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interviewLe Média (sur YouTube)· 13 décembre 2021 23 min

SERVICES PUBLICS : LES INCROYABLES MENSONGES DE MACRON ET PÉCRESSE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour tout le monde est bienvenue pour ce nouvel instant Porcher. Je suis ravie de vous retrouver chaque semaine comme d'habitude pour fouiller analyser, décrypter, l'actualité avec Thomas Porcher surtout un pendant cette période présidentielle où nous avons tant besoin de comprendre les discours qui gravitent autour de nous. Au programme aujourd'hui devons- nous limiter nos dépenses publiques et supprimer 120 000, 200 000 postes de fonctionnaires comme le souhaite Valérie Pécresse ou encore Emmanuel Macron ?

Egalement le dernier rapport du laboratoire des inégalités mondiales qui montre que la crise profite aux plus riches et que les inégalités de richesse entre individus s'accroissent de plus en plus. Et enfin quel bilan pour l'ancienne chancelière allemande Angela Merkel après 16 ans au pouvoir ? "Le secteur public coûte trop d'argent"...

Est-il le bouc émissaire de la crise ? La grande période de campagne présidentielle est lancée et Valérie Pécresse, gagnante de la primaire les républicains en fait une mesure phare de son programme. Le redressement des comptes publics et la suppression de 200 000 postes de fonctionnaires administratifs.

C'était aussi une promesse de campagne d'Emmanuel Macron en 2017. Y a t-il trop de fonctionnaires en France ? On analyse tout ça avec Thomas.

Autre grand sujet à décrypter les inégalités entre individus ne font qu'augmenter. Le dernier rapport sur les inégalités publié le mardi 7 décembre par le Laboratoire des Inégalités Mondiales montre que la crise profite aux plus riches. Actuellement les 10% les plus riches de la planète captent 52 % du revenu mondial tandis que la moitié la plus pauvres n'en gagne que 8%, pratiquement dépourvue de patrimoine puisqu'elle ne possède que 2 % au total.

A l'inverse les 10% les plus riches en détiennent 76%. Les chercheurs affirment que je cite "l'inégalité n'est pas une fatalité mais bien un choix politique" Ils évoquent aussi les questions de genre et de climat. On va vite en savoir plus !

Enfin après 16 ans au pouvoir l'ancien chancelière allemande Angela Merkel laisse sa place au social démocrate Olaf Scholz et sa coalition avec les libéraux et les Verts. La chrétienne démocrate a traversé la crise de 2008 puis plus récemment la crise migratoire et le COVID-19. Quel bilan peut-on en tirer pour l'Allemagne et pour l'Europe ?

On va découvrir et analyser tout cela tout de suite c'est l'Instant Porcher. Avant de commencer cet épisode de l'Instant Porcher, je voulais vous parler d'un sujet très important Le Média TV entre dans une phase cruciale qui conditionne sa survie une campagne de dons de fin d'année. Nous avons besoin de notre audience pour ne pas crouler sous le déficit structurel qui est le lot des médias indépendants qui font le choix de ne pas dépendre des mécènes milliardaires ou de la publicité.

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Rejoignez notre QG de campagne. - Bonsoir Eric Zemmour - Marine Le Pen bonjour. - Bonjour ! -Merci d'être avec nous ce matin.

Vous êtes candidate à L'élection présidentielle. - Il ne faut certainement pas accueillir ces migrants, dont beaucoup sont potentiellement dangereux. - Alors on les laisse mourir de froid derrière des barbelés ?

Bien sûr que oui ! Bien sûr que oui ! - Il qu'il faut que la police tire à balles réelles ! - Ca rigole plus là.

Reculez, reculez (rires) Salut à vous les matinaux qui nous regardez en direct ! - Bonjour à toutes et tous quel plaisir de vous retrouver ! - Nous sommes sur Le Média TV et c'est l'heure de la Contre Matinale !

Avant d'attaquer notre programme du jour, on va faire un petit crochet avec une actualité, Anne Hidalgo propose une primaire à gauche pour une candidature unique. Thomas, qu'est ce que tu en penses toi ? Moi ça me fait un peu rire parce que on voit en fait que la gauche bon parfois elle veut faire une alliance, parfois elle veut y aller toute seul et puis quand ça va mal on préfère faire une alliance.

