RUFFIN - MEETING DE FLIXECOURT
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 44 %Attaque 39 %Défensif 17 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 24:53PrésentateurChiffre
« Bernard Arnault s'engage à garder 12 200 salariés sur les 15 000 »
- 31:01PrésentateurChiffre
« Vanguard Group, c'est l'un des plus gros fonds mondiaux qui gère 3 000 milliards d'euros. »
- 31:56PrésentateurFait
« Dow Chemical, c'est Bhopal 1984. Bhopal 1984, c'est 20 000 morts, c'est encore 300 000 malades. »
- 36:10PrésentateurFait
« Ce communiqué s'intitule « Colère et incompréhension ». »
- 38:53PrésentateurFait
« l'acte unique européen, qui est voté en 1986, mis en implication en 1993, c'est le critère déciviliste. »
- 40:30PrésentateurChiffre
« Le député polonais est à 2100 euros. »
- 40:41PrésentateurChiffre
« le député bangladais, on a regardé, il est à 164 euros par mois. »
- 50:54Invité politiquePromesse
« Mon mandat est révocable. Si vous n'êtes pas content, vous pétitionnez et je démissionne. »
- 51:02Invité politiquePromesse
« La deuxième mesure, c'est vous qui gérez mes réserves parlementaires, avec un jury populaire tir au sort. »
- 51:06Invité politiquePromesse
« je me mets au SMIC. »
- 57:20PrésentateurFait
« Donc ça fait, je crois, 4-5 ans qu'il vit dans les Yvelines. »
- 57:25PrésentateurFait
« Il habite du lundi au vendredi dans les Yvelines. »
- 57:57PrésentateurFait
« Ne pas oublier ces personnes. Il faut des corps, il faut des chairs. »
- 58:19PrésentateurPromesse
« Pour que tous, ils vivent un peu plus la vie qu'ils voudraient. »
- 58:55PrésentateurFait
« Tout ça pour une circonscription sur 577. »
- 58:57PrésentateurFait
« Mais il y a une valeur de l'exemple. »
- 59:15PrésentateurFait
« La leçon, elle est simple dans le film, c'est, nous sommes parfois plus forts qu'on ne pense. »
- 59:30PrésentateurPromesse
« si jamais on arrive à montrer qu'on n'est pas voué à aller vers ce glissement, vers le pire »
- 59:41PrésentateurFait
« Il y a plein de gens, il y a de la fibre rouge en dessous. »
- 1:00:15PrésentateurFait
« si on réussit ici, vous savez, c'est une lumière qui s'allume dans un tunnel. »
- 1:00:25PrésentateurPromesse
« Je pense que si on réussit quelque chose ici, c'est un fondement pour la gauche, non pas de demain, mais pour la gauche d'après-demain. »
- 1:01:12PrésentateurFait
« Tenter, braver, persister, persévérer, être fidèle à soi-même, prendre corps à corps le destin, étonner la catastrophe par le peu de peur qu'elle nous fait »
- 1:02:18PrésentateurFait
« c'est pas seulement indignez-vous, mais c'est aussi organisez-vous. »
- 1:02:56PrésentateurChiffre
« Il faut qu'on ait 11 500 à 12 000 voix pour avoir de bonnes chances de passer le premier tour. »
- 1:03:04PrésentateurChiffre
« On part avec une base qui est entre 7 et 8 000. »
- 1:04:01PrésentateurChiffre
« Il reste 113 jours. »
- 1:15:01PrésentateurFait
« Je vous ai dit que c'était le Picardie qui était parti, la grande jacquerie en 1358. »
Temps de parole
- Présentateur67 %
- Invité14 %
- Invité 28 %
- François Ruffin6 %
≈ 0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Merci à l'Académie. Non, c'est long, c'est trop long, c'est trop long.
Vous avez vu, je vais m'empêcher de parler juste ici. Bonsoir, mes jeunes. Alors, j'ai oublié mon chapeau, mais ça va aller quand même. Donc, la pièce que nous avons eu l'honneur de jouer pour vous ce soir est une œuvre collective de l'Académie de chez La Fleur. Dans le rôle de La Fleur, et je suis de Néron. Et je suis de Néron parce que Néron, il a été enceint. Il a été enceint d'une grenouille. Et Saint-Chaunon, c'est Tétard. Donc, Jean-Louis Tétard dans le rôle de La Fleur. Dans le rôle de Joe Blaise, le secrétaire perpétuellement éphémère de l'Académie de chez La Fleur, Magdelmotte en personne. Merci. Dans le rôle de Popol, Chlernu, parce qu'il est tout dit à colère, j't'ai un coléreux.
Philippe Boulfroy du groupe Acheteur, j't'inclare deux. Dans le rôle de Papa Chuchu, Chod Gadou, Régine Gadou. Dans le rôle du gendarme, votre serviteur, Magdelmotte. Dans le rôle de Sandrine, Colette Fréville, qui est souffrante, mais qui est venue quand même. Les décors, les décors sont de Roger Arte et Liliane Duchemin. Calélo. Les costumes, les costumes sont de Donald Cardwell et Liliane Duchemin. Le castelet a été fabriqué par Jean-Louis Tétard, ici, je suis de Néron, en personne. L'Académie de chez La Fleur des Cernes, chaque année, à l'époque du Mardi Gras, deux sortes de distinctions.
La première, dès la fleure de chuc à l'individu ou l'association qui fait la promotion de la culture picarde. Deuxième distinction, dès la fleure de brun. Tout le monde sait ce que c'est que du brun ? Ça va ? Y'a pas besoin d'expliquer ? Même en politique, il n'y a du brun. Alors méfiez-vous, ça c'est un mauvais. Donc, dès la fleure de brun à l'individu ou l'association qui méprise cette même culture picarde. En 2016, j'ai bientôt fini parce qu'il m'a dit que d'aller vite, nous avons décerné le la fleure de brun à Amiens Métropole pour le manque d'entretien de la statue de la fleure, place Aristide Briand, quartier Saint-Leu, à Amiens.
Le la fleure de chuc a été décerné, comme par hasard, à François Ruffin, au sujet du film Merci Patron, produit par Fakir avec la famille Clure. A l'académie de chez la fleure, on a un principe, la distinction ne sera effective qu'après arrosage du délit commis. Merci.
Zig Zazou, le retour. C'est ça, non ? Bon, sinon, on va... Non, c'est pas ça ? Si, c'est ça. Et après, s'ils veulent s'approcher, ce sont les prises de parole politiques.
En revenant, mais on tombe, on tombe, on tombe, on t'aime les villes et rocs, grand bataflon, c'est qu'une gaïa, yuppi, yuppi, sur la route, un bout de deux, un carbo, titi, carri, va, pelou, la, tra, déri, vira, rat, boule, hu, cheval, cheval, cheval, cheval, un siphon, fond, fond, cheval, oh, et... Un carbo, titi, carri, va, pelou, la, tra, déri, vira, rat, boule, hu, cheval, four, et la cuisson, oui, cheval, un siphon, fond, fond, cheval, oh, et...
Un carbo, titi, carri, va, pelou, la, tra, déri, vira, merci, si, les responsables, on a réussi, dans la première construction de la Somme, une unité à gauche qui est une exception, et je peux faire vrai qu'elle soit la règle, mais je trouve que c'est une exception, ça s'est fait grâce à l'intermédience, on a réussi à Paris, je vais remercier pour la gauche qui est une église, je vais remercier pour la confiance,
ce qu'on le joue de 23 avec l'unité, c'est avec l'unité, on n'est pas sûr de gagner, mais sans ritmo sur le pétre, on a réussi à faire, j'aiensui, en même temps,
je vais remercier pour la confiance, et avec l'unité, avec l'unité, on n'est pas sûr de gagner, mais sans ritmo sur le pétre, ... C'est parce qu'il y a le communisme aussi en tant que gêne et en tant que gêne et en tant que gêne et en tant que gêne et en tant que gêne et en tant que gêne. Donc, pas de temps, il y a Amandine pour la parole et Georges pour la France Unie. Écologiste et solidaire qui a soutenu dès lors la candidature de François Ruffin aux législatives, à condition que celle-ci soit unitaire. Et c'est le cas aujourd'hui. Bon, on sent effectivement qu'il se passe quelque chose quand je vois cette salle là remplie.
On sent émerger une aventure humaine et politique, une énergie qui au lieu de se dissiper, de disparaître et là, tourner vers un projet différent. Un candidat non professionnel de la politique, sans expérience préalable, connaisseur des luttes sociales, porté par l'une et politique, cette capacité humaine, je l'ai senti disparaître et là, tourner vers un projet différent. Un candidat non professionnel de la politique, 15 ou 20, sans expérience préalable, connaisseur des références préalable, connaisseur des luttes sociales, Je suis de la France Insuline. On est très impliqués dans les élections, à la fois présidentielles et législatives.
