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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 30 janvier 2026 12 minContradictoireMixteTravail & emploiÉconomie & entreprises

"La situation n'est pas si catastrophique" : le patron de France Travail tempère les mauvais chiffres du chômage

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:10OuverteRéponse directe

    Bonsoir Thibaut Guilly, vous êtes le directeur de France Travail, anciennement Pôle emploi.

  • 0:26OuverteRéponse directe

    Alors les toutes dernières statistiques sont tombées, celles du chômage, elles ne sont pas très bonnes parce que le chômage progresse.

  • 2:14OuverteRéponse directe

    Comment ça se fait qu'on n'arrive pas, justement, quand on entend qu'il y a quasiment 8 millions d'inscrits chez vous ?

  • 3:10OuverteRéponse directe

    En tout cas, les patrons se plaignent souvent en disant qu'on ne comprend pas.

  • 3:56OuverteRéponse directe

    Si vous allez sur prendresoin.fr, c'est une plateforme sur laquelle on va vous mettre à disposition tous les métiers du lien et de l'humain.

  • 5:52OuverteRéponse directe

    Ça veut dire que vous, vous accompagnez les demandeurs d'emploi, mais ça veut dire que les entreprises, elles sont trop exigeantes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:57Invité politiqueFait
    « L'année 2025, elle a été compliquée. »
  • 1:24Invité politiqueFait
    « On est quand même en train de parler de 1,6%, avec des différences quand même très marquées d'un territoire à un autre ou d'un secteur à un autre. »
  • 1:35Invité politiqueChiffre
    « Le taux d'emploi, en fait, c'est entre 15 et 64 ans, combien vous avez de personnes qui sont au travail ? »
  • 3:56Invité politiquePromesse
    « Si vous allez sur prendresoin.fr, c'est une plateforme sur laquelle on va vous mettre à disposition tous les métiers du lien et de l'humain. »
  • 5:46PrésentateurFait
    « Ça veut dire que vous, vous accompagnez les demandeurs d'emploi, mais ça veut dire que les entreprises, elles sont trop exigeantes ? »

Temps de parole

  • Invité politique67 %
  • Présentateur33 %

5,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonsoir Thibaut Guilly, vous êtes le directeur de France Travail, anciennement Pôle emploi. Merci d'être avec nous ce soir.

0:10
Invité politique

Bonsoir.

0:11
Présentateur

Alors vous dirigez France Travail, opérateur public qui s'occupe de tous les demandeurs d'emploi et ça va de l'indemnisation de ces demandeurs d'emploi ainsi que l'accompagnement, l'aide à la reconversion. Au total vous avez près de 8 millions d'inscrits, 7,9 exactement. Si on prend toutes les catégories, parce que c'est très découpé chez vous, il y a la catégorie A, B, C, D, enfin bref. Mais si on met bout à bout, ça fait 7,9 millions d'inscrits, ça va du RSA, de la personne au RSA au cas de sub qui cherche un emploi ou qui se reconvertit. Alors les toutes dernières statistiques sont tombées, celles du chômage, elles ne sont pas très bonnes parce que le chômage progresse.

1,7% sur un an en catégorie A, c'est-à-dire les gens qui n'ont pas du tout travaillé. Avec de tels chiffres, on se dit que la promesse, l'engagement d'Emmanuel Macron d'arriver au plein emploi à la fin de son quinquennat, c'est rapé, non ?

1:06
Invité politique

Écoutez, c'est vrai que l'année 2025, elle a été compliquée. Vous avez vu toutes les incertitudes géopolitiques, politiques, un peu à tous les niveaux. Et c'est sûr que ce n'est quand même pas l'environnement le plus favorable pour l'économie et donc pour l'emploi. Et pourtant, c'est vrai que le chômage a légèrement augmenté. On est quand même en train de parler de 1,6%, avec des différences quand même très marquées d'un territoire à un autre ou d'un secteur à un autre. Et on est quand même aussi au taux d'emploi le plus élevé qu'on a jamais connu.

1:35
Présentateur

Ça veut dire quoi le taux d'emploi ?

1:36
Invité politique

Le taux d'emploi, en fait, c'est entre 15 et 64 ans, combien vous avez de personnes qui sont au travail ? On était à 64% au début du quinquennat 2017. On est aujourd'hui à 69,4%. C'est-à-dire 7 personnes sur 10 en âge de travailler entre 15 et 64 ans qui travaillent. Alors, il y a des pays qui sont à 8 sur 10, mais nous, on était partis à 6 sur 10. Donc, ça, c'est quand même aussi une vraie amélioration. Plus de gens qui travaillent, notamment d'ailleurs tirés par les personnes de plus de 50 ans.

