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Podcast / conversationLCP (sur YouTube)· 17 janvier 2025 55 minComplaisantPortrait personnelAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Hélène Laporte, députée Rassemblement National du Lot-et-Garonne | Politiques, à table !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 58 %Attaque 19 %Défensif 19 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi un menu 100% italien alors que vous êtes élue du Lot-et-Garonne ?

  • 5:00OuverteRéponse partielle

    Quel est le message derrière ce choix gastronomique ?

  • 7:00OuverteRéponse directe

    Vous cuisinez vous-même ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Vous savez reconnaître les champignons ?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Vous cuisinez le risotto vous-même ?

  • 17:00OuverteRéponse directe

    Vous faites attention à votre consommation de viande ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 5:00Hélène LaporteFait
    « Mes origines italiennes, en fait, c'est du côté de ma grand-mère. »
  • 25:00Hélène LaporteFait
    « Je prends par rapport aux légumes actuels. Actuellement, il y a la courgette que j'achète de Sainte-Marthe. »
  • 35:00Hélène LaporteFait
    « On a toute une filière qui va finir par disparaître. »
  • 45:00Hélène LaporteChiffre
    « On est premier producteur national de noisettes, de fraises. »
  • 50:00Hélène LaporteFait
    « Ma grand-mère avait des canards, et quand j'étais petite, elle les gavait. »
  • 55:00Hélène LaporteFait
    « Non, jamais. Toutes ces choses-là, non. »
  • 1:05:00Hélène LaporteFait
    « On a eu une loi d'orientation agricole dans laquelle on a détaillé ce qu'était la souveraineté alimentaire. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Générique Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans "Politiques : à table !", l'émission qui fait mijoter l'actualité politique et gastronomique. Souveraineté alimentaire, agriculture et cuisine, voilà les ingrédients de notre recette du jour que nous allons partager avec la députée Hélène Laporte. -Bonjour. -Bonjour.

Et bonjour, Jean-Pierre Montanay. -Bonjour. -Hélène Laporte, vous êtes élue du Rassemblement National dans une circonscription qui s'étend de Duras à Bouglon en passant par Marmande d'une terre qui a vu trois générations de Laporte s'investir en politique.

Votre grand-père fut candidat Front National pour les législatives de 1997. Votre mère était conseillère municipale FN et c'est dans cette lignée que vous remportez les élections européennes en 2019, puis les législatives en 2022. Réélue cet été après la dissolution, vous retrouvez le velours rouge de l'hémicycle mais pas les accoudoirs du perchoir, vous perdez le poste de vice-présidente de l'Assemblée nationale pour cette 17e législature.

Une législature qui a vu tomber le gouvernement Barnier. Vous avez voté la motion de censure et c'est ce que vous ont reproché des agriculteurs de votre circonscription, ils sont venus murer en décembre dernier votre permanence. La crise agricole est toujours là et nous aurons bien sûr l'occasion d'en parler autour d'un menu que vous avez choisi et c'est Jean-Pierre qui nous le donne. -Un menu 100 % italien avec un risotto aux champignons et en dessert une brioche gâteau, un panettone. -Dans "Le dessous des plats", nous irons nous balader entre les noisetiers du sud-ouest, des arbres attaqués par des insectes qui ravagent les récoltes et mettent toute une filière en difficulté. -Dans "Les pieds dans le plat", hommage à une pionnière des programmes culinaires à la télé : Maïté.

Elle est de votre coin. Restauratrice et icône des fourneaux à l'écran disparue à l'âge de 86 ans. -Voilà pour le menu, maintenant on passe à table et je vous propose de nous ouvrir l'appétit avec "Cuisine et confidences".

Jingle -Alors, Hélène Laporte, vous ne vous appelez pas Elena Laporta. Nom qui aurait pu justifier amplement votre parti pris de ce menu, 100 % italien, mais vous avancez masquée. Et oui, une partie de vos racines sont bel et bien de l'autre côté des Alpes, même si votre terre d'adoption, c'est bien sûr le Lot-et-Garonne.

Or, souvent à cette table, les députés ont tendance à valoriser leur propre terroir. Et dans ces conditions, on aurait pu, par exemple, déguster des brochettes de canard au pruneau d'Agen. Eh bien non, ce n'est pas le cas.

Vous êtes plutôt aujourd'hui l'ambassadrice en mode groupie de la gastronomie italienne. Alors, quel est le message ? Pour flatter l'Italie ?

Sûrement. Celle de Giorgia Meloni, la première ministre ? Pas sûr, car ce n'est pas vraiment la meilleure copine de Marine Le Pen.

Non, moi je dirais plutôt pour séduire Jordan. Oui, Jordan Bardella, le beau gosse, le BG, boss du RN, tellement fier de ses origines piémontaises. Le môme du 93, biberonné à la cuisine de son oncle Alberto.

Pasta, risotto, osso bucco, tiramisu, "gli piace tutto". Mais quand même ce n'est pas votre style de confondre "Politiques : à tables !" avec un site de rencontre.

Non ! Ce clin d'oeil à la botte est forcément un hommage à vos grands-parents maternels italiens. Est-ce à dire que pour vous, la gastronomie n'a pas de frontières ?

Ce n'est pas souvent ce qu'on dit au RN. -Non, alors oui. Mes origines italiennes, en fait, c'est du côté de ma grand-mère.

Ma grand-mère a épousé un Lot-et-Garonnais, Jacques Laporte, ils se sont connus sur Paris, puis ils sont repartis vivre à Villeneuve-sur-Lot. Moi, je suis née là-bas. Et ma grand-mère me parlait italien.

J'habitais avec elle et mon grand-père et ma mère. Et elle nous faisait très souvent de la cuisine italienne. -Et des risottos. -Et des risottos.

Mais j'ai voulu l'agrémenter de quelque chose de chez moi, du Lot-et-Garonne. Ce que je fais régulièrement, notamment quand arrive la saison des champignons et des cèpes, c'est un risotto aux cèpes. D'où le risotto.

Et qu'on agrémentera un petit peu par la suite. -On va commencer. Tenez, Valérie.

Je commence. -On va le goûter. -Une petite huile de noisette. -Une huile de chez moi. -Evidemment. -En fait, c'est une cuisine italienne, mais avec des produits locaux du Lot-et-Garonne. -Je vous amène même l'huile de noisette. -Merci. -On va le goûter, ce risotto.

Et surtout, vous allez nous dire, vous qui semblez cuisiner, s'il fait honneur à ce que vous avez l'habitude de faire dans votre propre cuisine. Dites-nous, il est comment ? -Je vais vous dire. -Alors Valérie, pour être précis, Hélène Laporte parlait de cèpes.

Ici, il ne s'agit pas de cèpes, mais notre chef a mis des chanterelles, des pleurotes et des shiitakés qui sont des petits champignons asiatiques, japonais. -Alors, il est très bon. Moi, je prépare surtout du risotto aux cèpes, pourquoi ?

Parce que quand arrive le mois d'octobre, je pars avec mon mari, mes enfants et mon beau-père, comme ça vous saurez tout, dans la forêt au niveau du Lot-et-Garonne pour ramasser les cèpes. On a un bâton qui est pointu en bas et en fait on soulève un petit peu et on sait très bien que qui dit chêne, qui dit noisetier, dit très souvent cèpes en bas en fait, puisque qui dit champignon dit arbre. Et lorsqu'arrive le mois d'octobre, quand on a des températures qui sont encore assez élevées, !mais du coup pas trop basses et qu'il a plu, on sait très bien que si on va vers Allons, vers Le Mas-d'Agenais, on trouvera des cèpes.

Donc après, on rentre et on cuisine avec ma mère, les grands-parents de mes enfants, mes enfants et mon mari. -Et ça veut dire que vous savez reconnaître un peu tous les champignons ? Vous ne tomberez pas sur un champignon vénéneux ? -Oui, on commence à avoir l'habitude quand même.

Alors mon beau-père, lui, il a vraiment l'habitude parce qu'il fait ça depuis toujours. Ca fait 20 ou 25 ans que je fais ça, moi, quand même. Je vais régulièrement.

Ca, c'est quelque chose que j'aime faire avec mes enfants et mon mari. -On dit souvent que là-bas, il y a des batailles pour les cèpes. Il y a des gens qui repèrent.

Il y a des gens qui vont sur des terrains...

