Un soldat français tué, 6 blessés : la France entraînée dans la guerre ? - C dans l’air - 13.03.2026
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Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse directe
Il faut expliquer ce qui s'est passé cette nuit. Il a été tué dans une attaque au Kurdistan irakien. Par qui et comment?
- 2:00OuverteRéponse directe
Vous dites que c'est une sorte de piège pour nous entraîner dans la guerre? Vous le voyez comme ça?
- 4:00OuverteRéponse directe
De quelle milice parle-t-on? Il n'y a pas de revendication directe, mais il y a cette communication qui dit 'prendre la France pour cible au Moyen-Orient'. Vous avez rencontré certains des membres de cette milice. De quel groupe il s'agit?
- 6:00OuverteRéponse directe
Si cette milice frappe la France aujourd'hui, ça ne veut pas forcément dire que l'Iran est derrière?
- 8:00OuverteRéponse directe
La France est impliquée dans cette guerre. On parlait du déploiement du Charles-de-Gaulle. Mardi, on demandait si la France était une cible. On en voit le résultat aujourd'hui. Quand on regarde les images de l'attaque, elle est amenée simplement par des drones. Il n'y avait pas de dispositifs antidrones dans cette base alors qu'on savait qu'on était une cible?
- 10:00OuverteRéponse directe
Jusqu'où? A quel point les autres soldats sont en danger au Moyen-Orient? Comment on sécurise les bases? Qu'est-ce qui a changé depuis cette nuit?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Gal D.TrinquandFait
« Il faut rendre hommage à un soldat d'exception qui s'était engagé comme simple soldat et avait grimpé tous les échelons jusqu'à être adjudant-chef. »
- 3:00A.PirotFait
« Une milice irakienne pro-iranienne avait publié un communiqué stipulant qu'elle prenait pour cible désormais tous les intérêts français, compte tenu de la revendication faite du déploiement du porte-avions Charles-de-Gaulle en opération. »
- 9:00Gal D.TrinquandFait
« Les soldats français sont déployés dans le cas d'une formation auprès des Irakiens et des Kurdes de la région. »
- 11:00L.MengetFait
« Le pouvoir irakien est aujourd'hui très dépendant religieusement et politiquement du pouvoir iranien, mais cherche à s'autonomiser. »
- 13:00E.MacronFait
« Nos soldats ont été frappés alors que, comme nous le faisons depuis plusieurs années, ils luttaient dans le cadre d'une coalition internationale contre les résurgences du terrorisme dans la région et au service de la souveraineté irakienne. »
- 15:00A.PirotFait
« Le problème de la neutralisation, c'est que vous entrez dans un cycle ininterrompu de représailles, de vengeances. »
- 17:00Gal D.TrinquandFait
« La guérilla des proxys de l'Iran est totale. C'est pour ça que, dans le reportage, on posait la question du terrorisme chez nous. »
- 19:00P.AllémonièreFait
« Le ministre de l'Intérieur... Dans tous les pays occidentaux, tous les ministères de l'Intérieur et les services de renseignements sont en alerte maximum parce que le régime iranien a une force de projection à l'étranger. »
- 21:00L.MengetFait
« Les Iraniens, ou des gens qui les aident, ont la capacité de faire ça. Il peut y avoir des navires de commerce, de marchands, depuis lesquels peuvent décoller des drones. »
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adoptez Antikal. ... - A.Casse: Bonsoir.
Bienvenue dans "C dans l'air". La France est ciblée, touchée et endeuillée par la guerre au Moyen-Orient. L'adjudant-chef A.Frion a été tué cette nuit dans une attaque au Kurdistan iranien. 6 autres soldats français ont été blessés.
Pas de revendication directe, mais un message d'un groupe armé qui annonce s'en prendre à la France à cause du porte-avions Charles-de-Gaulle. Allons-nous entrer en guerre sans le dire? Un soldat tué et 6 blessés, la France entraînée dans la guerre?
D.Trinquand, bonsoir. Vous êtes chef de la mission militaire française auprès de l'ONU.
Voici votre dernier livre. L.Menget, vous êtes grand reporter spécialiste des questions internationales.
Vous étiez correspondant en Irak pendant 12 ans. P.Allémonière, vous êtes grand reporter.
Voici votre livre. Vous êtes allée plusieurs fois en Iran et en Irak. A.Pirot, vous êtes journaliste, réalisateur et spécialiste des questions de défense.
Vous êtes aussi ancien correspondant en Israël. C'est la 1re victime française de la guerre commencée au Moyen-Orient il y a 14 jours. L'adjudant-chef A.Frion est mort pour la France.
Il avait 42 ans. - Gal D.Trinquand: Il faut rendre hommage à un soldat d'exception qui s'était engagé comme simple soldat et avait grimpé tous les échelons jusqu'à être adjudant-chef.
Il était dans les groupes commandos de montagne maintenant. C'était la Pointe de Diamant des forces de montagne. 3 fois citation à l'Ordre de l'armée.
C'est le plus haut niveau qu'on puisse avoir, pour ses actions en Afghanistan. Il est aussi titulaire de la médaille militaire. C'était un soldat exceptionnel.
J'ai une pensée particulière pour son épouse et son enfant. L'armée serre les coudes dans ce cas-là. Ils ne seront pas seuls mais c'est bien d'y penser.
C'est un soldat qui défendait la France. Nos interventions extérieures sont faites pour maintenir la guerre à l'extérieur et pour que les citoyens puissent vivre en paix. Il faut penser à ces soldats qui n'hésitent pas à donner leur vie dans cette attaque à laquelle on ne s'attendait pas.
La question d'Hélène. - L.Menget: Pour les raisons que vient d'indiquer le général.
Les soldats français meurent parfois pour protéger la France à l'extérieur, pour protéger les citoyens français et éviter qu'on entre en guerre. Etre soldat n'est pas seulement faire la guerre, mais assurer la paix. Il arrive que des soldats meurent en exercice dans des opérations comme celle-ci.
C'était pas une opération offensive. Le général Trinquand a décrit le parcours exceptionnel de ce soldat. Il faisait de la formation pour aider l'Irak à se reconstruire, pour aider à fabriquer des forces spéciales, des forces antiterroristes.
C'est pour donner le cadre. L'adjudant-chef A.Frion est décédé dans le cadre d'une opération ancienne, résultat d'une résolution internationale qui s'appelle Inherent Resolve, qui a pour but à partir de 2014 de sécuriser la région quand Daech s'y était développé et d'aider les forces irakiennes à éliminer Daech ou à le maintenir le plus loin possible.
Il y a une base aérienne et des soldats qui essayent de participer à l'équilibre de cette région. Des soldats français peuvent mourir pour défendre et pas pour attaquer. C'est important de le souligner.
C'est pour ça que l'adjudant-chef A.Frion mérite tout notre respect. - A.Casse: Il faut expliquer ce qui s'est passé cette nuit.
