moment, on a ces phénomènes en sortie de boîte. C'est parce que c'est à l'image de la ville que je n'ai pas voulu diffuser les vidéos que me donnent les gens qui habitent au-dessus. Mais on les a transmis à la préfecture et à l'hôtel de police.
Et d'ailleurs, les policiers nationaux en sont témoins. J'ai les rapports de police municipale qui les disent. Et ça, c'est dans le centre de Metz. Les phénomènes que nous ne connaissions pas et qui mettent en péril l'animation de la ville que nous avons connue, nous la souhaitons.
C'est dans le centre de Metz.
C'est dans le centre de Metz.
Donc vous avez trois boîtes de nuit, où ça, dans le centre de Metz ?
On a trois boîtes de nuit, c'est même un proxy immédiat du palais de justice, si vous voulez savoir.
Et donc ces boîtes-là, vous voulez les mettre ? Alors, vous voulez mettre le problème ailleurs. C'est-à-dire que les mêmes gens qui sont à Vinay et les mêmes boîtes et les mêmes bandes, vous voulez les mettre à l'extérieur pour qu'ils se...
Attendez, attendez. D'abord, un, je préfère qu'elles soient dans une zone non habitée qu'une zone habitée. C'est juste pas compatible avec des zones habitées. Ce que je souhaiterais, c'est que, comme la loi d'ailleurs le prévoit, mais je conviens que c'est pas facile, normalement, le gérant d'un débit de boisson, d'un café ou d'une boîte ne doit pas servir de l'alcool à quelqu'un qui est déjà enivré. Alors, je sais bien qu'on ne peut pas faire d'alcool test au bar, mais on a d'abord ce problème de respect de la loi. Et s'ils ne peuvent pas, eh bien, on ne peut pas avoir ce type d'activité.
J'entends bien, mais vous allez fermer donc les trois boîtes de nuit ? Vous allez les fermer, ces trois boîtes ?
Effectivement, ça doit être... Les activités nuisantes en centre-ville, Alors, elles sont portées, c'est l'hérit. Vous-même, vous n'accepteriez pas d'habiter, comme d'autres, au-dessus d'une boîte dans laquelle toute la nuit... Si c'est tous les soirs, oui, si ça arrive une fois de temps en temps...
Monsieur Grondidier, moi, d'abord, je suis surpris de ce que vous me dites, effectivement, parce que si...
Écoutez, c'est la réalité, il faut être... Avant de juger... Je me demande si vous ne forcez pas un peu... Nous, nous sommes dans une réalité que vous ne connaissez pas.
Je me demande si vous ne forcez pas un peu le trait. Non, pas du tout. Bon, mais enfin, je vous fais confiance.
Je vous viendrai voir, je peux vous envoyer à titre confidentiel les vidéos, parce que je ne sais pas si légalement on peut les diffuser. Monsieur Grondidier... Je pourrais vous envoyer les rapports de police. Monsieur Grondidier, si c'est arrivé une fois... Quand on est maire, on n'invente pas les problèmes. On gère les problèmes qui...
Quand on est maire, on fait parfois de la com, comme tout le monde.
Je me demande de la ville, de devoir m'exprimer sur ces phénomènes, mais puisque vous m'amenez à le faire, je dois me justifier. Monsieur Grondidier... Ce n'est pas du fantasme, c'est de la réalité. J'entends bien, mais si vous parlez tout le temps, je ne peux pas vous interroger. C'est une sortie de voie qu'on ne connaissait pas.
Si vous parlez tout le temps, je ne peux pas vous interroger. Si c'est arrivé une fois...
Ben oui, mais laissez-moi faire les réponses. Et ne mettez pas systématiquement en doute les réponses.
Si c'est arrivé une fois, si c'est arrivé une fois, ce n'est pas la même chose que si ça arrive tous les soirs.
C'est un répétitif, mais est-ce que vous voulez bien considérer... Mais je n'ai jamais entendu parler de ça.
