La candidate Manon Aubry répond aux jeunes électeurs
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:39OuverteRéponse directe
Vous défendez l'idée d'une allocation d'autonomie de 1 158 euros pour les jeunes de moins de 25 ans. Concrètement, comment vous voulez mettre en place cette allocation et comment vous la financez ?
- 4:31OuverteRéponse partielle
Sur la biodiversité et l'écologie. Vous voulez protéger les mers européennes. Pour réguler la pêche, vous comptez plutôt importer dans des zones qui échappent à la régulation, ou alors pêcher dans les mers européennes au risque de dégrader la biodiversité ?
- 5:55OuverteRéponse directe
Est-ce que, pour vous, l'Union européenne doit réguler l'intelligence artificielle ? Et si oui, comment ? Et est-ce que, par exemple, on doit contraindre les entreprises américaines, je pense par exemple au GAFAM, à payer pour aspirer les contenus européens ?
- 7:23OuverteRéponse directe
La crise du logement pour les étudiants, dont beaucoup ont de difficultés à en trouver un, et qui représentent une grosse part de leur budget. Pour vous, comment l'Europe peut jouer un rôle dans cette crise du logement ? Comment elle peut y répondre ?
- 9:38OuverteRéponse directe
Vous voulez développer le train et interdire les vols de moins de 4 heures lorsqu'il y a une alternative ferroviaire. Est-ce qu'il ne faudrait pas aller encore plus loin face à l'urgence climatique et limiter encore plus les jets privés, voire les interdire complètement ?
- 11:20OuverteRéponse directe
Si la Chine attaque Taïwan demain, pour le motif qui sera le sien, l'Europe et la France doivent-elles se ranger du côté des États-Unis, derrière une coalition qui serait menée par les États-Unis ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:56Invité politiqueChiffre
« on a trois quarts des étudiants qui disposent de moins de 3 euros par jour »
- 3:07Invité politiqueFait
« On a vu pendant la crise du Covid, mais même depuis, ça ne s'est pas arrêté. Les longues queues des files étudiantes, juste pour pouvoir se nourrir dans la septième plus grande puissance économique mondiale. »
- 3:21Invité politiqueChiffre
« une allocation d'autonomie pour tous les jeunes au niveau du seuil de pauvreté. Donc, c'est, pour être très précis, 1 158 euros par mois et qui est garanti sans condition »
- 3:47Invité politiqueChiffre
« On l'a chiffré, ça coûte à peu près 50 milliards d'euros par an à l'échelon du continent »
- 3:52Invité politiquePromesse
« On le finance notamment, et c'est une forme de redistribution juste des richesses, avec un ISF européen »
- 4:55Invité politiqueFait
« On a obtenu une belle victoire au Parlement européen, qui est l'interdiction de la pêche électrique »
- 5:11Invité politiquePromesse
« On est pour interdire la pêche de chalut en eau profonde dans les aires marines protégées »
- 6:38Invité politiqueFait
« L'Union européenne a un peu avancé de ce point de vue-là, mais je pense qu'elle reste encore beaucoup trop au milieu du guet »
- 7:03Invité politiquePromesse
« il faut de la régulation, il ne faut pas avoir la main qui trempe pour réguler, et notamment réguler les GAFAM »
- 7:09Invité politiqueFait
« Si on va dans le détail, vous n'avez pas de grand data hub en Europe, on dépend des États-Unis »
- 8:05Invité politiqueFait
« je m'oppose si fortement à l'austérité budgétaire, on en déplaise à M. Seux, parce qu'il nous faut des moyens pour investir massivement »
- 8:26Invité politiqueFait
« Il n'est pas normal qu'on ait si peu de place en cité universitaire »
- 8:33Invité politiquePromesse
« Tous les étudiants, vous, comme tous les étudiants qui nous écoutent, devrez avoir droit à un logement qui est géré par le CRUS »
