Marine Tondelier - Discours aux Journées d'été 2023 - Le Havre
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- 3:45Marine TondelierChiffre
« Depuis début août, 85 communes n'ont plus d'eau potable. »
- 3:50Marine TondelierChiffre
« 72% des nappes phréatiques sont en dessous de leur niveau normal. »
- 4:14Marine TondelierFait
« Notre pays, rappelons-le, a quand même été condamné par la justice pour une action climatique, »
- 11:55Marine TondelierChiffre
« 3 200 forces de l'ordre, des gardiens de la paix, là aussi, les mots sont parfois ironiques. »
- 12:44Marine TondelierChiffre
« Cette opération a coûté 5 millions d'euros en termes de maintien de l'ordre. »
- 23:57Marine TondelierChiffre
« où le 10 du mois, 30% des Français ont moins de 100 euros sur leur compte en banque »
- 24:01Marine TondelierChiffre
« et où le coût des fournitures scolaires a augmenté de plus de 11% pour cette rentrée 2023. »
- 24:13Marine TondelierChiffre
« En avril, 53% des Français disaient réduire leurs portions alimentaires. »
- 26:53Marine TondelierPromesse
« Le 14 octobre, nous lancerons un nouveau mouvement Les Écologistes. »
- 28:38Marine TondelierChiffre
« Plus de 30 000 personnes ont contribué, »
Temps de parole
- Présentateur100 %
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Je ne vous cache pas qu'après 8 années d'organisation en tant que membre du BE en charge des journées d'été de cet événement, c'est une certaine émotion pour moi d'avoir pu lui passer le flambeau cette année, qu'elle l'ait repris avec enthousiasme parce qu'en général les journées d'été c'est dont personne ne veut s'occuper parce qu'on veut être tranquille pendant ses vacances et ça ne marche pas avec cette délégation. Elle a pu s'appuyer sur l'expérience de toute l'équipe, des partenaires traditionnels de l'événement, un événement auquel vous êtes nombreux à tenir, je le sais, à être fidèles et à faire vivre.
Alors je la remercie, je les remercie, je vous remercie infiniment pour tout et je vous souhaite de belles journées d'été. Une action intermède musicale qui se rappelle de Mickaël Youn dans sa période Alphonse Brown. Il y a un choc générationnel. Il avait fait un truc, c'était un mélange de funk et de rap, c'était une parodie, ça s'appelait le frunk. Et le refrain, c'était, ça avait cartonné, vous l'avez sûrement déjà chanté en karaoké et peut-être même le rechantera ton samedi soir. C'était la puissance du port du Havre, la culture de la betterave.
Alors moi, en tant que nordiste, la culture de la betterave, je voyais bien, mais la puissance du port du Havre, j'ai jamais compris ce que ça voulait dire. Maintenant, je sais. Je me suis toujours demandé ce que ça voulait dire, mais en ce mois d'août 2023, je pense que nous, écologistes, avons eu un petit aperçu. Et je vous avoue qu'on ne voyait pas exactement ça comme ça. Un invité local, correspondant à une ligne sur un programme de 50 pages, déchaîne les passions. Alors que tu l'as dit, Léa, nos journées d'été, c'est 50 pages, c'est 2000 participants, c'est des centaines d'ateliers, de conférences, de dédicaces, de canapés. Il se passe plein de choses.
Et on a vu cet emballement médiatique, ce tweet, cette polémique. Évidemment que c'est un regret, pour vous j'imagine, pour nous aussi à l'organisation, mais c'est aussi un symptôme, ne nous trompons pas, de notre société, de l'état du débat public, qui de plus en plus, oui, nous préoccupe. Je n'ai pas l'habitude de refaire l'histoire. La vraie me suffit. Il y a deux choses qui m'intéressent aujourd'hui sur ce sujet.
La première, c'est que, quitte à ce que la polémique ait concentré l'attention sur Médine, qu'il puisse sortir quelque chose d'utile de cet échange, qui fasse reculer l'antisémitisme dans ce pays, nous sommes le seul parti à avoir un groupe de travail sur le sujet, nous sommes le seul parti à l'aborder de face, sans naïveté, sans faux procès, avec courage, avec lucidité. Et de fait, de fait, ce qui se passera à 18h45 aura un impact. Jusque là, ce que je vous propose, c'est ma deuxième priorité, c'est que toutes et tous, on se concentre sur tout le reste.
Crise environnementale, crise sociale, état généraux de l'écologie, européenne, ce que je vous propose de faire dans la suite de ce discours moi-même, c'est de me concentrer sur ça. Est-ce que vous êtes d'accord ? Ça tombe bien, je n'ai qu'un discours préparé. Évidemment qu'on vient de passer un été dont on se souviendra comme l'été des tristes records. On a battu le record de la journée la plus chaude dans plusieurs endroits de France, en Europe et dans le monde. Les feux de forêt en France, sur le pourtour méditerranéen, ont ravagé plusieurs hectares.
Au Canada, c'est l'équivalent d'un tiers de la surface de la France métropolitaine qui est partie en fumée, ou l'équivalent de toute la Grèce. En France, on manque d'eau. Depuis début août, 85 communes n'ont plus d'eau potable. 72% des nappes phréatiques sont en dessous de leur niveau normal. Qui aurait pu prévoir ? Tout le monde. Tout le monde. Qui aurait dû prévoir ? Nos gouvernements, en particulier. Mais ne vous inquiétez pas, le nôtre a la situation bien sous contrôle.
Notre pays, rappelons-le, a quand même été condamné par la justice pour une action climatique, condamné par la justice pour ne pas avoir suffisamment agi sur la qualité de l'air, et troisièmement, cet été même, nouvelle condamnation par la justice, cette fois concernant la biodiversité, parce qu'ils vont devoir réparer le préjudice écologique, désormais reconnu par le Conseil d'État, lié à l'utilisation massive des pesticides dans l'agriculture. Évidemment, vous vous en doutiez, au bout de trois condamnations, l'électrochoc a eu lieu chez Renaissance.
