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interviewLCI (sur YouTube)· 13 avril 2025 54 min

"Faire en sorte que le droit du sol ne soit plus automatique" : Bruno Retailleau invité de LCI

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonsoir et merci d'être avec nous pour cet entretien au ministère de l'intérieur avec vous Bruno Rotaillot. Monsieur le ministre, bonsoir. Bonsoir à vous.

Nous sommes ici dans le salon du ministre. Votre bureau est là. Ici les jardins, le l'Élysée est à peu près à à 200 m.

Voilà 6 mois que vous dirigez ce ministère. C'est un lieu très particulier où on apprend tout à chaque minute. Qu'est-ce qu'on Qu'est-ce qu'on apprend sur le cours des choses ?

On apprend beaucoup de choses euh sur soi-même d'abord parce qu'il faut être capable de mettre de la distance. entre ce que j'appelle cette chronique assez banale de ces événements qui sont abominables et qui tombent sur mon écran de mon portable jour et nuit. Il faut être capable de mettre de la distance et il faut être aussi capable de se battre.

Je savais quand euh j'ai accepté cette responsabilité que ça ne serait pas facile. Évidemment, fallait être un peu inconscient d'ailleurs puisque sans majorité au parlement euh c'est compliqué. Mais je me bats, j'aime mon pays, je le fais pour cela et tant que je pourrais être utile à mon pays, je continuerai à faire mon devoir.

Vous êtes engagé dans une série de combats sur les OCTF, sur l'immigration, le conflit avec l'Algérie, mais aussi on en parlera, la lutte pour la présidence des Républicains. D'abord les OCUTF, les obligations de quitter le territoire français qui ne sont pas appliquées, qui sont devenus en quelque sorte l'indice de la difficulté à agir, une très petite part exécutée. Est-ce que ça reste le symptôme de l'impuissance ?

C'est un des symptômes de l'impuissance et un de mes objectifs, c'est de déverrouiller cette impuissance. Le problème de l'exécution des EQUTF, des obligations de quitter le territoire français, c'est que au final, ça ne dépend pas de nous, ça dépend des pays d'origine. Il faut que ces pays d'origine jouent le jeu.

C'est-à-dire que lorsqu'on veut renvoyer un individu au Maroc ou en Algérie, souvent il faut un laisser passer consulaire. Il faut donc un acte volontaire de pays d'origine. Il faut savoir que dans tous les pays d'Europe, c'est la France qui parvient à éloigner le plus.

Mais je pense que et j'ai pris un certain nombre de dispositions par exemple sur le plan international en signant des accords bilatéraux le Kazakhstan, l'Uzbeskistan parce que ça nous permet d'éloigner sans consentement des étrangers qui sont originaires de cette plaque asiatique. On essaie aussi de faire un travail énorme au niveau européen. Ça c'était un de mes premiers objectifs, c'était de réviser la directive retour que j'appelle la directive anti-retour.

Vous savez pourquoi ? parce que elle donne en réalité le choix de la décision au clandestin. Et pourtant, chaque jour, n'est-ce pas ?

Chaque jour, par exemple l'Algérie, puisqueévidemment c'est le pays, un pays principal en la matière, chaque jour l'Algérie refuse des gens. Chaque jour. Chaque jour, c'était hier encore.

Et c'est la raison pour laquelle j'ai engagé aussi un bras de fer, notamment la suite de l'attentat de Mulous. Mulous, c'est quoi ? C'est un terroriste islamiste qui est d'origine algérienne qui aurait dû être en Algérie à 14 reprises.

Nous l'avons présenté aux autorités algérienne pour que elle le réadmettent sur le sol algérien. On avait tous les documents, il y avait aucun souci et à 14 reprises, on nous l'a refusé et il y a eu cet attentat. Moi, je n'ai aucune obsession vis-à-vis ni du régime algérien, ni peuple algérien qui est un grand peuple.

D'ailleurs, je veux le dire simplement, je suis ministre de l'intérieur et à ce titre, mon obsession, c'est de protéger les Français. Ce sont les proportions, pardon, quand on regarde les proportions, première nationalité parmi les détenus étrangers, ils sont plus nombreux à eux seuls que l'ensemble des détenus issus de l'Union européenne et du Royaume-Uni. Proportion parmi les détenus étrangers 20 % d'Algériens.

Est-ce que ça montre qu'en réalité vous êtes bloqué, qu'il faudrait à la fin un accord global ? Ils font un accord. Il faut d'abord respecter les accords actuels.

Vous avez cité des chiffres dans les centres dans les centres de rétention administrative. C'est là que on euh retient pendant ou plus 90 jours euh les étrangers qui doivent quitter le sol les plus dangereux. 43 % ce sont des ressortissants algériens.

Il faut donc et c'est là le bras de fer avec l'Algérie, c'est que il puisse respecter l'accord de 94. Cet accord, attendez, cet accord de 9. il faut que il y a moz il faut que on disait ah bon a des idées maintenant vous dites il faut que et vous voyez la faiblesse vos adversaires disent ah il en est encore à dire il faut que non première chose avec le Maroc je m'envole dans quelques heures pour le Maroc pour le Maroc oui mais pour le Maroc depuis que le début de l'année c'est pratiquement 100 % en plus d'am d'admission de ressortissants marocain n'oubliez jamais que précisément Philippine c'était est un ressortissant marocain.

Nous l'avions libéré trop tôt. Le Maroc avait joué le jeu. Mais on a des résultats 100 % de plus.

Ça n'est pas rien avec l'Algérie. Bien sûr que ça fait partie du bras de fer. Moi, j'ai euh assumé ce rapport de force avec l'Algérie.

On a deux choses. Boem sans sal, grand écrivain franco-algérien, retenu euh de façon euh injuste et surtout euh il est malade, il a il est âgé, il a 80 ans et puis il y a les réadmissions. Et bien, il y a eu un certain nombre de contact mais croyez-vous un seul instant Darius Rochmain que si je n'avais pas assumé ce rapport de force, cette question avec l'Algérie aurait franchi la surface médiatique et ça dire pardon que vous êtes complémentaire, méthode un peu plus douce le président de la République, méthode plus dure vous.

En tout cas, on ne résout pas de crise quand on est trop gentil. Il faut assumer ce que j'ai assumé, c'est-à-dire un rapport de force parce que d'ailleurs c'est aujourd'hui le rapport de force malheureusement mais le langage international entre les pays. Il faut donc assumer de poser un rapport de force et ensuite il faut la diplomatie.

Vous en partie démenti en partie ? Non non, je pense que moi je vais vous enfin le rapport de force est là, il y a la diplomatie mais je vais vous dire je verrai ce qu'il en est. Je jugerai au résultat où les résultats sont positifs.

Boem sans salle est libéré et il y a la réadmission de ces Algériens dangereux sur le seul algérien. Je le dirai, je m'en féliciterai. En revanche, s'il n'y a pas de résultat, je le dirai.

Parler vrai, c'est ma marque de fabrique. Là, comme sur d'autres dossiers, je n'y renoncerai pas. Une affaire jette de l'huile sur le feu.

C'est l'affaire de ces trois hommes dont l'un travaille au consulat d'Algérie en France. Mise en examen pour arrestation, enlèvement, il s'agit d'un d'un opposant au régime que le régime algérien aurait tenté de frapper jusqu'ici en France. D'abord, est-ce que les faits sont confirmés ?

Le soupçon des faits est confirmé. Ah, le soupçon est confirmé. Il a bien il fait qu'un état vienne sur le sol français pour aller chercher un de ses opposants.

C'est en comportement le voyou. La lien le lien avec le pays n'est pas avéré, c'est l'enquête et l'enquête est menée par le PNAT, le parquet national antiterroriste. Donc c'est la justice qui va conduire cette enquête.

Mais en tout cas la séquestration, l'enlèvement est avéré, y compris par un individu qui travaille à Créteil au consulat général d'Algérie. C'est très grave. Et bien bien sûr que c'est grave.