Il y a même des petits règlements de comptes. La saison des cèpes alimente les animosités. -Oui, la saison des cèpes, en fait, c'est vraiment à qui sera le premier sur place.

Dès l'instant où le matin, quand vous partez, vous voyez plusieurs voitures, vous vous doutez qu'à cet endroit-là, il doit y avoir des cèpes. Il doit y avoir des cèpes, donc il faut y aller justement. Après, chez nous, on a également des morilles.

Mais moi, personnellement, c'est le cèpe que je préfère et que je vais chercher parce qu'après, j'en fais des bocaux l'hiver pour continuer à faire mes risottos, notamment du dimanche avec mes parents. -Donc, vous cuisinez ? -Je cuisine, oui.

Alors, pas aussi bien que le chef. -Merci, évidemment, pour ces très bons plats. Mais vous essayez quand même de continuer malgré votre emploi du temps ? -Oui, j'essaie le dimanche quand même de faire de la cuisine, un moment familial.

Forcément, j'ai des choses en circonscription, que ce soit le samedi et le dimanche. Mais le dimanche midi, c'est quand même aussi un principe de se retrouver à table avec mes parents et mon mari, mes enfants. -Donc vous cuisinez le risotto vous-même ? -Oui, le risotto, je le fais. -Est-ce que vous cuisinez quand même de la viande ou vous êtes végane ? -Non, pas du tout, je fais de la viande.

J'aime beaucoup le canard. Mais là, j'ai voulu, puisque c'est une émission qui retrace un peu la personnalité, puis le côté, voilà, les habitudes qu'on peut avoir, j'ai voulu surtout vous parler de ce que j'aimais, de ce que je faisais. Et moi, j'ai été bercée vraiment par la cuisine italienne.

Moi, ma grand-mère est arrivée d' Italie quand elle était petite avec sa mère, sur Paris, puis Villeneuve-sur-Lot avec mon grand-père. Donc c'est quelque chose qui m'a toujours marquée. -Qu'est-ce qu'elle faisait comme plat ? -Des lasagnes, des pâtes, elle faisait des pâtes fraîches... -Elle-même ses pâtes avec sa machine ? -Ah oui, on avait la machine qu'elle étalait sur le grand torchon. -Pour les tagliatelles. -Exactement.

Et après, quand j'étais étudiante, elle m'en donnait et je me faisais mes pâtes, j'en avais pour la semaine. Donc c'est quelque chose vraiment qui, pour moi, est très important. -Mais pour revenir sur la viande, c'est intéressant.

Là, on a un plat qui est sans viande. Est-ce que vous faites attention à votre consommation de viande ? Est-ce qu'avec vos enfants...

Vous avez deux enfants. Est-ce que c'est quelque chose qui vous... -Non, pas du tout.

Je vous avoue, je ne rentre pas là-dedans. Je fais bien évidemment attention surtout au poids de mes enfants, de ma famille. Je fais attention à leur hygiène de vie.

Mais, la viande, j'ai la chance d'être en Lot-et-Garonne avec de très bonnes viandes. Du très bon poulet, des très bons canards. On a des éleveurs aussi. -Donc vous faites attention à la provenance de la viande. -Toujours.

De tout. J'essaie vraiment d'acheter ultra local. Quand je suis dans ma circonscription, généralement en fin de semaine je suis sur Paris, deux à trois jours, je vais chez les producteurs acheter les légumes, directement chez le producteur.

Je vais dans des coopératives, parce que j'aime aussi, parce que vous avez la provenance un peu de tout le Lot-et-Garonne, et plusieurs produits. Vous avez les légumes, la viande, mais également le miel, les fruits, vous voyez, il y a un peu de tout. Et j'essaie vraiment d'acheter exclusivement local, en fonction des saisons.

Je suis au rythme des saisons au niveau de ce que je cuisine. -Bio aussi ? Ou vous regardez moins ça ? -Je regarde moins.

J'ai vraiment confiance dans nos agriculteurs. Je prends par rapport aux légumes actuels. Actuellement, il y a la courgette que j'achète de Sainte-Marthe, pour vous parler de chez moi.

Au niveau des carottes, des poireaux, tous ces légumes-là, le butternut. J'essaie de prendre des choses... -Bien sûr.

Mais quand vous dites que vous faites confiance en vos agriculteurs, c'est intéressant. C'est-à-dire qu'ils soient bio ou pas, je ne comprends pas le degré de confiance. C'est-à-dire qu'on n'a pas tendance à faire plutôt confiance à quelqu'un qui travaille peut-être sans pesticides ? -Après, l'agriculteur qui cultive, qu'il soit bio ou pas, il n'a pas pour but de s'empoisonner lui-même.

Et les produits qu'il fait, il les consomme lui et sa famille. Donc oui, j'ai une grande confiance dans nos agriculteurs. Je parle du Lot-et-Garonne, parce que je les fréquente au quotidien, je vais beaucoup sur les exploitations.

J'ai voulu vraiment être une élue de terrain dès le départ. Donc des agriculteurs, j'en vois deux, trois par semaine. J'ai cette habitude, oui.

Le bio, moi, en tout cas, personnellement, ne m'a jamais plus attirée qu'un autre produit quand je parle de la consommation locale. -Revenons au risotto, parce que moi, j'adore ça. Alors, vous dites : "Je cuisine selon les saisons", donc les risottos, c'est parfait, parce que chaque risotto a sa saison et chaque saison a son risotto.

Vous cuisinez quel autre risotto ? Vous savez bien les faire ? Vous êtes très italienne là-dessus ?

Vous êtes très arrêtée sur les principes ? -Vous avez toujours la même base au niveau du riz rond que vous arrivez à travailler avec un peu de parmesan. Une fois que vous avez cette consistance-là, par exemple pour les cèpes, on fait une poêlée de cèpes.

On peut ajouter de l'ail et du persil dans ce risotto avec... je mets toujours un peu d'huile de noisette, j'en mets partout.

J'en mets également avec un petit mesclun, avec un chèvre frais...

C'est très bon au niveau du fromage. -Et l'hiver, vous faites quoi comme risotto ? J'aime bien le risotto aux asperges. -Pas l'hiver ? -Non, mais j'aime bien le risotto au butternut. -Risotto d'hiver. -Voilà, et après l'asperge. -Il y a un très bon risotto, c'est le risotto au citron, les agrumes. -Ah oui ? -Oui.

Ca, j'avoue, je n'en fais pas. Ce n'est pas quelque chose qui...

Le mélange ne me séduit pas spécialement. -Goûtez, parce qu'il doit y avoir des citrons dans votre région. -Oui, on va en parler par la suite.

Alors, des citrons, pas tant que ça. -Non ? C'est plutôt de la région de Nice, Menton... -Oui.

Les agrumes, alors je pense à un particulier, parce qu'il y a un producteur que j'aime bien qui est sur Bourran, où sa fille s'est installée avec eux. Ils font en majorité des fraises et des kiwis. Et sa fille s'est installée, elle, pour faire la confiture des produits qu'ils produisent.

Et ils ont un carré d'agrumes parce que très souvent, dans ses recettes, elle ajoute soit du cédrat, soit du citron. Et donc, c'est juste là où j'ai pu voir, entre guillemets, des agrumes parce que sinon, en Lot-et-Garonne, il n'y a pas d'agrumes. -Pour être sûr de ne pas louper son risotto, il faut bien écouter les trois choses que vous allez nous décliner maintenant.

Parce c'est tout un savoir-faire le risotto. -Oui, mais avec des racines italiennes, je pense qu'Hélène Laporte a déjà pas mal d'infos. -C'est que pour moi. -Alors, ne badinez pas sur la qualité du riz.

Il faut opter pour un grain italien cultivé dans la célèbre vallée du Pô. Et vous avez le choix : le Carnaroli, qui est le must, il sera plutôt al dente. Puis vous avez aussi l'Arborio, avec une teneur plus importante en amidon, donc avec un résultat plus crémeux.

Là, je pense que c'est de l'Arborio qui a été utilisé, car il est assez crémeux. Le bouillon tient aussi une place cruciale. est souvent négligée.

La tentation est grande, effectivement, de se contenter d'un petit cube magique de volaille. Non, il faut un vrai bouillon, plutôt avec une poule, parce qu'elle est moins grasse qu'un poulet. Et vous la faites cuire très longtemps avec un bouquet aromatique, du céleri, des carottes, des oignons, un bouquet garni.

