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Conférence de presseRassemblement National (sur YouTube)· 17 octobre 2017 17 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsSécuritéImmigration & asileÉconomie & entreprises

Conférence de presse de Sébastien Chenu, Julien Sanchez et Jordan Bardella

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:07Invité politiqueChiffre
    « Si j'en crois les rapports internes du ministère du Travail, ou d'un certain nombre d'experts, on est sur un projet qui devrait coûter entre 8 et 14 milliards d'euros »
  • 7:55Invité politiqueFait
    « Le fait d'être clandestin est un acte délictueux. »
  • 9:51Invité politiqueChiffre
    « l'AME qui va donc atteindre le milliard »
  • 10:26Invité politiqueFait
    « leur rôle de concomitance, qui pourrait être un vaste soutien, finalement, à une forme de terrorisme ou à un terrorisme tout court tel que les Daesh. »

Temps de parole

  • Présentateur41 %
  • Jordan Bardella40 %
  • Sébastien Chenu19 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Bien, mesdames, messieurs, bonjour. Nous sommes ravis de vous retrouver pour ce premier point de presse des porte-parole du Front National, puisque Marine Le Pen a fait le choix il y a à peu près trois semaines de nommer trois porte-parole du mouvement. C'est la première fois qu'il y a des porte-parole au Front National et nous avons décidé tous les 15 jours de faire des points presse sur l'actualité, à la fois l'actualité interne du Front National, sur les ambitions politiques du mouvement, la perspective aussi du Congrès qui approche, mais aussi sur l'actualité nationale, à la fois l'actualité au Parlement, mais aussi l'actualité générale et les faits du quotidien.

Et donc, nous porterons à chaque fois le message et la parole du Front National et de Marine Le Pen. Je vais laisser la parole pour commencer à Jordan Bardella, qui est donc conseiller régional d'Île-de-France et secrétaire départemental de la France-Belle-Ancienne-Saint-Denis, pour aborder notamment la tournée du Front National, de Marine Le Pen et le Congrès.

1:03
Sébastien Chenu

Merci. Bien, bonjour à tous. Je vais donc commencer par faire un fond sur l'actualité interne du mouvement. Ensuite, Sébastien et Julien, sur la politique nationale. Le Front National est entré depuis juillet dans une phase de refondation, de restructuration interne, mais aussi de réflexion sur le projet politique qui est le nôtre. Pour cela, Marine Le Pen a initié à Brachet, d'abord, une tournée dans l'ensemble des régions de France, une tournée en douze étapes, qui doit la conduire dans différentes fédérations du mouvement, pour des instants de travail et de partage avec les militants.

Marine Le Pen a eu l'occasion de s'adresser durant l'élection présidentielle à l'ensemble des sympathisants, des électeurs, des militants par l'intermédiaire de meetings. Il a été décidé d'organiser des déjeuners-débats où Marine pourrait entendre les adhérents, entendre les militants et puis pouvoir également répondre à leurs questions. Cette tournée est pour l'instant un succès. Il y avait par exemple 600 personnes dans le Vaucluse il y a 15 jours. Marine Le Pen était également en Haute-Garonne, à Toulouse. Elle sera dimanche dans le Morbihan et puis le 4 novembre en Ile-de-France, toujours dans cette idée de consulter les équipes départementales.

D'abord Marine commence par un café-presse, ensuite elle retrouve les cadres locaux autour d'une réunion de travail avec les secrétaires départementaux, avec les membres du bureau départemental, avec les élus. Et puis ensuite elle conclut cette journée avec à la mi-journée un déjeuner-débat au cours duquel elle peut effectivement prononcer un discours et puis répondre aux questions des militants. Cette tournée est organisée par Jean-Valin Capel, qui est secrétaire nationale aux fédérations et à l'implantation, de concert avec les grandes manifestations du Front National. Mathilde Andouet est également appliquée dans l'équipe d'organisation.

Alors au cours de ces déjà trois étapes, Marine Le Pen a évoqué un certain nombre de pistes sur l'avenir du mouvement. Des consultations diverses ont eu lieu, d'abord avec le séminaire en juillet, par l'intermédiaire ses déjeuners-débats, et puis via un questionnaire aux adhérents qui est en cours de préparation, qui sera envoyé d'ici fin octobre à l'ensemble des adhérents du mouvement, dans le cadre du Congrès. Je tiens à préciser qu'il n'y aura aucun tabou sur ce questionnaire. L'ensemble des questions font, forment, fonctionnement, pour reprendre l'expression de Jean-Valin Capel, vont être employées et permettront de sonder les adhérents du Front National sur leurs attentes.