Donc je n'ai pas pu y aller alors que ce soir, je vais essayer de me rattraper. Alors qu'est-ce que je vais faire ? En fait, au Café Repair, à chaque Café Repair, à la ville, il y a un thème. Le thème de la semaine dernière, c'était présenter un bouquin. Bon, vous allez me dire, qu'est-ce que c'est chiant. En fait, détrompez-vous, on peut être surpris. Alors, ce soir, je vais vous présenter le bouquin que j'aurais dû résumer la semaine dernière. Alors, c'est quoi ce bouquin ? Qu'est-ce que c'est chiant. Il s'intitule « La déconne nos mises ». Avec comme sous-titre « L'Empire de la bêtise ». Il s'intitule « La déconne nos mises ». Il s'intitule « La déconne nos mises ».
En fait, l'auteur de la sainteur, c'est à la compétence, revenu à l'intelligence, la déconne nos mises. Il s'intitule « La déconne nos mises ». Il s'intitule « La déconne nos mises ». Il s'intitule « La déconne nos mises ». Il s'intitule « La déconne nos mises ». Il s'intitule « La déconne nos mises ». Il s'intitule « La déconne nos mises ». Il s'intitule « La déconne nos mises ». Il s'intitule « La déconne nos mises ». Il s'intitule « La déconne nos mises ». Il s'intitule « La déconne nos mises ». Il s'intitule « La déconne nos mises ». Il s'intitule « La déconne nos mises ». Il s'intitule « La déconne nos mises ». Il s'intitule « La déconne nos mises ».
Il s'intitule « La déconne nos mises ». Il s'intitule « La déconne nos mises ». Il s'intitule « La déconne nos mises ». Il s'intitule « La déconne nos mises ». Il s'intitule « La déconne nos mises ». Il s'intitule « La déconne nos mises ». Il s'intitule « La déconne nos mises ». Il s'intitule « La déconne nos mises ». Il s'intitule « La déconne nos mises ». Il s'intitule « La déconne nos mises ». Il s'intitule « La déconne nos mises ». Et la concurrence débridée rend la connerie encore plus importante. Mais le livre se termine quand même sur un autre optimisation. Comment sortir de cette économie déconnante rend la connerie encore plus importante.
Ce serait la pensée rationnelle, la sagesse, la clairvoyance, le sens d'optimisation et l'émancipation et la concurrence de cette économie déconnante est d'ailleurs un symbole pour tout ça. Ce serait la pensée rationnellemes, la clairvoyance est d'optimisation et l'émancipation et l'émancipation et la concurrence de cette économie déconnante. C'est d'ailleurs un remède-, François, ce serait la pensée rationnelle, lailah gère une maire樹ete ou la clairvoyance, le sens d'optimisation et l'émancipation. Vous êtes nous porte-parole pour votre élection. Et avec eux, à la fin, c'est nous qu'on va gagner !
Les écologistes souhaitent le rassemblement, les militants et sympathisants du mouvement Les écologistes souhaitent le rassemblement, par un part de là, je crois là, les militants et sympathisants du mouvement Ils sont très très étendus, le rassemblement, par un part de là, je crois là, cette unique condition et sympathisant du mouvement Alors le peuple de l'écologie, on a demandé à la solidarité La candidature de François Ruffin a été par-delà, je crois là, le peuple de l'écologie, on a demandé à la solidarité La candidature de François Ruffin, c'est un vrai militant Le peuple de l'écologie, on est trop habitué à regarder TF1, ça ressemblait davantage aux gens que j'ai rencontré Et que je côtoyais tous les jours François Ruffin, c'est un lanceur d'alerte François Ruffin, c'est un lanceur d'alerte Et s'il est élu, démocratiquement, un lanceur d'alerte protégé par la démocratie Personnel, j'ai remarqué des trucs, je me suis dit mince, pourquoi j'ai dit oui aussi, moi personnellement François, en fait, à chaque fois que l'on va faire, de ce que tu vas faire, tu ne dis jamais je Et ça, c'est vraiment inciter ce rassemblement Et puis, après j'ai fermé les yeux, merci de cet imaginaire que tu me proposes
Ce que dit Elodie va me faire dire un truc C'est que, s'il y a encore des journalistes qui sont là, c'est que nous sommes la gauche Moi, quand on me dit, quand on me parle de la gauche radicale, non, je ne suis pas la gauche radicale Je ne suis pas la gauche de la gauche, je ne suis pas l'extrême gauche Ce sont eux qui ont glissé vers la droite Moi, je suis là, nous sommes la gauche ce soir Il y a 500 personnes réunies ici, c'est bien que le coeur de la gauche, ici et pas ailleurs Ils ont été libérés par Pascal Boitard, mais ce soir, le coeur de la gauche, il bat Alors, c'est pour ça que je pense que, pour que la famille soit au grand complet Pour moi, la ligne de partage entre la droite et la gauche, elle passe au sein du parti socialiste Donc, il va falloir tendre la main aux électeurs socialistes qui sont désorientés Aux militants, voire aux dirigeants qui sont désorientés et leur ouvrir leurs portes Voilà, là, maintenant, c'est un extrait de Merci Patron, je crois Et puis après, c'est grand discours, quoi, voilà Il y a Catherine qui est là, et c'est Catherine qu'on va retrouver à l'écran, Catherine Tu vas souffrir Bernard Arnault s'engage à garder 12 200 salariés sur les 15 000 Bernard Arnault s'engage à garder 12 200 salariés sur les 15 000
Bernard Arnault n'a rien sauvé du tout Rien sauvé du tout S'il a repris le groupe du Saxe-Saint-Ferre, c'était pour avoir Christian Dior Mais nous, il en avait rien à série Rien à série
Mais qu'est-ce qui reste de Bernard Arnault ici ? Rien, rien, rien, rien Et vous avez prévenu à l'avance qu'il allait vous revendre ? Non, non, non Mais avec 30 ans de recul, vous ne vous dites pas quel grand homme ?
Non !
Parce que quand même
Non !
Quand même ? Non ! Est-ce que vous avez des preuves de tout ce que vous avancez ? Parce que là, vous faites un procès de mauvaise intention à Bernard Arnault, mais euh...
C'est pas un procès de mauvaise intention, c'est la réalité
Mais est-ce que vous avez des preuves ?
Ben, la preuve, c'est le regarde ! C'est ça la preuve ! Voilà ! C'est pas une preuve, ça ! Merde ! Je m'énervais aussi, hein ! Vous avez quand même supprimé combien ? 8000 emplois ? Dans l'Évangile, il y a « Tu ne peux pas servir Dieu et l'argent » Catherine est là ! Catherine, je peux te lever ? Non, tu ne peux pas !
Bon ! Catherine et José, puisque vous fonctionnez en tandem ! José Matos, du pub délégué syndical, de Paris au siège de France, qui est un combattant aussi ! Vous pouvez l'applaudir ! C'est le moment du grand discours, alors ! Je ne sais pas si ça vous plaît comme baraque ! Ça vous plaît ? Les Whirlpool ? Où est-ce qu'ils sont les Whirlpool ? Ils sont là ! Ça vous plaît comme baraque ou pas ? Ça vous tente ? Euh... Donc là, il y a un terrain de tennis ! Est-ce qu'on peut déplacer avec la souris ? Tu peux nous montrer le terrain de tennis ? Il y a des prix d'entretien ! Il y en a une, celle de droite, ça doit être pour monsieur, celle de gauche, ça doit être pour madame, là je pense !
Il y a une piscine intérieure, on ne la voit pas ! Le jacuzzi, eux, ils l'ont, ce n'est pas comme à Fakir ! Il doit y avoir une quarantaine de jambres là-dedans ! Alors, si on peut faire un zoom arrière, on va voir qu'il y a un truc sympa aussi ! On va voir qu'il y a un truc sympa ! Tu peux me faire le zoom arrière ? Voilà, il arrive, le zoom arrière ! Là, vous voyez, c'est accès direct à la plage ! C'est sympa comme baraque, non ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Alors, ça appartient à Jeff Fettig, cette baraque ! Ça vous dit quelque chose ou pas ? Vous voyez, c'est tout le problème, c'est qu'on ne connaît pas le nom de nos maîtres aujourd'hui !
Et William McNabb, ça vous dit quelque chose ou pas ? Non, ça ne vous dit rien ! Vous voyez, je ne vous avais peut-être pas fait attention quand vous êtes rentrés là-bas sur le parking, mais juste en face, là-bas, il y a un château ! Vous l'avez vu, qui l'a vu ? Il y a ceux qui connaissent ! Vous ferez gaffe, vous lèverez le nez sur le parking, derrière la patinoire, vous verrez le château, c'est un château des Frères Saints ! Et il y en avait plein des châteaux des Frères Saints ! Et ce qui fait que, ici, dans le coin, dans les usines des Frères Saints, les salariés, il y avait immédiatement un rapport entre... une proximité entre les taudis et les châteaux ! Vous voyez ?