Moi qui ai défendu pendant très longtemps, c'est à dire dans la dernière campagne en 2016-2017, l'alliance des gauche puisque j'avais signé des appels à la primaire des gauches puis j'avais signé ensuite tous les appels à l'alliance Hamon-Jadot Mélenchon, j'ai tiré les conclusions de ses aventures et j'ai vu que ça ne fonctionnait pas. Donc là aujourd'hui, ça commence à être...

ça nous fait rire c'est à dire qu'il y a trois mois il fallait faire une grande alliance, puis après il fallait que chacun y aille de son côté. On voulait plus faire d'alliance. Alors là il y avait, notamment le PS voulait plus faire d'alliance avec Mélenchon.

On l'a vu avec un certain nombre de candidats aux régionales qui voulaient faire vraiment la cassure entre une gauche sociale-démocrate et la gauche de Mélenchon. Et puis maintenant on va faire une grosse alliance des gauches parce que l'on voit finalement, et avec une grande primaire, parce que l'on voit que Valérie Pécresse est sortie renforcé de cette primaire avec un haut score, mais c'était aussi le cas de Benoît Hamon en 2017. Il est sorti, il était à 17% et il a fini à 6 %...

Donc il faut se méfier des dynamiques comme? ça je veux dire des montagnes russes...

Une campagne présidentielle c'est une dynamique de long terme. Je pense que c'est un cap à tenir et à suivre, des discours cohérents qui doivent rester les mêmes pour arriver à convaincre. C'est pas être une girouette et bouger en fonction des sondages et des scores que l'on fait.

Donc je trouve ça plutôt ridicule même si elle a 2 ou à 3 %, elle ferait mieux de continuer sa campagne sur sa ligne et voir ce qu'il en restera à la fin Dépensons-nous trop d'argent dans la fonction publique en France ? Ca y est la grande période de campagne présidentielle est belle et bien lancée et les propositions fusent...

Valérie Pécresse sort gagnant de la primaire des Républicains. Elle ne déroge pas à sa famille politique. La candidate promet un redressement des comptes publics et met en avant qu'il y a trop de fonctionnaires administratifs.

On l'écoute : - Je complète, effectivement, je prévois dans mon projet la suppression de 200 000 postes de fonctionnaires, mais aussi la création de 50 000 postes supplémentaires. 50 000postes supplémentaires dans les trois missions que vous venez de citer : protéger, éduquer, soigner. Donc il y aura 50 000 postes dans les fonctions que je viens de signaler, protéger, éduquer, soigner celles que vous venez de citer cher monsieur.

Et donc j'y créerais des postes supplémentaires en revanche là aussi c'est pas que dans la fonction publique d'Etat que je souhaite supprimer des postes, Je souhaite supprimer des postes administratifs dans les trois fonctions publiques et je le maintiens. Quand on voit qu'il y a 53 000 agents à la mairie de Paris, qui refuse aujourd'hui passés aux 35 heures parce que c'est un acquis social de pas travailler 35h à la mairie de Paris et qu'on voit en plus la propreté des rues... on se dit qu'il y a quand même aujourd'hui, trop de fonctions administratives et pas assez des fonctionnaires de terrain.

C'était d'ailleurs aussi une promesse de campagne d'Emmanuel Macron que de supprimer 120 mille postes de fonctionnaires bien que cela n'ait pas été tenu alors Thomas, est ce qu'il y a vraiment trop de fonctionnaires en France comme le prétend Macron et des think-thank libéraux ? Non pas du tout. Alors il faut regarder la la part de la dépense publique qui finance les administrations, c'est à dire le salaire des fonctionnaires et les consommations intermédiaires des administrations Cette part là elle est stable depuis 1978, on a 18 % du PIB, c'est stable.

Ensuite il y a un autre indicateur, il faut regarder l'emploi dans les administrations sur l'emploi total. On est pas les plus élevés en Europe par exemple la Suède est au dessus, Le Danemark est au dessus. Donc c'est pas comme s'il y avait beaucoup plus de fonctionnaires, qu'on était une spécificité.

