Les vœux d'Emmanuel Macron aux personnels de Santé
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 13:17PrésentateurChiffre
« on a investi 19 milliards d'euros dans notre système de santé avec le Ségur »
- 13:31PrésentateurChiffre
« En 3 ans, le budget que notre nation consacre à la santé a augmenté de 50 milliards d'euros. »
- 15:17PrésentateurChiffre
« On a perdu ces dernières années environ 6 000 médecins généralistes. »
- 15:24PrésentateurChiffre
« On est à un peu moins de 100 000 médecins généralistes aujourd'hui. »
- 17:19PrésentateurChiffre
« On a aujourd'hui près de 4 000 assistants médicaux qui ont déjà signé un contrat. »
- 20:34PrésentateurChiffre
« On a environ 30 % qui échouent à la fin de ces formations. »
- 20:47PrésentateurChiffre
« Quand on dit qu'on en forme 100, on ouvre 100 postes de formés, on en a 55 qui arrivent sur le terrain. »
- 23:25PrésentateurFait
« Il y a des heures sup qui sont vraiment payées. Mais il y a des heures sup qu'on met sur des comptes qui ne sont pas payées tout de suite. »
- 25:18PrésentateurFait
« On a commencé à le combler, on n'est pas au bout, c'est vrai, mais il y a un besoin de reconnaissance et de sens. »
- 28:49PrésentateurFait
« Je veux que ce soit fait dès le 1er juin, on m'a d'abord dit c'est totalement impossible, il faut prendre un texte de loi et donc ce ne sera jamais prêt le 1er juin. »
- 29:04PrésentateurFait
« Et puis après, on m'a dit en fait, non, le texte de loi est déjà pris, mais personne n'est au courant. »
- 35:03PrésentateurPromesse
« on va vous accompagner massivement. On a lancé une grande initiative avec les élus locaux pour définir d'ici l'été prochain un plan d'action partagé. »
- 36:11PrésentateurPromesse
« d'ici au prochain PLFSS, on puisse voir les points qui restent à traiter pour pleinement garder celles et ceux qui sont dans des situations de fragilité »
- 43:22PrésentateurPromesse
« d'ici à la fin de cette année que chaque citoyen, en quelque sorte, puisse avoir accès, dans son bassin de vie, à une offre de soins. »
- 45:54PrésentateurFait
« le seuil de 20% de téléconsultation qui a été mis n'est pas une bonne idée. »
- 50:04PrésentateurChiffre
« On a aujourd'hui 6 millions de nos compatriotes qui n'ont pas de médecin traitant. »
- 50:13PrésentateurChiffre
« on a 600 000 patients avec des maladies chroniques qui n'ont pas de médecin traitant. »
- 50:39PrésentateurPromesse
« les 600 000 patients avec une maladie chronique se verront proposer à un médecin traitant avant la fin de l'année. »
- 52:28PrésentateurFait
« nous allons généraliser ce qu'on a là aussi lancé en 2018 et qui est, je dois le dire, un vrai succès grâce à votre contribution à tous, qui est le service d'accès aux soins. »
- 54:49PrésentateurPromesse
« je me suis engagé sur des offres à demi-file, des offres de transition. »
- 55:55PrésentateurFait
« L'écologie, l'école, la santé, je pense, sont un triptyque raisonnable parce que c'est le triptyque de l'avenir de nos enfants et d'une nation forte. »
- 56:06PrésentateurPromesse
« nous devons fortement décloisonner, simplifier, mieux organiser, valoriser, reconquérir nos territoires. »
Temps de parole
- Présentateur100 %
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Madame et messieurs les ministres, mesdames et messieurs les parlementaires, messieurs les préfets, monsieur le président du conseil départemental, messieurs les maires, monsieur le président du conseil de surveillance du centre hospitalier sud-francilien, madame la directrice générale de l'Agence régionale de santé Île-de-France, monsieur le directeur du centre hospitalier sud-francilien, madame la présidente, mesdames et messieurs les personnels de santé, mesdames et messieurs, en vos grades et qualités, on dit, c'est une formule générique, sinon je peux faire une demi-heure avec tout le monde et j'arriverai avec ces quelqu'un que j'aurais oublié.
Écoutez, je voulais vous remercier pour votre accueil et pour les échanges que j'ai pu avoir avec plusieurs d'entre vous depuis ce matin. Et en effet, je souhaitais être dans un centre hospitalier tel que notre pays a la chance d'en compter en ce début d'année pour m'adresser directement à vous qui, tout au long de l'année, soigner nos compatriotes. Chaque jour, et en particulier pendant cette période de fête où la nation a pu compter sur votre dévouement et votre professionnalisme, après 2 années de Covid, après une série d'épidémies qui se sont accumulées ces dernières semaines, vous continuez de tenir bon et vous susciter par vos efforts l'estime de la nation.
Et en son nom, je tenais ce matin à vous remercier. Et je souhaite, en ce début d'année, vous adresser tous mes voeux les plus sincères à vous, à vos familles, à vos proches, et essayer, si je puis dire, par votre biais, d'avoir des voeux pour notre hôpital, notre santé, et d'essayer de dire quelques mots des perspectives qu'ensemble, nous pouvons bâtir.
En m'adressant à vous aujourd'hui, évidemment, je veux rendre hommage à l'engagement et au professionnalisme exceptionnel qui est le vôtre et celui de vos confrères partout, mais je voulais aussi avoir un mot, parce qu'ici, comme dans quelques hôpitaux de France, nous avons subi une grave attaque informatique et vous avez tenu, et si je puis dire, je me dis parce que c'est pas forcément toujours clair pour tout le monde, mais dans cet hôpital, le système a été complètement dommagé.
Je veux non seulement remercier les équipes, évidemment, informatiques, tous les soutiens logistiques qui l'ont fait, mais tous les soignants, parce que je sais que partout, vous avez dû reprendre le travail manuel, vous avez continué, en plus du reste des épidémies, avec encore plus de contraintes à assurer les soins. Et donc, je voulais ici vous en remercier, vous dire que nous sommes conscients, évidemment, de ces attaques qui se multiplient, que nous avons commencé à réinvestir sur nos systèmes d'information, la résistance aux attaques cyber, et que nous allons continuer ce travail. Ça vient en plus de tout le reste.
On en parle parfois trop peu dans le débat public, mais comme vous, vous l'avez vécu, si je puis dire, dans votre quotidien, je tenais ici à le dire et vous dire aussi que nous avancerons sur ce sujet aussi. Alors, si besoin était, le Covid a montré que la santé n'est pas simplement une politique publique parmi d'autres, mais qu'elle permet en quelque sorte toutes les autres. Et elle est, vous êtes, au quotidien, la trace visible de ce qui tient une nation ensemble, de cette solidarité, et de ce qui permet de faire tout le reste.
Et donc, en vous présentant mes voeux en ce début d'année 2023, au-delà des voeux personnels que je viens de formuler, je sais à peu près ce que nous souhaitons tous. Pouvoir répondre à l'inquiétude de beaucoup de nos compatriotes, d'être reçus, soignés dans les meilleurs délais, avec un soin de qualité, inquiétude qu'ils ont parfois ou pour leurs enfants ou pour leurs parents. Et l'inquiétude, l'angoisse, la fatigue qui existe aussi chez tous les soignants. J'ai eu l'occasion d'en voir plusieurs avant les fêtes et nous avons rééchangé ce matin.
Mais je sais l'épuisement personnel et collectif, le sentiment parfois de perte de sens qui s'est installé et le sentiment, au fond, de passer d'une crise à l'autre, alors qu'on venait même de sortir du Covid, de réaffronter des crises à nouveau et de ne jamais sortir, en quelque sorte, de ce jour de crise sans fin. avec l'idée qu'il n'y a pas de perspective. Et donc, je nous souhaite collectivement d'y répondre.
Et au fond, pour moi, m'adresser à vous aujourd'hui, c'est essayer, le diagnostic, je vais y revenir très rapidement parce qu'on le connaît, mais de bâtir des actions de court terme mais aussi de long terme ensemble, de donner une impulsion nouvelle en ce début d'année pour l'ensemble de notre système de santé, en particulier notre hôpital, et de le faire avec, si je puis dire, beaucoup de détermination en essayant de pousser les choses, parfois les murs, et d'aller plus vite et plus fort, mais aussi beaucoup d'humilité parce que je sais avec vous que les choses ne bougent pas du jour au lendemain et que parfois, certains des chantiers que nous allons lancer prendront du temps, qui supposeront des points d'étape, que peut-être on va se tromper, d'ailleurs, sur la mise en oeuvre de certains à un certain moment et qu'il faudra y revenir et tous ensemble les ajuster.