Il a été tué dans une attaque au Kurdistan irakien. Par qui et comment? - A.Pirot: A ce jour, à cette heure, l'attaque n'est pas revendiquée.
On sait qu'une milice irakienne pro-iranienne avait publié un communiqué stipulant qu'elle prenait pour cible désormais tous les intérêts français, compte tenu de la revendication faite du déploiement du porte-avions Charles-de-Gaulle en opération. Cette milice est connue...
Ce conflit nous rappelle les attaques qui ont pu avoir lieu ces dernières années. Des attaques sur des bases occidentales, américaines, italiennes, dans la région, en Irak, ont eu lieu en 2019, en 2020 et 2021. L'Iran aujourd'hui a mobilisé un certain nombre de proxys dans toute la région pour accumuler un certain nombre de nuisances dans une zone géographique plus large que le simple sol iranien.
C'est ce qui se passe aujourd'hui, dans l'idée d'inclure les troupes françaises dans ce conflit, même si la France a toujours dit qu'elle était dans une mission défensive. - A.Casse: Vous dites que c'est une sorte de piège pour nous entraîner dans la guerre?
Vous le voyez comme ça? - A.Pirot: Ca fait partie d'une stratégie assumée.
Est-ce que la France va entrer dans cette logique? On n'en est pas là. In fine, la manière de confronter un certain nombre de pays dans cette réalité plus large de conflits fait partie de cette logique.
C'est clairement assumé par ces milices, qui ont un rôle de nuisance pour l'Irak, en premier lieu, et dans la région de manière plus large, très assumé depuis des années. - A.Casse: De quelle milice parle-t-on?
Il n'y a pas de revendication directe, mais il y a cette communication qui dit "prendre la France pour cible au Moyen-Orient". Vous avez rencontré certains des membres de cette milice. De quel groupe il s'agit? - P.Allémonière: Les milices iraniennes, ou pro-iraniennes, nous en avons rencontré.
Les premières que nous avons rencontrées, c'était en 2003. C'était les fameuses milices Al-Badr qui avaient été formées en Iran par les Pasdaran. Au moment où les Etats-Unis interviennent en Iran, elles rentrent avec leurs armes en Irak pour participer à cette guerre et chasser Saddam Hussein.
Au fil du temps, nous rencontrons d'autres milices. Elles prolifèrent. 4 grosses milices sont vraiment soutenues par l'Iran, tout ça à l'intérieur d'un système pratiquement intégré à l'armée irakienne.
Il faut savoir que ces milices pro-iraniennes ont une certaine indépendance ou une autonomie par rapport à Téhéran. D'abord, elles ne sont pas chiites, mais sunnites. Elles répondent aux axes donnés par Téhéran.
C'était quoi, ces axes? C'était s'en prendre à tout ce qui était américain. C'était participer au contournement des sanctions de l'Irak et surtout, assurer la logistique pour l'axe qui allait jusqu'au Liban, l'axe Téhéran-Beyrouth.
Elles surveillaient la route. Il y avait la lutte contre Daech, mais c'était en 2003, 2004, 2005 et jusqu'en 2007. Dans la lutte contre Israël, ces milices avaient le rôle de surveiller la route et de permettre cette route et d'éliminer cette menace de Daech. - A.Casse: Si cette milice frappe la France aujourd'hui, ça ne veut pas forcément dire que l'Iran est derrière? - P.Allémonière: Elles peuvent avoir des actions autonomes mais elles obéissent aux ordres, aux grandes lignes données par l'Iran.
Là, l'Iran était très clair. Dès le 2e jour de la guerre, les Pasdaran ont déclaré que tout pays participait à la défense des Etats du Golfe et autres était considéré comme cobelligérant. Les Iraniens, dès le premier jour de la guerre, dès qu'on a rappelé les traités de défense avec les pays du Golfe, nous ont considérés comme étant cobelligérants.
Pas besoin de dire que le porte-avions fait partie de la cobelligérance. Le premier jour, les Iraniens l'ont dit. Ces milices se sont réveillées d'autant plus qu'il y a eu ce message lu par une journaliste de la télévision iranienne disant que le nouveau Guide suprême appelait toutes ces milices à prendre part à la lutte contre nous. - A.Casse: La France est impliquée dans cette guerre.
On parlait du déploiement du Charles-de-Gaulle. Mardi, on demandait si la France était une cible. On en voit le résultat aujourd'hui.
Quand on regarde les images de l'attaque, elle est amenée simplement par des drones. Il n'y avait pas de dispositifs antidrones dans cette base alors qu'on savait qu'on était une cible? - Gal D.Trinquand: Les soldats français sont déployés dans le cas d'une formation auprès des Irakiens.
Et des Kurdes de la région. C'est dans la région du Kurdistan. C'est une base kurde.
La défense, c'est d'abord la base kurde. Les Français ne sont là-bas que comme des instructeurs. Je voudrais souligner...
Ils étaient déployés pour former les soldats du Kurdistan dans la lutte antiterroriste contre Daech. En fait, on est attaqués par un autre terrorisme. La guerre contre le terrorisme ne s'arrête pas.
Elle a commencé en 2014 et elle a continué. D'un seul coup, un autre terrorisme apparaît qui est ancien. L'attaque sur le Drakkar, à Beyrouth, ce sont aussi des milices qui étaient liées à l'Iran qui ont agi.
Il y a des terroristes de façons différentes. Quelle est leur stratégie? Attaquer partout pour faire peur et toucher au coeur nos sociétés.
C'est ça, leur but. - A.Casse: Jusqu'où?
A quel point les autres soldats sont en danger au Moyen-Orient? Comment on sécurise les bases? Qu'est-ce qui a changé depuis cette nuit? - L.Menget: Ces groupes sont relativement autonomes.
Ce qu'il va falloir surveiller de très près, c'est l'attitude du gouvernement irakien et des autorités chiites irakiennes. Le pouvoir irakien est aujourd'hui très dépendant religieusement et politiquement du pouvoir iranien, mais cherche à s'autonomiser. Je suis convaincu, à peu près, que les Irakiens vont faire des mises en garde auprès de ces milices dans les heures qui viennent en leur disant "ça suffit".
Le pouvoir irakien, qui est un pouvoir majoritairement chiite, n'a aucun intérêt à ce que des troupes occidentales, notamment françaises, qu'ils apprécient beaucoup, soient attaquées dans la région. Ils n'ont aucun intérêt...
Ce qui s'est passé la nuit dernière, c'est un ordre qui vient de Téhéran. J'ajoute à cette équation qu'il y a une personnalité importante en Irak, l'ayatollah A.al-Sistani, qui a été formé en Iran et qui a formé la plupart des dirigeants iraniens actuels.
C'est un principe de vases communicants entre l'Iran et l'Irak. Il a créé ces milices en 2014 sur un seul ordre. Quand Daech arrive aux portes de Mossoul, l'ayatollah al-Sistani dit que les jeunes du pays doivent se soulever contre Daech.
Des centaines de jeunes protègent Bagdad. Ca crée une de ces milices dont parlait Patricia. Il reste quelques petits groupes qui dépendent de Téhéran.
