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Podcast / conversationFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 13 février 2026 13 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeInstitutions & élections

Une chute au retentissement mondial : épisode 4 du podcast Jeffrey Epstein : itinéraire d’un prédateur | France Culture

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 25 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:19InvitéFait
    « On savait très bien que tous ces crimes sexuels, en tout cas, on en entendait parler. »
  • 3:25InvitéPromesse
    « Il y a des photos qui circulent où il pose avec justement une des adolescentes qui va ensuite raconter les choses et témoigner. »

Temps de parole

  • Invité29 %
  • Invité 229 %
  • Invité 327 %
  • Invité 48 %
  • Présentateur2 %

3,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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Invité

France qui le tire

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Présentateur

Pensez-vous que vous êtes le diable incarné ?

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Invité

Non, mais j'ai un bon miroir. C'est une question sérieuse. Pensez-vous que vous êtes le diable incarné ? Je ne sais pas pourquoi vous me demandez ça. Je n'avais plus aucune estime de moi. J'avais peur que ma vie n'ait aucun sens. J'étais la victime parfaite pour eux. Une fois encore, la justice a laissé tomber les victimes de Jeffrey Epstein. Je n'étais pas fan de Jeffrey Epstein. Des gens ont même raconté que je l'ai jeté d'un club. Je ne voulais avoir aucun rapport avec lui. C'était il y a des années de ça. Et ça prouve une chose que j'ai bon goût.

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Présentateur

3,5 millions de données brutes lâchées dans la nature fin janvier. Des politiques, artistes, financiers, du monde entier au cœur du scandale.

0:58
Invité

Les visages de l'actu. Jeffrey Epstein, itinéraire d'un prédateur. Suicide ou homicide ? Une affaire sulfureuse et particulièrement embarrassante pour tous les puissants qui l'ont côtoyé et qui pourraient, eux aussi, être mouillés dans l'affaire. Épisode 4. Une chute au retentissement mondial. Après son court passage en prison, Jeffrey Epstein semble avoir repris le cours de sa vie en toute impunité. Mais, en 2010, le scandale impliquant le prince Andrew commence à faire surface. Puis, à partir de 2015, de nouvelles accusations émergent. En 2018, une enquête du Miami Herald relance l'affaire avec fracas. La justice américaine est forcée de se ressaisir du dossier.

Le 6 juillet 2019, Epstein est à nouveau arrêté. Qu'est-ce qui le fait arrêter cette fois-ci, Nicolas Barré ? Ce qui avait vraiment déclenché les choses, c'est effectivement cette enquête du Miami Herald. Là, on ne peut plus ne rien faire. On ne peut plus fermer les yeux. Tout le monde savait beaucoup de choses sur Epstein. On savait très bien que tous ces crimes sexuels, en tout cas, on en entendait parler. Et puis, dans la haute société new-yorkaise, on était parfaitement au courant de tout ça. Mais là, quand le Miami Herald sort des preuves, des témoignages vraiment accablants, là, la justice redémarre.

Et puis, peut-être, on peut se dire quelque part que la justice américaine a essayé aussi de se racheter. Parce qu'elle a vraiment lamentablement échoué quelques années plus tôt. Et là, ils décident vraiment de mettre le paquet. Marie-Cécile Nave. Et puis, on est après MeToo et ça joue aussi dans le contexte. C'est la suite de l'affaire Weinstein. Et donc, voilà, on est dans la continuité de ça. C'est un contexte très important qui a sans doute aussi alimenté l'intérêt de la presse pour le cas Epstein qui n'aurait peut-être pas suscité autant d'attention s'il n'y avait pas eu 2017. Avec un nom qui probablement relance le dossier de manière directe et indirecte.

Ce sont les révélations sur le prince Andrew. Oui, c'est exact. Donc ça, ça intervient en décembre 2010. On sait que le prince Andrew est largement impliqué dans ce dossier. Oui, c'est étayé, c'est documenté. Il y a des photos qui circulent où il pose avec justement une des adolescentes qui va ensuite raconter les choses et témoigner. Donc ça amène de l'eau au moulin des preuves et on tire un fil aussi. On se dit, tiens, il y a aussi des ramifications internationales. Quel est cet homme ? Qui sont ces hommes ? Est-ce qu'il y a un réseau international de trafic de mineurs, de trafic sexuel de mineurs ? Bon, parfois, il y a un peu aussi un côté attrait pour le sensationnalisme.

Mais c'est quand même étayé, c'est quand même documenté. Donc évidemment, quand ça touche la monarchie britannique, ça attire une autre presse. Nicolas Barré. Prince Andrew que Epstein rencontre grâce à Guylaine Maxwell, puisqu'elle est franco-britannique. C'est une amie, c'est une de ses connaissances. Et Epstein, évidemment, est friande de ce genre de contact avec la couronne, avec les puissants, etc. Et donc, Guylaine Maxwell, qui est vraiment la femme qui a permis à Epstein de changer de dimension sur le plan social, qui l'a fait rentrer dans le grand monde. Il ne connaissait pas ce monde-là, il n'avait pas ses réseaux.

Elle lui a fait rencontrer tous ses réseaux, en Europe en particulier. Et donc, c'est grâce à elle qu'il la rencontre. Et évidemment, on voit bien le rôle trouble qu'elle a pu jouer pendant toutes ces années, puisqu'elle était en même temps, en quelque sorte, rabatteuse pour son mari. Ils n'ont jamais été mariés, mais pour Epstein. Et là aussi, Marie-Cécile Nave, on voit la perpétuation, en fait, d'un réseau pédocriminel. Oui, le rôle de Maxwell est majeur, il ne faut pas le minimiser.

Un réseau pédocriminel dont on n'a pas encore tous les tenants et les aboutissants, et qu'on n'aura peut-être jamais, puisque l'enquête sur Epstein lui-même est close, mais au-delà d'un éventuel réseau pédocriminel de trafic de mineurs, de prostitution de mineurs, etc., cette affaire, elle met au jour des liens amicaux, financiers, d'entraide, une espèce de solidarité des puissants, qui nourrit ce qu'on pourrait qualifier de capitalisme de prédation, un entre-soi qui transcende les frontières politiques et géographiques, mais pas sociales. On se soutient, et même Epstein a été sollicité pour des conseils pour après MeToo.

Quand on est accusé dans des affaires après MeToo, eh bien, il prodignait des conseils à certains pour s'en sortir. Mais, à la fois Nicolas Barré, vous qui êtes un journaliste économique chevronné, est-ce que vous aviez eu vent de l'existence d'Epstein, avant, évidemment, la découverte de ses crimes sexuels ? Non, ce n'était pas un personnage important dans la finance américaine, non. C'était quelqu'un qui conseillait quelques grandes fortunes, mais ce n'était pas quelqu'un qui jouait un rôle important à Wall Street, par exemple. Non, absolument pas. On écoute le procureur fédéral du district sud de New York, le 8 juillet 2019, après l'arrestation de Jeffrey Epstein.

Je suis Jeff Berman, procureur fédéral au district sud de New York. Aujourd'hui, nous procédons au décèlement des chefs d'accusation pour trafic sexuel contre Jeffrey Epstein. Les faits en question remontent à plusieurs années, mais ils sont d'une grande importance aujourd'hui pour les nombreuses victimes présumées, des jeunes femmes. Elles méritent justice. Les mots parlent d'eux-mêmes, et il ne faut pas oublier, je crois, derrière le trafic sexuel de mineurs. Ce n'est pas des parties fines, comme on l'entend parfois, ce n'est pas des orgies, etc.

Vraiment dans une affaire vraiment sordide de pédocriminalité, où il y a des gens qui se sont suicidés, des jeunes filles en particulier qui s'est suicidées l'année dernière. Et puis, tout ça s'est mêlé étroitement à des délits d'initié, de l'évasion fiscale, des conflits d'intérêts, avec des informations confidentielles diplomatiques qui sont données à Epstein, en échange de quoi ? Tout ça, ça a besoin d'être démêlé, et c'est vertigineux, en fait. Et oui, Nicolas Barré, on se rend compte de cela aujourd'hui. Il y a eu des délits d'initié d'État. On le voit, par exemple, en Angleterre, avec Peter Mendelssohn. Oui, exactement.

Là, c'est assez saisissant, quand même, de voir qu'un ancien ministre, qui était ministre à l'époque, ministre de Gordon Brown, a communiqué à Epstein des notes confidentielles, des informations vraiment d'initié, sur le sauvetage, par exemple, des banques après la crise de 2008. Là, c'est quelque chose de très concret, qui pouvait parfaitement servir aux amis de Wall Street, d'Epstein, ou à lui-même, pour commettre des délits d'initié. On n'en a pas aujourd'hui la trace formelle. Mais enfin, c'est quand même très troublant de voir comment cet homme-là avait réussi à persuader un ministre du gouvernement britannique de lui communiquer de telles informations.

Alors, Peter Mendelssohn, c'est une personnalité un peu à part dans la scène politique britannique. Personnage assez excentrique et original, et puis avec des mœurs parfois plus que contestables. Mais en tout cas, cette proximité, évidemment, est extraordinairement troublante. Bon, maintenant arrive le soupçon, puisque Jeffrey Epstein est retrouvé mort dans sa cellule le 10 août 2019. Il avait eu, semble-t-il, des traces de blessures au cou auparavant. Et on se demande s'il s'agit d'un suicide, d'un meurtre. C'est là où les théories du complot ou alors la méconnaissance du dossier, je ne sais pas. Alors, la justice américaine a tranché. Il s'agit d'un suicide.

Ensuite, ça n'empêche pas, effectivement, tout un tas de gens de croire au complot, d'imaginer qu'on l'aurait tué pour qu'ils ne révèlent pas certains secrets gênants. Bon, je vous dis, l'enquête a conclu qu'il y avait bel et bien eu un suicide. Au final, on voit, Marie-Cécile Nave, qu'il y a effectivement une sorte d'affaire exemplaire au pire sens du terme. Oui, c'est une affaire vraiment tentaculaire. On n'a pas encore démêlé tous les fils loin de là, puisque le ministère américain de la Justice dévoile en vrac des millions de documents dont beaucoup sont caviardés.

C'est-à-dire, on voit des traces aux feutres noirs qui occasionnent des soupçons de cover-up, c'est-à-dire qu'il y a des gens qui sont protégés. Je n'ai pas compris, d'ailleurs, pourquoi certains documents étaient caviardés. Eh bien, précisément, la loi qui avait été votée fin 2025 pour contraindre le ministère de la Justice à les dévoiler spécifie bien qu'ils ne doivent pas être caviardés sauf pour protéger les victimes, ce qui n'est absolument pas le cas dans ce qui est dévoilé, ou sauf s'il y a des justifications tout à fait étayées, ce qui n'est pas le cas. Donc, ils contreviennent à la loi, en fait.

C'est pour ça que là, ils commencent à donner aux députés, aux représentants, à la Chambre des représentants, les documents en nom caviardé. Donc, on ne sait pas, c'est fait de manière arbitraire, mais ça a pour but de semer la confusion et peut-être de dédouaner Trump et son entourage aussi en dévoilant tout de manière désordonnée. Quelle conclusion donnez-vous à cette histoire, Nicolas Barré ? Ce qui est fascinant, c'est que jusqu'à la fin, Epstein croit pouvoir s'en sortir et croit qu'il est plus fort que tout le monde. Il demande, par exemple, d'être libéré sous caution. Il propose 100 millions de dollars et il pense vraiment sincèrement que ça va marcher.

Et là, le procureur fédéral lui répond, il a cette phrase, le tribunal ne peut compter sur l'autodiscipline d'un homme qui a un appétit pour les enfants. Et là, c'est fini. Il comprend qu'il restera en prison jusqu'à la fin de sa vie et quelques jours après, il se suicide. L'affaire Epstein n'est pas seulement l'histoire d'un criminel, c'est le récit d'un système qui a permis à un prédateur d'opérer en toute impunité pendant plus de deux décennies. Un système où l'argent et les connexions ont pu acheter le silence, négocier la clémence de la justice et protéger les puissants. Depuis sa mort, l'affaire continue de résonner. Ghislaine Maxwell a été condamnée à 20 ans de prison en 2022.

Des documents continuent d'être déclassifiés, révélant de nouveaux noms. Et les victimes, elles, continuent de porter le poids du traumatisme qui ne s'effacera jamais. L'histoire de Jeffrey Epstein nous rappelle que derrière les façades du pouvoir et de la richesse peuvent se cacher les pires abominations. Elle nous interroge aussi sur notre capacité collective à protéger les plus vulnérables face à certains privilégiés et comment combattre le complotisme si on laisse prospérer ce type de complot. Les visages de l'actu ont été produits par Juliette Deveau, réalisés par Louis-André, avec un sacré coup de main d'Émilie Vallat et Françoise Lefloc. A la technique, Julien Moulet.

Au mixage, Marie-Claire Oumabadi. A la coordination, Camille Renard, avec la collaboration de Carolina Souza. Retrouvez tous les épisodes de cette série et les portraits de celles et ceux qui font l'actu sur l'application Radio France et sur franceculture.fr. Sous-titrage Société Radio-Canada

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