Rapidement, Marine Le Pen a annoncé au cours de ces trois étapes la réalisation d'un journal des élus prochainement, la mise en place d'une revue intellectuelle qui a aussi vocation à être ouverte des profils de la société civile et pas que au cadre du Front National, et puis la mise en place d'une plateforme, d'un quotidien participatif en ligne, avec toujours l'idée d'être plus professionnel, d'être plus pragmatique, et puis d'avoir des espaces dédiés au contenu et au fond politique.

Donc voilà, juste pour vous signifier que cette tournée est pour l'instant un succès, que Marine consultera l'ensemble des adhérents et des militants jusqu'au Congrès, et des nouveaux statuts seront présentés à l'occasion du Congrès au mois de février.

4:18
Jordan Bardella

Et bien, tout ceci a un objectif, un but, Jordan vous l'a dit, c'est évidemment de se réformer, de se réorganiser, c'est également d'incarner le mieux possible l'opposition face aux mesures et au gouvernement et à la majorité d'Emmanuel Macron. Pourquoi ? Vous l'avez vu d'ailleurs pendant l'émission de télévision, on a un président de la République très auto-satisfait de lui, qui nous a donné pendant une heure une leçon d'auto-satisfaction, mais également qui a rappelé quels étaient ses objectifs, des objectifs assumés de déconstruction de notre pays.

On va changer d'habitude, changer de projet de société, de projet de vie, de mœurs, de modèles sociaux, de modèles fiscaux, etc., de modèles économiques. Le président est en pleine déconstruction de notre pays, il l'assume plutôt. Et bien, nous, nous assumons le fait de dire que, face à cela, nous avons un autre projet politique. Dans le cadre de cette émission sur TF1, où les autres d'accueil étaient d'ailleurs tout à fait sympathiques, je trouvais que tout ça était un entre-soi de bonne allure, il n'a pas été très bousculé, le président de la République, on était entre-soi et on faisait la conversation, il manquait plus que la cheminée, avec le feu derrière.

On a pu voir quand même des mesures qui nous interpellent fortement. Le projet d'indemnisation des démissionnaires, on l'appellera probablement autre chose, nous interpelle parce que le président de la République, d'abord, est en incapacité aujourd'hui de le chiffrer. Ou plutôt, le chiffrage qu'il promet de ce projet, nous semble ne pas correspondre à la réalité. Si j'en crois les rapports internes du ministère du Travail, ou d'un certain nombre d'experts, on est sur un projet qui devrait coûter entre 8 et 14 milliards d'euros, ce qui évidemment est quelque chose de particulièrement onéreux.

Alors, on a là un projet mal ficelé, dont les objectifs sont assez flous, avec des conditions qui le sont tout autant, avoir un projet professionnel, ça reste un peu vague, mais surtout, je crois qu'on a là en réalité un faunet que le président de la République a mis, qui est que derrière ce projet de réforme d'indemnisation des démissionnaires, il y a en réalité une réforme qui va arriver très vite, c'est la réforme de l'indemnisation du chômage, qui est la feuille de route de l'Union européenne, qui est dictée à la France par Bruxelles, et que le président de la République va évidemment vouloir assumer très rapidement.

Donc, le président de la République nous entraîne sur un chemin, est en train d'allumer un contre-feu, parce que derrière, il est en réalité en train de préparer un fort mauvais coup aux Français. Un autre sujet qui nous a inquiétés, c'est celui des clandestins expulsés pour des actes délictueux. Eh bien, nous, nous demandons que le fait d'être clandestin soit considéré comme le premier de ces actes délictueux, c'est-à-dire être établi dans un pays sans droit ni titre, avoir dépassé le cadre de la loi, et s'être installé en France soit le premier de ces actes délictueux. Pas besoin d'aller voler, assassiner, piller ou violer pour pouvoir être expulsé.

Le fait d'être clandestin est un acte délictueux. Et là encore, le président de la République se moque évidemment des Français. J'ajouterais, comment fera-t-il sans frontières et sans moyens pour la police ? On a eu l'occasion déjà de parler du projet de budget à l'Assemblée nationale, puisque je vous rappelle que ce point de presse s'alterne avec ceux de l'Assemblée nationale, dans un budget qui ne permet pas de revenir à des capacités de création de postes dans la police importantes. Comment faire d'ailleurs ? Mais nous aurons l'occasion de revenir sur ces débats.