C'est ceux-là qui ont été activés par les ordres de Téhéran. Le pouvoir irakien...
Les soldats français sont menacés par des proxys iraniens dans la région. J'imagine qu'ils vont se protéger encore plus. En ce moment, il n'y a pas d'arrêt de la mission Chammal.
Il n'est pas question que les Français l'arrêtent. Ca fait partie du risque, qu'il y ait des blessés et des morts. Les armées françaises l'intègrent.
Ils ne vont pas arrêter la mission. En revanche, ils vont se protéger. Il y a un rôle à jouer de l'Irak et des autorités irakiennes. - A.Casse: Qu'est-ce qui change maintenant depuis la mort de soldats français?
E.Macron aujourd'hui s'exprime et dit: "Nous ne sommes pas en guerre." Ca exclut des représailles?
Est-ce qu'on peut essayer de neutraliser les auteurs de cette attaque? - A.Pirot: Le problème de la neutralisation, c'est que vous entrez dans un cycle ininterrompu de représailles, de vengeances...
Dès lors, on peut imaginer que ces milices, compte tenu d'un précédent comme celui-ci, continueraient leurs attaques. A propos des protections...
Protéger une base comme celle-ci, c'est extrêmement compliqué sur ce type de drones. Nous ne savons pas encore le type de drone qui a été utilisé. Nous verrons le type de modèle, si c'est un modèle artisanal avec des pièces achetées sur Internet de manière caricaturale... - A.Casse: Il a été dit que c'était probablement un drone Shahed. - A.Pirot: Je suis étonné que ça en soit un par rapport aux capacités de cette milice.
Je pense à d'autres modèles venus d'Iran et possiblement utilisés par cette milice. Dans tous les cas, on l'a vu en Ukraine et on le voit dans ce conflit en Iran, se protéger face à ces menaces veut dire multiplier les défenses antiaériennes avec un rapport de coûts complexe et impossible à gérer sur ce type de base. - A.Casse: Quelles vont être les conséquences de cette attaque?
Un groupe armé pro-iranien menace de s'en prendre aux intérêts français dans la région. Comment les protéger et quelles menaces chez nous en France? - Il est le premier soldat français tué depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
A 42 ans, l'adjudant-chef A.Frion est décédé après une frappe de drones. 6 autres soldats français ont été blessés.
Tous se trouvaient dans cette base militaire dans la région d'Erbil, au Kurdistan irakien, ici en proie aux flammes après l'attaque de cette nuit. Alors qu'il recevait à l'Elysée le président ukrainien cet après-midi, E.Macron a rappelé la raison de l'engagement de ces militaires dans la région. - E.Macron: Nos soldats ont été frappés alors que, comme nous le faisons depuis plusieurs années, ils luttaient dans le cadre d'une coalition internationale contre les résurgences du terrorisme dans la région et au service de la souveraineté irakienne.
C'est inacceptable. - L'attaque n'a pas été revendiquée, mais selon l'armée française, c'est un drone Shahed qui a frappé. Dans la nuit, le groupe Ashab al-Kahf réagissait à l'envoi du porte-avions Charles-de-Gaulle en Méditerranée orientale.
La France prise à partie après avoir déployé ces derniers jours une armada à proximité du Moyen-Orient. Le porte-avions Charles-de-Gaulle avec son escorte: 8 frégates et 2 porte-hélicoptères amphibies. Une stratégie visant à rassurer des pays avec lesquels Paris a passé des accords de défense. - J.-N.Barrot: La France veut être présente en Méditerranée orientale aux côtés de nos partenaires, y compris des pays européens comme Chypre, mais aussi aux côtés des pays du Golfe, aux Emirats, au Qatar.
On est très reconnaissants pour l'action de la France en soutien à la défense de ces pays injustement attaqués par l'Iran alors qu'ils n'y étaient pour rien. - Protéger ses alliés sans entrer directement en guerre, équilibre précaire pour parvenir à la désescalade. Lundi, E.Macron envisage un envoi dans le détroit d'Ormuz une fois le calme revenu. - E.Macron: L'objectif serait, quand il y a une baisse de ces conflits, de manière pacifique, pouvoir escorter des tankers, des porte-conteneurs et rouvrir la route du gaz et du pétrole en sortie d'Ormuz pour alimenter les marchés mondiaux, et la route des porte-conteneurs pour alimenter des pays de la région qui, aujourd'hui, manquent de certaines denrées ou éléments. - En plus d'une présence militaire, le chef de l'Etat veut peser sur la diplomatie.
Il s'entretient avec D.Trump et B.Nétanyahou quelques jours après le début de la guerre.
En vain. Israël poursuit sa riposte contre le Hezbollah avec une opération terrestre dans le sud du pays et des frappes soutenues sur la capitale libanaise. - L'ennemi israélien répète chaque jour qu'il vise des infrastructures.
C'est ça, les infrastructures? J'ai perdu mes 4 filles. - L'appel du président français, ignoré par le gouvernement israélien, qui ne semble pas prêt à s'arrêter là. - Ce n'est que le début.
Le gouvernement libanais et l'état du Liban paieront un prix de plus en plus élevé. Nous causons des dommages aux infrastructures utilisées par les terroristes du Hezbollah pour leurs activités et leurs tirs de roquettes dirigés contre Israël. Le gouvernement libanais, qui a trompé l'opinion publique et n'a pas respecté son engagement de désarmer le Hezbollah, en paiera le prix fort. - Au 11e jour des opérations israéliennes au Liban, le bilan s'élève à 773 morts et plus de 800 000 déplacés.
Hier, le premier vol humanitaire français est arrivé à Beyrouth avec 60 tonnes d'aide. - A.Casse: Question. - Gal D.Trinquand: On me pose toujours la question: "Qu'est-ce que c'est, défensif et offensif?" Défensif, vous attendez d'être attaqué.
Offensif, vous allez attaquer. Aujourd'hui, par exemple aux Emirats arabes unis, nous avons 12 Rafale. Ils surveillent le ciel.
Ils ne vont pas attaquer en Iran. C'est la différence entre offensif et défensif. Sur ce qui se passe en Irak, je voudrais rappeler que nous sommes dans un pays hôte.
Nous devons coordonner les choses avec lui. D'où E.Macron qui, à la fin, disait: "Je vais appeler le Premier ministre irakien." C'est avec lui qu'il faut régler les choses et la France n'est pas seule.
Elle n'a pas la puissance américaine, qui, elle, s'en fout. Nous, on travaille avec les pays de la région. - A.Casse: Ce qui est difficile à comprendre, c'est que nous ne sommes pas en guerre, mais que cette milice pro-Iran est en guerre contre nous. - Gal D.Trinquand: Je reprends les points vus tout à l'heure.
Le Premier ministre irakien va peut-être dire qu'ils vont neutraliser le truc ou nous demander de les aider. On a des avions en Jordanie qui peuvent frapper. - A.Casse: J'aimerais qu'on définisse la position de la France.
