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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 9 mars 2016 9 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsRetraites

Marion Maréchal Le Pen

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00FerméeRéponse directe

    Vous irez manifester aujourd'hui ?

  • 0:13OuverteRéponse directe

    Quelle est votre analyse sur la loi travail ?

  • 0:29RelanceRéponse directe

    Quelles sont les bonnes questions à avoir ?

  • 1:54ComplaisanteRéponse partielle

    Les objectifs sont louables pour les petites entreprises ?

  • 2:23OuverteRéponse directe

    Les accords d'entreprise peuvent avoir la primauté sur les accords de branche ?

  • 3:22RelanceRéponse directe

    Une mesure Sarkozy que vous applaudissez ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:18Locuteur 1Fait
    « l'avant-projet parce qu'on a même des déclarations contradictoires de la part de certains ministres »
  • 0:35Locuteur 1Fait
    « on propose notamment par exemple la baisse du taux de majoration pour les heures supplémentaires »
  • 0:42Locuteur 1Fait
    « Ça m'a paraît être une mauvaise solution »
  • 0:42Locuteur 1Fait
    « A l'inverse, on aurait mieux fait de défiscaliser les heures supplémentaires ou de baisser les charges qui pèsent sur les patrons »
  • 0:54Locuteur 1Fait
    « d'augmenter la durée légale du temps de travail en passant de 39 heures payées 39 pour que ça puisse bénéficier aux très petites entreprises »
  • 1:07Locuteur 1Fait
    « On ne parle pas du tout d'une meilleure représentativité syndicale, qui est quand même aujourd'hui un vrai problème en France »
  • 1:15Locuteur 1Fait
    « On ne parle pas du tout des effets de seuil, qui fait qu'aujourd'hui on a trois fois plus d'entreprises à 49 salariés qu'à 50 »
  • 1:35Locuteur 1Fait
    « Le fait que la streinte, lorsqu'elle n'est pas utilisée, soit considérée comme du repos »
  • 1:39Locuteur 1Fait
    « Le fait que les 11 heures obligatoires de repos soient devenues fractionnables »
  • 3:17Locuteur 1Fait
    « La défiscalisation des heures supplémentaires. C'était une mesure qui était populaire, qui fonctionnait »
  • 3:33Locuteur 1Fait
    « Il y a aussi une question sur les délais de paiement »
  • 4:02Locuteur 1Fait
    « qu'il n'est pas logique que la streinte puisse être considérée comme du repos »
  • 4:09Locuteur 1Fait
    « Le fait qu'on puisse avoir un congé après le décès d'un proche, pour moi, c'était quand même un droit acquis »
  • 6:52Locuteur 1Chiffre
    « l'immigration qui nous coûte aujourd'hui des fortunes, ne serait-ce que dans sa forme aujourd'hui du droit d'asile, près de 2 milliards d'euros par an selon la Cour des comptes »
  • 7:03Locuteur 1Chiffre
    « Il existe 6 000 dispositifs d'aide aujourd'hui aux entreprises qui coûtent près de des dizaines de milliards par an »

Temps de parole

  • Locuteur 174 %
  • Locuteur 226 %

8,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Marion Maréchal Le Pen, vous irez manifester aujourd'hui ?

0:08
Marion Maréchal

Non, ce n'est pas prévu au programme.

0:10
Présentateur

Bon, on entend assez peu le Front National sur les questions sociales. Quelle est votre analyse, votre position sur la loi travail, l'avant-projet de loi plus exactement ?

0:18
Marion Maréchal

Oui, l'avant-projet parce qu'on a même des déclarations contradictoires de la part de certains ministres, donc c'est compliqué de s'y retrouver, mais de ce que j'ai pu voir et entendre, je trouve que ce projet de loi peut poser de bonnes questions, mais apporte un certain nombre de mauvaises réponses.

0:29
Présentateur

Alors, quelles sont les bonnes questions d'avoir ?

0:30
Marion Maréchal

Je pense qu'il y a une question notamment sur la durée du temps de travail. Ça paraît logique. C'est vrai qu'aujourd'hui, dans le projet de loi actuel, on propose notamment par exemple la baisse du taux de majoration pour les heures supplémentaires. Ça m'a paraît être une mauvaise solution. A l'inverse, on aurait mieux fait de défiscaliser les heures supplémentaires ou de baisser les charges qui pèsent sur les patrons.