Bien sûr que c'est grave. Nous sommes un pays souverain et nous entendons que sur le seul français et bien nos règles soient respectées. Voilà.

Est-ce que ça correspond à d'autres agissements ? Il y a des régimes comme ça, il y a des dictatures qui sont parfois très actives sur le sol français. Est-ce qu'il y a d'autres agissements similaires du régime algérien ?

En tout cas, en voilà euh un exemple qui pour l'instant encore n'est pas relié au régime algérien. Il y a des doutes, c'est le PNAT qui va le dire. Mais il est clair que en France, aucun régime aucun régime ne doit avoir des visées dangereuses, même quand elle vise et surtout quand elle vise leur ressortissant.

Et là, c'était et c'est un ressortissant, un opposant notoire au régime algérien. C'était le cas du militant influenceur, comme on dit, qui avait appelé à des violences pour un un opposant cette fois-ci qui était en Algérie. Bien sûr.

Et euh à chaque fois à chaque fois que cette affaire, vous souvenez euh de ces ressortissants algériens, de ces influenceurs, à chaque fois j'ai tenu à saisir la justice. On a fait un certain nombre de déclarations. D'ailleurs, j'observe que depuis que je suis là sur la plateforme Pharaos, vous savez, qui est censé recenser un certain nombre de de haine, par exemple, d'actes de haine en en ligne, ça diminuait de 20 %.

Donc la stratégie que nous avions que j'avais de frapper immédiatement et à chaque fois qu'il y avait un écart a payé puisque 20 % en moins c'est important. C'est un résultat ça aussi. On disait beaucoup que il y avait quand même une forme de d'importance du régime algérien par les renseignements qu'il donnait notamment pour prévenir le terrorisme.

Est-il vrai que les choses en sont envenimées à ce point que même ce canal est coupé, c'est-à-dire que le régime d'Alger ne donne plus d'informations sur les risques terroristes. Ce canal est coupé euh pas depuis que je suis ici, il a été coupé bien avant. Le pic de la crise entre les deux pays, la France et l'Algérie, ça a été la reconnaissance du de la du caractère souverain marocain du Sahara occidental.

H c'était juste avant les les Jeux Olympiques. Donc l'idée selon laquelle quand même il faut rester en bon terme parce qu'il donne des renseignements est fausse. C'est faux.

Bien sûr. C'est faux. Et l'idée en tout cas que on doiv céder à chaque instant encore une fois encouragera le régime algérien à aller plus loin.

Il y a une une affaire quasi historique. Il y a il y a cette affaire algérienne est pleine de sens. Vous rappeliez que votre propre père, n'est-ce pas, avait combattu pendant la guerre d'Algérie ?

Est-ce que ça a fait écho en vous ? Non, il il a Ce qui fait écho en moi euh c'est un écho profond, c'est que mon grand-père a été blessé. Il a reçu une balle allemande en 1914 qui lui a traversé la gorge.

Il a survécu et mon père qui a monté au est monté au feu, c'était en Algérie. Ce qui fait écho chez moi, c'est que j'ai toujours eu un sentiment de gratitude. J'ai toujours eu le sentiment qui était à l'origine de mon engagement associatif et puis politique d'avoir à rendre quelque chose que j'avais reçu de ces générations qui sont allées parfois jusqu'au sacrifice de leur vie, qui ont connu les champs de bataille.

Nous, nous bénéficions de la liberté, de la paix. Ça ça fait écho quoi à moi mais pas du tout comme vous semblez. Non, je vous pose une question, c'est un événement important, une page important.

C'est une page importante bien sûr, mais vous voyez je sais justement comme d'autres que les relations entre les deux pays, la France et l'Algérie ont été orageuses, ont été souvent tumultueuses. Mais je reconnais à aucun pays, même quand les douleurs de l'histoire sont vives, le droit d'humilier la France. J'aime la France que la France soit respectée.

Il y a eu des crimes de guerre algériens. Ça ne fait aucun doute. Il y a eu aussi des crimes de guerre français.

Est-ce qu'une part de vous comprend le fardeau inverse, les 130 ans d'occupation, les massacres s nom du 19e siècle commis par la France, une guerre coloniale, il faut dire les mots commçons, jusqu'en 1962, est-ce que vous comprenez ces Algériens qui disent au fond, la France a un peu vite oublié ? Non, je crois que la France n'a rien oublié et c'est ce que j'étais en train de vous dire. Je crois qu'il faut reconnaître ce passé, il faut reconnaître cette histoire.

La France aussi a apporté pendant toutes ces années jusqu'aux excuses. Non mais il faut jusqu'aux excuses pourquoi pas mais il faut voir la balance quand l'Algérie dit d'excuses qui doit encore Oui mais l'Algérie Oui mais le problème c'est que l'Algérie consiste en tout cas elle pense à avoir un droit de tirage mémoriel perpétuel et moi ce que je vous dis c'est que il faut que la France soit respectée. Bien sûr qu'on a ce passé qui ne passe pas, ce passé qui est extrêmement vive, mais nous sommes dans le présent aujourd'hui et la France ne peut pas servir d'alibi au régime algérien pour d'autres choses.

Voilà, il faut se respecter malgré cette histoire. Et cette histoire, vous savez, il faut toujours apporter des nuances. Elle est jamais dans un seul sens.

Jamais. Ça c'est pas la vraie vie. C'est beaucoup plus complexe que ça.

Nous parlions tout à l'heure du des OQTF, la difficulté d'application. Euh vos adversaires disent, on l'a dit, euh Bruno Rotaillot, il parle bien mais il est entravé. Exemple alors plus précis, le délit de séjour irrégulier.

Ce point avait été jugé problématique lors de la loi immigration. Cette fois-ci, qu'est-ce qui peut changer ? Ce qui peut changer, ce qu'on est en train d'essayer de de changer, c'est justement la directive retour.

D'ailleurs, les téléspectateurs ne la connaissent pas, mais le nom même de la directive retour, c'est le retour. C'est elle qui organise le retour. Aujourd'hui, c'est impossible parce que comme je le disais, elle donne le choix au clandestin de rester dans un délai de départ volontaire ou de partir.

Première chose. Ensuite, et ça a été un de mes premiers objectifs et désormais la commission a mis sur la table le 11 mars dernier, c'est tout frais, un nouveau texte. Ça sera un règlement retour et ce règlement retour prévoir la criminalisation, la pénalisation du séjour.

Le 6 jours irrégulier devient un délit. Deviendra un délit. Ce sera un délit.

Je veux même aller plus loin. On va négocier maintenant le texte législatif de la commission qui est sur la table. Je veux par exemple moi que il y ait la possibilité de fouiller les téléphones parce que les téléphones c'est ce qui nous permet de voir d'où vient le ressortissant, le clandestin ou le l'étranger en séjours irrégulier.

Ça c'est important. Il y a aussi un autre point, je vous l'avais dit il y a 6 mois quand on avait fait une émission un peu similaire. Il y a une question de symbole.

Hm. Enfin, un individu rentre dans votre maison euh par la fenêtre ou par la porte, euh il y a un délit. Et ben les individus qui rendent clandestinement en violant la frontière française, c'est un délit.

Ils ne sont pas les bienvenus chez nous. Il y a un certain nombre, je pense à l'extrême gauche et à des mouvements associatifs qui voudraient les noborders par exemple, pas de frontière, il voudraient accueillir toute la misère du monde. Ça n'est plus possible. puisque vous parlez puisque vous parlez de symbole, votre concurrent à la tête des républicains Laurent Beauquier a fait cette proposition qui a suscité une grande controverse en lançant cette idée de centre de rétention très loin à Saint-Pierre et Micelon pour les cas jugés dangereux.

