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InterviewEurope 1 — La Grande interview (sur Podcast)· 28 juillet 2026 21 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéBudget & impôtsImmigration & asileJustice

«LFI a voté contre le budget de la Sécurité civile», rappelle Charles Rodwell

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 4:14OuverteRéponse directe

    Charles Rolloëlle, est-ce que le politique dans ces situations-là doit se faire plus discret ?

  • 5:48OuverteRéponse directe

    La France est-elle encore une grande puissance ?

  • 6:41RelanceRéponse directe

    Certains disent que le chef de l'État n'a pas fait assez sur la sécurité civile.

  • 7:38RelanceRéponse directe

    Manuel Bompard accuse Gabriel Attal d'avoir annulé 53 millions d'euros de crédit pour des appareils.

  • 9:12OuverteRéponse directe

    La France a 3 500 milliards d'euros de dettes. Comment on va faire dans les prochaines années ?

  • 9:33OuverteRéponse directe

    Faut-il mieux dépenser votre argent ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:21Invité politiqueChiffre
    « il y avait une hausse du budget de la sécurité civile de 16% d'autorisation d'engagement et de 6% en crédit de paiement »
  • 6:33Invité politiqueChiffre
    « on a réussi à doubler le budget de la sécurité civile en 10 ans »
  • 7:51Invité politiqueFait
    « Il dit n'importe quoi »
  • 8:10Invité politiqueChiffre
    « La loi de programmation du ministère de l'Intérieur, c'est 15 milliards d'euros, notamment des centaines de millions d'euros pour la sécurité civile »
  • 16:16Invité politiqueFait
    « La France insoumise vous a mis des bâtons dans les roues, d'ailleurs. Elle m'a traité de raciste, de xénophobe. Elle m'a même traité de transphobe. »
  • 19:00Invité politiqueChiffre
    « Ces gens-là, on va pouvoir les garder enfermés pendant 7 mois au lieu de 90 jours aujourd'hui afin d'assurer leur expulsion du territoire français »

Temps de parole

  • Charles Rodwell68 %
  • Présentateur32 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Europe 1, la grande interview Europe 1 C News, Alexis Delaflécher. La grande interview Europe 1 C News avec aujourd'hui Charles Rodouel, député ensemble pour la République des Yvelines, membre de la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale. Bonjour Charles Rodouel. Bonjour, merci pour votre invitation. Merci de l'avoir accepté. Un réveil de plus dans la chaleur des incendies. Les pompiers entament leur septième journée de lutte contre les flammes dans les Landes. C'est plutôt la bonne nouvelle du jour. Le feu est fixé en Gironde. En revanche, la situation est stable, mais l'incendie n'est pas fixé. Et tous les regards se tournent désormais vers la météo.

37 degrés attendus demain en Gironde. Une chaleur qui ne va pas faciliter le travail des secours. Emmanuel Macron a pu mesurer hier l'ampleur du désastre. Il a survolé le chef de l'État, la Gironde. C'est des paysages absolument apocalyptiques. 50 000 hectares ont brûlé dans le sud-ouest. Il a dit, le chef de l'État, il faut tenir. Nous devons rester unis. Mais cette unité, Charles Rodouel, depuis le début, on la voit. On voit des Français qui se serrent les coudes. On voit des pompiers qui donnent tout pour tenter d'éteindre cet incendie. Elle est déjà là, la solidarité, depuis le début. Et ça, c'est assez incroyable de voir que c'est une force française quand même.

Dans les moments difficiles, on est là et on sait tenir ensemble.

1:20
Charles Rodwell

Je suis très heureux que nous commencions cet entretien par le point que vous venez de faire. Je ne peux pas commencer cet entretien sans rendre un hommage à tous les pompiers qui sont déployés pour éteindre ces feux et éteindre ces incendies avec une abdénégation extraordinaire. Et qui sont accompagnés par des milliers de Français, des gendarmes et des policiers, justement, des bénévoles de l'association, des agriculteurs, des chasseurs, des maires.

