Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
DébatC dans l'air (sur YouTube)· 13 décembre 2024 65 minContradictoireMixteInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & familleImmigration & asile

François Bayrou : "enfin, les ennuis commencent !" - C dans l’air - 13.12.2024

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 82 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi ce choix de F.Bayrou comme Premier ministre ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi E.Macron a-t-il autant tergiversé ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Quels sont les atouts de F.Bayrou pour sortir de l'impasse ?

  • 7:00FerméeRéponse partielle

    Y aura-t-il des poids lourds dans son gouvernement ?

  • 9:00FerméeRéponse partielle

    F.Bayrou pourra-t-il durer jusqu'en 2027 ?

  • 11:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que le style Bayrou va plaire aux Français ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00J.JaffréFait
    « Nous attendions F.Bayrou. Cette difficulté finale, c'est une énorme surprise. »
  • 10:00F.BayrouFait
    « Je n'ignore rien de l'Himalaya qui se dresse devant nous. »
  • 12:00J.JaffréChiffre
    « Le total gauche est très bas. »
  • 14:00C.CornudetChiffre
    « Elle est très approuvée par sa base. »
  • 16:00J.JaffréChiffre
    « 39 % pour le candidat du RN au premier tour et 38 % dans le sondage pour M.Le Pen. »
  • 18:00A.de TarléChiffre
    « 89 % des Français sont inquiets de la situation économique. »
  • 20:00A.de TarléChiffre
    « 85 % sont inquiets de la situation de la dette. »
  • 26:00A.BouilhaguetFait
    « C'était pour dire à E.Macron que la dissolution était une erreur et qu'il fallait faire tomber. »
  • 28:00S.Pierre-BrossoletteFait
    « Aucun des instruments n'est utilisable. »
  • 30:00C.CornudetFait
    « Il rêvait de quelqu'un qui lui permette de continuer à jouer ce rôle de l'homme en scène. »

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... - A.de Tarlé: Bonsoir.

Ca y est, à 73 ans et après avoir été 3 fois candidat à la présidentielle, F.Bayrou est nommé Premier ministre. Pourquoi ce choix?

Pourquoi d'E.Macron a-t-il autant tergiversé? Quels sont ses atouts pour sortir de l'impasse?

Juste après sa nomination, F.Bayrou a eu ces mots, empruntés à F.Mitterrand: "Enfin, les ennuis commencent." Quelle sera sa politique, alors que la France croule sous la dette et des déficits?

Y aura-t-il des poids lourds dans son gouvernement? Si oui, lesquels? F.Bayrou pourra-t-il durer jusqu'en 2027?

Tel est le souhait d'E.Macron, avoir un gouvernement qui tienne jusqu'à la prochaine présidentielle. C'est le sujet de notre émission.

Pour répondre à vos questions, nous accueillons J.Jaffré, politologue, chercheur au Cevipof. C.Cornudet, vous êtes éditorialiste politique pour "Les Echos".

A.Bouilhaguet, vous êtes éditorialiste politique chez France Télévisions. S.Pierre-Brossolette, vous êtes éditorialiste politique au "Point".

Je vous propose de regarder les images de F.Bayrou sur le perron de Matignon. Il est avec M.Barnier, à qui il va succéder.

Ils ont le même âge, 73 ans. Deux hommes de la même génération. - J.Jaffré: Il n'y a pas de choc générationnel dans cette transmission entre M.Barnier et F.Bayrou.

Il n'y a pas de rajeunissement à Matignon. - A.de Tarlé: Sur le choix de F.Bayrou? - J.Jaffré: Nous avons quand même vécu une folle matinée.

Devant les télévisions, les Français l'ont suivie...

Dans le passé, il y a eu des nominations de Premiers ministres extrêmement difficiles. En 1968, par exemple, en 1992, avec E.Cresson, en 2005, avec D.de Villepin...

C'est M.Alliot-Marie qui était nommée jusqu'à la dernière minute...

Tout ça se passait en coulisses. Là, c'est devant des millions de personnes qui suivaient les chaînes d'info en attendant le nom du Premier ministre qu'on a vécu une crise politique incroyable. A un moment, c'est Bayrou, puis ce n'est plus Bayrou... - A.de Tarlé: "Le Monde", à 11h, titrait: "Ce ne sera pas F.Bayrou." - J.Jaffré: Je n'ai jamais vu ça sous la Ve République.

Sous la IVe, il n'y avait pas les chaînes d'information et les télévisions. Ca pèse lourd dans le débat politique. F.Bayrou était le favori logique, celui qu'on attendait.

Il a la surface politique, le positionnement politique, qui correspondent au positionnement de censure qu'a connu M.Barnier. Nous attendions F.Bayrou.

Cette difficulté finale, c'est une énorme surprise. - A.de Tarlé: Pourquoi on a autant tergiversé? - A.Bouilhaguet: "Le Monde" a raison.

A 11h, il n'est pas Premier ministre. Il est convoqué à 8h30. Il a une invitation le soir.

E.Macron n'est pas clair. Enfin, il est presque clair.

Il lui annonce qu'il compte nommer R.Lescure. En tout cas, il ne nomme pas... - A.de Tarlé: Il y a eu R.Lescure très fort dans le shaker à un moment. - A.Bouilhaguet: Il est encore très tôt pour refaire l'histoire.

R.Lescure est dans le shaker...

A 11h, F.Bayrou quitte l'Elysée. E.Macron ne lui a absolument pas dit qu'il était nommé.

Comme il est un peu malin, il comprend qu'il y a une offensive. Il met tout de suite le contrat sur la table. Il lui dit: "Si tu ne me nommes pas..." B.Cazeneuve aurait pu être nommé, F.Bayrou l'aurait compris, pour des équilibres politiques, des stratégies.

Pour le reste, il ne comprend pas que ce ne soit pas lui. Il est l'équation qu'il faut pour à la fois calmer le RN, parler à la gauche. C'est son moment.

Il lui dit: "Si tu ne me nommes pas, le socle commun part, le MoDem plie bagage." - A.de Tarlé: Un chantage... - A.Bouilhaguet: Il y a eu beaucoup de divergences de fond entre E.Macron et F.Bayrou depuis 2017.

Mais F.Bayrou a toujours été très respectueux concernant...

Il a une affection pour E.Macron. Il lui a pardonné beaucoup de choses.

Chaque fois qu'il a rué dans les brancards, c'était avec une certaine délicatesse, si je puis dire. Là, il n'a pas du tout été délicat. Il a vu son heure passer.

Il a été très cash là-dessus. Il part par une petite porte dérobée de l'Elysée. Son équipe, ses proches ne savent pas où il est pendant une heure.

F.Bayrou est un solitaire. Finalement, vers midi, E.Macron va changer d'avis entre-temps. - A.de Tarlé: C'est le signe de quoi, ça?

F.Bayrou avait terriblement envie d'y aller. - C.Cornudet: Mardi, ils déjeunent ensemble et travaillent au gouvernement Bayrou.