Est-ce que ça aurait précisément pour vous la force du symbole ? Non, ça n'a pas la force du symbole parce que d'abord Saint-Pierre Micron, souvenons-nous, c'est le premier département, premier territoire français qui rallit le général de Gaulle, la France libre. Mais c'est la France euh Saint-Pierre Miclon.

Ce qui est important en matière de retour et en matière d'exécution des EQUTF, ça n'est pas de les répartir sur le territoire français, même très très loin, même dans des sous des climats un peu plus froids que le nôtre. Lui vous dit bien sûr, c'est ça la différence. C'est-à-dire c'est moins c'est plus facile entre guillemets de dissuader via Saint-Pl Miclon que dissuader certains centres.

Il s'agit pas de il ne s'agit pas de répartir les problèmes. Il faut régler les problèmes. Pour régler les problèmes précisément, il faut queon arrive à obtenir avec les pays sources, les pays d'origine, délaisser passer consulaire un certain nombre de choses.

Il faut modifier la réglementation européenne. Nous allons parvenir à le faire et il faut aussi dans les centres de rétention administrative augmenter la durée. Aujourd'hui, la durée c'est 90 jours.

On a 90 jours pour essayer de négocier avec l'épis étranger pour pouvoir les rapatrier dans leur pays d'origine. C'est trop soyez précis sur Saint-Pierre et Mlan, ça n'a pas de sens d'après vous. Je je me suis exprimé.

Votre avis ? Mon avis, je viens de vous le donner mais vous voulez Non mais vous voulez me faire dire que cette position vous êtes en concurrence avec lui. Oui mais c'est pas c'est pas justement justement écoutez justement Darius Rochin, je me suis engagé quand il y a cette compétition euh interne quand je me suis déclaré candidat à ne faire aucune petite phrase sur mon compte.

Pourquoi le dit-il alors ? Mais c'est parce que mais la parole est libre quand même. La parole est libre.

Il est dans une compétition aussi interne. Voilà, il fait des propositions. J'ai réagi à cette proposition.

Je m'attache moi à régler les problèmes sur le fond. On a vu ce que madame Mélony a fait par exemple via l'Albanie. Oui, il y a un certain nombre de politiciens, femmes et hommes politiques de droite.

C'est ce que fait Trump, qui considère que il faut des formes de lieu d'exception tout en restant dans le droit. Pour l'instant, ça a pas marché. Ça a pas marché en Italie.

Il y a plusieurs tribunaux qui ont condamné. Ça n'a pas marché aussi en Angleterre. Il voulait rapatrier, donc c'était au Rwanda extraterritorialiser les demandes d'instruction notamment pour le droit d'asile.

Euh pareil pour le Danemark. Donc je viens de vous citer trois cas qui ont été des impasses. Donc je pense que il faut ne pas partir dans la surenchère mais il faut trouver des solutions chaque jour.

Vous savez, c'est difficile. Ça fait des années et des années que on a cette situation et moi, j'en hérite les gens héritent un moment qui est compliqué sur le plan politique. Je vous disais tout à l'heure qu'on n pas de majorité au parlement.

Moi, j'aurais aimé avoir une grande voie. Je pense par ailleurs que si demain on veut résoudre la question de l'immigration, là aussi nous en avions déjà discuté, il faudra un vrai référendum pour que le peuple français reprenne la main. Monsieur le ministre, là en quelques jours, la droite, le camp nationaliste ont changé, sont en état de mutation complète. l'inéligibilité de Marine Le Pen.

D'abord sur le principe, vous avez été relativement prudent à ce sujet aussi par votre fonction, mais le fait que la une des principales favorites à la à la présidentielle soit dans cette situation, qu'est-ce que ça vous inspire ? D'abord, ça fait écho à à à des souvenirs que voilà d'une élection présidentielle avec François Fision. Simplement euh c'est quelou ch de l'un l'autre, quel lien faites-vous de l'un l'autre ?

C'est c'est un lien où il y a des décisions de justice, où il y a un certain nombre de procédures qui viennent percuter une élection démocratique, une élection présidentielle. Je ne porte aucun jugement de valeur simplement dans le cas de Marine Le Pen. Elle sera jugée en appel, il y aura sa seconde chance un an avant la présidentielle et ça ça lève le doute et ça c'est fondamental.

Dès lors que la cour d'appel de Paris inscrit dans son calendrier avant l'été 2026 cette seconde chose, c'est-à-dire le procès en appel, je pense que elle pourra savoir ou non si elle peut concourir ou elle est coupable. Et ben, elle est coupable et a les élus ne sont pas en dessus des lois ni en dessous d'ailleurs. Mais si elle est relaxée, alors elle pourra elle aura un an, elle pourra se présenter à l'élection présidentielle de 2027.

Vous avez eu des mots très durs sur ce que vous appelez les juges rouges. Non, je n'ai pas utilisé le mot juge rouge. Quel est le mot que vous employez ?

Alors, j'ai j'ai simplement indiqué que je trouvais pas normal que une minorité parce que la très grande majorité des magistrats du siège, du parquet, j'en rencontre régulièrement sont impartiaux. La justice en France, elle est indépendante. La contrepartie de cette indépendance, c'est l'impartialité.

C'est important parce que beaucoup de nos compatriotes ont des doutes. Or quand je vois un syndicat, pour ne pas le nommer le syndicat de la magistrature qui prend régulièrement des positions politiques, c'est contraire à la loi. La loi, elle est claire, elle date, c'est une loi organique d'abord.

C'est une loi organique, pas une loi ordinaire. Elle date de décembre 1958 et son article 10, l'article 10 sur le statut des magistrats leur interdit justement les délibérations politiques. Pardon, pardon.

Vous faites allusion à ce à ce communiqué que le syndicat de la magistrature avait donné en juin 10 ans appelant, je cite, l'ensemble des magistrats ainsi que toutes celles et ceux qui participent à l'activité judiciaire à se mobiliser contre l'accession au pouvoir de l'extrême droite. Pour vous, ça entre sous le coup de la loi ? Écoutez, j'ai lu euh un dernier communiqué.

Vous savez que on vient de voter, elle sera votée définitivement dans quelques jours la loi narcotrafic qui est une loi que j'ai impulsé quand j'étais président de mon groupe au Sénatin. J'y tiens beaucoup. et euh dieu sait si le narcotrafic est en train euh de gangriner la France.

Et bien euh au moment où elle a été voté, quelques heures après, il y a un communiqué de ce syndicat et ce communiqué indique que ils continueront à lutter contre les effets de de cette loi de cette loi parce qu'ils jugent que la loi est déséquilibrée. Est-ce leur rôle ? Est-ce que c'est le rôle d'un syndicat de la magistrature qu'il y ait des syndicats bien entendu qui luttent pour leur profession, qui luttent pour améliorer la justice pas répondu.

Est-ce que là par exemple quand ils prennent ce genre de position, ils sortent de la loi ? Mais bien sûr au moment, je vais vous dire au moment c'était en 2012 où ce même syndicat avait appelé à voter contre Nicolas Sarkozy. Est-ce une délibération politique ou pas ?

Oui ou non ? Non. Ils le font pas.

Ils le font pas en Ils le font en tant que syndicat. La même façon que syndicat de journaliste, d'enseignant, de ce que vous voulez. Non, c'est différent parce qu'un syndicat d'enseignant ou un syndicat de journaliste ne juge pas.

Hm. Vous vous rendez compte quand vous avez entre vos mains une réputation, quand vous pouvez euh condamner euh des gens à la prison, à des fortes amende, vous avez un pouvoir qui est énorme. Ce pouvoir nécessite des équilibres.

C'est c'est tout l'aspect de la la démocratie. C'est c'est la séparation des pouvoirs. La séparation des pouvoirs, ça veut dire que il faut faire attention.

Ça veut dire qu'il faudrait limiter le droit syndical des magistrats selon vous. Mais moi je pense qu'il faut simplement faire respecter la loi. Il y a une loi, il y a une loi organique.

