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interviewLCP (sur YouTube)· 21 juin 2026 13 min

Charlotte Parmentier-Lecocq, députée "Horizons & Indépendants" du Nord | La politique et moi

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Elle a gravi les échelons de la politique en marche accélérée depuis 2017. Députée, présidente de commission, puis ministre, elle a finalement choisi de redevenir députée et de siéger au sein du groupe Horizons à l'Assemblée. Générique --- --- Bonjour Charlotte Parmentier-Lecocq. -Bonjour. -Vous avez été ministre chargée des personnes en situation de handicap pendant près d'un an et demi.

Nommée en septembre 2024. Mais on va voir que votre nomination s'est faite dans des conditions un peu particulières. On revoit cela en images. *-Elle n'était pas à la table du Premier Conseil des ministres lundi dernier. *En revanche, Charlotte Parmentier-Lecoq était hier sur la photo de famille du gouvernement Barnier dans les jardins de Matignon. *Entre les deux images, cinq jours, c'est le temps qu'il aura fallu au Premier ministre pour trouver sa ministre déléguée au handicap. *Une nomination sous la pression des associations pour les personnes en situation de handicap, satisfaites ce matin, mais vigilantes. -C'est un peu comme si vous aviez été nommée ministre au rattrapage.

Qu'est-ce qui s'est passé ? Ils avaient oublié les personnes en situation de handicap ? -Non, ce n'était pas du tout oublié parce qu'il y avait bien un ministre de tutelle en charge du handicap parmi d'autres portefeuilles.

Mais les associations en particulier étaient attachées à avoir un ministre dédié, comme ça avait été le cas, notamment sous Edouard Philippe avec Sophie Cluzel, qui était rattachée à Matignon, et tout au long du premier quinquennat a été vraiment ministre dédiée aux personnes en situation de handicap. -Comment vous avez vécu cette annonce ? Quand on est sur la liste des ministrables, on sait le moment où va être nommé le nouveau gouvernement, on regarde son téléphone, on attend le coup de fil.

Là, le gouvernement, il avait été nommé, vous n'aviez pas été appelée, et finalement, si. Comment ça s'est passé ? -Oui, et puis, c'est Edouard Philippe qui a fait cette proposition à Michel Barnier et au président de la République, suite aux remontées des associations qui attendaient un ministre en charge du handicap.

Et ensuite, j'ai eu le lendemain Michel Barnier au téléphone qui m'a confirmé cette proposition de nomination. Et ensuite, il y a eu 48 heures à peu près durant lesquelles j'attendais l'officialisation qui devait arriver dans les heures suivantes et qui n'est pas arrivée tout de suite, qui a encore duré trois jours. Et c'était quand même des jours très difficiles parce que...

En fait, il y avait eu tellement d'échos d'autres collègues députés à qui on avait parfois dit : "Tu vas être nommé" et parfois même dans l'heure qui précédait l'annonce sur les marches du palais de l'Elysée. Et vous savez que tant que votre nom n'est pas officialisé, tout peut changer à la dernière minute. -Qu'est-ce qui est le plus dur quand on a été député, pendant sept ans pour vous, en 2024 et qu'on devient ministre ?

C'est quoi le plus dur ? -Alors pour moi, ce qui était un peu compliqué, c'est qu'il n'y avait pas de bureau ni d'équipe, il n'y avait personne en fait. Puisque il n'y avait pas eu vraiment de passation de relais et de continuité.

Donc il a fallu, dans une salle de réunion pendant 15 jours, monter un petit peu toute l'équipe, prendre les rênes. Mais je dois dire que mon expérience de députée et de présidente de commission des affaires sociales, faisait que j'étais prête car je connaissais parfaitement les rouages, les politiques. Je ne connaissais pas tous les acteurs, mais j'en connaissais déjà certains.

J'avais quand même une bonne formation. -Votre nomination s'est faite quelques jours après avoir changé de parti. Vous avez rejoint son groupe, le groupe Horizons, quelques jours avant de rentrer au gouvernement.

Pourquoi ce changement ? Vous étiez chez Ensemble pour la République, macroniste. -Je reste très attachée et loyale au président de la République.

Mais disons que lors de la dissolution, il y a eu une position très claire d'Edouard Philippe de construire cette majorité allant de la gauche modérée jusqu'à la Droite Républicaine. Et moi, j'étais vraiment convaincue que c'était la bonne voie. Edouard Philippe est venu me soutenir aussi dans ma circonscription.