Donc ce qu'ils disent est faux. Ensuite sur la suppression des postes, Valérie Pécresse elle veut augmenter des postes dans la police ou dans l'hôpital mais elle veut supprimer au total tous les postes de fonctionnaires c'était un peu ce que voulait faire Macron. Macron voulait supprimer 120 000 postes de fonctionnaires.

Il y en avait je crois 50 000 sur la fonction d'Etat et l'autre c'était sur les fonctionnaires des collectivités territoriales mais très vite il ya une impasse. Donc qu'est-ce qu'il a fait Macron ? Il a supprimé beaucoup de postes à Bercy, en premier lieu...

On veut lutter contre l'évasion fiscale mais on supprime des postes à Bercy ...

Ce qui fait qu'aujourd'hui l'évasion fiscale ceux qui lèvent les grosses affaires ce sont des journalistes et pas des agents de l'Etat Ce qui est quand même un vrai problème, et puis après il a supprimé des postes au ministère de l'écologie. Donc on veut faire la transition écologique mais on ne veut plus qu'il y ait de postes dans les ministères. Donc il s'est trouvé face à... et il a supprimé beaucoup de postes dans les collectivités locales, et là dans les collectivités locales...

On a vu pendant la crise COVID vite que les collectivités locales étaient quand même au premier rang, voyez... et puis après il faut quand même dire une chose c'est que, ce qui se retrouve dans la masse salariale des collectivités locales en termes de fonctionnaires si on supprime ces postes...

A qui on donne ces activités ? Au secteur privé...

Pour le nettoyage, pour la petite enfance...

Au secteur privé et donc il se retrouve quand même dans les comptes des mairies mais cette fois ci en consommations intermédiaires. Alors l'avantage qui il y a à être un fonctionnaire dans les collectivités locales, je tiens à le dire. C'est que dans la majorité des cas, les trois quarts vous êtes des catégories C.

C'est à dire le bas de l'échelle. Et les catégories C sont légèrement mieux payées que des emplois d'ouvriers par exemple. Alors est-ce qu'on doit pas se réjouir de ça ?

Que en bas de l'échelle, à l'heure où on parle beaucoup de pouvoir d'achat etc... les gens aient un peu plus de sécurité sur leur emploi et soit un peu mieux payés ?

Moi je pense je pense que oui ! Et puis surtout rien n'assure globalement que l'enveloppe globale qu'ils coûteraient la mairie, même si les fonctionnaires sont mieux payés, soit plus faible. Parce que dans le secteur privé même si vous payez moins bien les gens dans le secteur privé, vous devez payer les actionnaires, vous devez faire parfois des prêts où vous avez des taux qui sont moins intéressants quand vous êtes dans le public.

Donc rien n'assure que l' enveloppe globale en plus soit moins cher pour les mairies .Donc supprimer des postes c'est plutôt de la démagogie quand on regarde les chiffres que quelque chose de réel. Et en plus, je tiens à donner un dernier chiffre, le lien entre la part des fonctionnaires dans l'emploi total et la dette n'a absolument rien à voir.

Vous avez des pays qui ont très peu de fonctionnaires, comme le Japon et des dettes énormes, ou comme les Etats Unis qui en ont moins de chez nous mais une dette plus élevée que la nôtre. Et puis vous avez des pays comme le Danemark qui ont une part de d'emplois de fonctionnaires dans l'emploi total plus élevé avec une dette un peu plus faible. Donc pas de lien entre les deux, donc c'est une attaque contre le service public plus qu'une proposition pour redresser les comptes publics. - Mais pourquoi cette volonté de réduire toujours le nombre de fonctionnaires, de s'attaquer au secteur public, on l'a dit, Emmanuel Macron à voulait dans son programme de 2017 supprimer 120 000 postes de Fonctionnaires et baisser de 60 milliards la dépense publique ?

Il y a cette idée que quand on maîtrise la dépense publique on va réduire la dette.. On a une dépense publique plus élevée que les Etats Unis, clairement, plus élevée que le Japon, clairement, et nous avons une dette plus faible.

