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interviewLCP (sur YouTube)· 9 avril 2025 61 min

Violences sexuelles dans le cinéma, clap de fin ? | Légi'Stream - 09/04/2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Salut tout le monde, j'espère que vous allez bien. Bienvenue dans les G stream, on est de retour, on est très heureux de vous retrouver avec moi cette semaine sur le plateau, il y a Fanny. Salut Fanny.

Salut. Bonjour à tous. Et on est avec Antonin.

Salut Antonin. Salut Mael. Euh alors, programme chargé cette semaine puisque on va parler du rapport sur les violences dans les milieux culturels, des défaillances euh de la protection de l'enfance et de la commission d'enquête sur les violences dans les établissements scolaires.

Programme léger hein cette semaine, n'est-ce pas ? On va en parler tout de suite avec notre première invitée Erwan Balanan. Bonjour.

Bonjour. Merci beaucoup d'être dans les Gream. Vous êtes député les démocrates du Finistère.

Vous êtes membre de la commission des affaires culturelles et de l'éducation et vous présentez euh aujourd'hui votre rapport le rapport d'une commission d'enquête de plusieurs mois sur les violences dans les milieux du cinéma, de l'audiovisuel et d'autres milieux de la culture. Euh donc voilà, le cadre est posé et donc pour commencer, dites-nous un peu comment vous avez ressenti tous ces mois d'audition qui étaient quand même assez chargés en émotion. Ouais. chargé en émotion effectivement ça pas été toujours très simple parce que on a eu on a reçu des témoignages forts qui sont les témoignages souvent d'une vie d'une vie de passion de l'art que les personnes exercent que ça soit dans le cinéma, la musique, le spectacle vivant mais aussi chargé de de souffrance pour pour certains et certaines et on a vu des techniciens des techniciennes, décoratrices, décorateurs, enfin tout t tous les corps de métier de cette grande famille, du cinéma, du spectacle vivant et beaucoup nous ont raconté ce qu'ils ont et ce qu'elles ont vécu pendant pendant ces pendant leur leur carrière et et on a vu certains qui certaines qui durant toute cette carrière ont subi mais ont tenu et des grandes comédiennes, c'est ce qui m'a surpris, les grandes comédiennes françaises nous ont raconté en réalité la même chose que les comédiennes débutantes d'aujourd'hui et ça ça nous posait quelques questions quand même sur l'état un peu systémique de ces violences sexistes et sexuel.

Vous décrivez une machine à broyer des talents. Pourquoi est-ce que vous dites ça ? Bah parce que parce qu'on parce que c'est c'est la réalité. on a été confronté à des personnalités passionnées par leur métier qui avaient cette cette tension forte d'être acteur, d'être musicien et pour certains qui ont été broyés par euh par le système par ce système.

Alors, c'est pas un système euh foncièrement mauvais. Euh il est dur, il est violent, mais il est comme ça parce qu'il reflète l'état de la société. Et et c'est ça que moi je sur lequel je veux vraiment appuyer, c'est que euh les les champs de notre commission d'enquête, le cinéma, la culture, en réalité c'est comme dans notre société, ça reste sexiste, ça reste un lieu où il y a trop de violence sexuelle et ça reste un lieu avec un héritage patriarcal très puissant.

Et donc dans le cinéma, c'est la société avec en plus des facteurs aggravants et c'est ces facteurs aggravants amplifiants que l'on a analysé dans la commission. On a beaucoup suivi en plus les les toutes ces auditions sur LCP. Euh parmi ces auditions, il y avait des actrices et des acteurs qui dressent en fait dans leurs auditions des vraies listes de de faits de violence.

On a vraiment l'impression que sur chaque tournage quasiment il se passe un truc. Non non, on peut pas euh on peut pas euh on peut pas dire ça parce que c'est c'est pas dans chaque sur chaque tournage euh mais c'est fréquent et c'est durant la vie de d'un artiste, c'est euh ça a été quasiment pour tout le monde à un moment donné, en tout cas pour les femmes. Et on a bien vu la différence entre les hommes et les femmes.

Les hommes nous nous les hommes ne nous disent pas exactement la même chose. on pourrait y revenir mais c'est pas non plus tous les films et ce milieu, faut quand même le dire aussi a pris conscience en partie de ses responsabilités mais pas suffisamment. Elle a pris conscience je pense mais peut-être pas suffisamment de la mesure.

Et c'est pour ça que ce rapport est utile, c'est qu'il pose les choses sur la table et plus personne ne pourra dire qu'il ignorait aujourd'hui. Parce que nous on a rien inventé hein. On n pas fait œuvre de fiction.

On a juste repris des témoignages, on a fait beaucoup d'auditions, hein, plus d'une centaine, euh 400 personnes et on a reçu aussi beaucoup de témoignages écrits euh des centaines. Justement, vous le saviez avant de faire cette enquête-là que ça allait être aussi euh dense tout ce qui allait être énoncé par les différentes auditions. Si si on s'est lancé dans la commission d'enquête, alors c'est euh après les prises de paroles fortes de Judith Godche euh avec pour la première commission d'enquête euh ma collègue euh Francesca Pasquini, euh c'est parce qu'on se doutait d'un certain nombre de choses et que c'est plus grave que ce que ce que vous imaginez.

Mais avant avant qu'on se dise que c'était plus grave, moi je me suis rendu compte que c'est pas la première fois et moi qui connais un petit peu ce monde et et comme vous qui suivez qui suit cette actualité, je me suis souvenu d'Adel. Il y a eu un moment Adel etel terrible où elle a révélé un certain nombre de choses et puis il y a eu des mesures mais on peut pas dire que que tout a été solutionné. Et avant Adelle Enel, vous avez eu Noémie Cochet qui était une actrice courageuse qui avait dénoncé Bisseau et qui avait gagné son procès face à monsieur Brissu.

Vous avez, je vais pas toutes les citer mais on savait qu'il y avait quelque chose mais j'avoue que le côté en réalité ce sexisme si l'attend euh et cette voilà ce cette machine à broyer des talents, comme je dis, je ne l'imaginais pas être aussi terrible en fait. Vous dites que le milieu de la culture du cinéma a a pris conscience de du phénomène. C'est-à-dire est-ce que ça veut dire qu'il a commencé à agir ?

Oui. Oui. Il a commencé à agir.

Il a commencé à agir en fait à la suite de 2017 et euh de Mitou. Hm. Euh, il y a eu des choses qui sont des bonnes choses.

Il y a même par exemple euh le le l'obligation pour tous les producteurs aujourd'hui d'être formé et de suivre une formation sur les violences sexistes et sexuelles et ça ça a été mis en mis en place par le CNC, donc le centre national de la cinématographie et ça va dans le bon sens. Et récemment, ils ont même rendu obligatoires ces formations avant chaque tournage. Chaque tournage qui touche une subvention du CNC doit mettre en place une formation, une formation à double niveau en en en numérique, une formation sur internet et une formation en présentiel.

Et si vous n'avez pas fait la formation, si vous ne faites pas la formation, le la production ne touche pas les les les subventions du CNC qui sont des subventions importantes. Concrètement, pardon. Qu'est-ce qu'il y a dans ces formations ?

Qu'est-ce qu'on apprend ? Enfin, c'est des cours, c'est des cas pratiques. Alors, oui, oui, exactement.

Alors, nous, on a on a été on a été assisté à une formation sur un début de tournage, un film qui qui allait commencer et donc on a été à cette formation et donc moi j'ai discuté avec les personnes qui qui suivaient la enfin qui faisaient la formation et puis aussi les personnes qui étaient là. Ils ont eu euh un tout un tas de questions de fiches à apprendre via une plateforme, via une sorte de mou et ils ont dû valider euh ces questions. Ces questions leur ces validations leur permettaient d'avoir un badge et ce badge après leur permettait d'affaire la deuxième partie de la la de la formation et qui est une qui était une formation sur effectivement vous avez raison des cas pratiques.

Il y avait trois ateliers, trois cas pratiques et chacun a pu discuter de comment il voyait les choses et on voyait bien qu'un certain nombre de personnes avaient appris des choses grâce aux formations qu'ils avaient reçu. Donc ça ça va dans le bon sens mais il faut l'amplifier et ça ne suffira pas hélas pour révolutionner ce ce monde où il y a une tension un peu latente sexiste et sexuelle. Je vous transmets juste une question qui est posée dans le chat par quelqu'un qui demande pourquoi est-ce que certains acteurs ont demandé un h clos qui ajoute des choses à caché pour question.

Non non pas du tout de choses à cacher parce que c'était à h closer-rendus sont complètement disponibles et l'intégralité de ce qu'ils ont dit est écrit et donc ils peuvent aller les voir. Pourquoi eux ont eu un H clos ? Tout simplement parce qu'on a fait parallelisme des formes avec un certain nombre d'actrices qui avaient demand des des auditions à H clos.