On n'est pas engagés dans cette guerre, mais peut-on dire qu'on est impliqués? Il y a un décalage entre les images, l'armada française, le fait de dire que c'est une opération dans le détroit d'Ormuz et cette phrase "nous ne sommes pas en guerre". Il y a comme un "et en même temps".
On peut le voir comme ça? - A.Pirot: Est-ce que c'est problématique, au fond?
Nous pouvons dire que nous assurons une protection de nos intérêts, qu'ils soient militaires...
Nos partenaires continuent les accords de défense, mais jamais ils n'ont exprimé que nous devons, dès lors, participer aux bombardements sur l'Iran et sur un certain nombre de belligérants dans la région. La différence est assez claire. Le problème qui pourrait se poser, c'est cette milice, ne tenant pas compte d'un certain nombre de demandes faites par le gouvernement irakien, si elle continue à attaquer un certain nombre d'intérêts français. - A.Casse: Il se passerait quoi? - A.Pirot: Il faudra revoir la position.
Est-ce qu'il faudra voir avec le gouvernement irakien un certain nombre de frappes? - A.Casse: Vous dites qu'il faut d'abord passer par le gouvernement irakien. - A.Pirot: Il faut prendre en compte la réalité du moment.
L'Iran est dans une logique d'appliquer des nuisances sur tous les plans, économiques, politiques et militaires. Cette frappe organisée par un proxy est dans cette logique. Elle est malheureusement arrivée à son but: nous confronter à la photo d'un soldat décédé dans une opération où nous avons juré depuis le départ que nous étions sur une mission défensive.
Ca sème le doute dans les opinions. C'est le cas également aux Etats-Unis. Les soldats qui ont trouvé la mort, on voit leur visage s'afficher sur les chaînes américaines.
Ca pose la question des buts de cette guerre qui ne sont pas encore clairement exprimés aujourd'hui par la partie américaine. - A.Casse: On a l'impression que les buts ne sont pas clairs côté américain, mais que la riposte iranienne l'est.
Hier, le Guide suprême en appelait aux combattants dans d'autres pays. Vous voyez le lien? - P.Allémonière: Message ou pas, à un moment donné, ces milices allaient se mettre en marche.
Les frappes de ces milices sur les bases américaines se sont multipliées ces 2 dernières années. L'attitude hostile vis-à-vis des Etats-Unis de la part de ces milices est connue. Chaque fois, les Américains ripostent en allant taper des bases de ces milices.
Est-ce que la France veut s'engager dans une riposte de cet ordre? Je crois que ce serait une décision du chef de l'Etat. Ca ne semble pas, aujourd'hui, à l'ordre du jour.
Si un pays est meurtri par la mort d'un soldat ou parce qu'on enlève certains de ses ressortissants, il y a différentes façons de réagir. Il y a la façon "je monte au créneau et j'assume que je veux faire une opération offensive"et il y a des façons plus discrètes de faire passer des messages aux milices. Ca, la France, de par le passé, a su faire passer des messages très précis aux groupes armés d'une façon discrète, par des opérations clandestines d'élimination de certains chefs.
Nous n'en sommes pas là, aujourd'hui, mais ça s'est déjà passé en Irak, en Afghanistan et dans d'autres pays. - A.Casse: Est-ce qu'on peut entrer en guerre sans le dire? - P.Allémonière: C'est autre chose.
Une mission clandestine n'est pas une entrée en guerre. Soyons précis. C'est un message envoyé aux milices en question.
Aujourd'hui, le message du Guide suprême iranien est très clair. Nous n'avons pas vu les Houthis. Pour l'instant, ils n'ont pas bougé.
Le jour où ils bougeront, ce sera autre chose. - L.Menget: On attendra le plus longtemps possible avant de dire qu'on entre en guerre.
On ne le fera que si les intérêts français sont absolument menacés dans la région. Ce qui est compliqué, c'est que l'Iran est rentré...
L'Iran, d'un point de vue militaire, a perdu la guerre. En revanche, l'Iran est entré en guérilla dans le sens ancien du terme, c'est-à-dire utiliser tous les moyens possibles, des moyens de terrorisme, légers et dans la durée...
L'Iran, en activant certaines milices irakiennes et peut-être, plus tard, les Houthis, entre dans une logique de lenteur. Etant écrasé militairement, mais son pouvoir ayant survécu, il a le temps. La stratégie iranienne...
Il n'y a pas un avion iranien qui décolle. Ils n'en ont plus. Il y a le détroit d'Ormuz d'un côté, qui est très important.
Puis, ils peuvent multiplier ce type d'opérations pendant des mois ou des années. C'est pas parce qu'il y a une attaque contre une base français la nuit dernière qu'il y en aura une la nuit prochaine. Peut-être qu'il n'y en aura plus pendant des semaines et, à un moment donné, quand on s'y attendra le moins, il y en aura une nouvelle.
Les Américains et les Israéliens n'ont pas bien anticipé cette logique de guérilla. Les Iraniens ont observé ce qui s'est passé en Irak pendant des années. Ils savent très bien comment on contraint des puissances internationales à rentrer dans une logique de guérilla.
Les armées américaines, voire françaises, ne sont pas totalement outillées pour faire face à des guérillas. C'est une guerre très différente. - A.Casse: Est-ce qu'on est aptes à faire face à cette nouvelle logique de guérilla? - Gal D.Trinquand: Pour répondre à votre question initiale...
Participation à l'opération, oui. De facto, on participe à l'opération puisqu'on défend les alliés des Américains avec nos Rafale. De facto, on y participe sur le plan défensif.
L'opération offensive en Iran, on n'y participe pas. Ensuite, la guérilla...
La guérilla des proxys de l'Iran est totale. C'est pour ça que, dans le reportage, on posait la question du terrorisme chez nous. Oui, on y est.
On peut s'attendre à ce que des cellules dormantes se réveillent et attaquent. Pourquoi? Notre centre de gravité à nous, c'est les citoyens, notre capacité de résister au terrorisme.
On a vu plusieurs fois en France la capacité extraordinaire des citoyens à, par exemple, descendre sur les terrasses quand elles ont été attaquées. C'est la stratégie que veulent retenir ces milices. Ca peut très bien se passer chez nous avec d'autres cellules dormantes qui se réveillent. - A.Casse: Vous êtes en train de dire que la menace terroriste est au plus haut? - Gal D.Trinquand: Bien sûr.
On l'a déjà vu dans les années 80-90. Ca s'était un peu assoupi. Le terrorisme est une lutte permanente. - A.Casse: De quelles cellules dormantes on parle? - Gal D.Trinquand: Il y a les cellules djihadistes et celles liées à l'Iran.
Les Iraniens...
Vous avez ceux qui défendent la rébellion contre le gouvernement en place à Téhéran, ceux qui restent plutôt calmes en ne disant rien parce qu'ils savent bien ce que nous en pensons. Chez ceux-là, vous pouvez en trouver un certain nombre qui attendent pour faire des actions. C'est la méthode du terrorisme, du faible au fort.