On a Dimitri Ramelot qui est à Metz, jamais personne ne nous a parlé de ça. Donc je veux bien que la ville de Metz soit à feu et à sang tous les vendredis et tous les samedis soirs, et qu'il y ait 80 personnes qui se battent matin et soir, mais j'en suis un peu étonné.
Il y a un collectif qui s'est constitué, que votre journaliste aille interroger les membres de ce collectif. Eh bien, c'est très bien. Qui montreront les vidéos. J'entends bien, vous allez... Mais j'entends bien, j'entends bien.
Vous allez faire plaisir aux gens qui sont peut-être des mauvais coucheurs. J'entends bien. Mais ce que je veux savoir, vous allez les fermer les boîtes de nuit ou pas ?
Mais d'abord, c'est la compétence du préfet. Quand un débit de boisson, quel qu'il soit, génère des troubles de ce type, il s'expose à des fermetures administratives qui peuvent être temporaires ou définitives. Et ça peut aller de façon graduelle. Bon, à ce moment-là, et si l'établissement n'est pas capable de tenir son public, de ne pas générer ce propre trouble, c'est à lui de décider à ce moment-là de s'installer ailleurs. Mais il n'est pas acceptable...
Dans toutes les villes de France, il y a des boîtes de nuit...
Il n'est pas acceptable d'avoir 80 personnes qui veulent en découdre...
Oui, enfin, ça a dû arriver une fois, M. Gros Didier.
...en plein cœur de ville, et c'est la réalité établie par de la vidéo et par des rapports de police.
Il est possible que ce soit arrivé...
Vous pouvez la mettre en cause... Mais jamais pas en cause, je dis que c'est peut-être arrivé une fois et que vous l'instrumentalisez. ... de répondre aux problèmes tels qu'ils se posent.
Vous avez envie de faire plaisir à votre électorat, pourquoi pas ?
Mais mon électorat, c'est tous les médecins. Eh bien, demandez... Écoutez, faire plaisir, ce terme, est inacceptable. Le maire est là pour assurer la tranquillité publique. Est-ce qu'on a le droit de vivre dans une rue en pouvant dormir, ou simplement de ne pas être réveillé par des bagarres ? Mais cette boîte, elle existe depuis combien de temps ? De ne pas ouvrir sa fenêtre en voyant une flaque de sang, comme l'ont vu. Enfin, est-ce que vous accepteriez ça vous-même ? Est-ce qu'il n'est pas légitime pour un maire de vouloir... C'est pas faire plaisir, dit de façon péjorative... Mais c'est arrivé combien de fois ? C'est arrivé combien de fois ?
C'est arrivé combien de fois ?
Mais ça arrive de façon répétitive. Mais quand la dernière fois ?
C'est arrivé quand la dernière fois ? Quand ? Est-ce que c'est arrivé hier soir ? C'est arrivé vendredi, samedi ? Monsieur Grosdillier, est-ce que c'est arrivé samedi ? Il y a des plaintes ? Il y a des plaintes samedi ? Par exemple, samedi, il y a eu quelque chose ? Oui, samedi dernier, oui. D'accord. Je vous cite,
c'est samedi dernier. C'est tous les week-ends.
Bon, écoutez, si c'est tous les week-ends, que les gens se battent dans votre ville,
effectivement, si... Et pensant que pour on ne sait quelle raison, on travestirait la réalité, on prendrait des mesures disproportionnelles. Je vous donnais pour faire plaisir à une minorité. Ce n'est pas le cas.
Bon, alors j'imagine que tous les maires de France doivent vous écouter. Ils ont tous des boîtes de nuit dans les centres-villes. Mais il n'y a qu'à messe, où les gens se battent la nuit et sont sous.