Vous avez des actrices euh on va dire les actrices bankable comme les hommes bankable de ce milieu avaient demandé un h clos à partir du moment où on l'avait accepté pour les femmes. Je pense que parallélisme des formes, on pouvait l'accepter par les hommes. Mais moi, je regrette parce que euh c'était très très intéressant et d'ailleurs on peut le lire donc heureusement.

Mais j'aurais j'aurais bien aimé que ça puisse être filmé parce que en réalité ça disait beaucoup de d'un des chantiers que l'on a et c'est un homme qui le dit, c'est que nous avons été élevés dans une culture sexiste, une culture patriarcale. Même si moi j'ai eu la chance d'avoir une maman qui était très féministe. On a quand même un un relatar et et nous les hommes, nous devons nous remettre en cause.

Moi, j'ai eu des parfois des attitudes un peu lourdes avec des femmes et il faut je pense le l'admettre, mais on n'est pas là pour parler de moi et je pense que c'est ces acteurs l'ont dit aussi et c'est un début et c'est une solution pour en sortir de cette culture patriarcale. Justement dans cette remise en cause, est-ce qu'il y a des témoignages qui vous ont marqué ? Je pense un témoignage en particulier Dominique Besnear qui s'est exprimé, qui a fait qui a fait beaucoup de bruit.

Est-ce que vous ça vous a marqué ce ce témoignage Moi, j'avoue que ça m'a un peu agacé ce témoignage. pas par rapport à ce qu'il a dit non plus, mais parce que je me suis dit "Oh là là, c'est encore quand il y a une grande personnalité qui dit des choses que qu'on parle de cette commission d'enquête et j'avais trouvé que jusqu'à maintenant on parlait peu de cette commission d'enquête et qu'on en parlait que quand il y avait soit des acteurs qui venaient des acteurs célèbres, soit quand vous aviez une personnalité importante mais de l'ancien monde en réalité parce que monsieur Bnard est est un peu de l'ancien monde. Il a été agent, il a fait tous les métiers en réalité du du cinéma.

Il a été agent, il a été directeur de casting, il a été il est producteur aujourd'hui. Bon voilà euh on voyait bien que ce heurtait là deux visions du du monde et c'est aussi peut-être ce qui est encourageant, c'est que il y a eu une forte comment dire ça été très éruptif ce qu'il a dit. On a bien vu que les gens étaient un peu un peu interloqués.

Donc ça c'est quand même des signes que les choses changent. Euh oui, justement euh euh puisqu'on en parle, Dominique Bessnard, il se revendiquait lui-même de l'ancien monde. Euh est-ce que vous vous avez ressenti vous avez le sentiment qu'il existe bel et bien cette cet ancien monde qui presque verrait pas le problème aujourd'hui.

Enfin, vous comprendrez pas euh ce qui se passe. Oui. Oui, il y a encore des il y a encore des des bah il y a déjà de toute façon des relans sexistes sexuels, des relans de conserver cette culture patriarcale.

Oui, cette société patriarcale. Mais mais Beséar est assez particulier parce que euh voilà, c'est c'est quelqu'un qui qui a sa personnalité, qui a sans doute beaucoup compté dans le cinéma, qui compte peut-être un peu moins, je sais pas, je voilà. Mais je je crois qu'il faut pas s'arrêter à ce genre de de de témoignage qui qui était euh qui était comment dire un peu caricatural, je trouve. la majorité ceux qui ont été interrogés euh les hommes interrogés qui auront pu avoir des comportements problématiques ont reconnu euh et leur comportement ont dit bah voilà effectivement j'ai vu d'autres hommes aussi avoir des comportements et globalement il y avait une démarche positive là-dedans.

Ouais mais on est loin de la grande révolution encore hein. Il va falloir continuer hein. C'est c'est pas c'est pas gagné encore.

Justement comment on peut s'assurer ? Effectivement il y a des il y a des hommes qui ont dit "Oui effectivement j'ai eu des comportements lourds et cetera. On a vu les contrer-rendus, je pense agent du jardin et autres Gill Lelouche.

Mais comment on peut être sûr qu'en fait c'est pas simplement euh vers le dos rond en attendant que la crise passe et que des choses vont vraiment être faites actées et cetera et et quelle chose pourrait-il faire dans ce cas ? Ouais mais vous avez entièrement raison. Alors déjà vous avez raison.

Moi je je la pire des déceptions pour moi serait de décevoir les gens que nous avons auditionné. Ça serait pour moi une tristesse infinie. Donc à nous de faire le travail, mais moi mes collègues députés de la commission d'enquête, on va pas tout porter tout seul hein.

Et donc c'est pour ça que moi le rapport, je le pose sur la table. Je le pose sur la table de de je le mets je le mets à l'agenda, j'ai envie de dire. C'est à vous monde du cinéma, monde du spectacle vivant, monde de la mode, de la publicité, de l'audiovisuel, de vous en saisir, d'expertiser ce que l'on a écrit parce que nous on n'est pas omniscient et peut-être que certaines appréciations ne sont pas exactement les bonnes.

Donc d'expertiser et de faire en sorte que un certain nombre de choses changent parce que un certain nombre de choses doivent changer. Effectivement, la seule prise de conscience des hommes ne suffira pas. Il y aura aussi il y a aussi des des des avancées à avoir, mais euh j'ai j'ai vu rapidement là à Nou Grinbert qui qui disait que les lois serviront à rien si les hommes ne changent pas.

Je pense qu'elle a raison aussi, mais les lois peuvent faire changer. On l'a vu sur un certain nombre de sujets. Vous savez, moi j'ai c'est moi qui ai porté euh avec quatre autres collègues dans la mandature, la première ma première 2017, l'écriture de l'outrage sexiste et sexuel visant à à à qui visait le le harcèlement de rue.

Bon, sur ce sujet, je crois qu'on a abaissé le seuil de tolérance et on a mis le premier interdit, l'outrage sexiste et sexuel et le premier niveau des violences sexistes. Bon, je pense qu'on a fait uvre utile, mais il faut continuer, ça suffira pas évidemment. Et justement, est-ce que les autres députés, ceux qui n'étaient pas dans votre commission, sont prêts à aller plus loin ?

Est-ce que c'est un sujet qui les touche ? Est-ce qu'ils ont pris la mesure du problème ? Parce qu'on parlait du monde du cinéma, mais effectivement sans la loi globalement pas grandchose.

Oui. Mais sans la loi, sans l'ensemble de la société, c'est l'ensemble de la société sur ce sujet qui doit avancer. Alors ce qui m'inquiète, c'est que j'ai quand même l'impression qu'on n'est pas dans un moment au niveau international très favorable à on a quand même un peu l'impression qu'on est dans dans quelque chose qui est de l'ordre du du backlash quand l'ambassade américaine en France demande à aux entreprises françaises qui ont des politiques de diversité, des politiques d'inclusion, de savoir si elles les ont parce que si elles les ont, elles seront plus soumises au marché amér américain.

Voyez un peu la puissance du truc. Quand vous avez 181 députés la semaine début de semaine qui ne votent pas une avancée majeure sur la parité dans les élections municipales pour les communes de moins de moins de 1000 habitants, vous voyez bien que c'est pas gagné encore. C'est pas gagné.

Donc c'est pour ça qu'il va falloir qu'on continue à à se bagarrer. En parlant un peu ancien monde, est-ce que vous avez senti que il y avait un peu je dirait le l'ombre de Gérard de Pardieu puisqueen plus c'est dans l'actualité qui planait un peu sur sur les auditions sur toutes les discussions qu'il y a eu ? Alors en réalité, moi j'ai j'ai souhaité et on en avait discuté avec Sandrine Rousseau.

Moi j'ai souhaité que justement on essaie de d'éluder ces affaires de ces grandes affaires pour aller au cœur du système. Certaines sont encore en train d' et c'est alors en plus et en plus en plus c'est celle de Gérard Pardieu mais celle aussi de PPDA et celle d'autres. c'est il y a des affaires judiciaires en cours et une commission d'enquête n'a pas vocation à aller sur le terrain judiciaire et nous n'avons pas été sur le terrain judiciaire.

On nous a même parfois reproché de ne pas suffisamment interroger des personnes qui étaient qui étaient présentes. Mais nous sommes restés dans notre rôle et je pense que en restant dans notre rôle, on a aussi fait quand même œuvre utile. Très concrètement sur les propositions de loi qui vont être faites éventuellement.

Vous avez des idées déjà des pistes de se dire bah il faudrait ça plutôt ça. Oui. Alors il il y a beaucoup he il y a 86 propositions.

Je l'ai dit beaucoup d'entre elles sont des propositions d'ordre euh j'ai envie de dire de de prise en compte de la réalité de la situation par les par les acteurs. Enfin quand je dis les acteurs, c'est par la filière. Euh d'autres sont du pouvoir réglementaire, d'autres appartiennent aux conventions collectives.

