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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 26 juillet 2025 8 min

De Mitterrand à Macron : une longue tradition française de défense des droits des Palestiniens

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

à jouer aussi dans cette reconnaissance. Il y a l'amour et les preuves d'amour. La preuve d'amour pour le monde arabe, c'est la reconnaissance de la Palestine, ce que vient de faire E.Macron. - A.de Tarlé: En devenant le 1er du G7 à reconnaître la Palestine, E.Macron s'inscrit dans une longue tradition française de défense des droits des Palestiniens, incarnée par J.Chirac, F.Mitterrand et, bien avant eux, par R.Schuman. -1982, François Mitterrand est le 1er président français à se rendre en Israël et aussi à prendre la parole devant la Knesset, où il plaide déjà pour un Etat palestinien. - F.Mitterrand: On ne peut demander à quiconque de renoncer à son identité. - Le début de 40 ans d'atermoiements diplomatiques français.

Lorsque Yasser Arafat proclame symboliquement l'indépendance de la Palestine, 6 ans plus tard, la France ne fait pas partie des pays à la reconnaître. F.Mitterrand se veut garant de la sécurité d'Israël et obtient même du leader palestinien qu'il renonce à la charte de son mouvement appelant à détruire l'Etat hébreu. - Y.Arafat: Quant à la charte, je crois qu'il y a une expression française: "C'est caduc". - J.Chirac affichera un soutien plus net à la cause palestinienne, illustré par cette scène passée à la postérité. 1996 à Jérusalem, des policiers israéliens l'empêchent d'approcher de Palestiniens venus le saluer. ... - Deux jours plus tard, sa visite à Ramallah est un triomphe et scellera son amitié avec Y.Arafat.

Les dirigeants israéliens, eux, estiment le coup d'éclat prémédité et en garderont une rancune tenace. Alors, à son arrivée, N.Sarkozy imagine rééquilibrer la parole française.

C'est la politique du dialogue stratégique: choyer Israël en espérant faciliter ensuite des avancées pour les Palestiniens. - N.Sarkozy: Je suis venu vous dire que le peuple français sera toujours aux côtés de l'Etat d'Israël quand son existence sera menacée. - Mais l'offensive israélienne Plomb durci à Gaza, quelques mois plus tard, douche ses espoirs.

Et lorsqu'il reçoit M.Abbas à l'Elysée, en 2010, son agacement trahit sans doute son impuissance. - N.Sarkozy: Nous nous trouvons face à une situation d'autant plus incompréhensible et inacceptable que tout le monde connaît les termes d'un accord de paix définitif: 2 Etats, l'Etat palestinien dans les frontières de 67, un échange de territoires... - A sa suite, F.Hollande n'obtiendra pas plus d'avancées.

Il en avait pourtant fait une promesse de campagne. ...

Sa politique étrangère sera surtout orientée vers le Mali, la Syrie, la lutte contre l'Etat islamique, avant un dernier renoncement dans son discours devant le Crif en février 2017. - F.Hollande: La solution ne sera jamais imposée par la communauté internationale, jamais.

C'est aux Israéliens et aux Palestiniens qu'il reviendra de s'entendre sur chacune des questions du statut final. - Si E.Macron franchit aujourd'hui le pas, c'est dans un contexte devenu insoutenable. 7 octobre 2023, le président français apporte son soutien à B.Nétanyahou après les attaques terroristes du Hamas qui font près de 1200 morts. - E.Macron: Israël a le droit de se défendre en éliminant les groupes terroristes dont le Hamas par des actions ciblées. - Mais des semaines plus tard, il s'indigne des proportions de la réponse israélienne.

Déjà près de 10 000 morts dans des bombardements sur Gaza...

E.Macron se rend en Cisjordanie, à Ramallah. - E.Macron: La vie d'un civil vaut celle d'un autre civil, quelle que soit sa nationalité.

Une vie palestinienne vaut une vie française et une vie israélienne. - Après une nouvelle visite en avril dernier auprès de Gazaouis évacués en Egypte, le ton devient beaucoup moins diplomatique. ...

Si E.Macron officialise comme prévu sa décision en septembre, la France deviendra le 150e pays à reconnaître l'Etat palestinien. - A.de Tarlé: Quand on voit tous ces présidents, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande et Macron, est-ce qu'on peut dire qu'il y a une constance d'une politique arabe de la part du Quai d'Orsay, de la France? - P.Allémonière: Je ne dirais pas ça.

Si constance il y a, c'est dans la volonté d'avoir une reconnaissance de 2 Etats. En revanche, on a des phases où il y a des rapprochements et des éloignements. Le plus gros éloignement, c'était sous Giscard d'Estaing.

On avait pris des positions très difficiles et beaucoup plus dures à l'égard d'Israël. Et puis, le gros rapprochement, c'était sous Sarkozy. C'est pourtant sous Sarkozy... - A.de Tarlé: C'était le plus pro-israélien, Sarkozy? - P.Allémonière: Le plus enclin à accéder aux demandes israéliennes.

Bien sûr, il s'est rapproché des Etats-Unis...

C'est paradoxalement à l'époque de N.Sarkozy, en 2014, que l'Assemblée nationale a failli voter la reconnaissance de l'Etat palestinien. Il a fallu que Sarkozy intervienne sur son propre parti pour leur demander de s'opposer à cette reconnaissance.

Si vous voulez, il y a un paradoxe. Quant à F.Hollande, lui, on peut dire qu'il n'a pratiquement rien fait.

En revanche, la position française, c'est du "en même temps" en permanence. C'est une position macroniste avant l'heure... - A.de Tarlé: Un macronisme géopolitique. - P.Allémonière: Qui n'a jamais poussé, parce que peut-être un isolement sur le plan international, parce que peut-être pas suivi, vers une reconnaissance définitive de l'Etat palestinien. - A.de Tarlé: Tout le monde a envie de parler sur ce sujet. - P.Allémonière: C'est un sujet qui enflamme, qui divise. - V.Hugeux: Le désamour de l'époque Giscard avait été balisé par une image, quand il observe depuis la Jordanie le territoire israélien à la jumelle.

Ca avait été considéré comme un acte d'hostilité. Rembobinons un peu plus le film. On a à peine évoqué C.de Gaulle.

En préparant cette émission, j'ai retrouvé dans le tome 3 du bouquin d'A.Peyrefitte, où il raconte ses conversations avec le général. Voilà ce que dit de Gaulle: "Aujourd'hui, le fait de leur victoire est là, mais nous ne pouvons admettre ni entériner des conquêtes territoriales.

Les Israéliens ne voudront lâcher ni Gaza ni Charm el-Cheikh, ni les rives du Jourdain, ni les rives du Golan. Le spectacle des réfugiés arabes mourant de soif et sans recours est tragique. Il y a un vrai ghetto arabe à Gaza.

Les conséquences morales et politiques du drame pèseront lourd." C'était en 67. - A.de Tarlé: A.Bellanger, quand on voit qu'en 67, on vit déjà ça, qu'il y avait un ghetto arabe et qu'on voit qu'en 82, les termes