Ils savent que, par là, ils peuvent nous toucher. S'il y a un attentat demain dans le métro avec une proclamation "on va combattre", tout le monde va dire "panique à bord et il faut s'arrêter". - A.Casse: Il n'y a pas de discours officiel qui dit que la France risque d'être ciblée par un attentat.
Ce n'est pas dit comme ça aux citoyens. - P.Allémonière: Le ministre de l'Intérieur...
Dans tous les pays occidentaux, tous les ministères de l'Intérieur et les services de renseignements sont en alerte maximum parce que le régime iranien a une force de projection à l'étranger. C'est la force avec le fameux général Soleimani qui avait été tué par les Américains en janvier 2020. Cette force est faite pour ça, pour se projeter à l'extérieur et éliminer des opposants.
Il n'y a pas si longtemps, il y a eu un risque d'attentat contre un intellectuel en France. Il y a des arrestations partout contre cette menace iranienne qui vise son opposition. Jusqu'à présent, elle visait son opposition sur nos territoires.
Aujourd'hui, elle ne vise plus une opposition, mais elle nous vise, nous. C'est pour répandre la peur parmi la population. Ils savent que nos gouvernements sont particulièrement sensibles à l'opinion publique et qu'un gouvernement sensible va espérer faire pression sur les Américains dans une logique de répandre la terreur.
C'est ça, aujourd'hui, la logique, répandre la terreur en Occident. Tous les moyens sont bons: tuer un soldat français, attaquer une base, voire plus. Mais il faut aussi calmer nos opinions publiques. - A.Casse: Question. - A.Pirot: Je mettrais une petite limite à ça.
Sur la menace qui pèse...
Le ministère de l'Intérieur en fait état largement ces derniers temps. Toute l'action de l'Iran depuis le début de ce conflit se base sur des pays musulmans pour montrer aux opinions de ces pays: "Vous avez placé une partie de votre sécurité sous l'arc américain. Ca n'a pas d'intérêt.
Vous devriez vous en défaire". Ce qui se passe en Irak est lié à la présence de soldats occidentaux dans des pays. On n'est pas encore sur une logique d'exporter ce conflit sur des territoires occidentaux, que ce soit à Paris, à Londres ou en Allemagne.
On peut le craindre, compte tenu de l'existence de cellules, mais la stratégie iranienne se borne à interpeller les opinions des pays du Moyen-Orient sur la présence sur leur sol de troupes américaines et la manière dont ils ont confié une partie de leur sécurité à ça. - P.Allémonière: Je ne suis pas d'accord... - Gal D.Trinquand: C'est pas exclusif.
S'attaquer aux pays arabes qui sont sur le point...
Mais ce n'est pas exclusif du reste. - A.Casse: A propos de la menace terroriste...
Aux Etats-Unis, il y a eu cette info du média ABC qui disait: "Nous avons obtenu des informations comme quoi en février 2026, l'Iran aurait voulu mener une attaque surprise aux drones depuis un navire non identifié au large des côtes américaines visant spécifiquement des cibles non précisées en Californie dans l'éventualité où les Etats-Unis mèneraient des frappes contre l'Iran." Est-ce que c'est crédible, cette menace de drones avec un navire près des côtes américaines? - L.Menget: Bien sûr.
Les Iraniens, ou des gens qui les aident, Ont la capacité de faire ça. Il peut y avoir des navires de commerce, de marchands, depuis lesquels peuvent décoller des drones. Ca peut faire des dégâts ou faire peur.
Parfois, dans la Baltique, il y a des drones qui perturbent des aéroports. La menace est réelle. Elle l'est d'autant plus que le FBI a été, sur la volonté de l'administration Trump, décimé de tous ses spécialistes du Moyen-Orient.
Beaucoup de sénateurs américains, y compris républicains, sont inquiets ces jours-ci en disant qu'ils n'ont tellement plus de spécialistes de la menace orientale au sein du FBI et de la CIA, notamment parce qu'il y a de moins en moins de gens qui parlent farsi, ou persan...
Ils sont d'autant plus inquiets. Cette menace est crédible. Ca ne veut pas dire qu'elle devrait avoir lieu, mais les Etats-Unis sont un très grand pays avec énormément de côtes.
Beaucoup de navires croisent au large. La menace des avions type 11-Septembre a été largement limitée depuis cette période. Il y a beaucoup plus de surveillance des avions.
Mais aucun Etat n'est infaillible. Le terrorisme peut viser tous les Etats du monde, y compris les plus sécurisés. Israël en a été victime alors que c'est un pays où les services de renseignements sont les plus actifs et avec une sécurité qu'on dit quasiment parfaite.
Les Etats-Unis et nous aussi pouvons être frappés. Mais il y a des services de contre-terrorisme qui travaillent activement à empêcher ça le plus possible. Il ne faut pas exagérer la menace.
En France, des gens travaillent à ça toute la journée. Ca fait partie des conséquences possibles des guerres lointaines. De temps en temps, on se rappelle que ça peut aussi arriver chez nous. - A.Casse: Des hauts responsables du régime iranien sont aussi ciblés.
Ils étaient pourtant dans la rue à Téhéran au moment où le ministre américain de la Guerre disait qu'ils se cachaient comme des rats. C'était peut-être une façon de leur répondre. Donnons la parole aux Iraniens de France.
Ont-ils encore l'espoir de faire tomber le régime? - Samedi dernier, à Paris, au même moment, 2 rassemblements iraniens à quelques centaines de mètres d'écart. Place du Trocadéro, un slogan... "Ni shah, ni mollahs".
De l'autre côté de la tour Eiffel, revendication opposée. Ici, le portrait du fils de l'ancien shah est brandi, symbole d'une diaspora fracturée. Nous avons rencontré des figures de ces 2 camps.
Pour cette simple vidéo, elle met sa vie en danger. - Ca fait 2 ans que je vis sous protection policière, que je suis menacée et que le régime veut ma peau parce que c'est des informations...
Quelqu'un qui contrôle la propagande, qui traduit des slogans dans la rue, partage des témoignages d'Iraniens sur place, c'est tout ce que le régime ne veut surtout pas. - Depuis la France, elle dénonce le régime des mollahs. Ces derniers jours, les nouvelles de ses abonnés se font rares. - En temps normal, je reçois des centaines de messages d'Iraniens par jour.
La moitié de ma communauté, plus de 100 000 personnes, est à l'intérieur du pays. Quand je regardais mes dernières statistiques, il ne me reste plus que 15 % de connexions sur la semaine dernière depuis l'Iran. - Sur ses réseaux, ses opinions sont parfois tranchées.
Elle s'affiche aux côtés de R.Pahlavi, fils du dernier shah d'Iran et se félicite des frappes israélo-américaines. ... - Peu importe si ces attaques ne respectent pas le droit international. - On nous dit de nous débrouiller tout seuls, de renverser ce régime à mains nues et de mourir en silence parce qu'il y a le droit international.
