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AutreFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 1 janvier 2026 39 minContradictoireMixteSolidarités & famille

Générosité et bénévolat : le goût des autres

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  • Présentateur22 %
  • Invité19 %
  • Invité 214 %
  • Invité 314 %
  • Invité 412 %
  • Invité 58 %
  • Invité 67 %
  • Auditeur4 %

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0:00
Présentateur

Ils ont passé leur réveillon à distribuer de la nourriture ou à réorienter des sans-abri dans la nuit glaciale. Ils auraient pu être avec des proches, mais ils ont choisi de donner du temps à des inconnus. En ce premier jour de l'année, on a voulu mettre en valeur la générosité ce soir. En France, un tiers des plus de 15 ans déclarent donner du temps pour les autres. Résultat du baromètre France Bénévolat avec l'IFOP. Ils font de l'aide aux devoirs, distribuent de la nourriture, visites des prisonniers, nettoient des plages, entraînent des jeunes au sport. Notre pays compte 19 millions de bénévoles et leur profil change. Moins de retraités, de plus en plus de jeunes.

L'autre versant, évidemment, ce sont les dons indispensables pour que le système tienne debout. Les Français donnent 222 euros en moyenne, une hausse de 16 euros par rapport à 2024 d'après l'Observatoire des Générosités Odoxa. C'est une autre manière de se sentir utile quand on n'a pas assez de temps à donner. Alors on va parler de philanthropie, de citoyenneté aussi, parce que c'est une façon de faire société. Le goût des autres, c'est le thème du téléphone sonne ce soir. Soyez les bienvenus.

1:12
Invité

Bonsoir Eric. Oui, bonsoir.

1:20
Présentateur

C'est vous qui débutez cette émission, nous vous écoutons.

1:23
Invité

Oui, bonne année, une bonne santé. Bonne année aussi. Moi, la santé, je m'en occupe, je m'occupe de faire du bénévolat pour le don du sang, le don de moi à l'osseuse. Je suis un partenaire de l'établissement français du sang. Je fais partie d'une association du EH d'Evoluie dans les Hautes-Alpes. On a une union départementale des associations qui fonctionne très très bien. Et on fait la promotion du don du sang, de moelle osseuse, de don d'organes. Je propose aussi des informations au CM1, CM2, dans les écoles, au troisième, pour leur expliquer ce que c'est déjà un don. Qu'est-ce qu'on fait un don ?

2:15
Présentateur

Vous faites de la pédagogie donc aussi, Eric ?

2:18
Invité

Pardon ?

2:19
Présentateur

Vous faites aussi de la pédagogie ?

2:21
Invité

Aussi, aussi. Je donne mon sang, je donne ce que je peux, mais je donne du temps, voilà.

2:26
Présentateur

Pour quelles raisons avez-vous décidé de donner du temps pour cette cause ?

2:30
Invité

Alors la cause est noble pour moi, parce que mon père, j'ai un peu d'émotion parce que je pense à lui. Ah, pardon. Non, non, non, non, non, c'est pas grave. C'est lui qui m'a initié au don du sang, parce que lui était un donneur. Et puis un jour, il en avait besoin, bien sûr. Ça lui a fait énormément de bien. Et puis j'ai pris le relais, ça fait un peu plus de 40 ans que je donne mon sang. Alors je suis retraité maintenant.

2:57
Présentateur

Mais ça fait 40 ans que vous êtes bénévole ?

3:00
Invité

Alors, oui, on peut dire ça comme ça, mais vraiment, c'est depuis que je suis à la retraite...

3:05
Présentateur

Oui, que vous avez du temps.

3:06
Invité

Donc je donne plus de mon temps pour promouvoir le don du sang. Parce qu'il faut savoir qu'on n'est pas souverain en France, et nos produits sanguins et on en importe. Voilà.

3:21
Présentateur

Eh bien, merci d'avoir témoigné, Eric, pour en parler avec vous ce soir. Nous sommes en ligne avec Rachel Guèze. Bonsoir.

3:30
Invité

Bonsoir, Christelle.

3:31
Présentateur

Directrice générale de Don en Confiance. En ligne aussi, Sabine Soir. Bonsoir. Bonsoir, Christelle, et bonne année. Bonne année aussi à vous, directrice du Centre Philanthropique de la Fondation de France, et en studio près de moi, Hubert Pénicaud. Bonsoir.

3:46
Invité

Oui, bonsoir.

3:47
Présentateur

Référent national de la vie associative de France Bénévolat. Alors, comme on parle là de bénévoles avec le cas d'Eric, est-ce qu'il est assez symbolique au fond de tous ceux qui s'engagent aujourd'hui, Hubert Pénicaud ?

4:02
Invité

Oui, oui, il est très symbolique, déjà très symbolique de la générosité qui anime beaucoup de Français, beaucoup de Françaises, à tous les âges, vous l'avez précisé. Et puis, on voit bien à travers son témoignage que la question de l'engagement, c'est à la fois une affaire très personnelle, une affaire très collective. Et puis, c'est aussi un rapport avec les autres, avec la société. Donc, son témoignage est assez éclairant.

4:30
Présentateur

Oui, ça va plus loin que de se sentir utile, en fait. Oui, oui. On a besoin de faire partie et ça fait société.

4:39
Invité

À France Bénévolat, depuis pas mal d'années, on essaie de comprendre un petit peu comment ça évolue, et puis quelles sont les attentes, les motivations, les ressorts profonds. Et ce qui est très impressionnant, c'est que sur ces 15 dernières années, le ressort profond qui a le plus bougé, c'est l'idée que mon engagement bénévole, c'est l'expression de ma citoyenneté. C'est l'expression de ma place dans la société.