- 8:50Invité politiqueFait
« qui est la question de la concurrence déloyale, notamment posée par Airbnb »
- 9:22Invité politiquePromesse
« moi, je propose une directive anti-Airbnb au niveau européen pour limiter le nombre de jours pour lesquels on peut louer un appartement »
- 9:52Invité politiquePromesse
« on est pour une immense taxe sur les jets privés et les yachts de luxe »
- 10:07Invité politiqueFait
« Ils sont en train de privatiser fret SNCF, c'est-à-dire le transport de marchandises sur des trains »
- 10:34Invité politiquePromesse
« On propose d'ailleurs pour les jeunes un passeraille. C'est une forme d'Erasmus du rail, un passeraille de 6 mois pour aller voyager partout en Europe, gratuit »
Temps de parole
- Manon Aubry63 %
- Présentateur17 %
- Auditeur10 %
- Auditeur 27 %
- Locuteur non identifié4 %
≈ 4,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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C'est la suite de cette matinale grand format. Nous sommes depuis 8h20 en compagnie de la tête de liste LFI, la France insoumise Manon Brie. Et nous sommes ravis d'accueillir, comme à chaque fois, dans ce studio, deux jeunes citoyens qui vont voter pour la première fois aux Européennes le 9 juin prochain. Mathilde et Louis, bonjour. Bonjour. Bonjour Écouardement. Et bienvenue au micro d'Inter. Mathilde, vous avez 20 ans. Vous êtes étudiante en double licence de biologie et de géologie. Vous venez de Nice. Louis, vous avez 18 ans. Vous êtes lycéen en classe de terminale à Languidique. C'est près de Lorient.
Ce chiffre que je rappelle à chacune de ces matinales, seul un petit tiers des moins de 35 ans sont certains d'aller voter le 9 juin. Ça, c'est un sondage. On verra ce qu'il en est dans les urnes. Il y a eu des surprises avec une mobilisation en forte hausse le jour de l'élection. Pour vous, c'est fait, c'est certain. Vous allez voter, Louis ? Oui, tout à fait. Et vous savez pour qui ?
Non, pas encore. J'hésite encore.
Gauche, droite ?
Tout est ouvert ? Tout est ouvert, tout à fait.
Pas de choix ? Pas de choix encore. Et vous, Mathilde ?
Oui, de même. Je vais aller voter et j'hésite encore entre deux candidats.
Gauche, droite, vous voulez nous dire ?
De gauche, plutôt.
Deux candidats de gauche. Vous parlez politique entre amis ? Oui, régulièrement, oui. Oui, régulièrement. Sur quel thème ?
Sur plein de thèmes différents. Politique intérieure, géopolitique également. Et vous, Mathilde ? Un petit peu. Après, c'est vrai que les jeunes autour de moi ne sont pas forcément très politisés. Donc, je n'en parle que avec ceux que ça intéresse forcément.
Et ça fait un groupe de combien de personnes ? C'est l'émission. Une, deux, trois. Vous vous informez comment sur ces sujets ? Réseaux sociaux, journaux, télé, radio ? C'est quoi le meilleur moyen ?
Personnellement, un peu tout. Après, je sais que beaucoup de jeunes passent pour s'informer par les réseaux sociaux. Je pense à TikTok notamment. X également, X Twitter. Après, moi personnellement, la presse, évidemment. Ah, la presse ? La presse et puis, bah... France Inter. France Inter, évidemment.
Ah, bah d'accord. Tous les matins. D'accord. Bah, c'est bien. La radio et les journaux. Et vous, Mathilde ?
Un petit peu les réseaux sociaux. Évidemment, on essaie de démêler le vrai du faux. Et aussi un petit peu la radio et la télévision.
Vous avez la parole, Mathilde. Donc, gardez-la et entamez ce débat avec Manon Aubry. Que souhaitez-vous lui demander ?
Alors, vous défendez l'idée d'une allocation d'autonomie de 1 158 euros pour les jeunes de moins de 25 ans. Concrètement, comment vous voulez mettre en place cette allocation et comment vous la financez ?