On va pas revoter un texte. Il y a une loi, elle est claire, elle interdit la délibération politique pour s'assurer que justement l'autorité judiciaire n'empiète pas sur les autres pouvoirs, notamment sur le pouvoir politique. Bruno Rotaillot, on verra le procès d'appel peut-être à l'été 2026.

Quoi qu'il en soit, le RN pendant des décennies a réussi à attirer une partie de vos électeurs, électeurs disons du de la droite classique. Est-ce qu'il serait plus fort ou plus faible sans Marine Le Pen ? Ça je peux pas vous dire.

En tout cas, moi mon projet En tout cas mon projet moi puisque je suis candidat à l'élection interne DLR, c'est de fonder demain un parti moderne parce que la France d'aujourd'hui c'est pas la France d'hier. Un parti patriote parce que pour moi ça signifie quelque chose, aimer la France et un parti populaire. Qu'est-ce que je veux dire par là ?

Moi je veux faire revenir chez nous des gens qui nous ont quitté. Ils nous ont quitté parce qu'on les a déçu. Beaucoup au Ren sont au RN.

Ils ont voté Mael Macron et ils sont partis aussi dans l'absention. C'est le premier parti. Les absensionnistes, c'est le grand parti de France malheureusement.

Bien moi, mon objectif c'est justement d'avoir une ligne qui soit une ligne sans concession où on assume ce que l'on est. Voilà, où on ne cède pas par exemple à bien pensance, voilà au terrorisme intellectuel. Et ça, je pense que ça peut les faire revenir parce que ce sont les raisons pour lesquelles ils nous ont quitté.

Mais Bron Taou, alors Emmanuel ne sera pas là aux prochaines échéances, mais Marine Le Pen pourrait l'être ou aurait pu l'être. le fait qu'elle parte, est-ce que c'est une obène politique pour vous si le cas ? Moi, je pense qu'il faut jamais juger par rapport aux autres.

Simplement, on est fort par soi-même. On est fort par les valeurs qu'on porte, par les propositions qu'on va faire. Et moi, ce que je veux faire, c'est que notre parti puisse travailler, se retrousser les manches et que on puisse proposer des idées nouvelles, une un projet de société qui puisse séduire des Français, beaucoup de Français au-delà même de ce que nous sommes nous.

Ce que je fais ici, je me souviens très bien quand j'entre dans la cour de B, je me suis dit la galère pas de majorité à l'Assemblée nationale. Il faut vraiment que je m'appuie sur les Français, sur l'opinion publique. Et je me suis souvenu de la phrase du général de Gaul qui disait "Il faut faire la politique de la majorité nationale." Et bien, si demain notre parti, notre mouvement est capable de proposer cette politique de la majorité nationale, on va regrouper autour de nous, bien au-delà de nous.

C'est ça l'objectif de la politique. Quelle différence avec ceux qui tiennent pour l'instant cet électorat ? Jordan Bardella, il est là.

Marine Le Pen, jusqu'à preuve du contraire, elle est là. Marion Maréchal et quelques autres. Quelle différence au fond vous avez avec eux et elle ?

On a pas mal de différences. Donnez-moi un exemple vraiment sur l'économie, ils sont plus proches du socialisme que de la droite. Une partie une partie d'entre eux, une grande Attendez, je vais vous donner Vous me dites un exemple très précis.

Je fais voter au Sénat la contrepartie de 15 17 he notamment pour le RSA parce que j'estime que une allocation sociale c'est pas indu et que si on veut mettre les pieds à l'étrier des gens qui sont loin de l'emploi, bah autant justement qu'ils aient une activité. Admettons, est-ce que ça veut dire vous êtes le RN plus libéral ? Est-ce que ça veut dire que vous êtes le RN plus libéral ?

Elle a fait voter contre. Marine Le Pen a voté contre et pour la réforme des retraites, c'est la même chose. Alors moi je j'assume.

Je sais que ça a pas toujours été populaire mais je l'ai dit. la réforme des retraites. De toute façon, si on travaille pas un peu plus longtemps, il y aura plus de régime par répartition et ce seront euh nos aînés qu'on appauvrira parce que les pensions diminueront.

Donc, vous voyez que il y a une vraie différence. Moi, je ne suis pas dans l'aka faucon, vous voyez, parce que la réalité, elle est compliquée, il faut trouver des bonnes solutions. Moi, je me heurte à la réalité.

Je ne parle pas comme tracte. Voilà. Donc on peut avoir sur un certain nombre de de choix notamment en terme d'autorité, de sécurité, des convergences, mais c'est très différent parce que je je ne suis pas fondamentalement quelqu'un de démagogique.

Je ne vais pas dans le sens du vent systématiquement, dans le sens de mes convictions. Le RN a beaucoup compté dans la mécanique électorale. Si on remonte dans le temps, Emmanuel Macron, Jacques Chirac avant encore François Mit à chaque fois très souvent on gagnait des élections contre le RN en s'appuyant sur le fait qu'il fallait faire barrage au RN.

Est-ce que cette mécanique d'après vous est terminée ? Cette mécanique, elle est destructrice. Elle est destructrice parce que d'élection en élection, on a dit aux Français fait "Faites barrage" A.

Et du coup, ils ont voté d'un point de vue négatif pour faire en sorte d'éliminer un acteur sans choisir un vrai projet. Et là encore, ça a enfermé les partis de gouvernement dans une forme de paresse intellectuelle. On se disait, il suffit de brandir le barrage au Rassemblement national hier Front National pour faire un programme.

Bah non, c'est pas ça du tout un programme. Un programme c'est fait pour redresser la France, pour que la France demain aille mieux pour nos enfants, pour nos petits-enfants. Un test qui sera très important sur ces sujets-là.

Qu'est-ce que la droite ? Est-ce que vous prenez sur la naturalisation quand vous dites durcir les conditions, rétablir la notion d'assimilation, qu'est-ce qui changera vraiment en profondeur ? Ben ce qui change en profondeur, vous parlez de la naturalisation ou de la naturalisation ?

Je vais faire prochainement une circulaire. La natérialisation, c'est un acte grave. C'est pas accorder à un étranger un droit de séjour de 3 mois.

C'est accueillir dans la communauté nationale un étranger qui n'est plus étranger, qui devient français. Donc pour moi, l'assimilation ça veut dire quelque chose. D'ailleurs, le mot assimilation, il est encore utilisé par le code civil.

Bien, l'article 24 du code civil. Ça veut dire que il faut aimer la France. La France, la fraternité française, voyez, elle se donne à ceux et celles qui aiment la France, quelle que soit la couleur de peau, quelle que soit la religion.

C'est ça notre modèle républicain. Et bien, j'entends qu'il soit respecté. Qu'est-ce que ça défie ?

Deux choses très concrètes. La première, c'est bien parler français. Donc l'examen de français va être plus exigeant.

Ça signifie aussi répondre à des questions euh civiques pour connaître notre histoire. On ne devient pas français par hasard et quand on est naturalisé, c'est une faveur que la communauté nationale, que l'État souverain donne à un étranger. Et pour cela, ça se mérite.

Être français, voyez, ça se mérite. Etjà, je pense ça veut dire il y aura des procédures plus lourdes de naturalisation comme ça se fait dans certains pays autres. Exactement. plus exigeante sur la langue parce que la langue est une des premières façons de montrer son assimilation mais aussi sur la connaissance de l'environnement civique, de l'environnement historique.

Ça sera encore plus exigeant. Est-ce que pour vous le débat sur le droit du sang et du sol est ouvert dans cette perspective ? Je rappelle 91, c'est Giscard qui avait demandé la fin du droit du sol.

À l'époque déjà, il y avait ce débat très vif. Chirac qui a varié un peu, c'est pas le seul sujet sur lequel il est varié. Il a varié là-dessus.

Disait pourquoi pas ? Il a prouvé. Quel est votre avis ?

