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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 13 août 2025 12 minAutoproduitActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalSécurité

Déclaration conjointe du Président Emmanuel Macron et du Président du Conseil européen António Costa

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Chapitres

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Emmanuel MacronFait
    « Nous tenons évidemment à cette unité, que nous voulons que tout ce qui concerne l'Ukraine soit discuté avec l'Ukraine, que nous voulons une paix robuste et durable »
  • 0:30Emmanuel MacronFait
    « Le président Trump a été très clair sur le fait que la volonté américaine était d'obtenir un cessez-le-feu à l'occasion de cette réunion en Alaska »
  • 0:45Emmanuel MacronFait
    « Les questions territoriales qui relèvent de l'Ukraine ne peuvent être négociées et ne seront négociées que par le président ukrainien »
  • 1:00Emmanuel MacronFait
    « L'OTAN ne doit pas faire partie de ces garanties de sécurité »
  • 1:15António CostaFait
    « On est venu ici pour travailler main dans la main avec le même objectif : obtenir un cessez-le-feu et une paix juste et durable en Ukraine »
  • 1:45Emmanuel MacronFait
    « L'Europe, ces derniers mois, a pris des décisions historiques pour devenir une puissance militaire »
  • 2:00Emmanuel MacronFait
    « Il ne faut pas oublier qu'il y a 3 ans et demi, les Russes étaient à la porte de Kiev, les Ukrainiens ont héroïquement repoussé les forces russes »
  • 2:15Emmanuel MacronFait
    « Les questions des territoires occupés seront des éléments déterminants d'une négociation de paix »
  • 2:30Emmanuel MacronFait
    « Si nous commençons à négocier pour le compte de tiers, le monde ne sera plus jamais en paix »
  • 2:45Emmanuel MacronFait
    « L'Ukraine est aux avant-postes dans la résistance à un impérialisme territorial russe »
  • 3:00Emmanuel MacronChiffre
    « Nous avons pris un nouveau paquet de sanctions, nous en préparons un autre »

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Bonjour messieurs dames, merci d'être là. Je voulais avec le Président, Monsieur António Costa, vous rendre compte des discussions que nous venons d'avoir à l'instant. D'abord, nous nous sommes concertés avec plusieurs pays européens, avec les institutions européennes et l'OTAN pour ensuite avoir un échange qui vient de s'achever qui, pendant 1 heure, a permis de nous coordonner avec le président Trump avant la réunion qui va se tenir en Alaska le 15 août prochain.

Nos positions sont connues et elles marquent aussi l'unité, pas simplement des Européens, mais de tous les alliés qui se sont retrouvés dans cette coalition des volontaires que nous avons bâti ces derniers mois, qui est de dire que nous tenons évidemment à cette unité, que nous voulons que tout ce qui concerne l'Ukraine soit discuté avec l'Ukraine, que nous voulons une paix robuste et durable, c'est-à-dire une paix qui règle à la fois les questions territoriales, et nous garantit une sécurité pour l'avenir. L'échange avec le président Trump a permis d'éclairer ces intentions pour la réunion du 15 août prochain, nous a permis d'exprimer nos attentes, et je tiens ici à l'en remercier. Je crois pouvoir dire que plusieurs messages sont ressortis de l'échange que nous venons d'avoir et qui sont très importants à mes yeux.

Le premier, c'est que le président Trump a été très clair sur le fait que la volonté américaine était d'obtenir un cessez-le-feu à l'occasion de cette réunion en Alaska. Et c'est très important qu'à l'occasion de cette réunion, un cessez-le-feu soit obtenu par les États-Unis d'Amérique. Nous soutenons cette initiative, en même temps que de nouveaux échanges de prisonniers et les libérations d'enfants.

Le deuxième élément, sur lequel les choses ont été très claires, exprimé ainsi par le président Trump, c'est que les questions territoriales qui relèvent de l'Ukraine ne peuvent être négociées et ne seront négociées que par le président ukrainien. C'est la position que nous soutenons, elle a été très clairement exprimée par le président Trump, donc elle augure de nos réunions à venir. Le troisième élément, c'est le lien qui doit continuer d'exister entre toute concession territoriale et les garanties de sécurité qui seront apportées à l'Ukraine.

C'est la position que nous défendons, sur laquelle nous nous sommes battus ces derniers mois, qui a même donné lieu à l'existence et à la planification de notre coalition des volontaires. Le président Trump l'a exprimé clairement en ces termes. Il a même dit des choses qui, pour moi, sont très importantes : le fait que l'OTAN ne doit pas faire partie de ces garanties de sécurité.

On sait que c'est un point fort, en particulier pour la partie russe, mais que les États-Unis et tous les alliés qui y étaient prêts devraient en faire partie, c'est ce en quoi nous sommes engagés. C'est, pour moi, une clarification très importante que nous avons eue aujourd'hui. Il va aussi se battre pour obtenir un rendez-vous à venir, et donc une trilatérale avec les présidents Trump et Zelensky.

Je pense que c'est un point très important à cet égard. Nous souhaitons qu'elle se tienne en Europe, dans un pays neutre, accepté par toutes les parties. Je vois cette réunion comme un point très important.

