Jean d'Ormesson : portrait d’un flamboyant directeur du «Figaro»
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Le Figaro est une grande et vieille institution, rien ne vieillit comme les institutions et je crois, [musique] sans vouloir céder à la mode, qu'il faut de temps en temps donner un coup de plumeau et rajeunir et renouveler la formule. [musique] S'il ne fut directeur du Figaro que durant 3 ans pendant les années 1970, Jean d'Ormesson a été l'incarnation du journal jusqu'à ses derniers jours. L'histoire commence dès sa naissance [musique] le 16 juin 1925, annoncée 5 jours plus tard dans le carnet du jour du Figaro.
Brillant normalien, devenu écrivain et chroniqueur dans la revue Art, Jean d'Ormesson est d'abord sur la liste noire du journal pour avoir écrit de Pierre Brisson, [musique] alors directeur du quotidien Il y a tout de même une justice. On ne peut pas être directeur du Figaro et avoir du talent. En 1971, son roman La Gloire de l'Empire a été un triomphe. 3 ans plus tard, il publie Au plaisir de Dieu.
Il est la nouvelle coqueluche du milieu littéraire. Or, voilà que Jean Prouvost, alors propriétaire du Figaro, le consulte pour lui proposer de relancer le journal. L'écrivain accepte à la condition que Raymond Aron ne veuille pas le poste.
Bientôt, l'affaire est faite. Jean d'Ormesson, qui vient d'être élu à l'Académie, grimpe la plus haute marche du journalisme. [musique] Il n'a pas 50 ans et le voilà roi de Paris. "Jean d'Orme n'avait aucune expérience [musique] de ce qu'est le journalisme", disait son ami l'écrivain Jean-Marie Rouart.
En effet, l'académicien imagine qu'un directeur de journal est un monarque auquel on obéit avec déférence. Et très vite, il déchante. Paul Morand, l'écrivain, raconte dans son journal le dépit du jeune directeur.
Ils sont 350 à ne rien faire, à n'avoir aucun talent et à se mettre en grève dès qu'on veut s'en débarrasser. En juin 1977, après 3 ans à la tête du journal et des tensions de plus en plus fréquentes avec le nouvel [musique] actionnaire Robert Hersant, Jean d'Ormesson et Raymond Aron quittent le Figaro. Enfin sorti du tunnel directorial, Jean d'Ormesson écrit des romans mais très vite, en moins d'un an, il retourne au Figaro pour y publier des articles.
Jean d'Ormesson avait comme sujet de prédilection, bien sûr, la politique. Mais euh il intervenait sur toutes sortes de sujets, la littérature, naturellement. Jean d'Ormesson, c'était un grand charmeur. [musique] C'était un homme délicieux, délicat, qui n'aimait pas faire de la peine à son interlocuteur, qui voulait toujours être obligeant, qui avait envie d'être aimé aussi par tout le monde, qui n'en faisait pas mystère.
Ces traits de caractère, ils se retrouvaient dans son dans son écriture. Sinon, c'était une écriture assez simple, euh soignée, le désir de de de clarté française [musique] qu'il y avait chez lui, le désir de plaire se retrouvait jusque dans les manuscrits, puisque nous exposons sept manuscrits inédits de Jean d'Ormesson. Et ce que ce qui me frappe, c'est qu'ils sont extrêmement lisibles.
En 2017, le voilà boulevard Haussmann, au siège du Figaro, en train de diriger, pour un jour exceptionnel, [musique] la conférence de rédaction. Est-ce qu'on peut faire du journalisme ailleurs qu'au ? Ah oui, c'est une question qu'on se pose.
En mai 2017, quelques mois avant sa disparition, [musique] Jean d'Ormesson est l'invité des rencontres du Figaro.