De la même manière, quand on va au cimetière de Fixecourt, vous avez des grandes chapelles, et à côté, vous avez des gens qui sont enterrés à même le sol ! Vous allez vous entrer dans l'église, vous avez un petit carré qui est réservé pour les riches, où il y avait des petits coussins molletonnés, et les autres, et bien, ils étaient sur des sièges en paille ! Et donc, la proximité comme ça, de ces riches et de ces pauvres, ça faisait que les manifestations se terminaient systématiquement devant le château en cortège ! Et ça fait qu'il y a deux châteaux qui ont brûlé, quand même, dans le coin ! Vous voyez ? Il y avait une proximité entre ça qui permettait une révolte !
La difficulté, là, c'est qu'il y a une disjonction géographique entre le travail et le capital ! Parce que la baraque que vous avez vue, là vous voyez le bonhomme, ça c'est Jeff Fettig ! Qui est Jeff Fettig ? C'est le PDG de Whirlpool ! Et vous voyez ? Le fait qu'on ne connaisse pas son nom, qu'on ne sache pas où il habite, ça a des effets politiques ! Parce que les salariés de chez Whirlpool, ils ne voient pas tous les matins où va la plus-value ! La plus-value, le salaire de Jeff Fettig, donc vous voyez, on bosse un petit peu de temps en temps ! Il touche 1,5 million grosso modo de salaire annuel, 2 millions de bonus annuels, 10 millions de revenus sur stock options !
Soit un total de 13,5 millions à peu près ! 13 millions, si on divise par le salaire d'un ouvrier de Whirlpool, je leur ai demandé, ça fait 500 ans ! Il faut imaginer un salarié de Whirlpool, travaillant depuis la guerre de Marignan à peu près, la bataille de Marignan en 1515, pour arriver, travaillant depuis ce temps-là jusqu'à aujourd'hui, pour égaler une année de salaire de Jeff Fettig.
Et ça veut dire autre chose, ça veut dire autre chose parce qu'il faut donner des images, ça veut dire que c'est comme si tous les salariés de Whirlpool Amiens, mais aussi le sous-traitant Prima, mais aussi la centaine d'intérimaires qui interviennent régulièrement, comme si ces 500 personnes-là travaillaient pendant un an pour égaler le salaire, les revenus de M. Jeff Fettig. La totalité des salariés d'Amiens, c'est égal à ce seul bonhomme, à lui tout seul. Donc déjà on peut dire que c'est une situation qui est indécente, mais ce qui est encore plus indécent évidemment, c'est que qui coûte trop cher, nous dit-on, c'est pas M.
Jeff Fettig, ce sont les salariés d'Amiens qui coûteraient supposément trop cher. Il y a 15 jours, 3 semaines, je me trouvais chez la maman de Linda, Linda elle est aussi en vacances, c'est la directrice du centre périscolaire de mes enfants, et elle m'a emmené chez sa maman, il me semble qu'elle est là sa maman. Vous pouvez applaudir ça, la maman de Linda, parce qu'elle a organisé une réunion politique dans son salon. Et je pense que ça devait être la première fois qu'il y avait une réunion politique qu'ils organisaient dans ce salon-là.
Donc on a été accueillis par un garçon surnommé Cacahuète, Linda lui a dit « Comme tu es bien habillé aujourd'hui, Cacahuète », il m'a dit « Oui, parce qu'aujourd'hui je dois servir ». Donc je me suis bien habillé, on aurait cru qu'on était dans un lycée hôtelier, c'est pareil, vous aviez mis la table comme il fallait, les napperons, tout ça, bon, et puis il y avait le sucre qui était en place, Cacahuète avait bien fait son travail.
Il y avait là toute la rue Saint-Pierre, enfin un paquet de personnes de la rue Saint-Pierre, il y avait les sœurs, les beaux-frères, il y a Sandra qui est là, un peu toute la famille qui était rassemblée, il y avait Pascal qui travaille à la mise en rayon à Carrefour, Michaela qui est assistante martélière, Georges qui est retraité, bon, et ainsi de suite, et Laurent qui est pâtissier, et il y avait Denis, ouvrier chez Whirlpool depuis 1992. Je l'ai vu aussi tout à l'heure, Denis, peut-être, il ne va pas se dénoncer, mais Denis est là aussi, bon. Et Denis, qu'est-ce qu'il a dit ?
Il a dit, il y a une prime chez Whirlpool, la prime c'est 120 euros à l'année, mais comme j'ai accompagné ma fille pendant 50 minutes chez le dentiste, je n'ai pas touché ma prime cette année. Alors, où vont ces 120 euros ? Ben, ces 120 euros, ils vont dans quelques tuiles du château de M. Jeff et Tighe. Mais la difficulté, c'est que Denis et ses camarades, ils ne voient pas Jeff et Tighe sortir de leur château et venir leur dire à eux, vous savez, vous gagnez trop, vos revenus sont trop chers. Il y a un tas de délégations, il y a des DRH, il y a des services communication, il y a des directeurs de sites et tout ça, qui permettent d'étendre la chaîne entre les deux.
Et du coup, ça ne suscite pas la révolte comme ça pourrait la susciter si ça n'a jamais sorti directement de sa baraque. Et résultat, le risque, évidemment, avec cet éloignement entre le travail et le capital, comme cet adversaire n'est pas visible, c'est qu'on retrouve d'autres adversaires qui, eux, sont visibles à la place. C'est quoi ? C'est le salarié du privé contre le fonctionnaire, c'est le travailleur contre celui qui est désigné contre assisté, et c'est évidemment le français contre l'immigré. C'est-à-dire qu'on va chercher des adversaires qui sont des adversaires visibles immédiats, plutôt que d'aller chercher notre véritable adversaire sur le plan de finances.
Et donc, cet éloignement entre le travail et capital nous fait oublier cette leçon simple de Victor Hugo, c'est de l'enfer des pauvres qui est fait le paradis des riches. Alors, je vais passer à William McNabb parce que, comme on a été long avant, je saute. Vous voulez un paragraphe sur Fillon ? Eh bien, on se fait pas Fillon. Qui veut Fillon ? Qui veut pas Fillon ? Oh, bordel. La démocratie directe, c'est compliqué. Bon, allez. Voyons, on passe la photo de Fillon. On la voit, la photo de Fillon. Je vais faire rapide. Mais c'est le retour des seigneurs.
Le voilà lui aussi qui est devant son château et qui vient vous dire que c'est vous, avec votre sécurité sociale, c'est vous, fonctionnaire, c'est vous qui cotez trop cher au pays et qui se fait le chantre de l'hyper-austérité. Vraiment, ça rappelle, enfin, on est revenu au temps de... Vous savez, la grande jacquerie, en 1358, elle est partie de Picardie. C'est ici qu'on a mis le feu au château pour commencer, hein. Le moment, c'était... Alors, j'ai sauté Macron, quand même. Vous voulez pas de Macron, hein. Par contre, je veux bien la flotte, moi. Alors, maintenant, j'en étais où ? Ah oui. William McNabb. Est-ce qu'on peut avoir sa photo à William McNabb ?
Ah, vous sentez tout de suite qu'il est dans votre camp, même si vous connaissez pas, hein. Alors, William McNabb, qui c'est William McNabb ? Est-ce qu'il y a quelqu'un qui a peu de culture dans cette salle ? Ou qui a un téléphone portable qui répond vite ? Euh... C'est le PDG de Vanguard Group. Qu'est-ce que Vanguard Group ? C'est l'un des plus gros fonds mondiaux qui gère 3 000 milliards d'euros. Alors, pourquoi j'ai choisi ce fonds-là ? Eh bien, parce que Vanguard Group, c'est l'actionnaire principal de Whirlpool. C'est-à-dire que c'est le patron, quelque part, de Jeff Fetig. Mais, ce William McNabb, il est aussi... Ce fonds est aussi actionnaire d'autres entreprises. Comme...
C'est l'actionnaire principal aussi de Monsanto. Cette entreprise qui déverse le Roundup, tous les pesticides, le lasso, les OGM. Le cancer pour les agriculteurs qui pollue les rivières, qui a déversé l'agent orange pendant la guerre du Vietnam. Voilà, on voit là l'actionnaire principal. C'est l'actionnaire principal aussi de Exxon, la marée noire en Alaska en 1989. C'est eux. C'est eux qui financent aussi des lobbies pour nous dire que le réchauffement climatique n'a rien à voir du tout avec l'industrie fruitorière. C'est aussi l'actionnaire de Dow Chemical. Dow Chemical, c'est Bhopal 1984. Bhopal 1984, c'est 20 000 morts, c'est encore 300 000 malades.