Première chose euh vient d'être voté un texte important que j'ai poussé sur Mayotte pour restreindre le droit du sol à Mayotte et moi je pense qu'il faudra faire en sorte que le droit du sol ne soit plus automatique ici sur la métropole. Euh j'avais fait voter d'ailleurs au Sénat dans la loi immigration, mais ça a été retoqué par le Conseil constitutionnel pour des raisons de forme, un dispositif qui était le dispositif de Charles Pasquois, c'est-à-dire que euh un jeune né de parents étrangers ne deviennent pas automatiquement français à sa à sa majorité, mais qu'il y ait une déclaration, que ce soit un acte volontaire, ça c'est important. On ne doit pas être encore une fois français par le hasard d'une naissance mais ça n'est pas encore le changement.

On n'est pas encore là au droit du sang, c'est-à-dire c'est quand même le a priori ce serait automatique. Non, ça ne serait pas automatique. Il faudrait une déclaration.

Et euh ce que l'on a fait à Mayotte, c'est beaucoup plus dur puisque ça exige les parents euh d'être depuis 1 an en situation régulière et c'est la différence. Est-ce que le modèle de Mayotte peut être étendu à l'ensemble de la métropole ? On peut l'étendre mais moi ce que je pense est-ce que ça veut dire qu'on peut l'étendre ?

Vous y êtes favorable ou non ? Moi, j'y suis plutôt favorable, mais je pense que ce qu'il faudrait comme première étape et je pense que cette étape-là euh permettrait de de rassembler un grand nombre d'ailleurs de parlementaires et de Français, c'est de dire voilà, on reprend ce dispositif de Charles Pasquis désormais, cette euh l'acquisition de la de la naturalité française, la naturalisation française se fera de la nationalité pardon française se fera là encore par un acte volontaire. Et est-ce que ça correspond à l'époque quand on relit les archives ?

C'est assez saisissant. 91 Giscardi au fond la tradition française était noble mais elle reposait sur une autre époque, l'époque où la France surtout voulait beaucoup de jeunes soldats. C'était quand même l'idée en arrière.

C'est ça. C'est 89, c'est 1889, c'était pour la conscription. C'est pas et où il y avait pas la même circulation des migrants dans le monde entier.

Est-ce que de fait pour vous le le droit le nouveau droit qui serait le droit du sang correspondrait plus à l'époque ? Je je le pense et c'est pour ça que je suis favorable à resserrer le droit du sol. Aujourd'hui, si vous êtes président des Républicains, vous serez beaucoup engagé dans un certain nombre de sujets de politiques étrangères qui ont beaucoup d'échos d'ailleurs avec la politique intérieure.

J'aimerais votre avis là-dessus. Par exemple, les déclarations d'Emmanuel Macron cette semaine qui a fait un pas très important en direction de la reconnaissance d'un état de Palestine. Il dit "On doit aller vers une reconnaissance et donc dans les prochains mois on ira." Est-ce que vous partagez cet avis ?

J'ai toujours été favorable et c'est la ligne diplomatique française à la solution de deux états, un état palestinien et un état israélien. Après, tout est une question de calendrier. Moi, je pense que pour que existe un état palestinien, il faudrait des conditions.

La libération des otages, personne ne pense et pense pas non plus le président de la République que on puisse créer un état alors que les otages ne seraient pas libérés. Deuxième chose que Hha et d'autres reconnaissent de fait et de droit Israël n'est pas envie d'éradiquer du de la mer au Jourdain l'État d'Israël dire ça ça équivaut à dire jamais le Hamas est là extrémistez attendez ah bah non mais il faut aussi que le Hamas sorte du terrorisme. Donc ces conditions elles me paraissent essentielles.

Elles me paraissent essentielles. Vous ne retillez pas. Le président de la République lui-même dit oui à un état palestinien sans le Hamas.

Mais là c'est la poulet, on en sort plus. En réalité si on veut donner un espoir aux Palestiniens, ceux qui sont pour la reconnaissance de l'État disent il faut y aller tôt ou tard. Non non, on ne peut pas y aller sans que les conditions soient réunies.

J'ai exprimé ces conditions. La libération des otages, le terrorisme, le fait de reconnaître aussi Israël. Si ces conditions ne sont pas réunies, je pense que cette création entraînerait beaucoup plus de désordre euh que de pacification.

En clair, le président de la République dans cet entretien, je crois que c France 5, on avait parlé notamment déjà de juin, ce serait prématuré selon vous. Ça m'étonnerait qu'en juin toutes les conditions que je vous ai donné soient réunies si elles le sont très bien. S' le pour pas, on peut déjà le dire.

Le ne va pas révélation mois de juin. On est au mois d'avril. Voilà.

Ça veut dire quoi pour vous ? C'est dangereux. C'est-à-dire c'est une voie dangereuse.

Si il faut dire sur notre même antenne, en Europe, les Européens sont divisés. Les Espagnols disent "Oui, oui, il faut le faire, ils l'ont fait." Les Italiens disent "ça n'a aucun effet zéro autrement négatif." Voilà, il y a deux avis.

Bien sûr, l'Europe est très divisée. Moi ce que je pense, c'est que il faut aboutir à deux états. Mais le calendrier, on n'est pas quelques mois prêt.

Franchement, il faut que les conditions soient remplies parce que s'il y a pas ces garanties, il y aura la guerre et on retombera justement dans la violence. Et ça, je ne le veux pas. Les Israéliens disent souvent à la France, ils l'ont dit aussi sur notre antenne, nous sommes dans le même bateau au fond face à au danger islamiste extrême.

Nous sommes dans le même bateau. Alors il y a tous les avis là-dessus. Ceux qui disent c'est de la propagande un peu lourde.

Jusqu'à ceux qui disent "C'est vrai, il faut choisir nos ennemis. Nous sommes dans le même bateau qu'Israël. Quel est votre avis ?" Ah, mon avis est assez simple.

Le Khamas euh n'a pas euh défendu et ne défend pas la cause palestinienne. Il a islamisé la cause palestinienne et en l'islamisant, il l'a défiguré. Euh je voudrais simplement rappeler à nos téléspectateurs que le ramasse lorsque il a pris le pouvoir, ça a été terrible.

Des homosexuels ont été défenestrés, des opposants ont été tués. Ça été sur le plan social une catastrophe. Donc il faut ouvrir les yeux.

Voilà. et euh c'est un agent de propagande terroriste de l'islamisme, bien entendu, ça n'empêche pas que il faut que Israël euh retiennent aussi euh ses coûts parce qu'il y a une population civile, une population civile qui a été elle aussi instrumentalisée par le Hamas, le les échos entre le djihadisme là-bas et ici, on en a eu un exemple avec ce qui se passe en Syrie, le Julani et son mouvement HTC qui succède, il est vrai, aux atrocités de Bachar Elassad, mais on rappelle même par exemple que l'assassin de Samuel Pati était en lien très direct avec le mouvement qui maintenant dirige la Syrie. Est-ce qu'on est trop naïf ?

Vous savez quand on est ministre de l'intérieur, on apprend que la naïveté est sans doute un sentiment très répandu. Bien sûr que il faut pas être naïf. Euh nous ne le sommes pas en France.

Vous savez que depuis le premier des liens forts avec ce ce nouveau régime en effet avec des conditions avec des conditions. C'est normal c'est normal. La menace, elle ne vient pas de là prioritairement.

La menace terroriste, elle existe. Je veux simplement dire que euh depuis 2012, c'était les attentats de Toulouse. Il y a eu 50 attentats qui ont été mortels, qui ont blessés et cetera, mais il y a eu 86 attentats qui ont été déjoués.

Depuis que je suis ici, six attentats ont été déjoués. Deux, malheureusement, un notamment à mort, Mulous, j'en parlais tout à l'heure, et puis aussi à Apte. Mais il y a deux menaces, il faut pas il faut bien les séparer.

