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Podcast / conversationLe Crayon· 2 mai 2024 64 minComplaisantActualité / polémiqueNumériqueSantéSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Faut-il légaliser le cannabis ?

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 43 %Attaque 10 %Défensif 47 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20InvitéFait
    « Ouais, la drogue c'est de la merde. »
  • 0:53InvitéFait
    « Si on n'avait pas interdit le cannabis, il n'aurait jamais eu de point de deal, il n'y aurait jamais eu d'insécurité. »
  • 1:10InvitéFait
    « Je consomme du cannabis tous les jours. »
  • 1:26InvitéFait
    « Le cannabis a détruit ma vie. »
  • 1:29InvitéFait
    « Fumer un joint, c'est comme boire un verre de vin rouge. »
  • 2:16InvitéFait
    « Le cannabis, c'est une question de santé publique. »
  • 2:19InvitéChiffre
    « 100%. »
  • 2:30InvitéPromesse
    « Je suis pour la légalisation du cannabis. »
  • 2:33InvitéFait
    « J'ai déjà vendu du cannabis. »
  • 6:05InvitéFait
    « émotionnellement, le résultat de tout ça, ça m'a emmenée à l'hôpital psychiatrique quatre fois. »
  • 10:50InvitéFait
    « C'est le problème, le cœur du problème, c'est le tabac. »
  • 11:10InvitéFait
    « En France, culturellement, on fume du hachiche, qui est la résine, du coup. »
  • 12:46InvitéChiffre
    « le hashish, même le shit le plus pourri de cité, c'est minimum 30% de THC. »
  • 18:05InvitéFait
    « Une consommation avant l'âge de 25 ans, quand ton cerveau n'est pas encore fini de... Il n'a pas encore fini de son adolescence, ça peut provoquer des troubles psychiatriques. »
  • 21:51InvitéFait
    « Moi, je lis ce que dit l'Académie nationale de médecine. Elle émet les plus grandes réserves sur le cannabis thérapeutique. »
  • 25:48InvitéFait
    « l'Allemagne commet une grave erreur en légalisant le cannabis, notamment à compter de 18 ans. »
  • 27:11InvitéFait
    « Pour moi, c'est ça une drogue. Ça peut être le sexe, ça peut être les écrans, ça peut être l'alcool, la clope, le café. »
  • 30:46InvitéFait
    « des darons qui ont 5 enfants et qui ont une vie de famille, une vie professionnelle et qui se fument un pétard une ou deux fois par semaine ou le week-end, et ben, ça existe aussi »
  • 33:26InvitéFait
    « C'est le cas en Californie, c'est le cas en Hollande, c'est le cas en Espagne, c'est le cas maintenant en Allemagne. »
  • 35:56InvitéChiffre
    « un point de deal aujourd'hui dans une grande ville, on parle en plusieurs dizaines de milliers d'euros par jour. »
  • 36:49InvitéChiffre
    « 99% du problème, je te jure. 99% c'est beaucoup quand même. »
  • 37:47InvitéFait
    « C'est pas le trafic de cannabis en grande majorité. »
  • 38:24InvitéFait
    « Je pense que c'est l'hypocrisie en fait. Donc beaucoup d'hypocrisie. »
  • 45:22InvitéFait
    « Le cannabis, c'est un énorme éléphant tout vert ou multicolore, ça dépend de combien tu as fumé et qu'il est là, il est au milieu de notre pays. »
  • 46:32InvitéFait
    « la France premier pays consommateur de cannabis en Europe »
  • 47:16InvitéFait
    « La racine, c'est Nixon dans les années 60 qui a créé la guerre contre la drogue. »
  • 50:58InvitéChiffre
    « on est passé d'une moyenne d'âge de fumeurs de 25 ans à 32 ans. »
  • 51:44InvitéFait
    « C'est comme le cannabis, ça ne devrait pas être un sujet. »
  • 52:45InvitéFait
    « Ça a été prouvé. »
  • 53:28InvitéFait
    « le milieu social que j'ai commencé à côtoyer en fumant de cannabis m'a plus facilement donné accès à d'autres drogues »
  • 55:01InvitéFait
    « le cannabis était un révélateur de problèmes psychologiques, notamment la schizophrénie »
  • 55:01InvitéFait
    « le cannabis était un révélateur de problèmes psychologiques, notamment la schizophrénie, mais aussi les états dépressifs »
  • 55:21InvitéFait
    « en termes de santé mentale, le cannabis ne m'a pas aidé du tout »
  • 55:51InvitéFait
    « C'est une drogue, ça a un effet sur ton cerveau, et les effets sur le cerveau, le cerveau n'en a qu'un »
  • 56:49InvitéFait
    « j'étais hyper anxieux, hyper parano, et c'était parce que j'avais peur de me faire contrôler »
  • 58:00InvitéFait
    « on a un ministre de l'agriculture qui nous dit que le vin n'est pas un alcool comme les autres et que l'alcool n'est pas une drogue comme les autres »
  • 58:43InvitéChiffre
    « la majorité a eu le courage d'augmenter massivement le prix des paquets de cigarettes parce que le coût pour la société est absolument colossal »
  • 58:50InvitéChiffre
    « ce sont des milliers de morts par an »
  • 59:27InvitéFait
    « j'ai arrêté les anxiolytiques, j'ai arrêté le scénant, je prenais de la morphine tous les jours »
  • 1:00:17InvitéFait
    « S'il fait bien son travail, fais ce que tu veux, mec »
  • 1:00:56InvitéFait
    « le commande du mortel n'est pas censé, par exemple, prendre le volant sous cette substance »
  • 1:02:55InvitéFait
    « mes années d'addiction m'ont marqué quand même et pour rien au monde, j'y retournerai »

Temps de parole

  • Invité91 %
  • Invité 23 %
  • Invité 32 %

1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Salut à tous, j'espère que vous allez bien. Bienvenue sur le podcast du crayon, le média qui ose réunir. Débat, entretien profond ou sur le terrain, notre but, que vous puissiez entendre toutes les opinions françaises, sans jugement, ni parti pris. Tous les jeudis, retrouvez nos émissions en version podcast. Alors installez-vous confortablement. Bonne émission.

0:20
Invité

Ouais, la drogue c'est de la merde. Et tu ne considères pas le cannabis comme une drogue ? Le milieu social que j'ai commencé à côtoyer en fumant du cannabis m'a plus facilement donné accès à d'autres drogues. J'étais hyper anxieux, hyper parano, et c'était parce que j'avais peur de me faire contrôler. Mais attends, mais c'est des effets notoires du cannabis, ça. Pourquoi pas quand j'étais chez moi ? Quand j'étais chez moi, jamais. Mais l'anxiété sociale, voilà. Ouais, mais de la police, pas des gens. Le consommateur de cannabis, dans l'imaginaire commun, c'est un mec de TS qui est là, qui ne respecte rien, machin. Est-ce que vous avez déjà consommé du cannabis ? Oui. J'ai déjà consommé.