Cet été, je vous le dis, devant nos yeux ébahis, ils ont enfin trouvé la mesure, la solution simple, non punitive, qui fait le pont entre la justice environnementale et la justice sociale. L'interdiction des jets privés ? Ah non, surtout pas. Des mesures ambitieuses pour réduire l'utilisation de pesticides ? Ouh là là, non mais ne vous emballez pas. Un moratoire sur les mégabassines ? Pour quoi faire ? Un chèque alimentaire qualité pour compenser l'inflation et rendre accessibles les produits biolocaux à toutes et tous ? Impossible. Ils avaient déjà tout dépensé pour aider les entreprises les plus polluantes. Mais ils ont trouvé la mesure. Celle qui ne demande pas d'augmenter la fiscalité.
Celle qui n'embêtera personne, mais qui va sauver le monde. La mesure à la hauteur du plus grand défi de l'histoire de l'humanité. « Yes, it's the moment to make the planet great again ». Mesdames et messieurs, vous l'attendiez depuis des années. Cette mesure courageuse, ils l'ont fait, la fin du ticket de caisse papier. Là, je sais qu'ils nous regardent et qu'ils sont très émus de vos applaudissements parce qu'ils disent souvent « on fait des trucs bien, vous ne le dites jamais ». Bon, on vient de le faire. Non mais ils sont fiers, ne rigolez pas. Ils ont communiqué dessus. Et alors, tout l'été, canicule, ticket de caisse papier. Il n'y a pas d'eau, ticket de caisse papier.
Voilà, ils sont sur tous les fronts. En fait, ça serait drôle. Drôle, l'accent du Nord revient. Je ne sais plus le faire. Ça serait drôle. En fait, si ça n'était pas dramatique pour l'avenir de nos enfants. Alors, merci. Merci à nos élus écologistes d'être là. Parce que, grâce à nos maires, dont les politiques publiques sont en train de changer la vie de millions de Françaises et de Français, l'été, oui, a été plus supportable dans beaucoup de villes de France. Dans ces villes, les canicules sont mieux anticipées, mieux accompagnées qu'ailleurs. Les cours d'école sont débitumés à la chaîne pour mettre fin à cette grande mode, ou plutôt cette folie des années 70.
Les îlots de fraîcheur sont démultipliés comme un lion qui investit 140 millions d'euros dans la nature en ville. Les îlots de fraîcheur sont démultipliés, comme les registres canicules permettent, comme à Strasbourg par exemple, de prendre proactivement soin des plus vulnérables. Des solutions sont trouvées pour que toutes et tous ait les moyens de se rafraîchir, comme à Poitiers, où les piscines ont été rendues gratuites. Et nos maires aussi, c'est le cas à Bordeaux par exemple, étendent les horaires d'ouverture des parcs, des piscines, et proposent des lieux de fraîcheur et de rafraîchissement de jour pour les sans-domicile fixes. Merci nos maires de faire cette démonstration.
Et évidemment que le travail de nos maires, ce n'est pas juste d'intervenir comme des pompiers au moment des canicules, même en les ayant anticipées. Les politiques municipales écologistes, oui, elles ne se contentent pas de rendre nos villes plus résilientes au changement climatique. Elles visent aussi, évidemment, à limiter leur impact par tout un tas, par tout un panel de politiques menées qui peuvent viser les transports en commun, l'énergie, les logements, l'alimentation et donc l'agriculture, tout. C'est ça l'égologiste. C'est global, c'est intégral, c'est transversal et c'est mené toujours avec beaucoup de courage et de détermination. Donc merci pour ça.
Chaque dixième, non de tickets de caisse papier, mais de degrés contrat, nous le savons. Les choses sont inexorables. Moins de politiques d'atténuation, moins elles seront ambitieuses, plus les politiques d'adaptation seront compliquées. Sans atténuation, les choses sont claires. L'adaptation finira purement et simplement par devenir impossible. Oui, c'est un chiffre que j'ai beaucoup répété ces derniers mois. Nous ne pouvons pas garantir aux enfants qui naîtent en 2023 que la planète sera encore habitable, habitable l'année de leurs 30 ans. Alors nous sommes extrêmement fiers du travail de nos mères, nous.
Évidemment, nous devons chacun contribuer à mieux le faire connaître, à mieux le valoriser, mais surtout à faire en sorte qu'ils soient plus nombreuses, plus nombreux en 2026. Et je sais que je peux compter sur vous, sur tous les territoires. Évidemment qu'ils ne peuvent pas tout, ces mères. Alors merci à nos parlementaires écologistes, parce que l'écologie, vous le voyez, vous le savez, c'est un travail d'équipe, chacun à son poste. Nos parlementaires, ils se battent pour faire évoluer les lois, suggérer des réglementations et pour inspirer ce qu'aurait pu être un grand plan canicule.
Depuis le début de l'été, ils ont porté un plan qui a été composé par l'ensemble du groupe écologiste, intitulé « 20 mesures pour passer l'été ». On y trouve des solutions que le gouvernement aurait pu mettre en place dès le début de l'été pour que les Français subissent moins de changements climatiques.
Des protections solaires sur les logements, repeindre en blanc de trois des bâtiments publics, introduire le droit de retrait pour les travailleurs des 33 degrés dans le Code du travail, financer la désimperméabilisation des sols, transformer notre gestion forestière, oui, mettre un terme au projet de ferme-usine, accompagner la transition de nos élevages, doubler les linéaires d'eux et d'ici 2050, renforcer la sécurité civile. Qu'attendent-ils ? Qu'attendent-ils ? Tout cela, oui, c'est nécessaire, c'est urgent et c'est même possible, mais le gouvernement, non, n'écoute pas. Pire, la priorité de certains d'entre eux a été de jouer à un jeu bien dangereux.