Et donc, ce que je veux vous dire aujourd'hui, ce ne sont pas simplement des voeux, mais c'est aussi l'engagement dans la durée de m'engager à votre côté. Le diagnostic, vous le connaissez parfaitement. Oserais-je dire que, dans un discours que j'avais fait en 2018 à l'Elysée pour annoncer Ma Santé 2022, tout était à peu près posé. Je dis ça parce que c'est à la fois une manière de dire, on avait vu les choses, c'est une manière assez cruelle de dire aussi que si le diagnostic était juste, le traitement manifestement, indépendamment du Covid, n'était sans doute pas suffisant. Mais c'est important de l'avoir tous en tête parce qu'au fond, la crise que nous vivons, je l'évoquais avec M.
le maire tout à l'heure, ce n'est pas simplement une crise de moyens parce qu'en fait, on a déjà beaucoup répondu sur les moyens. Et je le dis à tous les soignants que vous êtes, elle est multifactorielle et elle est en fait beaucoup plus complexe que si c'était simplement un problème d'argent. Parce qu'on a fait le plus gros effort financier de notre histoire du système de santé au moment du Covid et en sortie de Covid. C'est beaucoup plus complexe que ça. C'est un problème d'organisation de notre système. C'est aussi un problème d'évolution de notre société. On vit tous dans une société qui bouge, qui évolue, où les préférences ne sont pas les mêmes.
Et donc il faut être lucide sur ce constat si on veut apporter les bonnes réponses. Mais le constat, malgré tout, est là. Pendant des décennies, on a formé de moins en moins de soignants. Et au fond, on a pensé qu'on ferait des économies sur le système et qu'ils gagneraient en innovation, en efficacité, en formant moins. Donc on a formé moins de soignants. On a moins de soignants disponibles. On en a restreint le nombre, parfois aussi une partie des équipements. On a transformé aussi l'organisation, je le dis pour l'hôpital et le volume de leur travail avec les 35 heures.
Je pense que les 35 heures ont profondément perturbé l'hôpital, qui est au demeurant le dernier endroit où on n'a pas profondément réformé l'organisation du temps de travail comme on l'a fait par ailleurs, dans à peu près tous les autres systèmes, qu'ils soient publics ou privés, parce qu'on a aussi une gouvernance qui s'est alourdie, qui a rigidifié beaucoup de procédures, parce qu'on a un cloisonnement-ville-hôpital qui s'est installé, qui vient de très loin, qui est culturel, mais qui est là, avec insuffisamment de coopération, même si à chaque fois, ce que je dis, il y a des contre-exemples, parce qu'il y a des gens qui ont su bousculer les habitudes.
On l'évoquait tout à l'heure avec le président de la CPTS ici. Et en plus de tout ça, parce qu'il se trouve que les soignantes et les soignants qui arrivent n'ont pas envie d'avoir la même vie que leurs aînés. Je le dis de manière très directe, mais parce qu'aussi, la société a changé.
Et dans une société où le télétravail s'est développé, où les choix de vie, d'organisation de la vie personnelle et professionnelle sont là, on ne peut plus demander à des médecins, des infirmiers, des infirmières, des aides-soignantes, des cadres de santé, des manips, des brancardiers, de dire, vous, votre vie ne change pas, vous allez faire comme vos parents, vos grands-parents en termes de rythme de travail. Ça ne marche pas. Et quand on dit que des gens quittent le métier pour le changer, c'est aussi le résultat de ça.
Et ça, on le vit à l'hôpital, mais comme on le vit d'ailleurs dans le libéral, la médecine de ville, on le sait bien, ou quand, que ce soit le médecin de ville ou de campagne, s'en va à la retraite, celui qui lui succède n'a pas envie d'avoir le même rythme. Et on ne remplace pas un pour un. Et en parallèle de cette évolution que je décris là, à la cavalcade, il se trouve que nous sommes un pays qui vieillit. C'est une chance. On en parlait, il y a le grand âge, on est un pays qui essaie de mieux en mieux de prendre en compte aussi les enfants, ce qu'on a fait avec les mi-jour.
Et donc, au fond, on a de plus en plus de maladies chroniques, on a de plus en plus de vulnérabilités qu'on veut prendre en charge. Et là où notre système avait été conçu historiquement pour des pathologies plus aiguës, plus ponctuelles, en quelque sorte, le besoin a été vers, au fond, de plus en plus de maladies chroniques, complexes, qu'on veut de mieux en mieux prendre en charge. Vous avez aussi, en particulier, sur votre territoire, des populations très précaires qui arrivent ou sont fléchées sur votre hôpital avec encore plus de complexité. Et on voit bien que cette situation, c'est ça qui rend la chose intenable.
Et au fond, l'hôpital et dans l'hôpital, les services qui sont exposés à ce qu'on appelle joliment les soins non programmés, c'est le coeur du coeur du problème parce que c'est là que tout vient exploser depuis maintenant quelques années. Et malgré ce qu'on a commencé à faire, je vais y revenir, le Covid a, en quelque sorte, vous me le disiez très bien, d'ailleurs, tout à l'heure, docteur, révélé au fond, cette divergence qui s'est installée pendant plusieurs décennies. Voilà, c'est ça le constat. Alors, une fois que j'ai dit ça, le grand problème, c'est que la réponse n'est pas simplement plus de moyens.
Je vais revenir encore une fois sur ce qu'on a déjà fait parce qu'on ne forme pas des médecins en un an ou deux ans. Et tout ce que je viens de dire là, on va mettre une décennie à le changer en vrai, en profondeur. Et on va vivre dans les années qui viennent, en tout cas, votre serviteur dans la fonction qui est la sienne à coup sûr, dans une situation qui va plutôt se dégrader en termes d'offres médicales. Parce qu'en plus, on a la démographie de nos médecins et il se trouve que beaucoup d'entre eux arrivent dans un âge qui est plutôt celui d'aller vers la retraite.
Et donc, il n'y a pas de recette miracle qui va dire, en un seul coup, on va vous créer une offre de santé formidable pour répondre à ce qu'on a, aux erreurs du passé ou la mauvaise programmation et à cette société qui change. Et donc, notre défi collectif, c'est à court terme de dégager du, au fond, du temps de médecin face aux patients, du temps de soignants face aux patients et donc de complètement repenser notre organisation collective en ville, à l'hôpital, de la penser de manière coopérative, et j'insiste là-dessus, en apprenant aussi ce qu'on a collectivement fait pendant la période Covid.
Et je le dis, le professeur qui me parlait tout à l'heure le disait très bien, il y a une chose, un trésor qu'on a eu pendant la période Covid qui fait qu'on a tenu qu'il ne faut pas perdre dans cette période, c'est la coopération entre tous. Et la solution pour bâtir l'avenir, elle est dans la coopération entre personnel administratif et soignant, entre soignants paramédicaux et entre la ville et l'hôpital. Tous ceux qui voudront bâtir des solutions en opposant les uns aux autres nous feront perdre du temps et en quelque sorte rendront le système encore plus inefficace.
c'est par de la coopération, une incitation à la coopération et le fait qu'on bâtisse une équipe complète qu'on y arrivera. Et donc, notre objectif de court terme, c'est vraiment de dégager du temps de soignant face à nos compatriotes pour aller vers une perspective, parce que je veux ici la redonner de moyen long terme, qui est quoi ? qui est d'avoir une médecine qui prévient mieux. Pour la 1re fois, vous avez un ministre de la prévention et de la santé. Et ça, c'est indispensable parce que tout ce qu'on prévient, c'est évidemment ce qu'on évite de soigner ensuite, et c'est un investissement rentable pour la nation et rentable pour la santé collective.
Et donc, on a besoin d'avoir un système qui prévient mieux, ce qu'on a commencé collectivement à faire depuis quelques années avec la vaccination, le dépistage et les diagnostics, mais il faut aller beaucoup plus loin, beaucoup plus fort, d'avoir une médecine qui va s'individualiser, se personnaliser et qui va devenir plus prédictive grâce à l'innovation, l'organisation. Et donc, ça, c'est l'objectif.