Manon Aubry. Bonjour Mathilde, d'abord. Merci pour cette question. Parce que ça fait partie, en effet, de nos propositions phares pour cette campagne. On part d'un constat, c'est qu'on a trois quarts des étudiants qui disposent de moins de 3 euros par jour. Et on a un étudiant sur deux qui a recours à des paniers repas. On a vu pendant la crise du Covid, mais même depuis, ça ne s'est pas arrêté. Les longues queues des files étudiantes, juste pour pouvoir se nourrir dans la septième plus grande puissance économique mondiale. Donc, ce qu'on propose, c'est en effet une allocation d'autonomie pour tous les jeunes au niveau du seuil de pauvreté.
Donc, c'est, pour être très précis, 1 158 euros par mois et qui est garanti sans condition. L'objectif, c'est que les jeunes n'aient pas à travailler pour faire leurs études. C'est le cas d'un étudiant sur deux. Et que, puisque vous étudiez, je ne sais pas si vous travaillez à côté, mais pour que tout le monde soit à égalité. Comment on le finance ?
Et quelles que soient les revenus des parents.
Et quelles que soient les conditions de revenus des parents, l'objectif, c'est que tout le monde soit mis à égalité. Comment on le finance ? On l'a chiffré, ça coûte à peu près 50 milliards d'euros par an à l'échelon du continent. Et on le finance notamment, et c'est une forme de redistribution juste des richesses, avec un ISF européen. Donc, en allant taxer les plus grandes fortunes européennes et taxer les super profits. En gros, en mettant à contribution celles et ceux qui peuvent le plus. Emmanuel Macron a fait le choix de supprimer l'ISF. Je suis en profond désaccord avec ça, et c'est pour ça qu'on se bat pour un ISF européen.
Et pour moi, il y a une forme un peu juste de redistribution des richesses, à faire taxer les grandes entreprises qui font des super profits comme Total, ou les plus riches comme Bernard Arnault, pour garantir que l'ensemble de la jeunesse de nos pays européens puisse étudier dans de bonnes conditions.
Et votre seconde question, Mathilde ? Sur un autre domaine.
Oui, sur la biodiversité et l'écologie. Vous voulez protéger les mers européennes. Pour réguler la pêche, vous comptez plutôt importer dans des zones qui échappent à la régulation, ou alors pêcher dans les mers européennes au risque de dégrader la biodiversité ?
C'est un sujet hyper intéressant. On a un tout à champit entier sur les océans et les mers dans notre programme. Je n'aurai pas le temps de faire le détail. D'abord, on a obtenu une belle victoire au Parlement européen, qui est l'interdiction de la pêche électrique. qui va se matérialiser dans les mois qui viennent. Et c'est une bonne chose. Maintenant, ça ne suffit pas du tout pour pouvoir maintenir les ressources en poisson, parce qu'il y a encore de la pêche avec du chalut en eau profonde. On est pour interdire la pêche de chalut en eau profonde dans les aires marines protégées. Et c'est le meilleur moyen, finalement, de protéger les ressources en poisson, de les renouveler.
Vous savez, moi, je viens d'une famille, d'un petit village au sud de la Corse. Il y a beaucoup de personnes dans ma famille qui étaient pêcheurs. Et c'est des petits pêcheurs artisanaux. Et ils m'ont raconté comment, au fil des années, dans le sud de la Corse, en mer Méditerranée, les ressources en poisson ont été détruites. Mais pas ont été détruites par les petits pêcheurs artisanaux comme eux. On a été détruites par les immenses pêches industrielles. Et c'est ça qu'il faut réguler pour, à terme, sortir de ces pratiques-là. C'est le meilleur moyen de garantir la biodiversité et de renouveler les stocks en poisson.
Allez, on fait tourner la parole. Louis, vos questions pour Manon Aubry.
Merci. Alors, ma première question porte sur le domaine du numérique. Et plus largement sur la problématique de l'intelligence artificielle qui bouleverse nos vies quotidiennes. Est-ce que, pour vous, l'Union européenne doit réguler l'intelligence artificielle ? Et si oui, comment ? Et est-ce que, par exemple, on doit contraindre les entreprises américaines, je pense par exemple au GAFAM, à payer pour aspirer les contenus européens ? Manon Aubry.