Je pense évidemment aux maires de Bordeaux avec qui j'ai siégé à l'Assemblée nationale, mais les maires de toutes les autres communes de Gironde et des Landes qui se battent avec leurs moyens municipaux, leurs moyens associatifs pour lutter contre les incendies et pour reloger plus de 200 000 personnes qui ont dû être déplacées, qui est quand même le plus grand exil depuis la Seconde Guerre mondiale, qu'on se le dise dans des contextes très différents.

2:14
Présentateur

Oui, il y a des villages, notamment, où 13 000 habitants ont été évacués. C'est colossal.

2:19
Charles Rodwell

Colossal. Et donc, je voudrais vraiment commencer cet entretien en disant simplement à tous ces Français qui se sont déployés, merci. Merci, merci, merci. Et surtout, tenez bon parce que toute la nation est derrière vous. Et je crois que, comme ce que vous venez de dire, c'est dans ces moments aussi qu'on se rend compte qu'il y a un esprit français qui existe. Oui. Un esprit qui est souvent méprisé, qui est souvent même détesté par une part de la caste politicienne et médiatique progressiste parisienne, mais qui existe dans tout notre pays.

Et je tiens à lui rendre hommage ce matin en leur disant, tenez bon, et que nous sommes tous derrière eux pour stabiliser, puis pour éteindre cet incendie.

2:59
Présentateur

On le voit, des gymnases ont été ouverts, des repas distribués, des logements proposés. Et c'est ce que vous nous dites ce matin sur CNews et sur Europe 1. C'est qu'il y a cette France dont on parle presque quasiment jamais. En tout cas, nous, on le fait. Ce sont des gens qui habitent dans les campagnes et qui ont encore cet esprit-là, celui de la solidarité, d'aller aider son voisin parce que sa voiture est en panne, parce qu'il est en train de subir justement un drame et on va aller aider l'autre. Et ça, c'est quelque chose d'important quand même. Et ça montre que notre société est capable aussi d'être unie dans la difficulté. On le disait, c'est vraiment important d'insister là-dessus.

3:32
Charles Rodwell

Absolument.

Quand vous voyez les agriculteurs arriver avec des citernes d'eau pour accompagner les pompiers, quand vous voyez des maires et des associations qui ont installé en un temps record des gymnases pour pouvoir loger des familles entières qui ont dû être déplacées, quand vous voyez des citoyens ou des gendarmes, des policiers qui ont aidé des villages entiers à être évacués, quand vous voyez des agriculteurs une nouvelle fois qui acceptent de massacrer une part de leur récolte afin de limiter la progression des incendies, la mort dans l'âme, bien souvent, j'ai juste envie de leur dire merci à tous ces Français et à leur dire que le reste de la nation est derrière eux malgré toutes les critiques qui peuvent être.

4:14
Présentateur

Charles Rolloëlle, est-ce que le politique dans ces situations-là, à certains moments, je pense à Yael Brown-Pivet, notamment président de l'Assemblée nationale, doit peut-être se faire plus discret afin de laisser nos forces vives travailler dans de bonnes conditions ?

4:29
Charles Rodwell

Ce qui est sûr, c'est que vous avez deux attitudes possibles dans ces moments. Vous avez une attitude qui consiste à dire qu'on est en votre soutien. Et moi, en voyant en tant que simple député, moi, ce que je peux faire en ce moment, c'est préparer le prochain budget. Je suis membre de la Commission des finances. On va en parler. On est déjà au travail pour préparer le budget de l'État et le budget de la Sécurité sociale les mois qui viennent. Et donc, évidemment, moi, j'imagine dans ce moment-là que mon rôle, c'est de préparer, y compris le budget de la Sécurité civile, pour qu'on ait tous les moyens à disposition maintenant et dans les mois qui viennent.