Donc les conventions collectives du monde du cinéma vont devoir évoluer et elles ont évolué récemment et il faut encore qu'elles évoluent. et et quelques sujets qui sont pas des moindres sont de l'ordre de la effectivement de la loi et donc nous allons travailler sur ces sujetslun qui vous tient particulièrement à cœur. Il y a il y je vais je toujours pas envie de rentrer dans le dans la hiérarchie du dans la hiérarchie du catalogue parce que je crois que ce qui à mon sens fait la puissance de ce rapport c'est que nous avons vraiment fait une anatomie de de ce de ce monde et de cette anatomie nous proposons quelque chose qui est global et un peu tout se tient.

C'est-à-dire que si nous créons euh des nouveaux délits sur certains sujets, mais qu'à côté de ça, il y a pas de prévention, il y a pas de formation, ça ne servira à rien. Donc c'est vraiment une globalité mais il y a des pistes sur lesquelles évidemment on va avancer. Moi, je propose qu'on laisse décanter, que le rapport soit lu par tout le monde, par tout le monde, par tous les personnes qui travaillent dans ces milieux-là et que les gens qui ont des propositions à nous faire nouvelles nous les fassent. des gens qui ont des critiques à nos à nos propositions le fassent aussi.

Moi, je je fais vraiment je le pose en toute humilité sur la table à vous de vous en saisir mais nous on va continuer le travail aussi. Euh euh concrètement, vous vous êtes aussi beaucoup euh penché sur le cadre des de la présence des enfants euh sur les tournages. Euh aujourd'hui, un enfant qui tourne une scène sur un plateau de cinéma, il a pas réellement d'accompagnement propre qui lui est dédié s'il a un souci, si pour savoir comment il se sent.

Alors, normalement, depuis la la mise à jour de la convention collective de mois de mai, je crois, de cette année, il doit être accompagné par un référent enfant. Euh c'est une première étape. Euh moi je pense qu'il faut aller plus loin.

Il faut aller plus loin. Il faut aller il faut renforcer les règles pour pour les enfants et leur présence sur scène. Aujourd'hui, il y a deux il y a deux critères.

Il y a 16 ans et majorité. Entre 16 ans et 18 ans. Moi, je propose qu'on mette tout pareil jusqu'à 18 ans parce que une jeune femme entre 16 ans et 18 ans, voyez bien que c'est peut-être là qu'elle les plus potentiellement euh qu'elle peut potentiellement être une une proie.

Euh donc euh donc c'est cette période qu'on va faire qu'on va qu'on va uniformiser. Et moi, je propose aussi un renforcement des contrôles et un renforcement de l'accompagnement pour les enfants de moins de 7 ans parce que moins de 7 ans, vous êtes vraiment tout petit et parfois vous le faites aussi pas complètement consentant parce que vos parents vous poussent et donc une analyse un peu psychologique de l'enfant des parents me semble pouvoir être importante. et sur l'accompagnement de des enfants, le référent, je propose que ce soit des référents qui soient formés, qui soit certifié et dont on contrôle l'honorabilité.

C'est-à-dire que comme dans le sport aujourd'hui, vous êtes éducateur sportif, on contrôle votre honorabilité depuis récemment, depuis les les le la Ça veut dire l'honor c'est le le présence d'occasé. c'est présence enfin euh qu'on qu'on veille à ce que que ces personnes soient complètement euh à leur place en tant que qu'éducateur pour enfants. Et ça ça marche pour les référents évidemment, mais ça marche aussi pour les associations qui donnent des cours.

On a vu, on a travaillé sur un sujet où je pensais pas qu'on allait y passer en en temps en en tant de temps sur la question de la maîtrise des hautes scènes où on a vu que il y avait un certain nombre de sujets. Il y avait un volet judiciaire, on ne l'a pas abordé mais on a essayé de d'analyser le système comment il fonctionnait et effectivement on voit aujourd'hui qu'il est à mon sens dysfonctionnel. Quand pardon, quand on vous écoute, on a on a on a com on comprend pardon que en fait il faudrait sensibiliser tout le monde, former tout le monde, y compris peut-être les agents.

Peut-être que vous en dire un mot. Euh la question que je me pose, c'est euh parfois on pourrait aussi vous répondre, enfin en tout cas un réalisateur par exemple pourrait vous dire "Oui, mais c'est ma liberté artistique." Vous vous avez une expression qui que j'ai lu dans la presse qui est il n'y a pas d'excuse de génie.

Est-ce que vous pouvez en dire un peu plus ? Exement. Ben le le le talent, l'auteur, le réalisateur avec tout son génie ne peut pas être au-dessus des des du code du travail. il peut pas être au-dessus de nos règles, il peut pas être au-dessus du code pénal.

L'art ne ne permet pas de filmer les corps. C'est ça que vous êtes en train de dire l'art. Bien sûr, vous bien sûr, vous pouvez filmer les corps.

Oui, mais je veux dire voilà dans cadre mais mais dans un cadre dans un cadre qui est simplement le consentement éclairé de la personne qui est filmée. Et aujourd'hui, on a vu, il y a eu des abus et il y a eu des situations d'emprise et c'est ça qu'il faut éviter. Et c'est pour ça que je propose aussi que l'on forme dès les écoles d'art les les jeunes futurs artistes pour qu'ils soient formés dans les deux sens, c'est-à-dire à respecter les règles du code du travail et du code de notre vie de tous les jours, de ce qui est le les interdits de la société, c'est-à-dire le code pénal et que d'un autre côté, il soit capable de se défendre devant des atteintes qu'il leur serait fait à ce code pénal et à ce code du travail.

Donc mais moi moi j'ai été artiste avant d'être député, j'étais photographe, j'étais réalisateur. Je crois pas je je vois pas en quoi aucune de ce qu'on propose là aurait pu euh limiter ma capacité à créer. Aucunement.

J'allais dire, c'est vrai que dans les témoignages, je pense par exemple à à celui de Sarah Forestier ou de Nina Meuris qui raconter que elles ont dû tourner des scènes sexuelles parfois de viol alors qu'elles avaient même pas. On se demande et et ce que je veux dire par là, c'est qu'aujourd'hui on n pas l'impression qu'elles a quand elles en parlent qu'elles ont été accompagnées du tout, on se demande comment c'est possible. Mais les témoignages des grandes actrices françaises, il était terrible pour moi.

C'est que tout d'un coup, je les écoutais et j'étais en train de réaliser que depuis la naissance de leur passion pour cette pour pour le jeu pour pour la pour la vie d'actrice qu' elles avaient subi euh des violences. Elles avaient subi des violences. euh parfois l'accumulation de ce que certains appellent le sexisme ordinaire mais que je je déteste le mot d'ordinaire, c'est-à-dire le le sexisme tout simplement puissant.

D'autres des des choses complètement inappropriées. Effectivement, c'est Nina Mer qui nous raconte une des premières fois qu'elle a fait un tournage où elle où elle était une enfant qui se faisait violer. Bon bah ça ça le réalisateur a parfaitement le droit de faire cette scène parce que ça va révéler effectivement un prédateur qui un jour viole un enfant et ça peut être utile à notre société de voir ces images mais ça doit s'accompagner de façon extrêmement forte.

Et le cinéma, c'est aussi l'art de l'illusion. Donc, on peut préserver un certain nombre de choses. Regardez les cascades.

Hm. Il viendrait à qui ? Qui aurait l'idée de faire une cascade aujourd'hui sans un coordinateur de cascade ?

Personne. Personne n'aurait cette idée-là. Donc je pense que une scène d'intimité qui est une scène à caractère sexuel, c'est une scène où vous êtes vous êtes en en vulnérabilité totale sur votre corps.

D'ailleurs, tous les acteurs nous l'ont dit, toutes les actrices nous ont dit, c'est le tabou complet ces scènes là. C'estàdire bon bah c'est aujourd'hui la scène, alors qu'est-ce qu'on fait ? Et personne n'y a vraiment pensé.

Et donc je pense qu'il faut accompagner ça de façon puissante et ça sera pour le bien de tous et ça sera pour pour avoir des Moi, je suis pas contre les scènes d'amour dans le cinéma, au contraire, elles seront encore plus belles parce qu'elles auront été mieux travaillées, mieux accompagnées et et mieux réalisé aussi. Je vous propose, puisqu'il nous reste déjà que 5 minutes, on se rend pas compte, mais de passer à un dernier des sujets un peu plus politiques, un peu en vrac. Peut-être déjà pour commencer euh est-ce que vous avez une réaction à cette proposition assez remarqué ce matin de Laurent Voquier qui propose, on est sur un tout autre sujet, qui propose d'enfermer les personnes sous OQTF à Saint-Pierre et Miclon.

Vous en pensez quoi ? Je pense que là, on atteint un niveau de stupidité. assez phénoménal.