5:01
Présentateur

Et ça, avant, ce n'était pas central ?

5:04
Invité

Eh bien, c'était en tout cas moins exprimé. Là, aujourd'hui, c'est exprimé de façon très très forte, et toute tranche d'âge confondue.

5:13
Présentateur

Est-ce que c'est quelque chose que vous constatez aussi, Sabine Soir, à la Fondation de France, puisque vous avez un baromètre de la philanthropie ?

5:22
Invité

Oui, tout à fait. Le baromètre que nous menons avec France Générosité, qui donne l'état des lieux aussi de l'engagement des bénévoles et des donateurs en France, montre bien que, effectivement, je rejoins la position, c'est vraiment de prendre sa place dans la société, de faire ça.

5:43
Présentateur

Alors, on va vous rappeler, parce que franchement, on ne vous entend pas bien. Donc, c'est quand même un petit peu dommage. Vous faisiez un parallèle quand même entre les dons et l'engagement dans le bénévolat. Ce message, par exemple, de Sandrine, qui nous dit « Dans un monde saturé de blabla, de réseaux sociaux et de faux engagements, l'action concrète redonne du sens face aux injustices, au manque d'empathie et à des emplois qui en perdent parfois, s'engager avec d'autres, créer du lien, aider réellement devient essentiel. Le bénévolat, ce n'est pas naïf. C'est une façon simple et collective de résister à l'isolement et aux dérives de notre société.

» Hubert Pénicaud, on est en plein dans le sujet.

6:21
Invité

On est en plein dans le sujet. Et puis, à travers ça, il faut comprendre que le bénévolat, c'est à la fois le geste du quotidien qu'on peut faire, qui est très simple, du lien que l'on rétablit en direction des personnes isolées, des personnes qui sont à la rue. Et puis, ça peut être aussi des engagements assez incroyables avec des gens engagés bénévolement qui imaginent, qui inventent des choses nouvelles. Et le bénévolat, c'est aussi, il faut le comprendre ça, à travers des centaines de milliers d'associations, c'est aussi le premier capteur de ce qui se passe dans la société. On aime bien dire que c'est là que se fait un peu l'expression de la demande sociale.

C'est un acte de cohésion sociale. C'est un acte de cohésion sociale. Et puis, on comprend ce qui se passe. Ça fait plus de dix ans que les associations, par exemple, je prends un exemple, sont attentives à la question de la santé mentale qui a beaucoup émergé avec le Covid. Mais ça fait plus de dix ans que des associations avaient déjà repéré qu'il y avait un sujet. C'est fait aussi la question de la précarité menstruale, dont on entend beaucoup parler aujourd'hui. C'est des associations qui ont pris en compte cette préoccupation qui était cachée, qui n'était pas...

7:38
Présentateur

C'est-à-dire qu'il y a vraiment un avant et un après Covid ?

7:41
Invité

Alors ça, c'est clair que, d'une façon générale, il y a un avant et un après Covid. En matière d'engagement, il y a effectivement un avant et un après Covid. Et beaucoup d'associations sont encore en train d'essayer de retrouver leur grande dynamique d'avant Covid.

8:00
Présentateur

Et est-ce que c'est le cas aussi par rapport aux dons, Rachel Guèze ?

8:05
Invité

Le parallèle qu'on peut faire entre le don et le bénévolat, de toute façon, c'est un don d'argent ou un don de temps dans les deux cas, ce dont on s'aperçoit, c'est que les donateurs réguliers, comme les bénévoles, sont plus confiants dans l'avenir. Donc il y a cette notion de confiance comparativement à un climat global de défiance. Nous, on mesure aux dons en confiance, on a le baromètre de la confiance qui est réalisé chaque année par l'Institut Via Voice. Et ce dont on s'aperçoit dans ce baromètre, c'est que les donateurs et les bénévoles encore plus sont des gens qui ont confiance dans l'avenir, alors qu'en général, les Français sont très peu confiants dans l'avenir.

Il y en a un Français sur cinq qui se dit être confiant dans l'avenir. Donc c'est très faible. Mais les donateurs et les bénévoles sont beaucoup plus confiants dans l'avenir. Donc en fait, on a un profil commun entre les donateurs et les bénévoles. Et ces deux formes d'engagement ne sont pas de nature différente en fait. Ce sont deux modalités d'un même rapport au monde. Ce sont des gens qui sont plus confiants, qui se sentent plus solidaires, plus engagés et plus optimistes que la moyenne des Français.

9:19
Présentateur

Et quelles sont les causes qui donnent le plus confiance ?

9:24
Invité

Alors, ces causes-là sont assez immuables année après année. On retrouve l'aide aux... C'est la protection des animaux qui arrive en tête. La protection animale. Exactement. La protection animale. Et ensuite, l'aide aux enfants, enfin à l'enfance et la recherche médicale.

9:45
Présentateur

Bonsoir Fabienne. Bonsoir. Merci d'être avec nous. Alors, on vous a contacté dans la journée parce qu'on avait vraiment envie de dialoguer avec vous. Vous, vous êtes dans les Alpes-Maritimes. Vous êtes bénévole. bénévole. Et vous faites des maraudes pour le secours populaire. Vous pouvez nous raconter comment ça se passe ?