On aurait mieux fait également, plutôt que de permettre des accords d'entreprise pour augmenter la durée du temps de travail sans augmenter le salaire, d'augmenter la durée légale du temps de travail en passant de 39 heures payées 39 pour que ça puisse bénéficier aux très petites entreprises qui sont exclues, il faut quand même le savoir, de cette loi El Khomri, ce qui n'empêche pas par ailleurs aussi des accords de branche pour mieux adapter la loi. On ne parle pas du tout d'une meilleure représentativité syndicale, qui est quand même aujourd'hui un vrai problème en France et qui nous conduit d'ailleurs dans cette loi à les court-circuiter.

On ne parle pas du tout des effets de seuil, qui fait qu'aujourd'hui on a trois fois plus d'entreprises à 49 salariés qu'à 50 parce que justement ces effets de seuil sont beaucoup trop violents pour ce type d'entreprise. On ne parle pas du tout des problèmes de trésorerie, donc des négociations avec les banques pour les amener à mieux financer l'économie réelle dans ce pays. Donc il y a quand même des carences. Il y a des choses aussi qui me posent des difficultés de principe. Le fait que la streinte, lorsqu'elle n'est pas utilisée, soit considérée comme du repos. Le fait que les 11 heures obligatoires de repos soient devenues fractionnables.

Enfin voilà, il y a un certain nombre de choses qui sont pour moi, pour les droits des salariés, néfastes et qui par ailleurs n'ont pas de conséquences économiques merveilleuses qui s'est mis en place.

1:54
Présentateur

Mais les objectifs, si on vous entend bien, sont louables notamment en direction des petites entreprises et des chefs de PME qui sont confrontés, qui ont besoin de davantage de flexibilité dans la gestion de leurs effectifs.

2:07
Marion Maréchal

Je comprends l'idée, il faut savoir, je tiens à le préciser quand même et je le rappelle, que ce projet-là ne va pas concerner l'essentiel des chefs d'entreprise en France, à savoir les TPE. Puisqu'il faut avoir une représentation syndicale pour pouvoir mettre en place ces accords d'entreprise et donc permettre justement l'adaptation du temps de travail.

2:23
Présentateur

Pour les mesures qui concernent les accords d'entreprise, qui pourraient aller aux accords de branche, mais il y a des dispositions qui concernent, oui, les petites entreprises.

2:29
Marion Maréchal

Oui, mais disons que l'essentiel du dispositif, c'est-à-dire en fait le référendum d'entreprise, ça ne va pas concerner les TPE.

2:34
Présentateur

L'idée que les accords d'entreprise puissent avoir la primauté sur les accords de branche et donc éventuellement sur le code du travail, c'est une idée qui vous plaît ?

2:42
Marion Maréchal

Ça va même plus loin parce que ça me met même primé sur le contrat de travail. Et c'est là où ça m'apparaît quand même un petit peu dangereux. Je pense que si on peut permettre de la flexibilité, ça c'est à mon avis indéniable, il doit quand même y avoir des grands principes qui demeurent à travers le contrat de travail. Il doit quand même y avoir, selon moi, l'obligation morale, lorsque l'on travaille plus, d'être payé plus. Ça me paraît logique, surtout qu'en parallèle, les heures supplémentaires pourraient, elles aussi, être moins payées.

Je crois qu'il y avait d'autres biais, je vous les ai développés à l'instant, notamment sur l'augmentation de la durée légale du temps de travail, donc une activisation plus lointaine des heures supplémentaires, et puis surtout la défiscalisation des heures supplémentaires. C'était une mesure qui était populaire, qui fonctionnait, et qui a été l'une des premières supprimées par François Hollande.

3:22
Présentateur

Une mesure Sarkozy, donc, que vous applaudissez, qui était adoptée dès 2012.