2:05
Présentateur

Alors, on voit qu'il y a cette amélioration. Et en même temps, on voit que ces derniers mois, vous le disiez, est-ce que c'est dû à l'instabilité conjoncturelle, l'instabilité politique ? Le chômage quand même remonte. À quoi c'est dû ?

2:17
Invité politique

Écoutez, là, sur le dernier trimestre, par exemple, finalement, c'est assez stable. Donc, c'est quand même pas la situation, mais pas si catastrophique compte tenu pourtant d'un contexte qui, lui, semble l'être. Moi, ce que je regarde aussi, c'est le nombre d'offres d'emploi. Il y a 25% d'offres d'emploi en plus par rapport à 2019. Donc, on a quand même encore un marché un peu dynamique. Il y a des offres d'emploi qu'on a encore du mal à pourvoir dans un certain nombre de secteurs. Une entreprise sur deux a du mal à recruter. Vous avez, dans le secteur de l'industrie, alors il y a des industries qui souffrent, comme l'automobile, par exemple, évidemment.

Mais vous avez l'aéronautique, vous avez la défense, vous avez le nucléaire.

2:58
Présentateur

Comment ça se fait qu'on n'arrive pas, justement, quand on entend qu'il y a quasiment 8 millions d'inscrits chez vous ? Alors, certes, ils ne sont pas tous très proches de l'emploi quand même, mais comment se fait-il qu'il y ait autant d'offres d'emploi non pourvues ? En tout cas, les patrons se plaignent souvent en disant qu'on ne comprend pas.

3:12
Invité politique

Alors, d'abord, attention, parce que comme vous l'avez dit, d'ailleurs, derrière les 8 millions, il y en a plein qui travaillent. C'est juste qu'ils peuvent travailler pas assez longtemps ou qu'ils cherchent un emploi plus stable. Donc, nous, on accompagne vraiment tous les chercheurs d'emploi.

3:29
Présentateur

Oui, parce qu'il faut le préciser, depuis la loi dite pleine emploi, vous accueillez tous les bénéficiaires du RSA.

3:37
Invité politique

Voilà. Et puis, de manière générale, France Travail, ce n'est plus l'agence du chômage. C'est vraiment un lieu où on accompagne vraiment tout le monde dans sa reconversion, comme vous l'avez dit, de passer d'un emploi à un autre, d'une entreprise à une autre, ce qui est de plus en plus courant de nos jours. Ensuite, il y a des offres d'emploi, vous me disiez, dans l'industrie, mais par exemple dans le service. Si vous allez sur prendresoin.fr, c'est une plateforme sur laquelle on va vous mettre à disposition tous les métiers du lien et de l'humain. Ça recrute énormément. Sur l'agriculture, on travaille avec l'agriculture. Là aussi, 200 000 postes qui sont un pourvoir.

Donc, maintenant, c'est comment on connecte ça ? Alors, côté chercheur d'emploi, ce qu'il faut, c'est aussi amener les bonnes formations. J'étais ce matin, par exemple, chez un restaurateur avec qui on travaille. France Travail Pro, main dans la main avec les restaurateurs.

4:25
Présentateur

France Travail Pro, c'est France Travail qui accompagne, qui aide les entreprises.

4:29
Invité politique

Parce qu'il faut bien voir que ce n'est pas si simple que ça de recruter. 70% des emplois, c'est dans des petites entreprises de moins de 50 salariés. Ils n'ont pas de DRH pour...

4:39
Présentateur

Ils ne font pas forcément appel à vous.

4:40
Invité politique

Et ils ne font pas forcément appel à nous, ce qui est un peu dommage parce que finalement, c'est un service qui est payé d'avance. Donc, tant qu'à faire, autant l'utiliser. Et avec France Travail Pro, cette année, à chaque offre d'emploi, à chaque fois, 9 fois sur 10, on a trouvé le bon candidat pour l'entreprise. Donc, on a beaucoup progressé, France Travail Pro, pour apporter la réponse aux entreprises. Maintenant, pourquoi de temps en temps, ça ne marche pas ? C'est vrai que pour ceux qui nous écoutent, on ne comprend pas. On a des chômeurs d'un côté, on a des offres d'emploi de l'autre. Il y a un problème.