10:06
Invité

Oui, bien sûr, avec plaisir. Déjà, très belle année à tous.

10:09
Présentateur

Bonne année à vous aussi.

10:11
Invité

Solidaires et généreuses, j'ai envie de vous dire. Donc moi, principalement au niveau des maraudes, ça s'articule sur le fait de tourner en ville, de faire tous les quartiers de la ville de Nice et d'apporter de l'aide alimentaire, mais pas que de l'aide alimentaire. Moi, je vois ça différemment au niveau des maraudes. On est là, effectivement, pour l'urgence alimentaire et pouvoir donner un café, un repas chaud, mais pas que, c'est-à-dire créer du lien, être à leur écoute, échanger quelques paroles, quelques banalités pour des gens qui sont totalement invisibles et qu'on ne regarde même plus. Donc créer du lien, pour moi aussi, c'est important, outre l'urgence alimentaire.

10:56
Présentateur

C'est une petite goutte d'eau ?

10:59
Invité

Une petite goutte d'eau, mais qui procure à la fois beaucoup de bonheur, j'ai envie de vous dire, pour les gens qu'on croise, mais aussi également pour nous. On apprend énormément.

11:11
Présentateur

Voilà, c'était ça ma question d'après, Fabienne. Pour quelles raisons vous êtes-vous engagée ?

11:17
Invité

Alors moi, c'est à titre personnel, un petit peu comme vous l'expliquait la personne précédente. Moi, j'ai ma grand-mère paternelle qui m'a inculqué bon nombre de valeurs. Je peux vous donner une petite anecdote comme ça, mais qui m'a marquée en étant enfant. Je me baladais avec elle en centre-ville et on a croisé quelqu'un qui faisait la manche. Et ma grand-mère m'a dit, écoute, il n'arrive pas à regarder droit devant lui, il regarde ses pieds, viens, on va lui acheter à manger, on va lui laisser quelques pièces.

11:52
Présentateur

Et ça, ça a guidé votre engagement ?

11:56
Invité

Absolument.

11:57
Présentateur

Donc là, ça fait cinq ans, c'est ça, que vous faites des maraudes ?

12:01
Invité

Oui, tout à fait.

12:03
Présentateur

J'imagine que vous auriez pu le faire avant. C'est parce que vous aviez un peu plus de temps ?

12:08
Invité

Alors voilà, effectivement, j'ai toujours eu le sens de l'engagement. Je n'ai pas eu véritablement d'opportunité de pouvoir participer et m'inscrire en tant que bénévole au sein d'une association. Et aujourd'hui, je remercie aussi le Secours Populaire parce que, outre être une très belle association, j'ai également trouvé une famille chez eux.

12:32
Présentateur

Ah oui, parce qu'il y a aussi une famille chez les bénévoles.

12:37
Invité

Bien sûr.

12:37
Présentateur

C'est ça qu'il faut comprendre, c'est que quand on s'engage en bénévolat, on s'engage à rencontrer plein d'autres personnes qu'on n'aurait sans doute pas croisées dans le reste de notre vie.

12:48
Invité

Et des personnes qui partagent les mêmes valeurs que vous. Donc, il y a un ADN commun, en fait.

12:57
Présentateur

Hubert Pénicaud, qu'est-ce que vous en dites ? C'est vrai que c'est faire partie aussi d'un groupe ?

13:01
Invité

C'est la base, c'est-à-dire c'est faire association. Et c'est ça, la dynamique de l'engagement bénévole. En tout cas, quand on le porte dans cette logique associative, c'est effectivement de faire association. Dans une association, l'enjeu, ce n'est pas de faire, ce n'est pas d'agir. L'enjeu, c'est de faire ensemble, c'est d'agir ensemble. Et du coup, c'est de rentrer en contact avec d'autres et puis, c'est de faire en sorte d'assembler nos générosités, nos compétences, nos savoirs, nos aspirations pour remplir un objet, un but commun. Et donc, forcément, ça crée du lien.

13:42
Présentateur

Peut-être encore plus, pardon Fabienne, si vous êtes encore là, peut-être encore plus sur les maraudes parce que ce n'est pas facile quand même. On croise des gens qui sont en grande difficulté.

13:51
Invité

Ce n'est pas toujours simple. Mais avec le temps, moi, je peux vous dire que mes premières maraudes, vraiment, je pleurais dans certaines situations. Et puis maintenant, j'ai appris par la force des choses et avec l'aide des autres bénévoles à ne plus être une éponge et de me dire je procure déjà un petit peu et c'est déjà très bien.

14:21
Présentateur

Bon, on va en revenir. Merci infiniment, Fabienne, d'avoir témoigné. Merci beaucoup. Sabine Soir, on vous a retrouvée. Oui, vous êtes déroulée pour la coupure. Mais non, ce n'est pas grave, vous n'y êtes pour rien. Vous êtes donc responsable donateur à la Fondation de France. Donc, pourquoi les dons et d'où viennent-ils ces dons ?

14:42
Invité

Alors, je pense que les motivations du don, elles ont déjà été précédemment présentées. Effectivement, on est sur les mêmes leviers que pour le bénévolat. Il y a évidemment le sentiment de vouloir faire partie de la société, de développer son empathie, de contribuer à la solidarité. Nous, à la Fondation de France, ce qu'on remarque, c'est qu'il n'y a pas de baisse des dons aujourd'hui en France. Et en cas de grande catastrophe ou en cas de grand événement, la générosité explose en France. Les Français sont extrêmement impliqués dans la vie sociétale, dans la vie de leur pays. Il y a les deux grandes collectes engagements du don qu'on a pu voir ces dernières années.