3:24
Marion Maréchal

Oui, qui m'apparaissait, la seule difficulté, je peux se le reprocher, c'est qu'elle n'était pas financée. Vous me direz, c'est quand même pas rien, mais disons que sur le principe, ça m'apparaissait très intéressant. Il y a aussi une question sur les délais de paiement, par exemple. Vous avez beaucoup de TPE, PME aujourd'hui, qui travaillent avec des collectivités publiques, et qui ne sont pas payées en temps et en heure. Ça les met parfois au tapis, alors qu'il y a une loi qui n'est pas respectée. C'est des pistes qui ne sont pas du tout envisagées, je trouve ça dommage, parce que c'est là, pour moi, le vrai problème.

3:47
Présentateur

La musique que vous faites entendre ce matin, ce n'est pas tout à fait, même pas du tout celle que font entendre Florian Philippot et Marine Le Pen, ou même le FNJ qui parle de projets de précarisation généralisée. Ce n'est pas vos arguments.

4:00
Marion Maréchal

Les mots sont peut-être différents, mais si, quand je vous dis, par exemple, qu'il n'est pas logique que la streinte puisse être considérée comme du repos, si, c'est évidemment que c'est de la précarisation. Il y a quand même un certain nombre de droits acquis qui sont remis en question. Le fait qu'on puisse avoir un congé après le décès d'un proche, pour moi, c'était quand même un droit acquis qui était une bonne chose. Si, ça fait partie des pistes. Alors, c'est toujours pareil, ce n'est pas confirmé.

4:19
Présentateur

Non, non, non, il y a un avant-projet de loi, il y a un texte. Simplement, ça ne passe pas à l'autorisation de l'inspecteur du travail, mais ça n'est pas remis en cause.

4:26
Marion Maréchal

Il y a des pistes qui ont été émises dans ce sens-là, tant mieux, alors si dans ce cas-là, ils reviennent dessus, il y a eu des déclarations de ce sens, mais ce n'est pas grave. Ce que je veux dire, c'est que oui, vous pouvez mettre le terme précarisation derrière, ce n'est pas faux dans l'absolu, mais je vous dis, il y a quand même des bonnes questions qui sont posées, encore faut-il y apporter les bonnes réponses.

4:40
Présentateur

Tout le monde au Front National est pour la fin de l'euro et la souveraineté monétaire de la France, c'est vrai ?

4:45
Marion Maréchal

Oui, c'est vrai. Oui, c'est vrai, ça n'a pas été en débat.

4:48
Présentateur

Vous êtes pour la fin de l'euro ?

4:48
Marion Maréchal

Oui, ça n'a pas été en débat lors de notre fameuse conférence.

4:53
Présentateur

Séminaire.

4:53
Marion Maréchal

Un séminaire, absolument. Ce qui a été mis en avant lors de ce séminaire, c'était le fait que nous souhaitions justement que la macroéconomie, donc justement tout ce qui touche à la monnaie, n'accapare pas l'ensemble de notre discours économique, et que justement nos propositions microéconomiques, celles que je viens de vous développer partiellement à l'instant, soient peut-être plus audibles et moins caricaturées, parce que c'est vrai que moi je ne supporte plus d'être systématiquement assimulée à Mélenchon, au Parti communiste ou au Parti socialiste sur le plan économique, parce que c'est une aberration, et pour moi ça pose un problème de crédibilité quand même.

5:23
Présentateur

Ben, ça veut dire de remettre en cause le programme économique du Front National tel qu'il est aujourd'hui.

5:28
Marion Maréchal

Non, je ne crois pas, parce qu'il y a beaucoup de caricatures.

5:30
Présentateur

Le retour de la retraite à 60 ans, le renforcement de l'ISF, la nationalisation des banques, le contrôle des prix de certains produits alimentaires, tout ça, ça figure encore dans votre programme, Marie-Marche Le Pen.

5:45
Marion Maréchal

Alors, ce n'est pas tout à fait la retraite à 60 ans, parce qu'en fait c'est les 40 annuités pleines, ce qui fait qu'aujourd'hui la plupart des Français, avec ce système-là, partiraient à 65 ans. Mais après c'est des choix économiques, ça veut dire qu'au profit de ce genre de système, on fait des économies par ailleurs sur d'autres pans qui ne sont pas du tout envisagées aujourd'hui par le gouvernement, à savoir l'immigration. Je ne crois pas que pour nous, ça fasse de nous un parti de gauche ou un parti communiste.