Et c'est eux qui font toutes les chicaneries pour ne pas payer les victimes de cette catastrophe industrielle. Enfin, The Vanguard Group, c'est aussi l'actionnaire de Foxconn. Foxton, le sous-traitant de Apple en Chine, surnommé les usines à suicide. Alors je vous cite tout ça. Donc, Vanguard Group, à la fois actionnaire prioritaire principal de Whirlpool, de Monsanto, de Exxon, de Dow Chemical, de Foxconn. Je vous dis tout ça pour vous dire que les travailleurs de Picardie d'Inde ou de Chine, ils ont le même ennemi. Et il ne faut pas séparer l'écologie et le social non plus parce que c'est la même bataille. Il y a la même bataille dans tous ces combats.
C'est la même bataille contre le même adversaire. Et la bataille qui est engagée, c'est celle pour ne pas laisser notre destin entre les mains de ces seigneurs. Pas seulement pour les sèches-linges, mais aussi pour l'avenir de la planète. Il y a une petite nouvelle dans le coin de Picard. Je vous la montre. C'est une nouvelle de cette taille-là. Vous voyez la taille du truc ? Et pourtant, c'est une nouvelle qui est dramatique. Et je trouve que la taille qui est donnée à cette nouvelle est doublement dramatique. Qu'est-ce que c'est ça ? C'est un nouveau pic de pollution.
Il est recommandé à l'ensemble de la population, et plus particulièrement aux personnes sensibles, d'éviter les activités physiques. Voilà à quoi on est en train de s'habituer quand on voit la taille de cette nouvelle dans le courrier Picard. C'est-à-dire qu'on est en train de s'habituer au fait qu'on conseille à nos enfants de ne pas sortir pendant les récréations, de ne pas faire de sport, et puis tout ça. Voilà la taille que ça fait quand pendant une journée on conseille ça à nos enfants. Parce que c'est ça que vous voulez comme avenir pour vos enfants.
Et pendant ce temps-là, on va faire traverser l'Europe à des caillons Whirlpool pour livrer les sèches-linges depuis l'autre bout de l'Europe. Et pendant ce temps-là, il va y avoir du jambon. Des cochons qui vont partir à Parme en camion et qui vont revenir en Hollande sous forme de jambon de Parme sur l'étiquette. Je vais laisser les camions traverser l'Europe en tous sens. Vous savez, il y a un truc que je dis, c'est que moi j'ai grandi, il y avait des hirondelles. J'aimerais regarder les hirondelles. On savait que quand elles volaient bas, c'était pas parce qu'il allait y avoir de l'orage. Vous pouvez regarder d'ores et déjà, mes enfants, ils grandissent sans voir d'hirondelles quasiment.
Vos enfants, ils grandissent sans voir d'hirondelles. Je pense que c'est un symptôme de ce qu'on ne peut pas accepter. Parce que si on les laisse faire, on sait qu'ils iront jusqu'au bout. Ils raseront les forêts. Ils videront les mers des thons, des baleines, des sardines. Ils pressureront les roches. Ils feront fondre les pôles. Ils noirciront l'Alaska. Ils sauveront les banques avec nos retraites. Ils solderont les routes, les îles, les jardins publics au plus offrant. Tout ça, c'est si on les laisse faire. Donc évidemment, la question, c'est aussi la question de notre soumission, c'est comment ça se fait que jusqu'ici, on les laisse faire. C'est le truc, hein.
Ils ne sont pas grands parce que nous sommes à genoux. Et c'est bien pour ça qu'on a choisi, c'est pour ça que nous disons Picardie debout. Alors dans tout ça, il y a des complices. Vous avez compris que mon adversaire, c'est toujours la finance. Le changement de discours, c'est pas pour maintenant. On a eu François Hollande qui disait, mon véritable adversaire n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti, et pourtant il gouverne. Des noms et des visages, vous avez vu qu'il en a. Mais les partis, il les a presque tous. La finance, elle gouverne avec presque tous les partis. Alors, j'ai choisi la fleur, mais en fait, je pense que ce sont eux qui sont le plus des pantins.
La fleur comme symbole, mais je pense que les pantins, ce sont avant tout eux. Ce sont avant tout eux les marionnettes de la finance. On voit les grosses ficelles, alors je saute Pascal Demarte. Bon, j'en reviens au communiqué sur Whirlpool, pour en rester à Whirlpool toujours. Le communiqué publié par Brigitte Fourré, maire d'Amiens, Alain Geste, député de la Somme, Xavier Bertrand, président de la région des Hauts-de-France. Ce communiqué s'intitule « Colère et incompréhension ». Et ça commence comme ça, c'est avec colère et incompréhension que nous apprenons la décision de Whirlpool. Mais qu'est-ce qu'ils ne comprennent pas ? Qu'est-ce qu'ils ne comprennent pas ?
Le coût du travail est moins élevé en Pologne. Whirlpool l'explique dans son communiqué. Donc, ils partent en Pologne. Le raisonnement est quand même simple. Un gamin de 5 ans comprend ce raisonnement. Qu'est-ce que tu dis, José ? Bah oui, Paris-Ossiège de France. Paris-Ossiège de France, qui fabriquait des meubles, partait en Roumanie. Oui, maintenant, ils le disent. Ce qu'ils disent, c'est que maintenant, en plus, ils disent qu'ils partent en Pologne. Avant, ils ne disaient pas à Paris. Ils n'ont pas dit qu'ils partaient en Roumanie. Ok. Goodyear, c'était la même histoire, c'était la Pologne. Moi, le premier plan social que j'ai fait, c'était le lave-linge chez Whirlpool.
Le lave-linge est parti à Poprad en Slovaquie. C'est la même histoire qui se répète depuis 30 ans. Et ils viennent nous dire, ah bah, on ne comprend pas. Et alors, dans leur communiqué, c'est... Cette fermeture répond à des impératifs exclusivement fondés sur la rentabilité financière. Quelle surprise ! Ils croyaient que Whirlpool, c'était une association philanthropique ? Non, mais je ne sais pas, quoi. Ils croyaient que c'était le secours catholique. Alors, on a eu le meilleur, c'était à l'ingès sur RTL. Cette délocalisation, c'est pour faire plaisir aux actionnaires. Putain, mais... Et le mec, il a fallu qu'il fasse des études pour découvrir ça, quoi.
Alors, vous allez voir, ensuite, ça va chauffer sur les décisions qui sont prises. Si Whirlpool ne consacre pas tous les apports à la réindustrialisation, il faudra que les Français, premiers consommateurs, soient informés de la façon dont l'entreprise fabricante de produits grand public n'assume pas ses responsabilités à Amiens.
Elle doit trembler.
Elle doit trembler, hein. Whirlpool, ça doit trembler, là-bas. Ils doivent avoir les chocottes, là-haut. Si on leur dit que... Bon, attention, on va tenir à former les gens que... Oh là là là là. Alors, le plus drôle, c'est quand ils demandent, les gestes pour et tout ça, ils disent, il est aujourd'hui la responsabilité du gouvernement de faire de la réindustrialisation de l'Amiénois une priorité nationale. C'est les mêmes qui, avec Fillon, veulent massacrer l'État, qui viennent vous dire, maintenant, c'est à l'État de prendre ses responsabilités pour réindustrialiser le site. À un moment, il faut quand même faire des choix, quoi. Donc, moi, je dis tout ça parce que...
Ce que je dis, il y a un enfant de 5 ans qui comprend tout ça. Pourquoi... Non, il y a un mot qui est absent de tous leurs communiqués. C'est le mot Europe. Ce mot Europe, il est absent. Or, c'est au centre de la problématique. C'est la possibilité, évidemment, de partir en Slovaquie, en Roumanie, et ainsi de suite, où le coût de travail est moins cher. C'est normal qu'ils ne veulent pas mettre ça en lumière, puisque, à la fois, l'acte unique européen... Je signale que l'acte unique européen, qui est voté en 1986, mis en implication en 1993, c'est le critère déciviliste. C'est ça qui donne le plus de libre circulation des capitaux et des marchandises.
Et c'est un traité qui, à l'époque, est voté par toutes les organisations politiques, y compris le Front National. Le Front National a voté pour la libre circulation des capitaux et des marchandises en Europe par toutes les organisations politiques, sauf le Parti Communiste. Donc, comment ça se fait ? Moi, ma question, c'est comment ça se fait ? Que ça peut durer comme ça depuis 30 ans, et que depuis 30 ans, on laisse faire. Qu'on laisse faire, ça a été d'abord le textile avec la famille Saint, enfin, avec Saint-Frère. Ça a été l'ameublement par ISO, la métallurgie. Ça a été la chimie. Même les chips ont quitté la Picardie, quoi.