C'est évidemment la collecte de Notre-Dame. Mais peut-être plus récemment, les événements qui ont eu lieu à Mayotte. La Fondation de France a pu collecter 44 millions d'euros en quelques semaines. Et quand on interroge les donateurs sur pourquoi est-ce que, sur cette urgence-là, ils se sont engagés de façon plus forte, il y avait la notion aussi de soutenir son pays, son peuple. Mayotte, c'est un département français qui est très éloigné, mais qui est aussi très pauvre. Et donc, il y avait ce sentiment d'urgence et de vouloir contribuer, effectivement, à pouvoir réparer et s'engager dans la durée.

Aujourd'hui, les donateurs que nous croisons au quotidien à la Fondation de France sont engagés avec nous. Et il reste très longtemps aux côtés des causes qu'ils soutiennent à la Fondation de France comme ailleurs.

16:03
Présentateur

On a un mail de Jacques qui nous dit « Oui, je donne depuis des années. Quand je travaillais, je donnais environ 800 euros. Maintenant que je suis retraitée, je donne environ 500 euros. On vit dans un monde égoïste, individualiste, en ne pensant qu'à soi. Alors qu'après déduction fiscale, cela revient aux alentours de 30%. C'est important de le redire, ça, quand même, la déduction fiscale aussi. Rachel Guèze, par exemple, ou Sabine Soir, je ne sais pas laquelle des deux veut parler de ça.

16:30
Invité

Je peux prendre la question ? Oui, c'est Rachel. Oui, c'est Rachel. Sur la réduction fiscale, en effet, les Français connaissent le cadre fiscal et ils savent qu'à 84% que leurs dons sont déductibles. Et pour un Français sur deux, en fait, si le cadre fiscal évoluait, cela aurait un impact direct sur le montant ou sur la fréquence des dons. Donc, il est effectivement essentiel de maintenir ce cadre fiscal pour maintenir ce pilier de la cohésion sociale. qu'est l'action associative et dont on a parlé à l'instant avec le lien social que l'action associative permet de faire vivre.

17:10
Présentateur

Il y a deux niveaux, il faut qu'on le rappelle, il y a deux niveaux de défiscalisation.

17:14
Invité

Oui.

17:15
Présentateur

Dites-nous, il y a 75% ou 60% ?

17:19
Invité

66% et 75% en effet pour les fondations reconnues d'utilité publique et pour certaines causes, en effet. Mais c'est plafonné. Oui, c'est plafonné. Oui, c'est plafonné. Et ces plafonds sont régulièrement remis en cause, potentiellement remis en cause. Donc, c'est pour ça qu'on se bat, que le secteur associatif se bat pour maintenir le cadre fiscal et que connaissent bien les Français et que les Français utilisent lorsqu'ils donnent. Mais ils ne donnent pas uniquement pour le cadre fiscal, ils ne donnent pas uniquement pour déduire des impôts.

17:59
Présentateur

Mais c'est sûr que ça aide. Si on touche à la fiscalité, on va dérégler le système. Sabine Soir.

18:05
Invité

Oui, je rejoins tout à fait ce que disait Rachel. Effectivement, ce cadre fiscal, il est fondamental en France. Il nous permet vraiment de pouvoir fidéliser nos donateurs. S'il n'existait pas, effectivement, une partie de nos donateurs serait peut-être désengagée, malheureusement, parce que le cadre est incitatif. Il ne permet pas tout. Donner coûte quand même une partie pour le donateur. Il ne peut pas défiscaliser 100%. Mais c'est vrai que ces dernières années, ces derniers mois, le cadre fiscal a été régulièrement réinterrogé.

Or, il ne faut pas oublier que la générosité aujourd'hui en France, c'est près de 9 milliards d'euros qui contribuent à financer l'action sociale, la recherche médicale, l'éducation, sans lesquels ces projets ne seraient pas financés par l'État. Ça me semble tout à fait important de rappeler à quel point le cadre est nécessaire à ce que la générosité puisse s'exprimer.

18:52
Présentateur

Bonsoir, Emmanuel.

18:54
Auditeur

Oui, bonsoir.

18:55
Présentateur

Soyez le bienvenu.

18:57
Auditeur

Merci beaucoup.

18:58
Présentateur

Nous vous écoutons.

19:00
Auditeur

Moi, je suis directeur d'une association qui est accompagnée par le Don en Confiance et soutenue par la Fondation de France. J'en profite pour les remercier. Mais je voulais surtout intervenir en tant que citoyen. Peut-être que ce soir, on n'a pas forcément assez parlé du fait que tout ce qui est solidarité nationale et internationale, elle est quand même pas mal impactée par tout ce qui est restrictions budgétaires et à terme à moment sur le budget et recherche d'économie là où il n'y a pas lieu d'être, selon moi.

Et moi, je suis aussi donateur et je trouve que donner, c'est une forme de contribution volontaire sur des sujets essentiels que l'État ne prend pas du tout assez en charge ou voire abandonne depuis un an ou deux. Voilà. Donc du coup, je le vis bien aussi et pas du tout pour la réduction fiscale mais pour quelque chose. OK, bon, mais ce sujet-là, moi, je donne sur l'installation des jeunes en France, par exemple, ou le soutien aux paysans qui ont besoin d'accompagnement sur leur modèle économique ou le soutien à leur activité.