Vous laissez cuire deux ou trois heures. Après, vous écumez un peu, vous le filtrez et c'est ce bouillon que vous devez utiliser. Et si vous faites des cèpes séchées, par exemple, une fois séchées, vous les faites tremper et cette eau, vous la récoltez et vous la mettez dans le bouillon.

Ca va donner encore un meilleur goût de champignons. Alors, cèpe, girole, morille sont les stars des bois du risotto. S'ils sont secs, il faut bien les faire tremper dans l'eau chaude, puis les faire revenir dans du beurre au dernier moment et garder cette eau.

Et puis, on peut aussi savoir, et ça c'est très important pour vous, que ce riz italien, il doit être un peu al dente, mais pas trop cuit. C'est environ 17 minutes la cuisson du riz. Et déjà là vous avez une base.

Alors 16, pour ceux qui aiment al dente, 19, mais au moins 17 c'est vraiment ce qu'il faut bien avoir à l'esprit. -Est-ce qu'on a une astuce pour ne pas rater son riz ? Moi, je ne sais pas faire cuire le riz.

Il est toujours trop mou. Comment on fait ? On respecte le minutage. -De quel riz vous parlez ? -Je n'en sais rien.

Le riz, on s'achève. Peu importe. Il n'y a pas d'astuce particulière ? -Si vous avez un riz basmati ou un riz asiatique, il faut d'abord bien les rincer.

Il faut que l'eau soit très claire. Ensuite, dans une casserole, vous mettez un tout petit peu d'eau au-dessus de la quantité de riz. Vous faites cuire d'abord à feu vif et ensuite à la vapeur.

Et là, vous pouvez avoir un riz. Et l'Arborio et le risotto, c'est 17 minutes et il faut bien mélanger à la fin, comme l'a dit Hélène Laporte, avec le beurre et le parmesan et pourquoi pas l'huile de noisette qui est très parfumée. -Vous avez un riz de prédilection ? -Non, j'utilise exclusivement celui-là, mais je vois que monsieur est très bien renseigné, c'est un spécialiste.

Et j'ajoute un peu de vin blanc, moi, quand même. -Ah oui. -Oui, oui.

Pour l'acidité, ça donne quelque chose, c'est...

Mais c'est toujours la même base et après, j'agrémente et je ne prends pas de...

Les cèpes, en fait, ne sont pas séchées ni lyophilisées. Je les fait en bocaux, moi, ceux que je récupère. Après, on les conserve comme ça pour l'hiver et pouvoir avoir du risotto régulièrement. -Au-delà du risotto, vous nous avez parlé de quelques plats.

Est-ce que vous cuisinez d'autres plats italiens ? -Oui, je cuisine les lasagnes. Les pâtes, à un moment donné, j'ai voulu le faire également.

Les fabriquer. J'ai d'ailleurs la machine chez moi, mais après, il y a une question de temps aussi. -C'est très long. -C'est très long.

Et puis il faut l'endroit pour pouvoir les faire sécher. -Les grandes planches de bois. -Dans les habitations modernes, c'est un peu plus compliqué.

Mais j'essaie. Ma grand-mère faisait aussi les raviolis elle-même. -Des raviolis à quoi ? -Alors, elle faisait beaucoup au fromage.

Ou également au poulet. Elle faisait toutes ces choses-là. A la truffe, de temps en temps, parce que ça restait un produit très noble et qu'il n'y avait pas spécialement en Lot-et-Garonne, il fallait aller dans le département voisin.

Et après, le tiramisu, de temps en temps, mais je ne le réussis pas très bien, j'avoue. Voilà, la cuisine italienne, de part ma mère et ma grand-mère, c'est quelque chose qui est assez prégnant chez moi. -Vous faites des pizzas chez vous ? -Ah oui, on fait les pizzas à domicile, mais ça c'est mon mari qui les fait. -Il fait lever la pâte ? -Oui, il fait lever la pâte, il aime bien le faire avec mes enfants, on a deux garçons, et ça c'est le repas des garçons. -Les pizzaiolos, quoi. -Voilà, exactement. -Vous nous avez apporté un vin pour accompagner ce merveilleux risotto, un vin bien de chez vous, je crois, expliquez-nous. -Un vin, c'est un Côte-du-Marmandais.

Alors, nous, on a la chance, dans ma circonscription, d'avoir vraiment deux grands points au niveau des vignobles, le Duracois et le Marmandais. Alors, j'ai choisi celui-là parce qu'il a ce côté très tanique. Il y a à 1 500 hectares à peu près de vignobles au niveau des Côtes de Garonne, au niveau du Marmandais.

Et bon, c'est ce côté peut-être un peu chauvin. Moi, je l'aime particulièrement parce qu'il est chez moi déjà. Et les caves du Marmandais, notamment les vignobles, ont été pas mal soumis à rude épreuve, avec plusieurs choses, des aléas climatiques déjà, la sécheresse, le mildiou également. -Bien sûr. -Et je fais la promotion, j'essaie de développer les produits locaux que nous avons au niveau du Lot-et-Garonne, parce que pour trouver autre chose, il a fallu faire de l'arrachage au niveau des vignes, et c'est toujours un crève-coeur. -Bien sûr, c'est terrible.

Parlez-nous du cépage, c'est un cépage très particulier. -C'est l'Arbouriou. C'est le cépage qui est propre aux Marmandais. -Qu'on ne trouve que là-bas. -Il s'appelle comme ça.

C'est ce qui donne aussi ce côté tannique. -Est-ce que vous connaissez particulièrement cette maison-là ? On le voit, c'est confidentiel, c'est rigolo. -Les Marmandais, c'est un regroupement de plusieurs producteurs.

Vous avez plusieurs producteurs qui apportent leur récolte. C'est un mix de plusieurs choses. Celui-là, je l'aime bien, c'est pour ça que je vous l'ai amené. -Oui, bien sûr, c'est vrai qu'il est assez fort. -Il va bien avec un risotto, je trouve. -Comme vous dites, assez tannique.

C'est un domaine que vous connaissez particulièrement ou pas ? -Non, pas spécialement. Les caves du Marmandais, oui, mais après, savoir de quel sera le producteur....

Non. -De toute façon, ça sera un mélange. -Est-ce que c'est un vin qu'on peut trouver sur Paris ou vous l'avez ramené ? -Je l'ai ramené du Lot-et-Garonne.

On peut le trouver à la boutique des caves du Marmandais, située sur Marmande. -On les salue, parce que... -Il y a certains points de vente, y compris ailleurs.

Mais eux, ils font également de la vente par Internet. Donc, vous pouvez vous le procurer. -Et quels sont les autres vins phares de votre région ?

Puisque là, on se concentre sur ce rouge qui est très bon. -Après, il y a le Duracois. C'est encore quelque chose de différent au niveau du cépage. -Vous dites : "Je vends les produits du terroir, mais il y a du boulot parce qu'il y a beaucoup de vins et de produits. - On a beaucoup de chance.

Il y a tout. Il y a du très bon vin, on est premier producteur national de noisettes, de fraises. Là, ce n'est pas la saison, mais on aurait pu faire aussi une tomate burrata en entrée. -Bien sûr. -Non pas pour le côté italien, mais le côté la tomate de Marmande. -Ah oui. -On est premier producteur de tomates.

Et là aussi, les agriculteurs subissent une concurrence déloyale, mais là, du coup, c'est par le Maroc. On pourra en parler également si vous le souhaitez. Mais voilà, nous, on a vraiment la grande chance d'être dans un pays où il y a tout. dans un département, dans une région, où il y a de très bonnes choses.

Il y a le canard, en confit, en magret, la volaille, beaucoup de producteurs de poulet. -La question qui tue sur le canard, parce que ça nous anime souvent sur ce plateau, c'est le foie gras. Est-ce qu'il faut continuer ?

Est-ce qu'il faut protéger l'animal ? Est-ce que ça vous choque qu'on gave encore des canards aujourd'hui ? -Ca ne me choque pas, parce que ma grand-mère avait des canards, et quand j'étais petite... -Elle les gavait ? -Oui.

Et je l'accompagnais le soir, je m'en souviens, avec la petite lampe, je lui tenais, elle gavait les canards et on mangeait les foie gras de chez nous. -Ca ne vous a pas terrorisé ? -Non. -Ce n'est pas parce que vous l'accompagnez que vous ne pouvez pas avoir... -Non.