Et en décloisonnant beaucoup plus, améliorer donc la prévention, la santé, une médecine qui va nous permettre de limiter les actes inutiles beaucoup plus et de réduire la mortalité évitable grâce à la fois la prévention et la meilleure organisation de toute une chaîne de soins, le plus tôt possible par les personnels compétents en reconnaissant leurs compétences jusqu'aux crises aiguë. C'est ça, notre perspective collective. Mais à court terme, on ne peut la tenir que si, évidemment, on arrive à résister au choc qu'on est en train de vivre parce que la situation, elle peut être encore plus grave qu'aujourd'hui.
Alors, face à ce constat qui avait été fait, à ce que je suis en train de dire et l'objectif qui est le nôtre, on a déjà collectivement agi. Je le dis parce que je veux ici répéter les chiffres, on a investi 19 milliards d'euros dans notre système de santé avec le Ségur et en particulier sur l'hôpital, pour des très bonnes raisons, parce que c'est vers l'hôpital que refluaient toutes les difficultés, ce qui est encore le cas et ce que vous vivez. En 3 ans, le budget que notre nation consacre à la santé a augmenté de 50 milliards d'euros.
Et ce rattrapage considérable, et je dis bien rattrapage, il était nécessaire et beaucoup m'ont dit, tout le monde reconnaît ce qui a été fait avec le Ségur en termes de rémunération. Il y a aussi beaucoup un effet de rattrapage de ce qui n'avait pas été fait auparavant. J'en suis lucide. C'est pour ça que je suis en train de vous dire, que c'est pour solde de tout compte. De la même manière, on a mis fin à la baisse qui, pendant des années et des années, s'est opérée sur le tarif hospitalier. Cette baisse, je revendique, la stabilisation, on la commence en 2018, après des années de baisse. pour vous dire, je n'ai pas attendu le Covid pour voir qu'il y avait un problème à l'hôpital.
Et puis, ensuite, nous avons, grâce au Ségur, revalorisé les personnels au-delà de l'investissement que j'évoquais, avec des revalorisations qui ont changé des vies dans beaucoup d'endroits, de 180 à 400 euros par mois. Il n'y avait jamais eu un tel investissement de la nation. Simplement, il faut être clair, là où ça change la vie, par exemple, d'un infirmier, d'une infirmière, d'une étoignante, d'une étoignante ou d'un médecin, dans un hôpital de province où le coût de la vie n'est pas extrême, où il avait déjà une stabilité.
C'est beaucoup moins vrai dans les grandes villes ou une région comme la nôtre, ici aujourd'hui, où le coût de la vie, les contraintes de transport, le coût de logement sont tels que, en fait, même avec 180 euros de plus par mois, ce n'est pas ce qui vous permet d'acheter un logement à côté de l'endroit où vous travaillez ou de compenser les frais que vous avez à côté en plus. Et donc, on a un vrai problème d'attractivité, et ça, c'est vrai, tout particulièrement pour l'hôpital, malgré le Ségur, dans les grandes villes et les régions où le coût de la vie est plus élevé que dans d'autres. Et puis, on a mis fin au numerus clausus dans ces années dernières.
Depuis 20 ans, je le disais, on ne formait pas assez de soignants. Et on a mis fin parce que je veux ici rappeler les chiffres. On a perdu ces dernières années environ 6 000 médecins généralistes. On est à un peu moins de 100 000 médecins généralistes aujourd'hui. Le problème, c'est que nous aurons environ 80 000 médecins généralistes en 2025, si tous ceux qui doivent partir à la retraite partent. Et on a, selon les chiffres de la Caisse nationale d'assurance maladie, presque la moitié des médecins aujourd'hui qui ont plus de 60 ans.
C'est d'ailleurs pour ça que vous avez sans doute vu que dans les derniers textes financiers, on a pris une mesure qui facilite, favorise le cumul emploi retraite parce qu'heureusement, tous ne prennent pas la retraite à l'âge dit et qu'on veut faciliter et en quelque sorte rendre plus attractif le cumul emploi retraite parce qu'on va avoir besoin de garder le maximum de médecins qui sont prêts à le faire, qui seraient en âge de partir à la retraite pour que ce soit très incitatif. Je le dis juste, mais malgré l'ouverture du numerus clausus qu'on a fait ces dernières années, on n'en verra pas le résultat dans les 5-8 ans qui viennent.
Donc on va devoir oeuvrer tous ensemble à une stratégie et donc réorganiser, décloisonner, réussir à libérer du temps médical. Voilà en quelque sorte à la fois le constat que je voulais faire, redire ce qu'on a fait, la perspective vers laquelle on doit aller, mais donc aujourd'hui, on doit aller beaucoup plus vite, beaucoup plus fort, prendre des décisions radicales, mais collectivement, jouer aussi d'intelligence collective et de liberté donnée au terrain.
Et moi, je veux remercier toutes celles et ceux qui m'ont parlé ce matin parce qu'en plus de l'activité, il y a plein d'idées très concrètes déjà mises en oeuvre et de volonté de faire et de trouver en quelque sorte sur le terrain des réponses. Il faut vous en donner les moyens et les possibilités. Alors, 1er objectif pour moi en ces débuts d'année, pour nous, c'est de, en quelque sorte, gagner du temps médical. Je vous ai dit qu'on ne va pas inventer et créer des médecins massivement. On va tous ensemble essayer de mieux nous organiser pour, en quelque sorte, permettre d'avoir, à l'hôpital comme en ville, plus de temps médical pour nos compatriotes.
Nous allons, à cet égard, accélérer le recrutement des assistants médicaux pour les médecins. On a aujourd'hui près de 4 000 assistants médicaux qui ont déjà signé un contrat. Et ce qui est un des vrais succès, pour le coup, j'étais critique avec moi-même sur la stratégie Ma Santé 2022, ce qu'on a lancé en 2018, ça, c'est un vrai succès de la politique lancée depuis 2018. Partout, on a organisé cette capacité à organiser sur le territoire, justement, des communautés de soignants, ces fameuses CPTS. On a réussi à mettre en place ces assistants médicaux. Ça a un vrai effet. Ça libère du temps médical. Ça permet de s'organiser mieux. Donc, je vous le dis, on en a près de 4 000.
On doit arriver à 10 000 d'ici la fin d'année prochaine. Et ça, c'est faisable. Et donc, je souhaite qu'on les généralise. On va continuer. Et donc, on va accroître les financements pour le faire, inciter davantage. Et ça permet de délester des tâches périphériques aux soins. Et ce que je veux, c'est qu'on puisse aussi l'appliquer à l'hôpital, où nous basculerons des personnels administratifs, logistiques, techniques, au plus près des services pour permettre aux soignants de se concentrer sur le coeur de leur métier. C'est ce que Sandra, je crois, je ne vais pas écorcher son nom, me disait tout à l'heure en pédiatrie. C'est ça, hein ? C'est exactement ce que...
Non, mais sur ce que vous avez vécu, vous avez pu dégager du temps parce que vous avez eu... Merci au directeur de l'hôpital et à madame la présidente de ce qui a été fait et de l'accompagnement. Mais on vous a donné ce poste. Bon. C'est ça qu'il faut qu'on généralise. C'est exactement la même chose. Et ce que vous avez inventé dans votre service, c'est ce qu'il faut qu'on généralise partout parce que ça permet aux aides-soignants et soignantes, aux infirmiers et infirmières de ne pas faire des tâches qui sont ou administratives ou logistiques et d'avoir des emplois administratifs. Or, on en a beaucoup d'emplois administratifs parce qu'on nous dit toujours vous administrez trop le système.
C'est assez vrai. Mais ils ne sont pas toujours au bon endroit. Ils sont parfois trop au coeur des services administratifs de l'hôpital. Ils sont dans nos ARS qui ont fait un travail remarquable pendant toute la période et encore maintenant. Ils sont dans l'administration centrale. Il faut qu'on réalloue mieux nos moyens pour les mettre parfois au plus près du terrain et au service des équipes soignantes. Et donc, c'est ça ce qu'on va faire collectivement. Et je pense que ça redonne du sens aussi pour tout le monde au travail qu'on fait. Donc ça, ça permettrait concrètement de dégager du temps de soignants ces redéploiements.