Un, donc côté chercheurs d'emploi, il faut aussi les accompagner parfois sur la formation parce qu'ils ont la motivation, mais ils n'ont pas la formation. On a fait plus de 150 000 formations pour recruter et avec 89% de taux de retour à l'emploi. Donc, ça, ça marche bien. Et puis, de l'autre côté, c'est accompagner les employeurs, France Travail Pro, parce que la TPE, c'est comment l'aider à faire son offre d'emploi, à lui trouver des candidats, à faire du recrutement sans CV. On a innové énormément. On recrute par le sport. On fait des restaurants éphémères.

Enfin, pour sortir du CV, on arrête de recruter sur le CV, on cherche la motivation et on va apporter le petit bout de formation qui va faire la différence.

5:46
Présentateur

Ça veut dire que vous, vous accompagnez les demandeurs d'emploi, mais ça veut dire que les entreprises, elles sont trop exigeantes ? Ça veut dire qu'elles restent focalisées sur le CV ?

5:55
Invité politique

Non, mais vous voyez, par exemple, ce matin, c'est ce restaurateur. Entre recruter dans une brasserie, travailler dans une brasserie et dans un petit restaurant où on est deux ou trois, finalement, ce n'est pas tout à fait la même réalité, le même métier. Donc, par exemple, une solution très concrète qu'on a développée à France Travail, on en a fait plus de 500 000 cette année, c'est des immersions professionnelles. C'est tout bête, mais c'est un jour, une semaine, 15 jours où on met à laisser, en fait, la personne chez l'employeur. Et puis, ça permet aussi d'éviter le réflexe parfois encore trop présent en France du « Ah, trop jeune, pas assez d'expérience.

Ah bah lui, il a plus de 50 ans, trop d'expérience, pas le bon diplôme. » Parfois, aussi, la situation d'Andy qui n'a pas le bon nom, pas la bonne adresse, l'immersion professionnelle, à la fin, c'est plus de 7 personnes sur 10 qui signent le contrat. Parce que, ça y est, on a essayé, on s'est connecté et ça marche. L'emploi, c'est une question de rencontre entre l'employeur et l'employé.

6:45
Présentateur

Alors, il y a un secteur qui recrute, c'est la défense. On a entendu, c'était Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail, dire que vous alliez créer une structure nationale dédiée au recrutement qui passe d'ailleurs chez vous. Comment ça va se passer ? Il va y avoir un général, une générale qui va être nommée pour chapeauter cette structure ? Vous pouvez nous en dire un petit peu plus ?

7:09
Invité politique

Oui, alors d'abord, il y a l'ensemble des équipes de France Travail qui sont déjà mobilisées, évidemment, sur l'industrie de défense. Et comme vous l'avez dit, évidemment, il y a de plus en plus de commandes, il y a des énormes enjeux. Donc, il faut qu'on accompagne les 4500 entreprises qui sont dans la base de défense à pouvoir recruter sur tous les métiers sur lesquels ils ont besoin. Quel type de métier ? Ça peut être, vous allez avoir des métiers plutôt dans la métallerie, dans la chaudronnerie, sur la fabrication, je ne sais rien, de missiles ou d'armements. Mais vous avez aussi tous les enjeux cyber, donc dans le numérique. En fait, il y a une grande diversité de...

7:42
Présentateur

Vous allez dire aux chômeurs aujourd'hui, aux demandeurs d'emploi qui sont inscrits chez vous, aller dans la défense, aller dans ces secteurs-là. Aujourd'hui, c'est un secteur d'opportunité ?

7:51
Invité politique

Oui, c'est un secteur d'opportunité. Mais là où vous l'avez mentionné, c'est effectivement le ministre du Travail qui a donné l'impulsion avec le recrutement d'une générale, je pense.

8:00
Présentateur

Vous allez nous dire qui c'est ?

8:01
Invité politique

Elle est en cours de recrutement, mais ça va arriver très vite.

8:05
Présentateur

C'est vous qui faites le recrutement ?

8:07
Invité politique

Je vous donne... Bien sûr, c'est moi. Et puis évidemment, en lien très étroit avec le ministre, mais de façon plus importante, l'alliance entre France Travail et le fait qu'on ait quelqu'un de l'armée qui vienne nous rejoindre, c'est compliqué de recruter dans la défense. Parce qu'il y a des énormes besoins dans plein d'endroits différents. Et il faut aussi garder le secret défense sur un certain nombre d'éléments. Et donc, du coup, le lien entre l'armée et la ministre Catherine Vautrin et le travail, eh bien, ça va se connecter avec ce binôme France Travail et cette générale qui va nous rejoindre pour la mobilisation générale.