Euh je monsieur V qui est dans une espèce de course à l'échalote de celui qui sera le plus à droite parce qu'on sait que dans les partis quand il y a des luttes internes dans les partis les ces élections se gagnent sur le noyau dur du parti et donc il est dans un truc là mais qui est complètement j'arrive pas à le dire. Voilà, vous avez compris, vous avez l'idée. Moi, je suis euh scandalisé en fait, je suis assez scandalisé.

Enfin, euh mais je vous savez, j'ai vu comme beaucoup de Français cette couverture du JDD. J'ai cru que c'était le Gorphie d'avril. Non, le Gorphie.

J'ai tout le monde a cru que c'était le Gorphie d'ailleurs. Oui. Bon, est-ce que c'est pas la stratégie Donald Trump en fait ?

Moi, je pensais que la droite républicaine de ce pays n'allait pas céder à tous les populismes et ça m'inquiète et c'est pour ça que moi je je suis inquiet de la situation politique. C'est pour ça que depuis l'élection, depuis la dissolution, j'appelle au rassemblement des Républicains, aux socio-démocrates, à tous, à l'arc central modéré de ce pays pour faire baisser le niveau de tension et pour faire baisser cette quête de radicalité concertin. Marine Le Pen la semaine dernière, ses propos étaient hallucinants.

Et le pire pour Marine Le Pen, je je le dis, c'est que Marine Le Pen a écrit une loi constitutionnelle qui a été déposée sur le bureau de l'Assemblée nationale le 25 janvier 2024 qui est une loi qui transforme profondément notre 5e République. l'idée de passer par référendum pour transformer notre 5e République et elle la dépaisse elle dépisse notre cadre de d'état de droit en réalité et c'est écrit c'est je vous invite tous à à à lire cette cette PPLC donc projet de de proposition pardon de loi constitutionnelle et et de lire aussi le livre de de monsieur Bquet c'est un tracte Galimar qui en parle et qui dit la révolution nation national 100 jours pour l'éviter. Et aujourd'hui, il faut que peut-être on travaille sur ce sujet, c'est-à-dire réviser l'article 89 de notre constitution pour l'empêcher de de faire ce Vous parlez justement de l'arc républicain.

François Baotou, lui par exemple, il s'est dit favorable, il s'est dit favorable à une fusion entre le le modem et et Renaissance. Ouais, je crois que c'est pas d'actualité et puis on n'y est pas tout tout de suite. Euh pourquoi pas ?

Pourquoi pas ? parce que enfin je crois [Musique] que c'est c'est pas le moment et je pense que on peut avoir cette arc modéré républicain en gardant chacun ses spécificités, ses particularités et je crois que ça permettra sans doute de de d'arriver plus facilement vers cette idée de de grande coalition que moi je souhaite dans ce moment donné. Mais on aura toujours des différences.

Moi, j'ai on a des différences avec Renaissance, sinon on serait Renaissance depuis longtemps et et il faut respecter les différences parce que je crois que c'est comme ça qu'on arrive à avancer et que chacun puisse avoir sa liberté de ton qu'on puisse avoir des débats sereins. Parfois on est d'accord, parfois on n'est pas d'accord mais c'est à partir du moment où on se respecte, on fait semblant de se mettre ensemble et qu'on se dit bah maintenant qu'on est ensemble, plus personne ne peut donner sa sa sensibilité. Je pense que c'est souvent là que ça que ça dysfonctionne mais bon.

Et c'est un arc. Vous dites démodéré aux républicains du coup avec les républicains jusqu'aux républicains. Les républicains qui ne sombrent pas dans dans le populisme pas le renvoquer.

Bah le renvoquer aujourd'hui c'est compliqué. J'avoue que c'est compliqué mais est-ce que ça va se est-ce que ça va se tasser après leur élection interne ? Je l'espère parce que d'ailleurs est-ce qu'on arrivera à l'oublier aussi parce que ces propos, moi je me souviens je quand j'étais jeune élu, alors j'ai à peu près le même âge que Laurent Voquet mais j'étais pas encore lui à l'époque était secrétaire d'état.

Moi, j'étais juste maire adjoint de ma commune et responsable d'une d'une grosse association d'insertion. Il avait fait, vous savez, ses sorties sur le cancer de la sistana. H h bon euh le cancer de la sistana, moi ça m'avait profondément choqué.

Et j'avoue que que ça reste là et que ces propos aujourd'hui qu'il a eu resteront aussi des propos difficiles à digérer pour moi qui suis profondément humaniste et progressiste. Ben écoutez, merci beaucoup Erwan Ballon, on arrive au à la fin de cette partie. Merci d'avoir répondu à nos questions et à celle du chat.

On va vous laisser poursuivre votre marathon de la journée et on vous retrouve ce soir avec Sandrineau sur LCP ça vous regarde. Merci beaucoup. Au revoir.

On va accueillir notre prochaine invitée Marianne Maximi. Je vous en prie asseyez-vous. Bonjour.

Bonjour. Bonjour. Merci beaucoup d'être sur le plateau de Légistre.

Donc vous êtes député la France insoumise du puit de dô vous êtes membre de la commission des finances. Merci d'être avec nous dans Leggistream. Donc avant de parler du rapport sur les défaillances de la protection de l'enfance, on va commencer par le commencement.

Avant d'être député, vous étiez éducatrice spécialisée auprès d'enfants placés. Vous qu'est-ce que vous avez vu par votre expérience comme défaillance quand vous étiez éducatrice ? Moi, j'ai vécu en tant que professionnel euh ce qu'on va appeler l'effondrement de la protection de l'enfance, de cette politique publique essentielle qui vise à protéger euh des enfants qui sont en danger euh dans leur environnement familial.

Ça concerne quand même 300000 enfants dans notre pays, donc c'est euh pas anecdotique. Et en tant que professionnel euh de ce service en de la protection de l'enfance, moi j'ai bah vu les défaillances, c'est-à-dire les difficultés qu'on a accompagné correctement, à protéger correctement ses enfants, faute de moyens, faute de place disponible. que j'ai vu comment mes collègues bah sont en perte de sens et ça ça fait je fais souvent le parallèle avec ce qui se passe à l'hôpital public quand on parle de la perte de sens dans nos missions.

Quand on choisit ces métiers du lien, du soin, de l'accompagnement, on y met du sens, on choisit pas par hasard. Et j'ai vécu voilà un peu ce ce que je nomme moi un effondrement. Euh faut savoir que les professionnels de la protection de l'enfant sont majoritairement des femmes.

Donc c'est des métiers qui sont moins bien rémunérés, moins bien reconnus publiquement. Par exemple, pendant le Covid, on était au travail, on n pas eu beaucoup de remerciements pour le travail qu'on a pu faire et on a perdu aussi beaucoup en pouvoir d'achat. Donc, il y a vraiment beaucoup de facteurs en fait qui qui rentrent en compte et qui font que aujourd'hui on arrive à un système qui est qui est à bout de souffle en fait, qui ne tient plus et qui n'exerce plus ses missions à savoir, je le redis, protéger des enfants.

Est-ce que c'est ça peut être ces constats là qui vous auraient encouragé à vous engager en politique ? Alors, j'étais déjà engagé en politique avant de devenir éducatrice spécialisée, mais en tout cas euh j'ai toujours euh considéré mon métier comme quelque chose de très politique, c'est-à-dire prendre soin de celles et ceux que la société en fait ne veut pas beaucoup regarder. Et ça concerne effectivement les enfants placés, mais c'est aussi euh les les ÉduP, ils interviennent aussi auprès de public en errance, en psychiatrie, enfin voilà, on est quand même dans un métier qui qui vient bah relayer en fait les défaillances sociétales et donc c'est éminemment politique pour moi.

En tout cas, moi j'ai toujours fait lien avec mes engagements politiques et du coup en arrivant à l'Assemblée, j'avais à cœur aussi de porter politiquement ce ce combat qui était mien en tant que professionnel et de l'amener dans bah au plus haut niveau de la vie politique française, va savoir dans l'Assemblée nationale. Euh donc on va être amené à parler du de ce rapport qu'a rendu la députée enfin qui a présenté la députée socialiste Isabelle Santiago. Donc c'est un rapport issu de la commission d'enquête sur le manquement des politiques publiques de protection de l'enfance.

Quand on parle d'enfants victimes, de quoi on parle exactement ? C'est des violences entre enfants, entre enfants et adultes, d'agression, de viol. De quoi on pour comprenne bien de quoi on parle ?

Alors qu'on comprenne bien, on parle d'enfants qui sont en danger. Alors, les dangers, ils sont multiples en tout cas qui sont victimes de maltraitance. Elles peuvent être psychologiques, physiques, ça peut être des négligences.

Euh il y a tout un éventail malheureusement de de d'actes qui mettent en danger les enfants. Euh la protection de l'enfance quand on parle de placement, c'est quand on sépare les enfants de leurs parents en la plupart des cas pour les mettre dans des en en protection de l'aide sociale à l'enfance. Donc ils sont placés dans des foyers.