Retrouver du temps utile de soins, ça veut dire plus spécifiquement pour l'hôpital aussi, renforcer les équipes qui sont au chevet des patients. Alors, pour y parvenir, nous allons tout d'abord redonner du souffle aux équipes par des renforts de professionnels et plus de paramédicaux. Alors là, je vais être très clair. On a commencé à augmenter fortement les places ouvertes pour les infirmiers et infirmières, plus de 20 % en 3 ans. Et avec les régions, et je leur remercie pour leur engagement, nous devrons aller encore plus loin pour en former davantage. Parce que là, le temps de formation permet de déboucher. Mais je vais être assez clair parce que je vous ai entendu là tous et toutes.
Je vous donne des chiffres en bombant le torse, on a déjà fait plus de 20 %. Je suis très fier de ça. On a eu raison. On a ouvert des postes. Maintenant, le problème, c'est que, en préparant ces vœux, j'ai aussi... Je vous ai écouté ce matin, puis j'ai écouté, préparé toutes celles et ceux qui oeuvrent chaque jour, et je les en remercie dans le pilotage. Le problème, c'est qu'on en a beaucoup trop qui arrêtent en cours de formation. On a environ 30 % qui échouent à la fin de ces formations. Ça veut dire que même quand je vous dis qu'on a fait plus de 20 %, super, on va continuer. Quand on dit qu'on en forme 100, on ouvre 100 postes de formés, on en a 55 qui arrivent sur le terrain.
Et puis, en plus, on a le problème que beaucoup trop... Certains se réorientent et vont dire à la fin de leurs études que finalement, je ne vais pas aller, c'est trop dur. Et d'autres vont faire tout de suite intérim. Plusieurs m'ont dit aussi. Bon. Donc, on va continuer d'ouvrir des postes, mais qu'est-ce qu'on doit faire ? Un, on doit réfléchir à la bonne orientation. Pour la santé, on en a besoin de manière criante. On doit améliorer le système Parcoursup qui n'est pas optimal, qui ne permet pas aujourd'hui de bien mesurer la motivation. Et donc, ça, on va l'améliorer. La 2e chose, c'est qu'il faut qu'on revoie l'organisation et le fonctionnement de nos études.
Il y a plein d'idées, qui ont certainement été données, mais ça, c'est un chantier que je commence et qu'on finalise d'ici à l'été. C'est indispensable. Et la 3e, c'est qu'il faut qu'on mette aussi un système qui est plus responsabilisant en sortie d'études. Et là, pour tout le monde, on ne peut pas avoir des soignants conformes, quelles que soient leurs qualifications, et qui, tout de suite, partent en intérim ou en remplacement. Ce n'est pas possible. Parce que sinon, on va décourager tout le monde. Et donc, il faut qu'on se dise qu'on doit pouvoir avoir pendant X années un temps où on choisit un poste, on choisit une fonction, etc.
Ça va avec aussi la revalorisation qu'on va continuer de faire et une manière d'être aussi collectivement attractif. La volonté d'obstimisation, si je puis dire, a aussi excédé largement l'idée de départ. Et on a aussi des professionnels qui, du coup, ont été en souffrance. C'est ce qui a créé beaucoup de départs de l'hôpital. Et donc, en plus de ces formations, ce que je veux dire, c'est qu'on doit aussi, à court terme, tout faire pour garder les personnels qui sont là. et ça, c'est le défi des prochains mois.
Et à cet égard, je souhaite que d'ici à juin, on puisse se concentrer sur tout un travail qui permet de plus de sérénité, de sécurité des soignants auprès des malades, ce qui veut dire qu'on doit ensemble travailler à une meilleure organisation du temps de travail. Qu'est-ce qui ne marche pas dans notre hôpital aujourd'hui ? C'est que, je le disais, ce qui est vrai, c'est le dernier endroit où, juridiquement, les 35 heures fonctionnent encore. C'est une hyper-rigidité. Si je dis ça, il y en a plein d'entre vous qui vont bondir sûrement en disant, mais moi, je ne travaille pas 35 heures, il est sympa, lui. C'est tout à fait vrai. C'est tout à fait vrai.
Et donc, du coup, le système ne marche que par des heures sup qui sont allouées de manière complètement hétérogène selon les services. Donc, ça ne crée pas un bon travail entre les services et qui, d'ailleurs, a créé aussi beaucoup d'hétérogénéité selon le territoire, les spécialités, les services, parce qu'il y a des heures sup qui sont vraiment payées. Mais il y a des heures sup qu'on met sur des comptes qui ne sont pas payées tout de suite, qui créent beaucoup de différences et qui, malgré toutes les revalorisations et les Ségur qu'on a fait, fait aux heures payées à la contrainte demandée, c'est impossible. Donc, plus personne... On va être clair. Le système, on l'a surcontraint.
Alors, on peut dire qu'on va mettre plus de moyens, etc., mais sur un système qui est surcontraint et qui ne marche pas bien, ou aussi, il faut bien le dire, on n'utilise pas bien collectivement l'instrument qu'est l'hôpital, parce qu'on utilise suffisamment bien les blocs opératoires qui sont les nôtres, les équipements qui sont collectivement les nôtres. La vérité est non parce qu'on a créé trop de contraintes en organisation du temps de travail et donc, on n'a pas non plus optimisé collectivement le temps.
Et il faut redonner de la visibilité à tout le monde pour se dire qu'on n'est pas des boucherous et donc, on a envie aussi d'avoir des plans de charge sur lesquels on nous donne de la visibilité. Ce système, il faut le remettre à plat et je demande que ce soit fait d'ici au 1er juin pour que, avec la petite équipe projet qui fera ça auprès du ministre, on puisse rebâtir un système qui est objectivement plus cohérent avec la réalité de votre quotidien. Sinon, on va, je vous le dis, en permanence, en permanence sur ce sujet, combler les crises. Et en permanence, on fera des primes, des revalos, des trucs.
Et en permanence, on aura des systèmes où ce n'est pas suffisamment utilisé, où il manque tel ou tel soignant parce qu'on doit repenser l'organisation dans l'hôpital, l'organisation du temps de travail, l'organisation des plans de charge. Et on doit le faire d'ailleurs de manière plus large entre ce qui est fait au domicile, en ambulatoire, en hospitalisation classique. A côté de ça, et c'est le 2e grand axe sur lequel je voulais concentrer mon propos, on doit réorganiser des soins à l'hôpital pour retrouver une échelle humaine.
Moi, je suis frappé depuis ces dernières années, avant le Covid, encore plus pendant le Covid, et je dirais, pour moi, la période qu'on vit en sortie de Covid, elle est encore plus inquiétante à cet égard. Il y a un besoin de rémunération. On a commencé à le combler, on n'est pas au bout, c'est vrai, mais il y a un besoin de reconnaissance et de sens. Et c'est aussi pour ça que je suis devant vous ce matin, parce que je ne suis pas dupe, je vous entends. Et ce que vous dites, c'est qu'on nous a applaudis tous les soirs à 20h quand c'était le Covid, et après, tout le monde nous a oubliés.
Et pour nous, c'est presque plus dur, parfois, dans certains services que ça ne l'était pendant le Covid, ce qui est vrai. Alors comment, au-delà de la reconnaissance que moi, je viens témoigner ici aujourd'hui, on va dans la durée le faire, en remettant, en quelque sorte, notre organisation collective à l'échelle humaine. Et je pense qu'au-delà d'un système de reconnaissance, c'est ce qui permet de donner du sens et une meilleure organisation collective. À l'hôpital, je crois pouvoir dire sous votre contrôle qu'un des ressorts du désenchantement, c'est une organisation des équipes qui, à force de rationalité, a perdu en prévisibilité en humanité.
Et je dis ça, franchement, c'est la faute à personne. C'est la faute à plein de bonnes volontés qui voulaient faire des économies, mieux organiser les choses, et à un moment, le système, il s'est crispé. Mais la vérité, c'est que, à cause de l'organisation du temps de travail que j'ai déjà évoqué et d'une organisation qu'on a massifiée autour de pôles parfois très lourds, etc., mais surtout, en ayant une même organisation partout sur le territoire, on a parfois découragé.
On a créé aussi des situations du coup où on a, pour les soignants qui restent, créer des agendats impossibles où, au sein d'un pôle et d'un service l'autre, on vous dit, du jour au lendemain, tu dois faire telle garde, tu dois venir combler tel besoin ou tel autre. C'est ça, la réalité. Et donc, beaucoup de nos soignants aspirent à revoir leur planning, leur schéma horaire, à retrouver plus de temps pour les malades, plus de temps pour pouvoir se former, plus de temps en équipe. Et ça tombe bien parce que c'est exactement ce dont on a besoin pour répondre aux défis que j'évoquais. Et donc, si on veut réussir à faire ça, on doit aussi permettre plus de liberté d'organisation.
