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Discours / meetingyoutube.com· 17 novembre 2025 14 minFond programmatiqueInstitutions & électionsBudget & impôtsTransportsÉconomie & entreprises

21ème Congrès des Régions-Discours de clôture de Valérie Pécresse

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:13Valérie PécresseChiffre
    « En une semaine, à l'Assemblée nationale, près de 40 milliards d'euros d'impôts et de dépenses supplémentaires. »
  • 3:51Valérie PécresseChiffre
    « En Ile-de-France, il veut, cette année encore, nous priver de 180 millions d'euros de recettes. »
  • 11:12Valérie PécresseChiffre
    « 70% des besoins de logement s'expriment en Île-de-France. »
  • 11:21Valérie PécresseChiffre
    « parce que oui, nous sommes l'autorité organisatrice qui transporte 9 millions de personnes tous les jours »
  • 13:41Valérie PécresseChiffre
    « 45 propositions concrètes de compétences à transférer à la région. »
  • 8:09Valérie PécresseChiffre
    « Notamment en déménageant notre siège régional de Paris à Saint-Ouen, ou en fermant 15 agences. »
  • 2:54Valérie PécresseFait
    « Depuis 2016, nous, les régions, nous avons montré l'exemple. »
  • 5:02Valérie PécresseFait
    « Moi, je dis que ces deux mandats présidentiels ont été les plus centralisateurs que la France ait connue depuis 1982. »
  • 9:16Valérie PécresseChiffre
    « Et j'espère que ces manuels, ils seront plus utilisés que les manuels numériques des éditeurs, qui étaient utilisés à 6%, voilà, et payés intégralement par la région Ile-de-France. »

Temps de parole

  • Présentateur99 %

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0:13
Présentateur

Merci. Alors, Monsieur le Président du Sénat, cher Gérard, qui est partout chez lui, en France et surtout en Ile-de-France, et encore plus dans les Yvelines, bien sûr. Madame la Ministre, chère Maud, Madame la Présidente de Région de France, chère Carole, Mesdames et Messieurs, chers collègues, Présidentes, Présidentes de Région, Conseillers régionaux, Mesdames et Messieurs les élus, Madame la Ministre, Sénatrice, chère Sophie, que je n'oublie pas, Madame la Sénatrice des Yvelines, il y a plusieurs parlementaires dans cette salle qui sont parmi nous. C'est encore un immense bonheur de recevoir et d'accueillir le Congrès de Région de France, ici, en Ile-de-France, ici, dans les Yvelines.

Ce Congrès, je crois qu'il se tient à un moment crucial, à un moment crucial pour affirmer notre unité dans un pays déboussolé. Un moment crucial aussi face à un État au bord du gouffre financier. Et face à cette urgence, nous, les régions, nous sommes prêtes à prendre nos responsabilités. Nous l'avons dit au Premier ministre, qui nous a fait l'honneur d'une réunion de travail de deux heures. Oui, nous allons répondre présentes, mais pas à n'importe quel prix, pas sans conditions et pas sans vision. Pour relancer la France, il faut du courage, le courage de libérer les énergies locales, le courage de déréglementer, le courage d'en finir avec le millefeuille administratif.

Il faut faire confiance à ceux qui agissent. Il faut donner au territoire le pouvoir de faire mieux, de faire mieux parce que, oui, nous sommes plus proches que l'État. Que voit-on malheureusement aujourd'hui ? Toujours plus d'impôts, toujours plus de contraintes. En une semaine, à l'Assemblée nationale, près de 40 milliards d'euros d'impôts et de dépenses supplémentaires. Et les réformes structurelles, elles sont où ? Nulle part. Alors, c'est un peu... Ce n'est pas le désert des tartares, M. le Président du Sénat, l'Assemblée, c'est le désert des bavards. Voilà, le désert des bavards. Au lieu de se réformer, l'État taxe. Au lieu de se serrer la ceinture, il sert celle des autres.

Au lieu de décentraliser, il siphonne les territoires. Alors, mes amis, est-ce que nous sommes vraiment ces super-riches que la démagogie fiscale se plaît à traquer ? Évidemment, non. Ce n'est pas nous. Depuis 2016, nous, les régions, nous avons montré l'exemple. Des budgets à l'équilibre, une règle d'or respectée que l'État ferait bien de s'appliquer à lui-même. Des investissements pour l'avenir, les transports, l'éducation, l'emploi, la transition écologique, c'est nous, c'est grâce à nous. Et souvent, nous pallions les défaillances de l'État en matière de santé, en matière de sécurité, en matière de laïcité. Il paraît que ces sujets ne sont pas de nos compétences.