Ce n'est pas une question de recul, c'est une question que sont des traditions du Lot-et-Garonne. Le canard, oui, il y a le gavage pour faire après, derrière, le foie gras. Et il y a du très bon foie gras.

C'est un mets très apprécié par beaucoup de personnes. Moi, ce n'est pas quelque chose qui me choque. -Vous avez déjà goûté du faux gras ? -Non, jamais.

Toutes ces choses-là, non. Pas du tout. -Ah, même par curiosité ? -Non.

On a du foie gras, c'est une tradition. -On peut le faire avec des produits français qui peuvent être très bons. -Vous apportez la contradiction.

Souvent quand on parle de foie gras et de corrida, deux mots reviennent, c'est "tradition". Mais il peut y avoir des mauvaises traditions qu'il ne faut pas perpétuer. Parce que c'est une tradition, c'est forcément bien ? -Oui, mais ça fait partie de ma culture. -Il y a plein de choses qui font partie de nos cultures et dont on s'est débarrassé. -Typiquement, le bien-être animal, c'est une vraie question. -Et maintenant, ils y font quand même de plus en plus attention.

Il y a eu beaucoup d'avancées là-dessus par rapport à comment sont entre eux les canards, mai même pas que les canards. C'est bon pour tous les animaux, de toute façon, qui sont élevés. Tout ça, bien sûr.

Et puis, quand vous allez visiter une ferme, quand vous voyez les canards dehors, sincèrement, je n'ai pas l'impression qu'ils ne soient pas heureux. J'ai encore été voir un producteur de boeufs la semaine dernière. Il y avait des vaches, des boeufs.

Ils étaient forcément dans un enclos parce que c'est l'hiver. Après, quand les beaux jours arriveront, ils partiront, dès mars, un peu en prairie. -Pour les canards, le bien-être, c'est juste au moment du gavage. -Quand ils sont dans leur pré, j'imagine que ça va.

C'est plus au niveau du gavage. -Oui, mais c'est vrai que la corrida, c'est différent, pour moi. Ce n'est pas la même chose. -Non, non.

Juste, c'était le mot tradition qui revient pour défendre et faire en sorte que cette tradition se perpétue. C'est toujours le même argument. Et puis le canard, tout est utilisé en fait.

Il n'y a pas cette notion de perte d'animal. C'est-à-dire que vous avez forcément le magret, vous avez toutes ces choses-là qui sont prises. -Monsieur Gemenne, invité de cette table, membre du GIEC, nous disait que le canard était l'un des animaux qui avait la moindre trace carbone. -Absolument. -Donc il faut manger du canard. -Exactement.

Allez, je vous propose de poursuivre ce délicieux déjeuner avec un proverbe nigérian : "Celui où celle qui partage son repas ne finit jamais par manger des miettes." Et c'est justement parce que dans "Politiques : à table !", on partage tout, notre repas et nos connaissances, que l'on continue avec le quiz.

Jingle -Alors originaire de Villeneuve-sur-Lot, vous avez donc grandi tout près d'Agen, la capitale mondiale du pruneau. Alors sauriez-vous nous dire si ces affirmations sont vraies ou fausses concernant le pruneau ? Le pruneau, arrivé en France durant la Haute Antiquité, vient du Japon.

Est-ce que c'est vrai ou est-ce que c'est faux ? -Il y a les quatre questions ? -Oui, mais on commence par la première.

D'accord, il n'y a pas plusieurs propositions. Là, c'est juste vrai ou faux. -Exactement.

C'est faux. -Exactement. Il vient de la Chine, par la route de la soie.

Il s'est d'abord installé en Syrie, avant d'être cultivé chez nous. C'est grâce à son port sur la Garonne que la ville d'Agen est associée au pruneau depuis le XVIIe siècle. Vrai ou faux ? -Je dirais que c'est vrai. -Oui, parce que le pruneau du Sud-ouest était en fait expédié dans le monde depuis Bordeaux, qui était ouvert sur l'Atlantique, mais sur les sacs était inscrit le nom d'Agen, le port d'embarquement d'Agen, donc c'est ça qu'on a retenu, on retenait le pruneau d'Agen, même s'il était dans les bateaux depuis Bordeaux.

Voilà. Trois, attention, le far au pruneau a été inventé par un boulanger breton installé à Agen. -C'est faux. -Oui, très forte.

Le pruneau faisait partie du ravitaillement de la marine royale à voile, puis marchande à vapeur. Et ce sont des marins bretons qui étaient souvent dans ces bateaux qui ont eu l'idée de cette recette. Et enfin, au XIXe siècle, les pruneaux d'Agen sont connus dans le monde entier.

Preuve avec cette mention dans un roman américain d'Edgar Poe. Faux ou vrai ? -Faux. -Oui, c'était dans l'ouvrage de Tolstoï, "La mort d'Ivan Illich". -Bravo, un sans faute pour ce premier quiz.

C'est à mon tour de vous poser quelques questions. Je commence par celle-ci : Vous est-il difficile de choisir entre fromage et dessert ? Ou vous ne choisissez pas ? -Je prends un peu des deux. -Vous aimez les deux.

Ecoutez, ça tombe bien parce que j'ai cherché quatre affirmations qui mêlent fromage et sucré. Mais saurez-vous nous dire si elles sont vraies ou fausses ? Le Philadelphia américain, fromage du cheesecake, est une copie du neufchâtel, un fromage normand. -Oh non, c'est faux. -C'est vrai.

C'était vrai. Un fromage qui a été créé en 1872. -Je suis plus douée dans le local. -On passe à la deuxième affirmation.

La tourte niçoise aux blettes avec ses raisins secs et ses pignons est préparée avec de la mozzarella. C'est vrai ou c'est faux ? -Ca, je n'en ai jamais cuisiné.

Je vous avoue, je vais répondre un peu... -Vous n'en avez jamais goûté ? -Dans le sud ou en Italie ? -Non, ça, ça ne me dit rien donc... je vais dire vrai. -Faux, c'est avec du parmesan.

Vous le saurez. -Je le saurai. -Troisième affirmation.

La flaune, spécialité sucrée au fromage frais de brebis de l'Aveyron, est une cousine du fiadone corse. -Là, vous... -Ah, c'est plus dur, les fromages. -Je dirais vrai. -Oui.

C'est vrai. -Je sauve l'honneur. -Exactement.

Dernière affirmation. Le tourteau fromagé du Poitou-Charentes, fameux pour sa croûte brûlée, est préparé avec de la faisselle. -C'est faux. -Non, c'est vrai.

Elle rit. Vous l'avez dit avec conviction. Pourtant, c'est vrai, c'est la faisselle de chèvre à l'origine très égouttée, mais souvent remplacée par de la faisselle de vache.

Bref, on va continuer maintenant avec "La brève de comptoir". Jingle Alors Madame Laporte, pour cette émission, on vous a demandé d'aller fouiller dans votre mémoire et dans vos souvenirs pour retrouver un moment, un instant qui aura mêlé cuisine et politique. Et je crois que vous ne nous emmenez pas très loin d'ici, à la buvette de l'Assemblée nationale. -Oui, tout à fait.

Alors c'était quelques jours avant la prise de position sur la constitutionnalisation de l'IVG. -Que vous avez présenté. -Présenté et défendu au niveau de mon groupe.

C'était pour le congrès de Versailles, et donc j'étais à table avec Marine Le Pen, le secrétaire général de notre groupe. Et donc on était tous les trois et arrivait le moment, c'était après la conférence des présidents puisque c'était à l'ordre du jour et on savait quel jour allait se tenir ce congrès de Versailles. Et donc Renaud demande, enfin on commence à parler, donc qui va prendre la parole par rapport à cette constitutionnalisation de l'IVG ?

Et Marine Le Pen m'a regardée et me dit : "Toi, ce serait bien." Alors, bien évidemment, c'est un grand honneur de pouvoir m'exprimer sur ce sujet au nom de mon groupe. En tant que femme, c'était quelque chose qui m'importait vraiment.