Personne n'a envie que son pays soit bombardé, mais la réalité, c'est qu'ils ont cette lucidité de se dire: "Seuls, on peut pas. On a des gens qui ont des intérêts convergents avec les nôtres. On va en profiter." - Ici, pas de story Instagram, mais les méthodes d'un parti politique né il y a des dizaines d'années, les moudjahidines du peuple.
Ce matin-là, ils ont convoqué la presse française et étrangère pour faire passer leur message: non à l'intervention israélo-américaine et à l'avènement de R.Pahlavi. - R.Pahlavi est le représentant d'une dictature révoquée et renversée par le peuple iranien.
Il n'a aucune légitimité. L'avenir de l'Iran sera décidé par le peuple iranien et sa résistance. Ce sera une République démocratique et laïque sans couronne ni turban. - Exilé en France depuis presque 50 ans, cet homme tient à nous montrer des images envoyées de Téhéran la semaine dernière.
On y voit des membres de son parti d'opposition brandir des affiches politiques en plein air. - Ils prennent énormément de risques. Les forces du régime, surtout ces jours-ci, sont capables de les abattre sur place.
Ils ont le droit de tirer. - Il croit en la chute prochaine du régime. - Cet espoir, je l'ai tous les jours.
Il est de plus en plus renforcé par le courage des gens en Iran. Ca fait de longues années que je n'ai pas pu aller en Iran. Je suis condamné à mort.
Toute personne appartenant à cette résistance, aux Moudjahidines du peuple ou au Conseil national de la résistance est, du point de vue du régime, passible de la peine de mort. - Si le régime des mollahs chute, il faudra que les 2 forces d'opposition s'entendent. Deux clans qui semblent aujourd'hui irréconciliables. - A.Casse: Qu'est-ce qui vous marque dans ce reportage, sur ces 2 camps qui semblent irréconciliables? - L.Menget: C'est une ligne de fracture qui me paraît évidente, celle de la présence d'Israël.
Il est très difficile pour cette génération d'Iraniens qu'on vient de voir, peut-être moins pour les jeunes, de se dire qu'aujourd'hui, le régime de la République islamique d'Iran tombe par l'un des ennemis les plus irréductibles de l'Iran qui est Israël. C'est une ligne de fracture qui n'a rien de religieux, qui est une ligne de fracture presque historique. Est-ce que celui qu'on nous a présenté comme l'ennemi juré depuis 47 ans peut être celui qui nous libère?
Ce n'est pas simple. Il n'y a aucun jugement dans ce que je dis, loin de là. Ce n'est pas simple de se dire que ce sont les bombes d'un pays qu'on vous a présenté comme un pays qu'on haïssait qui sont en train de faire tomber la République islamique.
Il y a cette ligne de fracture...
Les 2 grands ennemis...
Les Iraniens présentent le grand et le petit Satan: les Etats-Unis et Israël. Après, il y a un sentiment, chez beaucoup de jeunes Israéliens et Iraniens qu'au fond, ils sont faits pour s'entendre. Ce mouvement existe en Israël et en Iran...
Dans ce mouvement, il y a aussi...
Ils enjambent le monde arabe. Ce sont des Perses. 2 jeunes Israéliens diffusaient de la musique iranienne, à Tel-Aviv, par exemple.
Ces 2 mondes cohabitent à Israël. Quoi qu'il arrive, il va falloir qu'il y ait, si la République islamique tombe, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui...
Nous, on le voit de loin et, pour l'instant, les victimes de la république islamique, c'est la population qui reste en Iran. Pour eux, il n'y a pas le choix. Ils ne peuvent pas quitter le pays.
Certains pouvaient, mais là, ce n'est plus possible. Aujourd'hui, il y a des miliciens bassidjis, qui sillonnent les rues iraniennes, parfois avec des faux uniformes en criant "mort aux mollahs", et si certains répondent... - P.Allémonière: Malgré tout, le régime est dans une logique de défi, ne serait-ce qu'avec ce discours, hier, du nouveau Guide suprême de la révolution islamique. - A.Casse: Qu'on n'a toujours pas vu. - P.Allémonière: Il a été élu.
Ils sont dans une logique de défi par rapport aux Etats-Unis d'Amérique, et ils sont aussi...
Ce qu'il faut voir, c'est qu'on parle de l'opposition qui est à l'extérieur, qui est très fracturée malgré tout. Hormis les républicains, les communistes et les royalistes, il y a aussi les Baloutches, les Kurdes, les Azéris. 50 % de la population n'est pas perse.
Chacun joue sa partition dans le monde qu'ils attendent de demain. le régime iranien, c'est que les bombes qui tombent sur le peuple... 4 millions d'habitants ont quitté Téhéran, pratiquement.
Effet drapeau, ou effet de ressouder le peu qui peut être ressoudé...
Il suffit d'un petit noyau. Ce régime s'appuie sur 10 à 15 % de la population. C'est ces 10 à 15 % qui descendent dans la rue et qui intimident les autres.
Les autres prennent des bombes. Les bassidjis sont dans la rue. La résistance n'est pas possible aujourd'hui. - A.Casse: Il y a un mystère, la disparition du nouveau Guide suprême.
C'est le fantôme de Téhéran. On ne sait pas où il est. B.Nétanyahou disait qu'il était défiguré, et le ministre de la Guerre américain dit la même chose.
On ne sait pas s'il est dans le coma ou pas. - Gal D.Trinquand: Il peut se faire passer pour l'imam caché...
Je reviens sur l'opposition que je trouve extrêmement triste. R.Pahlavi a dit qu'il ne voulait pas être un shah, mais un élément de transition.
Si le régime est renversé aujourd'hui, c'est quand même grâce à Israël. Israël est engagé là-dedans. Il va alors faire un choix entre continuer les buts internes ou vouloir un renversement du régime des pasdarans. - A.Casse: On est encore loin du renversement du régime. - A.Pirot: On partage la même vision.
L'équation, c'est Israël. On a souvent la même problématique sur le Liban. On se demande pourquoi les Libanais ne se révoltent pas contre la mainmise du Hezbollah sur le pays.
In fine, l'ennemi, c'est Israël. Pourquoi le renversement semble peu propice aujourd'hui? C'était une vue très occidentale au début du conflit.
La personne de Pahlavi a été poussée dans les médias...
C'était aussi une campagne de communication. - A.Casse: Qu'est-ce que vous voulez dire par "poussée dans les médias"? - A.Pirot: Très vite, dans l'idée américaine, il a fallu faire passer l'idée d'une transition rapide avec une solution, une solution symbolique qui ne tenait pas compte de l'esprit du peuple iranien.
Quand vous évoquez à bon nombre d'Iraniens l'esprit du shah...
Le nom Pahlavi pèse dans l'opinion. On l'a évoqué la semaine dernière. L'évocation d'une possibilité kurde de réforme interne qui irait jusqu'à Téhéran pour renverser...