Notre dette ces dix dernières années elle a augmenté moins vite que au Royaume-Uni, vite qu'aux Etats Unis, moins vite qu'au Japon. Donc il n'y a pas de lien entre dépenses publiques et dettes publiques. Ca c'est la première des choses il faudrait que ça rentre dans la tête des politiques...

ça n'a pas l'air de rentrer dans la têtes des politiques. Ensuite les baisses de la dépense publique ont un effet sur l'économie réelle parce que vous savez dans la dépense publique vous avez 50 % qui sont des prestations. Les prestations que vous donnez aux chômeurs, que vous donnez aux jeunes, que vous donnez aux plus pauvres, elles finissent dans l'économie, elles soutiennent le secteur privé.

Donc quand on coupe la dépense publique souvent on a un impact très fort sur le PIB et c'est l'expérience qu'a vécu la Grèce et aujourd'hui même ceux qui ont soutenu ce qui a été fait en Grèce, comme l'économiste en chef du FMI, monsieur Blanchard ont montré qu'il y avait des effets multiplicateurs et qu'il fallait en tenir compte. Et je ne comprends pas pourquoi cette histoire se répète depuis 2017, enfin depuis même 30 ans, mais elle continue à se répéter alors qu'on a vu les effets négatifs qu'il y avait à couper dans la dépense publique. Donc il y a une attaque en règle qui sont dues à un ensemble de préjugés. "Le fonctionnaire est improductif", c'est faux, il contribue au PIB, "le fonctionnaire contribue à la dette que nos petits enfants vont récupérer", c'est parfaitement faux.

On se rend bien compte que des pays qui ont peu de fonctionnaires ont une dette très élevée. Une fois qu'on aura, on va dire délié ses idées reçues, on pourra avoir une vraie politique publique et il y a plein de secteurs où on a besoin de fonctionnaires. Quand on vit dans la vie réelle...

Que demande l'hôpital ? Depuis très longtemps avant la crise ? Plus de personnel !

La petite enfance aujourd'hui n'a pas des places en crèche pour tout le monde, ce qui fait que ce sont, des femmes souvent, qu'ils sacrifient leur emploi pour s'occuper de leurs enfants. Dans la culture, dans le loisir vous manquez de personnel. Donc allons-y, allons-y !

On se rend compte que nos profs sont moins bien payés et allons-y...

Voilà, mais on veut pas le faire parce qu'il y a des idées reçues et des questions dogmatiques qui plaisent à un certain électorat. Est-ce que ça veut dire qu'aujourd'hui on a les moyens de créer plus de postes de fonctionnaires en France ? Mais bien sûr !

Vous savez ce qu'on a perdue avec la réforme de l'isf, qui concerne 1 % des Français, 1 % des Français. Ces Français là il faut le répéter toujours ont 25% du patrimoine français, c'est-à-dire 25% de tout ce qu'il y a dans les comptes en banque et tout ce qu'il y a en immobilier. Donc c'est une petite élite extrêmement riche.

Ces 1% alors leur a fait des baisses des cadeaux fiscaux de l'ordre de 4 milliards. 4 milliards, si on y rajoute en plus la FlatTaxe on est à 5 milliards. Avec ces 5 milliards on peut créer 100 000 postes de fonctionnaires donc tout est une question de choix en réalité. 100 mille postes de fonctionnaires dans l'hôpital, dans l'éducation, dans la petite enfance, ailleurs, voilà ce qui profiterait à tous parce que le service public, c'est le patrimoine du pauvre, on a préféré faire un cadeau 1% les plus riches.

Donc oui c'est une question de choix politique ! - La crise profite aux plus riches et les inégalités de richesse entre individus s'accroissent. C'est le triste constat du dernier rapport sur les inégalités publié le mardi 7 décembre par le laboratoire des inégalités mondiales et pilotée par Lucas Chancel Thomas Piketty et Emmanuel Saez et Gabriel Zucman.

Les inégalités mondiales semblent aussi fortes aujourd'hui qu'au début du 20e siècle. Les 10% les plus riches de la planète captent 52 % du revenu mondial tandis que la moitié la plus pauvre ne gagne que 8 %. depuis les années 1980, les inégalités de revenus et de patrimoines sont en augmentation presque partout.