Le camp présidentiel, il va falloir se le dire clairement, a laissé son ministre de l'Intérieur assimiler les écologistes, donc nous, vous vous rappelez, à des terroristes. Personne ne lui a demandé de s'excuser. Personne ne s'est désolidarisé publiquement. Non, dans le camp de la majorité présidentielle, tout le monde a trouvé ça normal. Mais les mots ont un sens pour tout le monde. Et cela vaut, même pour le ministre de l'Intérieur, et surtout, même, j'ai envie de dire, pour le ministre de l'Intérieur. Son travail, à lui, des fois, je suis plus sûre de bien le comprendre. Dans ces cas-là, moi, je retourne au dictionnaire.
Donc j'ai été regarder, c'est quoi les prérogatives du ministre de l'Intérieur ? Il y en a principalement trois. La sécurité, les libertés publiques, la cohésion des institutions du pays. Eh bien, voilà trois raisons d'être extrêmement inquiets que Gérald Darmanin occupe ses fonctions. Parce que Gérald Darmanin, c'est une source d'éco-anxiété à lui tout seul. Source d'éco-anxiété parce que la doctrine de maintien de l'ordre qu'il promeut et assume n'a de maintien de l'ordre que le nom. Les acteurs sont d'ailleurs nombreux sur la scène européenne et internationale à s'en être alarmés.
Oui, partout dans le monde, il est normal d'avoir un regard critique sur cette politique de maintien de l'ordre, sauf en France. À Sainte-Sauline, en mars dernier, cette doctrine de maintien de l'ordre a mis en danger, je mesure mes mots, 30 000 personnes, parce que Gérald Darmanin a voulu faire une démonstration de force, annoncée par lui-même à grand renfort d'annonces testostéronées, pendant des jours et des jours. C'était, soit dit en passant, le meilleur moyen de donner rendez-vous à une ultra-minorité, peut-être plus intéressée par la confrontation que par la question du partage de l'eau. 3 200 forces de l'ordre, des gardiens de la paix, là aussi, les mots sont parfois ironiques.
Trois hélicoptères, des quads et oui, malgré ces mensonges, des armes de guerre potentiellement létales, interdites dans plein de pays d'Europe pour le maintien de l'ordre, tirées y compris sur des blessés, y compris sur des élus en écharpe, n'affichant aucune agressivité et ne représentant aucune menace, dont le seul tort était d'essayer d'aider et de protéger des gens blessés et gravement blessés. Je sais que dans ce camp, ils aiment qu'on parle d'argent et qu'on dise vraiment ce que coûtent les choses. Les accouchements, tout ça, ça coûte de l'argent. Et bien le maintien de l'ordre aussi, figurez-vous. Cette opération a coûté 5 millions d'euros en termes de maintien de l'ordre.
5 millions d'euros, mais elle a aussi coûté des baissées très graves, qui ont frôlé la mort et garderont des séquelles toute leur vie. Tout ça pour protéger un trou. Voilà la politique de maintien de l'ordre de Gérald Darmanin. Et bien sûr que la bataille de la communication qui a suivi a été dure. Tout ce que la Macronie compte de porte-parole zélé, ont déroulé leurs plus beaux éléments de langage, et ce qu'ils savent faire de mieux. Et nous aurons proché, à nous, dirigeants, parlementaires écologistes, notre présence sur place.
Ce qu'ils ne comprennent pas, mais que je peux leur expliquer aussi simplement et fréquemment qu'ils le souhaiteront, c'est que Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, ça rend en fait notre présence dans ces manifs encore plus indispensable. On était présents, évidemment, pour parler des bassines. Évidemment qu'on venait pour les bassines comme on l'a toujours fait. Sortir l'eau des nappes phréatiques l'hiver, en déstabilisant le cycle de l'eau pour la privatiser et la stocker à un endroit où elle peut s'évaporer l'été, il n'y a pas besoin d'être sorti de Polytechnique pour comprendre que ça pose un problème.
Mais si nous étions présents, avec de nombreux parlementaires écologistes, que je remercie de l'avoir fait, c'est aussi parce que nous étions inquiets. Inquiets des menaces qu'il avait proférées, inquiets des atteintes au droit de manifester, inquiets de la volonté manifeste de tout faire pour que l'on ne parle pas du fond du problème, c'est-à-dire le juste partage de la ressource en eau. Inquiets aussi des risques pour les militants écologistes non violents sur le terrain, dont des dizaines de militants ELV. Cela nous préoccupait jour et nuit, les jours précédents. Et oui, notre place et notre responsabilité étaient d'être sur place. Parce que si nous étions présents, nous pourrions aider.
Parce que si nous étions présents, nous pourrions aider et nous l'avons fait. Parce que si nous étions présents aussi, nous verrions, nous saurions et nous raconterions. Car il n'y a rien de plus important, au fond, à la fin, que la vérité. Et vu les mensonges proférés, vu le faible monde que nous étions de légitimes, d'audits pour pouvoir les dénoncer, si nous n'avions pas été présents, nous n'aurions pas pu le faire. Et du coup, on comprend bien en quoi cette présence les dérangeait. La responsabilité du ministre de l'Intérieur dans Chiasco, elle est imanche.
Pas juste la sienne, certes, mais il est le seul à ne jamais l'avoir reconnu, à ne jamais avoir exprimé de regret, à ne jamais s'être excusé de rien. Les excuses, les regrets, les remises en question, non, ça n'est jamais pour eux. Jamais. C'est toujours pour les autres, la classe dominante ne connaît pas ces mots, elle se contente de les exiger, des autres, en bon petit commissaire du juste, du politiquement correct et du camp de la raison. Maintien de l'ordre, respect des libertés publiques, manifestement le déni chez eux, n'est pas que climatique. Et désolé, je parle longtemps de lui, mais la saga d'Armanin n'est pas finie.