F.Bayrou sort avec la certitude d'être nommé. Entre-temps, sur les critères que définissait Jérôme sur le bon Premier ministre du moment, c'est quelqu'un capable de parler à la gauche et à la droite.

Mais E.Macron en rajoute un depuis 48 heures, quelqu'un qui ne lui fasse pas d'ombre, qui le laisse être en 1re ligne. C'est pour ça que sortent les noms de C.Vautrin, R.Lescure et de S.Lecornu.

Ce sont des affidés. F.Bayrou a peur qu'il soit un peu trop un fort-en-gueule.

Ce matin, quand il arrive, E.Macron le garde longtemps pour le ménager mais lui fait comprendre que ce ne sera pas lui. Il lui dit: "Je vais nommer S.Lecornu." F.Bayrou aurait eu cette phrase: "En 2017, je vous ai rejoint pour faire de grandes choses, pas pour en faire des petites." Sympa pour S.Lecornu. "Je vous quitte." Ne sachant pas comment rattraper les choses...

La veille, F.Bayrou avait déjà rué dans les brancards, mais en coulisses, n'avait pas osé le dire frontalement à E.Macron que s'il ne le nommait pas, s'il nommait quelqu'un qu'il considère plus petit que lui, B.Cazeneuve ou un autre, il partait.

Là, il le lui dit. "Je vous rappelle dans 15 minutes." Il a rappelé 15 minutes après en disant: "Je vous ai choisi." C'est un rapport de force.

Ca change la donne entre les 2 hommes. E.Macron vient de nommer quelqu'un qui utilisera la force. - A.de Tarlé: Est-ce que ce n'est pas la qualité de F.Bayrou...

On a retrouvé dans les archives, un de vos livres... "F.Bayrou, hors des sentiers battus." Justement, il l'est.

Il va marquer sa patte et apporter une différence par rapport à E.Macron dont les Français veulent tourner la page. - S.Pierre-Brossolette: La question qu'on pouvait se poser, c'est: "Pourquoi il ne l'a pas pris d'office?" A chaque nomination d'un Premier ministre à Matignon, et il commence à y en avoir beaucoup sous E.Macron... - A.de Tarlé: Le 4e en un an. - S.Pierre-Brossolette: A chaque fois, ça passe sous le nez de F.Bayrou.

Pourquoi? E.Macron n'a pas envie de s'encombrer de quelqu'un qui peut lui dire non. - A.de Tarlé: Un fort-en-gueule. - S.Pierre-Brossolette: Il n'aime pas les gens qui lui résistent.

Il a cru qu'E.Philippe allait être un toutou. Ca n'a pas été le cas.

Il a cru que ça allait être le cas d'E.Borne. Ca a été compliqué.

Avec le petit Attal, il s'est dit que c'était son petit frère. Pas du tout. Il a pris son autonomie.

Pour finir son mandat, il avait quand même envie de quelqu'un avec qui il soit confortable et qui respecte son bilan. Il a eu la mauvaise surprise avec M.Barnier d'avoir quelqu'un qui voulait augmenter les impôts.

S'il y a un héritage positif d'E.Macron, c'est de ne pas avoir augmenté les impôts, et plutôt de les avoir baissés. La donne politique est évidente.

Tous les 4, on se disait que c'était le choix le moins mauvais dans le contexte actuel. Il s'est évertué à chercher d'autres solutions et s'est cogné contre un mur. Il ne voulait pas de Cazeneuve, qui était peut-être aussi une autre solution évidente.

Il a trop de caractère également. Après, c'était plutôt des affidés, ce qui n'était pas une bonne solution. F.Bayrou a eu raison...

Il fallait sortir du macronisme pour essayer de sauver la situation. Il crée une situation originale. C'est effarant, la façon dont les choses se sont passées.

Un Premier ministre qui impose sa nomination...

C'est du jamais-vu. Il crée donc une cohabitation. Vu les conditions dans lesquelles il a été nommé, il a un vrai pouvoir à Matignon...

C'est une cohabitation avec E.Macron... - A.de Tarlé: Le Premier ministre a dit ses 1ers mots sur le perron de Matignon. - M.Barnier: Cher François, bienvenue.

Je veux vous dire mes voeux personnels et amicaux. Nous nous connaissons depuis longtemps. Pour l'action que vous allez désormais engager avec votre nouveau gouvernement. - F.Bayrou: Vous avez dit que nous nous connaissions depuis longtemps.

C'est absolument vrai. Notre 1er engagement ensemble, c'était dans un mouvement qu'on appelait les Rénovateurs. En effet, c'est une tâche qui est encore devant nous aujourd'hui.

Je veux commencer en vous exprimant un sentiment de gratitude, gratitude de citoyen, pour le risque que vous avez pris de vous engager dans cette fonction, pour avoir affronté la difficulté des temps, et Dieu sait que cette difficulté des temps est importante... - A.de Tarlé: Je vais trahir un secret. "Les Rénovateurs..." C'est les 2 poteaux qui se retrouvent.

C'est fini, le monde des jeunes macronistes. - J.Jaffré: 2 poteaux...

De la même génération, assurément, ayant des éléments de parcours politique communs. Ils ont été ministres en même temps, du gouvernement Balladur ou du gouvernement Juppé. Ils se connaissent très bien.

Ce n'est pas tout à fait la même orientation politique et idéologique. Barnier, c'est le gaullisme, mais qui s'est converti à l'Europe et qui a joué un rôle important sur l'Europe. Bayrou, c'est un héritage démocrate-chrétien.

C'est un homme de parti. C.Cornudet soulignait combien il a utilisé son parti et le poids de celui-ci pour s'imposer à E.Macron. "Je retire le MoDem de la participation gouvernementale et du socle commun..." Ca veut dire déshabiller politiquement le macronisme, qui est déjà dans une tenue légère.

On a donc une situation où il y a un homme politique...

Barnier a fait une partie de sa carrière en Europe. Bayrou laboure la France dans tous les sens. C'est un fils de paysans béarnais.

Il laboure la France depuis un demi-siècle, pratiquement. Je pense que sa 1re élection, ça doit être une cantonale en 1985. - A.de Tarlé: Début des années 80.

Est-ce que le style Bayrou va plaire aux Français? La personnalité politique préférée des Français...

Il est à 29 %, loin derrière E.Philippe, 41 %, G.Attal, 37 %...

Est-ce que ce côté "en même temps", ni droite ni gauche, fait qu'il ne plaît ni aux uns ni aux autres? - C.Cornudet: M.Barnier disait que le pays avait besoin d'apaisement.

Il peut raisonner en écho avec ce besoin d'apaisement. Il aime parler, écouter. Il aime s'écouter parler.

Il a une rondeur. - A.de Tarlé: Il est un peu long... - C.Cornudet: C'est un cauchemar pour les journalistes télé.

Il est difficile à couper... - S.Pierre-Brossolette: Même pour la presse écrite. - C.Cornudet: Dans ce moment d'instabilité totale, il peut apporter cet apaisement.

Il est aussi l'incarnation de la politique politicienne, parlementaire. Les Français ne veulent plus entendre parler de politique. Ce n'est pas sûr qu'ils aient un coup de foudre.