Vous me parlez d'une menace exogène qui vient de l'extérieur. Cette menace là, elle vient de l'État islamique, notamment au Corassan. C'est vraiment au confin de l'Afghanistan, du Pakistan.

C'est vraiment un point qui est un très important du coca. Voilà, ça c'est une première menace exogène. Elle peut venir en Syrie pour l'instant, on ne le constate pas mais on est très très vigilant.

En revanche, ce qui est la menace principale aujourd'hui, c'est la menace endogène, celle qui vient de chez nous, de jeunes. Depuis 2023, ceux qui ont participé ou qui ont voulu faire des attentats, la moyenne c'était 21 ans, 70 % avaient 21 ans et moins. Vous rendez compte ?

Donc ils se radicalisent sur internet et ils essaient de porter des coupts justement en France. Est-ce que vous craignez d'ailleurs un certain nombre de revenants, de nouveaux revenants avec les événements du proche- Orient ? Bien sûr, vous avez à peu près un peu plus de 300 Français.

Certains sont libres. Euh, ils ont combattu auprès du nouveau régime euh notamment syrien. Ils sont situés autour, enfin plutôt dans la branche euh nord-ouest de la Syrie.

Et puis il y a ceux qui sont très dangereux. Ils sont un peu plus de 130. Euh, ils sont dans des camps, ils sont enfermés dans des camps gardés par des curbes de l'autre côté, c'est-à-dire au nord-est de la Syrie.

Et cela peuvent arriver en France demain pour l'instant. Pour l'instant, non. On a eu très peur parce que nous ce que nous craignons c'est que la Turquie bombarde puisque la Turquie est opposée au Kurdes.

Les Kurdes gardent ses camps, c'est des camps qui sont des camps prison et il y aurait rien de pire si la si la Turquie a fait bombarder les camps et que ces individus seraient partis dans la nature. Là, oui, nos services étaient en alerte et nous étions prêts justement à les récupérer s'il le fallait. Quels sont les risques qui existent aujourd'hui ?

Il y a eu Samuel Patti, il y a eu Dominique Bernard, il y a tant d'autres cas. On apprenait récemment encore cette semaine des menaces qui existaient contre Serge Clarfel qui a tant fait pour la mémoire et la justice concernant les les déportations ici qui aussi faisait l'objet de menace. Où en est ce danger en France aujourd'hui ?

Je l'ai dit, ce danger, il existe et il est plus fort que jamais. Six attentats des jouets depuis 6 mois, vous rendez compte ? C'est un par mois.

Nos services sont extrêmement pointus. Je veux les féliciter parce que on a des résultats mais je ne peux pas dire que demain il y aura pas un nouvel attentat. C'est très très difficile et c'est d'autant plus difficile que lorsque vous avez des individus qui en plus ont des visées terroristes mais qui peuvent être parfois aussi avoir des profils psychiatriques comme l'individu comme l'algérien, le ressortissant algérien à Mulous qui tue un ressortissant portugais.

Ça c'est très difficile. Pourquoi ? Parce qu'en réalité ils ont très peu d'interaction sociale.

Donc ils sont difficiles à repérer et ils passent à l'acte brutalement sans aucune préparation. C'est de cela dont on se méfie énormément. Mais on a une nouvelle organisation, on a des armes, on a un arsenal qu'on utilise vraiment à fond avec euh avec des succès.

Mais regardez, l'Allemagne était touché, l'Autriche a été touché, les États-Unis ont été touchés aussi par des attentats. Vous êtes un personnage central, un de ceux, vous n'êtes pas seul, mais enfin un de ceux dans cette recomposition qui fait que une partie de l'électorat qui avait été réduite à très peu de choses hein depuis 2017, les LR pourrait renaître. Qu'est-ce qui se passe selon vous ?

Il y a eu le RPR, l'UMP est-ce que ce c'est 20 % c'était 20 % encore à l'époque de François Fillon. Où sont-ils ? Est-ce que c'est récupérable ?

Bien sûr, ils sont partis parce qu'on les a déçus, parce que on a été parfois une droite honteuse, on a beaucoup promis et on a trop peu fait. Mais il y a un espoir, je le vois bien depuis que je suis ici, il y a un vent, un élan, une espérance qui s'est levée. Je le vois quand je me déplace très fréquemment, je m'en suis senti comptable.

C'est la raison pour laquelle j'ai voulu m'engager dans cette compétition interne. On l'a pas vu aux dernières élections encours. Oui, mais regardez la dizaine la demi-dzaine d'élections partielles, législatives ou même municipal, quel est le parti qui a le plus progressé ?

Regardez la dernière élection d'il y a quelques jours. Marie-Christine d'Allose dans le Jura, elle fait 10 points de mieux qu'il y a quelques mois et le Rassemblement national fait 10 points de moins. Elle a été élue.

Christel Niasme là encore dans le Val de Marne dans une élection municipale, elle a gagné contre Louis Boyard, les insoumis. C'était une ville qui était très ancrée à gauche jadis. Donc euh vous voyez que on sent parfaitement que quelque chose est en train de se réveiller et les Français ont en quelque sorte ratifié le choix collectif que nous avons fait d'entrer dans un gouvernement, même si c'est difficile pour faire barrage à la gauche.

Si on a fait ce choix, c'était d'abord pour faire barrage à la gauche parce que si la droite française avait claqué la porte au nez du président de la République, il a pas eu d'autre choix que de nommer la gauche. à gauche Mélanchonie à l'époque aussi aussi et surtout fait barrage au RN à l'époque c'était le Front Républicain non mais ça c'était les législatives je vous parle de la formation du gouvernement c'était ou bien la gauche mélanchonisée ou bien cette comment dirais-je ce gouvernement de mission où nous sommes. Voilà.

Et c'est pas facile mais on évite à la France le chaos. Une incarnation de la droite, cette nouvelle droite qui se veut conquérante dans en Europe, on parle pas la queue de la France, c'est le vice-président Van qui arrive ici en Europe qui dit il faut une Europe des nations, une Europe conservatrice, une Europe chrétienne. C'est les mots qu'il utilisent.

Il invoque Jean-Paul II, il invoque même Sol Génite. Est-ce qu'une part de vous entend ça ? Euh moi je suis français, voyez.

Je suis pas galorique et je suis pas américain. Et je pense que monsieur Vans qui est euh le vice-président de monsieur Trump, je pense que le succès, la victoire populaire d'ailleurs de Donald Trump euh c'est euh et sa politique, c'est une mauvaise réponse à des bonnes questions. Mauvaise réponse à des bonnes questions.

Ce que je veux dire, c'est que partout en Europe, les peuples sont travaillés par des questions existentielles. Est-ce que demain on existera encore comme peuple ? Ils veulent la continuité historique.

Ils veulent un cadre culturel, un cadre de civilisation qui soit qui leur assure une forme de permanence. Ça, ils y sont attachés parce que c'est la France, parce que c'est l'Europe. Voilà.

Et ça ça me parle et je pense que la politique, les hommes et les femmes politiques et notamment la droite doit porter pas seulement des préoccupations matérielles, bien sûr le pouvoir d'achat, bien sûr cette idée que on débloque la société française qui est à nouveau un ascenseur social mais aussi il faut être attentif à des préoccupations qui sont immatérielles. L'immatériel c'est l'imaginaire des gens, c'est des valeurs, c'est une culture, une civilisation. Et ça oui pour moi c'est quelque chose de fondamental.

C'est la France, c'est un héritage à accepter mais c'est aussi un héritage à prolonger. C'est une œuvre de l'esprit. Vous êtes catholique catholique conservateur.

Voilà quand les Italiens disent par que l'Italia ministre d'infolique conserve droite c'est pas c'est ni une tard c'est un on parle de certaines idées de droite ou considéré comme de droite. Voilà dans cette mouvance là certains disent il faut même écrire dans les textes que il y a une tradition chrétienne de de ces nations. Est-ce que vous le pensez ?