Comme dans le camp de la majorité présidentielle, ils l'ont laissé faire, alors Gérald Darmanin, qui, je vous le rappelle, est donc en charge de nos libertés publiques, c'est rassurant, s'est senti les mains libres, puisque la solidarité de son camp jouait à plan. Là, il a tenté une opération round-up, la dissolution des soulèvements de la terre. C'est quand même psychologiquement préoccupant, cette volonté de vouloir dissoudre, comme ça, un collectif sans avoir le début du commencement d'une preuve.
C'est ce que le Conseil d'État a bien souligné en suspendant le décret de dissolution, car il y a, je cite et je les cite, c'est juste du Conseil d'État, qui ne sont pas des éco-terroristes, qui ne sont pas des islamo-gauchistes. En tout cas, je pense, ils disent qu'ils ont des doutes sérieux sur ça, l'égalité, joli pléonasme. La liberté associative, les libertés publiques en général sont fondamentales. Elles sont à la base de l'état de droit. On ne peut pas les piétiner comme ça, surtout en tant que ministre de l'Intérieur, quand on en est le garant. Là encore, ni excuses, ni regrets, ça c'est pour les autres. Oui, ça me met en colère, mais que croit-il à la fin ?
Que nous maltraiter, nous criminaliser, nous interdire même, ça les éviterait d'avoir à mener les politiques qui s'imposent ? Eh bien non. Que faire disparaître les écologistes ferait disparaître le problème ? Non plus. C'est un non-sens et en plus c'est dangereux, parce que sans prendre au messager plutôt qu'au problème, faire des écologistes les beaux qu'émissaires de leur propre impuissance à sortir des crises, outre que ça ne résout rien, ça met en danger des gens, des militants écologistes, sur tout le territoire.
Avec Thomas Dossu notamment, nous allons lancer très prochainement un observatoire des violences faites aux écologistes, duquel nous discutons depuis des semaines avec une trentaine de structures associatives. C'est quand même grave d'avoir à faire ça, de devoir créer une structure de toute pièce pour documenter ce phénomène, pour l'objectiver, pour accompagner juridiquement et financièrement, mais aussi psychologiquement, en réalité, les victimes. Mais nous avions bien compris que nous ne pourrions à la fin compter que sur nous-mêmes. Alors nous nous organisons avec la société civile écologiste. Mais en attendant, on voit bien que le climat se tend.
Le week-end dernier, le maire de Pérole-sur-Vézère, en Corrèze, a déployé une banderole sur son char pour la fête de la Saint-Bernard, avec écrit les mots simples, une banderole du maire, mort aux écolos. C'était il y a quelques jours, rien de moins qu'un appel au meurtre. Tranquille. Vous avez peut-être vu passer quelques titres, grâce aux communiqués des copains locaux, qui disent des choses du genre « indignation suite à ces banderoles ». Mais indignation de qui ? Lisez les articles, uniquement des écolos. Personne, ni au gouvernement, ni dans la majorité, ne s'en est ému. Mais où sont-ils, ces donneurs de leçons républicaines ?
C'est la définition même de ce que l'on appelle l'indignation sélective, et c'est la preuve de leur malhonnêteté. Alors nous nous organisons, et nous nous tenons prêts, parce que nous savons que plus la réalité du changement climatique va se faire sentir, plus il sera évident qu'on doit changer de modèle, et donc plus les forces du statu quo vont se rédire et entrer en résistance. Ce n'est pas comme si on ne les voyait pas venir. Notre président de la République, par exemple, qui aime sur la scène internationale à se présenter comme le Greta Thunberg des chefs d'État, a demandé juste avant l'été une pause sur les mesures environnementales, parce que surtout il ne fallait pas aller trop vite.
Quel non-sens ! Puis alors après, il y a l'extrême droite. Nous, on n'est jamais déçus. Alors eux, cet été, ils ont dit qu'ils allaient vraiment se doter d'une doctrine sur l'écologie. On craignait le pire. Alors je vais regarder un peu, si on pouvait résumer, ce serait l'écologie du bon sens. Parce que nous, on n'a pas eu l'idée. Et alors là, c'est la légende, comme d'habitude avec eux, du gentil et reine, qui veut tout réussir, mais alors surtout sans déranger personne, parce que tout le monde est gentil. Et donc, il faut ne déranger la faim, ni les puissants, ni les lobbies. C'est très simple. En fait, c'est un programme écologiste qui ressemble à leur programme économique.
Une illusion, doublée d'un mensonge. Lundi matin, l'un de leurs députés a même expliqué sur France Inter que le GIEC, comprenez-vous, a tendance à exagérer. Ben oui, il déconne quand même. Alors que justement, le GIEC a été conçu pour construire un consensus scientifique inédit dans l'histoire de l'humanité, pour objectiver les risques, pour, pas évidemment faire de la politique, mais pour faire de la science. Là aussi, je regrette sincèrement que seuls les écologistes leur soient tombés dessus. Dormez tranquille, bonnes gens, donc look up, et surtout, restez comme vous êtes, parce que les scientifiques, oui, ça commence à bien faire.
Comment peuvent-ils ne pas voir que le vrai problème, c'est le climato-scepticisme qu'ils alimentent au quotidien ? Il y a quatre jours, et je voudrais qu'on lui rende hommage, harcelé en ligne, un membre du GIEC, Christophe Cassou, a suspendu son compte Twitter. Je voulais que nous l'assurions aujourd'hui de notre soutien le plus total, ainsi que de tous les scientifiques harcelés pour leur travail. C'est quand même à la fois vertigineux et désespérant d'en arriver là, mais c'est symptomatique de l'horizon que nous vend l'extrême droite.
Avec Twitter, avec le JDD ou d'autres médias, certains multimilliardaires connus pour leurs idées extrêmement préoccupantes et non contents d'avoir pu s'acheter, avec leurs premiers milliards, grosses voitures, au pluriel, jets privés, supériotes, de cramer leurs billets aussi vite qu'ils crament le climat. Maintenant, ils vont finir par vouloir s'acheter le pouvoir. Et leur plan, qui ébranle nos démocraties, passe par l'achat des médias. Permettez-moi, ici, que nous ayons aussi une pensée pour les journalistes du JDD, parce qu'on n'oublie pas leurs 40 jours de grève. On n'oublie pas ces 40 jours d'une grève extrêmement courageuse.