Ils le connaissent depuis toujours. Il peut arriver à faire parler les gens ensemble. L'objectif est de consolider le socle commun, macronistes-LR et obtenir une sorte de mansuétude des socialistes. - A.de Tarlé: Sur le style Bayrou, vous confirmez, A.Bouilhaguet, qu'il est lent à parler...

C'est un enfer à interviewer. Il ne termine jamais ses phrases. Il a une élocution saccadée.

C'est un ancien bègue qui a surmonté son handicap. - A.Bouilhaguet: Il faut savoir aussi d'où il vient.

C'est un fils d'agriculteurs qui a perdu son père à 16 ans. Il a repris en partie la ferme tout en continuant ses études. Il finit professeur agrégé de lettres classiques.

Il est bègue. Il est moqué, beaucoup, dans les cours d'école...

C'est dur, pour lui. Il apprend lui-même en lisant à haute voix. C'est un autodidacte, un homme du terroir.

C'est un homme qui se construit dans l'adversité. Il a à la fois des qualités, de courage, de conviction, des intuitions. Il en a beaucoup.

Après, c'est aussi quelqu'un d'extrêmement solitaire, obstiné, têtu, orgueilleux, qui aime que le monde tourne autour de lui, qui aime s'écouter parler. - A.de Tarlé: C'est négatif. - A.Bouilhaguet: Il aime s'écouter parler.

Macron va avoir fort à faire avec cette personnalité. - J.Jaffré: Les Français aussi. - A.Bouilhaguet: En même temps, c'est un reproche qu'on ne pourra pas lui faire.

L'opposition aimerait dire que c'est un macroniste. Sur le papier, oui, mais c'est un bayrouiste. Il estime que c'est lui, le précurseur du macronisme.

C'est Macron qui a pris le relais, le petit jeune, parce qu'à un moment, F.Bayrou a fait preuve de mansuétude et a, en quelque sorte, passé le relais. Ce n'est absolument pas la créature d'E.Macron, pas un allié...

Ca va être un allié et pas un vassal. On va rentrer, pas dans une cohabitation, mais il y aura des moments où F.Bayrou aura ses fixettes, son idée fixe et tiendra sa route. - A.de Tarlé: Et E.Macron devra s'y soumettre. - S.Pierre-Brossolette: C'est un drôle de mélange, F.Bayrou.

Il n'est absolument pas un démocrate chrétien typique. Il a tout conquis par lui-même. Il n'a rien hérité.

Ca a été dur pour lui. Sa jeunesse, être bègue, surmonter cette difficulté importante...

Il a été humilié. C'est quelqu'un qui n'aime pas être humilié. Personne n'aime, mais lui, il est très orgueilleux.

Il n'aime pas les codes mondains parisiens. Il a toujours détesté toutes ces forces médiatiques... - A.de Tarlé: Il abuse de son ancrage dans le Béarn. - S.Pierre-Brossolette: Il décrit la scène au Fouquet's au soir de la victoire de N.Sarkozy en disant qu'il y avait tout ce qui comptait à Paris, d'argent, de paillettes et de bling-bling avec une détestation sur ces milieux qui laisse présager d'un milieu tout à fait autre qui régnera à Matignon par rapport à ce que pouvait fréquenter l'Elysée aujourd'hui.

Ce sont des personnages très différents, Macron et Bayrou. Effectivement, c'est Bayrou qui a créé le "en même temps", l'inventeur du "ni gauche ni droite". Il a passé sa vie à dire ça en étant moqué.

F.Mitterrand disait: "Si on dit qu'on n'est ni de gauche ni de droite, ça veut dire qu'on est de droite." Il a toujours été très frondeur.

C'est quelqu'un du terroir, solide. Ca aurait pu être un traditionnel de droite classique. Il a toujours été dans les marges, un peu rebelle.

Il n'y a qu'un seul homme qu'il admirait vraiment, à qui il a toujours dit oui: R.Barre. Ils parlaient latin ensemble.

J'ai assisté à des voyages en avion où ils parlaient latin. On n'y comprenait rien. C'est quelqu'un de très particulier.

C'est un des plus cultivés de la classe politique. - A.de Tarlé: C'est un historien.

Il a beaucoup écrit sur Henri IV. - S.Pierre-Brossolette: Sur lequel il a attelé son image...

Henri IV, avec l'édit de Nantes, a réconcilié les deux France, catholiques et protestants. Est-ce que F.Bayrou va réussir à réconcilier droite, gauche et centre? - A.de Tarlé: C'était sa 1re déclaration cet après-midi.

Il a parlé de la nécessaire réconciliation du pays. Fin du suspense 9 jours après le vote de la censure du gouvernement Barnier. F.Bayrou est nommé à Matignon. - Il est 17h lorsque le nouveau Premier ministre, F.Bayrou, est accueilli par M.Barnier dans la cour de Matignon.

La fin d'une très longue journée et d'une nomination aux multiples rebondissements. Tout a commencé aux aurores. *-Ce qui s'est joué ce matin, c'est que F.Bayrou s'est battu pour la place.

Il a été convoqué très tôt ce matin par le président. Un coup de fil à l'aube. - Un coup de fil durant lequel le président de la République annonce au président du MoDem qu'il ne sera pas Premier ministre.

Mais quelques heures plus tard, la voiture de F.Bayrou arrive à l'Elysée. Les 2 hommes échangent plus de 1 heure 30 dans les bureaux d'E.Macron.

Rien ne filtre avant la fin de la matinée. - Le rendez-vous ne s'est pas bien passé ce matin. - Que s'est-il passé entre les 2 hommes, alliés depuis 2017?

Selon "Le Parisien", F.Bayrou aurait menacé le chef de l'Etat de faire exploser le socle commun et de faire un malheur s'il n'obtenait pas Matignon. Le communiqué de l'Elysée tombe un peu avant 13h. ...

F.Bayrou, ex-Haut-commissaire au Plan, succède donc à M.Barnier, avec une volonté d'apaisement. - F.Bayrou: Je pense que tout le monde mesure la difficulté de la tâche.

Je pense aussi que tout le monde se dit qu'il y a un chemin à trouver, qui réunisse les gens au lieu de les diviser. Je pense que la réconciliation est nécessaire. - Et de citer F.Mitterrand. - F.Bayrou: Enfin, les ennuis commencent. - L'un des 1ers à réagir après la nomination de F.Bayrou à Matignon est J.Bardella.

Pas de censure, a priori, mais un avertissement. - J.Bardella: Je représente, avec M.Le Pen, une formation politique qui a recueilli 11 millions de voix, 1er groupe à l'Assemblée nationale.

Nous souhaitons pouvoir faire connaître très rapidement nos lignes rouges et les inquiétudes qui sont celles des millions d'électeurs qui ont voté pour nous sur le pouvoir d'achat, les difficultés à boucler les fins de mois et, évidemment, le rétablissement de l'ordre et de la sécurité dans le pays. - A gauche, LFI annonce ne laisser aucune chance au nouveau Premier ministre. ...