Oui, clairement, l'intelligence artificielle, ça nous pose énormément de défis, dont probablement, et je le dis en toute humilité, on n'est pas au bout des questions qui nous sont posées. Ça bouleverse notre rapport au travail, ça pose un certain nombre de questions éthiques. La question de la protection des données, elle est centrale. L'Union européenne a un peu avancé de ce point de vue-là, mais je pense qu'elle reste encore beaucoup trop au milieu du guet. Et surtout, a laissé passer la surveillance biométrique, qui je pense est une terrible erreur. C'est un débat qu'on a eu aussi en France dans le cadre de l'organisation des Jeux olympiques.
Moi, je reste profondément opposée à la surveillance biométrique. Donc, l'intelligence artificielle, ça peut être une source, ça peut être une avancée dans nos vies, dans notre société. Mais il faut de la régulation, il ne faut pas avoir la main qui trempe pour réguler, et notamment réguler les GAFAM.
Il faut réguler a priori, c'est ça ce que vous dites ?
Oui, il faut réguler a priori. Déjà, il y a une question de souveraineté qui est posée. Si on va dans le détail, vous n'avez pas de grand data hub en Europe, on dépend des États-Unis. Donc, il y a une question de souveraineté industrielle en Europe. Mais il faut, c'est la difficulté du législateur, il faut essayer d'anticiper toutes les questions qui peuvent être posées, mais surtout, ne pas avoir peur et ne pas se laisser dicter la donne par les grandes entreprises des GAFAM.
Mon cher Louis, vous avez la parole.
Merci. Alors, ma seconde question, je vais revenir sur les étudiants, puisqu'elle concerne la crise du logement pour les étudiants, dont beaucoup ont de difficultés à en trouver un, et qui représentent une grosse part de leur budget. Moi-même, à partir de ce soir, je connaîtrai mes résultats Parcoursup. Et je vous avoue que la question du logement m'inquiète un peu, parce que je vais devoir partir dans une ville, trouver un logement. Et je sais qu'elle inquiète nombreux de mes amis également. Pour vous, comment l'Europe peut jouer un rôle dans cette crise du logement ? Comment elle peut y répondre ? Parce que beaucoup de jeunes la subissent.
Vous avez raison, je pense que c'est une des questions centrales dont on parle finalement trop peu, de manière générale, pas que dans cette campagne. Je pense qu'on peut agir à plusieurs niveaux. Premier niveau, c'est une des raisons pour lesquelles je m'oppose si fortement à l'austérité budgétaire, on en déplaise à M. Seux, parce qu'il nous faut des moyens pour investir massivement. Il n'est pas normal qu'on ait si peu de place en cité universitaire. Tous les étudiants, vous, comme tous les étudiants qui nous écoutent, devrez avoir droit à un logement qui est géré par le CRUS. Et c'est d'autant plus scandaleux que les étudiants, là, à Paris, se sont fait virer à cause des JO.
Et je m'oppose aussi fortement à cela. Donc ça, c'est le premier levier, investir massivement dans des logements universitaires. Et deuxième levier qui concerne finalement toutes celles et tous ceux qui nous écoutent, pas uniquement les étudiants, qui est la question de la concurrence déloyale, notamment posée par Airbnb. Je dis tout en plus, puisque vous venez de Nice, moi, j'ai aussi grandi dans le Var. Et donc sur la Côte d'Azur, toutes les zones en tension, mais c'est vrai aussi en Bretagne, il y a la concurrence déloyale liée à Airbnb. Il faut de la régulation parce que c'est ça qui fait exploser les prix.
Quand vous avez le vieux Nice qui se dépeuple complètement parce que c'est que du Airbnb et que les gens n'arrivent plus à se loger, non seulement il faut davantage de logements sociaux, mais il faut aussi, au bout d'un moment, mettre des règles à Airbnb. Et donc moi, je propose une directive anti-Airbnb au niveau européen pour limiter le nombre de jours pour lesquels on peut louer un appartement et qu'on n'ait plus des logements qui servent juste à de l'investissement et à de la spéculation immobilière.
Mathilde a une troisième question à vous poser.
Oui, vous voulez développer le train et interdire les vols de moins de 4 heures lorsqu'il y a une alternative ferroviaire. Est-ce qu'il ne faudrait pas aller encore plus loin face à l'urgence climatique et limiter encore plus les jets privés, voire les interdire complètement ?