Eh bien, moi, je vais vous dire, comme tous mes collègues, je ne reste jamais inerte lorsque les Français appellent à l'aide. Au lieu de reconnaître notre rôle, que fait l'État glouton ? Il confisque nos recettes. Il détruit nos trajectoires financières. Il ronde ses engagements vis-à-vis de nous. Il nous met en difficulté. En Ile-de-France, il veut, cette année encore, nous priver de 180 millions d'euros de recettes. Et il tourne le dos au financement des transports franciliens. C'est irresponsable et c'est injuste. Alors, si rien ne change, nous allons encore nous retrouver devant des nouvelles coupes douloureuses, à l'insu de notre plein gré, comme diraient les guignols, y compris, M.

le Président du Sénat, au détriment du soutien des communes, ces communes que, jusque-là, nous avons soigneusement préservées, parce que sans nous, ces petites républiques qui se battent dans notre grande république qui s'affaisse, ces petites républiques ne pourraient pas investir. C'est ça, la réalité de la vie régionale. Alors oui, l'État doit retrouver la raison. Nous ne sommes pas ces tiroirs-caisses. C'est d'abord à lui de remettre de l'ordre dans ses comptes. C'est à lui de se réformer, plutôt que de s'attaquer à ce qui marche, à ce qui fonctionne. C'est à lui de se soigner, plutôt que d'asphyxier ceux qui font encore tourner le pays.

Moi, je dis que ces deux mandats présidentiels ont été les plus centralisateurs que la France ait connue depuis 1982. Avec vous, je dis donc au Premier ministre, osez la décentralisation, osez la République des territoires. Alors oui, je sais, on va me dire, que l'absence de majorité parlementaire interdit toute audace. Et que si l'Assemblée est bloquée, eh bien, on ne peut rien faire. Eh bien, si on peut toujours faire des choses quand l'Assemblée est bloquée, on peut passer par le référendum. Parce que la décentralisation, ça n'est pas un sujet administratif. C'est un sujet de société et les Français demandent plus de décentralisation. C'est ça, la réalité de nos territoires.

Parce que la décentralisation touche à ce que les Français ressentent chaque jour. Cette distance entre la capitale, le pouvoir et eux. Cette impuissance publique. Et puis surtout la lenteur des décisions et la bureaucratie. Alors c'est vrai que le pouvoir jupitérien est à bout de souffle. Imaginons donc une République plus proche, plus vivante, plus responsable. Allez, je vais être optimiste. Je pense que nous pouvons passer du rêve à l'action. Que la fin des doublons, c'est maintenant. L'ADEME double nos actions. Transférez-nous l'ADEME. Ma prime rénov' échoue. Confiez-nous la rénovation énergétique. France Travail est déconnectée du terrain. Régionalisez-le.

Le système de santé manque de cohérence. France, donnez-nous la présidence des ARS. Alors ils sont parmi nous. Ils vont se reconnaître. BPI France, l'Agence Nationale de la Cohésion des Territoires, l'ONICEP, les aides économiques, la formation professionnelle. Partout, des doublons, des lenteurs, des gaspillages. Rationalisons. Simplifions. Faites-nous confiance. Oui, la débureaucratisation, ça doit être maintenant. Assez des formulaires, des contrôles, des normes. Une moitié de l'administration française semble aujourd'hui travailler à contrôler l'action de l'autre moitié. Assez, assez de ces autorisations pour demander une autorisation. Libérer l'énergie de ceux qui font.

Libérer l'énergie de ceux qui bâtissent, de ceux qui travaillent, de ceux qui investissent. Oui, mes chers amis, le lâcher prise de l'État, c'est maintenant. A l'État le régalien, au territoire le reste. Nous, les régions, nous n'avons pas peur de l'action, de la transformation, de l'adaptation aux réalités des territoires. Pour faire des économies, moi, je n'ai jamais hésité à faire des choix. Notamment en déménageant notre siège régional de Paris à Saint-Ouen, ou en fermant 15 agences. Combien d'agences l'État a-t-il fermé ces dernières années ? Combien ? Combien de fermetures ? En Ile-de-France, 15. Voilà, qui dit mieux ?

En Ile-de-France, nous avons ouvert nos transports à la concurrence. Y compris à Paris, dans la capitale. La fameuse RATP. Ils sont dans la salle, j'imagine, aussi. Je n'ai pas cédé aux menaces d'explosion sociale, ni aux bons conseils de tous ceux qui ne prennent jamais aucun risque. Parce que ma priorité, elle est double. C'est les usagers et la qualité du service public. Et c'est ça qui guide ma conduite. Pas la peur du changement. Récemment, nous avons lancé en Ile-de-France 50 manuels numériques libres pour les lycéens. Alors, en partenariat avec les rectorats d'Ile-de-France, ces manuels sont plus modernes, ils sont interactifs, et ils bousculent le monde des éditeurs.