Les socialistes demandent à F.Bayrou de renoncer à tout 49-3 et attendent un changement de méthode. - B.Vallaud: Nous interpellons le Premier ministre en disant également que nous n'entendons pas qu'il dépende, de quelque manière que ce soit, il doit nous en apporter les garanties, du Rassemblement national qui a joué avec M.Barnier les maîtres chanteurs. - De leur côté, Les Républicains attendent que F.Bayrou explique son projet avant de décider de leur éventuelle participation au nouveau gouvernement.

Un défi de taille attend le président du MoDem: faire mieux que M.Barnier, qui aura tenu 90 jours dans l'enfer de Matignon. - A.de Tarlé: Durer plus que 90 jours... 1re déclaration de F.Bayrou: "Je n'ignore rien de l'Himalaya qui se dresse devant nous." On a l'impression qu'il est attendu avec un fusil par tous ceux qui sont censés ne pas le faire tomber. - J.Jaffré: Il y a quelque chose qui s'est passé d'important cette semaine, la réunion à l'Elysée des partis politiques autour du président.

Il n'y avait pas le RN ni LFI, mais il y avait tous les autres. Tous les autres partageaient des choses ensemble, des choses importantes, en particulier le fait qu'ils ne souhaitaient pas une présidentielle rapprochée ni contraindre E.Macron à une démission forcée. - A.de Tarlé: Pas de crise de régime. - J.Jaffré: Non.

Le chaos institutionnel, ils ne le souhaitent pas. Une présidentielle anticipée, ils craignent un duel Le Pen-Mélenchon. Nous ne sommes pas en état politique et électoral...

Ces partis ne sont pas en état électoral de se dire qu'ils sont sûrs d'échapper à Le Pen ou Mélenchon. Dans ce cas, il vaut mieux garder Macron. Ca veut dire pas de censure à répétition.

Tout ce qu'a fait le PS depuis 2 semaines, depuis le départ de Barnier, consiste à refuser de s'engager dans une motion de censure qui serait déposée par LFI, à ne pas s'y engager automatiquement. Si les 66 socialistes ne votent pas la motion de censure, le gouvernement n'est pas renversé. Le RN peut continuer de participer aux motions de censure.

Le schéma est le suivant. Il peut permettre une durée plus grande que M.Barnier, qui avait fait l'erreur de se mettre dans la main du RN, aidé par E.Macron, qui avait pris contact avec M.Le Pen pour s'assurer qu'il n'y aurait pas de censure immédiate de M.Barnier.

Là, on se tourne beaucoup plus vers les socialistes et la neutralité des socialistes. Mais la neutralité des socialistes, ça signifie qu'il faudra aussi faire des concessions sur les textes au PS. L'axe de la politique française se déplace beaucoup plus vers le centre et le centre gauche.

C'est pourquoi il y avait une logique à nommer F.Bayrou. - A.de Tarlé: Avec M.Barnier, c'était M.Le Pen qui avait les clés, le pouce.

Est-ce que ce sont les socialistes qui ont le pouce, quelque part? Je cite F.Hollande. "M.Le Pen, en censurant, a tout perdu." - C.Cornudet: Le but du PS...

Ils se disent qu'ils ont été jusqu'au bout avec l'alliance avec LFI en allant jusqu'à la censure. Les gens n'ont pas encore pris conscience de ce que voulait dire ne pas avoir de budget pour 2025. Il y a un congrès du PS au printemps.

Toute l'aile droite du PS, d'O.Faure...

Lui veut démontrer qu'il coupe avec LFI et couper l'herbe sous le pied de ses opposants. Le PS a beaucoup bougé. E.Macron l'a vu.

Dans son intervention la semaine dernière, il a expliqué: "On va sortir des griffes du RN." Ce sera très difficile de s'élargir jusqu'aux socialistes...

Si on prend des socialistes au gouvernement, les LR n'y seront pas. Il faut essayer d'obtenir la neutralité bienveillante des socialistes. Les socialistes voulaient un Premier ministre de gauche.

Ca n'en est pas un. S'ils rentrent dans ce jeu-là...

Ils vont faire payer très cher en termes de mesures, de symboles sociaux. Au moment où il faut faire un budget qui serre la vis, ils veulent des gestes sur les retraites, sur les salaires. - J.Jaffré: Et sur les impôts. - C.Cornudet: Le paradoxe, c'est qu'E.Macron s'était mis à prendre un peu M.Barnier en grippe parce qu'il trouvait qu'il augmentait trop les impôts.

Ca va être difficile de faire autrement. - S.Pierre-Brossolette: Je pense quand même que Bayrou a plus de chances que Barnier, qui a essuyé les plâtres de l'expérience socialiste de ce que j'appellerai "le fusil à un coup" de la censure.

Ils ne peuvent pas censurer à tire-larigot. Ce geste a été critiqué en coulisses. "Les socialistes s'associent à une censure de M.Le Pen et de LFI et font tomber le gouvernement, ce n'est pas responsable...

F.Hollande a quand même été président de la République. Ce budget n'est pas une monstruosité..." Ils ont été un peu endettés.

Ils ont été jusqu'au bout. Là, ils ne peuvent plus continuer à coller avec un parti qui ne pense qu'à une chose: une présidentielle anticipée. Il y a maintenant le vrai pacte entre les partis qui ne veulent pas de présidentielle anticipée.

Il n'y a pas de très grands risques de censure. Si F.Bayrou est un peu courageux, et je crois qu'il l'est, il devrait comprendre que les concessions à faire, dans un rapport de force qui est aujourd'hui le fait que le PS ne veut pas tout de suite faire une nouvelle censure...

Il devrait pouvoir passer un budget sans trop d'énormes concessions. Mais c'est vrai qu'O.Faure ne s'est pas converti à la politique de l'offre derrière un pilier de Notre-Dame.

Il est revenu à la gauche du gouvernement, à être un peu plus raisonnable, parce qu'il veut sauver sa peau au congrès...

Il a repris la politique de ses adversaires. C'est classique. Il assure sa survie au parti.

F.Hollande a marché avec ça parce que ça va dans son sens. - A.de Tarlé: Il ne veut pas aider les mélenchonistes. - S.Pierre-Brossolette: C'est acquis.

Si F.Bayrou fait quelques concessions, mais pas énormes, il devrait pouvoir passer. Il avait déjà des doutes sur la réforme Borne, il l'a exprimé.

Il y avait déjà pas mal d'impôts...

Il va y avoir un chemin étroit. Le fait que Barnier ait déjà essuyé les plâtres, ça va faciliter les choses. - A.de Tarlé: Est-ce que F.Bayrou va faire en sorte de ne pas faire grand-chose pour ne pas s'attirer les foudres de ceux qui sont censés le soutenir?

Les mauvaises langues disent: "Ne pas faire grand-chose, il l'a déjà fait et ça avait fait sa réussite au ministère de l'Education." - A.Bouilhaguet: Il y a eu la loi Falloux.