6:03
Présentateur

La hausse de tous les salaires nets jusqu'à 1,4 SMIC de 200 euros, la baisse de la TIPP, le relèvement du point d'indice des fonctionnaires.

6:11
Marion Maréchal

Ça fait partie, par exemple, ce que vous êtes en train de dire, des caricatures. Parce que ça n'est pas du tout une hausse du salaire minimum. C'est une hausse du salaire net avec baisse des cotisations sociales. Exactement, c'est une baisse des cotisations sociales salariales. C'est d'ailleurs une proposition qui a été proposée par un grand communiste qui s'appelle Nicolas Sarkozy dans son dernier livre qu'il a reprise. Vous voyez, c'est quand même assez amusant. La baisse du TIPP, c'est simplement le fait de baisser les charges qui pèsent sur l'essence. C'est plutôt une mesure qui se veut en faveur justement du pouvoir d'achat des Français.

Donc, je n'y vois pas une mesure communiste non plus.

6:41
Présentateur

On peut vous renvoyer ce que vous avez reproché il y a un instant à Nicolas Sarkozy. On se demande comment on peut financer tout cela.

6:46
Marion Maréchal

Après, c'est des choix. C'est toujours pareil. C'est vrai qu'aujourd'hui, je vous ai donné par exemple tout à l'heure l'exemple de l'immigration qui nous coûte aujourd'hui des fortunes, ne serait-ce que dans sa forme aujourd'hui du droit d'asile, près de 2 milliards d'euros par an selon la Cour des comptes. Mais même aujourd'hui, dans le système économique actuel, il y aurait des choses à faire. Il existe 6 000 dispositifs d'aide aujourd'hui aux entreprises qui coûtent près de des dizaines de milliards par an. Si on lissait déjà ce système et si on en supprimait une grande partie au profit simplement de baisses de charges généralisées, ça paraîtrait beaucoup plus efficace.

Mais c'est un gros, gros chantier. Il faut avoir un peu de courage politique.

7:16
Présentateur

Un mot encore avant la revue de presse. Florian Philippot a annoncé la fin du traditionnel défilé du Front National. Le 1er mai, la procession devant la statue de Jeanne d'Arc. C'est dommage ?

7:27
Marion Maréchal

C'est à contre-cœur, mais c'est responsable. C'est une décision de Marine Le Pen que nous avons d'ailleurs tous suivie en bureau politique pour la simple et bonne raison que ça n'aura échappé à personne. L'État islamique a menacé directement, a ciblé directement le Front National à travers d'ailleurs une photo du défilé du 1er mai en disant, si je ne m'abuse, les rassemblements des idolâtres du Front National sont des cibles de premier choix. Forcément, en tant que responsable politique, on se dit qu'on ne peut pas mettre 2000 ou 3000 personnes dans la rue qui ne sont pas protégeables dans ces circonstances.

7:56
Présentateur

C'est la seule raison ? C'est la raison de sécurité ?

7:59
Marion Maréchal

C'est la raison qui nous a poussé à prendre cette décision. Après, l'hommage à Jeanne d'Arc est maintenu et ça, nous y tenons beaucoup. On va aller déposer vraisemblablement une gerbe au pied de la statue de Jeanne d'Arc. L'hommage à la journée du travail, l'esprit de la journée du travail est maintenu, mais on fait évoluer la forme pour ces raisons-là.

8:14
Présentateur

Vous serez nostalgique de cette tradition du 1er mai ?

8:17
Marion Maréchal

Moi, je marchais pour Jeanne d'Arc. C'est quelque chose qui me plaît beaucoup. Je regrette qu'on en soit là, mais c'est vrai qu'on ne peut pas prendre le risque, si vous voulez, de mettre nos militants en danger.

8:24
Présentateur

Marion Maréchal-Le Pen, invité de France Inter. Ce matin, on vous retrouve dans quelques minutes avec les questions des auditeurs de France Inter et puis d'autres sujets, peut-être des sujets internationaux. Il est 8h31. Merci d'avoir regardé cette vidéo !