Et euh le travail que nous faisons, c'est de la suppléance parlentale, c'est-à-dire qu'on vient suppler les défaillances et accompagner l'enfant. Donc c'est de la relation éducative, c'est de l'accompagnement dans la vie quotidienne et c'est aussi bah les aider à se construire avec l'histoire qui est la leure qui est difficile he débuter dans la vie avec bah une famille qui va pas bien ou qui nous maltraite ou qui nous néglige. C'est évidemment plein de traumatismes qu'on doit aussi accompagner et c'est les aider voilà à grandir là où ils sont donc en foyer.

Ça peut être aussi de la prévention parce que c'est un des volets qu'on oublie beaucoup mais et c'est là où on n pas bon aussi dans notre pays, c'est qu'on a coupé beaucoup les moyens de la prévention mais c'est tous les accompagnements à la parentalité. C'est aussi en amont les PMI qui viennent aussi accompagner et repérer aussi des familles qui peuvent être en difficulté et la protection de l'enfance. Voilà, c'est à la fois le milieu de du placement mais c'est aussi des accompagnements au domicile des parents quand on estime qu'il y a pas un danger immédiat et avéré.

En tout cas, là où moi je travailler là où on ce dont on a beaucoup parlé, c'est quand les juges et les enfants interviennent en assistance éducative, donc reçoivent en audience les parents et l'enfant et euh et comment dire vont évaluer et déterminer si euh les parents ont des compétences qui sont suffisantes pour garder leur enfant ou pas. Et quand on parle de placement, c'est que le le juge des enfants, le magistrat estime que il faut séparer l'enfant de sa famille pour lui permettre d'être en protection. Si vous deviez retenir une, alors vous avez commencé un petit peu à en parler mais une proposition très concrète, une action très concrète à mener dès maintenant urgemment, ce serait quoi ?

C'est difficile de répondre à cette question parce qu'on est vraiment dans un dans un moment où il y a tout à refaire. Mais ce qui est difficile, c'est que quand on a un service public aussi effondré, il y a deux urgences. Il y a à la fois bah répondre à l'urgence qui est celle-ci.

Donc aujourd'hui, par exemple, on a plus de 3000 enfants qui fautent de place euh malgré un jugement d'un magistrat restent sur le lieu du danger. Ça c'est inacceptable. C'est-à-dire qu'on a des enfants qui patientent en attendant d'avoir une place pour être protégé.

Euh donc ça c'est une des premières mesures, ça serait d'avoir assez de place. Ça se fait pas en un claquement de doigt non plus. Mais ces deux urgences, c'est aussi comment on arrête ce mouvement de laisser des situations se dégrader et comment on remet aussi des moyens sur la prévention.

Et quand on arrive à un moment où c'est si compliqué, il faut quand même penser ces deux temps, l'immédiateté mais aussi le temps long. Et si je devais quand même dire une chose, c'est que l'État reprenne aussi une place centrale dans le dispositif de protection de l'enfance parce que c'est un un une compétence qui est décentralisée depuis les années 80. Donc ce sont les départements qui sont chefs de fil de la protection de l'enfance.

Et donc ça donne aussi autant de politique publique qu'il y a de départements. En fait, il y a une disparité énorme et ça c'est pas acceptable non plus. C'est-à-dire qu'il y a des départements euh enfin un enfant qui est placé dans un département n'aura pas les mêmes parcours ni les mêmes chances d'être protégé que dans un autre département.

Et je pense que dans un pays comme le nôtre, c'est pas acceptable. Et là, je vous parle même pas des des territoires ultramarins où là on est dans des situations encore plus plus catastrophiques. Et juste j'allais dire mais ça ça remonte à quand selon vous cit les années 80 avec le fait que dans les départements il y a des politiques différentes ?

Ça vient de cette époque-là, ça vient de plus longtemps encore et quel est l'état aujourd'hui euh enfin à quel point vous êtes euh on va dire inquiète de l'état qu'on a aujourd'hui dont on s'occupe des enfants ? Alors c'est assez historique que l'État soit très désinvesti, hein. Ça a été pendant longtemps la charité après les associations qui ont beaucoup pris le relais.

Donc l'État a jamais été un vrai chef de fil. même quand c'était la DAS, c'est pas un modèle que je défendrai aujourd'hui hein, je suis pas en train de dire qu'il faut recréer ça, mais en tout cas l'État ne peut pas se désinvestir euh de la protection et de l'application des lois parce que un des vrais problèmes qu'on voit aujourd'hui qui est euh à mon avis des moments de bascule, c'est le fait qu'onapplique pas les lois qui sont votées ici au Parlement. L'exemple le plus récent, c'est la loi de 2022, la loi taqué qui n'est pas appliquée par les départements.

Les départements l'avaient d'ailleurs jugé comme une loi facultative, ce qui est quand même pas banal pour des départements. Normalement, les lois sont applicables, mais elle était facultative dans le sens où même le gouvernement n'avait pas pris de décret d'application. Donc en fait, on a une intention politique mais qui est jamais mise dans en en musique et là l'État est responsable quand même de son application des lois. sur euh le fait que ce ce mouvement s'accélère, c'est qu'on a aussi beaucoup progressé dans le repérage, dans le le repérage des des violence fait aux enfants, des conséquences que ça peut avoir même avant leur naissance.

D'ailleurs, hein, des enfants qui sont exposés à des violences conjugales pendant la grossesse peuvent être impactés. En fait, c'est des choses qu'on a aussi appris avec la recherche et donc on a une un meilleur repérage, il est plus fin, il est plus précoce, sauf que le dispositif qui vise à protéger n'a pas suivi. Et je pense que le Covid a été le moment vraiment de de bascule comme dans beaucoup de services publics d'ailleurs de ces de ces de ce secteur là où la perte de sens sérée, on s'est senti abandonné aussi et les enfants placés eux aussi.

Et euh et donc on a vraiment depuis des années enfin 2020 un moment où enfin voilà où quelque chose s'est vraiment effondré sur euh comme on parle de l'État. Je vous transmets juste une question qui nous est posée dans le chat. Quelqu'un qui demande est-ce que la nomination et rajoute entre parenthèses certes très tardives de Sarah Eli début mars au au commissariat l'enfance est une bonne nouvelle pour la prise en compte et la prise en charge centralisée de la protection de l'enfance.

Pas du tout. Pas du tout. La la c'est une mauvaise nouvelle parce que ça veut dire d'une part qu'on a pas de ministère dédié à l'enfance ce qui est un vrai recul.

Euh ce qui était d'ailleurs une des revendications à la fois des collectifs d'enfants euh qui sont de la aussi des professionnels et des associations habilité. Donc là, on se rend compte qu'en fait euh ce gouvernement-là n'a pas l'enfance en tant que ministère, c'est-à-dire c'est madame Vrin qui a la compétence mais avec un portefeuille qui est immense. Et donc ça a été compensé par la nomination de madame Elie il y a pas si longtemps.

Pour l'instant, j'ai pas de feuille de route. Je ne sais pas quelles sont ses compétences. En fait, c'est très flou et c'est un très mauvais signal justement pour les droits des enfants.

Alors que il y a quelque chose qui s'est mis en marche, c'est-à-dire le fait qu'il y ait la commission d'enquête, que les médias s'en saisissent. Enfin, on sent que dans la société ça bouge. Il y a un collectif, un comité de vigilance des enfants placés qui s'est créé l'année dernière.

Donc, c'est la première fois qu'on a autant de de paroles d'anciens, qu'on a des professionnels, enfin voilà, qu'on a tout ce secteur qui commence à vraiment dire voilà, on a besoin d'aide et c'est le moment où on choisit d'enlever le ministère des droits enfin des enfants. Donc là, c'est un mauvais signal. Vous parliez des moyens d'accueillir les enfants placés.

Je crois qu'il faut un adulte pour trois enfants à peu près. Est-ce que c'est un objectif atteignable ? Et question dans la question, je crois qu'il manque 30000 postes.

Enfin, il y a 30000 postes à pourvoir euh dans ce secteur. Comment on donne simplement envie en fait au jeunes d'y aller ? C'est un des n du problème ce que je disais sur la perte d'attractivité de ces métiers.

Euh en fait, il y a rien sur le nombre de d'adultes qui doivent être présents avec le nombre d'enfants qui nous sont confiés. Moi quand je travaille dans des services euh les les chefs de service essayent d'organiser la sécurité, le fait qu'on bon on ait des conditions de travail qui passent mais en fait c'est pas le cas. Et quand vous envoyez vos enfants en colonie de vacances quand ils vont en périscolaire dans après l'école, il y a des textes qui disent il faut tant d'adultes pour tant d'enfants.

En protection de l'enfant, ça n'existe pas. Ça existe juste de 0 à 3 ans dans les pouponnières et ça date de 72. Donc on est quand même très loin des besoins fondamentaux de l'enfant.