On n'oublie pas la lâcheté d'une grande partie de l'arbre politique qui tremblait à l'idée de déplaire à Bolloré et de ne plus être invité sur CNews. On n'oublie pas non plus les journalistes de qualité, avec lesquels nous avons pu travailler pendant des années au JDD, et qui l'ont quitté avec la dignité de leurs valeurs et leur conscience professionnelle, qui l'ont quitté par respect pour leur métier et par respect pour eux-mêmes. Alors à elles, à eux, je souhaitais aussi qu'on le puisse rendre hommage bien fort. Ils ne sont pas là aujourd'hui, comme chaque année, et c'est à cause de Bolloré. Ils ne sont plus là. Ils ont dû renoncer à travailler pour des titres auxquels ils tenaient.
Ils y étaient attachés. Ils nous ont suivis pendant des années à Paris Match, au JDD. Il nous manque déjà, et je sais, aussi à leurs collègues. Merci, on peut se lever pour Caroline Fontaine, pour Arthur Nazaret, et pour Anne-Charlotte Dussault. Je sais qu'ils y sont extrêmement sensibles. Bon, maintenant que j'ai dit tout ça, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais ça craint un petit peu quand même. Il y a un petit côté « winter is coming ». Alors préparez-vous, parce que maintenant je vais parler de pouvoir d'achat. Ça va être beaucoup mieux.
Parce que nous sommes dans un pays dit riche, la France, où le 10 du mois, 30% des Français ont moins de 100 euros sur leur compte en banque et où le coût des fournitures scolaires a augmenté de plus de 11% pour cette rentrée 2023. En fait, c'est simple, en France, il y a trois choses qui augmentent. Les prix, le nombre de pauvres et la fortune des milliardaires. En avril, 53% des Français disaient réduire leurs portions alimentaires. 42% allaient jusqu'à supprimer certains repas. En avril, un Français sur deux disait manger moins de fruits et légumes pour compenser l'inflation. C'est la double peine. Ils mangent moins et ils mangent moins bien.
Ça a quelque chose de vertigineux de se dire qu'aujourd'hui en France, des choses aussi évidentes que se nourrir, payer un billet de train, même à crédit, partir en vacances, préparer sa rentrée, n'ont jamais été aussi inaccessibles en termes de pouvoir d'achat. Et que leur propose le gouvernement, pour mettre la rentrée sur les vrais sujets des Français, des semaines de débats sur l'immigration sous la pression de l'extrême droite. Soyons clairs et soyons très clairs, ce débat, ce projet de loi, ne changera strictement en rien, n'améliorera strictement en rien le quotidien des Français. Mais il fera des morts.
En Méditerranée, dans la Manche, des hommes, des femmes, des enfants, continueront à périr pour avoir fui la guerre, la misère ou l'enfer climatique. Ils continueront à mourir du fait de la lâcheté, d'une partie de la classe politique. Ce projet de loi, n'ont-ils pas d'autres priorités ? Cet été, 40% des Françaises et des Français ne sont pas partis en vacances. Et ce n'était pas juste de la faute de la SNCF. Le 5 septembre, le jour de la rentrée, et ce n'est pas notre réglementation sur l'immigration qui sera le vrai clivage dans les classes de nos enfants, il y aura un clivage dans les classes d'école.
Il y aura d'un côté celles et ceux qui auront pu partir en vacances, qui auront des souvenirs d'ailleurs, et il y aura les autres. Alors merci aux parlementaires de la NUPES d'avoir porté un projet de droit aux vacances. C'est ça les projets de loi que nous voulons. L'espoir, la joie, l'enthousiasme. Merci pour tout ça. Alors, celles et ceux qui me connaissent savent que j'ai une passion secrète pour les t-shirts à messages. Et cet été, donc en Normandie, pour que ceux qui ont suivi, j'ai croisé un inconnu que je n'ai jamais revu, mais qui avait un t-shirt qui m'a marquée. Son t-shirt disait « l'avenir, c'était mieux avant ».
C'est sûrement que tout ce que je viens de vous dire donne raison à son t-shirt. Mais je vais vous parler de ce qui fait que l'on va tout faire pour conjurer ce message, et de ce qui fait que je le pense, je le crois, je l'espère, et même en fait, je suis parfaitement déterminée, nous allons y arriver. Le 14 octobre, nous lancerons un nouveau mouvement Les Écologistes. Nous appuierons sur le bouton « Reset » et nous écrirons une nouvelle page. Sans perdre la mémoire, bien sûr, sans faire abstraction de notre histoire, sans ne rien oublier, ni de nos échecs, ni de nos victoires, et surtout, nous nous y engageons en en tirant les leçons.
Pendant 150 jours, nous avons écouté, libéré la parole, recueilli les avis et les idées. Nous avons constitué un comité de pilotage de la démarche de 70 membres, dont une partie représente les forces vives de notre mouvement, mais plus de la moitié ne sont pas membres d'Europe Écologie Les Verts. Un certain nombre d'entre eux sont là parmi nous aujourd'hui. Vous les découvrirez pendant la plénière d'ouverture, mais j'ai proposé qu'ils se lèvent pour que vous puissiez les voir et les applaudir. N'ayez pas peur, ils sont sympas en vrai, les écolos.
Regardez-les, vous pouvez aller leur parler, ils sont un peu disséminés dans la salle, vous pouvez aller les rencontrer, vous pouvez discuter avec eux, je vois Nordine là-bas aussi, vous les verrez pendant cette plénière. Et je compte sur vous, pour les applaudir comme vous venez de le faire, bien sûr, mais pour leur souhaiter la bienvenue, n'hésitez pas à échanger avec eux, nous comptons sur votre sens légendaire de l'accueil. Ce comité de pilotage, il a organisé une grande enquête populaire sous différentes formes. Grâce à vous toutes et tous, qui avez porté cette démarche sur vos territoires, nous pouvons dire que ce pari, oui, il est réussi et même très réussi.