La moitié la plus pauvre de la population mondiale est pratiquement dépourvue de patrimoine puisqu'elle ne possède que 2 % du total. A l'inverse les 10% les plus riches en détiennent 76 %. La part de patrimoine détenue par des acteurs publics est proche de zéro ou négative, dans les pays riches, ce qui signifie en fait que la totalité de la richesse se trouve au moins du privé.

Cette tendance a été amplifiée par la crise du COVID qui a vu les Etats emprunter l'équivalent de 10 à 20 % du PIB essentiellement au secteur privé. On parle également de genre, en 1990 la part des revenus du travail perçu par les femmes avoisinait 30%. Elle se situe aujourd'hui à moins de 35%, et de climat.

Les 10% des plus gros émetteurs sont responsables de près de 50% des émissions tandis que les 50% du bas de la distribution n'en produisent que 12%. Le rapport affirme "ce n'est pas simplement une affaire qui opposerait pays riches et pays pauvres", l'inégalité n'est pas une fatalité mais bien un choix politique". Thomas les inégalités touchent-elles la France comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni par exemple ? - En fait la France a été un peu plus préservée.

Les inégalités ont augmenté en France, très fortement, ces 30 dernières années et ça s'est accéléré sous la présidence d'Emmanuel Macron qui a fait, encore une fois on le répète, des cadeaux aux 1-10 % les plus riches parce que la FlatTaxe, qui est la taxe sur les revenus financiers plus vous êtes riche vous avez des revenus financiers... quand on est un smicard vous n'avez pas beaucoup d'action en bourse et la réforme de l'ISF concerne les 1% les plus riches. donc Macron à accéléré ce processus de baisse de fiscalité sur les plus riches qui avait été fait aux Etats-Unis au Royaume-Uni dès les années 80 et dont on connaissait les résultats.

Parce que là on nous disait, "il faut tenter", "il faut baisser la fiscalité sur l'ISF", "ça va permettre l'investissement" on s'est rendu compte après 3 rapports que ça n'a pas permis l'investissement cela a juste enrichit les plus riches. Il n'y a pas de ruissellement, si vous baissez la fiscalité sur les plus riches, vous enrichissez les plus riches, pas les plus pauvres c'est plutôt simple...

Mais il a fallu trois rapports pour s'en rendre compte. donc voilà donc les Etats Unis et le Royaume Uni à partir des années 80 avec l'arrivée de le couple Reagan Thatcher ont fait des baisses de fiscalité, comme a fait Macron ce qui fait que les inégalités augmenter très fortement. Chez nous elles ont augmenté mais moins fortement, parce que nous avons un Etat social qui avait été beaucoup plus développé et qui a été cassé beaucoup moins vite que dans ces pays là mais qui est en phase de rattrapage disons le.

Et l'Etat social c'est quoi ? C'est toutes les prestations vous voyez comme on nous dit là les écarts de revenus, que le rapport nous dit, les gros écarts de revenus les 10 % qui auraient plus de 50% du revenu. C'est avant redistribution ensuite quand vous avez la redistribution les transferts de richesse etc, que nous avons en France via les cotisations etc l'assurance chômage des retraites ainsi de suite ces écarts en fait diminuent et c'est une bonne chose.

Donc pourquoi attaquer cet Etat social comme ça a été fait sous Macron et comme ça va l'être fait si Macron gagne puisque finalement les réformes entamées à partir de 2022 se concentrent uniquement sur l'Etat social ? - Du coup c'est quoi les politiques à mettre en oeuvre pour réduire les inégalités ? - Il y en a plusieurs en fait, la première chose c'est hélas, c'est ce que préconise Thomas Piketty, Lucas Chancel etc, c'est la taxation des plus riches.

Ca c'est vrai ! Quand vous taxez les plus riches je vous avez plus d'argent pour les finances publiques et l'impôt finance les services publics. L'administration, les fonctionnaires et ça c'est une bonne chose !