Et puis, rappelez, parce que nous aurons ce débat dans le cadre du PNFSS, nos sources d'inquiétude également sur les Français qui vont continuer à être tapés au portefeuille, et notamment les plus modestes d'entre eux. Je pense, avec la hausse du forfait hospitalier, et c'était hier dans les colonnes, je crois d'ailleurs, du journal L'Opinion, fort bien représenté ce matin, que les conséquences pour les Français seront très difficiles.

Le président de l'Union des associations mutualistes ou des mutuelles de France expliquait que la répercussion ne serait certes pas automatique, mais globalement, elle finirait par arriver sur le bureau de chaque Français, et que ce sont eux qui verraient leurs cotisations mutuelles augmenter. Donc, par conséquent, là encore, on a un projet qui nous interroge et qui nous inquiète. Je passe sur l'aspect déficit budgétaire. On l'a dit, on le redira lors du débat qui s'ouvre aujourd'hui.

On a un président de la République qui est plutôt monsieur déficit, après nous avoir donné des leçons d'économie pendant toute une campagne électorale, toujours intéressant, de voir qu'il fait exactement l'inverse, puisqu'on arrive à des niveaux d'endettement jamais égalés, probablement que la hausse de la contribution de la France au budget de l'Union européenne, ou la hausse de nos capacités à accueillir les migrants, puisqu'en termes budgétaires, il y a eu une hausse de budget également, ou de l'AME qui va donc atteindre le milliard, eh bien, font partie de ce qui contribue à alourdir le déficit de notre pays.

Un dernier mot, également, parce que nous allons déposer une résolution pour obtenir une commission d'enquête sur cette affaire qui, quand même, nous semble très trouble, de Lafarge, Daesh et Laurent Fabius. Je lis les trois, évidemment, parce que nous sommes interrogatifs sur le rôle de cette entreprise Lafarge et sur le rôle du ministre des Affaires étrangères de l'époque, qui semblait soutenir beaucoup l'opposition syrienne. Eh bien, leur rôle de concomitance, qui pourrait être un vaste soutien, finalement, à une forme de terrorisme ou à un terrorisme tout court tel que les Daesh. On souhaite que la lumière soit faite là-dessus.

Ça ne fait pas les gros titres des médias, mais nous, nous pensons qu'il y a là un problème sur lequel il va falloir faire toute la lumière. On aura l'occasion aussi d'y revenir dans les semaines à venir. Voilà un petit peu les sujets sur lesquels nous allons nous organiser. Mais il y en a d'autres.

11:11
Présentateur

Oui, je terminerai, donc, effectivement, en ce point de presse, par d'autres sujets, puisque j'ai regardé également l'allocution du président de la République et l'interview, ou en tout cas du président de la République. J'ai été assez frappé par ses déclarations sur la police de proximité qu'il souhaite mettre en place. Donc, pour lui, la priorité était donc d'avoir une police de proximité sur le harcèlement. Alors, ce que nous devons lui dire, c'est que moi, en tant que maire et en tant qu'élu local, ce que je constate le plus en termes de problèmes de sécurité, il y a de plus en plus de problèmes de sécurité en France, c'est une police de proximité.

Il faudrait déjà qu'elle agisse sur les problèmes qui sont les plus prédominants dans le pays, à savoir le deal dans un certain nombre de quartiers et maintenant dans les villages, y compris dans des villages de 2 ou 3 000 habitants, où nous avons des dealers partout dans le pays et le gouvernement n'agit pas concrètement sur ces sujets-là. Cette police de proximité pourrait servir à cela. Nous avons une recrudescence également des cambriolages qui sont des phénomènes très importants. Et un cambriolage, c'est aussi comme un viol, puisqu'en rentre chez soi, on n'a plus rien.

Et je crois que ça, c'est un vrai sujet en matière de sécurité sur lequel le gouvernement devrait travailler plutôt que de faire du verbiage. Et puis aussi l'envoi de tous ces clandestins en zone rurale, puisque c'était une idée d'ailleurs de Jean-Pierre Raffarin, ce qui montre la constance et puis l'amitié entre les Républicains et En Marche, et les socialistes également, en matière de politique migratoire, puisque M. Raffarin avait indiqué qu'il serait mieux, plutôt que de concentrer tous les clandestins à certains endroits, de les répartir dans les villages. Mais aujourd'hui, ils sont répartis dans les villages. Cette invasion migratoire est organisée par le gouvernement, par M.