Il y a vraiment plein de sujets sur lesquels l'État n'est pas assez présent et sur lesquels les débats sur qui doit payer des impôts, qui en paye plus, qui en paye moins, en fait, ça nous ferme au fait qu'il y a vraiment des sujets essentiels et en tant que directeur d'association, je trouve qu'au moment où l'État se désengage, les dons sont vraiment mais d'une importance folle et qui dépassent le geste financier. Et vous nous dites... La société fonctionne bien. Oui, c'est ça.

20:36
Présentateur

Vous nous dites que ce sont les citoyens, au fond, qui pallient le manque de l'État.

20:40
Auditeur

C'est ça.

20:42
Présentateur

Rachel Guèze.

20:44
Invité

Oui, heureusement que la générosité résiste dans ce climat de défiance généralisée.

20:50
Présentateur

Et la générosité, aujourd'hui, on donne de plus en plus.

20:54
Invité

Non, on ne donne pas de plus en plus, mais il n'y a pas non plus d'arrêt massif du don. Mais le don se transforme, en fait. On a une montée en puissance des petits dons. On voit aussi chez les donateurs qu'il y a une recherche de régularité et de sens. Et on voit une diversification des canaux aussi de dons, avec plus d'arrondis solidaires, de dons en ligne, de cagnottes, etc.

21:18
Présentateur

Oui, les cagnottes solidaires, ça vraiment, c'est quelque chose qui s'installe ?

21:22
Invité

Oui, oui, ça s'installe. Voilà, il faut quand même être vigilant quand on donne sur une cagnotte. Il faut bien s'assurer que la cagnotte, que derrière, il y a bien une association officielle qui est derrière la cagnotte et que cette association est digne de confiance. Donc, voilà, ça nécessite quand même... Il y a des plateformes qui sont bien connues et qui sont tout à fait sécurisées. Mais les cagnottes personnelles, par exemple, et surtout en cas d'urgence humanitaire, on voit beaucoup de cagnottes personnelles qui peuvent être des armes à qui qu'il faut faire attention à tout cela. Sabine Soir ? Oui, je voulais réagir.

Répétitement, les petits dons et les nouvelles modalités de dons, il me semble important, je pense que les auditeurs le savent, il y a, par exemple, ce qu'on appelle la générosité embarquée, la capacité à faire des micro-dons, par exemple, en arrondi en caisse, au moment où vous réveillez vos achats et vous les fichez. Voilà, sur des associations qui sont effectivement connues, revues et labellisées. Ça, c'est un point qui est très important. Et puis, je pense qu'on peut parler, il y a une très grande opération de levée de fonds qui s'adresse plutôt aux jeunes, qui a fait bon bruit, notamment cette année encore.

C'est le Z-Event, qui est une opération de collecte menée par des streamers, que sont Zerator et Dash, qui ont monté un événement qui est un marathon caritatif majeur dans le monde de la levée de fonds et du don. Aujourd'hui, ce marathon, en tout cas cette année, a mobilisé 16 millions d'euros en 55 heures de live stream, entre guillemets, avec les streamers qui mobilisaient leur propre communauté. Et ici, dans ce cas-là, la moitié des dons qui ont été faits étaient de moins de 5 euros. Donc, on est vraiment sur du micro-don, mais qui vient contribuer directement à un sujet de société.

Et là, les donateurs fléchaient leurs dons sur une cause qui leur tenait à cœur et qui était aussi défendue par ces streamers.

23:11
Présentateur

Tout à l'heure, on disait qu'il y avait un rajeunissement des bénévoles. Est-ce qu'il y a aussi un rajeunissement des donateurs, Samine Soir ?

23:19
Invité

Oui, nous, on remarque un rajeunissement des donateurs, effectivement, à la Fondation de France, mais je crois aussi chez Franck Générosité, qui est le syndicat aussi de notre secteur et qui contribue à ces études. Il y a un rajeunissement des donateurs. Peut-être que les jeunes donateurs sont un tout petit peu plus, j'oserais dire, infidèles. Ce n'est pas le bon mot, mais ils diluent un petit peu plus leur don. Volatiles, on va dire. Ils sont intéressés par énormément de sujets. Voilà, volatiles. Ils sont intéressés par plusieurs sujets, donc ils diminuent le don du don par contre et ils financent plusieurs causes.

Le grand enjeu des associations, c'est de réussir à leur rendre compte de leurs actions pour qu'ils soient le plus fidèles possible et qu'ils continuent à contribuer. Bonsoir, Rémi.

23:59
Présentateur

Bonsoir. Soyez le bienvenu.

24:02
Invité

Eh bien, merci beaucoup. Bonne année à vous. Bonne année à votre équipe.

24:04
Présentateur

Bonne année aussi. Nous vous écoutons.

24:07
Invité

Alors, je suis co-président d'une radio locale dans l'Ain. Alors, je ne vais pas la nommer, mais on la retrouve sur le 907. Et c'est une association qui vit grâce à ces nombreux bénévoles qui proposent des émissions toute l'année. Ce sont des émissions qui donnent la parole à des personnes du département, dans les villages, dans les villes. Et on fait vivre, en fait, au quotidien, un lien local très fort. On fait vivre une démocratie locale. Et c'est souvent, en fait, un élément qu'on oublie dans les associations. Il y a de très nombreuses associations qui cultivent ce lien social. Je crois que sans ce lien social, finalement, dans la démocratie, on aurait beaucoup de mal.