Ensuite ce qu'il faut c'est surtout pas casser l'autre partie de la dépense publique, qui sont l'Etat social : les prestations sociales, c'est à dire l'assurance chômage ce que Macron est en train de casser, les retraites ce que Macron est en train de casser, les aides sociales, ce que Macron avait pour volonté parce qu'il y avait un "pognon de dingue", c'est l'assurance maladie. Voyez tout ça et pourtant dans le programme de Macron, il voulait faire 10 milliards d'économies sur l'assurance-maladie donc c'est...15 milliards pardon, d'économies sur l'assurance maladie donc il y a tout un tas de on va dire de "transfert" qui fait qu'on ne paye pas les médicaments qu'on est remboursé de ses médicaments, de prestations chômage, d'aides, d'allocations familiales etc, qui soutiennent les plus pauvres.

Vous savez aujourd'hui dans les 10% les plus pauvres, dans les 10% les plus pauvres 70 % du revenu c'est des prestations sociales ! Donc si vous coupez ses prestations là vous attaquez ou 10% les plus pauvres. Donc c'est de préserver ça la première chose.

La deuxième chose c'est d'augmenter les bas salaires. Les salaires en haut se sont envolés..

Alors là il n'y avait pas de problème... pour la compétitivité et tout, là on n'en parlait pas.

Par contre les salaires du bas, sur le smic quand il a fallu les augmenter... ouh là là... on voulait pas les augmenter.

Fallait pas donner de "coup de pouce". Il y avait un comité d'experts du SMIC qui faisait des négociations pour savoir s'ils devaient augmenter le smic de 7 centimes par heure...

On en était là aujourd'hui.. pour les plus pauvres un SMIC qui n'est plus un salaire minimum parce que personne peut vivre avec...

Donc peut-être revaloriser les bas salaires et puis après, éviter de passer un certain nombre de lois qui frappent majoritairement les femmes, sans le dire ...qui sont par exemple, la loi travail.

Quand vous avez des femmes qui sont exposées aux emplois précaires deux fois plus que les hommes, et que vous précarisez l'emploi ...

Vous touchez qui ? Les femmes ! Voyez, quand vous voyez que la majorité des femmes sont au smic et que vous voulez baisser les SMIC dans certaines régions vous touchez les femmes...

Donc après faut pas s'étonner qu'une grosse partie des revenus soit captée par les hommes et pas par les femmes donc faut arrêter de passer des réformes que l'on veut neutre et qui en fait frappent soient les plus précaires ou soit les femmes. Ca sera déjà une bonne chose et là on réduira potentiellement les inégalités. Si on n'avait pas touché notre système fiscal le système fiscal qu'on avait avant les années 70, si on n'avait pas touché, les inégalités serait beaucoup plus faibles, 40 % plus faibles. aujourd'hui qu'elles ne le sont.

On est en période présidentielle, on le disait, les inégalités elles s'accroissent tu nous l'a dit aussi, mais les discours égalitaire j'ai l'impression que ce ne sont pas ceux qui attirent le plus en ce moment si on s'en tient aux sondages. Tout à fait c'est assez impressionnant...

Parce qu'en fait je crois qu'aujourd'hui on a réussi à faire croire que la question des inégalités c'était une question de lutte entre pauvres, plutôt que de luttes entre pauvres et riches. En fait la question des inégalités c'est un problème vertical. C'est à dire qu'à une partie en haut, et là ce rapport le montre très bien, qui capte une trop grosse partie des revenus.

Il faut absolument rééquilibrer ça, or on a l'impression aujourd'hui que le débat en fait c'est un débat plutôt entre pauvre. "Pourquoi je travaille pour payer le chômage d'un autre qui travaille pas, un autre précaire qui travaille pas" ? "Pourquoi moi je dois travailler et gagner 1300 ou 1400 euros nets, si un smicard à ne gagnent que 1000 ?" Voilà il y a toutes ces questions là, et je pense que c'est ça la grande victoire en fait du capital, ou des plus riches c'est d'avoir fait en sorte aujourd'hui que le débat ce soit un débat de lutte entre pauvres.