Et je veux qu'au plus tard, d'ici le 1er juin, chaque hôpital ait engagé et finalisé les discussions avec toutes les équipes, l'ensemble des partenaires sociaux, pour adapter les plannings et les organisations de travail, comme je le disais, et pouvoir aussi le faire au niveau du service. Chaque service doit pouvoir se saisir de cette liberté de s'organiser en autonomie et en responsabilité avec le maximum de liberté dans la construction des plannings sous la conduite des cadres des chefs de service. Il faut que le service redevienne l'unité organique et humaine pour pouvoir organiser les choses. Après, il y a des coopérations par pôle. Il y a des tas de modèles.
Il y a des endroits où les pôles, ça marche bien parce qu'ils sont cohérents. Il y a des endroits, c'est une catastrophe. Je vous le dis comme je l'ai vu. Il faut laisser cette possibilité de réorganiser les choses mais que d'ici au 1er juin, on ait ce dialogue qui soit fait et une vraie autonomie des équipes pour leur organisation parce que c'est ce qui permettra aussi de se dire en dessous de certains seuils quand on a un problème, il faut prendre des décisions qui sont d'organisation complète mais on redonne de la prévisibilité à tout le monde et c'est clé. et on redonne de l'humanité parce que les gens se connaissent parce qu'ils peuvent organiser des choses autres.
Et donc plus largement d'ici le 1er juin, l'hôpital public doit retrouver partout l'échelle du service pour prendre les décisions du quotidien dans le feu de l'action, dans la suite des jours et des nuits. C'est parce qu'on se connaît qu'on s'épaule qu'on peut gagner en efficacité. Et donc après, si les pôles sont choisis, qu'ils soient maintenus, il faut une liberté d'organisation plus forte. Alors ce qui est formidable dans notre organisation collective, c'est quand j'ai dit ça, j'ai dit moi, je veux que ce soit fait dès le 1er juin, on m'a d'abord dit c'est totalement impossible, il faut prendre un texte de loi et donc ce ne sera jamais prêt le 1er juin.
Et puis après, on m'a dit en fait, non, le texte de loi est déjà pris, mais personne n'est au courant. C'est une réalité. Donc on peut déjà le faire, la loi a ouvert la possibilité d'organiser au niveau du service. Je le dis, orbi et torbi, il faut que tout le monde s'en saisisse pour pouvoir trouver ces latitudes et surtout qu'on puisse se saisir du champ organisationnel que je viens d'ouvrir sur le temps de travail l'affectation des rémunérations qui vont avec et que collectivement, on s'en sait, mais ce n'est pas une rigidité, on a le droit et donc il faut retrouver cette possibilité d'organiser les choses de la manière la plus adaptée, en tout cas, c'est ouvert.
En ce qui concerne la direction même de nos hôpitaux, et je remercie ici vraiment tout le travail qui a été fait et remarquable qui a été fait à la fois par le directeur de l'équipe administrative et l'équipe médicale, je pense qu'on a tous vécu pendant le Covid une chose qui a, au fond, levé les barrières. Et c'est pour ça que je disais, moi, je ne crois pas du tout à l'opposition. Très longtemps, on a dit que ça ne doit pas être les soignants qui dirigent l'hôpital, ça doit être les administratifs. Après, on a dit que c'est les problèmes que c'est les administratifs qui dirigent. quand ça marche, quand c'est ensemble.
Et donc, moi, je souhaite qu'on puisse aller, et on a plusieurs textes de loi portés par nos parlementaires qui permettront d'aller dans ce sens, qui est, le ministre mène une concertation qui nous permettra de préciser les modalités organisationnelles, mais qu'on puisse mettre à la tête de nos hôpitaux un tandem, un tandem administratif et médical. Un vrai tandem qui, sur la base d'un projet qui est soumis, en redonnant toute une place aussi au conseil d'administration de notre hôpital, eh bien, puisse bâtir un projet qui soit évalué, que le meilleur projet soit choisi et que ce soit un tandem qui soit mis en place.
Je pense que c'est une bonne chose pour que tout le monde travaille bien ensemble, main dans l'amour. Enfin, pour que l'hôpital soit remis à l'échelle humaine, nous changerons pour tous les établissements, publics comme privés, le financement. En effet, les besoins de santé évoluent et personne ne peut plus supporter que des établissements se fassent une concurrence nuisible. Et on le sait bien, et beaucoup des débats sont crispés autour de cette fameuse tarification à l'activité. On a eu ce débat, d'ailleurs, pour la pédiatrie en fin de l'année dernière, disons qu'il faut revaloriser.
Et au fond, c'est une logique exclusive par la tarification à l'acte qui a créé beaucoup de, il faut le dire, de dysfonctionnements dans le système. D'abord parce que qui a été débaté, il y a une partie qui a été débaté sur la matière de l'activité et qui a été débaté sur la matière. Et à chaque fois, il y a aussi des établissements qui ne coopèrent pas du tout, c'est une réalité. Le mode des rémunérations qu'on a créé ne valorise que l'acte. Et donc, enfin, à une extrême majorité. On le sait très bien, il prend mal en compte le soin non programmé, il prend mal en compte les activités les plus complexes qui vont prendre du temps.
La pédiatrie étant d'ailleurs un très bon exemple, mais il y en a d'autres. Et au fond, il laisse le cœur des activités qui se retrouvent à l'hôpital public aussi parce que beaucoup d'autres ne veulent plus les faire. Et donc, je ne vais pas vous dire qu'on va sortir progressivement de la T2A. Il se trouve que ça, je l'ai déjà dit en novembre 2018. Donc j'ai le sens à la fois du ridicule de l'esprit de responsabilité. Quand des systèmes se sont installés et qu'on dit on va les changer progressivement, ça ne marche pas. Donc il faut qu'on procède différemment.
On doit sortir de la tarification à l'activité dès le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour aller vers un nouveau financement qu'on doit rebâtir sur le base d'un travail en profondeur et d'une concertation qui repose sur une réaménération basée sur des objectifs de santé publique. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que pour l'hôpital public, les établissements privés, les professionnels de santé dans le libéral, il faut qu'il y ait une part structurante de la rémunération qui repose sur des objectifs de santé publique qu'on négocie à l'échelle d'un territoire. Et comment on prend en charge la population qui nous est donnée ?
Ça crée plus de coopération et c'est la réalité de ce que vivent les territoires. Ensuite, il doit y avoir une rémunération effective des missions réalisées par chacun, prise en charge de la mission et de sa complexité, et enfin une part de rémunération à l'activité qui est tout à fait légitime et qui doit continuer d'être là. Ce chantier, il faut absolument le faire parce que c'est celui qui permettra de recréer de la coopération davantage entre le public et le privé, de mieux prendre en compte les spécialités qui sont les plus complexes, qui sont parfois les parents pauvres, et surtout de créer plus de coopération, vous allez me voir venir, à l'échelle des territoires.
C'est exactement ce qu'on veut faire. Ce nouveau financement concernera tout à la fois les établissements publics et privés, mais aussi la rémunération de la coopération entre la ville et l'hôpital pour favoriser le travail collectif au service des patients. La transformation profonde de l'organisation à l'hôpital fera beaucoup, mais elle ne fera pas tout à travers ces quelques textes.
C'est des éléments très structurants que je viens d'évoquer, mais il faudra aller au-delà, et là aussi le gérer au plus près du terrain, parce que je le sais, là aussi, je l'ai évoqué rapidement tout à l'heure, mais il y a le sens, il y a l'organisation du travail, le sens qu'on donne à ce travail, la capacité d'avoir une visibilité sur son plan de travail et de bien faire son travail et d'avoir cette satisfaction, ce que vous demandez toutes et tous, mais il y a aussi les conditions de vie.
Et des conditions de vie peuvent encore être difficiles, voire très difficiles pour le nombre de nos soignants qui ont des journées de l'autre, des horaires souvent atypiques, et je le disais, dans des bassins de vie, comme on dit maintenant, où le logement est cher et où parfois on doit habiter loin de l'endroit où on travaille, à des horaires où le transport en commun, ça n'existe plus. C'est ça la réalité. C'est exactement celle que vous vivez. Et donc, là-dessus, ce que nous allons lancer au plus près du terrain, et beaucoup de directrices, directeurs d'hôpitaux, de maires ont déjà lancé des initiatives en ce sens.