Et je tenais à en remercier personnellement Léonore Monconduit, qui a consacré beaucoup d'énergie à inspirer, lancer, animer et soutenir cette démarche. Merci Léonore. Il y a eu un questionnaire en ligne, des cahiers de doléances, 200 ateliers physiques organisés sur tout le territoire, et c'est grâce à vous. Plus de 30 000 personnes ont contribué, et c'est énorme, parce que parmi ces 30 000 personnes, les trois quarts, 75%, ne sont membres d'aucun parti politique, ni le nôtre, ni les autres. Et c'est exactement l'objectif que nous avions, recueillir la parole des gens qui ne sont pas encore chez nous, mais qui devraient l'être, alors nous y sont accomplis là-dessus.
Nous avions aussi pour objectif de faire que ce processus soit un moyen de sortir des grands centres urbains, et là aussi, par y gagner, 68% des participants ne viennent pas d'une ville de plus de 100 000 habitants, soit 15 points de plus que la moyenne nationale. On a consulté la société civile aussi. Vous nous dites tout le temps, il faut écouter la société civile. On a consulté 180 structures, des très grosses ONG que vous connaissez, aux plus petites structures locales. C'est des associations, elles représentent toute leur diversité, et en tout, quand on cumule leur nombre d'adhérents, c'est 2 millions de personnes qu'elles représentent en France.
Et vous savez ce que nous ont dit ces structures qui représentent 2 millions de personnes ? À 87% qu'elles souhaitent une refonte de notre parti, et à 97%, je m'y engage, maître Capello était présent, 97% de ces structures nous disent, oui, nous voulons renforcer nos liens avec vous et faire un grand mouvement de l'écologie. C'est donc ce que nous ferons ! Quelle autre leçon ? Quelle autre leçon tirée de l'exercice ? Vous avez dans vos sacs participants 50 pages de livrets qui vous donnent tout en détail. Vous pourrez prendre le temps, je l'imagine, de le parcourir en rentrant.
C'est dense, c'est inspirant, et pour beaucoup c'est rassurant, parce que cela converge avec tout ce que nous étions nombreuses et nombreux à dire, toutes motions confondues, dans le Congrès. Mais cette analyse, elle met aussi en avant les tensions intrasèques de ce type d'exercice. Elle démontre qu'il n'y a pas de solution facile ou évidente. Par exemple, je vous donne un exemple de spécialité écolo d'injonction contradictoire, on va nous dire, alors, il faudrait vraiment une écologie qui ne soit pas ressentie comme punitive, mais évidemment, il faut être à l'auteur de l'urgence.
On nous dit, il faut que notre écologie soit plus accessible, et c'est vrai, mais attention, parce qu'il faut qu'elle reste crédible dans sa compréhension de la complexité de ce que nous observons, et dans la solidité de l'analyse, et de la technicité des solutions qu'il faut mettre en place. Évidemment. On nous dit aussi qu'il faut réaffirmer la singularité écologiste, mais préserver l'unité avec nos partenaires politiques. Qu'il faut dénoncer que nous sommes prêts à gouverner, mais attention, dans la communication, les outils, le ton, il faudrait vraiment être plus proche des jeunes, vraiment disruptif, prendre des risques.
Et puis, on nous dit qu'il faut être concentré sur les enjeux environnementaux, mais attention, l'écologie, c'est un mouvement qui s'adresse à l'ensemble des questions de société, et il faut avoir un discours sur toutes ces questions. Et puis, enfin, évidemment, il faut simplifier nos procédures de fonctionnement sans renoncer à notre idéal de démocratie auquel on tient tant, et c'est normal. Injonction contradictoire ? Je ne pense pas. Je dirais plutôt exigence envers nous-mêmes, une exigence logique vue la situation. Nous n'avons jamais dit, jamais que ce serait simple, et nous n'en avons d'ailleurs jamais pensé non plus.
L'avantage, je vais vous dire, on en a un, c'est qu'on est écologiste. Et alors, quand on est écologiste, et si on est écologiste, c'est qu'on sait qu'on ne peut jamais faire le choix ni du déni, ni du confort, ni de la facilité. Nous sommes lucides, habitués à des problèmes et à les prendre de front, quand d'autres font semblant de ne pas les voir ou de ne pas savoir, et c'est exactement ce que nous avons fait avec ces Etats généraux, en nous attaquant pour le coup cette fois non pas à un problème de société, mais à notre mouvement. Et maintenant, me direz-vous, il nous reste le plus dur à faire, changer, vraiment. Vous êtes prêts ?
Vous avez encore six semaines pour vous préparer, rassurez-vous. En septembre, trois conférences citoyennes, dont les membres ont été tirés au sort parmi ces 30 000 participants à la démarche, il y en a peut-être ici d'ailleurs aujourd'hui, il y aura la moitié de LV, la moitié de non-ELV, vont se réunir et travailler concrètement à comment ce nouveau mouvement, riche de ses enseignements, devrait fonctionner.
On ne s'engage plus en 2023 comme on s'engageait il y a 10 ans, on ne s'engage pas pour l'écologie comme on s'engagerait pour d'autres combats, on ne s'engage pas toutes et tous pour les mêmes raisons, en cherchant les mêmes choses, avec les mêmes disponibilités, les mêmes envies, ni les mêmes besoins. Les écologistes doivent donc composer avec cela, s'adapter, eux, être un mouvement, quel que soit notre moteur, on sache qu'on sera les bienvenus, et surtout qu'on trouvera sa place, c'est l'engagement que nous prenons. Donc, je sais que c'est frustrant, moi aussi je suis frustrée, parce que tout le monde me dit mais ça va être comment exactement à la fin ?