Et alors, nous, par exemple, dans notre association, on a plusieurs salariés. Et ces salariés sont, en fait, indispensables à faire vivre la démocratie au quotidien. Et alors, on a des bénévoles qui cotisent. On a de nombreux sympathisants qui font des dons. Mais derrière tout ça, le modèle de financement repose pour nous pas mal sur des subventions. Parce qu'en fait, l'État reconnaît qu'on a une utilité sociale. d'ailleurs, dans l'associatif, il y a de la richesse qui est générée. Il y a de l'emploi qui est généré. Et on a parfois l'impression que c'est pas forcément reconnu à sa juste valeur.

Et voilà, les associations font quand même assez souvent, en fait, une petite variable d'ajustement alors que on a besoin de ce lien social et on a un générateur de liens sociaux et citoyenneté.

25:42
Présentateur

Et les subventions, vous arrivez à les maintenir ?

25:47
Invité

On les maintient. On les maintient toujours mais c'est toujours de plus en plus compliqué. On dépend, par exemple, d'un fonds qui s'appelle le SSER qui a failli être raboté. Voilà, dont le budget, en fait, souhaitait le raboter l'an dernier. Donc, il y a eu des lettres, il y a eu des courriers, il y a eu des rendez-vous avec des députés. On a réussi à le sauver l'an dernier. Les associations, les radios locales ont dû recommencer cette année pour dire non, non, il y a des budgets à pérenniser.

Et chaque année, en fait, c'est une lutte plus ou moins avec les députés locaux pour que ce budget puisse être maintenu alors qu'il y a des employés, des emplois à la clé, il y a la garantie, il y a une proximité très fort. Et c'est un modèle. Alors, voilà, les auditeurs ne pourraient pas, en fait, financer entièrement ces associations. On se substitue presque même à certains moments à un service public. quand les radios locales proposent, par exemple, de faire des ateliers d'éducation. Les médias, c'est quelque chose qui est bénéfique à toute la société, finalement.

26:50
Présentateur

Absolument. Faire du lien social, nous dirait Hubert Pénicaud. C'est ça aussi, le bénévolat ?

26:56
Invité

Oui, oui, c'est ça. Il faut bien comprendre que le bénévolat, c'est plus que ce que l'on fait, c'est aussi ce que l'on est. Et c'est une fabrique, le bénévolat. C'est une fabrique de citoyenneté, c'est une fabrique de solidarité, c'est une fabrique de lien social. Souvent, on nous réduit au café qu'on distribue dans une maraude, on en parlait tout à l'heure, on nous réduit à l'entraînement de sport qui est fait par les éducateurs sportifs. On ne prend pas en compte tout ce que l'engagement peut produire et contribue à faire tout simplement société.

Dans cette question du lien social, et puis aussi dans la capacité que chacun qui s'engage bénévolement trouve encore une fois sa place dans l'association. On est 12 millions. 12 millions engagés bénévolement dans les associations. Et donc ça, c'est une contribution qui est colossale.

27:48
Présentateur

De plus en plus nombreux.

27:50
Invité

Alors, on est encore dans les effets du Covid. On est en train de retrouver tranquillement le niveau qu'on avait avant Covid. Et en particulier, vous l'avez signifié tout à l'heure, grâce à l'impulsion donnée par les jeunes. C'est les jeunes aujourd'hui qui sont une force très... Alors,

28:12
Présentateur

comment vous expliquez ça ?

28:14
Invité

En fait, il y a quand même pas mal de lieux dans la société qui sont un petit peu déconstruits, qui ont perdu un peu de place. Encore une fois, beaucoup de jeunes se disent le monde est un peu compliqué. Comment on va arriver à trouver aussi notre capacité à construire des choses ?

28:32
Présentateur

C'est intéressant parce qu'on dit souvent qu'il y a un vrai problème d'individualisme et que, par exemple, les réseaux sociaux attisent l'individualisme. Et ce que vous nous dites, c'est le contraire.

28:41
Invité

C'est le contraire. Pour bien comprendre, en 15 ans, le taux d'engagement chez les jeunes de moins de 30 ans, entre 15 et 30 ans, est passé à peu près de 16% à 24%. C'est colossal. C'est énorme. C'est colossal. Et donc, ça, c'est...

28:57
Présentateur

Et ils s'investissent dans tous les domaines ou est-ce qu'il y a des domaines particuliers

29:00
Invité

qui les intéressent ? Ils s'investissent dans tous les domaines. Ils s'investissent en premier dans les domaines dans lesquels il va y avoir un retour assez rapide. On va rapidement comprendre ce que l'on fait quand on fait une maraude. Rapidement, on comprend l'impact de son action.

29:18
Présentateur

Justement, on a Julie en ligne qui a fait une maraude hier soir. Bonsoir, Julie. Bonsoir. Soyez la bienvenue. Écoutez, merci beaucoup.

29:26
Invité

Et puis, merci pour toutes vos émissions que j'écoute quasiment tous les soirs.

29:29
Présentateur

Merci d'être fidèle auditrice. Alors, racontez-nous.

29:33
Invité

Écoutez, en fait, quand j'ai entendu le thème de votre émission, j'ai tout de suite envoyé un petit message parce qu'en fait, hier, moi, j'ai emmené toute ma famille sans rien connaître, honnêtement, du bénévolat, tout ça. J'ai embarqué toute ma famille pour faire une maraude dans Paris. Oui. C'est-à-dire qu'en fait, on a préparé six thermos de café, de thé. La grand-mère a préparé des beignets, un bac entier de beignets et de pain à maison. Et voilà, on a pris le camion, on a un camion et on s'est dit on va dans Paris. On embarque les trois ados. Ils étaient très motivés. Oui. Et voilà. Et racontez-nous. Et alors,

30:10
Présentateur

comment ça s'est passé ?