Et je sais que c'est en cours à la PHP, je sais que vous l'avez lancée ici aussi, mais avec les ministres, on va vous accompagner massivement. On a lancé une grande initiative avec les élus locaux pour définir d'ici l'été prochain un plan d'action partagé. Et donc, il faut qu'on aide, justement, celles et ceux dans ces zones où le logement est très cher à le faire. Il faut qu'on ait aussi, sur des sujets aussi clairs que l'accompagnement aux déplacements, les stationnements, etc., des choses très concrètes, très ancillaires.
Ce n'est pas le président de la République qui va les décider, mais il faut qu'il y ait un plan d'accompagnement pour que partout sur les territoires où c'est un besoin criant, d'ici l'été prochain, on ait là aussi des solutions nouvelles qui soient apportées. Et puis, enfin, c'est la question des carrières. Et qu'il s'agisse des praticiens hospitaliers, des infirmiers, des aides-soignants, on a un sujet d'évolution des carrières sur lequel je souhaite que d'ici au prochain PLFSS, on puisse voir les points qui restent à traiter pour pleinement garder celles et ceux qui sont dans des situations de fragilité et, là aussi, consolider, au-delà de ce que j'ai déjà dit, l'attractivité.
Parce que c'est aussi dans la gestion des carrières, des formations, la bonne rémunération après les formations, la reconnaissance de ces formations dans les responsabilités qu'on donne, qu'on améliorera les choses. On a collectivement progressé ces dernières années sur les IPA. On en parlait tout à l'heure avec l'une d'entre vous. On va aller beaucoup plus loin, mais on doit généraliser, l'améliorer sur les différentes catégories que j'évoque. Ensuite, et c'est le 3e axe sur lequel je voulais revenir, on doit redistribuer les efforts pour assurer une permanence et une universalité des soins. Et ça, au fond, qu'est-ce que c'est ?
C'est qu'on doit mieux décloisonner la ville et l'hôpital pour répondre à 2 grands problèmes qu'on connaît tous. Celui des déserts médicaux, d'un côté, celui de la thrombose des soins non programmés, urgences, pédiatrie ou autres ces dernières semaines, à l'hôpital, dans les zones qui sont très tombées. Cette libération massive de temps médical dans le système que je viens d'évoquer, en effet, elle doit s'accompagner d'une meilleure distribution des compétences et d'une répartition plus juste des obligations. Et là aussi, il faut le faire de manière extrêmement coopérative, respectueuse de tous et toutes. Et moi, je compte sur l'engagement de chacune et chacun.
Parce que la continuité, la qualité, la permanence des soins, ça doit être l'affaire de tous et de toutes. Et je sais que beaucoup de nos infirmiers, infirmières, médecins, personnels de santé, paramédicaux qui sont dans le libéral, ils tiennent aussi et veulent participer à cela. Alors, pour la permanence des soins des établissements, ce que chacun appelle les urgences, on va faire plusieurs choses. D'un côté, au sein de l'hôpital, il faut ouvrir le chantier sur la rémunération du travail de nuit et de la permanence. Je vais le dire, tant que nous n'aurons pas rebâti les choses, les mesures d'urgence prévues jusqu'en mars seront maintenues.
C'est indispensable parce qu'on ne va pas, au moment où les gens épuisés vont sortir du pic de la crise, se dire, on va vous débrancher, ce qui est, je crois, là aussi, des mesures de réparation pour le travail de nuit et les gardes de week-end. Par contre, ça s'inscrit dans tout le chantier de refonte de l'organisation du travail à l'hôpital que j'évoquais. Ça, on doit le valoriser, on doit le prendre en compte.
On doit aussi avoir un vrai débat sur la pénibilité de ces missions, parce qu'elles ne sont pas les mêmes, et la grande difficulté de celles-ci, et du quotidien, de la rémunération, de l'organisation du temps, jusque la prise en compte dans le système de retraite pour les catégories actives que vous êtes. D'autre part, j'ai demandé au ministre d'engager des travaux dès maintenant pour que les cliniques et les hôpitaux puissent participer avec la même intensité à cette mission fondamentale. Et dès lors qu'un établissement est financé par l'argent public, il doit prendre toute sa part dans les besoins de santé du territoire et la continuité des soins.
Je le disais, c'est déjà le cas pour beaucoup d'entre eux, il faut mieux inciter à cette coopération et donc avoir un système de rémunération qui incite mieux, récompense mieux, si je puis dire, les établissements privés, privés non lucratifs qui participent à la continuité des soins sur un territoire et être moins généreux avec ceux qui n'y participent pas. C'est comme ça qu'on doit marcher. Pour la permanence des soins en ville, parce que tout se tient, et beaucoup l'ont dit dans les services qui sont les vôtres, quand la permanence des soins en ville est mal assurée ou plus assurée, tout arrive à l'hôpital. Et donc tout se tient.
Et ce n'est pas simplement à l'hôpital qu'il faut mettre les moyens, il faut re-responsabiliser et ré-inciter à avoir une permanence des soins en ville. Les Français doivent trouver facilement un médecin de garde. Alors je sais qu'il existe beaucoup d'initiatives. J'ai pu les voir moi-même sur le terrain, dans les grandes villes, dans le rural, pour avancer dans ce sens. Et je veux saluer vraiment l'engagement, le dévouement de beaucoup de médecins, de paramédicaux en ce sens. Nos fameux conseils nationaux de la refondation territoriaux de la santé ont permis d'identifier ce qui marche déjà, qu'on va généraliser rapidement, avec là aussi plus de moyens et des incitations.
Et on ne peut pas avoir, je le dis très clairement, d'un côté des médecins qui s'épuisent au-delà du raisonnable pour faire des gardes le week-end, pour prendre un patient sur l'heure du déjeuner, pour faire toujours davantage, et qui se sentent responsables, en quelque sorte, d'une population à l'échelle d'un territoire et qui ne veulent pas s'imiter à leur patientèle.
Et de dire, on va avoir avec eux exactement la même approche qu'avec des médecins qui disent, moi, je ne peux plus en prendre un seul, réorganisent différemment leur temps, ce que je respecte totalement, c'est la liberté de chacun, mais font un autre choix de vie, mais du coup, un choix qui n'est pas forcément en coopération avec le reste du territoire. Et du coup, c'est professionnel, ils ne font plus tout à fait non plus le même métier avec le même engagement. Quand on reste avec une tarification qui n'est qu'à l'acte, ce n'est pas ce qu'il y a de plus juste. Ce n'est pas ce qu'il y a de plus juste.
Et donc, nous allons mieux rémunérer les médecins qui assurent la permanence des soins et ceux qui prennent en charge des nouveaux patients, au-delà des patients de telle cible qu'on a définis. Et donc, ça, c'est une exigence de nos concitoyens, c'est une vraie réponse à la fois à la permanence des soins dans les lieux très tendus et aux déserts médicaux. Et c'est, je le dis là, que nous allons concentrer l'effort financier des négociations conventionnelles qui ont vocation à s'achever à la fin du 1er trimestre. Et donc, oui, on va mettre plus de moyens, il faut les mettre. Mais il faut le mettre au bon endroit. Et on ne peut pas revaloriser de la même manière simplement l'acte.
Il faut faire les choses plus intelligemment, conformément de ce qu'on se dit. Et donc, il faut mieux rémunérer, en quelque sorte, celles et ceux qui vont être prêts à former des jeunes et prendre des internes auprès d'eux, à prendre de nouveaux patients, à aider au coup de chauffe quand il existe, à participer à une offre de soins sur le territoire. C'est ça qu'il faut mieux aider, mieux rémunérer. Et vous voyez que c'est très cohérent avec la généralisation de nos fameux CPTS que nous voulons voir se faire développer.
Comme on leur a mis des assistants médicaux, c'est sur les professionnels qui sont prêts à s'organiser sur un territoire avec d'autres et à assurer à la permanence des soins qu'on va mettre plus de moyens. C'est plus juste. Et donc, on va faire avec eux exactement comme on va faire avec l'hôpital, c'est-à-dire on sort d'un financement à l'acte pour être sur un financement à la mission, à la réponse en termes de santé pour une population. Plus largement, il faut bâtir un nouveau pacte avec la médecine libérale, un pacte de droit et de devoir. Nous avons besoin de notre médecine libérale.