Je ne sais pas, puisque c'est la démocratie participative. Cette impatience, elle est normale, elle est légitime, mais on sait que la méthode qu'on a choisie, celle qui prend le temps de consulter, d'écouter et d'associer la décision, l'exige. On sait que c'était la meilleure, si on veut se dépasser vraiment, et on sait même que c'était la seule, et donc il faudra attendre le début du mois d'octobre et la restitution de ces conférences citoyennes, puis la rédaction des feuilles de route du nouveau mouvement pour avoir ses réponses.
Vous serez évidemment consultés par un vote du 11 et 13 octobre, et on prévoira le fait que dans tous les groupes locaux, par des webinaires nationaux aussi, avec Léonore et moi, on puisse vous exposer tout cela, vous le présenter, et le travailler avec un maximum d'entre vous. Avant qu'on se retrouve, évidemment, vous avez noté cette date, le 14 octobre, à la cité fertile de Pantin. Est-ce que vous êtes prêts à vous organiser pour venir ?
Parfait, parce que ce sera une grande fête, un nouveau départ, le début d'une nouvelle histoire enthousiasmante, émancipatrice, fédératrice et populaire, et donc, vous pouvez prendre vos smartphones, seule fois du discours que vous pouvez le faire, pour aller vous inscrire sur lesécologistes.fr et réserver votre place à cet événement qui se sait fera date et dont on s'appellera longtemps. Normalement, maintenant que je vous ai dit tout ça, vous repensez à mon copain des vacances avec son t-shirt « L'avenir, c'était mieux avant » et vous vous dites que pour eux élevés, en tout cas, on s'y engage, l'avenir sera mieux après.
Et là, vous vous dites, dernière embûche de discours, vous vous dites « Parfait, lesécologistes.fr, tout ça, OK, les états généraux, mais la NUPES, qu'est-ce qu'on fait de la NUPES ? Est-ce que ce sera mieux après la NUPES ? » Et bien moi, je vais vous répondre « Pas de problème, parlons-en » et vous allez voir qu'il n'y aura pas de problème et que oui, l'avenir sera mieux après. C'est très simple. L'espoir, la victoire, la justice sociale, la protection du vivant, le renouveau démocratique, c'est ça nos boussoles, ensemble, avec nos partenaires de la NUPES. C'est ce qui nous lie.
Oui, ça leur fera plaisir d'ailleurs que vous les applaudissiez, parce que c'est non seulement ce qui nous lie, mais c'est aussi ce qui nous rend particulièrement attachés depuis longtemps et pour les années à venir au renforcement de l'union des écologistes et de la gauche, bien sûr. Vous êtes d'accord avec ça ? C'est très démocratique ici, je vois au fur et à mesure du discours si je peux continuer. Continuons donc. L'union, c'est une culture qu'on a le devoir de développer. Ça ne suppose pas d'avoir que des déclarations d'attention, mais des actes et des lignes de conduite, j'insiste sur ce mot, coopératives. En fait, une certaine éthique du travail en commun, en quelque sorte.
C'est ce qu'on a toujours porté en tant qu'écologiste et c'est ce que l'on s'engage à cultiver. Les écologistes tiennent à la biodiversité. Dans la nature, comme en politique, on a toujours considéré que c'était une richesse. Ça veut dire que le travail ensemble doit être coopératif et solide là où c'est souhaitable et même nécessaire. Vous êtes d'accord avec ça ? Parfait, ça tombe bien.
Mais que ça doit aussi permettre en même temps de faire vivre nos singularités respectives qui sont aussi importantes pour beaucoup de nos sympathisants et de nos électeurs, qu'ils soient écologistes, communistes, socialistes ou insoumis et qui, non, ne cherchent pas les mêmes choses même si beaucoup nous rassemblent. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? Ça tombe. C'est en fait tout le sens d'une coalition. Ça fonctionne partout ailleurs dans le monde comme ça et il n'y a aucune raison, aucune fatalité que ce ne soit pas possible en France. Le travail commun qu'on mène, c'est un bien précieux parce que les liens noués au fil des mois nous imposent aujourd'hui une certitude.
Et je voudrais bien insister sur ce point. Moi, j'ai une certitude sur ce travail partenarial avec les communistes, les insoumis et les socialistes. nul n'est assez fort aujourd'hui pour casser notre union. Personne. Vous êtes d'accord avec ça ? Alors, on continue. Nul n'est assez fort pour casser notre union et celles et ceux qui le tenteraient par un moyen ou par un autre, par leurs actions ou par leurs provocations, de manière ostensible ou plus hypocrite, tous se placeraient d'eux-mêmes en dehors du jeu collectif. Est-ce que ça vous va ? Alors, on ne va pas faire ça. Nous, on a notre chemin de traite. Pour gagner en 2027, oui, il existe. Et nous avons été extrêmement clairs sur le sujet.
Nous avons une condition collective. Nous devons continuer à nous renforcer. Ce qui nous manque encore, ce sont des lieux et une méthode pour mieux gérer nos désaccords. Il faut qu'on s'y attelle. On doit aussi, dès aujourd'hui, poser un calendrier des conditions de la victoire en 2027, dès le lendemain des élections européennes. Nous voulons proposer aux Français quatre chantiers. Ça ne veut pas dire que ça ne commence qu'en septembre 2024, mais qu'on a quelques mois pour le préparer.
Et pour que ça ait lieu, quel que soit ce qu'il se passe aux Européennes, quelles que soient les stratégies, quels que soient les résultats, en septembre 2024, ces travaux qui auront été préparés pendant des mois devront commencer. Est-ce que ça vous va ? Premier chantier, j'espère que ça vous ira aussi. Du coup, s'atteler à bâtir un programme de coalition pour la France en vue de 2027. Ça vous va ? On va revendiquer que seul un programme de rupture profonde qui remet l'humain, le vivant, au centre des préoccupations politiques, qui revendique l'intérêt général contre les intérêts particuliers des forces réactionnaires, peut répondre aux attentes des Français.