Qu'est-ce qu'il nous reste s'il nous reste même plus les patates ? Et ça fait 30 ans que ça dure, et comment ça se fait que pendant 30 ans, eh bien, on laisse faire ? Je pense que la question centrale, c'est parce que ce sont des ouvriers. Parce que ce sont des ouvriers qui ne sont pas représentés à l'Assemblée Nationale, eh bien, ça peut continuer tranquillement. Vous savez, quand on touche, moi je suis journaliste, quand on touche à l'avantage fiscal des journalistes, le lendemain, ça fait des pâtes à caisse pas possibles, vous voyez ?
Si jamais, mais il se trouve, on n'est pas mis en moi, jamais mon patron, quand j'ai travaillé pour Mermet à France Inter, il me disait, bon ben, on a trouvé un reporter roumain, il est vachement moins cher que toi, et puis tout ça, il me disait jamais ça. Et si ça avait été ça, ça aurait fait... Imaginez qu'on dise, bon ben, finalement, le député roumain, il est beaucoup moins cher, le député polonais, il est à 2000 euros. Le député français, ça a 7100 euros. Le député polonais est à 2100 euros. Donc là, il y a des gains de compétitivité à faire là-dessus. Vous voyez ? On peut gagner le coût du travail, il peut être diminué sur le...
Et encore, je suis mesuré parce que le député bangladais, on a regardé, il est à 164 euros par mois. Vous voyez ? Mais si jamais on disait, allez hop, délocalisation de l'hémicycle à Varsovie, mais le lendemain, tous les députés, ils feraient une loi, un projet de loi, c'est pas possible, c'est interdit, ça peut pas marcher comme ça. Mais tant que c'est pour des ouvriers, ça peut durer pendant 30 ans. Et pendant 30 ans, non seulement il n'y a pas de loi, mais il n'y a même pas une véritable discussion sur ces questions à l'Assemblée nationale. Alors qu'est-ce que je proposerais si j'étais député ? Un truc simple, et puis qui c'est qui l'a dit tout à l'heure ?
C'est l'un des salariés de Bouydoux qui a dit plus aucun produit en France. Alors je ne parle pas de boycott moi, c'est toi qui l'a dit. Je ne parle pas seulement de boycott parce que le boycott c'est un truc individuel, c'est chacun qui va faire son geste au supermarché et on sait que massivement ça ne marche pas. Je parle d'une loi moi, d'une loi qui interdit tout produit de pouvoir de poules sur le territoire français. Je pense que c'est ça vers ça qu'il faut aller. Si on n'est pas assez bon pour produire, pourquoi on serait assez con pour les acheter ? Alors on me dit, j'ai eu des réflexions, c'est une logique simpliste. Vous voyez, c'est vrai, je suis assez basique moi comme garçon.
Mais vous trouvez qu'ils sont très élaborés eux en face ? Ah ben on part en Pologne parce que c'est moins cher, on part en Maniphe parce que c'est moins cher, on part en Slovaquie parce que c'est moins cher. Ils ont une logique qui est vraiment simpliste et qui met en œuvre depuis 30 ans. Et bien je suis désolé, mais face à ça, je suis partisan aussi de mesures simplistes. Alors, si ça vous dit, si ça vous dit, déjà on peut commencer par une pétition. Qui voudrait signer la pétition ici ? Bon alors, vas-y, balance la pétition. Voilà, c'est fait. Maintenant vous pouvez l'assigner en rentrant chez vous, d'accord ? La démocratie du clic, ça suffit pas.
Moi je tiens à dire que, qui ici serait prêt à accompagner les whirlpools si jamais ils décidaient de descendre à Paris ? Ouais, crier un peu parce que là franchement vous êtes endormis, je sais pas. Je vais vous chauffer un peu parce que ça va pas là. Vous allez répéter, vous direz après moi, flics secours avec nous. PICARDE avec nous ! PICARDE ! Je vais vous dire, mon adversaire principal, c'est la finance, mais c'est surtout l'indifférence. Il y a une citation que j'adore de Samuel Huntington. Donc c'est le gars qui a dit, qui a prôné le choc des civilisations.
Mais en 1975, il a un truc qui s'appelle la commission trilatérale, qui a un super think tank qui rassemble l'Europe, les Etats-Unis et le Japon. Et il a cette phrase. Le problème dans toutes les démocraties occidentales, c'est qu'il y a trop de démocratie. Le peuple se prend au sérieux. Or, pour en finir avec cette attitude et que les dirigeants puissent diriger, il faut installer de l'apathie politique. Voilà le programme que délivrait Huntington en 1975. Et bien voilà ce qui est notre principal adversaire tous les jours autour de nous. C'est l'apathie politique. C'est ce sentiment de résignation, de fatalisme, qu'on n'y peut plus rien. C'est en fait un vaste sentiment d'impuissance.
Je vais citer un... C'est comme s'il y avait un immense aquabon autour de nous. Et c'est contre ça essentiellement que tous les jours on doit combattre. C'est contre ça qu'on a lutté porte à porte, rue à rue, la semaine dernière à Fic-Secours. Pour essayer de dire aux gens, non, il y a encore des possibilités de faire des choses. Il y a une phrase que j'aime bien. Alors c'est d'un auteur très conservateur, nationaliste, il s'appelle Maurice Barrès. Mais il dit ceci. Que les pauvres aient le sentiment de leur impuissance, voilà une condition première de la paix sociale. Pourquoi il y a la paix sociale dans ce pays ?
Parce que jusqu'à maintenant, vous êtes convaincus que vous ne pouvez rien faire. C'est ça le problème. Si vous prenez conscience que finalement vous pouvez faire quelque chose, et bien, si vous en prenez conscience et confiance, et bien, ça peut vraiment changer. Il suffit d'un déclic que ça prenne, quoi. C'est Orwell qui dit, le but de la propagande est de produire le découragement des esprits. De persuader chacun de son impuissance. Et moi, je suis convaincu au contraire, c'est qu'on est puissant. Nous sommes puissants. Je pense que c'est un truc que déjà, vous pouvez ressentir ce soir. Si vous l'êtes... Vous savez, la puissance, ça passe pas seulement par les discours du tout.
Mais rien que le fait d'être nombreux, de faire du bruit, mais putain, vous en faites pas de bruit aussi ? Mais je pense que le sentiment de puissance, il passe par ça. Il passe par les corps aussi. Alors, dans tout ça, à quoi va servir mon élection ? Eh bien, à ça, je crois. À reprendre puissance. Je pense pas que ça soit une fin. Je pense que c'est une étape sur le chemin. Vous savez, l'appétit vient en mangeant. La victoire appelle la victoire. Moi, je pense que le peuple, il est comme un malade en convalescence. Et il faut lui trouver le moyen de faire le premier pas. Le premier pas qui lui permettra peut-être de faire un second pas.
Mais si vous lui dites, ah, on va aller à la rupture avec le capitalisme, voilà, les mecs, ils arrêtent tout de suite parce qu'ils sont découragés. On leur dit, c'est comme s'ils étaient malades. On leur demande de battre le record du saut en longueur d'un seul coup. Eh bien, je pense qu'il nous faut accumuler des petites victoires pour reprendre conscience et reprendre confiance. Et alors, il s'agit pas d'être seulement dans la défense dans l'emploi, mais il faudra aussi être dans l'attaque. La sécurité sociale à 100%, le SMIC à 1500 euros, les hausses des petites retraites, la fin du travail de tâché, les embauches dans l'hôpital et dans l'éducation, le revenu maximal et ainsi de suite.
Il va falloir que tout ça, on le conquiert. Mais on va pas se mentir, et les gens le savent, et je prends pas les gens pour des cons. Ils le savent que demain, il est peu vraisemblable qu'il y ait une majorité à l'Assemblée nationale qui met le SMIC à 1500 euros, qui propose le revenu maximal, qui impose une sécurité sociale à 5%. Je l'espère, je le souhaite, je me battrai pour, mais les gens sont pas bêtes. C'est pas le sentiment qui domine dans le climat politique aujourd'hui. Et c'est pour ça que... Alors, à quoi ça peut servir dans ce cadre-là ? D'abord, moi je crois que je peux vous représenter. J'aurai une fierté à le faire. Mais je veux dire que déjà, rien que de le fait de...
Je pense qu'il y a une souffrance simplement à ne pas être représenté. Moi, c'est quelque chose que j'ai éprouvé dans mon adolescence, c'est-à-dire que j'avais l'impression d'avoir des idées, d'avoir une révolte en moi, et qu'il n'y avait personne qui portait de cette révolte, il n'y avait personne qui parlait pour moi. Vous voyez, quand j'ouvrais les médias ou quand j'entendais au cours de moi. Et c'était... J'ai éprouvé ça comme une douleur. Et c'était devenu une douleur physique, j'attrapais des boutons. C'est pas une blague, vraiment j'attrapais des boutons. Mais je pense qu'il y a plein de gens qui réagissent comme ça, qui contiennent vachement sur...