D'abord, il y a aujourd'hui même des problèmes à Dijon. Je veux dire, ou le dit-on. Alors, peut-être pas de la même proportion. On a sur un petit endroit une concentration de trois boîtes. Quand on n'en a qu'une, on a moins de problèmes. On a beaucoup plus de problèmes ces derniers temps qu'on en avait il y a quelques années. J'entends ce que vous dites. Alors, Rodolphe est là... Je n'ai pas compté les boîtes de Metz. On n'avait jamais ce genre de problème. On en entend. On avait parfois quelques gens enivrés qui pouvaient se battre. On n'a jamais eu ce phénomène de regroupement et de bagarre rangée. Eh bien, j'entends ce que vous dites. Il y avait des conditions écrasées.
J'entends ce que vous dites, monsieur le maire. Je n'ai rien contre vous. J'entends ce que vous dites. Mais Rodolphe est gérant d'une boîte de nuit à Metz, précisément. Mais pas dans le centre-ville, Rodolphe. Vous m'entendez, Rodolphe ? Oui, je vous entends. Vous êtes où, Rodolphe ? Donc, nous, on se trouve dans la Zagdonie. On est en discothèque en extérieur du centre-ville de Metz. Bon, est-ce que vous avez entendu ces problèmes dont parle monsieur Gros Didier, ces problèmes XXL de bagarre, de Jean-Avinet dans le centre-ville de Metz ? On en a entendu parler, forcément.
Mais en fait, aujourd'hui, ce qui se passe souvent dans les rues de toutes les villes de France, ce n'est pas forcément la clientèle. Il y a la clientèle des discothèques qui sort, effectivement. Mais souvent, c'est une clientèle qui traîne dans les rues. Souvent, les bagarres ont lieu avec des gens qui sont extérieurs à l'établissement, qui ne sont même pas rentrés à l'intérieur. C'est seulement la délinquance des gens qui traînent dans les rues et qui viennent là pour venir embêter le monde, essayer d'attraper une demoiselle, draguer une demoiselle un peu, ça devient un peu virulent. Et forcément, ça peut créer des incidents, c'est vrai.
Mais la discothèque en elle-même, il ne se passe rien à l'intérieur. Tout ce qui se passe dans la rue, c'est compliqué. Ce qui se passe à 500 mètres de notre établissement. Alors, ça veut dire qu'aujourd'hui, la responsabilité des gérants d'établissement est jusqu'à ce que les gens soient dans leur lit. Monsieur Gros Didier, est-ce que vous entendez cet argument ?
Un, justement, c'est une boîte de périphérie. Deuxièmement, si on prend la rue Poncelet à Metz, où nous avons la concentration de trois boîtes. Quand on est entre les bagarres entre 4h et 7h du matin, où même les gens qui sortent tôt pour aller aujourd'hui dans des boulangeries ou des pâtisseries, on la trouille et vite, c'est le fait de ceux qui sortent de la boîte. On n'a pas ce même phénomène trois rues plus loin. À un moment, on peut chercher à éluder les responsabilités. Moi, je veux que chacun l'assume. J'assume la mienne, vous me le reprochez. Ah non, je ne vous reproche pas.
Je suis dans mon rôle de vous provoquer un peu, ce qui est bien normal. Non, mais attendez,
vous expliquez que je survoue. Je ne survoue pas. Je suis même navré. Excusez-moi. Je préférais que vous m'invitiez pour parler du marché de Noël, de notre festival Constellation, de cette ville, comme vous l'avez dit, qui est formidable et qui se trouve souvent à tort une réputation de ville un peu grise. Ah non, non, c'est une ville superbe. J'aimerais pouvoir parler de la beauté de cette ville. Je suis d'accord. Tout ce qui se passe le jour et le soir qui est merveilleux. Vous en parlerez après la pause, mais je suis obligé de vous couper. Si je ne vous coupe pas,
vous parlez tout le temps. Donc, je vous coupe. À tout de suite. Pardonnez-moi.
François Grosdidier