Il a pris un mur. Ca l'a calmé. On parle plutôt de cogestion avec les syndicats. - A.de Tarlé: C'est sa force, ne rien faire? - A.Bouilhaguet: Ce n'est pas un homme de grande révolution.

C'est un homme qui aime les changements progressifs. Il n'aime pas les ruptures. On n'est pas là pour faire le grand soir, la révolution, des réformes structurelles pour les 3 années qui viennent.

Ce n'est pas ça. Si je devais prendre une figure, E.Macron a un côté un peu président du Conseil sous la IVe République.

Il va essayer de trouver à droite et à gauche sa majorité à géométrie variable. - J.Jaffré: F.Bayrou. - A.Bouilhaguet: Il va avoir ce rôle.

Il a un petit atout dans sa manche: le Rassemblement national. F.Bayrou plaide pour beaucoup de sujets qui les obsèdent aussi: la proportionnelle, la banque de la démocratie pour financer les campagnes des partis.

C'est aussi un combat de M.Le Pen. Il a parrainé M.Le Pen en 2022.

Il veut faire aussi une banque des parrainages pour faire vivre cette démocratie. Le réquisitoire de M.Le Pen sur l'inéligibilité provisoire, il s'en est offusqué.

Il va y avoir une forme de bienveillance. On ne sait pas combien de temps ça va durer, mais il peut, ici ou là, essayer de ramasser ce qu'il faut. - A.de Tarlé: Est-ce que la composition du gouvernement Bayrou sera importante, avec des marqueurs, des signaux?

Vous l'imaginez comment? On parle déjà de poids lourds. - C.Cornudet: Il voudrait faire l'inverse de M.Barnier, prendre plutôt les poids lourds à l'intérieur du gouvernement.

On parle de B.Retailleau, des LR...

On se demande comment on peut avoir B.Retailleau pour que ce soit acceptable pour le PS. On parle de X.Bertrand.

Il aimerait un attelage plus solide pour être moins attaqué de l'extérieur, comme c'est souvent le cas. Je ne peux pas vous en dire beaucoup plus. C'est maintenant que commencent ces discussions.

Manifestement, le PS, c'est plutôt des mesures emblématiques qu'ils cherchent. - S.Pierre-Brossolette: Il a vraiment intérêt à nommer un ministre des Finances très fort et très crédible.

La vraie censure qui le menace, c'est celle des marchés. Pour l'instant, il y a une espèce de calme étrange, comme une espèce de drôle de guerre avec les marchés, en attente de voir ce que la France fera. Il va falloir annoncer des coupes dans les dépenses.

J'ai été très frappée par l'audition de B.Le Maire à l'Assemblée hier. C'est passé inaperçu dans le brouhaha des négociations pour le prochain Premier ministre.

Il a quand même dit que la France était menacée de mort lente à cause des noeuds coulants et des taux d'intérêts de la dette. On a perdu ça en route. Il y a une réalité financière qui nous menace.

Il y a 60 milliards... - A.de Tarlé: Plus personne n'en parle. - S.Pierre-Brossolette: 60 milliards à trouver.

Il va falloir s'y atteler. - A.de Tarlé: Pour mieux cerner la personnalité de notre nouveau Premier ministre, revenons sur son long parcours, qui l'a mené à Matignon, un poste qu'il a convoité et qui lui a si souvent échappé.

Voici son portrait. - Matignon, il en rêvait et il ne s'en cachait pas. Ces derniers mois, F.Bayrou avait multiplié les offres de services.

Dernière en date: dimanche. - F.Bayrou: On ne peut pas continuer comme ça.

Si je peux aider à ce qu'on sorte de tout ça, je le ferai. - Depuis 40 ans, F.Bayrou traverse la vie politique française, gravit tous les échelons, du conseiller général jusqu'à celui de Premier ministre.

En 1993, l'agrégé de lettres devient le plus jeune ministre de l'Education. - F.Bayrou: Ca n'est que le 2e jour, mais je ne me sens pas mal à l'aise du tout. - A la tête de l'UDF, qui va devenir par la suite le MoDem, F.Bayrou se présente pour la 1re fois à l'élection présidentielle en 2002. - F.Bayrou: Les sondages n'ont pas besoin d'être vitaminés.

Ca va bien, pour l'instant. Mais moi, j'ai besoin d'être vitaminé. Je préfère des vitamines naturelles à tout ce qui est artificiel. -5 ans plus tard, en 2007, 2e essai.

F.Bayrou se veut l'artisan du renouveau. Il crée la surprise, triple son score et se hisse au rang de 3e homme.

Au second tour, il ne donne aucune consigne de vote. - F.Bayrou: A partir de ce soir, la politique française a changé et elle ne sera plus jamais comme avant! - En 2012, il repart en campagne mais n'arrive cette fois que 5e.

Coup de tonnerre: le centriste préfère F.Hollande à N.Sarkozy au second tour. - F.Bayrou: Je ne veux pas voter blanc.

Cela serait de l'indécision. Dans ces circonstances, l'indécision est impossible. Reste le vote pour F.Hollande.

C'est le choix que je fais. - Cette année-là, F.Bayrou perd aussi son siège de député.

S'ouvre alors la traversée du désert, jusqu'à sa victoire à la mairie de Pau en 2014, cette ville qu'il aime tant. - F.Bayrou: Ce n'est pas beau? - En 2017, à la surprise générale, il offre son soutien à E.Macron.

L'accord est scellé dans la foulée. F.Bayrou est de retour au 1er plan. - F.Bayrou: Il y a des moments où on doit dépasser ses préférences, ses goûts, ses habitudes, parce que ce qui est en jeu est trop grave. - Pari gagnant.

Le centriste devient un des artisans de la victoire du plus jeune président de l'histoire de France. E.Macron le nomme garde des Sceaux. - F.Bayrou: Je prends l'engagement que la loi sur la moralisation de la vie politique va être sur la table du Conseil des ministres avant les élections législatives. - Il n'aura pas le temps de défendre sa loi, rattrapé par l'affaire des emplois fictifs du MoDem.

Il quitte le ministère de la Justice au bout de 35 jours, amer. - F.Bayrou: Vous avez beaucoup de chance...

Quelques charges et beaucoup de chance. - Il reste proche du président. E.Macron lui confie en 2020 le Haut-Commissariat au Plan.

Sa mission: définir et coordonner les grandes priorités de l'Etat. En février dernier, F.Bayrou est relaxé dans l'affaire des assistants parlementaires du MoDem. - F.Bayrou: Ce que je vois, c'est le gâchis.

Ce qu'a coûté cette affaire dont on sait aujourd'hui qu'elle est totalement infondée... - Le parquet a fait appel dans la foulée. 10 mois plus tard, le Palois n'aurait pas pu rêver mieux, sacré Premier ministre le 13 décembre, date d'anniversaire de la naissance d'Henri IV, qui fascine depuis toujours F.Bayrou. - A.de Tarlé: En 2007, on disait de lui qu'il avait vu la Vierge.

Il a vraiment cru que la présidence de la République était à portée de main. Ce sera finalement N.Sarkozy qui lui chipera la place.