Et vous avez d'autres forces politiques qui préfèrent se votrer dans la polémique. Enfin, on peut en citer plein, mais quand je vois, par exemple, Marine Tondelier hier, qui, sur le fond d'incendie, quand même, appelle à adhérer aux écologistes dans une vidéo où elle ne cite même pas les pompiers, ce genre d'attitude me débecte et me donne envie de vomir, quoi.

Parce que vous avez ce type d'attitude électoraliste qui sont juste délirantes et qui, je crois, illustrent très bien l'état d'esprit qu'anime ce type de forces politiques, une nouvelle fois bobos progressistes qui n'ont en fait que du mépris pour les Français qui se battent matin, midi et soir pour ces incendies, contre ces incendies.

5:42
Présentateur

On va parler du budget, on va parler des finances de la France, plus de 3500 milliards de dettes. La France est-elle encore une grande puissance ? Je voulais vous faire réagir à cette déclaration d'un simple pompier qui a dit ici, sur CNews et sur Europe 1 également, nous sommes la septième puissance mondiale et nous en venons à espérer qu'il pleuve, il y aura des comptes à rendre. Est-ce que la France a encore les moyens de ses ambitions ?

6:09
Charles Rodwell

Moi, je suis tout à fait d'accord avec cette déclaration et je pense que chacun aura des comptes à rendre. Dans le dernier budget qui a été adopté et qui a été préparé par Sébastien Lecornu et qui a été adopté par le Parlement, il y avait une hausse du budget de la sécurité civile de 16% d'autorisation d'engagement et de 6% en crédit de paiement. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, si on a réussi à doubler le budget de la sécurité civile en 10 ans, ce mandat d'Emmanuel Macron, c'est notamment parce qu'il y a eu des budgets sur lesquels on a augmenté le budget de la sécurité civile comme celui pour l'année 2026.

6:41
Présentateur

Il y a débat là-dessus. Il y a certains qui disent justement que le chef de l'État n'a pas fait assez sur la sécurité civile. Otman Nassrou, secrétaire général des Républicains, hier à votre place, disait justement à droite, on demande à ce que ce budget de la sécurité civile soit amélioré, amplifié. Et ils disent que les macronistes, sur le sujet, n'ont pas fait assez en tout cas.

7:01
Charles Rodwell

Alexis Lafléchère, dans le dernier budget, hausse de 16% du budget pour la sécurité civile. J'ai sous les yeux, je vais le montrer aux téléspectateurs et le décrire aux auditeurs, la motion de censure qu'avait déposée LFI, qu'avait déposée les écologistes, pour censurer le gouvernement et pour faire tomber ce budget. Qui avait voté cette motion de censure ? La France Insoumise, les écologistes et le Rassemblement National. Donc tous ceux aujourd'hui qui donnent des leçons au gouvernement et qui tentent d'allumer des polémiques inacceptables sur le budget de la sécurité civile sont ceux qui ont voulu faire tomber le budget de la sécurité civile.

7:38
Présentateur

La France Insoumise, Manuel Bompard, accuse Gabriel Attal d'avoir signé en février 2024 un décret annulant près de 53 millions d'euros de crédit, notamment destiné à l'acquisition de deux appareils supplémentaires. Manuel Bompard, il dit n'importe quoi ?

7:51
Charles Rodwell

Il dit n'importe quoi, pourquoi ? Parce que, du coup, autre document, j'ai sous les yeux, la loi de programmation du ministère de l'Intérieur. La loi de programmation du ministère de l'Intérieur, c'est 15 milliards d'euros, notamment des centaines de millions d'euros pour la sécurité civile, adoptée en 2023, que nous avons portée avec beaucoup d'abnégation, notamment pour financer l'achat de plusieurs Canadair et de plusieurs Dash à hauteur de centaines de millions d'euros. Qui a voté contre la loi de programmation du ministère de l'Intérieur ? La France Insoumise, Manuel Bompard en tête.