Et moi, je veux être clair, je crois dans l'importance de ce modèle, dans la force du modèle français qui a toutes les fonctions, tous les choix de vie et d'organisation. Mais on doit mettre fin à une divergence qui s'est installée. Elle n'est pas vraie, d'ailleurs, partout et pour tout le monde. Mais il faut mieux récompenser, mieux inciter toutes celles et ceux qui veulent travailler ensemble. Et donc, dans chaque territoire, il va s'agir de construire une forme de solidarité collective.
pour les médecins spécialistes, il s'agit par exemple de réaliser des consultations avancées dans les zones sous-denses pour des généralistes de participer à la prise en charge des soins programmés, d'accueillir des internes en stage, comme je le disais. Et donc, ce qu'on veut faire, et c'est là-dessus qu'on concentrera les besoins, c'est d'ici à la fin de cette année que chaque citoyen, en quelque sorte, puisse avoir accès, dans son bassin de vie, à une offre de soins. Alors, appelons ça réseau territorial, appelons ça... On a eu plein d'acronymes, plein de noms déjà ces dernières décennies, je n'ai pas envie d'en rajouter. Je veux être simple et compris.
On a besoin que, quand on habite dans un endroit, on puisse avoir quelqu'un en référence. C'est un médecin ou quelqu'un qui travaille avec lui dans ce réseau, qui peut être un paramédical, selon les besoins et ce qu'on a fléchés, qui va être un spécialiste, qui va être à la ville ou à l'hôpital. Et donc, on veut créer à l'échelle d'un territoire en fait une solution de santé en incitant les acteurs de santé sur un territoire à coopérer entre eux. Et donc, vous l'avez compris, dans le financement de l'hôpital, le financement de la ville, c'est là-dessus qu'on va mettre les moyens.
Et la méthode, c'est simple, ça va être précisément nos fameux CNR territoriaux qu'on va maintenant à partir de... systématiser sur l'ensemble des bassins de vie. Et ces CNR territoriaux, ça n'a pas vocation à discuter. Non, ça va être de bâtir d'ici à la fin de l'année une feuille de route et de se dire comment on s'organise. Et ça va déboucher soit sur des nouvelles CPTS, soit sur des raisons entre des CPTS, des hôpitaux existants et autres.
Et l'ensemble des professionnels de santé vont s'engager sur, en quelque sorte, une réponse en termes de soins pour pouvoir assurer la continuité des soins pour tous nos compatriotes et se dire, voilà, ce dont on a besoin, les moyens dont on a besoin, et on va contractualiser sur ces moyens. C'est la meilleure façon de sortir du cloisonnement de ville-hôpital, mais surtout de récompenser aussi toutes celles et ceux qui sont dans cette stratégie de coopération. Les médecins généralistes doivent ainsi pouvoir se concentrer sur la santé, rien que sur la santé dans ce contexte. Et c'est un peu le quatrième axe qui vient en soutien de ce troisième.
En effet, nos médecins généralistes sont pour les Français le visage le plus familier de notre système de santé. Et c'est pourquoi aussi je veux qu'on revalorise leur rôle, d'abord en les aidant à prendre en charge davantage de patients, avec la rémunération qu'on va mettre en place, avec la multiplication aussi des aides et, comme je le disais tout à l'heure, la multiplication aussi du système des assistants médicaux que nous avons créés en les généralisant très largement. Je veux aussi qu'on puisse continuer à supprimer toutes les tâches inutiles, comme certains certificats, qu'on puisse développer la télé-expertise, la télésurveillance, qui est une bonne chose.
Et à cet égard, je le dis très clairement, le seuil de 20% de téléconsultation qui a été mis n'est pas une bonne idée. C'est le mariage de la volonté de faire des économies avec la volonté de ne pas perdre de la patientèle. Mais ce n'est pas comme s'il y avait des problèmes sur les patientèles. Il y a un problème, c'est qu'il y a trop de gens qui n'ont pas de médecin. Donc il faut libérer ce sujet et puis on régulera les excès. Il ne faut pas créer des interdictions à bénitiaux, ce qui est toujours notre tendance. Donc il faut simplifier les choses et les valoriser.
Et ensuite, dans le cadre de la négociation conventionnelle qui s'est ouverte en novembre avec l'assurance maladie, et selon le pacte de droit et devoir que j'ai décrit équivaut aussi, on mettra les moyens. Nous devons donc faire évoluer également les compétences des autres professionnels de santé pour renforcer notre capacité à soigner nos compatriotes. Et dans cette offre territoriale, ces réseaux qu'on veut mettre en place, ces coalitions en quelque sorte de santé, si je puis dire, sur le territoire qu'on va bâtir cette année ensemble, nous allons également associer tous les autres paramédicaux, toutes les autres professions.
Nous développerons ainsi plus massivement les infirmiers et infirmières de pratiques avancées. Nous ferons connaître aux Français les possibilités qui sont les leurs, comme celle d'aller chez un orthoptiste à partir de janvier pour un renouvellement de lunettes, chose très simple, qui était indispensable, c'est maintenant possible. Nous permettrons aux Français d'avoir recours à d'autres professionnels de santé pour des renouvellements d'ordonnances pour les maladies chroniques, pour la vaccination, pour le dépistage, pour l'éducation thérapeutique qui doivent pouvoir être réalisées par des pharmaciens, par des sages-femmes, par des infirmiers, des infirmières.
La délégation d'actes doit être simplifiée, généralisée, et il ne faut pas qu'il y ait de conflits entre les professions. Si ça se fait à l'échelle d'une coalition, d'un réseau, ça va inciter tout le monde à coopérer. Et on aura des paramédicaux qui seront en lien avec des médicaux. Mais il faut que les formations et les compétences de chacun soient dûment reconnues pour que chacune et chacun se concentrent sur les tâches, les métiers, la complexité pour laquelle il a été formé. Et pas sur des tâches parfois un peu répétitives, plus simples, qui peuvent être déléguées à d'autres professionnels paramédicaux dont on valorisera aussi ainsi pleinement la formation. C'est ça ce qu'on doit faire.
Sinon, on n'arrivera pas à résoudre le problème qui est collectivement le nôtre. On a déjà des expériences permettant aux pharmaciens d'accueillir et d'orienter certaines pathologies bénignes du quotidien qui font leur preuve. On a plusieurs autres professions paramédicales qui veulent contribuer. Nous ne devons pas perdre de temps et les généraliser. À cet égard, le ministre de la Santé, avec les partis concernés, les parlementaires les plus impliqués, devra identifier toutes ces évolutions d'ici au 1er mars. On a déjà beaucoup de travaux qui sont en cours et qui vont dans ce sens pour pouvoir les généraliser, les simplifier.
Chacun doit prendre ses responsabilités, et je le dis aussi à tous nos compatriotes. Sur ce point, j'échèverai par ce message de responsabilisation. Il est indispensable. Vous l'avez vu, chacun prenne sa part, davantage de parts, mais nos compatriotes ont aussi un rôle à jouer. Et quand on parle de la santé, le patient a un rôle dans la santé. C'est le coeur de la logique de prévention, ce qu'on veut faire par la formation. Mais notre système, à force de lever toutes les barrières de l'accès aux soins, ce qui est une bonne chose et que nous garderons, a parfois déresponsabilisé beaucoup de nos compatriotes.
Et en quelque sorte, comme la santé n'a plus de prix, pour beaucoup de nos compatriotes, elle n'a plus de valeur. Et je le dis, trop de temps médical est gaspillé par un excès d'imprévoyance, de la désinvolture, avec en particulier des rendez-vous non honorés. Et pour supprimer cette perte sèche de temps médical, là aussi, un travail sera engagé avec l'assurance maladie pour responsabiliser les patients lorsqu'un rendez-vous où plusieurs ne sont pas honorés ou lorsqu'il y a des recours abusifs à des soins non programmés. On doit mettre fin à un système où, en quelque sorte, on fait avec notre système de santé ce qu'on ne fait avec rien d'autre dans la vie de notre société.