C'est ce qui s'était dit. - J.Jaffré: On dit qu'il rêvait toujours de ce poste de Premier ministre.

Non. Il a toujours rêvé de l'Elysée. Il atteint aujourd'hui, peut-être, le sommet de sa carrière politique, mais il voyait encore plus haut.

Il a été 3 fois candidat à la présidentielle. Mais vous avez raison de rappeler que 2007 a été son moment d'homme, le premier. Le second, c'est aujourd'hui avec ce poste de Premier ministre. - A.de Tarlé: Certains sondages, en mai, le donnent... - J.Jaffré: Certains sondages le donnent devant S.Royal, en situation d'aller au 2d tour face à N.Sarkozy avec de fortes chances d'être élu car il rallierait les voix de la gauche, du centre...

Mais la dynamique de gauche se réinstalle. F.Bayrou ne tient pas la distance.

C'est intéressant. Il va falloir qu'il tienne la distance comme Premier ministre. Finalement, son positionnement n'est pas clair.

Sarkozy utilise un argument assez fort. Il dit: "Monsieur Bayrou, on ne sait pas du tout où il est. Si au 2d tour il m'affronte, c'est un homme quasiment de gauche.

Si au second tour, il doit affronter madame Royal, il sera un homme de droite. On ne sait pas du tout où il est, donc ce n'est pas celui qu'il faut à la France." Et Sarkozy avait un projet fort et une crédibilité en 2007.

La vengeance est venue en 2012. Le choix de Hollande...

Nous attendons de savoir quelle va être la réaction de N.Sarkozy à la nomination de F.Bayrou.

Il a pesé de tout ce qu'il pouvait auprès d'E.Macron pour éviter Bayrou, précisément parce que la rancune est une chose qui dure, en particulier chez N.Sarkozy.

C'est finalement Bayrou. Je vais surveiller, comme probablement nos téléspectateurs intéressés beaucoup par la politique, ce que va dire Sarkozy sur Bayrou. LR a très envie de rester au gouvernement parce qu'ils vont mieux depuis qu'ils sont revenus au gouvernement. - A.de Tarlé: S'il réussit à Matignon...

Il y pensera, pour 2027? Ca ne pourrait pas faire qu'il ait moins de petits copains... - C.Cornudet: Ca fait partie des hésitations d'E.Macron ces dernières heures.

Outre N.Sarkozy, il y a eu des montées au créneau dans la coulisse. Certains préféraient quelqu'un qui n'ait pas d'ambition pour l'Elysée.

C'est pour ça que pour certains, C.Vautrin ou R.Lescure, ça allait mieux.

Il dit que quand on est drogué à la politique et à cette ambition...

C'est quelqu'un qui est habité par l'idée d'avoir un destin. Il ressemble à M.Barnier pour ça.

Ce sont des hommes qui, toute leur vie, se sont tenus près au cas où, parce qu'ils en rêvaient. Mais au gré des circonstances, ils y sont. - A.de Tarlé: On va regarder une de ces scènes culte de la vie politique française.

C'est votre reportage. En 2002, F.Bayrou est candidat pour la première fois à la présidentielle.

Vous le suivez à Strasbourg. On va voir cette scène où il est dans un quartier difficile. C'est la fameuse scène de la gifle.

C'est vous qui avez capté ce moment. Brouhaha. - A.de Tarlé: C'est votre caméra. - A.Bouilhaguet: C'est un moment qui reste incroyable.

On est dans le quartier de la Meinau, à quelques jours du premier tour de la présidentielle. Il est autour de 3-4 %. Il n'émerge pas trop, mais il est quand même là.

Il va dans un quartier assez agité...

Il y a cette scène...

On tourne la scène, on est au contact, mais on ne comprend pas ce qui se passe. On sent juste qu'il y a une effervescence, que son service d'ordre veut l'extirper de là, qu'il y a de la tension. Tout le monde part.

On s'en va. On veut visionner ces images et à un moment, on voit Bayrou revenir. Il a une forme de courage, toujours.

Il ne veut pas partir. Tant pis s'il y a des risques, du caillassage. On en aura un peu dans notre séquence, plus tard.

Il retourne un peu au contact. Se termine cette scène. On visionne les images... - A.de Tarlé: Un enfant essaie de lui piquer son portefeuille dans sa poche. - A.Bouilhaguet: On le voit gifler un enfant de 13-14 ans qui lui fait les poches. - A.de Tarlé: "Tu me fais pas les poches." Et boum, une baffe. - A.Bouilhaguet: On diffuse ce sujet au 20h en se disant: "Qu'est-ce qui va se passer?" Les Français avaient déjà envie d'autorité.

Ils ont trouvé qu'il avait agi en bon père de famille. Il a doublé son score après ça. - A.de Tarlé: Il vous en a reparlé après? - A.Bouilhaguet: Oui.

Forcément, ça crée du lien. Il a ce courage. Il avait fait un déplacement en Israël.

Il avait rencontré B.Nétanyahou...

Mais il faisait une fixette. Il voulait absolument rencontrer l'autorité palestinienne, Y.Arafat.

On lui a dit que c'était trop compliqué, grosse tension, ça bombarde...

En 2002, c'était une période compliquée. - A.de Tarlé: On voit la photo. - A.Bouilhaguet: L'ambassade de France lui dit qu'il ne faut pas y aller, que c'est trop dangereux.

Lui, il est têtu, obstiné. On s'est retrouvé embringués dans cette affaire. Mouqata'a qui était l'entra à Ramallah de Y.Arafat...

On est amenés dans des couloirs obscurs. On finit dans une salle vide. On ne sait pas ce qui va se passer.

Il n'y a pas de fenêtre. On attend peut-être une demi-heure et finit par arriver Y.Arafat.

J'étais assez impressionnée. J'étais jeune journaliste. J'étais impressionnée de voir Y.Arafat.

F.Bayrou était tout rouge, hyper excité à l'idée de côtoyer l'histoire, d'aller jusqu'au bout. Ces 2 anecdotes en disent beaucoup sur sa personnalité obstinée. - S.Pierre-Brossolette: Ca va compter beaucoup, cet aspect de sa personnalité kaléidoscopique.

Sur les questions de comportement et d'autorité, il penche vers une tradition d'ordre. Dans le contexte actuel où on retrouve M.Le Pen à 38 % des intentions de vote, c'est absolument utile.

Même si on décrète qu'elle est hors du jeu et qu'on se débrouille entre partis du cercle de la raison, comme dirait A.Minc, elle est quand même là. Peut-être que ce sera moins vrai dans quelques semaines, mais pour l'instant, elle a le vent en poupe.

Que ce soit elle ou J.Bardella, leur score est très haut. Après la stratégie de la cravate, maintenant, la stratégie de la cravache, ça marche quand même.

On a l'impression qu'elle gagne à tous les coups. Y a-t-il un plafond de verre? On ne sait pas.

Quel que soit le candidat qui voudra y aller, il faut résoudre le problème de ces questions d'autorité. La gauche ferait bien de s'interroger sur son petit score. La gauche fait très bas.