Alors, on est pour une immense taxe sur les jets privés et les yachts de luxe. C'est dans notre programme, donc je pense que c'est une étape. Mais vous avez raison, il y a l'autre étape, c'est aussi comment on développe les modes alternatifs de transport. Et là, pardon, c'est là où la Commission européenne fait fausse route. Ils sont en train de privatiser fret SNCF, c'est-à-dire le transport de marchandises sur des trains. En France, on a moins de 10% des marchandises qui sont transportées sur des trains. C'est 20% en moyenne en Europe. Et qu'est-ce qu'ils font ? Vendre la découpe des lignes de fret SNCF.
Il y a eu une grande mobilisation derrière des cheminots et des cheminottes cette semaine pour défendre le fret SNCF. C'est un outil de la transition écologique. Donc, développons le fret SNCF, développons le train aussi pour les usagers. On propose d'ailleurs pour les jeunes un passeraille. C'est une forme d'Erasmus du rail, un passeraille de 6 mois pour aller voyager partout en Europe, gratuit. Et ça veut dire aussi derrière agir sur les prix, parce que la plupart du temps, par exemple, vous faites un Paris-Nice, ça vous coûte moins cher de le faire en avion qu'en train, ce qui est une aberration totale à l'heure de l'urgence écologique.
Donc, ça veut dire qu'il faut aussi de la régulation du contrôle sur les prix et assumer une gestion publique du transport.
Vous êtes prête, Mathilde, à prendre moins l'avion ?
Tout à fait. Moi, je pense que ce qui est limitant actuellement, c'est justement les prix des trains qui sont beaucoup trop élevés. Et si on...
Pareil pour vous, Louis. Si les prix du train étaient...
Si les prix baissaient, je pense que les gens... Mais tout le monde, je pense. Vous, moi, nous tous. Et moi, je comprends les contraintes financières qui pèsent sur les gens, mais il faut rendre les billets de trains accessibles.
Encore une question, Louis. La dernière. Oui, la dernière, d'ordre un peu plus géopolitique. Question assez simple. Si la Chine attaque Taïwan demain, pour le motif qui sera le sien, l'Europe et la France doivent-elles se ranger du côté des États-Unis, derrière une coalition qui serait menée par les États-Unis ? J'ai vu que c'était un point de votre programme. Quel est votre avis sur cette question ? Manon Aubry.
Pour mener la guerre, je ne suis pas sûre que ce soit la meilleure chose. Mais s'il devait y avoir un affrontement géopolitique, alors il faudra qu'on en tire toutes les conclusions, prendre éventuellement des sanctions. Mais l'objectif, c'est précisément d'essayer de le prévenir. Et c'est ce à quoi on tente d'agir avec la diplomatie française et la diplomatie européenne, ou tout du moins ce que l'on devrait faire pour prévenir une montée des tensions.
Eh bien, merci à tous les deux. Merci Mathilde. Merci Louis d'avoir été à notre micro. et d'avoir joué le jeu du débat politique et démocratique avec Manon Aubry. Avant notre petit euro-questionnaire, Manon Aubry, de mot d'actualité politique, je crois.
Oui Nicolas, les auditeurs ne le voient pas, mais à côté de la jolie pochette rose de Manon Aubry, il y a le programme, le livret programmatique de la NUPES législative. Vous l'avez déjà montré tout à l'heure. C'était 2022, c'était les législatives, ça vous a rapporté plus de 150 députés. Est-ce que ces élections européennes, qui portent sur des questions internationales, sur des choix européens, n'ont pas révélé des fractures irréconciliables entre vous ? Est-ce que ce n'est pas intenable de faire la NUPES après cette élection européenne ?
Vous savez, Yalegos, moi je n'ai jamais théorisé les gauches irréconciliables. Et la dernière fois que la gauche est arrivée en tête à une élection devant le Rassemblement national, vous avez bien fait de parler de 2022, c'était en 2022. Sur la base de ce programme de la NUPES.
Qui ne parlait jamais d'Europe et de questions internationales puisque vous avez mis sous le tapis les questions diplomatiques.