On n'en parle plus beaucoup, aujourd'hui. In fine, on a évoqué sur les réseaux sociaux des vols étranges d'hélicoptères apportant possiblement des munitions vers les Kurdes. Les choses sont compliquées, parce que...
A la dernière élection présidentielle en Iran, en 2024, le candidat le plus conservateur a 13 millions de voix. On ne peut pas avoir une vue très occidentale de croire que la mouvance conservatrice va accepter d'elle-même l'idée que, compte tenu de tous ces bombardements, va abandonner le régime. Elle est arc-boutée sur des régimes qui tiennent depuis des décennies.
Il faut du temps pour imaginer un renversement du pouvoir. Même D.Trump l'a dit, avec ses formulations habituelles. "Ca arrivera, mais peut-être pas immédiatement." - L.Menget: C'est pour ça que la photo que vous venez de montrer est très importante.
C'est une photo très impressionnante. Larijani, c'est l'homme fort du système iranien. Il y a un ayatollah, un Guide suprême caché, en référence à l'imam caché des chiites. - A.Casse: A.Larijani, qui est-il? - L.Menget: C'est l'un des hommes les plus puissants du système iranien.
C'est, aujourd'hui, de fait, le commandant de tous les services de sécurité des pasdarans, mais pas seulement. De l'armée aussi. C'est le numéro 2 du régime.
Khamenei a été élu...
Lui, il s'est quasiment auto-nommé tout seul. On pense qu'il a été l'artisan de la nomination de Khamenei parce qu'il pouvait le contrôler. Ca l'arrange peut-être même qu'il soit blessé et invisible pour le moment.
C'est un homme que les Occidentaux connaissent très bien. C'est l'un des négociateurs qui a été, ces derniers mois, y compris avec les Américains...
Sa fille était étudiante aux Etats-Unis. Il a des liens avec les Etats-Unis. C'est un homme très dur, haï par les Iraniens, qui ont très peur de lui, mais dans les propos de D.Trump, on voit bien qu'il y a aussi, en ce moment, quelque chose qui bouge.
Si la République islamique ne bouge pas trop et qu'on peut discuter avec quelqu'un, peut-être que c'est acceptable. Et pourquoi ce ne serait pas cet homme, avec qui ils discutent depuis des mois? Ils regardent par terre et Larijani file droit.
C'est pas quelqu'un qui se cache. J'ai dit que les Américains le connaissent très bien. C'est un ennemi.
S.Witkoff et J.Kushner l'ont rencontré.
C'est un homme très dur et un négociateur qui est peut-être capable de faire cette transition. Peut-être que je me trompe complètement. Je dis juste que depuis une semaine, le rôle de Larijani...
Je trouve qu'il prend une place de plus en plus importante. - A.Casse: On va s'intéresser aux conséquences économiques de cette guerre.
C'est la une de "The Economist", la taxe sur l'économie mondiale. Quelles conséquences chez nous, en France? Quels sont les secteurs les plus touchés par la hausse des prix du carburant et du gaz? - La voiture, c'est presque un outil de travail pour cette femme, infirmière libérale. - On va dire que c'est...
C'est un peu la douloureuse, là. - Ces derniers jours, le passage à la pompe est redouté. - Oui, quand je vois les chiffres défiler et le prix du litre, je me dis que c'est une catastrophe.
On ne sait pas comment on va continuer si, à chaque fois, ça augmente et qu'on passe les 2 euros. Là, ça fait un peu peur. - L'infirmière fait une centaine de kilomètres par jour. 50 patients à visiter. - Bonjour. - Son budget essence a grimpé de 20 euros par semaine depuis le début de la guerre, la forçant à faire des choix. - Vous avez combien, en douleur, entre 0 et 10? - Entre 5 et 6. - On est obligé de faire par secteur.
Malheureusement, il y a des soins comme des injections à 4,50 euros brut. En enlevant les charges, il ne nous reste pas grand-chose. On est obligé de dire non pour l'instant et de faire tous les gens qui sont à côté, et de refuser des soins.
On peut pas faire plus. On a déjà des journées extensibles. On peut pas faire jour-nuit.
Il faut que le gouvernement le comprenne. - Des frais d'essence qui étranglent et qui inquiètent encore plus les professionnels de la route. Gilles est patron d'une société de transport.
Chaque jour, ses 50 camions sillonnent les routes. - Le litre de gazole est à 1,93 euro le litre, et on consomme 6000 l par semaine. Tout de suite, on vient impacter notre budget de 200 000 à 220 000 euros. - Il faut trouver des parades pour ne pas subir la hausse de plein fouet, inciter ces conducteurs à revoir leur manière de conduire. - On vous a envoyé un mail sur la consommation. - Gilles Granger anticipe aussi sa facturation. - En pied de facture, vous avez le montant hors taxes et la surcharge carburant, avec un pourcentage qui est ajouté sur la facture. - Répercuter dès aujourd'hui la hausse du prix de l'essence pour ne pas subir de décalage de trésorerie. - Il faut sensibiliser nos clients.
Il y en a d'autres qui sont eux-mêmes impactés par la situation économique difficile. On ne peut pas leur en vouloir. Je ne vais pas leur ajouter une hausse tarifaire sur des tarifs sur lesquels on s'était déjà entendus.
Eux aussi, leur budget part à vau-l'eau. - Pour l'entrepreneur, c'est à l'Etat de protéger ces entreprises. Il a du mal à entendre qu'aucune aide n'est envisagée pour l'instant. - Comment on fait pour avoir un budget à l'équilibre?
Qui crée de la valeur aujourd'hui? C'est les entreprises. - Le prix de l'essence, un sujet inflammable en temps d'élections. 65 % des Français en activité utilisent leur véhicule pour aller travailler. - A.Casse: On voulait montrer les conséquences économiques de cette guerre.
C'est aussi la guerre du pétrole et du gaz. L'un des gagnants de cette guerre, c'est V.Poutine. - A.Pirot: Avec l'allégement d'un certain nombre de sanctions sur le pétrole, qui avait été saisi et qui va être remis à la vente.
C'est une des conséquences déroutantes de l'administration américaine, de leur permettre d'engranger un certain nombre de bénéfices de ça, avec quand même quelques limites. Ca dépend de la durée de ce conflit, de la manière dont ces stocks vont abonder le budget russe. Mais ça fait partie de l'équation. - A.Casse: Je vous voyais réagir. - Gal D.Trinquand: Ce sont les 2 outils dont bénéficie le gouvernement terroriste de Téhéran.
Ils jouent sur la volatilité des marchés. L'impact en France...
Quel pétrole recevons-nous en France qui vient du Golfe? Rien du tout, quasiment. Et pourtant, ça a un impact énorme.
On prend toutes les mesures qu'il faut. C'est pas grave, ça grimpe quand même et ça fait peur à tout le monde. C'est sur ces 2 secteurs, terrorisme et marché, que joue le gouvernement de Téhéran, de façon à faire craquer monsieur Trump, principalement, et nous autour. - A.Casse: C'est aussi une façon de nous entraîner dans la guerre. - L.Menget: Dans l'économie...