La déformation du scrutin majoritaire, aidé du front républicain, a fait qu'ils étaient le premier bloc arrivé, mais dans l'opinion, ils ne sont pas du tout les premiers arrivés. A gauche, il y a peut-être des mesures à prendre en termes d'autorité, d'immigration, si on ne veut pas qu'en 2027 ou peut-être avant, M.Le Pen arrive en tête. - A.de Tarlé: On s'est demandé si M.Le Pen ne prenait pas un risque vis-à-vis des Français qui pourraient l'accuser de gâcher...

De mettre la France en difficulté. Pas du tout! Le sondage le montre: 38 % au premier tour! - C.Cornudet: Elle est Très approuvée par sa base.

En revanche, chez toutes les catégories de conquête, les retraités, les catégories plus supérieures, les entreprises, ils n'ont pas trop aimé. - A.de Tarlé: Et ça, c'est embêtant. - C.Cornudet: Et ce sondage a été fait tout de suite après la censure.

Les Français n'ont pas forcément encore mesuré ce que ça va changer concrètement dans leur vie. Pour l'instant, elle en sort gagnante. - A.de Tarlé: O.Faure, 4 %, F.Hollande, 8 %. - J.Jaffré: La vie politique française s'organise dans des polarisations négatives.

C'est ce qui compte. Les polarisations négatives, c'est Macron, premièrement, c'est Mélenchon, deuxièmement et Le Pen et le RN troisièmement. Chacun peut être puissant dans son camp, mais c'est quand même une polarisation négative.

Il faut regarder aussi les élections. Il y a eu l'élection législative partielle des Ardennes dimanche dernier. 39 % pour le candidat du RN au premier tour et 38 % dans le sondage pour M.Le Pen.

Défaite du candidat du RN au 2d tour. Je parle de barrage républicain maintenant et non plus de front républicain. Ce barrage fonctionne.

C'est une donnée politique. Maintenant, la gauche, est hors jeu, mais Mélenchon continue de la dominer intellectuellement. Il arrive 3e dans le sondage.

On connaît son talent en campagne. Il est réel. Ce n'est pas le même Mélenchon que hors campagne.

Hors campagne, il est brutal, il dénonce tout le monde, il qualifie de traître tout le monde. En campagne, il parle de l'eau, de l'écologie, de la planète, il monte, il monte...

La gauche cherche aussi à exister politiquement et va vers le champion qu'elle peut avoir. C'est ça. C'est ça qui fait penser à beaucoup qu'un second tour Mélenchon-Le Pen est possible alors que le total gauche est très bas. - A.de Tarlé: F.Bayrou va devoir affronter un climat social tendu.

Les faillites et redressements judiciaires se multiplient en France. Nos équipes se sont rendues dans une usine qui s'apprête à fermer dans L'Eure. - Au pied de cette usine normande, les vestiges d'une bataille perdue.

L'entreprise Europhane va fermer dans un mois. Les 85 salariés vont tous être licenciés. La fin d'une tranche de vie pour cette femme, monteuse-câbleuse dans l'usine. - Le nombre de croix représente le nombre de familles en deuil de travail.

Je ne me serais jamais attendue à avoir une fermeture comme ça, du jour au lendemain. C'est dur de se dire que tout est fini. On a du mal à s'imaginer l'après.

Il faut tourner la page et on a du mal à s'imaginer...

Le plus dur pour moi va être de perdre mes collègues. C'est comme une 2e maison, une 2e famille. - A 39 ans, Sabrina est plongée dans l'incertitude et les angoisses.

A l'approche de Noël, son salaire est amputé par 3 semaines de grève et la perspective du chômage n'augure pas des jours meilleurs. - J'ai de fortes chances d'avoir à nouveau un salaire un jour, mais beaucoup plus bas, même s'il n'était pas très haut. Ouvrier en usine, on ne gagne pas des mille et des cents.

De savoir qu'on a une maison, un crédit immobilier, un crédit voiture...

On a la scolarité de nos enfants. A côté de ça, il faut manger. J'ai déjà dit, de colère à mon mari, "on va vendre la maison", parce que ça fait peur, la peur de s'engouffrer dans des dépenses qu'on ne pourra plus honorer.

On s'imagine le pire, dans ces situations. - Il va falloir faire un peu de route. Peut-être 30 minutes.

J'ai beaucoup de famille qui travaille en usine. Ma maman y a travaillé, mon oncle, j'ai un autre oncle, un autre oncle aussi...

Mine de rien, que ce soit pour ma femme ou pour ma famille, ça fait mal. - Le groupe pour lequel Sabrina travaille réalise plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires. - On va faire des pâtes.

Tu adores les pâtes. - Mais il a choisi de délocaliser sa production en Serbie et au Royaume-Uni. Rien d'étonnant pour Alexandre. - Des entreprises, il y en a beaucoup qui ferment et qui partent.

Les charges sont trop chères. Je suis indépendant, gérant d'une entreprise...

On a commencé à 2, on gagnait plus de sous qu'à 5. Quand on a des ouvriers, les charges, il faut les payer. - Dans ce contexte économique fragile, les grandes manoeuvres économiques de ces derniers jours ont du mal à passer. - Nous, à côté d'eux qui s'entre-battent dans leur côté politique...

Nous, à côté, on se bat avec pas grand-chose et pour avoir un minimum. Nous, les petits, on est oubliés. On est des petits citoyens au fond du trou qu'on n'a jamais pu aider. - Déçue par les politiques, Sabrina envisage de s'abstenir aux prochaines élections.

Son mari envisage de se tourner vers l'extrême droite et le RN. - A.de Tarlé: On voit la détresse de cette famille qui annonce la vente de la maison pour faire face aux difficultés.

F.Bayrou dit ce soir qu'il se fait un devoir sacré de s'attaquer au mur de verre entre les citoyens et le pouvoir. Ces gens ont l'impression qu'en haut, on ne réalise pas la détresse, la difficulté de vivre au quotidien. - J.Jaffré: Ce reportage nous ramène à la réalité, la réalité du pays, dans ce qu'elle a de plus difficile, de plus dur, parce que cette famille qui travaille et qui se heurte à ces problèmes...

Le sentiment que la politique ne peut rien pour elle, c'est certainement excessif, mais c'est leur façon de recevoir les choses. Mais ça se traduit par une idée d'abstention ou de vote pour les partis extrêmes. Ce sont 2 caractéristiques...

C'est là que la politique classique ne fonctionne plus. Ils peuvent voter pour des partis antisystème pour manifester leur colère. Le problème que nous avons dans le pays, c'est qu'il faut que les politiques, que F.Bayrou, dans ce gouvernement ou les autres qui viendront, arrive à régler un certain nombre de problèmes.

Le vrai risque est la crise sociale de type "gilets jaunes", que ça revienne sur une mesure mal comprise et que ça emporte beaucoup de choses avec encore plus de force que lors des "gilets jaunes" de 2018. On parlait tout à l'heure de la menace des marchés. Elle existe parce qu'elle étrangle la France sur le plan financier à sortir 60 milliards pour payer les emprunts... 70 demain.