Donc c'est déjà une donc c'est c'est quand même assez grave. dire qu'on a pour les enfants parce que aucun parent n'accepterait que d'envoyer son enfant en col sans savoir qu'il a autant d'adultes qui les conditions de sécurité sont assurées alors que les enfants rentrent ensuite chez eux. Là les ce sont des enfants qui restent dans les foyers et donc ça dégrade les conditions de travail aussi des professionnels.

Donc ça fait partie des batailles qu'on a mené avant d'ailleurs la commission d'enquête et c'était d'ailleurs prévu dans la loi taqué, c'était de mettre en place un décret qui s'appelle taux énorme d'encadrement et qui bah dit combien d'adultes il faut sur 24 heures pour accompagner les enfants. Ça coûte 1,5 milliard d'euros. Voilà pourquoi il n'est pas sorti tout simplement.

Ensuite sur l'attractivité des métiers, c'est là où on a une une vraie bataille, elle est aussi salariale, c'est-à-dire la reconnaissance. Moi je pense qu'on a aussi à voir ce que font ces enfin c'est personnel, c'est professionnel. Majoritairement des femmes je le redis.

Donc c'est aussi très vieux dans l'imaginaire collectif que son on a fait ces métierslà gratuitement pendant des siècles. Et donc pourquoi nous payer bien ? Bah parce que c'est un vrai métier avec des compétences, des diplômes.

Donc là il faut augmenter effectivement les salaires et reconnaître aussi sociétalement ce que le travail qui est fourni par les professionnels. Et juste quand tant qu'on parlait des encadrants, on disait qu'il y avait pas de norme. Ça veut dire que concrètement aujourd'hui n'importe qui peut devenir encadrant d'enfant.

Alors, c'est tuit pas le cas avant. Moi, par exemple, là où j'ai travaillé, on avait que des personnels qui étaient éducateurs spécialisés, diplômés. Aujourd'hui, face au manque de professionnel euh en disponible pour travailler dans le secteur, on a de plus en plus des gens qui sont pas diplômés, mais le plus grave, c'est qu'on a de plus en plus des gens qui ne sont pas formés.

Donc, on a aujourd'hui, on compense le manque de professionnels sur le terrain par des gens qui n'ont pas les compétences et c'est un métier, c'est pas juste on n'est pas en train d'accompagner justement des enfants au quotidien. Enfin, c'est ça nécessite d'avoir des compétences dans dans le développement de l'enfant, dans la relation éducative. Donc ça c'est absolument pas régi dans la loi et pire on assiste aussi à une montée en puissance de l'intérim et l'arrivée du privé lucratif dans la protection de l'enfance comme on a on l'a connu dans les épades avec Orpéa ce qui a fait scandale comme on l'a connu dans les crèches privées qui où il y a eu une commission d'enquête il y a pas si longtemps mais dans la protection de l'enfance ça arrive assez discrètement mais on a pour on a quelques opérateurs qui viennent ouvrir des maisons d'enfants 24 heures dans des Airbnb enfin c'est ce qu'on voit.

Donc nous on est pour l'interdiction du privé lucratif. Là, on parle de l'accueil, mais est-ce que la solution ce serait pas finalement d'avoir moins d'enfants à placer ? Et donc, vous parliez de prévention tout à l'heure, de finalement former quelque part les parents, en tout cas, de faire un travail éducatif avec eux.

Alors, ça existe déjà, mais avec très peu de moyens et souvent c'est la prévention et souvent le parent pauvre. Mais là encore, je peux faire le parallèle avec la santé. C'est-à-dire, si on avait des vraies politiques de prévention, de santé publique comme de parentalité, d'accompagnement, de repérage beaucoup plus tôt, euh bah évidemment, on n serait pas au même nombre d'enfants qui seraient en difficulté, enfin de parents qui seraient en difficulté au niveau parental.

Et donc on a ce enfin moi je pense qu'il y a vraiment à à travailler sur ces deux urgences à savoir là tout de suite les médias c'est de faire en sorte que les enfants soient protégés dans de bonnes conditions mais c'est surtout de faire en sorte que il y ait moins d'enfants en danger dans notre pays. Enfin ça ça me semble évident mais on voit que c'est pas du tout vers ça qu'on se dirige pour l'instant. Non mais pour pourquoi on en est là aujourd'hui est-ce que c'est un manque de soutien populaire aujourd'hui la population qui se détache du de de cette situation des enfants ?

Est-ce que c'est justement les politiques, les députés qui aujourd'hui ne décident de pas voter ce genre de loi parce que c'est pas c'est pas prioritaire. Je sais est-ce c'est dû à quoi exactement parce qu'on la situation on la partage avec vous. On est tout aussi euh attristé par cette situationl mais pourquoi ça bouge pas ?

Mais ça dit plein de choses de comment on considère les les publics qui sont accompagnés en protection de l'enfance en fait. Qui sont ces enfants ? Quels sont qui sont leurs parents ?

Il y a moi, j'ai tendance à dire que on déjà faut partir du principe que les violences faites aux enfants, elles n'ont pas de classe sociale, elles n'ont pas de culture, elles sont partagées mais comme pour les violences faites aux femmes en fait. Mais on a un prisme, on pense que c'est plutôt les classes populaires qui seront en difficulté éducative, ce qui est faux. Mais il y a ce mépris de classe quand même de penser que ce enfin ce secteur là concernerait que des classes populaires de gens qui ont qui ont été qu' ont été de mauvais parents, de mauvais mauvaises personnes, mauvais adultes.

Donc du coup leurs enfants b sont un peu responsables de ça. Et donc c'est pour ça que c'est culturel, c'est que vraiment on a à déconstruire et à parler des violences faites aux enfants de manière systémique en fait. Et moi, je prends souvent appui sur les luttes féministes qui ont réussi à montrer aussi que les violences faites aux femmes, elles elles sont partagées en fait dans toutes les cultures et dans toutes les strates de sociales de notre société.

Et on a besoin en fait de de s'emparer de cette question là très culturelle. Et ça m'inspire beaucoup moi en fait quand on a réussi à politiser par exemple la question des féminicides. Aujourd'hui en France, il y a des infanticides mais ils sont jamais traités en tant que tel.

On n'est même pas capable de savoir réellement combien en a. On a une estimation, c'est un enfant tous les 5 jours qui va décéder sous par négligence ou violence physique mais ou par assassinat parce qu'on a il suffit de regarder la presse souvent locale pour se rendre compte que c'est un phénomène qui est systémique et donc on a vraiment cette bataille- là et pour faire comprendre aux gens que la protection de l'enfant ça peut concerner tout le monde et qu'en tout cas en tant qu'adulte on se doit d'être concerné pour protéger ces enfants-là. Il y a une autre chose, c'est que les enfants ça vote pas et on part du principe que leurs parents qui sont ceux de la protection de l'enfance ne vont pas voter.

Ils vont surtout pas aller à BFM télé ou sur une autre chaîne pour dire moi mon enfant il est placé dans de mauvaises conditions. Donc on a vraiment ces mécanismes-là à déconstruire, à comprendre que ça concerne la société entière. Il y a quelqu'un qui pose la question à nouveau dans le chat.

Tout à l'heure, on parlait des mineurs délinquants qui demande les mineurs délinquents, c'est pas une hypocrisie de l'État qui ne s'occupe pas de certains quartiers. Alors, on voit l'État et notamment le gouvernement aujourd'hui avec la loi Atale là qui va être d'ailleurs qui passe en CMP bientôt à l'Assemblée euh va beaucoup réagir au à la violence des mineurs et à en faire un vrai sujet. On a eu un texte qui vise à à déconstruire l'ordonnance de 45 qui est quand même un fondement de la justice pénale des mineurs dans notre pays.

Et sachant que quand après guerre, on a construit cette justice pénale en en prenant en partant du principe qu' un enfant qui qui est délinquant en tout cas qui qui fait des actes délicueux et avant tout un enfant en danger et à protéger. Et on est en train de déconstruire tout ça aussi. Et ça c'est très grave parce que ce qu'on voit aujourd'hui c'est qu'effectivement un enfant qui va commettre des des délit, des crimes et ben souvent il a c'est un enfant qui a pas été repéré comme en difficulté, en danger et donc on a comment dire une criminalisation de l'enfance au lieu de la protéger et en 45 on avait été capable de comprendre ces mécanismes là et là aujourd'hui en 2025 on est en train de de reculer complètement et moi j'alerte là-dessus parce que c'est très grave là au Sénat ils ont d'ailleurs fait été encore plus loin à mettre des des encore régresser plus et c'est des dangers pour moi parce que on ne va rien régler de la délinquence des mineurs et on va surtout invisibiliser la le danger qu'il qu'ils vivent eux.

Alors c'est pas pour excuser il faut de la il faut de la la justice pénale des mineurs. Il y a pas de problème là-dessus et il faut évidemment des sanctions. C'est c'est pas c'est pas ça le débat mais c'est que du coup ça invisibilise le fait qu'est-ce qui est conduit à passer à l'acte en fait.

Et peut-être pour terminer sur le sujet, je voulais revenir sur un exemple sur lequel avait insisté notamment Isabelle Santiago. C'est l'exemple des le cas des pouponnières. Donc il le rapport pointe des violences dans les pouponnières, c'est-à-dire où on place des enfants de 0 à 3 ans.

Même à cet âge là, on on observe des violences. Alors, c'est pas des violences. Je sais pas comment elle l'a décrit, mais pour j'avais accompagné Isabelle Santiago visser la pouponnière où moi j'ai pu intervenir en tant que professionnel.

Ce que ce qu'on ce qu'on décrit et ce qu'on a vu dans cette pouponnière, c'est le manque de place qui existe et le par rapport aux besoins. En fait, on est vraiment dans une politique où on n'est pas adapté aux besoins. Ce qui fait qu'on a des pouponnières, donc c'est des enfants qui sont en danger dans leur famille, qui sont confiés par le juge euh dans ces pouponnières.

Donc c'est 03 ans comme vous l'avez dit. Et euh le problème c'est qu'il y a plus de famille d'accueil pour les orienter ailleurs. Donc en fait ils restent beaucoup trop longtemps collectif, ce qui est très délétaire pour leur développement évidemment psychomoteur, affectif.

Et surtout le sureffectif, le manque de professionnel et le turnover fait que un enfant doit grandir avec des figures d'attachement, avec des gens en référence, avec une stabilité et en fait la dégradation de la protection de l'enfance ne permet plus ça. Et donc on a des enfants qui montent par exemple un syndrome qui s'appelle l'hospitalisme qu'on avait réussi à éradiquer chez nous, qu'on trouvait dans les orphelinas en fait avant guerre ou après-guerre où c'est une dépression sévère d'une nourrisson qui peut conduire à la mort. hein, ça a été documenté et on avait réci bah par en améliorant les conditions d'accueil, la formation des professionnels, la stabilité des accueils éradiquer complètement ce syndrome de notre pays et on on le revoit revenir aujourd'hui.

Mais c'est intéressant de parler des pouponnières et je veux juste finir là-dessus parce que on entend beaucoup aussi aujourd'hui la droite et l'extrême droite nous dire que la protection de l'enfance s'est effondré à cause des mineurs non accompagnés. Je fais le parallèle là-dessus parce que dans les pouponnières, ce ne sont pas les mineurs non accompagnés hein, ce sont des enfants, des bébés nés ici ou ailleurs. Mais en tout cas, c'est important de le pointer parce que là encore, c'est une diversion pour dire que ça serait pour développer aussi des théories très racistes he sur les MNA qui sont aussi des enfants quand ils sont reconnus comme minor non accompagné qui ont le même droit les mêmes droits que des enfants nés ici et c'est les textes internationaux que nous avons ratifiés.

Donc c'est très important aussi d'insister que ce l'effondrement de la protection de l'enfance n'est pas du fait des jeunes qui viennent se réfugier dans notre pays et qui doivent être accueilli et protégé s'ils sont mineurs. Reviens à ce qu'on disait tout à l'heure sur la responsabilité de l'État. Euh je vous propose d'avancer dans les thèmes.

On on reste sur des sujets en lien avec les violences sur les mineurs, notamment dans les établissements scolaires. On va parler de la des travaux de la commission d'enquête sur les violences dans les établissements scolaires. Paul Vanier, votre collègue et Violette Spielbout.

Euh tous deux corrapporteurs étaient au village d'enfant de Riyaont vendredi et ils ont dit tous les signaux étaient là pour faire part des violences, des sévises sexuel et du danger pour enfants. Après la ze, c'est c'est une faillite de qui dans ce cas-là pour ce qui est arrivé là pas des adultes. Faut quand même se dire que on a un problème en tant qu'adulte une grande responsabilité mais c'est plus profond que ça. et la commission d'enquête suite à à aux révélations de vis-à-vis de Notre Dame de Bétaram en fait, on se rend compte de du tsunami en fait qui est face à nous de violence systémique dans les hablissements scolaires privés et public d'ailleurs he c'est alors privé c'était Betara mais il y en a plein d'autres mais on se rend compte que la question des droits des enfants est vu comme quelque chose de très accessoire encore une fois dans notre pays et qu'on est encore bien loin de respecter nos propres textes les textes internationaux et que aujourd'hui il y a besoin d'une vraie bataille culturelle et là je redis comme l'ont fait les féministes en fait sur les droits des femmes et se rendre compte qu'on a quand même les enfants vivent la même domination en fait patriarcale d'un système qui vise à quand même dominer, écraser, réprimer et que et là il y a quelque chose qui est en train de se passer dans la société et moi je suis très fière de le travail qui est fait par mon collègue mais aussi par sa copra rapporteur parce que ils vont investiguer et il révèle une parole et je pense que ce n'est que le début en fait de ce que nous allons découvrir comme violence qui existe encore aujourd'hui.

On n'est pas que dans il y a quelques décennies, on voit bien qu'aujourd'hui on a encore énormément de de violence que ce soit dans le milieu scolaire, que ce soit dans le milieu familial. Et c'est intéressant parce que là encore par rapport aux femmes, on a longtemps vu le les violences comme quelque chose de très extérieur dans la rue et en fait on se rend compte que le lieu des dangers ce sont pour comme pour les femmes et donc pour les enfants, c'est la famille et c'est l'institution qui est censée protéger. Et donc on a un travail énorme.

Les conclusions en sont pas on en est pas encore là. Ils sont toujours en train de faire leur commission d'enquête, mais je pense que ça va, il va falloir se mettre au travail vite et comprendre qu'on a une vraiment une une vraie révolution culturelle sur les droits des enfants à mener dans notre pays. Comment ça se fait qu'on se rend compte que maintenant ?

C'est une bonne question. 2025 qui a des violences dans les établissements scolaires. L'État, il a pas un rôle justement de surveillance.

Là, ils sont en train de révéler quand même que l'État était défaillant aussi euh dans les les investigations et puis que l'État des fois, il a il a aussi de poids de mesure parce qu'on le voit sur les écoles privées sous contrat quand c'est des écoles musulmanes que l'État est très réactif pour aller euh contrôler et fermer des institutions et que en fait l'État peut être complètement défaillant sur d'autres institutions. Donc, on a aussi un un fond politique là-dedans, c'est pas rien n'estutre. Mais en tout cas, comment ça se fait qu'en 2025 qu'on soit encore dans un pays qui ne respecte pas les droits des enfants ? et et alors qu'on est censé être un pays avant-gardiste sur plein de choses.

Normalement, je suis pas naïve là-dessus quand je dis ça parce que je sais qu'on on n'est pas un modèle de pays des droits de l'homme en fait quand on voit comment on se comporte avec les étrangers, avec d'autres, mais les enfants effectivement c'est très tardif mais j'espère que ce qui est en train de se passer dans la société, cette prise de parole bah va faire avancer les choses. Et vous avez parlé juste avant de la de la commission d'enquête aussi dans le milieu du de du spectacle, du cinéma. Là encore, les enfants, c'était assez central aussi sur comment ils sont victimes en première ligne euh de cette domination patriarcale.

Vous pensez qu'il faut lever la prescription, la la retarder ou le je pas exactement quel est le verbe, mais pour que des enfants euh victimes de ces sévic une fois adultes puissent enfin porter plainte, il y a déjà la prescription glissante qui existe et qui permet de de de décaler en fait ce temps qui est normalement très court. C'est un vrai débat. Moi, je vous avoue que j'ai beaucoup changé d'avis là-dessus.

He je vais être très transparente parce que à la fois j'entends le le la question de lever totalement la prescription. Euh, j'entends aussi le le côté où ça peut comment dire mettre la justice, elle elle répare pas tout là-dessus. Et donc c'est là où moi je je suis pas pour non plus dire ça sera le la chose qui va vous réparer.

Je pense qu'il y a aussi un mouvement pas que judiciaire même s'il est hyper important évidemment pour être pour les gens et que ça fait partie aussi de la reconstruction pour plein de personnes. Mais je pense qu'il y a aussi une question sociétale vraiment très puissante qu'on doit avoir et se dire que il y a des il y a plein d'assos en fait qui existent qui travaillent qui essayent de de visibiliser la parole des enfants, qui essayent de de faire des manifestations. Mais les enfants par définition sont mineurs, donc n'ont pas la même prise de parole que nous.

Mais en tout cas euh c'est important qu'on soit militant, qu'on soit politique, qu'on soit parent d'écouter en fait ce que disent les enfants, de les écouter partout partout. Et quand ils grandissent, bah ils ont des choses à raconter aussi. Il faut écouter ce qu'ils ont vécu.

C'est je trouve que la commission d'enquête là sur Betaram le fait vraiment ex enfin très bien même si c'est très dur à entendre. J'allais dire sur Betaram en fait, on vous le disait, on parle de fait de qui ont plusieurs dizaines d'années, mais on voit que c'est encore des cas qui se reproduisent encore aujourd'hui. Il y a plus il y a pas d'excuses de c'était une autre époque.

Non, c'est pas Ouais, il y a pas d'excuses parce que d'une part il y a à une autre époque, il y avait des gens qui traitaient très bien les enfants. Euh donc je pense que c'est pas une excuse en fait. Il y a il y a toujours eu des gens qui ont respecté les enfants, qui ont été bien traitants, qui ont qui on enfin il y a des gens qui n'ont jamais été violents avec des enfants, même il y a il y a 60 ans, 100 ans.

Donc c'est c'est pas qu'une question d'époque. Par contre, c'est une question là je dis encore une fois de de société. Il faut vraiment que la société et pour le coup moi je suis parlementaire donc c'est aussi notre travail à nous de de d'en parler mais moi quand je vois que voilà pour si on revient à la protection de l'enfance le fait que les médias s'en saisissent qu'on est dans la presse locale des reportages dans la presse nationale qu'il y a une commission d'enquête qu'il y ait des anciens enfants qui parlent d'autres qui sont encore en protection de l'enfance parle tout ce mouvement-là favorise des avancées après aux parlementaires d'avancer aussi par la loi et ça on a c'est un autre travail parce que les commissions d'enquête ça permet de d'ouvrir quelque chose mais le plus gros du travail va commencer maintenant.

Je vous propose comme il nous reste 5 minutes de passer à une dernière petite actuée qui s'est passé il y a il y a il y a quelques heures. Il y a eu des échanges assez tendus au sein de l'assemblée entre des collaborateurs parlementaires de la France insoumise et des journalistes du média frontière. Vous vous étiez vous étiez là.

Qu'est-ce qui s'est passé exactement ? Alors, il y a pas eu enfin déjà c'était pas les collaborateurs de la France insoumise, ce sont les syndicats qui représentent les collaborateurs de manière unitaire. D'ailleurs, il y a eu beaucoup de syndicats représentés qui qui représentent donc les collaborateurs et collaboratrices parlementaires, donc de beaucoup de groupes en fait euh qui ont appelé un rassemblement pour effectivement dénoncer ce qu'a fait ce média d'extrême droite, je le redis parce que c'est un média d'extrême droite, à savoir ficher des collaborateurs de la France insoumise pour le coup dans un un journal spécial en mettant en fait des cibles dans le dos de nos collaborateurs parlementaires. et ce média s'était déjà illustré et a fait la même chose sur les avocats et par ils ont déjà révélé des adresses personnelles de des différents parlementaires.

Donc je pense qu'ils ont eu raison mais ça ça leur appartient. Moi je suis parlementaire c'est et leur syndicat c'est à eux de de s'organiser mais en tout cas ils ont eu raison de se rassembler de demander que ce média d'extrême droite soit plus accrédité. Et ce qui s'est passé tout à l'heure c'est que justement ce média était présent et a filmé tout le rassemblement a provoqué aussi.

Donc effectivement, ça a été euh compliqué dans le sens où il y a eu la provocation de la part de de ces pseudo journalistes parce que je ne pense pas que je puisse les qualifier de journaliste. En tout cas, la la balle est dans le camp de maintenant de madame Bron Pi en tant que présidente pour prendre des décisions. Mais en tout cas, moi ça me semble très dangereux d'avoir des gens qui se permettent de de cibler des gens qui sont des salariés.

Ce ne sont pas des politiques, ils ont le droit d'avoir leurs idées politiques évidemment, mais quand ils sont à l'assemblée, ce sont des salariés et pas des parlementaires. En tout cas, sur sur les médias accrédité à l'Assemblée, c'est parce qu'ils sont d'extrême droite que vous voulez les retirer ou parce que c'est parce qu'ils font des listes et qui ciblent des gens. Euh, il y a d'autres médias avec lesquels je ne suis pas d'accord et je demanderai pas leur interdiction, même si je suis pas d'accord avec leur ligne éditorielle et leur façon de travailler souvent, c'est pas ça le débat.

Le débat là, c'est qu'il mettent en danger des gens et ça c'est inacceptable en tout cas au sein de l'Assemblée qu'il puisse venir travailler comme ça avec des méthodes pareilles. Est-ce que la présidente de l'Assemblée nationale ne va pas vous répondre que l'Assemblée c'est la maison du peuple et de tout le peuple et que donc Frontière qui est un média a le droit de venir couvrir l'actualité parlementaire ? Je sais pas ce qu'elle répondra mais en tout cas je pense que il y a quand même quelque chose de dangereux qui est en train de se passer.

Moi, je suis pas d'accord que mes collaborateurs et collaboratrices soient en danger là sur leur lieu de travail parce que c'est ça de dont il s'agit. Donc moi, je m'oppose à ça et en tant que parlementaire, en tant qu'employeur, j'ai une responsabilité aussi vis-à-vis de des personnes qui travaillent pour moi et lors de question que leur lieu de travail se transforme en un lieu de danger pour eux. C'est déjà arrivé ce genre de situation bah de médias qui franchissent la ligne, ils vont beaucoup trop loin et on les retire, on retire le accréditation de C'est une bonne question.

J'ai pas la réponse. Faudrait demander à la présidence si c'est déjà arrivé. Mais en tout cas euh là de ce que je vois c'est que là ça va très très loin et c'est pas acceptable ça c'est sûr.

Vous pensez pardon pardon je t'en prie privé. Vous pensez qu'il y a un mouvement aussi de fond. On a beaucoup parlé ces dernières semaines de la manière dont certains au Rassemblement national mettaient des cibles aussi dans le dos des juges après la condamnation de Marine Le Pen.

Vous pensez qu'il y a un mouvement de fond euh en tout cas de ce côté-là de l'échiquier politique qui qui voilà qui fait des listes bah ça ça rappelle des heures sombres dans notre histoire quand même. C'est des méthodes d'extrême droite de faire des listes de gens de de cibler de diffuser des adresses personnelles, de de d'attaquer des gens comme ils le font. C'est on a déjà connu ça dans notre histoire et c'est pas possible que ça revienne et qu'on laisse faire à l'Assemblée nationale.

Et je dirais que c'est quand même différent quand on fait de la politique par exemple mes votes ils sont publics. Il y a pas de problème que il soit critiquable que on me demande des comptes. C'est mon travail d'être transparente.

C'est pas la même chose quand on est salarié. Et ça c'est vraiment une des vraies différences. Et là, moi j'insiste là-dessus parce que c'est justement la maison du peuple, l'Assemblée nationale et aucun aucune personne ne doit être inquiétée pour le enfin pour le fait d'y travailler.

Et tant qu'il nous reste une minute et qu'on parle de médias et de une de médias, on peut peut-être parler de celle de du JD News qui était d'où Lauren Voquet en fait propose de d'enfermer les personnes sous OQTF à Saint-Pierre et Miclon. Vous en avez pensé quoi ? Bah alors, je je vais pas reprendre l'expression de mon collègue, mais c'est vrai que on peut penser le Guarfi tellement c'est gros, mais en fait non, c'est la réalité et ça dit quelque chose de là où on en est dans le débat politique.

C'est extrêmement grave. La course à la présence des LR est en train de devenir euh une course à qui sera le plus euh fachau, le qui sera le plus qui va dire le truc le plus grave, le plus dingue. Enfin, je sais pas comment on qualifie.

Enfin, parce que c'est vraiment hallucinant. Enfin, ça dit bon comment on considère les personnes qui sont en situation irrégulière enfin qu'on peut envoyer comme ça. Ça dit quelque chose de comment il considère les territoires les collectivités autres que le territoire hexagonal.

Enfin pour les habitants de Saint-Pierre et Micelon, je trouve que c'est quand même ultra violent d'entendre ce genre de de proposition et surtout je je ne sais pas dans quel état vont finir va finir le Républicain le parti en tant que tel. Mais entre lui et Rota je je crois que la la enfin il faut que je ne sais pas qui va pouvoir revenir à la raison. Aucun des deux, je le pense, mais je pense que aujourd'hui, ils n'ont plus rien de républicain dans cette surenchère d'extrême droite.

C'est et c'est grave en tout cas ce qui est en train de se passer. Laurent Vquet a déjà fait des grandes sorties avec lesquelles qu'on a combattu et qui était qui était pour moi très dangereuse. Mais celle-ci en une du de d'un journal là aussi bon pour le coup d'extrême droite mais qui en tout cas devrait interpeller toute personne ici à l'Assemblée qui a justement des valeurs républicaines.

Écoutez merci beaucoup Marianne Maximi d'avoir répondu à nos questions et d'être venu sur le plateau de LG stream. Merci beaucoup Fanny, merci beaucoup Antonin. Euh merci au chat d'avoir suivi ça et d'avoir posé les questions.

Euh on pas de lég stream la semaine prochaine, donc rendez-vous dans 2 semaines. Merci beaucoup, passez une bonne journée, à bientôt. Ciao ciao tout le monde.