Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Audition parlementaireyoutube.com· 26 juin 2025 5 minActualité / polémiqueDéfenseJusticeEurope & international

Intervention de Sabrina Sebaihi lors du débat sur le Proche et Moyen-Orient

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 55 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • Sabrina SebaihiChiffre
    « Plus de 56000 personnes y sont mortes. »
  • Sabrina SebaihiChiffre
    « 44 d'entre eux ont été tués encore hier dans l'enclave »

Modèle claude-sonnet-5 · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Monsieur le président, monsieur le premier ministre, chers collègues, nous débattons ce soir d'un choix de civilisation, le respect du droit international ou la loi du plus fort. Depuis des jours, la terre tremble encore un peu plus au proches et au Moyen-Orient. Des frappes massives sur Teran, des missiles balistiques sur Taviv et partout des familles décimées et des enfants qu'on enterre.

Et pendant que les bombes tombent, l'effacement des voies françaises et européennes sur Gaza tue. Nous assistons ainsi au triomphe provisoire du cynisme sur la raison et de la force brute sur le droit. Pourtant, le droit international et humanitaire n'est ni à géométrie variable, ni une lubie.

Il n'est pas un chiffon qu'on brandit pour juger les uns et qu'on oublie pour absoudre les autres. Et aujourd'hui, ce sont deux gouvernements extrémistes qui menacent ce droit. D'un côté, le régime iranien qui torture ses opposants, emprisonne ses femmes, bayonne ses journalistes et déstabilise nombre de ses voisins à travers ses proxis.

De l'autre, le gouvernement de Netaniaou lui-même visé par un mandat de la Cour pénale internationale pour crime de guerre et crime contre l'humanité. Leurs principales victimes, ce sont les ce sont les civils, toujours les civils. Ce sont nos otages français Cécile Coler et Jacques Paris, toujours détenus dans une prison bombardée par ceux-là même qui prétendent les sauver.

Ce sont les otages israéliens depuis le 7 octobre. Ce sont les familles de Gaza. Plus de 56000 personnes y sont mortes.

Des hommes, des femmes, des enfants effacés sous les gravilles engloutis dans l'oubli. C'est la marque indélibile de notre lâcheté collective face à ce génocide documenté en direct. Pendant ce temps, l'Europe a regardé, l'Europe s'est dit préoccupée, l'Europe a même été choquée, mais l'Europe n'a surtout rien fait.

Que vaut donc notre indignation si elle n'est qu'une parole sans acte ? Les États-Unis, eux profitent de notre inaction en alimentant le brasier et les illusions de victoires militaires. Or, chacun sait qu'aucune paix durable n'est jamais née sous les bombes américaines.

Car bombarder un peuple ne l'a jamais libéré. ni au Vietnam dans les années 60, ni en Irak en 2003, ni en Libye en 2011 et encore moins en Iran, en Israël ou à Gaza demain. L'injustice demeura toujours le terro fertile de la violence et honte à celles et ceux qui aveuglés par l'arrogance et l'oubli, veulent répéter le fiasco iraakien qui coûte à la vie à un million de civils.

La France doit reprendre sa place, celle d'une puissance indépendante, exigeante et garante du respect du droit international. Elle doit rappeler que nul chef d'état, fut-il notre partenaire stratégique, ne peut se croire à l'abri de la justice internationale. Le droit international ne se plie ni à la peur, ni à l'opportunisme politique.

Nous croyons que la justice est plus forte que la vengeance et que la paix sera toujours plus puissante que la guerre. Oui, la France doit incarner un principe. La force n'est légitime que quand elle protège le droit, jamais quand elle le piétine.

Car qui défendra le droit quand plus personne n'y croira ? qui apaisera le désir de vengeance des peuples martyrisés. Alors à tous ceux ici qui ces derniers jours ont justifié les frappes israéliennes sur l'Iran et applaudi les bombes américaines au nom d'une prétendue légitime défense préventive, je rappelle que bombarder un autre état souverain sans mandat de l'ONU ni risque d'attaque imminente, ce n'est pas de la légitime défense, c'est une violation du droit.

Car derrière ces frappes, il n'y a que le calcul glacial d'un pouvoir aux abois cynique et désespéré et gars qui veulent en faire un précédent, ouvrant la porte à un monde plus dangereux où chacun désormais pourra se proclamer juge et bourreau de son voisin. Benjamin Netaniaou ne bombarde pas pour protéger son peuple. Il bombarde pour détourner les regards, pour faire diversion, pour faire oublier Gaza.

Gaza, ce nom que certains voudraient effacer au profit d'une rivière. Gaza où l'on meurt en sevelisse dans les décombres où l'on survit dans la faim, dans la peur et dans l'abandon. Frapper à l'est pour masquer la terreur à l'ouest.

Frapper l'Iran pour effacer Gazin. Voilà la fuite en avant du gouvernement israélien. Une fuite vers plus de guerre, une fuite vers plus de haine, une fuite vers l'oubli, ce crime lent qui finit toujours par achever ce que les bombes ont laissé debout.

Qui peut ainsi croire qu'on désarme un pays à coup de missile ? Qui peut ignorer qu'en frappant Nat et Fordaux, on ne détruit pas une menace mais on en s'aime sans autre. On prépare l'escalade, on expose les peuples à la contamination et l'on pousse chaque voisin à la course à l'armement.

Et pendant qu'on détourne l'attention à Gaza, ce sont les civils affamés qui deviennent des cibles fauchées par balle parce qu'ils tendent la main pour un sac de farine. 44 d'entre eux ont été tués encore hier dans l'enclave où la guerre a militarisé jusqu'à la fin, transformant l'aide humanitaire en gâte à pont mortel. Notre responsabilité est d'éviter ce monde-là.

Notre devoir est de protéger les innocents, de soutenir ceux qui luttent pour leur liberté et de rappeler à tous opprimés comme oppresseur que la justice triomphera toujours. Que nul ici ne l'oublie. La France, même seule parfois, doit rester fidèle à cette boussole.

Défendre les femmes, défendre la vie, défendre la liberté et surtout défendre la paix. Mes chers collègues, ni les bombes, ni les diversions, ni les mensonges ne pourront jamais éteindre le droit des peuples à exister, à résister et à vivre. On peut tuer des corps mais jamais un peuple.

On peut assiéger un territoire mais jamais une mémoire. Et tant qu'un Palestinien vivra, la Palestine, elle ne mourra pas.