C'est-à-dire qu'on pense que le droit de tirage est absolu, sans fin, illimité, que le respect n'a plus cours parce qu'on ne paye jamais. Ce n'est pas possible. Enfin, je le disais, le médecin traitant doit être la porte d'entrée, mais pas le verrou de notre système. Je veux en laisser que, dans ce contexte, on puisse à la fois clarifier sur le territoire l'organisation et la simplifier. Pourquoi ? On a aujourd'hui 6 millions de nos compatriotes qui n'ont pas de médecin traitant. Alors, pour les plus jeunes, pour certains, c'est un choix. Mais la vraie difficulté dans ce chiffre, c'est qu'on a 600 000 patients avec des maladies chroniques qui n'ont pas de médecin traitant.
Et ça, c'est un vrai problème parce que c'est une perte de chance, parce que ce sont beaucoup d'entre eux que vous allez retrouver après dans des situations plus graves dans vos services. Et c'est collectivement, à la fois, la nation ne remplit pas son devoir, ça n'est pas juste et ça n'est pas efficace. Et donc, les 600 000 patients avec une maladie chronique se verront proposer à un médecin traitant avant la fin de l'année. Ou plus exactement, je veux que ces patients chroniques aient accès à ce que j'appellerais une équipe traitante. C'est-à-dire qu'ils puissent avoir sur ces réseaux, ces coalitions d'acteurs qu'on aura identifiées, structurées à l'échelle d'un territoire, une équipe.
Et quand il n'y a pas suffisamment de temps de médecins, qu'au moins les médecins puissent déléguer à des paramédicaux, mais qu'on n'ait pas des gens qui aient accès à personne. Aujourd'hui, ce qu'il y a, c'est que vous avez des gens en situation de maladies chroniques qui ont des infections de longue durée, qui sont dans des territoires qui ne sont pas dotés, qui n'ont pas accès à un médecin, mais qui, du coup, compte tenu des rigidités de notre système, peuvent même pas se faire renouveler une ordonnance auprès de l'infirmier ou de l'infirmière ou auprès du pharmacien. Ça, c'est absurde. Et on n'a pas le droit de faire ça. Et on doit sortir de ce face-à-face.
Donc on doit dire, il y aura toujours des médecins référents, généralistes et spécialistes dans ces coalitions d'acteurs de territoire. C'est à eux de s'organiser pour trouver le temps. S'ils sont malins, ils délèguent les actes aux paramédicaux, les actes qui ont moins de valeur. Et la logique, c'est que beaucoup de nos médecins généralistes devraient déléguer 2 ou 3 renouvellements d'ordonnances par an à l'infirmier de référence, aux pharmaciens de référence, pour n'avoir que des rendez-vous réguliers. Et ils apprécieront, dans le dialogue avec ces paramédicaux, comment trouver la bonne fréquence. C'est exactement ça qu'on va bâtir. C'est ça qu'on doit faire.
C'est ça ce que certains d'entre vous font déjà. Il faut le systématiser. Parce que c'est comme ça qu'on dégagera du vrai temps de soignants face aux patients. Mais donc, l'objectif que je nous donne, c'est que, ces coalitions de terrain, on aura des équipes de référence pour nos 600 000 compatriotes qui, aujourd'hui, ont des affections chroniques et n'ont juste personne en face d'eux. Et on pourra ainsi répondre à leurs besoins, les orienter, les accompagner.
Dans les cas les plus graves, en absence de médecins traitants, nous allons généraliser ce qu'on a là aussi lancé en 2018 et qui est, je dois le dire, un vrai succès grâce à votre contribution à tous, qui est le service d'accès aux soins. Et donc, je souhaite qu'on puisse accélérer sa généralisation au cours de cette année. Concrètement, quand on n'a pas de médecin traitant ou quand celui-ci n'est pas disponible, un patient qui en cherche un avec urgence doit pouvoir appeler le 15. Et en fonction de son état de santé, il sera orienté soit aux urgences, soit vers un médecin identifié par ce service.
Les appels ont beaucoup augmenté vers justement ces fameux SASS, ces services d'accès aux soins. Il nous faut aller plus loin, faire reconnaître le dispositif à tous les Français, consolider les équipes qui décrochent et évaluent médicalement les patients. Monsieur le ministre le connaît bien puisque dans des fonctions antérieures, il a contribué à le penser, à le mettre en oeuvre. Et donc, on aura ainsi des médecins qui accueilleront ces patients ayant recours à ces fameux services d'accès aux soins pour les consultations non programmées.
Et là encore, ça va permettre à des libéraux, à des structures privées de s'engager et ça va permettre de décharger l'hôpital de nombreux soins non programmés. C'est comme ça, dans beaucoup de territoires, qu'on a réussi à tenir l'été dernier. Ça veut dire aussi qu'on doit mieux rémunérer et qu'on va durablement, soyons lucides et honnêtes entre nous, continuer de mieux rémunérer les professionnels qui jouent le jeu et participent à la co-gestion des services de soins non programmés.
Le SAS, c'est la garantie d'une réponse immédiate et proportionnée et il fonctionnera d'autant mieux qu'on aura restauré cette universalité, cette revalorisation de la permanence des soins ambulatoires et l'implication des cliniques comme des médecins libéraux. Voilà. Je ne veux pas être plus long en ce jour, mais quelques-uns des axes sur lesquels je souhaitais insister en ce début d'année. Alors, je sais que ça va changer beaucoup d'habitudes. Plusieurs des chantiers que je viens de décrire sont des chantiers massifs qu'on n'a pas su mener parfois ces dernières années ou qu'on n'a pas voulu mener.
Comme vous l'avez compris, et d'ailleurs, les textes financiers votés en fin d'année dernière l'ont montré, on continue de réinvestir massivement dans notre santé et nous allons continuer de le faire. Mais on va continuer de le faire en changeant profondément l'organisation et les habitudes. Et cette réforme, elle va aussi s'articuler, et j'y reviendrai durant le semestre, sur d'autres réformes indispensables et jumelles. Celle des 1 000 premiers jours de la vie pour nos enfants, parce qu'on a un travail énorme en termes de prévention et d'accompagnement des plus jeunes, sur lesquels on a bâti là aussi beaucoup de politiques, mais on doit aller beaucoup plus loin.
et celle de l'autonomie et de la réponse à la dépendance et au grand âge, sur lesquelles là aussi ces dernières années, on a commencé à apporter beaucoup de réponses et dans la gériatrie à l'hôpital et pour nos EHPAD, mais on doit aller beaucoup plus loin. Je me suis engagé sur des offres à demi-file, des offres de transition. Et donc là aussi, on a un chantier qui est pour partie médical, mais qui est aussi, si je puis dire, sociétal, sur lesquels je reviendrai, mais tout ça se tient.
En tout cas, vous l'avez compris, ce que je voulais vous dire ce matin, c'est que je suis, mais je serai dans la durée aux côtés de l'hôpital et de toutes celles et ceux qui ont ces dernières années, en particulier ces derniers mois, aidés à ce qu'ils tiennent. Nous avons besoin de vous et donc nous serons avec vous. Mais plus largement, je serai à côté de toutes celles et ceux qui soignent. Il y a quelques chantiers sur lesquels le président de la République, si je puis dire, a vocation à s'impliquer tout particulièrement. L'écologie, l'école, la santé, je pense, sont un triptyque raisonnable parce que c'est le triptyque de l'avenir de nos enfants et d'une nation forte.
Et si on n'investit pas comme il se doit sur les... Au fond, l'humain et tout ce qui l'environne, on peut faire tout ce qu'on veut sur les autres politiques publiques, on aura du mal à avancer. Et donc, nous devons fortement décloisonner, simplifier, mieux organiser, valoriser, reconquérir nos territoires. C'est le sens de ce que je viens de vous dire. Et c'est ce sur quoi, aujourd'hui, mais dans la durée, je reviendrai à vos côtés. Il y a une équipe dédiée qui sera mise en place aux côtés du ministre pour mener ses chantiers. Et il y aura, je le sais, l'engagement du ministre et de la ministre déléguée pour ce faire.
Mais comptez sur mon engagement personnel et de manière régulière, je viendrai à vos côtés pour à la fois continuer de voir ce qui fonctionne et ne fonctionne pas, pour m'assurer surtout de la mise en oeuvre de ce qu'on se dit, mais surtout et avant tout pour qu'on bâtisse l'hôpital et le système de santé que notre pays mérite et dont notre nation a profondément envie. Merci à toutes et tous. Et à nouveau, je vous renouvelle mes voeux pour l'année qui s'ouvre. Vive la République et vive la France. Voilà cette intervention, c'est venu chef de l'État.