Parce que je trouve que la femme doit avoir la liberté de son corps, pour moi, il n'y a même pas de débat là-dessus. Mais forcément, il y avait un côté très impressionnant puisque c'est quelque chose qui se tient devant l'ensemble des sénateurs, l'ensemble des députés. C'est un sujet qui peut vite monter dans des positions un peu clivantes ou autres, donc il fallait bien évidemment très bien travailler le texte, et se l'approprier et faire parler surtout quelles étaient ses convictions propres et profondes.

Donc voilà, ça c'était devant une omelette, une omelette salade avec un peu de riz à l'Assemblée nationale, à la buvette, en face de Marine Le Pen. -Allez, on va quitter le palais Bourbon maintenant pour votre belle région du sud-ouest, une région où poussent de nombreux noisetiers. Mais depuis cinq ans, les producteurs de noisettes n'ont plus le droit d'utiliser un insecticide qui était pourtant le seul à lutter contre les ravages de certains insectes.

On en parle tout de suite dans Le dessous des plats. Jingle Les balanins et les punaises diaboliques adorent les noisettes, à tel point que ces insectes détruisent des récoltes entières depuis qu'en 2019, il a été totalement interdit en France d'utiliser contre eux un puissant insecticide de la famille des néonicotinoïdes. Pour protéger notre santé et celle des producteurs de noisettes, l'Etat français banni cette molécule qui est pourtant autorisée par l'Union Européenne jusqu'en 2033.

Elle est pulvérisée sur les noisetiers italiens ou espagnols. Une aberration pour ce producteur situé à Cancon que Marion Becker et André Laffont ont pu interroger. Ecoutez.

Oiseaux -Au coeur de ces vergers de noisetiers se cachent deux prédateurs. Cette année, ils ont décimé les récoltes de noisettes. -Historiquement, le principal ennemi c'était le balanin.

C'est un petit charançon qui pique la noisette, qui pond son vers à l'intérieur, qui dévore la noisette et qui sort de la noisette. Aujourd'hui, depuis 2018, nous a été interdit sur le territoire français la molécule qui s'appelle l'acétamipride qui est de la famille des néonicotinoïdes. Et c'était la seule matière active qui avait une efficacité sur ce ravageur-là.

Et à ça se rajoute un nouvel insecte présent sur le territoire, qui est la punaise diabolique. -La punaise, c'est elle. -Halyomorpha halys.

Elle est apparue il y a une dizaine d'années sur le territoire. Et on a vraiment une grosse infestation depuis quatre, cinq ans. Voilà, une piqûre de punaise.

Donc là, la punaise, avec son pédoncule, a réussi à traverser la coquille et à piquer dedans. Et on voit bien la nécrose de la piqûre autour du point de piquage. -90 % des noisettes récoltées en France, arrive ici, chez Unicoque.

Elles sont triées, stockées dans ces grands entrepôts. -Sur les 13 000 tonnes potentielles prévues cette année sur la récolte de la coopérative, seules 6 500 tonnes sont arrivées ici. -Pour évaluer la valeur de ces noisettes, et fixer leur prix, il faut les analyser.

Un échantillon est prélevé sur chaque lot. -Celui-là, il n'est pas trop mal. Celui-là, un petit peu plus déjà.

L'année dernière, c'était déjà une année record et on estime que le manque à gagner était de 13,6 millions euros pour l'ensemble de la filière. Cette année, on estime à 30 millions d'euros la perte. -Aujourd'hui, c'est toute la filière qui est menacée.

Les producteurs demandent l'autorisation d'utiliser l'acétamipride, un insecticide interdit uniquement en France. -Nous, on demande d'appliquer le droit européen. Il n'y a que la France qui a interdit son utilisation en matière de noisettes, de protection phytosanitaire en matière de noisettes.

Nous, on demande les mêmes armes que les autres pays européens. Si on décide en France de l'interdire, à ce moment-là, pourquoi on laisse rentrer des denrées alimentaires, des produits noisettes qui sont produits avec ce produit venant de n'importe où dans le monde ? -En attendant, la coopérative et les producteurs ont stoppé tous leurs investissements tant que la production reste en sursis. -Et pourtant, Hélène Laporte, il faut bien protéger notre santé et celle des producteurs, non ? -Oui.

Ca, ça se tiendrait si, par contre, on n'ingérait pas la noisette qui vient de Turquie avec plus de 240 molécules dedans et la noisette d'Italie. Le problème qu'on a, c'est que les autres pays européens jusqu'en 2033, peuvent utiliser l'acétamipride. Il n'y a que la France qui a voulu faire plus blanc que blanc, qui ne peut pas utiliser l'acétamipride.

On a toute une filière qui va finir par disparaître. J'ai rencontré beaucoup de producteurs de noisettes. On voit la coopérative de Cancon.

Mais il y a des noisetiers un peu partout. Les noisettes que je vous ramène viennent de Labretonie. de ma circonscription.

Et ces producteurs-là, en fait, s'il n'y a pas quelque chose de rapidement mis en place, ils ne vont pas pouvoir continuer à produire. On ne peut pas rester avec 50 % de la production qui est bonne pour la poubelle. -C'est quoi quelque chose de rapidement mis en place ? -Il faudrait qu'on fasse, c'est un dispositif législatif qui interdit l'acétamipride, il faudrait faire une proposition de loi, j'en ai parlé, puis je vais en reparler cet après-midi, car il y a un débat dessus au niveau de l'Assemblée nationale, il faudrait faire rapidement un dispositif législatif pour réintroduire l'acétamipride.

J'entends. -On réintroduit un insecticide que l'on sait mauvais pour la santé ? -Et qu'on avait interdit. -Oui.

A côté de ça, déjà, il n'y a pas de solution autre, mais vous en consommez. Quand vous allez acheter vos noisettes, quand vous achetez vos noisettes d'Italie, elles ont eu ce traitement avec cet acétamipride. -Est-ce que ce n'est pas une... -Donc, c'est cette concurrence déloyale qu'il faut mettre en place. -Est-ce qu'il ne faut pas saluer, peut-être, le travail précurseur de la France, justement, en matière de santé, en matière de prévention de notre santé et de celle des producteurs ?

Je ne sais pas. -Dans ce cas-là, on arrête de consommer complètement de la noisette. Car pourquoi on va consommer de la noisette qui vient d'Italie ou qui vient de Turquie, qui n'a vraiment plus les cahiers de charges européens ?

C'est la vraie question. Si on prend le parti pris de dire : "On ne consomme plus de noisettes", d'accord, mais on ne met pas nos producteurs face à une concurrence déloyale car c'est ça qui se passe. C'est-à-dire qu'eux n'ont pas d'armes alors que les autres pays européens et la Turquie ont des armes bien plus puissantes qu'eux. -Mais s'il n'y a aucun pays commence à interdire, comme par les précurseurs, on va rester sur des productions qui sont toujours contaminées par ces pesticides. -Non, car les producteurs... -Je suis tout à fait d'accord avec vous qu'on marche un peu en "Absurdie", puisqu'on interdit ce pesticide aux Français, puis on va importer des noisettes italiennes et turques qui en sont gorgées.

Mais en même temps, je pense que c'est un progrès aussi d'interdire ces insecticides. -Oui, à terme, on n'aura plus cet insecticide, mais il faut laisser le temps à la recherche d'avoir des solutions par rapport à ça. Quand vous allez, on ne le voit pas dans le reportage, mais quand vous allez chez Koki à Cancun, qui est cette grande coopérative, ils ont un laboratoire où ils font des recherches et expériences pour trouver quelque chose qui pourrait, à la longue, on pourrait se passer de cet acétamipride.

Mais là, il y a deux problèmes. On laisse nos producteurs face à une concurrence déloyale, mais en plus, on ne leur laisse pas le temps de trouver une autre solution. C'est ça qui pose souci.

On ne peut pas l'accepter. Evidemment, quand vous allez consommer à Noël, votre Ferrero Rocher, elle vient d'où, la noisette de l'intérieur ? Vous ne savez pas si elle vient d'Italie ou de Turquie.

Il faut savoir que 60 % de la production mondiale, elle vient de Turquie. -Ferrero voulait acheter des noisettes en France, Valérie, et ils ne peuvent pas car on n'en produit pas assez à cause de ça. -En attendant, la production, elle continue quand même. -Vous parliez de laboratoire.

Est-ce que la technologie peut aider ? Vous êtes-vous rendue dans ces laboratoires ? Qu'avez-vous vu sur place ?