30:11
Invité

Eh bien, alors, je vous avouerai qu'au début, on ne savait pas comment faire. Bah oui. Parce qu'on disait, déjà, on s'est dit, bon, on connaît un peu, on va faire bercimation. Enfin, on était un peu paumés. Il ne faut pas avoir peur, en fait. Et puis, il faut dire, voilà. Au pire, les gens, ils nous disent, bah non, on ne veut pas. Au pire, on est rejeté, on s'en va. Moi, je ne me sentais pas en danger. Les enfants non plus, pas du tout d'ailleurs. Et quand on a commencé, on s'est arrêté. En fait, les gens, tout de suite, ils viennent. C'était incroyable. Avec une reconnaissance, en fait, c'est ça, ça m'a sidéré. Une gentillesse. Et juste, en fait, ils ont besoin, déjà de chaleur.

Enfin, c'était vraiment le café. On s'est dit, mais non, on aurait dû faire beaucoup de café. En fait,

30:49
Présentateur

vous allez vers eux,

30:51
Invité

c'est ça,

30:52
Présentateur

aller vers les autres.

30:53
Invité

Oui, oui, voilà. En fait, nous, on ne sait pas. Ce qu'on s'est dit, c'est qu'on prend les thermos et dès qu'on voit quelqu'un, on y va, on essaye de rentrer en communication, de donner quelque chose, d'apporter ce qu'on peut. Oui. Et bon, alors honnêtement, on ne savait pas trop comment s'y prendre. Donc, je ne sais pas si c'était la bonne méthode, mais nous, ça va nous sembler la meilleure. Prendre à manger, un thé, un café et puis essayer de distribuer. Et ça s'est très bien passé. Et franchement, en fait, moi, pour vous dire, ma mère était terrorisée. Elle m'a dit, mais non, tu ne peux pas embarquer les enfants là-dedans. Il y a des gens drogués, etc.

Mais je me disais, bon, au pire, les drogués, voilà, on sait, enfin, je suis adulte, il y a mon mari qui est là. On savait que, voilà, on n'était pas en danger. Julie,

31:35
Présentateur

pardon de vous interrompre, j'ai juste une question. D'où vous est venue cette idée ?

31:41
Invité

Alors, en fait, je crois que cette année, je crois que tous, quand on allume les infos, on entend, enfin, moi, j'entends des drames tout le temps. Je suis sur France Inter 24, voilà. Et je me disais, enfin, ce n'est pas possible, on vit tous ensemble, on ne peut pas, enfin, je ne peux pas, moi, voilà, je suis architecte, tout va bien. Laissez les autres comme ça. Enfin, je voulais participer, faire quelque chose. Et alors, ce que j'ai fait, c'est que j'ai fait à Noël une cagnotte Médecins sans frontières pour toute la famille et tout le monde a donné. J'ai dit, bon, arrêtez de me donner des cadeaux, on fait une cagnotte MSF. Et voilà, les gens étaient contents de donner.

En fait, je me rends compte que, voilà, et je voulais faire plus, je voulais essayer vraiment d'être dans l'action, quoi, c'est ça. Essayer de donner, c'est le côté, chacun essaye de faire sa petite part, vous voyez ? Mais oui, bien sûr. Le colibri, quoi, même si je sais que c'est un peu, c'est un peu nul, c'est que du café.

32:32
Présentateur

Oui, mais c'est jamais vain. Voilà, merci d'avoir témoigné, c'est jamais vain, Hubert Pénicaud.

32:37
Invité

Merci pour ce témoignage, parce qu'il illustre aussi une dynamique qui est assez émergente dans l'inciété, c'est ce qu'on appelle le bénévolat direct. Alors voilà,

32:45
Présentateur

c'est ce que j'allais vous dire, en fait, c'est ça. On fait aujourd'hui du bénévolat en dehors des associations.

32:51
Invité

De plus en plus ? De plus en plus, oui, ça s'est pas mal développé dans des logiques d'entraide, de proximité ou de démarches comme ça, plus de solidarité, on va au-devant des personnes. Ce qui est une démarche citoyenne très intéressante, très importante. Et puis, c'est essentiel que les citoyens puissent effectivement se mobiliser. Nous, on dit aussi, il faut aussi le mettre dans un cadre associatif, parce qu'en un cadre associatif, on prend aussi le temps du recul, on prend aussi le temps de la pratique qui progresse à travers l'expérience des uns et des autres.

Et puis, on prend aussi le temps de porter à travers ça une réflexion sur le sujet, de porter un plaidoyer, de travailler aussi à apporter des réponses par rapport au problème et aller chercher aussi la question sur les causes. Donc, l'engagement associatif est complémentaire et permet d'aller plus loin que la dimension citoyenne qui est juste indispensable et qui peut être un premier pas pour après se retrouver dans un cadre associatif où on va aller à plusieurs dans une cause commune.

34:06
Présentateur

Sabine Soir, vous souhaitiez réagir ?

34:09
Invité

Oui, je voulais réagir au témoignage de Julie et effectivement, je vous rejoins aussi sur l'indispensable, la nécessité de s'appuyer sur le secteur associatif qui développe aussi une expertise très particulière pour accompagner les bénéficiaires.

34:23
Présentateur

Oui.

