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Podcast / conversationFrance Culture (sur YouTube)· 6 octobre 2023 12 minComplaisantActualité / polémiqueNumériqueJusticeInstitutions & électionsEurope & international

États généraux de l’information : la nécessité d'avoir une presse libre et indépendante en France

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Est-ce que la question de la liberté de la presse ne devrait pas être adressée à d'autres qu'aux journalistes ?

  • 1:00OuverteRéponse directe

    CNews est-elle toujours une chaîne d'information ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Que reproche-t-on à la journaliste Ariane Lavrieux ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Toute information est-elle bonne à donner ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Le droit de protection des sources est-il absolu ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    La loi Dati de 2010 est-elle suffisante pour protéger les sources ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[Musique] les matins de France Culture Guillaume Ernest les états généraux de l'information se sont ouverts cette semaine avec en ligne de mire la liberté de la presse bonjour Valentine noberti bonjour vous êtes journaliste co-directrice de la rédaction Mediapart on vous doit notamment un documentaire médias crash mais qui a tué le débat public s'interrogeait sur la liberté de la presse est-ce que c'est une question finalement que les journalistes adressent à d'autres journalistes non et ça ne doit surtout pas l'être se poser cette question c'est poser la question de la vitalité de notre démocratie et de notre droit à l'information qui est un bien commun c'est vraiment quelque chose qu'on répète beaucoup à Mediapart mais derrière la liberté dit la presse il y a l'information comment obtenir une information en ayant des sources comment avoir des sources en les protégeant comment fournir une information indépendante en faisant en sorte que il y a un cadre qui permette aux journalistes de travailler de façon indépendante quelle que soit le média dans lequel il travaille privé ou public [Musique] non quand on obtient une fréquence publique car cnews sur la fréquence numéro 16 c'est une fréquence publique c'est gratuit en fait c'est ça ça a été un bien commun lorsque un média obtient une fréquence pour émettre il doit se conformer à une charte qu'il signe et en l'occurrence cnews est une chaîne d'information est-ce que c'est news est toujours une chaîne d'information le doute est plus que permis dans la question donc de la liberté d'informer il y a eu la mise en examen la garde à vue d'une journaliste d'une journaliste de disclose Ariane lavrieux qui a été convoquée par la justice et là il faut que vous nous expliquiez Valentine Oberti ce qui est reproché à cette journaliste alors Ariane lavrieux donc effectivement un travail pour disclose et pour complément d'enquête sur France 2 avec d'autres elle a mené une enquête sur les ventes d'armes françaises au régime égyptien officiellement pour lutter entre le terrorisme on parle d'armes numérique et qui officieusement en réalité ont été utilisés non pas pour lutter contre le terrorisme mais contre des civils ou des contrebandiers elle révèle cela à travers tout un tas de documents classés confidentiels défenses et c'est pour cela qu'elle est attaquée elle est attaquée pour compromission du secret de la défense nationale or ce qu'elle publie c'est d'intérêt public les citoyens les citoyennes en démocratie ont le droit de savoir où va l'argent de leurs impôts ont le droit de savoir ce que fait leur état et avec qui leur état discute travail donc elle révèle des informations d'intérêts publics et c'est pour ça qu'elle est ensuite perquisitionnée à son domicile ça c'est c'est rarissime je ne connais qu'un précédent qui est le cas d'un autre journaliste Alex jordanov qui avait lui aussi été perquisitionné à son domicile puis elle est emmenée en garde à vue pour pendant 39 heures mais la question qui se pose Valentine Oberti vous qui êtes journaliste et co directrice de la rédaction de Mediapart c'est toute information est-elle bonne à donner parce que on peut imaginer que dans le cadre du journalisme d'investigation donc notamment c'est l'un des journalistes que vous pratiquez à Mediapart hier une forme d'interrogations sur le opportunité de publier une information qui autant qu'elle soit vrai pour réduire à la sécurité nationale alors on est on est tout à fait responsable en fait notre mission d'intérêt général d'intérêt public on l'apprend très très au sérieux qu'est-ce qu'on publie on publie des informations qui sont d'intérêt public et avant de publier ces informations bien évidemment on s'assure qu'elles sont vraies on les recoupe on travaille on donne la parole en tout cas nous on s'y tient mais on est prudent on ne publie pas des informations qui en danger qui que ce soit c'est on n'est pas des des mercenaires de l'info on travaille sérieusement donc cette comment dire cette excuse ou ce prétexte veut dire ah mais vous mettez en danger la sécurité nationale non je pense que simplement il y a des informations qui dérangent jusqu'au plus au sommet de l'État et c'est toute l'attention entre un pouvoir et un contre-pouvoir alors il y a effectivement un rôle de contre-pouvoir mais le pouvoir cherche assimiler dans le contre-pouvoir et c'est par exemple toute la question de la protection des sources est-ce bien normal que les journalistes et une forme de droit de droit quasi absolu de protection de leurs sources Valentine Oberti alors ce droit n'est pas n'est pas absolu du tout en fait alors même quasi non mais alors c'est normal un journaliste ou une journée ce n'est pas au dessus des lois ça personne ne pense ça en tout cas moi je ne pense pas ça et nous avons un cadre la loi 1880 qui fait que si on publie des fausses informations si on travaille mal on va au tribunal et on répond de nos écrits ou de nos publications et c'est bien normal simplement si nous ne protégeons pas nos sources si nos sources ne sont pas protégées s'il n'y a pas un cadre légal strict sur la protection des sources il n'y aura plus d'informations est-ce qu'un journaliste et