Cazeneuve d'abord, par ensuite le gouvernement de M. Macron. Et on les envoie donc en zone rurale avec les problèmes que cela occasionne. Ça, c'est de la proximité. Ça, ce sont des problèmes du quotidien pour les Français aujourd'hui. Et pour parler du harcèlement, je crois que pour beaucoup de femmes, aujourd'hui en France, le harcèlement de rue, il existe concrètement, effectivement. Donc une police de proximité, ça peut avoir un sens aussi sur ces questions.

Mais si on se pose les bonnes questions, et si on s'interroge sur qui sont les agresseurs, et qui permettent cela aujourd'hui, l'oppression des femmes en vigueur dans de nombreux quartiers, on pense à la chapelle Pajol, bien sûr, mais il n'y a pas que ce quartier-là. Il y en a des centaines dans lesquelles les femmes sont oppressées. Eh bien, c'est aussi dans beaucoup de quartiers politiques de la ville. Je rappelle qu'hier se tenait dans l'Essonne à Grigny les états généraux de la politique de la ville. Je crois que là, il y aurait un certain nombre de choses à dire sur le sujet. On pourrait en parler, répondre sans doute à vos questions.

Et puis la police de proximité, un petit clin d'œil, elle pourrait aussi s'intéresser aux parlementaires. D'ailleurs, quand on en est à mordre l'oreille d'un chauffeur de taxi, à mettre des coups de casque, à ouvrir le crâne d'un de ses opposants politiques, là, en l'occurrence, il faudrait commencer par faire le ménage dans sa propre majorité en termes de sécurité. En tant que président du groupe au conseil régional d'Occitanie et porte-parole, je fais également une tournée des départements de ma région actuellement. Et ce que je peux constater, c'est la ruralité qui est en grande détresse.

On constate que les ruraux, et c'est le cas dans la plupart des régions rurales, ont l'impression de payer des impôts, mais de ne pas en avoir le fruit. C'est-à-dire qu'ils ont de moins en moins de services publics. Contre cela, le président Macron n'a rien dit sur son interview sur TF1. Et pourtant, les commissariats, les gendarmeries, qui ont de moins en moins de moyens en zone rurale. Également, les services publics qui se délitent, qui ferment petit à petit. On parlait aussi des bureaux de poste. On parle aussi des impôts. Maintenant, il faut prendre rendez-vous pour payer ces impôts dans certaines zones. C'est quand même assez original.

Et ça, la ruralité, réellement, le ressent comme une discrimination. Parce qu'aujourd'hui, lorsqu'on est en zone rurale, on doit se contenter de payer, de se taire. Et on a bien vu dans les priorités du chef de l'État que ce sont les quartiers dits prioritaires ou les quartiers politiques de la ville qui sont sa priorité. Alors, c'est bien d'aider tous les Français. Mais nous, nous estimons que la ruralité doit être aidée également. Et que les gens qui habitent la ruralité doivent pouvoir récolter aussi le fruit de leurs impôts. Aujourd'hui, ils sont convaincus du contraire. Et il faut aussi aider l'entreprenariat.

Parce que nous constatons aujourd'hui de plus en plus d'artisans, de PME, PMI, TPE, TPI, qui sont au bord de la faillite. Des agriculteurs qui se suicident, un suicide tous les deux jours. Ça, ce sont les réalités concrètes aujourd'hui, en 2017, en France. Et je n'en ai pas entendu beaucoup parler dans la bouche du président de la République. Ça a manqué, je pense, dans son interview, de prendre conscience à la fois des causes de la sécurité, dont je vous parlais il y a quelques instants. Des causes de ces harcèlements envers les femmes et de ces harcèlements du quotidien, là, dont on parle. Et aussi du problème de la ruralité, qui est aujourd'hui discriminée et sous-dotée.

Je crois que réellement, il faut rééquilibrer les choses. Et nous allons nous atteler à parler aussi de ces sujets. Et Marine Le Pen le fait beaucoup. Elle l'a fait aussi pendant la campagne présidentielle. Et je terminerai en disant que l'objectif que nous a assigné aussi Marine Le Pen au cadre du Front National, aux militants du Front National, aux adhérents, c'est de travailler sur l'implantation locale du mouvement. Je crois que nos adhérents, aujourd'hui, en sont particulièrement convaincus. Ils savent qu'une victoire à l'élection présidentielle passe par l'implantation locale.

Et c'est ce que nous allons tâcher de mettre en place et de déployer sur tout le territoire, parce que nous comptons bien arriver au pouvoir. Et pour cela, il faut que nous ayons des victoires locales qui précéderont des victoires nationales.