A chaque fois, Alexis Lafléchelle, que nous avons voulu augmenter le budget de la sécurité civile, la France Insoumise, et il faut bien le dire souvent, le Rassemblement National, était présent pour voter contre ces budgets. C'était le cas pour la France Insoumise sur la loi de programmation du ministère de l'Intérieur, c'était le cas pour la France Insoumise et le Rassemblement National sur le budget pour l'année 2026. Nous n'avons donc absolument aucune leçon à recevoir de ces gens qui préfèrent créer le chaos budgétaire plutôt que de financer concrètement le budget et la sécurité civile. Moi, pour moi, je suis très clair sur ce que je pense.

Vous savez, je l'ai décrit souvent ici, j'ai des critiques à commettre vis-à-vis du président de la République, mais sur la question de la sécurité civile, depuis 10 ans, il a été au rendez-vous, et nous avons été au rendez-vous, et nous allons continuer.

9:12
Présentateur

Alors Charles Rodouel, la France a 3 500 milliards d'euros de dettes, et justement, c'est un vrai sujet, parce que comment on va faire dans les prochaines années ? Il nous faut d'autres Canadaires, il faut qu'on renouvelle nos flottes, il faut qu'on fasse plus, et le sujet qui revient à chaque fois, c'est qu'on n'a plus d'argent. Alors, comment on va faire ? Et est-ce qu'il n'y a pas des solutions, finalement, aussi ? Finalement, faut-il pas mieux dépenser votre argent ?

9:38
Charles Rodwell

Je suis bien d'accord avec vous, mais regardez ce week-end, en parallèle, le Rassemblement National vient de valider la ligne politique sur les retraites, qui sera une ligne politique fixée sur un âge du départ à la retraite à 60 ou à 62 ans. C'est-à-dire qu'en fait, vous avez tous les partis politiques... Oui, mais vous savez ce qu'il dit.

9:53
Présentateur

Laissez-moi juste une... Oui, le Rassemblement National dit, il faut travailler plus tôt, on va allonger comme ça...

9:57
Charles Rodwell

Vous avez les mêmes forces politiques aujourd'hui qui disent qu'il faut plus de moyens pour la sécurité civile, plus de moyens pour la sécurité, plus de moyens pour lutter contre l'immigration, plus de moyens pour l'école, plus de moyens pour la transition écologique, et ce sont les mêmes qui proposent de faire exploser la dépense sociale, et même la faire imploser en abaissant l'âge du départ à la retraite.

Je le dis aux Français qui nous écoutent et qui nous regardent, et d'ailleurs ils le savent très bien, vous le savez très bien, nous ne pourrons pas financer la sécurité, l'école, la justice, la lutte contre l'immigration, notamment clandestine, la sécurité civile, et en même temps faire exploser les dépenses sociales en abaissant l'âge du départ à la retraite. Ces gens sont des pyromanes, sans mauvais jeu de mots, sur la dépense publique, parce qu'en même temps ils veulent plus de moyens pour les fonctions régulaires de l'État, et en même temps ils veulent faire exploser les dépenses sociales, ça ne marchera pas.

Moi Alexis Lafléchère, la raison pour laquelle je me bats, pour la retraite par capitalisation, je me bats sur ce combat pour une raison simple, c'est que c'est le seul moyen de sauver la retraite des Français, et c'est le seul moyen de faire baisser la pression de toutes les dépenses sociales, et pour récupérer des sous, des financements, pour financer toutes les autres missions de l'État, pour financer l'école, pour financer la justice, pour financer la sécurité civile, pour financer la sécurité des Français, nous n'avons pas d'autre moyen que de changer le modèle de protection sociale en France, notamment en passant sur un régime de retraite par capitalisation.

11:28
Présentateur

Et la retraite par capitalisation, Marine Le Pen en trouve la porte, selon ses dernières déclarations, petit à petit, elle dit pourquoi pas.