Il a été très clair sur ni RN ni LFI. Donc, le post-dissolution faisait que, pour moi, on avait quand même fait un peu table rase, on va dire, d'une certaine époque, et que là, on se projetait vers une nouvelle époque. Là, j'ai voulu le suivre à ce moment-là. -On a parlé de votre nomination au gouvernement.

On va parler aussi de votre départ, là aussi, c'était un peu particulier. Vous n'avez pas été écartée. C'est vous qui décidez de partir, pourquoi ? -En fait, c'est l'application de la loi de non-cumul des mandats qui se fait de façon un peu inversée puisque mon suppléant, et donc qui était député, puisque moi j'étais ministre, avait prévu d'être candidat aux élections municipales et d'une commune très importante dans ma circonscription.

Et en devenant maire, il ne pouvait pas cumuler avec la fonction de député. Donc, moi, je me suis posée la question de, est-ce que je revenais à l'Assemblée en tant que députée, à ce moment-là, et donc je quittais le gouvernement, ou est-ce que je partais dans une élection législative partielle ? Et il y a plusieurs choses, en fait, qui sont rentrées en ligne de compte.

D'abord, moi, je ne souhaitais pas d'élection partielle, parce que, je trouvais qu'il y en a eu une quand même en 2022 d'élections législatives. On en a eu une nouvelle en 2024. Nous en aurons une en 2027.

Ca ne fait aucun doute. Et donc de redemander une encore en 2026, je trouve qu'il y a un moment, ça essouffle la démocratie. Donc, ça ne me semblait pas pertinent. -C'est quand même un peu surprenant de renoncer à un portefeuille ministériel pour redevenir députée, d'autant qu'en 2024, vous avez été réélue confortablement avec plus de 60 % des voix Cette législative partielle, il y avait quand même de fortes chances que vous la remportiez et qu'une fois réélue députée, vous restiez ministre et votre nouveau suppléant siège à votre place.

C'était possible. Vous comprenez que ça surprenne votre décision ? -Oui.

A l'inverse, j'aurais pu avoir aussi d'autres critiques. On peut dire qu'elle est prête à tout, qu'elle refait une élection pour garder absolument son poste de ministre. C'est ce qu'on avait dit pour d'autres qui avaient fait cette démarche inverse.

Moi, je suis très attachée aussi à ma circonscription, à mon territoire. J'aime aussi la fonction de parlementaire. Et quand vous êtes parlementaire, vous avez aussi une liberté de parole et d'action.

Le Premier ministre avait aussi indiqué que, dans le cadre de la présidentielle, il allait demander aux ministres de rester en retrait. Et moi, je considère que cette présidentielle, c'est un moment majeur pour l'avenir de notre pays. C'est un moment dans lequel j'ai envie de m'engager, sur lequel je m'engage derrière Edouard Philippe.

Donc, il y avait un peu une concordance des temps. Si j'avais pu choisir exactement mon timing, j'aurais dit, écoutez, je pars en juillet-août. Mais là, les élections, ce n'était pas ça. -Vous avez fait ce choix, vous êtes redevenue députée.

Parlons de votre mandat de députée, vous avez été élue en 2017 sans jamais avoir fait de politique. Sans jamais avoir été engagée avant. A l'époque, vous avez déploré qu'il n'y avait pas de formation pour les nouveaux députés : "C'est comme si on vous jetait dans la piscine et qu'on vous disait "Apprends à nager"." Député, pour vous, ça s'enseigne, ça doit s'apprendre ?

Il faudrait une formation ? -Non, je ne le déplorais pas. C'était plutôt un constat.

J'aime bien ce genre de situation dans mon parcours professionnel. A partir du moment où j'ai atteint certains objectifs, j'ai besoin d'un nouveau projet, de me projeter sur quelque chose. -Vécu comme quelque chose de stimulant ? -Oui, très stimulant.

J'avais appris beaucoup de choses dans ma vie professionnelle, où j'ai beaucoup travaillé auprès des associations, du secteur médico-social, des petites entreprises. Donc j'avais la conviction qu'il y avait des choses à changer dans la loi, dans la réglementation et dans les politiques à porter. Et là, en fait, on me donnait l'opportunité de le faire.