Mais mais j'avais toujours été favorable moi au moment où il avait été discuté de ces questions là au niveau européen. Jacques S Cherc était était contre. J'ai toujours pensé que il fallait que l'Europe s'inscrive dans un cadre de civilisation et bien sûr et que ces racines judéocchrétiennes, pardonnez-moi, mais l'Europe comme la France, c'est à la fois Athène, c'est Rome et c'est Jérusalem.

Si demain vous étiez président des Républicains ou président de la République, est-ce que ça veut dire que dans les textes mêmes de la France, ce serait bon qu'il y ait cette référence à la tradition judéo-chrétienne ? Je pense en tout cas que pour l'Europe, ce serait bon parce que ce que j'ai vu pour la France, je vous pose la question pour la France et pour la France pour la France, il y a pas de enfin bien sûr si ce n'est que on a un modèle, on a une constitution qui programme qu'on est une République indivisible et cetera, laïque. Ça c'est notre modèle républicain.

Je pense que ça se pose beaucoup plus pour l'Europe. Pourquoi ? Parce que quand l'Europe par exemple subventionnait des campagnes de propagande en disant la liberté dans le hijab, quand l'Europe subventionnait par exemple des universités liées aux frères musulmans, à Gaziantep, université du sud de la Turquie, je pense que de ce côté-là l'Europe devrait se souvenir beaucoup plus de quelle civilisation elle est issue.

Est-ce qu'on a sous-estimé le fait religieux ? On parle de Van, il prie. Trump prie.

Je sais pas à quel point il est pieux, ça c'est ça appartient au secret de son âme. Mais on voit sa porte-parole qui qui invoque Jésus avant les conférences de presse ici en France. Vous avez vu ces chiffres sur les les jeunes catholiqu vous pourriez ajouter sur le dollar ici en France les jeunes catholiques qui remettent en en valeur le carême les jeunes musulmans qui qui se font grande gloire du Ramadan.

Ça se voit sur Instagram de tout côtés la religion revient. Est-ce qu'on l'a sous-estimé ? On l'a peut-être sous-estimé euh et je pense que le matérialisme, le consumérisme ne peuvent pas remplir des cœurs ou des esprits.

Simplement, je mets une limite. Et cette limite pour moi, c'est une muraille de Chine. Je suis français républicain, je suis ministre de l'intérieur et ministre des cultes.

Bien, j'entends que le modèle français persiste. Le modèle français, l'Ouest laisse pour la partie privée la religion. C'est fondamental.

C'est pas le modèle communautariste. On sait et on a payé d'ailleurs en France avec les guerres de religion. On sait que ça n'est pas la religion qui suscite la concorde civile.

Donc aujourd'hui, puisque certains peuvent être catholiques, d'autres protestants, chrétiens, bouddhistes, musulmans, juifs ou autres, et bien, ça c'est l'espace privé. Dans l'espace public, on est tous républicains et la République française précisément, c'est une sorte d'indifférence aux différences. Cette différence elle restera.

Ça veut dire que contrairement à madame Méloni qui communique même escalité vous vous ne pourriez pas communier. Non. Oui, je ne le fais.

Président de la République, vous ne vous n'iriez pas vous ne communiriez pas ministre. J'étais j'étais aux cérémonies officielles, par exemple de la réouverture de la cathédrale Notre Tradam. C'était un grand événement.

J'étais très heureux d'y être. Mais je n'ai pas communié. Je n'ai pas communié parce que j'entends que il y ait cette limite, cette séparation. la laïcité en France qui nous constitue comme notre identité, une de nos identités, en tout cas pas seulement et bien c'est cette séparation.

C'est une loi de séparation tout comme la démocratie est la loi de séparation, séparation des pouvoirs, séparation entre l'espace public et l'espace privé. Voilà, c'est la France, c'est celle que j'aime. Bruno Rotaillot, le cet avenir que vous souhaitez s'écrira pas tout seul.

La dans cette mouvance, Laurent Voquier, on peut aller chercher Édouard Philippe, Gérald Armanin, d'autres disent David Lisnard. oublie sans doute quelques quelques noms. Est-ce que tôt ou tard, il faudra des primaires pour départager tous ces gens ?

Très franchement, je suis pas favorable au primaires. Je je le dis chaque soir ou à chaque fois que j'ai des réunions publiques avec nos militants, nos sympathisants, croyez-moi, ils n'en veulent plus. Ils sont traumatisés simplement.

Donc, il faut laisser aller la compétition que le meilleur gagne. Non, non. Ce que je ne veux pas dans notre famille politique déjà, c'est que ce soit des chapeaux à plume.

Il disent la candidate ou le candidat pour 2027. Ça ça sera le choix de nos adhérents. Voilà.

Et moi ce que j'espère les adhérents faut bien qu'il vote à un moment donné. Donc ça ça revient à ça. Ah non, la primaire ouverte c'est autre chose.

La primaire ouverte c'est que vous organisez dans le socle commun une primaire. Voilà. Non c'est pas ce que je propose.

En clair. En clair, est-ce que ça veut dire que le président du parti aura une option pour être prés candidat à la présidence de la République ? Colline après colline, c'est une expression vendéene.

Je vais vous dire, je vais vous faire confidence. Très jolie citation mais pas répondu quand même. Ben je vous réponds.

L'obsession présidentielle a fait beaucoup de mal et même beaucoup abîmer la droite française. Pourquoi ? Parce que aussitôt que nous avions un président du parti, un chef, on se rangeait derrière le chef et on ne travaillait pas.

Moi, je pense qu'il faut inverser les choses. Je pense que il va falloir bien entendu qu'on ait une incarnation, qu'il y ait un président de LR. Vous fuyez, vous fuyez la question. et à la fin il y a un gagnant perdant.

Voilà, c'est le jeu. Pourquoi fuir la question ? Vous vous trompez, vous trompez.

Si Nicolas Sarkozi par exemple gagne en 2007, il y a eu un énorme travail de fond. Ah ben çaêche pas de travailler ça. J'espère bien travait ce travail.

On ne le fait pas. On aura quelques mois pour le faire. J'entends moi que on imagine des nouvelles propositions pour la France.

Trop souvent la droite tradote avec des vieilles solutions bien sûr mais est-ce que ça va pas finir parître hypocrite de dire mais moi je ne pense pas à la présidentielle vous savez très bien il y a pas mo d'être martien personne personne ne peut penser ça Darius Rogebin je je vous regarde les yeux dans les yeux je ne suis pas hypocrite quand je vous dis que combat après combat en tout cas je suis engagé dans ce combat là et c'est trop prématuré vous savez si on n' pas un projet à proposer aux français 2027 on n'y arrivera pas est-ce que vous souhaitez rester le plus tard possible dans cette salle des portraits làicholieu qui est là, je sais pas si vous rappelez ça Maxime qui quitte la partie la paire. Est-ce que c'est logique pour vous de rester le plus longtemps possible dans ce gouvernement ? Et Chelieu, il a passé quelques années en Vendé, il était l'évêque du diocèse de de Luon.

Oui, donc ça ça me parle. Non, je je vois pas du tout les choses comme ça. Moi, je me bats pour mon pays.

Je me bats pour mes convictions. Tant que je serai utile à mon pays, bien sûr, je resterai. Je ferai mon devoir.

Je le ferai de mon mieux. Qu'est-ce qui vous ferait partir ? Qu'est-ce qui vous ferait partir ?

Ce qui me ferait partir, c'est quelque chose de contraire à mes convictions endossées par le gouvernement, mais surtout de contraire à l'intérêt national, à l'intérêt supérieur de notre nation. Ça, oui, ça pourrait me faire partir. Mais je ne vis pas avec cette obsession d'une démission.