Juste après, nous allons tenir cette coalition des volontaires, avec le Président Costa et nos partenaires, que nous coprésiderons avec le chancelier Merz et le Premier ministre Starmer et avec la présence du président Zelensky et d'une partie américaine. Elle nous permettra de décliner tout cela, de manière très concrète, avec nos collègues. Tout d'abord, je voudrais remercier le président Macron de m'avoir accueilli ici aujourd'hui quand j'étais en vacances en France, pour changer de tenue, pour avoir cette réunion de travail très importante avec le président Trump.

On est venu ici pour travailler main dans la main avec le même objectif : obtenir un cessez-le-feu et une paix juste et durable en Ukraine. Le président Macron a déjà très bien résumé le résultat de cette réunion. Le président Trump nous a partagés 3 objectifs très importants : Tout d'abord, le cessez-le-feu, que personne d'autre que l'Ukraine ne peut négocier ses affaires.

Et le troisième élément, c'est la disponibilité des États-Unis de partager avec l'Europe, des efforts pour renforcer les conditions de sécurité lorsqu'une paix durable et juste sera obtenue pour l'Ukraine. Donc je veux souhaiter et exprimer mes meilleurs vœux pour le grand succès de cette réunion, le vendredi 15 août, entre le président Poutine et le président Trump, pour obtenir un cessez-le-feu et ouvrir un chemin vers la paix en Ukraine. Monsieur le Président, on a souvent taxé l'Europe d'être une puissance impuissante.

Est-ce que ces réunions vont permettre de changer les choses ? Est-ce que ça permet à l'Europe de donner de la voix ? D'abord, je pense que c'est très important que l'Europe soit entendue avant un tel rendez-vous.

D'abord, c'est une chose tout à fait naturelle que les États-Unis rencontrent la Russie, c'est plutôt une bonne chose pour pacifier le climat, ils ont aussi beaucoup de sujets bilatéraux. Mais s'il y a des questions qui touchent à l'Europe, à notre sécurité collective sont abordées, une coordination avec nous est importante et nous devons, nous-mêmes, en être acteurs. Je pense que ces dernières années ont marqué un réveil très important de l'Europe.

Depuis le sommet de Versailles qui a acté l'autonomie stratégique de l'Europe, nous avons pris des décisions fortes dans les domaines technologiques, industriels et de défense et de sécurité qui vont de l'avant. L'Europe, ces derniers mois, a pris des décisions historiques pour devenir une puissance militaire, ce qu'elle n'était pas en tant qu'entité. Il y avait jusqu'alors, on le sait bien, une Europe qui était un marché unique, une Europe qui avait des politiques communes, et sur ces questions de défense, de stratégie, une Europe qui se pensait à travers l'OTAN ou à travers des destins particuliers.

Aujourd'hui, on a un vrai pilier européen de l'OTAN, il est reconnu comme tel et on a une Europe qui prend en main son destin. On sait tous ce qu'il nous reste à faire pour réduire nos dépendances. Je pense que l'unité qui est la nôtre aujourd'hui, notre capacité à dialoguer, à exprimer nos demandes, nos désirs, nos volontés, nos objectifs stratégiques, mais aussi à les porter, est extrêmement importante, est en train de marquer, si je puis dire, en temps réel, un changement dans la nature de ce qu'est l'Union européenne.

Nous sommes progressivement en train de devenir une puissance géostratégique. C'est ce que nous voulons et ce que nous continuerons de faire. On voit qu'elle reste mise de côté, elle ne sera pas présente en Alaska.

Mais de la même manière que si demain nous avons un appel, ce que nous ferons, et un rendez-vous avec la Russie, on peut aussi avoir des discussions bilatérales. C'est normal qu'il y ait un rendez-vous bilatéral entre la Russie et les États-Unis d'Amérique, ce qui est une bonne chose. Là où l'Europe est respectée, c'est qu'il y a une coordination pour les sujets qui la concernent.

Donc on ne peut pas s'émouvoir du fait qu'il y ait des rendez-vous bilatéraux. Il y a quelques semaines, le président Costa et la présidente von der Leyen étaient en Chine pour discuter, en notre nom, avec le président chinois, les États-Unis n'étaient pas là, mais concernant notre agenda avec les États-Unis, il y avait eu un échange préalable, c'est normal. On voit aujourd'hui la Russie gagner des territoires et continuer à avancer.

Est-ce que vous avez demandé, à Donald Trump, qu'avant d'avoir la moindre négociation, il faut que Vladimir Poutine arrête les combats ? Est-ce une condition que vous avez posée sur la table aujourd'hui ? Il est vrai qu'aujourd'hui, il y a une situation militaire qui, ces dernières heures, a été difficile sur Pokrovsk.

Nous savons tous que nous avons vécu ces derniers mois, ces dernières années, des moments tout à fait comparables à cette situation. À chaque fois, les Ukrainiens, par leur bravoure, leurs choix tactiques, ont su réagir et contrer ces offensives. Et par le soutien que nous avons apporté, nous leur avons donné la capacité de maintenir les positions.