Eh bien, écoutez, chers amis, tant mieux si ça bouscule. Et j'espère que ces manuels, ils seront plus utilisés que les manuels numériques des éditeurs, qui étaient utilisés à 6%, voilà, et payés intégralement par la région Ile-de-France. Je me réjouis que plusieurs de mes collègues soient intéressés à nous rejoindre dans cette révolution pédagogique. Ce que je veux vous dire, c'est que chaque fois qu'on nous fait confiance, nous faisons bouger les choses. Tout à l'heure, Franck Leroy, mon collègue, disait au Premier ministre, en fait, nous, quand on fait des petites révolutions régionales, eh bien, ça ne provoque pas une révolution au niveau national.

Alors, ça ne veut pas dire que ça ne proteste pas, ça ne veut pas dire qu'on ne négocie pas, ça ne veut pas dire qu'on ne concerte pas. Mais ça veut dire quand même qu'il y a une confiance qui s'est tissée dans les territoires, entre nous et les acteurs de terrain, qui fait qu'on arrive à être des promoteurs du changement beaucoup plus facilement que l'État. Parce qu'au niveau de l'État, les postures sont toujours politiques. Et la politique tue l'action, on le sait très bien. Et la politique est en train de tuer nos services publics. Alors, Madame la ministre, vous me connaissez, j'ai beaucoup aimé votre loi 3DS.

Mais, je vous le dis, le droit à la différenciation, c'est aussi maintenant une même règle partout. C'est l'égalité en apparence et c'est l'injustice partout en réalité. Nos territoires sont tous différents. Qui pense que la Corse, le centre Val-de-Loire ou l'Occitanie, c'est la même chose que l'Île-de-France ? Mais non, nous sommes tous différents. Nous méritons des solutions sur mesure. En Île-de-France, nous voulons créer un syndicat francilien du tourisme, par exemple, pour coordonner l'action des départements et de la ville de Paris. Tout le monde semble d'accord chez nous. Ce n'est peut-être pas le cas dans les autres régions. Mais pourquoi on n'essaye pas chez nous ?

On voudrait aussi créer un droit au logement prioritaire pour les salariés essentiels, parce qu'on est la région dans laquelle 70% des besoins de logement en France s'expriment. 70% des besoins de logement s'expriment en Île-de-France. On n'a pas la compétence logement. On aimerait diriger et coordonner une politique régionale des transports, parce que oui, nous sommes l'autorité organisatrice qui transporte 9 millions de personnes tous les jours et que le sujet de la sécurité dans les transports, ça s'est encore rappelé à nous ces dernières semaines, notamment la sécurité des femmes dans les transports, est un sujet francilien. Voilà.

Alors ce n'est pas forcément un sujet d'actualité dans les autres régions. Pourquoi ne pas nous différencier ? Pourquoi ne pas accepter de regarder chaque territoire avec ses particularités, ses singularités ? L'autonomie fiscale, enfin, c'est maintenant. Une compétence, une collectivité, une ressource. Une compétence, une collectivité, une ressource. C'est ça qui doit être notre credo. C'est le bon sens. Et puis c'est aussi le seul moyen pour que les Français puissent vérifier comment est utilisé l'argent de leurs impôts. Aujourd'hui, tout tombe dans un grand tout, un grand fourre-tout, et dans lequel personne n'est capable de tracer les flux financiers.

Nous, je le dis, nous ne voulons pas de dotation de l'État. Ces dotations de l'État nous placeraient sous sa tutelle. Nous les refusons. Nous voulons des ressources réelles liées, évidemment, à la dynamique économique des territoires, puisque c'est notre job de faire des territoires économiquement dynamiques. Notre job, c'est la croissance économique, la formation et l'emploi. C'est le cœur de la mission des régions. Alors oui, mes chers collègues, je crois qu'il est temps de graver dans le marbre de notre Constitution ce principe de l'autonomie fiscale des collectivités locales. Le budget 2026, vous l'avez compris, ça va être un tournant. Alors moi, je vous propose de faire bloc.

Et je vous propose, aux côtés de Carole Delga, de parler fort. Je sais qu'elle n'aura pas sa langue dans sa poche. Rappelons à tous ceux qui pourraient l'oublier, nous ne sommes pas les auxiliaires de l'État, nous sommes ses partenaires. Montrons que les régions sont le rempart et le moteur dont la France a besoin. Que le gouvernement et le Parlement nous entendent, la vraie décentralisation, ça doit être maintenant. Maintenant, pas dans 10 ans, pas avec un rapport de plus, pas avec un autre conclave maintenant. Toutes nos propositions sont sur la table. L'Ile-de-France a fait ses propositions. Nous avons ouvert la voie avec le rapport de Jean-François Vigier.

45 propositions concrètes de compétences à transférer à la région. Alors, personne ne nous a répondu, Madame la Ministre, l'État est en infraction à la loi 3DS que vous avez voulu, que vous avez portée. Nous n'avons pas eu de réponse à nos 45 propositions. Mais nous ne voulons plus de promesses. Nous ne voulons plus qu'on nous dise que c'est impossible. Nous ne voulons plus que l'État cherche des excuses. Nous voulons des actes pour que vive la République et vive la France. Merci.

14:10
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci.