Sciences Po : Sandrine Rousseau témoigne - C à Vous - 10/02/2021
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteRéponse directe
Mais cette affaire, est-ce qu'elle a eu des conséquences sur votre carrière dans le monde universitaire ?
- 1:52OuverteRéponse directe
Pour que les choses soient claires, en 2019, vous étiez candidate à la direction de Sciences Po Lille. Vous avez remporté le vote des étudiants. Le conseil d'administration a invalidé ce vote, en quelque sorte.
- 2:10RelanceRéponse partielle
Qui vous ont fait comprendre ? Qui vous ont fait comprendre ? Que vos combats n'étaient pas les bons.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:35Invité politiqueFait
« Bien sûr qu'elle en a eu. J'ai postulé à plusieurs postes après. »
- 0:39Invité politiqueFait
« Et des personnes qui aujourd'hui sont soit accusées, soit convaincues de violences sexuelles m'ont barré la route. »
- 0:46Invité politiqueFait
« C'est le cas d'Olivier Duhamel, de Gérald Darmanin par exemple, clairement. »
- 0:53Invité politiqueFait
« Vous êtes partie du conseil d'administration de Sciences Po auquel vous étiez candidat. »
- 2:25Invité politiqueFait
« Le vote des étudiants était en amont du CA. »
- 2:28Invité politiqueFait
« Olivier Duhamel, par exemple, qui ne prenait jamais part à aucun vote sur les directions de Sciences Po, a pour la première fois voté contre. »
- 2:35Invité politiqueFait
« Et sans doute au motif que la personnalité que j'incarnais et les combats que j'incarnais n'avaient pas place à Sciences Po. »
- 2:44Invité politiqueFait
« déjà, me revenaient énormément d'affaires de violences sexuelles dont les étudiants, et en particulier les étudiants, se plaignaient qu'elles étaient mal gérées. »
Temps de parole
- Sandrine Rousseau66 %
- Présentateur32 %
- ?2 %
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La parole se libère, mais il y a encore quelques années, vous venez de le rappeler, Sandrine Rousseau. Dire que l'on avait été victime d'harcèlement sexuel pouvait engendrer de graves conséquences. On est en 2016, dans la presse, vous-même et d'autres femmes. Vous preniez la parole, toutes membres d'Europe Écologie Les Verts. Vous accusiez Denis Bopin d'agression et de harcèlement sexuel. L'affaire prescrite a été classée sans suite. Un procès en diffamation a été intenté par Denis Bopin, qui a débouché sur sa condamnation pour procédure abusive. Mais cette affaire, est-ce qu'elle a eu des conséquences sur votre carrière dans le monde universitaire ?
Bien sûr qu'elle en a eu. J'ai postulé à plusieurs postes après. Et des personnes qui aujourd'hui sont soit accusées, soit convaincues de violences sexuelles m'ont barré la route. C'est le cas d'Olivier Duhamel, de Gérald Darmanin par exemple, clairement. Vous êtes partie du conseil d'administration de Sciences Po auquel vous étiez candidat. Bien sûr, mais on n'est pas dans un monde de bisounence. C'est-à-dire que quand on dénonce des violences sexuelles, on s'affronte à des personnes qui maîtrisent extrêmement bien les rapports de domination.
Et donc évidemment que si eux peuvent être gênés par cette parole, qu'ils soient coupables ou non coupables, parce qu'il y a la présomption d'innocence et je ne voudrais pas avoir un second procès en diffamation, mais s'ils se sentent gênés par une prise de parole, alors à un moment donné, ils vont tout faire pour vous barrer la route. Et ils vont tout faire pour faire en sorte que vous vous taisiez. Et c'est ça qui est en train de sauter en ce moment. Et c'est extrêmement puissant, extrêmement fort. Et je pense qu'on n'est qu'au début de cette déflagration. Je pense que la déflagration va encore avoir des conséquences.
Et peut-être qu'il faut se le dire aussi, parce que souvent on se dit que la France n'avance pas suffisamment vite, mais finalement l'affaire Bopin était quand même avant le mouvement MeToo. Et là, MeToo inceste, MeToo gay, il n'y a qu'en France que ces hashtags sont sortis. Et donc peut-être que finalement on est aussi en avance sur des combats sociétaux comme cela.
Pour que les choses soient claires, en 2019, vous étiez candidate à la direction de Sciences Po Lille. Vous avez remporté le vote des étudiants. Le conseil d'administration a invalidé ce vote, en quelque sorte. Et dans le conseil d'administration étaient notamment présents Gérald Darmanin et Olivier Duhamel. Oui, alors c'est... Qui vous ont fait comprendre ? Qui vous ont fait comprendre ? Il faut que les choses soient claires. Que vos combats n'étaient pas les bons.
Vous pouvez dire les choses... Alors, il n'y avait pas eu... Le vote des étudiants était en amont du CA. Mais surtout, ce qui s'est passé, c'est qu'Olivier Duhamel, par exemple, qui ne prenait jamais part à aucun vote sur les directions de Sciences Po, a pour la première fois voté contre. Et sans doute au motif que la personnalité que j'incarnais et les combats que j'incarnais n'avaient pas place à Sciences Po. Et je pense que... Enfin, moi, à l'époque, quand j'ai fait campagne à Sciences Po, déjà, me revenaient énormément d'affaires de violences sexuelles dont les étudiants, et en particulier les étudiants, se plaignaient qu'elles étaient mal gérées.
Et donc, évidemment que ça a été un axe... Mal gérées, autrement dit, étouffées, quoi. Mal gérées. Et évidemment que ça a été un axe de ma campagne en disant « Il faut prendre ça à bras-le-corps » et évidemment qu'il faut traiter ces questions-là. Et c'était un axe très fort de ma campagne. Et voilà. Merci.
Merci. Merci.
Sandrine Rousseau