8:42
Présentateur

Alors, avant de prendre la tête de France Travail, il y a deux ans, 2023, vous aviez déjà été nommé en 2020 au commissaire à l'emploi et à l'engagement des entreprises. Vous avez passé, en fait, l'essentiel de votre carrière. J'ai regardé dans l'entrepreneuriat social, l'insertion. Vraiment, l'insertion par le travail, c'est votre credo. Vous avez démarré dans le Pas-de-Calais, là où vous êtes originaire.

9:03
Invité politique

Alors, j'ai grandi dans le Pas-de-Calais, mais j'ai démarré à Bonneuil-sur-Marne, en fait, dans le Val-de-Marne et à Paris, sur l'insertion des personnes sans-abri.

9:11
Présentateur

Et donc, au-delà de ça, ce qui a quand même accéléré votre ascension au niveau national, c'est que vous avez été un des premiers marcheurs aux côtés d'Emmanuel Macron en 2016. Vous êtes même présenté en 2017 dans le Pas-de-Calais, là, pour le coup. Bon, vous avez passé le premier tour, mais le second, vous l'avez perdu. Je me suis posé une question en lisant votre parcours. La politique, vous allez y revenir ou c'est terminé pour vous ?

9:38
Invité politique

Non, mais pour moi, la politique, c'est la politique du concret. C'est d'ailleurs ce que je fais à France Travail. Et une des questions majeures pour les Français, c'est le travail, parce que c'est l'accès à l'autonomie, c'est l'accès à la dignité, c'est faire sa vie. Et donc, moi, je suis le plus heureux des hommes à France Travail, avec mes 55 000 collaborateurs à servir cette mission.

9:54
Présentateur

Alors justement, vous disiez tout à l'heure, bon, quand même, il faut modérer. Ce n'est pas si noir que ça, le tableau, mais on voit quand même quelques nuages arriver sur 2026. Comment vous allez faire face, très concrètement, à cette hausse, en tout cas que prévoit la Banque de France, un certain nombre d'organismes, cette hausse des demandeurs d'emploi qui vont arriver chez vous ? En plus, on vous a coupé quelques postes de conseillers, là, dans le budget. Comment vous allez faire ?

10:18
Invité politique

Écoutez, d'abord, la hausse, pour le moment anticipée, est quand même vraiment très modérée. Moi, ensuite, ce que je regarde avec mes équipes, c'est comment, déjà, répondre à tous les emplois non pourvus. On a encore plus de 300 000 emplois non pourvus.

10:29
Présentateur

Ça, vous nous l'avez dit.

10:30
Invité politique

On peut continuer de faire monter le plein emploi par les actions qu'on fait auprès des entreprises. On va aller faire plus de 500 000 prospections d'entreprises pour pouvoir accompagner toutes les offres d'emploi qui existent et monter en puissance sur l'accompagnement intensif. Vous l'avez dit, effectivement, il va y avoir une baisse d'effectifs de 500 personnes. Mais de l'autre côté, on travaille sur l'efficience. Vous savez, les Français, on leur raconte depuis très longtemps qu'on va faire de la simplification. Nous, à France Travail, on est en train de la faire.

Et très concrètement, en 2025, les équipes de France Travail, on a supprimé des processus et des procédures administratives et bureaucratiques inutiles. On a mis en place de l'intelligence artificielle comme jamais on digitalise. Et du coup, c'est 2300 personnes qui font moins de paperasse et qui, maintenant, sont devant des chercheurs d'emploi à faire de l'accompagnement individualisé.

11:16
Présentateur

OK. Et il y a une dernière question quand même, qui est la question des contrôles qui intéresse. Vous allez aussi augmenter vos contrôles ?

11:22
Invité politique

Oui. Les contrôles, d'ailleurs, ce n'est pas qu'on va les augmenter, c'est qu'on les a déjà augmentés en partie, puisqu'on est passé de 600 000 contrôles en 2024 à 940 000 contrôles en 2025. Et on va continuer de faire un peu plus de contrôles si, évidemment, on a les moyens et les effectifs nécessaires. Pourquoi ? Parce que le contrôle, c'est la garantie que chacun respecte ses droits et ses devoirs. Le droit à un accompagnement, le devoir de rechercher un emploi.

11:45
Présentateur

Eh bien, écoutez, merci beaucoup. On a entendu votre motivation. Merci d'être venu dans l'invité éco de France Info ce soir.

"La situation n'est pas si catastrophique" : le patron de France Travail tempère les mauvais chiffres du chômage · Pourquijevote