C'est pourquoi, dans les points forts que nous avons pu faire, par rapport à ce que vous dites, il y a 2 choses importantes à mes yeux. La première, c'est que nous avons réitéré le fait que jusqu'à ce qu'il y ait un cessez-le-feu et une paix durable, il nous faut maintenir le soutien à l'Ukraine et quand je dis nous, c'est tous : Européens et Américains. Et la deuxième chose, c'est qu'en effet, le premier objectif du président Trump, à l'occasion de ce rendez-vous avec le président Poutine en Alaska, sera de demander le cessez-le-feu.

Donc je pense que c'est comme ça qu'il faut procéder. Il ne faut pas, si je peux ajouter… Il ne faut pas oublier qu'il y a 3 ans et demi, les Russes étaient à la porte de Kiev, les Ukrainiens ont héroïquement repoussé les forces russes avec le soutien de l'Europe et des États-Unis. Maintenant, ce dont on discute est déjà très loin de Kiev, c'est de la partie est de l'Ukraine, et il faut tenir soit la pression sur la Russie, soit notre soutien à l'Ukraine, soit l'effort diplomatique coordonné entre l'Europe, les États-Unis, et le reste du monde.

Parce que cette guerre ne se limite pas à l'Ukraine, la défense du droit international doit prévaloir sur la force. On a parlé, ces dernières heures, d'échange de territoires. Est-ce une question que vous avez abordée avec vos interlocuteurs ?

On l'a abordée et je crois que le principe qu'il faut retenir, c'est que ces sujets-là doivent être discutés par l'Ukraine, il n'y a pas eu de discussion à quelque niveau que ce soit, de manière robuste, sur des échanges de territoires. Il y a, aujourd'hui, une guerre qui continue avec, comme l'a rappelé à l'instant le Président Costa, une Ukraine qui tient. Il faut se rappeler qu'en février 2022, la Russie avait annoncé une opération spéciale qui allait durer 3 semaines.

Je pense que le plus important, c'est qu'on doit ici se dire que les questions des territoires occupés seront des éléments déterminants d'une négociation de paix, elles sont inséparables des garanties de sécurité qui sont apportées au reste du territoire ukrainien et à l'Europe, et qu'elles ne peuvent être discutées sans la présence du président ukrainien autour de la table. Aujourd'hui, de manière sérieuse, il n'existe aucun schéma d'échange territorial sur la table. L'Ukraine est-elle prête à faire des concessions territoriales ?

C'est au président Zelensky de le dire, pas à nous. Nous l'avons vécu dans notre chair et dans notre territoire par le passé. Ces choses-là ne se font jamais de manière légère.

Un pays qui a perdu tant d'enfants pour défendre son territoire ne peut pas décider à la légère de céder quelques territoires, que ce soit de jure ou de facto. C'est donc le respect que nous devons au peuple ukrainien et à ses autorités. Nous, notre devoir, c'est d'être là pour apporter ces garanties de sécurité.

Pourquoi ? Pour défendre l'ordre international. Il existe une Charte des Nations unies qui protège la souveraineté des peuples et l'intégrité territoriale de ces derniers.

Si nous commençons à négocier pour le compte de tiers, le monde ne sera plus jamais en paix. La deuxième chose, je veux le rappeler, c'est qu'on parle en fait de la sécurité des Européens. l'Ukraine est aux avant-postes dans la résistance à un impérialisme territorial russe, qui a commencé d'ailleurs quasiment jour pour jour, à se jouer en Géorgie en 2008.

Rappelez-vous du 8 août 2008, en Géorgie, et ça ne s'est plus arrêté depuis. Et en Géorgie, au Caucase, en Asie centrale, une puissance de déstabilisation est là, dont on ne peut pas croire les mots, parce qu'à plusieurs reprises, ses actions ont contredit ses paroles. C'est pour ça que les garanties de sécurité sont le seul moyen de préserver la paix.

Faut-il de nouvelles sanctions envers la Russie ? Nous avons pris un nouveau paquet de sanctions, nous en préparons un autre et je pense que ça dépendra des négociations des prochains jours et des prochaines semaines, mais qu'il ne faut rien exclure. Notre souhait, c'est le retour à la paix, à la stabilité, à l'ordre international et le démantèlement de ces sanctions.

Mais celles-ci sont conditionnées à une paix durable acceptée par la Russie. Il ne faut pas être faible sur ce sujet. Si elles s'imposent, elles devront avancer.

Je note d'ailleurs que le président des États-Unis d'Amérique a pris aussi des sanctions, qu'on appelle secondaires, sur des pays comme l'Inde, qui achètent et revendent du pétrole russe. C'est une logique qui est aujourd'hui partagée. Merci beaucoup.

Merci. Nous allons tenir maintenant cette coalition des volontaires pour à la fois, évidemment, expliquer la teneur de ces discussions à l'ensemble de nos partenaires et aussi organiser le soutien à l'Ukraine dans la durée et ses garanties de sécurité. Merci beaucoup.

Merci.