34:23
Invité

Et donc, le témoignage de Julie me semble important aussi. Ce qu'on voit à la Fondation de France et globalement dans les associations et dans le bénévolat et dans le don, c'est que le don et le bénévolat par l'exemple éducatif, souvent un jeune donateur ou un jeune bénévole est donateur ou bénévole car ses parents ont été donateurs et bénévoles. Et à ce titre, vivre une expérience associative familiale à un moment dans l'histoire de la famille permet peut-être de mettre sur des rails de solidarité et de générosité une génération nouvelle. Nous, on soutient par exemple à la Fondation de France des Réveillons de la Solidarité.

Cette année, 235 réveillons ont été organisés auprès d'acteurs associatifs dans des quartiers. Ce sont des dîners, des spectacles pour enfants, des ateliers participatifs ou encore des paniers repas. Et là, les bénévoles peuvent en famille venir contribuer à ces réveillons et vivre une première expérience conjointe de solidarité.

35:12
Présentateur

On a une remarque de Béatrice sur WhatsApp qui nous dit « Je fais aussi des dons de 400 euros alors que je ne suis pas imposable. Il faudrait que la loi évolue pour avoir un crédit d'impôt quand on n'est pas imposable. » Rachel Guèze.

35:26
Invité

Quand on n'est pas imposable, on passe en dessous des radars pour ce qui est de ce type d'études qui s'appuient sur les données fiscales. Donc, effectivement, on ne perçoit pas cette manne des donateurs qui ne sont pas imposables. Mais le point commun entre tous les donateurs, qu'ils soient imposables ou pas, et c'est ce que disaient les auditeurs, c'est ce sentiment d'utilité. 77% des Français disent se sentir utiles grâce aux dons et ce chiffre monte à 91% chez les donateurs réguliers. Donc, on voit bien que le don répond véritablement à un besoin de capacité d'agir dans un contexte qui est anxiogène, comme le disait l'auditrice précédente.

Et c'est valable aussi pour le don de temps, pour les bénévoles, évidemment. En fait, on a un cercle vertueux. Je m'engage en donnant mon temps ou de mon argent. Je me sens utile. Je me sens intégrée. Je fais davantage confiance. Et je peux m'engager plus durablement. Donc, voilà, l'engagement, que ce soit sous forme de temps ou d'argent, c'est une ressource évidente pour les associations, mais c'est aussi un facteur de santé démocratique. Absolument.

36:39
Présentateur

Je vais vous interrompre parce que j'aimerais bien qu'on prenne rapidement Brigitte, qui nous appelle de Marseille. Bonsoir, Brigitte. Oui, bonsoir et merci. Il nous reste à peine une minute. Vous, vous êtes engagée pour la cause du handicap ?

36:53
Invité

Oui.

36:53
Présentateur

Racontez-nous rapidement.

36:55
Invité

Très rapidement. Il y a été dit beaucoup de choses ce soir. Moi, ce que je voudrais dire, c'est que ce n'est pas seulement donner, ce n'est pas seulement se sentir utile, c'est aussi créer de nouveaux liens, créer des amitiés. Il y a de passer le réveillon avec des personnes en situation de handicap. Et franchement, c'était super. On s'est régalés. On est devenus amis. Voilà. Et elles sont, elles aussi, engagées, bénévoles. Elles donnent, même avec de tout petits moyens, même quand on vit avec l'allocation adulte handicapée et que donc, on ne paye pas d'impôts, etc. Elles sont aussi militantes et citoyennes. Et voilà.

37:27
Présentateur

Donc, on est ensemble, ni pour, ni avec, mais ensemble. Eh bien, merci. Merci. Il est absolument parfait votre témoignage pour clore cette émission. Juste un mot, Hubert Pénicaud. On a vraiment le sentiment d'une cohésion sociale et que les citoyens, au fond, prennent en charge ce que les politiques n'arrivent plus à faire aujourd'hui.

37:46
Invité

Oui, je dirais qu'ils prennent leur place dans la société. C'est-à-dire qu'il ne faut pas opposer l'action des citoyens organisés en association et l'action de l'État. Je crois que c'est très complémentaire et il faut qu'on reconnaisse. C'est-à-dire que là, on met un coup de projecteur. C'est autour du 31 décembre et du 1er janvier. Mais c'est toute l'année. C'est toute l'année et quasiment toutes les heures du jour et de la nuit où des bénévoles sont impliqués. Je dis toutes les heures du jour et de la nuit. SOS Amitié, c'est 24 heures sur 24. C'est des bénévoles. C'est toute l'année et c'est 12 millions de personnes qui s'engagent comme ça au quotidien.

38:23
Présentateur

Merci infiniment. Merci à vous tous, tous ceux qui sont engagés et qui ont participé à cette émission. Merci à nos invités, Rachel Guèze, Sabine Soir et Hubert Pénicaud. Merci aussi. Un grand merci à toute l'équipe du 18-20 cette semaine à la programmation Nathalie Poitvin, Pierre Dessertaine, Aurore Mancipe, à la documentation Mathieu Barranger, à la réalisation Ludovic Asselot, à la rédaction au chef Philippe Lefebure. Très heureuse d'avoir commencé cette année avec vous les amis. Lundi, vous retrouverez l'atolière Fabienne Synthès à suivre les petits bateaux avec la question d'Alma 8 ans. J'aimerais savoir si les hommes préhistoriques avaient-ils des noms de famille. Merci de me répondre.

Au revoir. Au revoir. Au revoir.