Emmanuel Macron a ouvert les portes à des novices en politique. C'était une superbe aventure. -De cet apprentissage, vous avez tiré une autre leçon, un autre enseignement sur le mandat de député. "C'est comme être parent, vous l'êtes tout le temps.

Lorsque vous êtes député, il n'y a plus de distinction entre la vie personnelle et professionnelle." Ca aussi, il faudrait en parler aux candidats aux législatives avant de prendre la décision de se lancer là-dedans ? -On ne mesure pas à quel point ce n'est pas un métier ou une profession.

C'est véritablement une fonction. Donc vous êtes attendu dans votre fonction en permanence. -Y compris tard le soir si besoin, y compris les week-ends. -Oui.

Quand il y a des préoccupations, on a vécu le Covid, on a vécu la période des Gilets jaunes. On a vécu comme ça des périodes qui étaient très fortes. Et je veux dire, dans ces moments-là, vous n'avez pas de coupure.

Ce n'est pas, "Là, je rentre chez moi". Non, vous êtes vraiment dans votre fonction. Quand vous êtes ministre, ça prend encore un niveau supérieur. -Votre apprentissage, il a été assez rapide, parce que, élue en 2017, sans avoir fait de politique avant, 2018, vous avez ces rapports sur la santé au travail, 2021, une loi que vous faites voter en tant que députée sur la santé au travail. 2023, vous êtes élue présidente de commission.

Vous avez pris goût à la politique. C'est bizarre de ne pas en avoir fait avant. Pourquoi ne pas vous êtes lancée avant 2017 ? -J'ai essayé.

C'est-à-dire que j'ai commencé par adhérer à certains partis, mais dans lesquels je suis restée très peu de temps. -C'était Les Républicains, c'est ça ? -Non. -C'était quoi ? -Ca va vous faire rire, mais il y avait les Verts et le MoDem, et UDI d'ailleurs, où j'ai adhéré. -Verts, MoDem, UDI, mais à la primaire de la droite, vous avez voté Bruno Le Maire. -C'est des partis dans lesquels j'ai adhéré, mais je ne me suis pas du tout retrouvée, parce que c'était hyper décalé, je sentais des aspirations...

Chez les Verts, c'était trop à gauche de mon point de vue, dans ce que j'entendais. Et en fait, je cherchais des aspirations, mais je ne les ai pas trouvées en politique. Je me suis engagée dans le secteur associatif, dans l'économie sociale et solidaire, où là, j'ai trouvé une voie pour militer pour des valeurs et des convictions. -A travers une CIGALE, c'est ça ? -Il y avait plusieurs choses.

Il y avait l'association APES, Acteurs Pour une Economie Solidaire. Et aussi à travers les CIGALES qui sont des clubs de gestion d'épargne solidaire. C'est des citoyens qui constituent une épargne et cette épargne, ils l'investissent dans des entreprises qui ont un projet avec une dimension sociétale, environnementale forte. -C'était votre façon de vous engager ? -Et je trouvais que c'était génial.

On croisait économie avec la responsabilité sociale et environnementale. De par les CIGALES où je me suis engagée, je me suis engagée aussi dans APES. Et tout ça m'a emmenée beaucoup dans ce mouvement de l'économie sociale et solidaire qui était un mouvement militant.

Donc je n'avais pas eu besoin vraiment d'aller en politique. -On va conclure l'émission avec notre quiz. Je vais vous proposer des phrases et ce sera à vous de les compléter.

Contrairement aux autres candidats à la présidentielle, Edouard Philippe... -Il a la stature d'un homme d'Etat. -Ce n'est pas le cas des autres pour vous ? -Pas à son niveau. -Etre née à Pointe-à-Pitre et vivre dans le Nord ? -J'ai vraiment mes racines des deux côtés.

Je me sens hyper nordiste et Ch'ti. Et je me sens aussi très proche de la Guadeloupe et des Outre-mer. D'ailleurs, je m'investis aussi beaucoup dans les Outre-mer, dans mes actions politiques. -Quand je suis avec un cheval ? -Ah, je m'éclate, c'est le bonheur. -Ils rient. -Surtout quand c'est avec mon cheval. -Ah, vous en avez un. -J'ai une jument que je monte très rarement, malheureusement. -Merci, Charlotte Parmentier-Lecoq, d'être venue. -C'était sympa, merci.

Générique de fin