11:38
Charles Rodwell

Non, pardon, excusez-moi, Jordan Bardella avait ouvert la porte il y a quelques semaines, il a été contrecarré manu militari par Marine Le Pen ce week-end, qui a tranché la ligne, la retraite ce sera 60-62 ans, et je le dis aux Français, c'est peut-être un calcul de court terme pour les prochaines élections, mais c'est le meilleur moyen de faire imploser la protection sociale, de faire exploser votre facture, et surtout, surtout, d'être certain de ne jamais financer votre sécurité, votre école, la justice, la lutte contre les incendies, c'est, à mon avis, une irresponsabilité totale de trancher cette ligne ainsi.

12:16
Présentateur

Et ce sera au cœur des débats de la présidentielle qui arrivent très vite, mais en septembre, on est sûr qu'on va y revenir très largement. Vous êtes membre, Charles Rodoual, de la Commission des Finances, Est-ce que la France, parce que c'est aussi le nerf de la guerre, va avoir un budget ? Parce que si vous voulez qu'on avance sur nos finances, sur la stratégie, il nous faut un budget, et Sébastien Lecornu a mis la pression, il a dit que les candidats à la présidentielle doivent voter un budget, parce que sinon ils ne pourront pas mettre en place un programme, leur programme, quand ils seront élus. Vous pensez qu'on aura un budget pour 2027 ? Ça va arriver vite, 11 semaines.

12:51
Charles Rodwell

Absolument, et je m'inscris à 200% dans les mots de Sébastien Lecornu. Je adresse ce message à nos collègues, notamment socialistes, et parmi d'autres. Est-ce que vous croyez que la France peut se permettre de ne pas avoir de budget pour ses canadaires et pour ses dashes et pour la sécurité civile dans un an ? Est-ce que vous croyez que la France peut se permettre de ne pas avoir de budget pour la justice, pour la sécurité, pour la transition écologique ? Je pense que la réponse est non. C'est la raison pour laquelle ça fait maintenant...

Je suis élu depuis 2022, et depuis 2022, je vais vous dire, j'ai mal au cœur, parce que chaque année, on tend la main aux autres forces républicaines et modérées, notamment aux socialistes. Je ne suis pas de socialiste pour un sou, mais je leur tends la main à chaque fois. Et à chaque année, le même scénario se répète. On a une force politique qui était jadis une force politique de gouvernement, qui aujourd'hui se vôtre dans les pires compromissions avec la France insoumise. Je leur lance du coup un appel, vous avez une dernière chance pour éviter de céder à cette alliance sinistre avec la France insoumise. Vous avez une dernière chance de travailler avec nous.

Nous ne sommes pas d'accord avec vous, vous ne serez jamais d'accord avec nous, ce n'est pas grave. Nous avons la possibilité de boucler un budget qui ne sera pas parfait, mais qui nous permettra de financer les missions essentielles de l'État, et c'est de ce dont nous avons besoin.

14:13
Présentateur

Et on verra si les députés ont le sens du compromis sur le budget. Je voulais également qu'on parle ensemble, Charles Rodouel, ce matin, de ce qui s'est passé à Paris, puisque hier, 24 heures seulement d'ailleurs, je le précise, après l'attentat de Berlin, attentat islamiste, en tout cas selon les autorités allemandes, eh bien en France, on a eu une attaque au couteau à Paris, dans le 17e arrondissement. Trois femmes ont été grièvement blessées. L'enquête doit encore déterminer, bien sûr, précisément les motivations de l'assaillant. Vous avez voté, Charles Rodouel, la loi Riposte. Est-ce que c'est, certains disent, une loi de plus ?

Mais va-t-elle vraiment être efficace face à la violence du quotidien ? Un homme avec deux couteaux, des immenses couteaux de cuisine, apparaît dans le 17e arrondissement qui menace des passants ? Qu'est-ce qu'on fait ?