Et alors, par exemple, quand j'ai vu Serge Halimi, l'auteur des nouveaux chiens de garde, directeur du monde diplomatique, il est passé dans une émission qui s'appelait Arrêt sur image, et qui a dit tout le mal que je pensais des médias, putain, mais ça m'a fait un bien fou. Rien, parce qu'il avait exprimé, c'est-à-dire pousser dehors. Exprimer, ça veut dire pousser dehors. Il avait exprimé ce que je ressentais. Mais quand j'ai vu Xavier Mathieu renvoyer David Pujadat dans les 22 mètres, en lui disant, mais attendez, quoi, vous me dites que c'est nous qui sommes violents ? Mais c'est eux qui sont violents en face et le renvoyer comme ça. Mais c'est quand même un éclair dans la nuit.
La nuit, elle est longue. C'est comme un éclair dans la nuit. La nuit, elle est longue. Mais on se souvient quand même des éclairs. Je pense qu'il y a dans la fonction députée, c'est pour ça que je brique ce mandat, quelque chose qui s'appelle la fonction tribunicienne. C'est-à-dire qu'on vient porter la parole du peuple. On fait des lois, certes, il y a des lois à faire. Mais il y a aussi le fait de porter la parole du peuple, le fait de le représenter, et je dirais dans l'Assemblée Nationale et en dehors. Parce qu'il ne faudra pas en rester à l'Assemblée Nationale.
Ce qui se passe dans les urnes, alors je me rappelle, tiens, quand j'ai fait le tractage chez Whirlpool, c'était vendredi dernier. Il y a un mec, il y a un ouvrier de chez Whirlpool, qui a dit, moi, je vote Marine Le Pen pour les faire chier. Il y a autre chose aussi, il y a que je regrette souvent. On est porté par des mythes. Ensuite, il y a des choses qui vous traversent. Moi, je suis porté par la Révolution Française, par cette espèce de mystique mythique de la Révolution Française. Et ce que je trouve de beau dans les députés pendant la Révolution Française, c'est qu'ils votent en leur âme et conscience. Les camps sont très mouvants.
Or, qu'est-ce qui s'est passé pendant les cinq dernières années, par exemple, c'est qu'on a eu des députés qui votaient aux petits ordres des partis, vous voyez, et pas du tout en leur âme et conscience. Et je pense que ça, c'est problématique. Et moi, je voterai en effet en mon âme et en conscience. Alors, il y a un jeune qui m'a demandé, quand je lui ai annoncé que j'allais me mettre au SMIC, il m'a dit « Ben pourquoi tu fais ça alors ? » Vous voyez, parce que j'ai dit que j'allais pas toucher les 7100€, mais que j'allais me mettre au SMIC. j'allais me mettre au SMIC. Ça fait partie de mes trois mesures. Mon mandat est révocable.
Si vous n'êtes pas content, vous pétitionnez et je démissionne. C'est la première mesure. La deuxième mesure, c'est vous qui gérez mes réserves parlementaires, avec un jury populaire tir au sort. Et la troisième mesure, je me mets au SMIC. Et il y a un jeune qui m'a dit « Mais alors pourquoi tu fais ça si c'est juste pour toucher le SMIC ? » Parce qu'il croyait que c'était pour gagner plus de pognon, quoi. Alors pourquoi je fais ça ? Je pense que d'abord, on aime bien vivre des aventures.
Je pense que si vous êtes ici ce soir, et puis ceux qui sont venus faire du porte-à-porte et qui se lancent dans notre bataille, c'est parce qu'aussi, c'est la chanson de Brel, « Pourquoi faut-il que les hommes s'ennuient ? » Eh bien, déjà, je pense que dans des semaines à venir, on ne va pas s'ennuyer, ça va déjà être ça. Mais par ailleurs, il y a de même que pour vous, je disais, moi je veux vous rendre un sentiment de puissance, mais moi je veux l'avoir aussi ce sentiment de puissance. Or, il y a plein de moments où je me bagarre et je me sens seul. J'ai mes moments de découragement, je me sens isolé.
Pareillement, je m'en souviens d'un moment pendant le conflit sur la loi travail, l'an dernier à l'Assemblée nationale, au ministère du Travail. Je vais pour essayer de poser deux questions à Myriam M. Khomri ou à son cabinet, mais deux questions toutes bêtes, quoi, vraiment toutes bêtes. Et qu'est-ce qu'on m'envoie ? On m'envoie les renseignements généraux, on m'envoie les vigiles, on m'envoie la préfecture de police, on m'envoie tout ça. Bon, alors, il y a deux solutions. Soit je me fais virer, et à la limite je me fais virer par les flics, comme il y a une caméra et qu'on est au ministère du dialogue social, quelque part j'ai gagné.
Soit la deuxième solution, c'est que je vais devoir passer la nuit là, et il y a Johanna qui est en train de m'apporter un sac de couchage pour dormir là. Bon, je veux dire, je frise, et parfois je suis complètement dans le pathétique. Vous savez, après, c'est comme Merci Patron, on a l'air héroïque comme ça, mais c'est parce qu'on choisit les scènes au montage aussi, quand même. Il y a quand même plein de moments où on a les bras ballants et tout ça. Et où on est découragé. Et c'est ce que disait tout à l'heure Elodie, je trouve, c'est-à-dire que là, ce qu'on me propose, c'est d'être protégé par l'écharpe. C'est de pouvoir faire la même chose, mais en maintenant soutenus par vous.
En ayant vos voix qui renforcent ma voix. Ce que j'aime bien aussi dans les députés pendant la Révolution française, c'est qu'il y a en permanence quelque chose qui se passe entre ce qu'il y a à l'intérieur de l'Assemblée nationale et ce qui se passe à l'extérieur. Ça passe de l'un à l'autre. Et moi, si jamais je suis élu, je ne serai qu'un point d'appui. Si vous ne luttez pas, je ne pourrai rien faire pour vous. Je pourrai être un point d'appui dans vos luttes.
Je compte bien, par exemple, si les Whirlpool arrivaient et que j'étais à l'Assemblée nationale, opérer une marche qui nous mène de Amiens jusqu'à Paris, rassemblée du monde, avoir un meeting devant l'Assemblée nationale qui rassemble 10, 20, 20, 50 000 personnes pour venir poser cette question de l'interdiction des produits Whirlpool sur le territoire français de manière à créer un rapport de force et que ma voix à l'intérieur de l'Assemblée nationale, parce que je serai tout seul, enfin, on ne sera pas nombreux à porter ça, eh bien que ma voix, elle sera renforcée par vos 10 000, 20 000, 100 000 voix dehors.
Mais il faut qu'il y ait en permanence cette passerelle entre les luttes dans la rue et le fruit des urnes. Mais ça ne peut pas être un isolement à l'intérieur. Alors vous savez, c'est vrai, là vous allez vous battre pour 1 sur 577. On va se bagarrer là-dessus. Bon, d'abord, moi je crois à la force dit non. Si jamais les 11 et 18 juin vous votez pour moi, ça aura du retentissement, ça sera un non qui aura du retentissement. Ça c'est une phrase d'André Malraux, je vais le faire sans son bégayement. Mais bon, le mot non fermement opposé à la force possède une puissance mystérieuse qui vient du fondu des siècles. L'esclave dit toujours oui.
Et bien voilà l'objectif, c'est qu'un non résonne dans la première circonscription de la Somme, les 11 et 18 juin. Et puis, je crois beaucoup au scrupule. Vous savez, le scrupule en latin, c'est le petit caillou. Moi je pense que je sais faire ça. Je sais être un petit caillou. Mais vous savez, quand vous avez un petit caillou dans la chaussure, vous ne pensez plus qu'à votre pied. Et ben voilà, je serai le petit caillou. Mais vous savez, j'ai vu Sophie de Menton qui est une nana du patronat. Je l'ai croisé dans une émission de télé. Elle m'a dit, ah c'est vous qui avez traumatisé Bernard Arnault. Attendez. Traumatisé. Vous voyez ce que je veux dire ?
Donc je crois qu'en effet, quand on est ce petit caillou, et ben ça peut apporter des choses derrière. Alors, il y a aussi que je sais pour qui je lutte. Je vais juste vous donner une anecdote. Je n'avais pas prévu de la caser maintenant. Vous savez, samedi dernier, j'étais à la salle Daniel Ferry au repas des communistes de Longo. Parce que c'est ce que j'aime bien dans la période que je vis et que j'espère que ça se poursuivra. Moi je crois qu'on est sauvé que par les autres de toute façon. Et si on reste tout seul, on se noie. Et là, justement, j'ai l'occasion de faire plein de belles rencontres et des gens qui viennent me parler de tout ça parce que je me retrouve avec un nouveau statut.