Sur quel type de recherche se font les nouvelles technologies qui arriveront demain ? -Notamment par rapport à des ravageurs qui vont justement prendre le pas sur la punaise diabolique ou le balanin. Il y a plusieurs tests qui sont faits.

Mais il faut leur laisser le temps. Et puis, vraiment, ils déploient beaucoup d'argent, et de temps. Ils prennent les meilleures personnes qui sont formées. -C'est une bonne chose. -Oui.

Et c'est ce qu'on encourage. Mais moi, mon but n'est pas qu'on reste avec l'acétamipride pour toujours. On ne peut pas laisser nos producteurs, pourquoi, à chaque fois, on fera en sorte que les producteurs français baissent les bras et puis on leur dit à eux : "Non, vous ne produisez pas." Mais nous, Français, on va consommer ce qui vient de l'extérieur. -Comment l'expliquer ?

La France a surtransposé ? -Complètement, oui. -Et pourquoi ? -Certainement, pour répondre aussi à une idéologie, pour répondre à une partie de l'hémicycle.

Mais, encore une fois, la planète, elle appartient à tout le monde et moi, je ne suis pas moins écologique qu'un écologiste. J'aime l'écologie, ma planète, je consomme des produits locaux. Je suis contre les traités de libre-échange qui nous font consommer des poulets qui viennent de partout dans le monde, alors qu'on en produit des très bons chez nous. -Alors pourtant, en faisant tomber le gouvernement Barnier, vous saviez que forcément le Mercosur, tous les échanges... -Non mais ça c'est une vaste blague, sincèrement, car, évidemment, dès l'instant que la Commission européenne a parlé du Mercosur, ils ont prévu des fonds d'indemnisation pour les filières impactées.

Donc ça n'a rien à voir avec le fait que le gouvernement Barnier soit tombé ou pas. -Donc ça, c'est la réponse que vous faites aux agriculteurs qui ont muré votre permanence ? -On va parler politique, ce sont les agriculteurs de la FDSEA, Fédération Départementale qui ont muré ma permanence en partie, alors que j'étais en contact régulier avec le Secrétaire de la FDSEA car on leur promettait 400 millions d'euros d'aides.

Madame Genevard a déclaré il y a dix jours... -Ministre de l'Agriculture. -...que les aides allaient être versées.

Donc ça ne changeait rien. Mais on a voulu, pour ne pas censurer le gouvernement Barnier, nous annoncer une multitude de plaies qui allaient s'abattre sur la France, c'est-à-dire que votre carte vitale ne passerait plus, que les agriculteurs n'auraient plus leurs aides, les tickets restaurants, alors qu'on voit que ce n'est pas le cas. Il ne s'est rien passé de tout ça.

Les agriculteurs vont bien recevoir leurs subventions, mais si on parle de 400 millions d'euros, ça reste quelque chose de dérisoire par rapport à ce que coûte, par exemple, l'interdiction de l'acétamipride ou ces néonicotinoïdes sur lesquels on ne peut pas discuter. -En soutenant ce retour du pesticide sur le marché français, vous ne continuez pas à nourrir votre image de parti qui n'est pas très écolo ? -Oui, anti-écolo. -Je ne vois pas en quoi on a une image de parti anti-écolo car les LR les soutiennent aussi.

L'acétamipride ou autre. Ce n'est pas une machine en arrière. C'est quelque chose de ponctuel. -Pas anti-écolos, mais qui ne s'intéressent pas vraiment à l'écologie. -Mais ce n'est pas vrai.

On a eu un programme d'écologie. On propose plusieurs mesures. -Ce n'est pas là où vous êtes le plus offensif. -Mais c'est la caricature qu'on veut faire sur les programmes du RN.

Moi, j'invite tout le monde à regarder les programmes présidentiels qu'on a mis lors des présidentielles de 2022. Il faut quand même arrêter de vouloir nous mettre dans la caricature. On ne propose rien ?

On est le parti qui propose le plus. -Ce n'est pas ça. Typiquement, en début d'émission, vous nous dites : "Le bio, ce n'est pas mon truc." -Là, je ne parle pas en tant que représentant du RN.

Typiquement, en début d'émission, vous me demandez ma consommation en tant que femme, maman et usagère. Je suis dans un département très rural. Je suis au quotidien auprès des agriculteurs.

Ils prennent soin de leur exploitation. Oui, je leur fais confiance et je ne vais pas m'arrêter à l'étiquette bio ou pas. Quand je vais dans les coopératives, quand il y a du bio, il m'arrive d'acheter du bio.

S'il n'y en a pas, je n'achète pas de bio. Je fais confiance à ce que je mange car ça vient de chez moi et je vois comment c'est cultivé. J'ai confiance.

Les agriculteurs, c'est ceux qui aiment le plus la terre. C'est leur outil de travail. Ils sont attachés à leur exploitation.

Ils iront au bout. C'est-à-dire qu'ils ne vont pas s'arrêter en se disant...

Non, ils iront jusqu'au bout, jusqu'à ce que ça ne puisse plus tenir. Mais ils sont dans une situation où ce n'est plus possible, et ça, c'est dans de nombreuses filières. -Mais ils ne sont pas tous d'accord sur la façon d'utiliser cette terre et de l'exploiter, attention.

Il y a des divergences entre les... -Non, les agriculteurs ont ce point commun, c'est qu'ils ont cet amour de la terre, cet amour de la production, et cet amour de vouloir nourrir le peuple français, ou en ce qui me concerne, la population Lot-et-Garonnaise. -La colère qui monte, qui court de plus en plus, alors comment vous leur répondez ? -Il faut qu'il y ait des vraies avancées.

Quand je vais m'adresser à Madame la ministre, déjà, il faut vraiment une avancée dans cette filière noisette. Mais pas que. -Il y a des subventions, Pardon.

Il y en a pour vos producteurs ? -Oui, certainement. -Ca ne comble pas... -Les agriculteurs, ils ne veulent pas vivre à coup de subventions.

Ils veulent vivre de leur travail. -Ca peut être temporaire. -L'année dernière, on a eu une loi d'orientation agricole dans laquelle on a détaillé ce qu'était la souveraineté alimentaire.

C'est un très beau principe, Il faut le détailler, mais ça ne permet pas de faire vivre une production agricole. Je veux dire, il n'y avait rien par rapport à la juste rémunération des produits. Il n'y avait rien par rapport aux surtranspositions, ni par rapport à la concurrence déloyale, ni à l'étiquetage.

L'étiquetage, je vous donne un exemple, celui de la tomate. Vous allez par exemple dans un supermarché acheter votre tomate, si vous ne regardez pas, vous allez certainement acheter une tomate, notamment la tomate cerise qui vient du Maroc. Mais si on parle d'écologie, quand on mange une tomate qui vient du Maroc, on importe de l'eau ? -Oui. -On sait très bien qu'avec le climat qui est au Maroc, il n'y a pas le même besoin d'eau qu'en Lot-et-Garonne.

Donc, il faut être aussi cohérent dans ces choses-là. Idem par rapport au traité de libre- échange. Quand on a voulu aider l'Ukraine, en effet, mais c'est un ou deux producteurs ukrainiens qui nous ont amené sur le territoire des millions de poulets et qui a mis à mal notre filière au niveau volaille.

Vous voyez, ce sont toutes ces choses-là. Quand vous prenez aussi des poulets... -Justement, vous parlez des traités de libre-échange, je reviens sur le Mercosur.

Le président de la République a dit que, justement, la bataille n'était pas encore tout à fait perdue. Vous n'y croyez pas ? -Non, j'y crois pas. -On ne se bat même plus ? -Ce n'est pas une question de se battre ou non, mais c'est qu'au bout d'un moment, il faudrait avoir la capacité et le courage de dire : "Ca je ne le ferai pas parce que j'ai des filières en France qui vont être complètement tuées." Il faudrait le dire. -C'est ce qu'elle dit depuis le début. -Ppourquoi on fait un fonds d'indemnisation pour pallier le manque d'argent des filières ?

Pourquoi la Commission européenne l'a déjà créé ? C'est qu'ils anticipent que la France finira par baisser les bras. C'est ce que je regrette.

Derrière, il y a des exploitations, des familles. Quand je vais dans les exploitations, que je vois les enfants de ces agriculteurs avec qui je discute, qui jouent et puis je discute un peu, ils ne partent pas en vacances car les parents doivent être dans la production. Et les parents sont inquiets parce que derrière, ils ont du mal à payer les charges.

