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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 21 novembre 2025 7 minComplaisantActualité / polémiqueBudget & impôtsÉducation & recherche

Parité aux prochaines municipales : les femmes "ont leur place dans la vie politique", insiste le réseau "Élues Locales"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:45Invité politiqueChiffre
    « On a 25 000 communes de moins de 1000 habitants en France. »
  • 1:13Invité politiqueFait
    « Sur tout l'ouest de la France, globalement, on est plus en avance sur la parité »
  • 2:29Invité politiquePromesse
    « C'est une loi qui impose la parité. »
  • 4:27Invité politiqueChiffre
    « On a aujourd'hui seulement 20% des mères qui sont des femmes. »

Temps de parole

  • Invité politique75 %
  • Présentateur21 %
  • Présentateur 24 %

1,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

France Inter, Alibadou, Marion Lourdes, 6h20 et votre invitée Marion est donc présidente et fondatrice du réseau des élus locales. Élus locales, oui, au féminin en cette journée nationale des femmes élus. Bonjour Julia Mouzon. Bonjour Marion Lourdes. Les élections municipales ont lieu en mars prochain et c'est nouveau dans les communes de moins de 1000 habitants. Elles auront cette fois lieu comme ailleurs sur un mode de scrutin paritaire. Ça veut dire des listes où alterne une femme, un homme. Et ça, ça ne va pas forcément être simple parce que vous publiez une étude assez édifiante aujourd'hui.

Elle montre d'abord qu'une majorité de conseils municipaux ne sont pas paritaires aujourd'hui dans ces petites communes.

0:41
Invité politique

Exactement. Aujourd'hui, en fait, on a 25 000 communes de moins de 1000 habitants en France. Et sur ces 25 000 communes, on en a 75% qui aujourd'hui ne sont pas paritaires, c'est-à-dire qu'ils comptent soit moins, soit plus, dans certains cas, de 45 à 55% de femmes élues. Alors c'est plutôt moins en général.

0:58
Présentateur

En général, c'est plutôt moins. 77% qui n'ont pas assez de femmes, en fait, parmi leurs élus. Alors géographiquement, il y a des bons et des mauvais élèves.

1:08
Invité politique

Géographiquement, il y a des bons et des mauvais élèves. On voit que sur tout l'ouest de la France, globalement, on est plus en avance sur la parité et que dans la partie est, et en particulier dans le nord-est, il y a des efforts qui sont significatifs à faire, qui vont marquer des changements aussi en termes de culture dans les communes qui vont être importants.

1:24
Présentateur

Alors ce qui est étonnant, c'est qu'il y a, alors là je le cite, c'est un peu pour l'anecdote, mais des cas particuliers, par exemple, dans le Doubs, la commune de Saint-Point-Lac, vous pouvez nous en parler ?

1:32
Invité politique

Dans le Doubs, la commune de Saint-Point-Lac compte un conseil municipal 100% féminin. Et effectivement, en France, il y a à peu près 1600 communes qui comptent plus de 55% de femmes élues. Ça, c'est le cas, on va dire, exceptionnel de la parité, dans lequel des élus maires vont devoir demander à des femmes de quitter leurs conseils municipaux. Mais ça reste une grande minorité, puisque dans l'immense majorité des cas, ce sont des hommes qui vont devoir laisser leur place à des femmes élues.

1:56
Présentateur

Alors on parlait de la répartition géographique, en revanche, on ne peut pas faire un lien avec la couleur politique.

2:02
Invité politique

Exactement, puisque dans la plupart des petites communes, en réalité, les élus n'ont pas d'étiquette politique. On commence à demander à un maire de s'affilier à un parti politique dans les communes, à partir de 5 à 10 000 habitants. En dessous, c'est vraiment la proximité, la connaissance qui fait le lien avec les habitants du village.

2:17
Présentateur

Alors je le disais, il y a cette loi qui a été votée en début d'année, qui devrait a priori permettre de régler le problème, puisqu'elle oblige à avoir des listes paritaires. Est-ce qu'elle va vraiment le régler ce problème ?

2:26
Invité politique

Alors ce qu'il faut avoir en tête, c'est que, contrairement aux élections législatives, c'est une loi qui impose la parité. C'est-à-dire que vous ne pouvez pas déposer votre liste en préfecture si elle n'est pas paritaire. C'est ce qui s'applique aujourd'hui pour toutes les communes de plus de 1 000 habitants, et c'est ce qui va s'appliquer demain, à partir de 2026, pour toutes les communes de moins de 1 000 habitants. Et j'ajoute que ces lois sur la parité, elles ont été contrées aussi par certains élus qui anticipaient les difficultés, c'est vrai. Et des sénateurs qui ont saisi la justice. À trouver des femmes élues, tout à fait.