15:01
Charles Rodwell

Déjà, je suis bien heureux de voir ce matin que les trois victimes de cette attaque sont hors danger vital, donc c'est-à-dire qu'elles vont vivre, et j'en suis très heureux. On est sur le cas typique d'une personne qui sortait des radars jusqu'à présent, et c'est d'ailleurs dramatique et inacceptable. Une personne notamment atteinte de troubles psychiatriques très graves, qui lui permettait de passer à l'acte, et ce qui en faisait du coup une personne à la fois très dangereuse pour elle-même, comme pour le reste de la société. On a voté deux textes importants pour cibler spécifiquement ce type de personne ces derniers jours. Lesquels ?

Et je remercie infiniment mes collègues pour leur soutien. Un, la loi Ripoze, vous l'avez mentionné. Deux, la loi que nous avons portée en mémoire de Philippines. Pourquoi est-ce que cette loi touche spécifiquement ce type de personne ? L'article 1 de cette proposition de loi crée l'injonction d'examens psychiatriques. Qu'est-ce qu'on essaie de faire ? Aujourd'hui, vous avez des dizaines de personnes qui se baladent dans la nature, que tous les services de renseignement, de sécurité, préfectoraux connaissent, parce qu'ils sont atteints de troubles psychiatriques graves. Mais comme ils ne sont pas encore passés à l'acte, on ne peut pas les forcer à passer un examen psychiatrique obligatoire.

Depuis l'adoption de cette loi, depuis sa validation totale par le Conseil constitutionnel, en septembre... La France insoumise vous a mis des bâtons dans les roues, d'ailleurs. Elle m'a traité de raciste, de xénophobe. Elle m'a même traité de transphobe.

16:24
Présentateur

Donc, je veux dire... Elle a tenté, en tout cas, d'invalider votre loi avec le Conseil constitutionnel, qui, finalement... A validé, non pas partiellement... Vous a suivi.

16:33
Charles Rodwell

Totalement. Cette loi, ce qui prouve une chose, Alex Lefflecher, c'est que jamais l'État de droit ne doit nous condamner à l'impuissance sécuritaire et migratoire. Ce texte n'est la preuve. Le cas que vous mentionnez concrètement, nous allons pouvoir le traiter dès septembre. Pourquoi ? Parce que nous allons pouvoir imposer des examens psychiatriques obligatoires à des personnes qui sont atteintes de troubles psychiatriques graves avant qu'elles ne passent à l'acte et non pas attendre qu'elles doivent passer à l'acte pour pouvoir leur imposer ces mesures-là. On était dans un non-sens jusqu'à présent.

Cette loi va très concrètement pouvoir renforcer massivement la sécurité des Français, tant sur le volet psychiatrique que sur le volet de la rétention administrative.

17:13
Présentateur

Et sur les OQTF également, puisque l'affaire Philippine, rappelons-le, Philippine, c'est absolument terrible. Elle a été tuée, violée, enterrée dans le bois de Boulogne. Et son meurtrier était d'origine marocaine et visé d'une obligation de quitter le territoire français d'une OQTF. Qu'est-ce que cet homme-là faisait sur notre sol ? Et en quoi votre loi Philippine va permettre que ces hommes sous OQTF vont pouvoir retourner dans le pays dans lequel ils étaient ?

17:43
Charles Rodwell

L'homme concerné qui a tué Philippine, qui était une habitante de ma circonscription, et ça fait que m'y habite toujours. Je lui rends évidemment hommage comme à chaque fois que nous abordons le sujet. Non seulement on n'avait rien à faire sur notre territoire, avait déjà été condamné pour viol, récidiviste, avait fait la prison, était dans le centre de rétention administrative de Metz, et a dû être relâché avant d'être envoyé dans son pays, alors même que les autorités marocaines, et je tiens à le dire, s'il allait coopérer avec l'État français pour pouvoir récupérer ce bonhomme chez lui et pour pouvoir le virer de notre territoire.