Et puis derrière, rien n'est fait. On leur propose quoi ? Des prêts.

Mais un prêt...

Si le problème en amont n'est pas résolu, ça ne va rien changer. Dans deux ans, il faudra refaire un prêt car il y aura encore ce manque de trésorerie. Vous voyez, il n'y a aucune filière maintenant, ou très peu, qui peuvent se dire : "Je suis un peu tranquille et on m'écoute." Les apiculteurs, c'est pareil. -Qu'il ait été mal ficelé, cet accord, je veux bien, mais on n'hypertrophie pas un peu trop les conséquences, parce que quand vous dites que des filières vont disparaître, le volume du Mercosur, c'est 1 % de la production européenne.

Quelles sont les filières dans votre coin qui sont directement menacées par le Mercosur ? -Il y a le boeuf. -Mais le boeuf, c'est des volumes extrêmement minces qui vont arriver en France.

Et toute la viande de mauvaise qualité arrive en Europe du Nord. Et la viande de bonne qualité, argentine, elle est très bonne et très écologique, elle arrive en Italie. Il y a peu de viande en volume, je veux dire. -Vous savez qu'au niveau du Mercosur et au niveau des traitements, ce sera juste un côté déclaratif.

Mais ce n'est pas se moquer du monde, ça, quand même ? -Mais ça peut-être, j'ai dit qu'il était mal ficelé. -Mais pourquoi ne pas consommer local ?

Pourquoi avoir dans son assiette du boeuf qui a fait des kilomètres ? -Car, dans un accord, il y a des filières françaises qui vont être avantagées. -Non, dans cet accord, vous savez comment ils l'appellent à l'Union Européenne ? -Pour les vignobles. -Ca va servir surtout les voitures allemandes. -Aussi. -Mais d'accord. -Mais si ça peut servir les vignobles français ? -Mais c'est encore la France et les agriculteurs qui vont servir de marchepied pour faire plaisir à l'Allemagne.

Et ça, ce n'est pas acceptable. Car derrière, il y a des familles. Parce que derrière, il y a un savoir-faire.

Il y a des productions. Nous avons plusieurs fleurons au niveau de la France. Au niveau de mon département, évidemment, j'en ai parlé.

La fraise, la noisette, la tomate. Mais ça se préserve. Si moi, en tant qu'élu, je ne le défends pas, qui va le faire ? -Et on vous a entendu.

On va maintenant évoquer le souvenir d'une très grande dame de la cuisine française. Maïté nous a quitté le 21 décembre dernier et avec elle, une dernière fois, on met Les pieds dans le plat. Jingle -Oui, avec son accent chantant des Landes, son bagout et sa verve, Maïté restauratrice autodidacte et rabelaisienne restera comme la pionnière de la cuisine au petit écran qu'elle a incarnée entre 1983-1997 avec La Cuisine des Mousquetaires sur Fr3, on disait à l'époque, Aquitaine, puis même ensuite Fr3 nationale avec des séquences cultes.

On va les voir : cancre à l'école, devenue star de la télé, retour sur un destin hors normes avec Marco Pommier. -Comment manger une anguille sans penser à Maïté ? -Non, c'est rien. -Icône populaire de la gastronomie à la télévision dans les années 80.

Pendant 14 ans, la reine des fourneaux a régalé les papilles des téléspectateurs de France 3, accompagnée de son acolyte Micheline. -Je tire ! -Dans une émission culte : La Cuisine des Mousquetaires. -Qu'est-ce que c'est que vous faites ? -Eh bien, je vais faire un hamburger rionnais.

Parce qu'on est à Rion. -Un burger au pain de campagne, gésier, lamelle de magret et foie gras chaud. -On n'enlève pas le gras parce que c'est bon. -Maïté défendait les produits locaux de sa Gascogne natale.

Impossible d'oublier aussi son franc-parler et son accent du sud-ouest chaleureux pour des scènes cocasses comme la dégustation érotique d'un ortolan. -Je commence à le prendre et à lui sucer le derrière. Oh, si vous pouviez déguster ce que je mange ! -Repérée à 45 ans dans son village à Rion-des-Landes, Maïté, de son vrai nom Marie-Thérèse Ordonez, cuisinait bénévolement pour l'équipe locale de rugby, entre les fourneaux et la trompette de la SNCF, où elle travaillait pour avertir les conducteurs en cas de travaux. -J'ai fait ça vingt-deux ans.

Vingt-deux ans, je partais le matin jusqu'au soir avec mon mari. -Après son succès médiatique, Maïté ouvre son propre restaurant et publie ses livres de recettes où elle continue de défendre une cuisine généreuse et authentique. -Et la nouvelle cuisine, qu'est-ce que vous en pensez ? -Maintenant, c'est une horreur.

C'est une horreur, c'est même honteux. C'est affreux, vous sortez des boîtes, vous décorez, ça fait de la couleur, c'est du rouge, vert, jaune, du blanc. C'est très joli, mais ça n'a aucun goût, c'est affreux. -Décédée à 86 ans, mi-décembre, Maïté restera comme la première ambassadrice de la cuisine traditionnelle. -Bonsoir, et à bientôt. -Je vous ai vu sursauter quand elle a donné un petit coup de marteau sur la tête de l'anguille, c'est le vieux monde, ça. -Vous me parliez bien-être animal avec le foie gras.

Bon, voilà. -On ne pourrait plus le faire à la télé de nos jours. -Non. -Vous avez ri quand même, en la voyant, elle a du... -J'ai ri sur la séquence sur l'ortolan.

C'est quand même, bon... -Est-ce que vous la regardiez à la télé ? -Oui, comme je pense beaucoup de personnes.

Oui, petite, je regardais La Cuisine des Mousquetaires en famille. On l'avait en fond, comme ça, dans la cuisine. -Elle était pas loin de chez vous, c'était un personnage du Sud-Ouest.

Elle incarnait aussi le Sud-Ouest. -Complètement, oui, avec les recettes traditionnelles. -Est-ce que vous avez déjà noté des recettes, essayé même de les reproduire ?

Ou dans votre famille, quand vous regardiez tous ensemble ? -Non, parce que c'était l'époque des livres. Mais on achetait des livres. -Les livres de Maïté ? -Oui, oui.

Ma grand-mère avait une collection astronomique de livres de cuisine. Au moins 400. -Ah oui ? -Ah oui, ma grand-mère, ma mère, voilà, le repas du dimanche, c'était quelque chose de sacré, ils avaient une métallurgie, et c'était le moment où on se retrouvait vraiment.

Il y avait mes oncles, ma mère, et donc la cuisine, faire vraiment un beau repas, c'était quelque chose d'assez traditionnel le dimanche, à Villeneuve-sur-Lot. -Mais du coup, vous, vous avez hérité de cette bibliothèque de livres de recettes ? -J'en ai gardé quelques-uns parce que, à titre... -Par souvenir ? -Oui, par souvenir et puis par la grande affection que je portais à ma grand-mère, oui, j'ai gardé quelques-uns de ses livres parce que dessus, elle griffonnait dessus, parce qu'elle essayait d'améliorer un peu les recettes, enfin quelque chose qui nous correspondait plus au niveau du groupe. -Les mémoires de votre famille dans les livres de recettes. -Voilà, puis ma mère en a gardé aussi, maintenant, elle nous reproduit aussi certaines recettes des livres qu'on avait.

Mais c'était l'époque des livres. Il n'y avait pas tout ce digital. Marmiton n'existait pas. -C'est ça. -Alors, en 83, qu'une cuisinière débarque à la télé, c'était historique.

Elle prépare, tape sur la tête des anguilles et suce des ortelans. Aujourd'hui, il y a une profusion d'émissions culinaires. Est-ce qu'il y en a trop ?

Et quelles sont celles que vous regardez en particulier ? -Moi, j'aime bien Cyril Lignac. Je le regarde. -L'accent du Sud-Ouest. -Il fait des choses accessibles, je trouve.

Donc régulièrement, même pendant les vacances scolaires, avec mes deux garçons, on s'y met, on achète les ingrédients et on fait en même temps. Donc ça, on aime bien. Après, les autres, je ne les connais pas spécialement, mais je trouve ça très bien parce qu'au-delà du côté...