Instrumentalisé par toute l'extrême droite, entre les pauvres, les "bons pauvres" qui travaillent, les bons (mauvais sic.) pauvres qui travaillent pas. Ca y est, c'est fait !

Depuis le mercredi 8 décembre, Angela Merkel c'est terminé. C'est le social- démocrate Olaf Scholz, élu par le Bundestag qui lui succède avec sa coalition sociaux-démocrates verts-libéraux. L'ancienne chancelière allemande a dirigé le pays pendant seize ans avec l'Union Chrétienne Démocrate, elle a traversé la crise de 2008 puis plus récemment la crise migratoire et le COVID19.

Thomas quel est le bilan économique de Merkel en Allemagne ? Ce qui est assez impressionnant c'est que les Allemands toujours eu très confiance en Angela Merkel, c'est pour ça qu'elle est restée très longtemps pouvoir mais quand on regarde les statistiques, ça a été assez dur pour eux. Par exemple le pays où les inégalités ont le plus augmenté entre 2000 et 2010 c'est l'Allemagne.

Voyez le taux de pauvreté a augmenté de 54%, c'est énorme, le taux de travailleurs pauvres a été multiplié par deux, le nombre de personnes cumulant deux emplois augmenté de 80 % et le nombre de retraités pauvres a augmenté de 30%. Donc tous les indicateurs montrent que socialement ça a été très difficile pour une grosse partie de la population. On pourrait même dire que l'Allemagne est un pays riche avec beaucoup de pauvres.

Voyez avec une austérité salariale qui était très forte pour favoriser des exportations et malgré tout, malgré ces inégalités qui ont fortement augmentées les Allemands ont fait confiance à Angela Merkel, ce qui est assez surprenant. - Au niveau européen du coup ? Au niveau européen, on s'est rendu compte qu'il y a eu, surtout avec la crise grecque qu'on est passé en fait d'une Allemagne qui était dans l'Europe à une Europe qui était complètement allemande.

Aujourd'hui vous avez tous les pays qui font un certain... du sud notamment... qui ont fait un certain nombre de réformes qui ont été imposées d'une main de fer par l'Allemagne et vous avez un certain nombre d'institutions dont l'Allemagne a pris le contrôle, la BCE par exemple qui ne servent quasiment que l'Allemagne.

Je veux dire aujourd'hui s'il n'y avait pas l'Euro le Mark allemand serait surévalué au dessus. Donc là en fait l'Euro sert la politique monétaire allemande mais elle ne sert pas la politique monétaire grecque, encore moins française, il faudrait un peu plus dévaluer l'euro pour la France et ainsi de suite et on se rend compte même que nos élites nos élites aujourd'hui ils veulent faire des efforts pour satisfaire l'Allemagne. C'est à dire qu'il y a plus un rapport, un rapport de force où on dit voilà cette politique est mauvaise etc..

Il y a un rapport où on se dit "il faut être le bon élève devant l'Allemagne" donc c'est un vrai problème. Et ça même d'aider des politiques l'ont dit, Arnaud Montebourg dans son livre, explique Jean Luc Mélenchon l'avait dit et puis d'autres mêmes économistes l'on dit. En fait aujourd'hui l'Allemagne a pris vraiment le pouvoir en Europe et amène une politique, on a vu avec la crise grecque, qui n'était pas extrêmement favorable à la zone euro dans son ensemble.

Donc pour résumer je dirais moi qu'Angela Merkel elle a su où étaient ces intérêts dans la zone euro. Elle a fait en sorte que la zone euro serve l'allemagne plus que les autres pays. Merci Thomas !

Avant de conclure cet épisode de l'Instant Porcher, je vous rappelle donc que Le Média TV entre dans sa campagne de dons de fin d'année qui conditionne sa survie nous avons besoin de notre audience pour assurer une information indépendante sans pub ni actionnaires. Vous pouvez donc nous faire un don sur la plateforme OKPAL. Merci à vous !

On attend vos partages, vos petits pouces en l'air sous la vidéo. Merci à vous d'avoir suivi cet Instant Porcher pour toujours mieux comprendre ce qu'il se passe autour de nous. Spectateurs, abonnés, donateurs et Socios, je vous dis à la semaine prochaine !

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