Et moi je n'arrive pas à lutter contre des grandes généralités, contre la précarité, contre le libéralisme. J'ai besoin de lutter pour des gens, pour des corps, pour des vies, pour des gens concrets. Et samedi dernier, à la fête du parti communiste de Longo, il y avait Mickaël qui était là, qui n'est pas membre du parti communiste. Il était venu parce que sa belle famille venait. Et il me racontait sa vie, qu'il faisait la plonge avant. Il faisait la plonge à l'hôtel Le Campagnile. Et il était enfermé dans une petite cahute, avoir passé des assiettes tout le temps, tout le temps, tout le temps.
Il avait l'impression de crever à l'intérieur de ce truc et d'être traité comme une merde, comme une grosse merde, il me disait. Donc un jour, à un barbecue, il a croisé un mec. Ils étaient un peu tous bourrés. Et le mec lui a dit « Ben voilà, moi j'ai monté un hôtel dans les Yvelines. Si tu veux, tu viens me rejoindre et je te mettrais directeur adjoint. » Bon, le mec était bourré. Donc Mickaël a rappelé le lendemain. En disant « Mais attends, ta proposition d'hier, c'était sérieux ? » Et le gars lui a dit « Oui, oui, oui, c'était bien une proposition sérieuse. Tu peux venir, tu viens. » Et donc, bon, bah Mickaël est parti. Donc ça fait, je crois, 4-5 ans qu'il vit dans les Yvelines.
Enfin, il a sa femme à Longo et il part du lundi au vendredi. Il habite du lundi au vendredi dans les Yvelines. Et je lui dis « Ben alors, t'as des enfants ? » Il me dit « Ben non, je peux pas avoir d'enfants. » Parce que, imagine, ils vont savoir dire « Maman », ils sauront jamais dire « Papa », ils me verront jamais. Vous voyez ? Et il me dit « Ben puis moi, ma vie, c'est ma Longo. Tu peux pas imaginer quand je vois le panneau Longo le vendredi soir ? » Je respire. Il me dit « Ben t'as l'air triste. » Il me dit « Oui, ben oui, j'ai pas la vie que je voudrais.
» Mais en même temps, il dit « Je sais bien que les gens qui sont ici, donc dans cette salle d'Avier Daniel Ferry, eux non plus, ils ont pas la vie qu'ils voudraient. » Moi, j'ai besoin de Mickaël. Parce que ça nous rappelle à ce pourquoi on lutte. C'est mon carburant. Ne pas oublier ces personnes. Il faut des corps, il faut des chairs. Et qu'on sait qu'on lutte pour les gens dans la salle Daniel Ferry de Longo, dans toutes les salles Daniel Ferry du pays et même du monde, pour que tous, ils vivent un peu plus la vie qu'ils voudraient. C'est pas la vie idéale, mais au moins un peu plus la vie qu'ils voudraient.
Pour ça, dans les semaines à venir, déjà, il y en a dans cette salle qui ont fourni beaucoup d'efforts pour qu'on soit aussi nombreux ce soir et pour qu'il y ait quelque chose qui se passe, qu'on arrive à lutter contre, je dirais, le fatalisme, la résignation et le marinisme. À sortir de ça, ça demande... Et dans les semaines à venir, on va encore avoir à labourer le terrain dans tous les sens. Quartier après quartier, rue après rue, maison après maison. Tout ça pour une circonscription sur 577. Mais il y a une valeur de l'exemple.
Quand dans mon film, je sauve l'éclure, enfin entre guillemets, quand l'éclure sont sauvée, ça se passe à Forest en Cambrésie, mais je sais que les gens qui vont voir le film, ils ne vont pas se dire, ah tiens, c'est quelque chose qui vaut que pour Forest en Cambrésie. Je sais que les gens qui vont voir ce film, ils vont en tirer une leçon universelle. La leçon, elle est simple dans le film, c'est, nous sommes parfois plus forts qu'on ne pense, et ils sont parfois plus fragiles qu'on ne le croit.
Et de la même manière, je pense que si jamais, dans cette circonscription populaire, où il y a aujourd'hui un vote Front National qui est énorme, si jamais on arrive à montrer qu'on n'est pas voué à aller vers ce glissement, vers le pire, parce que dans les gens de notre coin, il y a de la fibre rouge en dessous. Il y a plein de gens, il y a de la fibre rouge en dessous. Il y a du brun, et du brun au sens de merde, et du brun au sens de la couleur brune, la couleur du Front National, il y a du brun qui s'est mis dessus. Mais on peut le nettoyer et on peut retrouver cette fibre rouge qui est en dessous. Alors, si on réussit ça ici, vous savez, ça sera...
Alors, tout à l'heure, il y a un journaliste de François qui m'a dit « c'est christique ». Ben, peut-être que oui, je ne suis peut-être pas seulement traversé par le mythe de la Révolution française, mais bon. Mais je dirais que si on réussit ici, vous savez, c'est une lumière qui s'allume dans un tunnel. Quand il fait noir dans le tunnel et qu'une lumière s'allume, il y a du monde qui regarde la lumière qui s'allume. Je pense que si on réussit quelque chose ici, c'est un fondement pour la gauche, non pas de demain, mais pour la gauche d'après-demain. On pose les bases d'une force enthousiaste, volontaire, populaire et combative.
Alors, je termine la citation qui nous a guidés depuis le début. Donc, il va falloir bosser parce que ce n'est pas gagné. C'est vraiment maison après maison, rue après rue, les copains après les copains, la famille, les cousins, les collègues de boulot et tout ça, si on veut réussir à accrocher le deuxième tour, à être vainqueur au deuxième tour. Je termine sur une citation de Victor Hugo, qui est une citation qui nous a guidés depuis maintenant un an et demi, qui parle d'étonner la catastrophe parce qu'on sait ce qu'est la catastrophe qui pourrait se dessiner devant nous. Et Victor Hugo dit ceci.
Tenter, braver, persister, persévérer, être fidèle à soi-même, prendre corps à corps le destin, étonner la catastrophe par le peu de peur qu'elle nous fait, tantôt affronter la puissance injuste, tantôt insulter la victoire ivre, tenir bon, tenir tête. Voilà l'exemple dont les peuples ont besoin et la lumière qui les électrise. Voilà notre programme, camarades. Il va encore y avoir un truc de musique, mais après c'est fini d'être sympa. Parce qu'après on va vous dire comment vous mettre au boulot, comment vous organiser. Parce que c'est pas seulement indignez-vous, mais c'est aussi organisez-vous. C'était d'ailleurs le message adressé par Joe Hill à ses camarades.
Joe Hill, syndicaliste et militant politique américain, qui allait être pendu pour des raisons complètement injustes, et qui dit à ses camarades, ne me pleurez.
Je m'appelle Henri, je voudrais bien plus gros que n'importe qui.
C'était de vendre des framboises, comme le petit potier qui grimpait en faisant des pés.
C'est bien de parler, maintenant on va bosser.
Premièrement, j'ai plusieurs trucs à vous dire. Le premier des trucs, c'est que quand vous allez sortir, il y a des copains qui ont des petits papiers, etc. Si c'est pas déjà fait, vous pouvez laisser vos contacts, laisser vos adresses mail, vos téléphones, etc. pour pouvoir rejoindre l'équipe et pour pouvoir qu'on se recontacte et qu'on travaille tous ensemble. Ensuite, normalement, il y a un petit powerpoint très bien organisé. Le premier slide. Non ? Bon, tant pis. Tout d'abord, ce que je viens de vous dire, normalement vous en avez tous sur vos chaises, mais là-bas, dans le fond, il y a des affiches, des autocollants, des tracts, etc. Prenez-en un maximum pour en mettre autour de vous.
Les affiches, ça se colle sur les bagnoles, etc. Donc voilà, c'est ce qu'on a fait pour venir jusqu'ici. Toutes les bagnoles étaient recouvertes pour les convois et tout. Donc n'hésitez pas à prendre des tracts à distribuer autour de vous, des autocollants, etc. Ensuite, comme l'a dit François tout à l'heure, on fait des prêts de DVD. Merci patron, je pense que c'est une de nos meilleures armes, c'est clair. Donc du coup, n'hésitez pas à emprunter le DVD, vous laissez votre adresse, un numéro de téléphone, on vous fait confiance, on viendra le récupérer, vous viendrez nous le rendre. Et organisez des projections autour de vous avec 5, 10 personnes, etc.
Avec vos voisins, avec vos cousins, voilà. Et puis après le film, c'est assez simple de discuter. On peut discuter politique, on peut discuter de la campagne de François. Ensuite, on a... Bon, si jamais il y en a qui ont un peu trop de sous. Pour faire des dons pour la campagne. N'empêche, c'est super important. Parce que tout ça, ça coûte. Tout ça, ça va demander énormément de moyens. Et on a déjà assez de retard par rapport aux autres pour se priver de ce biais-là qu'est les moyens financiers. Donc du coup, pour faire des dons, c'est tout simple. C'est au nom du mandataire financier, Dolores Esteban. On peut faire des chèques.