Bien sûr, au-delà du côté culinaire, il y a ce côté où les familles se retrouvent. C'est un moment où il n'y a pas d'écran, c'est-à-dire pas d'écran personnel. C'est quelque chose où on est ensemble, où on fait quelque chose ensemble.

Et je trouve ça vraiment très bien qu'on continue à avoir des émissions culinaires à la télé. -Et vos garçons cuisinent bien ? -Mon petit adore ça. -Ah ouais ? -Mon petit, depuis tout petit, il adore. -C'est marrant. -Il a 11 ans, il aime cuisiner, il aime faire des gâteaux, il fait des soupes.

Il fait des choses simples, et plein de choses. Et il aime bien Cyril Lignac. -On peut dire que ces émissions suscitent des vocations.

Si on prend l'exemple de votre fils. -Oh, il a 11 ans. -Mais 11 ans, s'il a le virus de la cuisine, à 20 ans, il sera chef. -On verra.

Mais pour l'instant, ça lui plaît. Mais ce que je trouve très bien, c'est ce côté convivial. Il y a cette interconnexion aussi avec les personnes.

On regarde ce que les autres cuisinent. Le résultat aussi final. On se compare un peu aux autres.

Ouais, je trouve ça assez sympa. -La présentation, ça compte ? -Oui, beaucoup.

La présentation, puis le visuel. J'aime manger des choses. Oui.

Depuis toujours. -Typiquement, on peut faire de très beaux et très bons repas, mais sans prêter trop de temps à la présentation. Mais pour vous, ça compte ? -Oui, mais même chez moi, la table, c'était quelque chose d'important au niveau de la porcelaine. -Voilà, les arts de la table. -Exactement, les verres, plusieurs. -Ah, c'est rigolo. -Valérie, après la disparition de Maïté, on a perdu une grande figure de la cuisine et de la télé, c'est Jean-Luc Petitrenaud.

J'ai bien connu à Europe 1, il était quelqu'un de très truculent, qui avait des escapades gourmandes. Et on se souviendra, il savait mimer et sonoriser le bruit des plats. Vous savez, il racontait ces viandes qui mijotaient dans la graisse, etc.

Donc, hommage aussi à Jean-Luc Petitrenaud dans cette émission. -Vous faites bien, Jean-Pierre. Et puis, comme on ne finit jamais un repas sans une note sucrée, c'est l'heure du Péché mignon.

Jingle -On poursuit notre voyage en Italie. Après le risotto, le panettone, c'est l'un des plus typiques gâteaux de Noël italien. Une sorte de brioche, un peu élastique, c'est pas péjoratif, mais c'est vrai que c'est une pâte qui s'étire un petit peu, qui cartonne aujourd'hui chez nous.

Il y a 20 ans, personne ne connaissait le panettone. Aujourd'hui, il y en a dans tous les magasins, non seulement italiens, mais même au supermarché. Il y a des légendes qui nous disent que le panettone remonte au XVe siècle, à l'occasion d'un grand dîner de Noël en honneur du duc de Milan.

Le cuisinier avait raté son gâteau, alors il a dû en urgence en servir un autre, réalisé la veille par un simple commis, Tony. Ce dessert a fait fureur et le cuisinier a dû avouer qu'il s'agissait du "pan di Tony", d'où panettone. A mon avis c'est une légende, mais je voulais la raconter.

Alors pourquoi cet amour du panettone ? Vos racines maternelles ? -Toujours mes racines maternelles.

Le panettone, c'est quelque chose qu'on dégustait souvent vers Noël. C'était une période où on en achetait, où on le faisait même...

On avait même des amis italiens qui habitaient pas loin de chez nous. On le mangeait avec eux. C'est un souvenir que j'aime bien. -Je crois que le panettone traditionnel, il se fait aux fruits secs, non ? -Oui. -Là, on est avec du chocolat, c'est ça ? -D'accord.

Oui, d'ordinaire, vous avez des raisins secs, des fruits confits, des amandes. -Vous le préférez comment ? Plutôt aux fruits confits, au chocolat ? -Oui, moi j'aime bien aux fruits confits avec des amandes. -Ok, vous savez le faire ? -Non. -C'est trop compliqué ? -Non, c'est même quelque chose, je vais vous avouer que je n'ai jamais tenté.

Mais je ne fais pas trop de gâteaux, je fais plutôt des plats sucrés. -Votre fils... -Peut-être, il me le fera par la suite. -Et alors à côté, vous nous avez ramené une confiture, je ne dis pas de bêtises ?

Prunes rouges, fraises et poivre de... -Ca doit être Sichua, non ? -Non, non, non.

C'est un cousin du poivre de Sichuan, mais il a un nom imprononçable que je laisse à Valérie. -Allez, je me lance : voatsiperifery. Qu'est-ce que c'est ?

Qu'est-ce que c'est que ça ? -Alors, cette confiture, elle est faite par une jeune femme que j'ai découverte qui habite Bourran. Et donc, ses parents font de la culture de fraises et de kiwis.

Mais également, ils ont tout un carré avec des agrumes. Et elle, elle a passé donc un diplôme pour pouvoir après s'installer, faire de la confiture. Elle fait sa propre confiture, mais c'est par vague de 200 pots, puisque c'est fait dans un chaudron.

C'est vraiment de la confiture traditionnelle, avec les produits qui sont produits par l'exploitation de ses parents. Et il y a quelques producteurs aussi de poivre, mais ça reste marginal, en Lot-et-Garonne et dans la circonscription. -Ce n'est pas un poivre, ça a le nom d'un poivre, mais c'est en fait une baie.

Cette baie est produite ? -Ca pourrait, car il y a beaucoup de choses qu'on tente. Vous savez, j'ai même un producteur chez moi qui tente, par exemple, la mangue.

Il a quelques manguiers. Il y a vraiment beaucoup de production. Alors, c'est très marginal, mais c'est peut-être...

Ca vient de chez elle, puisque généralement, tout ce qu'elle a vient de chez elle ou des alentours. Donc, elle fait de la très bonne fraise. Elle en fait une qui s'appelle la Garlotte, qui est un mix entre la Gariguette et la Charlotte.

Et donc toutes les étiquettes, parce qu'elle était graphiste au départ, c'est elle qui les a faits. Et donc c'est vraiment une confiture artisanale, parce que bien sûr chez nous on a l'usine Georgelin, qui fait de très bonnes confitures également. Et on en a un autre aussi que j'aime bien, qui est Verduras, et qui lui, fait une pâte à tartiner.

Là, je ne vous l'ai pas amené parce que ça n'allait pas bien se marier, avec des noisettes et éclats de noisettes à l'intérieur dans la pâte à tartiner, qui est vraiment exceptionnelle. Mais cette confiture, je la vois fabriquée, je vois d'où elle vient, c'est vraiment un endroit merveilleux. -Mais elle est très bonne. -Ca ne m'étonne pas. -On achète. -Et on quitte l'Italie, on parlait du Mercosur avant, pour se rendre en Colombie avec Karol G qu'on écoute tout de suite.

Musique (...) (...) Alors, qu'est-ce que c'est que cette chanson ?

Pourquoi ce choix ? -Alors, pourquoi ce choix ? C'est un choix, d'ailleurs, vous avez dû le constater, très moderne, car au départ, on parlait de... -C'est très récent. -Oui, mais comme je vous l'ai dit avant, la famille, c'est l'angle central de ma vie, et j'ai deux enfants, 11 et 15 ans, et ça, c'est une musique que j'entends régulièrement, car ils la trouvent très gaie, et je la trouve très sympa.

Donc, du coup, j'étais très contente de venir, je trouvais que ça finissait bien l'émission. -OK. Et vous parlez espagnol ? -Pas du tout.

Mais alors, mon fils, lui, est passionné d'espagnol. Lui, il est au lycée. Et alors...

Il la chante, d'ailleurs, très bien. Et du coup, voilà. -Très bien, on vous remercie infiniment d'avoir partagé ce repas. -Muchas gracias. -Exactement, comme on dit là-bas. -On a fait un peu le tour du monde, de l'Europe en tout cas. -Merci beaucoup Hélène Laporte d'avoir partagé ce repas.

Merci infiniment Jean-Pierre. Et on remercie le Bourbon de nous avoir cuisiné tous ces plats. Merci et puis on se retrouve la semaine prochaine, en tout cas, très vite, pour un nouveau numéro de Politiques à table.

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