Ce sont des sommes énormes qui pèsent plus lourd que le budget de l'Education nationale. Vous vous rendez compte de la situation où nous sommes. De l'autre, la menace et la situation incontrôlable qui emporte les institutions, le pouvoir démocratiquement élu et la démocratie française, à certains égards.

La réalité de la menace, c'est dans la souffrance de cette famille que vous la démontrez. - A.de Tarlé: Quand on voit ce sondage Elabe, 89 % des Français sont inquiets de la situation économique. 85 % sont inquiets de la situation de la dette. 82 % sur l'emploi.

L'emploi, c'est nouveau. F.Bayrou a dit qu'il n'ignorait rien de l'Himalaya qui se dressait devant nous. - C.Cornudet: Il avait de bonnes ondes, F.Bayrou.

C'est l'inverse de la Macronie. C'est le parcours d'un politique qui sait ce qui se passe sur le terrain. Il a été le relais des inquiétudes qu'il y a sur le terrain.

Les gens n'ont pas besoin de mots mais d'actes. Lui, ce n'est pas un technicien. Ce n'est pas quelqu'un qui jonglera avec le budget, qui trouvera des solutions au pouvoir d'achat qui changeront la vie des gens...

Peut-être, espérons-le, mais ça va être sa difficulté. On n'est pas dans la politique, mais dans le: comment fait-on pour améliorer le quotidien des gens? La donnée, c'est que la conjoncture économique s'est retournée.

Il va falloir trouver des vraies solutions pour les gens. - S.Pierre-Brossolette: Oui, mais il y a un risque que le débat se déporte sur le bilan de Macron et sa politique de l'offre.

La gauche dit que sa politique de l'offre était absurde. "Regardez la situation de la France aujourd'hui." Je ne suis pas spécialiste économique, mais pendant 7 ans, ça a à peu près tenu.

Il y a eu des difficultés mondiales sur certains secteurs et, ajoutées à la conjoncture post-covid, les faillites de certaines entreprises qui ont été empêchées...

Maintenant, tout déboule en même temps. Ca donne un effet catastrophique dans la vie des gens. Qu'est-ce qu'on peut faire concrètement?

Il va falloir être très courageux pour aider toutes ces personnes en difficulté. Il va falloir vraiment couper les dépenses inutiles. Même Moscovici le dit.

Un socialiste à la Cour des comptes dit qu'il y a beaucoup de dépenses inutiles qu'on peut couper intelligemment. Est-ce que F.Bayrou, adepte de la rigueur budgétaire, peut regarder ces rapports et demander peut-être à P.Moscovici de s'en occuper et trouver de l'argent qui était dans des dépenses inutiles pour les donner aux gens qui en ont besoin?

Si on continue à cogner sur les entreprises, je crains que ça n'améliore pas le sort des gens pour autant. - A.de Tarlé: P.Moscovici au gouvernement? - C.Cornudet: Non.

Son nom a à nouveau circulé pour Matignon, mais il est président de la Cour des comptes. - A.de Tarlé: On revient à vos questions.

Question. En attendant, chaque jour qui passe, la revalorisation des retraites de 2,2 % au 1er janvier, une facture de 6 milliards d'euros pour les caisses de l'Etat. Ce n'était pas prévu. - A.Bouilhaguet: C'est là qu'on va un peu voir ce qu'il y a à mettre sur la table et quelle va être la méthode.

Le fameux 49-3, est-ce un tabou... - A.de Tarlé: Il va s'interdire de l'utiliser? - A.Bouilhaguet: Le troc, tel qu'il a été fait mardi, au moment où les partis politiques étaient là, c'était: "Vous ne mettez pas, vous, gouvernement, un 49-3, et nous, on ne met pas de censure." Si ce budget n'est pas fait à l'aide d'un 49-3, on ne voit pas trop... - A.de Tarlé: Il faut qu'il soit positivement voté. - A.Bouilhaguet: On ne voit pas trop comment il peut passer sans 49-3.

La question, c'est comment...

Dans les échanges qu'ils vont avoir, il y aurait une exception de 49-3 possible. Ils auront besoin d'un scalp. Ca a été ce pauvre M.Barnier.

Il fallait en passer par là. C'était pour dire à E.Macron que la dissolution était une erreur et qu'il fallait faire tomber.

Là, ils n'ont plus besoin d'un scalp mais d'un trophée. Sur le budget, il va falloir lâcher quelque chose. - A.de Tarlé: Question.

Est-ce que c'est la fin de la start-up nation? - S.Pierre-Brossolette: F.Bayrou, c'est vrai que c'est facile de le qualifier d'homme du passé, peut-être même d'homme du passif, si on veut être très méchant.

Mais avec Barnier, c'était déjà un peu ça, mais les Français ne s'en portent pas plus mal. Avec Bardella, on se disait qu'on allait finir au berceau. Revenir à un âge moyen, ce n'est peut-être pas si mal.

Blague à part, les Français ont envie de solutions apaisées. Bayrou a employé les bons mots: "réconciliation, apaisement". Mais je suis d'accord avec l'histoire du 49-3.

Les arguments de la Ve République ont été faits pour ce genre de problème. Tout ce qui est parlementarisme rationalisé, 49-3...

C'était pour sortir du blocage. Si on s'interdit le 49-3...

Aucun des instruments n'est utilisable. Pour le budget, on ne peut pas être immobile. Il faut l'adopter, sinon, c'est les marchés. - A.de Tarlé: Question. - C.Cornudet: Quelqu'un qui ait moins de surface politique.

E.Macron, un de ses proches, me disait que c'était quelqu'un qui ne savait pas passer la marche arrière en voiture. Pour chaque problème, il faut toujours qu'il aille de l'avant et qu'il se mette à vouloir essayer de trouver une solution.

Là, il est dans une crise politique. Ce n'est pas lui, c'est son Premier ministre. Au fond, il rêvait de quelqu'un qui lui permette de continuer à jouer ce rôle de l'homme en scène. - A.de Tarlé: Question. - A.Bouilhaguet: La logique...

L'équation reste complexe pour E.Macron. Il a son bloc central.

Il sait qu'il peut compter dessus. Oui, c'est...

Il s'est tourné une fois vers le RN, maintenant, il se tourne vers la gauche... - A.de Tarlé: Vers l'extrême centre.

Objectif: tenir plus de 90 jours pour F.Bayrou. A suivre, "C à vous" avec A.-E.Lemoine.

Bonsoir. - A.-E.Lemoine: Au programme, les nouvelles révélations sur l'abbé Pierre qui éclairent son parcours de prédateur sexuel.

Les préparatifs en Corse à l'avant-veille de la visite du pape François et, bien sûr, le portrait du nouveau Premier ministre, F.Bayrou, avec A.Duhamel.

F.Bayrou tient de sa ressemblance avec la star de "Pretty Woman". Ca tombe bien, R.Gere est notre invité. - A.de Tarlé: J'ai toujours mal prononcé son prénom. - A.-E.Lemoine: Il faut avoir le bon accent.