Écrire le programme de coalition devra être un moment clé pour s'élargir, pour ouvrir, accueillir, construire la dynamique nécessaire à la victoire. Est-ce que ça vous va ? Les écologistes sont donc très clairs sur le sujet. Deuxième point, j'espère que ça va continuer. Allez bien, nous estimons que nous devons construire une coalition plus large que les seuls partis politiques. Vous êtes OK ? Alors comment on fait ? Radicalement, on doit changer nos relations aux forces vives du pays ensemble avec les partenaires. On ne peut pas se contenter d'en faire des fers-valoirs électoraux ou uniquement des sources d'inspiration programmatiques.
Il nous faut penser la stratégie, conduire la campagne avec le mouvement social, le monde du travail, les acteurs environnementaux, ceux des territoires, des quartiers, les intellectuels, les chercheurs, les artistes, tout le monde. Notre situation politique nous impose cette révolution politique et cette révolution politique, les écologistes l'apporteront. Attention, on avance, je me risque à une troisième proposition. On va devoir définir ensemble un mode de désignation. Parce que pour avoir un candidat unique des écologistes et de la gauche, il faut le choisir. Et que ce ne sera peut-être pas le plus simple, mais que pour le choisir, il faut déjà choisir comment on va le choisir.
L'idée, c'est qu'il faille étudier l'ensemble des mécanismes possibles. Création de communautés de consensus, primaires fermées, ouvertes, conférences citoyennes, nous, chez Les Verts, on a déjà tout essayé. Chacun aura un avis, il n'y a pas de problème, mais fixons-nous un objectif simple avec nos partenaires et nous leur proposons décider avant la fin de l'année 2024 celui à retenir et le calendrier de son application. Est-ce que ça vous va ? Quatrième proposition, donc, et je sais qu'avec celle-là, je prends moins de risques, mettre en avant notre équipe.
Parce que notre histoire, nos valeurs, pas juste les écologistes, mais l'ensemble de la NUPES, ce ne sont pas celles d'un homme providentiel et ça serait exactement pareil si c'était une femme. Vous êtes d'accord ? On passe nos semaines à dénoncer le pouvoir et l'exercice solitaire du pouvoir d'Emmanuel Macron, à dénoncer la VIème République, à dire qu'on doit incarner une nouvelle culture démocratique. Alors allons-y, soyons visibles dans notre façon de nous présenter devant les électeurs et les électrices. Présentons une équipe, ce sera gage de démocratie et ça prouvera, oui, que nous sommes à gouverner vraiment, mais aussi différemment. Ça vous va ?
Maintenant qu'on est d'accord sur les quatre propositions, on va pouvoir les faire aux autres et les choses sont extrêmement simples. Si nos forces politiques s'accordent sur ces chantiers, alors nous pourrons aisément mettre en place tous les renforcements opérationnels sur le terrain. Quand on se sera mis d'accord, ça prend le temps que ça prend, on discute et puis il y a des choses qui peuvent commencer avant, mais bien sûr qu'on n'a pas de problème avec les agoras, les comités locaux, les adhésions, il n'y a pas de problème, il faut juste être d'accord à un moment sur ce qu'on en fait. Les écologistes seront pleinement engagés dans ce qu'il faut pour gagner en 2027.
Le mépris affiché par le pouvoir actuel, l'abandon de l'intérêt général, la destruction du vivant, ça ne nous laisse aucun respire et donc aucune alternative. On sera ravis de discuter très rapidement de ces propositions avec nos partenaires. On va construire dès maintenant le cadre qui pourra nous permettre de faire vivre l'espoir et de gagner en 2027. Et nous, écologistes, y sommes prêts, n'est-ce pas ? Les états généraux de l'écologie, c'est fait, la NUPES, c'est fait, jusque-là, tout va bien. Et maintenant, on va parler d'Europe, mais là, je suis moins inquiète.
Et puis surtout, en vrai, comme je sais qu'elle le fera bien mieux que moi et qu'elle a toute ma confiance, toute ma confiance pour le faire, je vais plutôt vous parler de Marie Toussaint. Marie Toussaint et toutes et tous, on était en débat au congrès en décembre dernier, tous ensemble, on sait qu'on avait un double mandat. Le premier mené les états généraux de l'écologie, c'est fait, mais aussi avoir une stratégie claire à tenir pour les élections européennes en préparant une campagne écologiste. Et neuf mois plus tard, cette stratégie a été validée par 86% des adhérents. Merci de votre confiance.
On a une stratégie, on a 16 premiers candidats à l'EELV, on leur souhaite une magnifique campagne, mais surtout, nous avons une tête de liste que l'on va entendre dans quelques secondes. Et Marie Toussaint, je suis extrêmement chère, émue, heureuse et confiante de lui passer le témoin. Marie, Marie, c'est une amie, on s'est rencontrées il y a bientôt 15 ans et je vais vous faire une confidence, c'était dans des journées d'été, c'est souvent là que se passent les rencontres chez les écologistes, on était bénévoles à l'accueil, on a tout fait dans ce parti.
Et puis est venu le temps des jeunes écologistes, des week-ends de formation, des actions, des campagnes, des combats, des peines, des joies, avec toujours la même énergie, toujours la même détermination et avec vous. De l'affaire du siècle et ensuite, démarche climat dont le succès de l'époque lui doivent beaucoup, le combat contre les écocides aussi, qu'elle est sûrement venu mener avec vous sur vos territoires comme elle l'a fait chez moi dans le Pas-de-Calais, où les difficultés, les pollutions, les crimes contre le vivant se multiplient.
Marie, c'est une militante, une élue sérieuse, travailleuse, aux qualités connues, reconnues de tous, une écologiste qui a toujours plaidé le lien entre la justice sociale et la justice environnementale, une tête de liste derrière laquelle nous partons en campagne avec joie, avec enthousiasme, avec détermination. Mesdames et messieurs, je vous demande de faire un tonnerre d'applaudissements pour Marie Toussaint !