Si vous voulez plus d'infos là-dessus, là-bas, il y a des copains qui vous renseigneront exactement comment faire. Parce que je crois que c'était du type d'impôt, etc. Alors moi, je ne paye pas d'impôt, je ne sais pas comment ça fonctionne. Mais voilà, on fait les choses dans les règles. Si vous n'avez pas de chéquier, vous l'envoyez directement au local de campagne. Voilà. Et donc, je vais vous filer les rendez-vous. Alors, je vais commencer tout d'abord par le 1er mars à... Ouais, bon, dès demain. Dès demain, rendez-vous pour tous ceux qui veulent à partir de 9h30 à la salle Monstrelais. Donc là, c'est le moment où on sort les Injadas, on note. Donc c'est à Amiens.
La semaine dernière, on a fait flic secours en porte-à-porte. Demain, on va faire le quartier Saint-Maurice, un quartier à Amiens. Donc rendez-vous à 9h30, on vous accueillera avec le café, etc. On refera un petit point. Je sais que le porte-à-porte, ça peut être effrayant. Ici, dans la salle, plusieurs l'ont fait à flic secours. Je peux vous assurer qu'on est reparti plutôt avec la banane, quoi. Ce n'est pas forcément évident. Les portes sont fermées. Les gens ne sont pas forcément avenants, etc. Mais en attendant, ça file la pêche. Parce que si on a réussi à remplir la salle ce soir, c'est aussi et surtout grâce au porte-à-porte. Donc demain, on va refaire une séance à Saint-Maurice.
Donc rendez-vous à partir de 9h30. Et le midi, on bouffe tous ensemble. S'il y en a qui ne peuvent venir que l'après-midi, rejoignez-nous vers 12h30. Et puis voilà. Ensuite, donc les rendez-vous. Le 1er mars, c'est très rapide. À Saint-Maurice, on va faire une réunion publique sur le revenu pour tous avec Laurent Cordonnier qui est un économiste. Donc 18h30 à la salle Monstrelais le 1er mars. Ensuite, très vite, tout de suite après, le 3 mars, on perd pas de temps. À Longo, on va faire une réunion sur les transports avec Gilles Balbastre. Salle Daniel Ferry à partir de 18h30 également.
Et ensuite, la semaine d'après, le 9 mars, on va à Abbeville faire une réunion publique sur comment les riches destruisent la planète avec Hervé Kempf. Donc Hervé Kempf qui est journaliste, qui a fondé Reporter, qui était journaliste au Monde. Et donc c'est à 19h à la salle des fêtes d'Abbeville. Voilà. Et donc du coup, rendez-vous dès demain à la salle Monstrelais. Ensuite, un truc qui est tout simple, tout bête à faire pour tous, c'est Internet. On a notre site Internet qui est tout beau, fransoirenuffin.fr, la classe. François maintenant, il a un compte Facebook où on publie régulièrement des choses, etc. Un truc qui vous prend 2 minutes à tous, c'est de partager ces informations-là.
Et je vais vous donner un chiffre qui est frappant. C'est que 88% des Français s'informent à partir des Facebook de leurs amis. Donc partagez une information pour un rendez-vous, pour une intervention. Là, par exemple, c'est sur les Whirlpools, ce soir il y en aura, etc. Vous toucherez vos amis, etc. Parce qu'il y a un truc qui est super important, c'est notre ancrage. Comment on fait pour s'ancrer davantage ? Alors là, on voit que ce soir, on commence à s'ancrer sérieusement à fil de secours quand même. Mais ça, il faut continuer à le faire partout dans la circonscription. Et donc du coup, je vais vous dire un truc qui est super important aussi. Tout est super important en fait.
C'est l'agenda, l'agenda de François. L'agenda de François, il faut le remplir. Et justement, il faut qu'on aille chez les gens. Il parlait plusieurs fois de réunions publiques, etc. Donc à ce moment-là, il faut prendre contact avec nous. Et il faut que François vienne chez vous pour rencontrer 10, 15 personnes. On discute tranquillement, on prend l'apéro, etc. Que ce soit après la projection d'un film ou que ce soit simplement une discussion. Donc pour ça, il faut prendre contact avec nous. Je crois que j'ai tout dit. Ouais. Alors, je vais re-laisser la parole à François. On approche de la fin. Je laisse la parole encore à François. On fait un final en fanfare.
Mais je voulais juste vous dire un truc pour le final en fanfare. C'est qu'on va faire une petite photo. Je pense qu'il faut qu'on fasse une photo de tout ça et une belle photo. Donc du coup, je vais demander à François de vous tourner le dos après qu'il ait fini de parler. C'est pas qu'il vous aime pas. C'est simplement pour que vous soyez derrière lui. Donc là, on chantera tous ensemble. On aura la pêche. On aura les drapeaux qui s'agiteront. Et on fera cette belle photo. Voilà. Et j'espère qu'à la fin, c'est nous qu'on va gagner. Voilà.
Je vais réinsister. Les DVD, notamment pour les gens de Fixecourt, les camarades de Whirlpool et tout ça, ceux qui n'ont pas vu le film et qui veulent le voir, le prêt est gratuit à la sortie. Vous avez juste à donner votre nom et voilà. Ensuite, moi je suis libre lundi et mardi soir. C'est pas normal. Je dois être invité dans votre salon. Réunissez 10 personnes et je viens discuter avec vous. Moi, je suis comme... Voilà. Il faut que 10 par 10, 5 par 5, on aille les chercher tous les soirs. Lundi, mardi, je suis libre. Alors c'est mardi, c'est parce qu'il y a un meeting qui a été annulé. Mais lundi soir, je suis libre, c'est pas normal. Pour moi, ça fait 10 voix de perdu.
Oui, parce que je suis comme ça. Tous les jours, je me dis, il faut que j'aille gagner 10 voix. En gros, je vais vous donner des stats. Il faut qu'on ait 11 500 à 12 000 voix pour avoir de bonnes chances de passer le premier tour. On part avec une base qui est entre 7 et 8 000. Donc ça veut dire que nous-mêmes, on doit aller en chercher 4 à 5 000. Voilà. Il va falloir travailler pour ça. Alors, j'ai fait une soirée à Quénois-le-Montant, qui n'est pas dans la circonscription. Donc normalement, moi, c'est hors de mon système solaire maintenant, ce qui n'est pas dans la première circonscription. Mais il y avait des gens dans la première circonscription, donc j'ai accepté de leur serrer la main.
Cette soirée à Quénois-le-Montant, j'ai reçu un SMS de Christine. Christine, elle m'a écrit en SMS, je ne sais pas si elle est ce soir. Elle est là, Christine, mais elle m'a écrit en ta victoire. C'est déjà notre défaite. Il faut qu'elle croie en notre victoire. C'est pas ma victoire. Moi, je vais aller chercher au maximum les voix. Mais maintenant, c'est à vous de faire le boulot, de m'aider à faire le boulot. Ça doit être notre victoire. Si c'est pas notre victoire, c'est qu'on a déjà perdu. Avec un compte à rebours maintenant, il reste 113 jours. Pour l'instant, on peut créer la surprise, mais sur le papier, on n'est pas vainqueur.
Sur le papier, pour l'instant, c'est quand même les autres qui sont encore devant. Donc il y a du retard à rattraper. On a 113 jours pour faire ça, pour se battre contre cette lame de fond du fatalisme et du marinisme. Pendant ces 113 jours, vous pouvez compter sur mon énergie, sur ma volonté, sur ma combativité, mais qui n'existe pas si elle s'appuie pas sur votre volonté, votre énergie, votre combativité. C'est à vous de le faire au boulot. On a parlé de châteaux beaucoup. Je vous ai dit que c'était le Picardie qui était parti, la grande jacquerie en 1358. Maintenant, c'est un épisode historique que j'adore, avec les châteaux brûlés et puis tout ça.
Évidemment, l'objectif, c'est de faire partir à nouveau de Picardie une grande jacquerie électorale. Je vais citer à la fin le slogan de Fakir quand même. Parce que c'est vrai et parce qu'il faut que c'est à vous de faire le boulot maintenant. Sans vous, on ne peut rien. Avec vous, on peut beaucoup. Et c'est pour ça qu'à la fin, c'est nous qu'on peut gagner. Voilà, je vous remercie. On se fait un grand coup de chiffon rouge, non ? Alors là, là, c'est debout, c'est les drapeaux. Je ne sais pas si vous avez les serviettes en papier, là, de Zixazou, les chiffons rouges de Zixazou. Et il y a les paroles qui s'affichent en karaoké à l'écran, Sylvain, c'est ça ou pas ? Non ?
Vous avez les paroles sur votre...
Un morceau de chiffon. Tu veux vraiment de colère.
Salut, moi, pour ma part. Donc, après, vous faites la Marseillaise si vous voulez. Moi, j'aime bien la Marseillaise. Merci.
François Ruffin