18:22
Présentateur

Si la loi Philippine avait été à ce moment-là en vigueur, cet homme-là dont on parle actuellement

18:27
Charles Rodwell

n'aurait pas été sur notre sol ? Jamais je peux porter ce type de propos. J'aimerais pouvoir le dire aussi facilement, mais la vie est plus compliquée que ça. La seule chose que je peux dire, c'est que maintenant que la loi est adoptée, nous allons pouvoir maintenir en rétention plus longtemps des gens sous OQTF qui ont commis des actes graves avant de les virer, de les expulser du territoire français. Les gens qu'on vit dans notre texte, ce sont des terroristes, ce sont des personnes qui ont commis des actes de torture, de barbarie, des assassins, des violeurs, des gens qui ont commis des atteintes extrêmement graves à la personne.

Ces gens-là, on va pouvoir les garder enfermés pendant 7 mois au lieu de 90 jours aujourd'hui afin d'assurer leur expulsion du territoire français. C'est une immense avancée pour la sécurité des Français et dans ce texte, jamais nous n'avons touché à l'une de nos libertés publiques, mais oui, nous avons assumé de renforcer massivement la sécurité des Français. Et c'est ce texte que les socialistes ont refusé de voter, que les écologistes ont refusé de voter,

19:27
Présentateur

que la France Insoumise a refusé de voter. Ils ont refusé de voter d'autres textes, notamment aussi sur la pédocriminalité. Il est passé, mais de justesse, parce que dans un premier temps, sur les récidivistes, les violeurs, sur les personnes de moins de 15 ans, les députés socialistes, beaucoup d'écologistes ont eu beaucoup de mal aussi à voter ce genre de texte. Je voulais qu'on parle aussi de la présidentielle, Charles Rodouel, parce qu'on parle de sujets très importants depuis le début de cette interview. Qui sera votre candidat pour 2027 ? Emmanuel Macron ne peut pas se représenter.

D'ailleurs, souvent en vous écoutant, en interview, j'ai l'impression que finalement vous n'avez pas tellement de points communs avec Emmanuel Macron. Qui sera votre candidat en 2027, Charles Rodouel ?

20:04
Charles Rodwell

Alors déjà, sur le premier point que vous faites, je suis très fier d'une bonne part du bilan que nous avons porté depuis 10 ans, moi je suis député depuis 5 ans, depuis 10 ans, sur le volet européen, sur la politique de l'offre que nous avons bâtie, notamment pour réarmer économiquement la France. Et je souhaite que le candidat qui soit le candidat de notre camp continue à apporter ses projets, tout en renforçant massivement notre politique sécuritaire et tout en assumant de réduire massivement les migrations.

20:31
Présentateur

Vous ne voulez pas vous prononcer pour l'instant sur le prochain candidat ?

20:33
Charles Rodwell

Justement, je vous le dis très sincèrement, moi je suis loyal et je suis fidèle dans ma vie politique. Si Bruno Le Maire était candidat à la présidence de la République, ce que je souhaite, je le soutiendrai, quoi qu'il arrive, parce que pour moi, notamment dans des moments de crise, la fidélité c'est comme l'or, ça prend de la valeur en tant que crise.

20:50
Présentateur

Il n'est pas candidat pour l'instant.

20:51
Charles Rodwell

Et donc moi ce que j'aimerais, c'est que le candidat qui portera nos couleurs, quel qu'il soit, un, nous rassemble, donc vous attendez finalement que ce soit le mieux placé. de proposer un projet politique de rupture, y compris en matière régalienne, vis-à-vis de ce que nous avons porté en disant, parce que oui, nous avons besoin de rétablir la sécurité des Français, et deux, il nous faut une politique de réduction massive de l'immigration. Merci Charles Rodouel. On verra qui vous choisissez en temps voulu.

21:19
Présentateur

Merci Charles Rodouel d'avoir été l'invité de CNews et d'Europe 1. Bonne journée à vous. Merci à vous.