Je vois que monsieur Tbou demande ma démission, que le le RN demande ma démission. C'est de la grande mode de demander ma démission. Donc quand je regarde celles et ceux qui demandent ma démission, voyez, je suis un peu méfiant. simplement, j'ai des convictions.

Vous y avez gagné objectivement en terme pardon ter à terre mais le fait d'entrer dans un gouvernement longtemps les LR ont eu des des plusurs de chat, il voulaient pas se mouiller. Ah vous vous êtes entré, vous y avez gagné pour l'instant. Est-ce que vous croyez que lorsque je suis rentré au gouvernement, j'avais pas des doutes ?

Pensez-vous que prendre des responsabilités gouvernementales, c'était pas prendre des risques dans les conditions politiques que je vous ai déjà gagné une stature de président. Franchement, il y a 6 mois, qui parlait de Bruno Retaillot présidentiable ? On était dans un autre monde.

Mais moi, j'ai pas le sentiment d'avoir changé. J'ai j'ai pas le sentiment d'avoir du tout du tout changé. Je suis dans un ministère, j'essaie de faire de mon mieux.

Je veux dire aux français que c'est compliqué, c'est difficile. Simplement, je donne le meilleur de moi-même et je suis heureux d'être ici parce que je sers la France. Et surtout euh ce que je dis souvent, c'est que dans ce ministère, il y a une part ténébreuse.

Les vilaines affaires, les crimes et cetera et une part lumineuse. C'est les hommes et les femmes qui servent à mes côtés, préfets, policier, gendarme et cetera, sapeur pompier. J'étais il y a quelques jours, j'étais à la Mean à la CRS Pyrénée.

C'était l'hommage national à un CRS qui a trouvé la mort en voulant sauver des vies. Vous voyez ces hommes et ces femmes au quotidien, ils servent la France, ils ont cet idéal français comme moi. Moi ça me donne du sens et surtout euh plutôt que le chacun pour soi, il porte l'étendard du don de soi.

C'est important. Un ancien premier ministre sur notre plateau, Jean-Pierre Affarin disait un ticket Édouard Philippe Bruno Rotaillot. Voilà qui aurait de l'allure.

Écoutez, non, ça ne marche pas comme ça. La politique, ça ne marche pas comme ça. Je pense que ce sont les convictions.

Je pense que ce sont les idées. C'est le débat d'idée qui permet de de faire une ligne et qui permet aux Français de croire ou de ne pas croire dans ce projet-là. On a compris que vous voulez récupérer vos chers électeurs perdus du côté du RN, mais il y a les autres comme vous le disiez vous-même he ceux d'Emmanuel Macron.

Voilà. Est-ce que à cela vous devez tendre la main, c'est-à-dire aussi à certains responsables de cette ancienne majorité, notamment Édard Philippe, notamment Gérald Armanain. J'ai toujours penser quand on me parlait d'union des droites que ça se fait pas par le haut.

Ça se fait pas par le haut, ça se fait pas par les appareils. Un moment donné, oui, ça se fait par les électeurs ou en construisant un projet solide. Et c'est comme ça que en adhérant en faisant adhérer d'ailleurs un certain nombre d'électeurs dans les urnes, on peut gagner une élection.

C'est entre nous ce que Nicolas Sarkozi avait dit et avait fait en 2007. Il avait réduit le Front National à l'époque et il avait élargi sa base. Moi, ce que je veux faire, comme le disait le général de Gaulle, c'est une politique euh précisément de la majorité nationale.

C'est assez simple. On revalorise le travail plus que les revenus de l'assistance. On fait une vraie école, une école méritocratique et en même temps, on fait échec à impossibilisme.

C'est-à-dire que on fait des référendums, on fait en tout cas on donne l'occasion aux français de se déterminer. C'est-à-dire que il faudra, pour faire échec à l'impossibilisme modifier la Constitution pour que la souveraineté nationale puisse reprendre la main. Un dernier mot sur ce que vous inspire simplement ces lieux.

On a fait cette émission ici comme on l'ava fait il y a 6 mois assez des lieux chargés d'histoire là pour le meilleur et pour le pire. Il y a la les cellules qu'utilisaient la Guestapo là pendant l'occupation ici juste à côté la rue des saucés. Il y a en entrant ici la galerie de tous vos prédécesseurs ceux qui sont devenus président de la République Mitteran et quelques autres ceux qui ont été échoué la la fragilité du monde hein.

À chaque minute il peut y avoir une bavure un événement surtout quand on est mise à l'intérieur hein. Qu'est-ce que ça vous inspire ? Ça aurait pu me tétaniser et dans les premiers jours, les premières semaines quand je recevais encore une fois ces nouvelles tellement inquiétantes et toutes ne franchissent pas la surface médiatique, vous avez sur le portable la liste, n'est-ce pas, de chaque à peu près des liens importants.

Voilà. Et ça ça vous tombe dessus matin, midi et soir, nuit et jour. Et ça ça peut paralyser.

C'est ce que j'appelle la part ténébreuse. Et puis il y a cette partineuse. Il y a ces hommes et ces femmes, je les ai décrit qui sont au ministère de l'intérieur.

Ils ont une flamme intérieur, ils ont une foi. J'essaie de les mobiliser. Vous savez, dans la politique que j'essaie de mener, c'est que j'essaie constamment de rappeler leur sens, le sens de leur métier parce qu'ils sont parfois découragés, parce que ils arrêtent un délinquent qui retrouve dans la rue quelques jours après Gognard, parce que les procédures sont tellement lourdes, il y a une bureaucratisation.

Parfois il y a la tentation du doute, il y a la tentation du découragement et je leur parle pour dire qu'on est animé de la même foi, du même idéal français. Et je sais que on va pouvoir déplacer les montagnes parce que c'est la foi qui fait déplacer les montagnes. J'ai besoin de ces hommes et de ces femmes et je sais qu'ils sont mobilisés.

Un mot encore, vous parlez de la foi. Il y a la loi sur la fin de vie. Par la fo réplain la foi l'idéale française.

La loi sur la fin de vie, vous y êtes opposé. Pourquoi ? J'ai alors le texte que j'ai découvert m'a stupéfié.

Vraiment m'a stupéfié. Je aujourd'hui euh il y a il y a un impératif parce qu'on n'est pas égau devant la mort. Il y a selon la Cour des comptes 400 Français qui meurent chaque jour euh et qui n'ont pas de soins palliatifs.

Ça c'est terrible. Mais le texte aujourd'hui est tellement permissif. Demain, ce que je crains c'est que il soit beaucoup plus facile de demander la mort que d'avoir des soins.

Euh et vous voyez, c'est un texte qui va cumuler aussi bien le suicide assisté que l'euthanasie. Or dans tous les pays qui ont autorisé ce double choix, bien c'est toujours l'euthanasie qui a écrasé le suicide assisté les polic contre ce texte. Mais je ne suis pas parlementaire.

C'est une PPL, c'est une PPL mais ce texte pour moi, voyez, il est terrible parce que c'est un texte de l'abandon. À partir de ce texte, si par malheur il était demain voté, et bien au moment de votre mort, les uns ou les autres devront se poser cette question. Non pas de tendre une main ou de demander à une main secourable, mais de dire "Suis-je un fardeau pour la société ?

Dois-je débarrasser le plancher parce que mes proches me soignent et cetera." Et quand on voit que dans la dernière année d'une vie, le coût pour la santé, ce qui est normal, c'est plus de 35000 €. Ce que je crains à demain, c'est que ces considérations matérielles, ces ces considérations économiques prennent le pas sur la dignité de la vie humaine.

Oui, bien entendu, ce texte va dans de très mauvais sens. Ça n'est pas un texte de fraternité, c'est un texte d'abandon. Reno Rotillot, merci beaucoup de cet entretien.

Merci à vous.

"Faire en sorte que le droit du sol ne soit plus automatique" : Bruno Retailleau invité de LCI — Bruno Retailleau · Pourquijevote