Faites votre travail sérieusement, il y a un chapitre entier sur les questions européennes dedans et qui faisait l'objet d'aucun désaccord. Je serais ravie de vous l'offrir à la fin de cette interview et comme ça vous pourrez regarder par vous-même. Non, il y avait des points d'accord. Précisément parce qu'on s'était mis dans une démarche pragmatique de comment on s'y prend si on accède au pouvoir. Parce que, vous savez, moi je n'ai pas renoncé à l'idée que la gauche accède au pouvoir. Je n'ai pas renoncé à l'idée qu'on mette l'extrême droite au tapis. Je n'ai pas renoncé à l'idée qu'on puisse unir sur un programme de clarté.
Et d'ailleurs, j'observe que la France Insoumise est la seule qui a fait l'Union. Et je le dis aussi, voter le 9 juin pour la France Insoumise, c'est voter pour celles et ceux qui vont proposer l'Union. C'est la meilleure garantie de l'Union. Nous sommes les garants du programme de la NUPES. Et je pense que cette Union, elle devra se continuer dans la clarté. Ce que nous avons réussi à faire en 2022, il faudra continuer à le faire contre tous les diviseurs, tous ceux qui veulent tourner le dos. Et en cela, hypothèque la possibilité pour la gauche d'arriver au pouvoir.
Et vous l'avez compris, on terminera par cette note d'espoir que je souhaite impulser à toutes celles et à tous ceux qui nous écoutent. Oui, la gauche peut revenir au pouvoir, mais pour ça, elle a besoin de clarté. Ce programme, la retraite à 60 ans, la sortie de l'austérité budgétaire et des accords de libre-échange. Bref, vivre mieux.
Allez, l'euro-questionnaire. Question courte, réponse courte. Manon Brie, plus grand écrivain européen.
J'ai le droit de tricher un peu et de donner une écrivaine française parce que j'aime beaucoup Annie Arnaud et qui est une figure d'inspiration, qui nous avait soutenus d'ailleurs en 2002 à l'élection présidentielle et qui, je crois, a ouvert la voie à beaucoup de féministes dans notre pays.
La ville européenne qui vous correspond le plus ?
J'hésiterai entre Athènes et Barcelone pour plein de raisons, mais je vais vous dire Athènes pour faire simple, berceau de la démocratie européenne, qui a vécu dans sa chair l'austérité budgétaire, qui a résisté contre les nazis. Donc ça fait plein de raisons.
Et Barcelone, pourquoi ? Pour l'auberge espagnole ?
Déjà, c'est une belle ville. Mais aussi parce qu'à Barcelone, c'est une ville où la gauche a mis en œuvre un certain nombre de réformes sociales quand Adacolao était au pouvoir. Et puis, il y a eu tout le mouvement des indignés à Barcelone, à Madrid, qui a donné aussi un peu de souffle.
Un monument qui symbolise l'Europe ?
Je dirais le pont du 25 avril à Lisbonne, au Portugal. On fête l'anniversaire des 50 ans de la révolution des œillets, qui est une révolution qui s'est faite dans le pacifisme, mais qui a résisté contre les fascistes, contre la dernière dictature d'Europe, de Salazar. Et je crois qu'on devrait tous s'en souvenir. Et peut-être une suggestion pour la prochaine fois, vous serez en grève. Il y a une très belle chanson de la révolution des œillets, Granda Villa Morena. Elle est formidable. Écoutez-la. Je ne vous souhaite pas forcément d'être en grève tous les jours, mais défendez le service public. Donc, vous pourrez la diffuser.
Soyez partial, le plus beau sport en Europe ?
Le waterpolo, bien sûr. Je pratique le waterpolo. C'est le plus beau et magnifique sport au monde. Oui, j'ai encore le temps. J'ai fait tous mes matchs de la saison. J'ai trois entraînements par semaine. Je pense que c'est important, ce monde de fou, de continuer à faire du sport. Ça faisait partie des promesses que je m'étais faites à moi-même et je suis fière de l'avoir tenue.
Eh bien, merci infiniment, Manon Aubry, d'avoir été notre invitée ce matin depuis 8h20.
Manon Aubry