Il y a des ressorts psychologiques. Il y a un petit vent de panique global en disant "si tout ça durait si longtemps, si le pétrole se mettait à flamber..." Beaucoup d'analystes disent que les réserves nous permettent de tenir longtemps.
De ce point de vue-là, Téhéran gagne cette manche. Pour revenir à ce que vous disiez sur V.Poutine, ce qui est sidérant, c'est que Trump...
Un journaliste lui a posé une question. "Est-ce que vous confirmez que les Russes aident, d'un point de vue du renseignement, les Iraniens à faire du ciblage?" C'était peut-être le cas la nuit dernière.
D.Trump a dit: "Oui, on a cette information." En même temps, il développe des sanctions pour un mois qui permettent une bouffée d'air frais à l'économie russe, qui va pouvoir fabriquer des missiles et des obus pour taper l'Ukraine. - A.Casse: On passe à vos questions.
Question. - Gal D.Trinquand: La vengeance n'est pas tout à fait...
Je vais vous donner un autre exemple. On a eu un attentat en Iran. La France était allée frapper dans la vallée de la Bekaa.
Sauf qu'on a prévenu les terroristes et ils n'étaient pas là. On a frappé les bâtiments. La vengeance ne doit pas être un moteur chez nous. - A.Casse: C'était au Liban, ce dont vous parlez. - Gal D.Trinquand: Le moteur chez nous doit être la protection, et comment empêcher de renouveler des attaques de ce type-là.
Si c'est les mêmes qu'on doit neutraliser, tant mieux. Mais c'est pas le moteur de la vengeance qui compte. - A.Casse: Question. - P.Allémonière: Il a dit tout et son contraire.
Il a dit "ça va être fini très vite" et, en même temps, il a parlé de 4 à 5 semaines. C'est la volatilité de Trump. Certains, qui veulent voir le verre à moitié plein, disent que c'est l'ambiguïté stratégique qu'il cultive, et on ne sait pas où elle va.
D'autres disent qu'il est irrationnel et qu'il change au gré du vent. - A.Casse: Et vous, que dites-vous? - P.Allémonière: Il avait dit: "Ma boussole, c'est ma morale." Quand on est soumis à la morale du président américain, on ne sait pas bien où sa boussole va le guider.
Tout ce que l'on peut voir, c'est qu'aujourd'hui encore, un jour, il soutient la Russie, en quelque sorte...
Aujourd'hui, qu'est-ce qu'il fait, si ce n'est soutenir l'offensive russe en Ukraine qui est, pour le coup, notre guerre...
Et le lendemain, il met notre économie dans le chaos. Ce que cherchent les Iraniens aujourd'hui, c'est 2 choses: le chaos économique et faire en sorte que l'insécurité se répande dans toute la région, voire plus. Face à ça, Trump n'était pas préparé.
Je crois que les militaires américains lui avaient proposé tous les scénarios et que lui, il a choisi effectivement un des scénarios. C'est ce scénario qui nous semble chaotique aujourd'hui. - A.Casse: C'est aussi cette question... - Gal D.Trinquand: Non...
La bombe nucléaire, ça effraie tout le monde. La bombe nucléaire, c'est une dissuasion, c'est-à-dire ne pas s'en servir. C'est ce qui a permis de maintenir la paix contre tous les mauvais esprits qui pensent que c'est la guerre.
La bombe nucléaire, c'est la paix. La seule fois où elle a été utilisée, les Américains étaient les seuls à l'avoir. Aujourd'hui, beaucoup de pays l'ont.
Par contre, les armes puissantes, oui. Il y a des stockages de missiles et des drones qui ont été faits. - A.Casse: Question. - A.Pirot: Si vous amenez un certain nombre de belligérants dans ce conflit, vous multipliez les possibilités de pression sur les Etats-Unis pour mettre fin à ce conflit.
Les buts de guerre ne sont pas très clairs depuis le début. Ca devait être le programme nucléaire, c'est devenu toutes les capacités militaires de l'Iran. On est passés par la phase du renversement de pouvoir, qu'on semble abandonner désormais. - A.Casse: Comment vous l'expliquez?
Est-ce que D.Trump cherche son but? - A.Pirot: Je suis beaucoup plus terre à terre.
Je n'ai aucun doute sur le fait que les Américains, les militaires américains lui ont proposé toutes les options. C'est dans la logique même de la logistique militaire. Je suis pas sûr qu'il y ait vraiment une stratégie. de décapiter le régime iranien.
Mais l'erreur était de penser que le régime allait s'effondrer comme un château de cartes à partir du moment où la tête s'effondrait, car un certain nombre de gens se retourneraient. Je pense que certains faucons autour de D.Trump l'ont mal conseillé, en disant qu'l suffira que le Guide tombe pour que tout le monde se retourne et que la population, d'un coup, puisse avoir accès à la liberté.
C'était mal calculé. - Gal D.Trinquand: Dans la stratégie qu'on étudie, on oublie Nétanyahou.
Il a une stratégie. Le renversement du régime, c'est sa stratégie. Le problème, c'est qu'il a réussi à convaincre D.Trump qu'il allait y arriver.
D.Trump, lui, navigue entre... "Est-ce que je reste avec Nétanyahou?
Est-ce que je cherche une victoire rapide? Que disent les marchés, l'électorat?" - A.Casse: Si D.Trump dit "on se retire de cette guerre"... - Gal D.Trinquand: D.Trump a dit que ça devait être une décision conjointe.
On va voir si monsieur Nétanyahou arrive à le maintenir dans le tempo. On en est à 14 ans de guerre. La planification, c'est 5 semaines.
On n'en est pas à la moitié. - P.Allémonière: Il reste les 400 kg d'uranium enrichi à 60 % qui sont toujours sur le territoire iranien et qu'Israël veut récupérer à tout prix, suivi par les Américains en ce sens.
D.Trump, demain, déclare la fin de la guerre. Il met son étiquette et dit "bravo, j'ai gagné", et le lendemain, les Iraniens lancent des drones sur tous les pays du Golfe.
C'est pas parce qu'il va déclarer la fin de la guerre que les Iraniens vont le suivre. - A.Casse: Question.
Vous avez 15 secondes. - L.Menget: Ca les oblige à aller beaucoup plus loin que ce qu'ils avaient imaginé.
Ca les oblige à rester actifs dans la région. - A.Casse: Merci d'avoir participé à cette émission en direct.
Tout de suite, "C à vous". - M.Bouhafsi: Bonsoir.
La France pleure l'un de ses enfants, l'adjudant-chef A.Frion. Quelle va être la réaction de la France et d'E.Macron?
Y aura-t-il d'autres conséquences sur les intérêts français? On en parle avec P.Dutartre et C.Cornudet.
Autre conséquence importante: la flambée des prix à la pompe. Vous entendrez la colère de P.Chasseray, délégué général de 40 Millions d'automobilistes.