Bon, alors on voit quand même que dans 1 600 communes, en tout cas, ça a été facile. En réalité, il y a vraiment une question de culture locale. Et il faut avoir en tête que, même si l'application peut être difficile sur le moment, ce sont des lois qui réveillent notre vie politique, qui font entrer des personnes qui n'étaient pas dans la politique, qui obligent des têtes de liste à s'interroger pour savoir comment est-ce qu'ils vont inciter des personnes

3:16
Présentateur

à venir participer à la vie de la cité. Voilà, parce que la question, en fait, là, ça va être de trouver des candidats.

3:23
Invité politique

Exactement. Alors, ce qu'on observe, c'est que dans les communes qui sont dirigées par des femmes mères, toutes les femmes qui témoignent nous disent qu'elles ont beaucoup plus de facilité à trouver des femmes parce que celles-ci s'identifient. Elles se disent « Madame la mère est une femme, elle gère sa vie privée, professionnelle, personnelle, etc. Très bien, je peux faire la même chose. » Elles savent que s'il y a des questions d'agenda, d'emploi du temps, elles vont trouver une écoute et un écho.

Et nous, on incite énormément les candidats, les têtes de liste, qu'ils soient femmes ou hommes, à discuter de ces sujets, à adapter, évidemment, la vie politique à nos nouvelles façons de vivre et aux nouveaux horaires, un peu, que tout le monde souhaite avoir, d'ailleurs. Femmes comme hommes souhaitent maintenant, quand même, voir leurs enfants, contrairement à ce qu'était la vie politique il y a 40 ans. Et donc, on incite vraiment... On est sorti des vieux schémas. Exactement. Les élus qui cherchent des femmes et qui veulent les mobiliser dans la vie politique à aller lever les freins un par un et à les convaincre. Elles ont évidemment leur place dans la vie politique.

Bon, alors, on a envie de dire que, du coup, le problème est réglé, mais pas tout à fait. Pas tout à fait, parce qu'en termes de plafond de verre en politique, on en observe quand même. On a aujourd'hui seulement 20% des mères qui sont des femmes. On est parti de 1% en 1945, avec les premières femmes mères. Donc, on a progressé, mais c'est une progression, comme on le voit, qui est quand même lente. On arrive aujourd'hui sur les derniers kilomètres de la parité. Les derniers kilomètres, si vous faites du marathon, vous savez que c'est quand même les plus difficiles.

Et donc, il va falloir aller chercher à la fois ces positions en tête de liste et la parité dans les intercommunalités, sur lesquelles on a aujourd'hui énormément de mal à trouver des lois, des règlements qui permettent de faire avancer les choses. En réalité, l'enjeu aujourd'hui, c'est d'arriver vraiment sur une culture de l'égalité. Que l'égalité dans la vie politique soit quelque chose de normal et que les hommes qui se retrouvent dans des environnements 100% masculins se regardent entre eux pour se dire « il y a un problème ».

5:12
Présentateur

Quels sont les autres leviers, du coup, pour essayer d'arriver à cette culture de l'égalité dont vous parliez ? Parce qu'il y a les listes qui sont imposées par la loi, et puis quoi ?

5:22
Invité politique

Alors, nous, on travaille beaucoup sur deux dimensions qui sont le réseau et la formation.

Donc, aujourd'hui, on débute effectivement nos Journées nationales des femmes élues qui durent deux jours, qui ont lieu tous les ans à Paris, juste après le Congrès des maires de France, et qui permettent aux élus à la fois de venir trouver des ressources, renforcer, on va dire, leur sentiment de légitimité politique sur des formations, sur le mandat local, et beaucoup d'ailleurs sur des savoir-être politiques qui leur permettent de répondre, quand elles sont dans un conseil municipal, à un élu qui, on va dire, sort un peu d'un cadre politique professionnel, ou à des alpagations, des temps où elles se font comme ça interpeller sur des propos qui peuvent être assez machistes.

Et puis, on va travailler aussi le réseau, parce que le fait de ne pas être seule, c'est extrêmement important pour ces femmes élues, pour tous les élus. Les mandats locaux sont difficiles, les normes sont très nombreuses, les réglementations très techniques, compliquées, on sent que c'est des mandats qui ne sont pas évidents, il n'y a pas encore de réel statut de l'élu, le fait d'être entouré, d'avoir des femmes élues autour d'elles, sur lesquelles elles peuvent s'appuyer, un groupe WhatsApp, des élus qui vont les appuyer sur les réseaux sociaux, les soutenir dans les moments difficiles, c'est vraiment très important.

Et donc, c'est pour ça qu'on organise tous les ans ces journées, et beaucoup d'autres journées en France, pour les élus partout dans les territoires.

6:36
Présentateur

Et oui, c'est votre travail en tant que présidente et fondatrice du réseau des élus locales, Julia Mouzon. Merci beaucoup de nous avoir répondu sur France Inter. Bonne journée. Merci beaucoup.

Parité aux prochaines municipales : les femmes "ont leur place dans la vie politique", insiste le réseau "Élues Locales" · Pourquijevote