quelqu'un qui doit recopier un communiqué de presse ou un journal officiel non est-ce qu'un journaliste doit révéler des informations d'intérêt public oui à quel prix si c'est au prix de briser des secrets secrets de l'instruction secrète des sources secrets des affaires alors la réponse est oui si tentait encore une fois que l'information est d'intérêt pour le citoyen donc on a effectivement ce point à vérifier est-ce qu'on a à faire à une information qui est intéressante pour le citoyen est-ce que le juge peut avoir un droit de regard là-dessus par exemple savoir si la protection des sources et justifier par l'intérêt de l'information dévoilé par le journaliste Valentino Berty franchement je sais pas à quel point il faut revoir la loi mais la loi Dati de 2010 avait donc instauré la protection des sources elle se révèle insuffisante quand on voit qu'une journaliste est perquisitionnée à son domicile et placé en garde à vue ça c'est pour moi pas possible il y a en ce moment un texte qui est voté au Parlement européen qui s'appelle le média freedomag donc le texte pour la pour la liberté de la presse il prévoit une meilleure protection des sources des journalistes la France le texte a été a été voté hier à à Strasbourg en séance plénière il doit ensuite passer devant la commission européenne la France pour l'élaboration de ce texte a prévu à fait partie des pays qui ont demandé une exception en cas de d'atteinte ou de risques pour la sécurité nationale et en fait c'est ça qui permet c'est cette exception là qui permet ensuite toutes les dérives et notamment celles qui a concerné rien à Rio vous-même Valentine Oberti vous avez été entendu par la DGSI autrement dit par la direction générale de la sécurité intérieure oui alors dans un cadre plus non pas détendu mais c'était pas le régime de la garde à vue j'étais auditionné comme simplement cause voilà il s'agissait d'une enquête que je faisais encore une fois sur les ventes d'armes pour le les missions quotidien c'était les armes qui avaient vendu la France aux Émirats arabes unis l'Arabie Saoudite dans le cadre de la guerre au Yémen on était en 2018 à ce moment là la France ne cessait de répéter sur tous les plateaux que ces armes n'étaient pas utilisées contre des civils et je disposais d'un document qui démontrait que des armes pouvaient tomber sur des civils et l'usage qui en était fait donc je suis allé interpeller la ministre dans un dans un salon et suite à cette interpellation le ministère des armées apporté plein de contre nous demandant de rendre le document La DGSI m'a interrogé et tout ça c'est soldé par un classement sans suite de l'enquête préliminaire mais avec un rappel à la loi et je tiens simplement à préciser qu'un rappel à la loi c'est pas rien du tout c'est une sorte d'épée Damoclès qui pèse au-dessus de votre tête et qui vous dit attention tu as commis une infraction cette fois-ci je la laisse passer mais la prochaine fois je te raterai pas c'est c'est un rappel à la loi ça vous contraint pendant plusieurs années à ne plus commettre la même infraction à savoir là rompre le secret de la défense nationale ça modifié votre manière de faire du journalisme Valentino Bertine non car je travaille dans une rédaction Mediapart qui qui est solide qui a une méthodologie qui a un collectif qui est qui peut se permettre de faire des enquêtes qui peuvent remuer mais c'est pas le cas tous les journalistes il y a beaucoup de journalistes qui sont pigistes qui sont donc indépendants qui sont et je pense que ce genre de d'utilisation et de détournement de la justice à un but assez simple traquer les sources et dissuader d'enquêter sur des sujets qui peuvent être graves bon l'autre question qui se pose qui se pose quotidiennement chez Mediapart mais aussi dans d'autres médias valentinoberti donc on a parlé de la protection des sources on a vu que celle-ci n'était pas absolue il y a une autre protection qui est offerte aux citoyens c'est le droit à la vie privée et là aussi très problématique lorsque l'on enquête comment savoir ce qui révèle ce qui relève pardon de la vie privée et ce qui ne contrevient pas à cette vie privée ou en tout cas sert l'intérêt général je pense que c'est tout de même assez simple de le savoir je vous donne un exemple nous avons sur Mediapart publié l'affaire de la sextape de Saint-Etienne c'est une affaire dans laquelle nous révélons que le maire de Saint-Étienne et son entourage ont entendu un piège à un de leurs adjoints pour l'abattre politiquement donc le piège tendu était le fait de l'amener dans un hôtel de le filmer avec un escort et puis de le faire chanter pendant des années on pourrait se dire ah mais là attention on arrive sur le terrain de la vie privée on va révéler que peut-être cet adjoint estomo alors même qu'il a femme et enfant on va révéler une partie de sa vie privée or évidemment on a travaillé de façon extrêmement déontologique mais pourquoi nous avons révélé ces informations car elle démontre que le compromat le chantage sexuel est une méthode politique à la mairie de Saint-Etienne pour faire museler et faire taire les opposants donc il peut pas avoir parfois l'impression qu'il s'agit de la vie privée mais en soupesant toutes les problématiques et bien on se rend compte que non là il s'agit d'intérêt public et d'intérêt général bon mais c'est aussi une question alors j'allais dire très ancienne Valentine Oberti peut-être pas si ancienne qu'on pourrait l'imaginer mais par exemple dans l'affaire béton court typiquement les enregistrements qui bien entendu était réalisé à l'insu de Madame Bettencourt c'est souvent le cas d'enregistrement et qui ont été utilisés cela a posé par exemple la question du de la protection de la vie privée ces questions là finalement elles sont à juger au cas par cas et par le journaliste qui mène l'enquête c'est un peu cela la difficulté oui il faut vraiment juger au cas par cas et avec évidemment cette limite de la vie privée on ne punit pas des informations gratuitement il faut il faut qu'elles éclaire le citoyen et la citoyen merci Valentine noberti je rappelle que vous êtes codirectrice de la rédaction Mediapart 7h55 sur France Culture

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