Oui. Oui, ça m'est arrivé. J'ai déjà consommé du cannabis. Oui. Oui. Oui. Oui. Oui, une seule fois, je pense. Les jeunes, ils fument, mais ils votent pas. Si on n'avait pas interdit le cannabis, il n'aurait jamais eu de point de deal, il n'y aurait jamais eu d'insécurité. Les cités, ce serait tout beau, tout rose, comme dans les actions. Oui, oui, non, alors... On est d'accord, ou pas ? Non, non, moi, je suis pas d'accord. Comme dit Gérald Darmanin, la drogue, c'est de la merde. Faux. Vrai. Je consomme du cannabis tous les jours. Faux. Vrai, vrai, vrai. Alors, je m'appelle Ryan, ou Ryan King sur Instagram.

En gros, moi, ce que je promeux, c'est la légalisation du cannabis et toutes les manières dont on peut le consommer et, en gros, rendre cette consommation meilleure, tout simplement. Le cannabis a détruit ma vie. Faux. Faux. Fumer un joint, c'est comme boire un verre de vin rouge. Non, faux. Faux. Les films incitent à la consommation de drogue. Faux. Ouais, faux. Je m'appelle Morin, j'habite à Grenoble, j'ai 28 ans, je suis éducateur spécialisé, je travaille dans le milieu du handicap, donc j'accompagne des personnes qui ont un trouble de la déficience intellectuelle. J'ai du cannabis sur moi. Vrai. Faux. Tout le monde devrait essayer le cannabis au moins une fois. Faux. Vrai.

Une soirée avec un pote, c'est quand même vachement plus cool avec un joint. Oui. Faux. Vrai, vrai. J'ai déjà consommé d'autres substances illicites. Vrai. Vrai. Tout le monde peut être addict. Oui. Oui. Vrai. Je le cache à ma famille par honte. Ah non, faux. Faux. Mais je l'ai caché, je l'ai eu caché. On fantasme comment se déroule un deal de drogue. Non. Enfin, oui et non. Vrai et faux. Vrai et faux. Ouais, vrai et faux. Le cannabis, c'est une question de santé publique. Oui. Vrai. 100%. Je serai ok que mes enfants fument. Oui. Après, fume, il y a plusieurs méthodes de consommation. Mais consomme du cannabis, vrai. Ça dépend. Je suis pour la légalisation du cannabis. Vrai. Vrai.

J'ai déjà vendu du cannabis. Vrai. Vrai. Vrai. Est-ce qu'on commence à fumer du cannabis parce qu'on pense qu'on est un rebelle? Parfois, très souvent. Je pense que ça fait partie des causes qui peuvent effectivement engendrer une consommation. Ce truc social qui fait que c'est cool. Oui, tu as de la représentation. Donc soit Bob Marley, soit... C'est un symbole de dissidence et c'est illégal. Donc, tu es jeune, tu sais que ce n'est pas forcément très dangereux. Tu vas te y orienter. Mon rapport à la consommation de cannabis, c'est que je trouve que c'est beaucoup trop diabolisé, entre guillemets. Moi, je suis un consommateur. Je connais énormément de consommateurs.

Et on n'est pas du tout comme ce que la société voudrait nous faire croire, entre guillemets. Ce que je vais attendre de ce débat, c'est juste d'ouvrir une porte et voir où ça peut nous mener. Je sais qu'on peut discuter de plein de choses sur ce sujet, que ce soit positif ou négatif. On peut éluder des problèmes. On peut faire plein de choses. C'est un terrain énorme. C'était quoi, vos premières fois de consommation ? Moi, c'était en soirée avec des potes. Moi, pareil, à La Réunion. S.O. La Réunion. Moi, c'était à Ajoux, en Ardèche. Oh, S.O. Ajoux. Et pourquoi ? Qu'est-ce qui, à ce moment-là, vous fait basculer entre j'en consomme pas et j'en consomme ? C'était au lycée pour tous les deux ?

Moi, c'était au collège. Moi, j'étais au lycée. Fin collège. Moi, c'était vraiment un truc assez social. On était une soirée à la plage. On était avec des personnes un peu plus âgées. Elles ont fait tourner et moi, je n'ai pas résisté. Moi, pour le coup, j'avais vraiment envie. J'avais envie d'essayer. Moi aussi, j'étais assez attiré par même la culture qu'il y a autour de ça. Je dessinais des feuilles de Ouija, je dessinais des petits Bart Simpson foncedés. Dès 10-11 ans, je t'ai déjà attiré par ce truc. Je ne sais pas pourquoi. Alors, moi, socialement, je n'ai jamais trop baigné là-dedans, voire même pas du tout.

Mais justement, de savoir que j'avais un ou deux potes qui en avaient, qui fumaient, qui m'en parlaient, ça m'a donné envie. Il y avait ce truc un peu mystérieux. Tu as envie de tester un, c'est normal. Parce que c'est là, c'est les premières fois où tu bois l'alcool, c'est la première fois où tu fumes des clopes. Et tu te dis, bon, ça a l'air cool aussi. Mes potes, ils n'en sont pas morts. Ils ont l'air de se taper des grosses barres. Donc, je suis chaud d'essayer. Ils ne sont pas là à se taper, comme avec de l'alcool ou à dire des trucs chelous. J'ai déjà consommé du cannabis, notamment avec mon copain, lors de soirée ou autre. Et moi, je n'ai jamais eu de problème avec ça.

Ça s'est toujours plutôt bien passé. J'ai déjà consommé. Ça ne s'est pas hyper bien passé à chaque fois. Du coup, je ne suis pas adepte de ça. C'était agréable. À l'époque, je croyais que ce n'était pas addictif. Ça l'est tout de même un peu. J'ai dû fumer pendant un an ou deux, quelque chose comme ça. Est-ce que vous consommez toujours ? Non, depuis maintenant. J'étais jeune. Aujourd'hui, plus d'autres intérêts. C'était dans le cadre sexif. Sans mentir, pratiquement tous les soirs, pour ma part. Dans l'université, avec les copains. Est-ce que vous consommez toujours ? Non, non. Dans le cadre privé, c'était il y a quelques années. Récemment, j'en ai consommé en CBD. Ce n'est pas bon.

Je ne le conseillerais à personne de fumer tout court. Que ce soit cannabis, cigarette, tout ce que vous voulez. Même si j'en ai une à la main. Je ne peux pas pousser les gens à consommer quelque chose qui n'est pas bon pour la santé. Tout simplement. Je sais les répercussions que ça peut faire. Parce qu'émotionnellement, le résultat de tout ça, ça m'a emmenée à l'hôpital psychiatrique quatre fois. Surtout pendant mes études. J'en ai consommé il n'y a pas longtemps. Parce que mon compagnon a des insomnies. Et que du coup, de temps en temps, il en fume le soir pour réussir à dormir. Et je me suis dit, bon allez, pourquoi pas ? C'était une soirée. Ça s'est plutôt bien passé.

Contrairement à mes autres collègues. Moi, personnellement, j'avais juste faim. Donc, j'ai détruit une pizza. Genre trois, je pense. Mais sinon, ouais. Après, elle ne recommençait peut-être pas. Parce que j'ai un peu peur que ça devienne addictif. Après, moi, ça ne me dérange pas que mes potes fument autour de moi. Mais ce n'est pas un truc que je recommencerai plus spécialement. Je l'ai fait une fois, c'est bon. C'est une expérience.

6:37
Présentateur

Ouais, voilà. C'est coché, voilà.

6:39
Invité

Comment on passe de cette première fois à le fait d'en faire une habitude jusqu'à, et c'est votre cas tous les deux si je ne me trompe pas, mais fumer même seul, parfois ? C'est assez compliqué. On va s'habituer à consommer avec des amis, etc. On va aimer ça. On va aimer les faits, machin. Un jour, on va peut-être en acheter. Ou un ami qui va nous en donner. On en aura tout seul chez soi le soir. Et on se dira, je suis là devant Rick et Morty ou devant South Park. Ce serait peut-être plus marrant avec un joint, tu vois. Il y a des fois où on tombe dedans, ça ne rend même pas compte. Moi, c'est vrai que ça a été un processus à la fois très lent et à la fois rapide.

J'ai très rapidement commencé à fumer régulièrement. Mon rapport à la consommation de cannabis, il a commencé quand j'avais 16-17 ans, quand j'étais au lycée. J'ai commencé à fumer occasionnellement, et puis très vite régulièrement. Et j'ai fumé pendant environ 10 ans quotidiennement. J'ai accepté ce débat aujourd'hui, parce que ça fait maintenant deux ans que je n'ai pas fumé, que je commence à avoir du recul sur cette expérience qui m'a marqué personnellement, socialement, professionnellement. Et ça fait un petit moment que j'ai envie d'en faire quelque chose.

Et puis, à ma petite échelle, pourquoi pas mettre une pierre à l'édifice pour avoir un débat serein vis-à-vis du cannabis en France. Parce que je trouve que le débat, il n'est ni serein ni rationnel, en fait. Je n'ai pas eu la sensation que c'était un problème pendant très longtemps, par contre. Et ça s'est fait par les potes, exactement. C'est les potes au lycée, c'est à la pause, c'est à midi, c'est le soir. C'est ce truc social, voilà. Parce qu'en soi, la journée, quand tu es ado, pré-ado, tu ne consommais pas tout seul, tu vois ? Non. C'est à partir de quand ? Ah, c'est à partir de… J'ai commencé à fumer tout seul, après une fois que je suis parti en études supérieures, après le bac.

Oui, voilà. Une fois que tu commences à avoir… Je ne vais pas dire un peu de recul, mais que tu commences à connaître un peu le produit, là, tu vas dire bon, allez, je suis assez grand pour consommer tout seul et bam. Mais même ça, c'était un peu long. D'abord, pour moi, la consommation de cannabis, c'était vraiment lié au fait d'être en groupe, fumer entre potes. Ça n'avait pas roulé ? Non, je n'avais pas roulé, j'ai mis du temps, ça a roulé, mais fumer devant Sauce Park, c'était une folie. Tu te retrouves à trois dans un appart d'étudiants, tu as un pack de bière et des joints et voilà, ça commence comme ça.

8:38
Locuteur

Ça commence comme ça.

8:38
Invité

Et petit à petit, mais là, pour moi, ça a pris des années. OK. Petit à petit, je me suis dit non, mais je vais fumer chez moi. Puis en me disant ça va m'aider à dormir, en me disant aujourd'hui, je n'ai rien à faire. Et petit à petit, j'ai commencé à préférer fumer tout seul. OK. Alors, je ne dirais pas que c'est le plus grand basculement, parce que pour moi, il arrive avant. Mais le moment où je suis vraiment tombé dans une addiction que je dirais forte, c'est le moment où je me suis dit en fait, je n'ai plus envie de fumer avec les gens. Moi, je suis bien avec mon joint tout seul. Ouais, tout seul au calme. Et pour moi, là, ça a été le début où ça a été vraiment très compliqué.

Compliqué, mais est-ce que c'était critique ? Est-ce que c'était dangereux ? C'est ça, la question qu'il faut se poser. Tout dépend où tu passes le danger. Physiquement, je ne me suis jamais mis en danger. Enfin voilà, faire une overdose de cannabis, à mon avis, il faut y aller. Tu dors trois jours avant de faire l'overdose. L'overdose, c'est commander trop de pizzas, c'est ça l'overdose de cannabis. Par contre, socialement et scolairement et professionnellement, oui, ça m'a mis en danger, clairement. OK, donc pas de maîtrise de la consommation ? Non, c'est aussi pour ça que je suis là aujourd'hui. C'est-à-dire que moi, j'entends tout à fait.

Et j'allais dire, limite, j'aurais envie de pouvoir avoir une consommation régulée et raisonnée. Le fait est que je n'en suis pas capable. Peut-être que j'en serais capable un jour, je n'en sais rien. Mais pour le moment, je n'en suis pas capable. Et c'est là où c'est important pour moi de se dire qu'il y a des gens qui peuvent avoir une consommation raisonnée et régulée. Il y a des gens qui ne peuvent pas se réguler. Mais j'ai une question, est-ce que tu étais fumeur de clope ? Non. Pas fumeur de clope, tu fumais tes joints de fleurs pures ou tu fumais du chic ? Non, j'ai fumé... Alors, j'ai toujours préféré la boeuf, enfin l'herbe.

Je fumais, mais je fumais pas pur, je fumais avec du tabac. OK. Mais pendant énormément longtemps, je ne fumais pas de clope à côté. OK. Que des bédos... Ce qui a eu un effet pervers, c'est que quand je ne voulais pas fumer de clope, je ne fumais que des joints. Oui, mais ça t'a accoutumé à côté quand même à la nicotine, etc. Et aujourd'hui, je suis encore fumeur de cigarettes. Moi, c'est ça le problème que je prends, tu vois. C'est le mélange du tabac et du cannabis. C'est le problème, le cœur du problème, c'est le tabac. Ce n'est pas le THC, ce n'est pas les cannabinoïdes. C'est mon point de vue. Pourquoi ? Tu peux expliquer ? Tu peux développer ?

Parce qu'en France, culturellement, on fume du hachiche, qui est la résine, du coup. Et la résine, on ne la fume pas pure, c'est impossible. On est obligé de la mélanger avec du tabac. Donc, en France, culturellement, on fume nos joints avec du tabac. Ça a toujours été comme ça, on ne s'est jamais posé de question. Fumer de la fleur pure, ce n'est pas possible, entre guillemets, parce que c'est trop cher et que le produit est déjà transformé quand il arrive en France. Donc, c'est trop cher, les gens ne fument pas de fleur pure. Et pour fumer du hachiche, il faut fumer du tabac. Si on veut consommer du cannabis, on est consommateur de cigarettes, forcément. On n'a pas le choix, en fait.

En France, surtout quand on est jeune, qu'on n'a pas beaucoup d'argent, on est obligé de, si on veut consommer du cannabis, consommer du tabac. Et ça, c'est problématique. Alors, c'est problématique, mais je ne le mettrai pas au même degré que tu as l'air de le mettre. Parce que, oui, la nicotine va avoir un effet de dépendance, etc. On ne parle pas que de la nicotine. On parle des goudrons et des 60 substances. L'addiction à la nicotine, enfin la cigarette, c'est un problème. Le cannabis en lui-même a un effet aussi addictogène. On peut être addict au cannabis, même si on ne fume que des pures. Oui, mais ça n'a rien à voir. On ne peut pas, en fait, on ne peut pas. Ça n'a rien à voir.

En tout cas, de mon point de vue, on ne peut pas réduire une addiction à un produit. Pour mon peu. Pour mon peu. Mais vas-y, vas-y, développe. Moi, je vous le dis, pour moi, la problématique, elle est là, c'est que c'est culturel. C'est qu'un consommateur de cannabis, il est obligé de fumer du tabac. Dans la tête des gens, c'est comme ça, il n'y a personne de fume pur à part les riches, les rappeurs, les trucs comme ça. Oui, puis il faut pouvoir encaisser un joint pur. Après, même pas forcément. Si tu as des dosages à 20, 21%, 22% de THC. Ce qu'on oublie, c'est que le hashish, même le shit le plus pourri de cité, c'est minimum 30% de THC.

Que de la fleur, surtout la fleur qu'on a ici, les fleurs qu'on a ici qui ne sont pas forcément folles, qui sont en grande distribution, entre guillemets. On va être sur du 10-15% de THC, même fumer pur, que ce soit en termes d'effet, que ce soit en termes de santé, que ce soit en termes de tout. On le voit dans des pays où c'est légal, comme le Canada par exemple, où les gens peuvent se permettre d'avoir une consommation de cannabis la journée, n'importe quand, parce qu'ils ont le choix des taux de THC qu'ils vont choisir. Ici en France, on n'a aucun choix, c'est shit ou beu. Après, je ne connais pas les chiffres que tu avances. Mais est-ce que c'est souhaitable ?

Parce que tu as l'air de dire que du coup, ce n'est pas grave. Voilà, et on le prend en mots. C'est-à-dire que ce n'est pas grave de fumer en journée, mais il n'y a pas de tabac et de nicotine ? En fonction de la consommation qu'on va avoir, typiquement moi, je suis dans une consommation qui va être plutôt médicale, et moi je suis obligé, entre guillemets, de fumer la journée. Il y a des personnes qui ont certaines pathologies, qui ont des douleurs physiques, musculaires, n'importe quoi, ou qui ont des manques d'appétit ou des trucs comme ça, qui vont être obligés de consommer du cannabis pour pallier à certains médicaments qui, eux, les empêchent vraiment d'avancer dans la vie.

Donc oui, je pense que c'est souhaitable. Plus globalement, c'est quoi les bénéfices de la consommation ? Parce que là, tu abordes l'aspect médical, et on y reviendra après, si jamais ce n'est pas trop sensible pour toi comme sujet. Mais je dirais qu'on parle même au global, parce que la consommation de cannabis, c'est souvent équivalent fun qui est créé. Donc ok, il y a le fun, mais ça m'intéresse que vous le développiez, mais qu'est-ce qu'il y a d'autre comme avantage à fumer ? On a ce côté récréatif, comme tu viens de dire, où vas-y, il ne faut pas oublier qu'il y a l'alcool. Les gens boivent de l'alcool aussi pour un peu s'amuser, faire la fête en un moment.

Tu as des gens qui n'aiment pas forcément l'alcool, qui ne boivent pas d'alcool ou qui ne prennent rien d'autre, et qui aiment bien fumer un joint de cannabis à une soirée, machin. Ça ne les tue pas. On a ce profil de consommateur, on a les consommateurs médicals. Après, on a quoi ? On a des gens qui vont consommer peut-être pour se mettre dans une meilleure vibe de travail, se mettre dans des trucs comme ça. En fait, ça va être un mood en fonction vraiment de la personne. Il y a autant de profils de consommateurs qu'il y a de consommateurs.

J'ai un problème avec les personnes qui se revendiquent comme étant consommateurs et qui finalement banalisent le produit, nous disent qu'ils permettent de vivre mieux au quotidien et qui dénient tous les effets absolument dévastateurs pour la société de cette drogue. Ces effets sont bien connus, notamment chez les jeunes. Ce sont des difficultés de concentration, de mémorisation. C'est l'échec scolaire, mais c'est aussi parfois beaucoup plus grave. C'est l'accidentologie avec des accidents de voitures en nombre avec également parfois, dans des cas extrêmes, les meurtres. Après, le cannabis, c'est un produit qui peut se consommer sous différentes formes.

On peut le fumer, on peut le manger, on peut le vaporiser sous forme d'huile. Effectivement, c'est une plante qui a réputation et d'avoir des bienfaits médicaux. D'ailleurs, en France, on est en train d'essayer des choses. Ça se fait dans d'autres pays aussi. Après, moi, j'ai un peu du mal avec cette représentation du produit qui fait du bien. C'est réel ? Alors, c'est réel. Je ne dirais pas que c'est réel. Je dirais que toutes les drogues, enfin, toute substance psychoactive va avoir un effet sur ta psychologie et sur ta santé et sur ton corps. Tu bois de l'alcool, tu sens moins la douleur. Oui, mais il n'y a pas d'effet thérapeutique à l'alcool, directement lié à ça.

Que le cannabis, il y a. Il y a à partir du moment où c'est une pratique médicale que tu es accompagné. Il faut éduquer les gens après. Là, on est dans le truc de la diabolisation totale. Admettons, moi, demain, je parle à un mec qui n'a jamais consommé. Je lui dis, mec, moi, je consomme du cannabis pour mes douleurs musculaires. Ça me fait un bien fou. J'ai arrêté tous mes médicaments. Le mec qui a l'image de le cannabis, ça se chope en cité, le cannabis, c'est l'insécurité, le cannabis, machin, il ne va pas me croire tout de suite.

A contrario, tu présentes un produit un peu comme le faisait notre ami Bob Marley dans la vidéo, c'est-à-dire, c'est l'herbe, c'est la plante de Dieu, c'est bon pour tout, c'est bon pour le moral, c'est bon pour le corps, c'est bon pour l'appétit, c'est bon pour etc. Dire ça à quelqu'un, alors moi, je pense surtout aux jeunes, souvent, parce que moi, j'ai commencé à fumer jeune. Après, je pense que quand on a plus de 20, 25 ans, on peut avoir des représentations un peu plus étayées que c'est bien ou c'est mal. Je dis juste qu'on ne peut pas se contenter de dire que le cannabis, ça n'a que des bienfaits, ça peut avoir des bienfaits, il faut rationaliser sa consommation si on le fait pour ça.

Après, il y a la partie fun. Il y a la partie fun. En fait, c'est ce que je dis, c'est une question d'éducation. Si dès le début, on avait fait de la prévention, on avait expliqué aux jeunes que dans tel cas, tel cas, tel cas, il ne faut pas consommer de cannabis, que avant un certain âge, il ne faut pas éviter, on ne le dit pas. On ne leur dit pas, mais il faut éduquer, il faut aussi parler des effets négatifs. Une consommation avant l'âge de 25 ans, quand ton cerveau n'est pas encore fini de... Il n'a pas encore fini de son adolescence, ça peut provoquer des troubles psychiatriques.

Mais ce qu'on ne pense pas, c'est que dans un marché légal où c'est régulé, un mineur, déjà, il aura 50 fois plus de mal à se fournir en cannabis. Donc déjà, de base, tu as les trois quarts qui ne vont même pas penser à en consommer. Attends, tu as eu moins de 18 ans. Moi, j'ai eu moins de 18 ans, je n'ai jamais galéré à acheter de l'alcool. J'ai des grands frères, j'ai des potes. Je suis d'accord avec toi. Il y a des parents même qui le font. Je suis d'accord avec toi, mais après, c'est des trucs, c'est tout petit. Moi, je ne consommais pas d'alcool. Moi, je n'avais personne pour aller m'en acheter, je n'en consommais pas. Genre, que le canin, j'avais sur le terrain, j'avais 13 ans.

J'achetais du shit, il n'y avait aucun problème. Oui, mais après, je pense que la légalisation et la régulation du marché, ça aura forcément des impacts positifs. Oui, comme négatif. Après, je pense qu'il y a des impacts comme dans tous les pays où ça a été légalisé. Les deux, trois premières années, tu auras un pic et après, ça va se calmer. On y viendra sur la légalisation. Moi, j'aimerais justement revenir sur cette question et de bienfaits et de méfaits. Ryan, il y a souvent ce chiffre et surtout récemment depuis qu'il y a eu la légalisation en Allemagne, on parle souvent de ce chiffre de à partir de 25 ans, c'est quand même plus du tout la même chose.

Toi qui as consommé très jeune, tu n'as pas peur que ça puisse avoir des dommages constants à vie sur ton cerveau ? Si, concrètement si. En plus, je le vois que par exemple, sur ma mémoire, il y a des trucs où la mémoire à court terme, ça va être un peu plus compliqué, je pense, que si je n'avais pas consommé de cannabis. mais ça ne m'handicape pas plus que, je parle pour moi, mais l'handicap actuel que j'ai par exemple. Je sais que moi, ce n'est pas un frein, ce n'est pas une béquille. Malgré le petit défaut que ça a sur moi de un peu tuer ma mémoire, ça va, je suis encore là pour preuve, je suis sur le plateau du crayon, je parle avec toi.

On voit qu'un consommateur de cannabis, il peut tenir un débat, il peut discuter, il peut se rappeler de plein de choses, il n'y a pas de problème. Donc, moi, personnellement, ça fait 10 ans presque que je consomme, à part les poumons, et encore, j'ai fait des radios récemment, il n'y a rien. Moi, personnellement, sur moi, je ne vois pas d'effet négatif du cannabis. Le seul effet négatif qu'il y a, c'est la répression. C'est le stress que j'ai quand je suis dehors avec du cannabis et que j'ai peur de me faire contrôler. C'est là que c'est mauvais, le cannabis. Et est-ce que tu ne considères pas que le fait que tu fumes et que tu as une forme, je ne sais pas comment dire, je ne vais pas te...

Par exemple, est-ce que tu ne considères pas que le fait que tu fumes te fait avoir très souvent, voire constamment, du cannabis sur toi et du coup, avoir peur de la répression? Est-ce que ça, ce n'est pas un effet négatif? Mais moi, je ne te parle pas de la répression, je te parle de l'effet négatif de me dire, je ne peux pas sortir de chez moi si je n'ai pas 3 ou 4 pétards parce que je vais attendre le bus, je vais fumer. Si je vois des potes, il faut que je fume. Je vois totalement où tu veux en venir. Avant, j'étais comme ça. Ça, c'est quand tu ne maîtrises pas ta consommation. De chez moi, au métro, il ne faut pas aller en terre.

Aujourd'hui, je sors, je vais faire une balade sur les quais avec ma copine, je vais marcher un kilomètre, je vais commencer à avoir archi mal au dos. Il faut que je me pose, que je puisse tirer 2-3 puffs de THC, que ce soit sur un joint, sur un vaporisateur, n'importe quoi. Mais il faut que j'ingère la molécule pour que mes muscles se détendent et que je puisse continuer ma balade. Et tu es accompagné médicalement pour ça? Oui, je suis accompagné, je suis au centre de la douleur, j'ai un chirurgien, j'ai plein de trucs. Et même eux préconisent parfois la consommation de cannabis sans palliatif à certains médicaments. Même dans le domaine médical, ils commencent à mettre ça en ordre.

C'est effectivement connu qu'il y a des douleurs, que le cannabis soulage et que toute la panoplie, toute la pharmacopée qu'on a ne peut pas en charge. Il y a aujourd'hui une expérimentation en France du cannabis thérapeutique qui n'a pas été généralisée par le gouvernement parce que les résultats ne sont à ce stade pas assez concrets, pas assez probants. Je crains qu'on cherche à avoir des usages qui soient des usages détournés pour finalement essayer de légitimer une substance psychotrope aussi dangereuse. Moi, je lis ce que dit l'Académie nationale de médecine. Elle émet les plus grandes réserves sur le cannabis thérapeutique. Donc, j'ai plutôt tendance à me réfugier derrière celle-ci.

Toi, Morin, je dois en raconter peut-être un peu aussi ce qui toi t'est arrivé comme relation avec le cannabis. Eh bien, effectivement, oui, parce que pour revenir sur les effets, moi, je n'ai pas de douleur chronique. Pour moi, au début, c'était que du fun. Récréatif. Que du fun, récréatif. Ça me faisait rire. Ça faisait rire mes potes. On rigolait ensemble. C'était bien. Et puis, petit à petit, j'ai eu un peu les symptômes connus, en fait, du cannabis, à savoir isolement social, baisse de la motivation, anxiété sociale, dépression. Mais est-ce que ce n'était pas dû tout simplement à ton adolescence ?

Peut-être que ça a été exacerbé un peu par la consommation de cannabis, mais on a tous les adolescents. ne passent pas. Mais là est tout le danger, en fait. C'est que oui, on sait que l'adolescence, c'est un moment critique et que le cannabis, sans en être la cause, a été un facteur aggravant. Mais ce n'est pas une raison pour se dire que ce n'est pas grave et que chacun fera son chemin. Il y a des réels dangers. Il faut prévenir des risques. Moi, par exemple, aujourd'hui, si je n'avais pas fumé, je pense que, que ce soit socialement, professionnellement, économiquement, je n'en serais pas où je suis. Je n'ai pas de regrets parce qu'à mon avis, on ne bâtit rien sur des regrets.

Par contre, si c'était à refaire, je ne le referais pas, mais pas du tout. Ok. Moi, tu vois, c'est l'inverse. Complètement. Enfin, je ne dis pas que si je n'avais pas fumé, je pense qu'en vrai que j'aurais pris finalement presque le même chemin, tu vois, parce qu'au final, le parcours médical, il se rejoint. Mais je pense qu'avec ou sans cannabis, finalement, ça n'aurait été pas loin d'être la même chose, parce que je sais que, je ne vais pas dire qu'il y a eu un décrochage scolaire à cause du cannabis ou quoi. De base, je n'étais pas scolaire. Je n'aimais pas l'école, je n'aime pas le fait qu'on m'ordonne des choses, machin.

Donc, j'ai consommé dès le collège, ensuite pendant tout mon lycée. Ça ne m'a pas empêché d'avoir mon bac, de suivre des études supérieures et tout. Moi, je pense qu'en fonction de la personne et de comment tu abordes la chose, tu n'auras pas de problème. Mais là, c'est là où moi, là-dessus, je te rejoins parfaitement. C'est-à-dire qu'on ne peut pas faire de nos expériences personnelles une règle générale et à la fois, nos expériences personnelles, et c'est pour ça que je suis là aujourd'hui, peuvent servir à des jeunes qui aujourd'hui ont commencé, vont commencer, sont un peu perdus, sont dedans et en tentant de se dire qu'il y a plusieurs chemins.

Moi, ce qui me tient à cœur, c'est de dire que le cannabis, ce n'est pas magique. Il n'y a pas de drogue magique. Et que ce n'est pas cool,

24:28
Locuteur

surtout.

24:28
Invité

Oui, c'est marrant. Sur la question est-ce que c'est de la merde, tu as répondu vrai. Est-ce que la drogue, c'est de la merde ? Oui, la drogue, c'est de la merde. Et tu ne considères pas le cannabis comme une drogue ? Moi, pour moi, non. Pour moi, l'héroïne, c'est de la drogue. Parce qu'il n'y a aucun bénéfice, tu ne peux pas en tirer un bénéfice, à part te défoncer. Moi, je pense que quelqu'un qui prend l'héroïne pendant qu'il est dans son shoot, il va te dire que c'est le meilleur truc que j'ai jamais vécu. Mais je suis complètement d'accord avec lui. En fait, son bénéfice, il est très court dans le temps, il est à très court terme, mais bénéfice, il y a.

Oui, mais ce n'est pas un vrai bénéfice qu'il va y avoir dans sa vie factuellement. C'est un faux bénéfice. Avec le cannabis, ça peut être factuel. Ça peut être factuel si c'est accompagné, si c'est d'un point de vue médical, s'il y a une relation rationnelle au produit. Mais ce n'est pas parce que, par exemple, le doliprane va me calmer mon mal de tête que je vais me dire que je vais prendre du doliprane tout le temps pour tout. Oui, bien sûr. Mais en plus, c'est comme tout, il ne faut pas en abuser. C'est une drogue parce que le cannabis est un psychotrope, parce qu'il est hautement addictif et parce qu'il apporte des conséquences sur le cerveau.

Ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'Académie nationale de médecine et singulièrement chez le cerveau des jeunes. C'est la raison pour laquelle je crois que l'Allemagne commet une grave erreur en légalisant le cannabis, notamment à compter de 18 ans. Et puis drogue également en raison des effets qu'il emporte sur le comportement et sur la société. Et là-dessus, parce que pour revenir à cette question de la drogue, c'est de la merde, et je trouve que c'est pour le coup une vraie question fondamentale, surtout, et puis on va revenir sur la question juridique de la légalisation, mais déjà sur la question de la drogue, c'est de la merde, qu'est-ce qu'est une drogue selon vous ?

Et je vais vous citer quelques exemples et ce qui m'intéresse c'est que vous en débattiez, mais est-ce que le Nutella c'est de la drogue ? Est-ce que TikTok c'est de la drogue ? Est-ce que la clope c'est de la drogue ? Est-ce que l'alcool, le sexe c'est de la drogue ? Mais je pense qu'il y a des définitions assez simples de la drogue. c'est une substance qui a un effet psychoactif psychoactif et ou psychotrope ? Le Nutella, il y a du gras et du sucre en termes... Encore une fois, je ne suis pas expert, mais il me semble qu'en termes médicals, c'est un fonctionnement de drogue. Qu'en serait-il si vous deviez faire une croix sur les sucreries ?

26:51
Locuteur non identifié

Les effets secondaires

26:59
Invité

et les effets principaux et les effets secondaires ne sont pas du tout les mêmes. N'empêche que c'est une substance que tu ingères et qui fait dire à ton cerveau « Putain, ça c'est très très bon et j'en veux. J'en veux plein et j'en veux tout le temps. » Pour moi, c'est ça une drogue. Ça peut être le sexe, ça peut être les écrans, ça peut être l'alcool, la clope, le café. Le cannabis, ça, ça ne marche pas. Parce que tu n'as pas ce truc d'accoutumance où ton cerveau va te dire « Vas-y, re-toi-en, roule-toi-en, roule-toi-en. » De manière maladie. Alors, c'est le degré je ne connais pas le terme. Le degré à lequel ça va faire cet effet, il est moindre que d'autres drogues.

Il est supérieur que d'autres drogues mais il existe. Oui, voilà. On ne peut pas dire qu'on ne peut pas être dépendant au cannabis. On ne peut pas dire qu'on ne peut pas faire d'overdose de cannabis. Mais là, maintenant, il faudrait essayer de comprendre pourquoi ça, c'est toujours illégal. Alors que tu as d'autres produits qui sont 50 fois qui sont beaucoup plus... qui sont totalement... Il faut faire la part des choses entre le débat médical, entre le débat juridique et sociétal, effectivement. Quand on a des arrêts de bus où il y a des gosses de 10 ans qui vont prendre le bus pour aller au collège, tu as des polyakoff d'un mètre 50.

Effectivement, moi, ça me choque qu'il y ait ça et que par contre, tu as un joint dans ta poche. On ne s'est pas du tout. C'est une dissonance qui est en France. Dans ce cas-là, comment on fait de la prévention ? Parce que vous avez tous les deux décrit, je trouve, deux parcours très typiques, paradoxalement, de la consommation de drogue. L'un lié à des problèmes médicaux mais qu'on peut retrouver aussi sur l'hyperactivité, le trouble de l'attention. De l'autre, sur une consommation récréative qui se transforme en vraie addiction. Comment, sur deux profils si différents de fumeurs et d'anciens fumeurs, on peut réussir à faire de la prévention alors que les réalités ne sont pas les mêmes ?

Je pense qu'on va tomber d'accord. En France, on est super fort pour faire des spots qui sont hyper impactants. On fait la même chose avec le cannabis, on le fait très bien avec l'alcool. On montrait les risques, on sait le faire. On a des très bons communicants, on a des sous, on peut le faire. Ça marche ? Voilà. Oui, pourquoi ça ne marcherait pas ? La difficulté, c'est qu'on a une politique de prévention qui est manifestement insuffisante. Par exemple, aujourd'hui, au collège, au lycée, les politiques de prévention sont un petit peu ringardes et ne sont pas à la hauteur des enjeux. Je pense qu'il faut mettre le paquet sur la prévention et le gouvernement le fait.

Ensuite, il faut être en capacité aussi de soigner ces publics. Mais pour être en capacité de soigner ces publics, il faut que la société envoie un signal très clair en disant que c'est un produit qui est extrêmement dangereux, extrêmement nocif. Si demain, on venait à légaliser le cannabis, dans le fond, on le banaliserait. On se dirait qu'après tout, ce n'est pas grave, c'est un produit comme un autre et on le ringardiserait lui aussi quelque peu.

Je crois que pour prévenir les dangers du cannabis, il faut un, une action de prévention extrêmement forte, deux, une action curative très forte pour les personnes qui sont dépendantes et puis trois, envoyer un signal extrêmement fort pour indiquer que c'est une drogue et qu'il ne faut pas en prendre. Effectivement, je pense qu'on peut passer par la pub comme on voit pour ne pas manger trop gratte aux fruits et aux salés. L'alcool, c'est une fois par jour, pas tous les jours. On connaît tous des phrases du pic de prévention. Pendant la période de Noël, tu ne prends pas tes clés. Je pense que ça, c'est à un niveau limité.

Je pense que de mon point de vue et ça, c'est vraiment une opinion, ce qui moi m'aurait fait du bien, c'est que ça soit dans le champ du normal en fait. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, un consommateur de cannabis, il va être mis à la marge. Je suis complètement d'accord avec toi. Alors que... On le voit quand on va d'autres pays. Oui, voilà, exactement. C'est légal. T'as toujours...

30:31
Locuteur

Ouais, putain.

30:32
Invité

Ouais, c'est bizarre ici, on me regarde pas mal. T'es un peu un fou, toi, non, t'es un rebelle, alors qu'en fait, bah... Pas du tout. Et des darons qui ont 5 enfants et qui ont une vie de famille, une vie professionnelle et qui se fument un pétard une ou deux fois par semaine ou le week-end, et ben, ça existe aussi, mais on a des représentations. Et on les voit même pas parce que c'est des gens normaux. C'est ça le truc. C'est comme dans Desperate of Wives, tu vois, t'as le groupe de darons qui sont là à se faire leur petit verre de vin entre elles. Aujourd'hui, c'est la même chose mais avec le cannabis, tu vois.

Mais après, je trouve que les consommateurs, ils cèdent pas eux-mêmes parce que... Enfin, après, de ce que j'en vois moi, de mon point de vue, c'est le rap. Je suis globalement assez d'accord avec toi. C'est des représentations de mecs à casquettes ou de mecs qui parlent que de ça tout le temps ou alors... Après, on nous a cantonné à ça le consommateur de cannabis dans l'imaginaire commun. C'est un mec de TS qui est là, qui respecte rien, machin. Donc, indirectement, t'es là, même un humain neutre, tu vas lui faire commencer à fumer du cannabis, je pense que naturellement, il va se diriger plus vers un sens que dans l'autre, tu vois.

Et dans le sens qu'on lui montre, qu'on lui dit c'est normal. Tu prends le costume qu'on te propose et aujourd'hui, les costumes en termes de consommation de cannabis, ils sont pauvres. Aujourd'hui, il faut casser cette image. Alors que le vin, par exemple, si on prend l'alcool, le vin, il y a l'onologie, je fais des caves, je fais la route des vins, il y a le salon du vin. Voilà. Et ce que les gens savent pas, c'est qu'il y a la même chose en cannabis. Oui, complètement. Ce truc de recherche, de terre pleine de goût, de machin, de truc. Et je pense qu'on n'arrivera pas là et c'est pour ça, pour répondre à ta question, c'est qu'est-ce qu'on peut faire, la prévention, oui, etc.

Parce qu'il y a de la santé publique, mais c'est surtout un problème de représentation et on ne pourra pas changer les représentations si on ne change pas les lois et si on ne fait pas de prévention. Complètement d'accord. Je pense qu'il n'y a pas de sociologie type du consommateur et le consommateur, il y a aussi bien des beaux quartiers que des quartiers les plus difficiles et si c'est une drogue aussi répandue, c'est qu'elle est répandue dans toutes les couches de la société.

Mais malheureusement, il faut se constater qu'elle sert aussi parfois de porte d'entrée vers des drogues qui sont plus dures et qui sont en recrudescence comme notamment les drogues de synthèse et la cocaïne dans notre pays. Et vous, fumez-vous régulièrement du cannabis ? Donnez votre réponse en commentaire. Et puis si vous êtes jusque-là dans le débat, profitez-en pour vous abonner, ça fait toujours très plaisir. On retourne à la vidéo. Est-ce que vous seriez pour la légalisation du cannabis ? Oui, pour moi, la question ne se pose même pas. Et de toute façon, au vu des trafics qui se passent, je pense qu'il n'y a même plus de sujet là-dessus. Je suis totalement pour. Tout à fait.

On ne pourrait jamais être pour la légalisation de quelque chose qui peut nuire à autrui. Moi, je pense que oui. Oui, totalement. Allons sur l'éléphant au milieu de la pièce qui est la légalisation. Donc ça a été fait en Allemagne très récemment. Et j'aimerais qu'on comprenne pourquoi le débat est bloqué en France sur cette question spécifique de la légalisation. Et quand je parle de légalisation, je parle du fait de pouvoir acheter du cannabis comme on peut réussir à acheter de l'alcool aujourd'hui en France. C'est le cas en Californie, c'est le cas en Hollande, c'est le cas en Espagne, c'est le cas maintenant en Allemagne.

Qu'est-ce qui bloque, vous qui suivez quand même ça dans le débat public depuis plusieurs années ? Dans le parti de ceux qui seraient plutôt contre, il y a un vrai paradoxe, c'est-à-dire que c'est des côtés de l'échec politique qui vont nous dire les pays nordiques, c'est les rois de la rigueur financière, les Allemands, les Néerlandais, les États-Unis, ça reste quand même la première puissance militaire, économique, je ne suis pas expert, mais il y a la Chine, ils sont encore bien dans le jeu, je veux dire, c'est des pays qu'on n'hésite pas à prendre pour modèle par moment, et par contre, les mêmes, tu leur dis cannabis, il faut en avc.

On les a conditionnés à se dire cannabis égale mal, on ne les a pas formés à réfléchir. Tu réfléchis une seconde, anecdote perso, mais il y a une petite semaine, je suis parti voir une généraliste que je n'avais jamais vue. On fait une petite présentation, elle me pose la question est-ce que vous consommez du cannabis ? Je lui dis oui. Elle me dit c'est marrant, moi je fais la commission des permis de conduire. Je fais c'est marrant, on va avoir un petit débat du coup. Elle me dit le cannabis au volant c'est une aberration, quand on consomme du cannabis, le THC ça reste dans le sang pendant plusieurs jours.

Je dis je suis d'accord avec vous, le THC il reste dans le sang, mais ce n'est pas pour autant que les effets psychoactifs, psychotropes, ils sont toujours là, ça s'estompe au bout de 4-5 heures. Elle m'a dit ok c'est vrai, mais en fait ce qu'elle ne comprenait pas c'est que les tests qu'on a en France actuellement par exemple pour le cannabis au volant ça ne marche pas, c'est nul, c'est pourri. Il faudrait comme dans des pays où c'est légal des tests psychomoteurs voir si on est toujours sous l'influence, machin. On ne pousse pas les gens à réfléchir, à se dire ah ben ça c'est peut-être un peu bête.

Légalisation, ça veut dire banalisation et ça veut dire dans le fond octroyer une substance addictive supplémentaire au-delà de la drogue, au-delà de l'alcool. Est-ce que alors même qu'on a du mal à lutter contre les ravages de l'alcool, les ravages de la cigarette, on doit légaliser une source d'addiction supplémentaire ? Je ne le crois pas. C'est un problème qui je pense est très compliqué parce que quand on voit les réseaux les réseaux de distribution du cannabis aujourd'hui qui sont des réseaux illégaux, quand on voit quelle population ça fait vivre, je pense qu'il y a déjà un problème d'ordre public.

Il y a un problème de pouvoir économique parce que moi je n'ai aucun chiffre en tête mais il me semble qu'un point de deal aujourd'hui dans une grande ville, on parle en plusieurs dizaines de milliers d'euros par jour. Là j'ai deux trucs. Déjà tout ce truc de point de deal tout ça, ça a été créé par le fait d'interdire le cannabis en fait. Si on n'avait pas interdit le cannabis, il n'y aurait jamais eu de point de deal, il n'y aurait jamais eu d'insécurité, les cités ce serait tout beau, tout rose, on est d'accord ou pas ? Non, je ne suis pas d'accord parce que mettons demain on légalise le cannabis, les gens qui habitent dans les cités ne vont pas se réveiller dans le jardin d'Éden.

Il va falloir accompagner cette population. Oui mais après il y a 30 ans on a tout cassé et on a foutu la merde. Non mais c'est juste pour revenir sur ce que tu disais, je ne suis pas sûr que si le cannabis avait été légal depuis 30-40 ans, les cités ça aurait été différent. Le seul problème décidé n'est pas le cannabis. Ça en est un, ce n'est pas le seul problème. C'est je pense 99% du problème, je te jure. 99% c'est beaucoup quand même. Ah ben je te promets, c'est quoi le reste du problème ? C'est l'exclusion territoriale, c'est l'exclusion sociale. Il n'y a pas, bien sûr que si, il n'y a pas. Bon. C'est les endroits les plus subventionnés de France les banlieues.

Quelle exclusion sociale ? Je, je, je, je, j'ai pas de chiffres donc je pourrais pas te répondre là-dessus. Je suis pas sûr que les endroits, enfin de quel... Moi je viens de là-bas, je viens du 93 à la base. De quelle subvention on parle ? C'est pas dans les, dans les petites campagnes de France que tu vas voir des city-stades construits en banlieue, on met de l'argent pour que les gens justement puissent s'insérer, puissent faire des choses. Tu regardes les gosses de campagne, eux ils ont rien à faire, on leur donne pas d'argent tu vois. Genre, on peut pas dire que, enfin je sais pas. Moi je viens de la campagne, j'ai pas eu la sensation de pas avoir d'argent.

Ouais mais c'est pas ce que je dis. J'ai eu la sensation de pas vivre. L'État injecte moins d'argent dans cette classe de population là tu vois. Et les banlieues, c'est, on met énormément d'argent là-dedans et on voit que ça marche pas. Donc c'est quoi le problème ? C'est pas le trafic de cannabis en grande majorité. C'est beaucoup mieux que ce soit légalisé, ça évite les trafics, le risque de prendre de trucs beaucoup plus dangereux et je pense pas que ce soit une bonne idée de vouloir engueuler les gens. On aurait des produits de meilleure qualité puisque ce serait quand même des produits contrôlés.

En plus, ça sortirait une activité des trafics illégaux et en plus je pense que c'est un problème complètement marginal par rapport à d'autres problèmes de santé publique comme l'alcool ou le tabac qui font beaucoup plus de morts, beaucoup plus de victimes qui coûtent beaucoup plus cher à la société. Là, on mobilise des moyens policiers énormes pour quelque chose qui est finalement pas si dangereux. Je pense que c'est l'hypocrisie en fait. Donc beaucoup d'hypocrisie. Il y a beaucoup de gens qui fument. C'est pas pour ça qu'ils sont considérés comme des drogués. Ça va du petit jeune jusqu'au cadre supérieur donc je pense pas que ça soit un souci. Étant légal, ce n'est plus un tabou.

Donc les gens ont plus de liberté de le consommer, de l'acheter. Ça va diminuer beaucoup la consommation comme ils ont fait à Amsterdam. C'est un bon exemple. Je pense que ce serait bien d'aller voir dans les pays qui l'ont fait pour voir les impacts. Il y a des cas où ce serait bien ne serait-ce que parce qu'il y a des trafics de drogue et que c'est un problème et en même temps à voir si ça incite à la consommation pour des problématiques d'addiction.

38:58
Présentateur

Ça peut être médicinal, je sais pas si c'est

39:00
Invité

comme ça qu'on dit. Ça peut être sous ce terme-là. Je vois pas en quoi ça pose un problème en soi. Pour moi, c'est même pas un débat. On devrait même pas se poser la question. Il y en a qui sont accro à la cigarette, si on est sur un gros cannabis, ça fait pas de mal. Humainement, n'importe qui te le dira, c'est pas bon pour la santé donc je te le conseillerai pas et je suis pas pour la légalisation. Moi, en vrai, je pense que ça peut être un débat parce que chaque point de vue peut être entendu. Après, du coup, moi, je suis en faveur de la légalisation mais j'entends les arguments.

Après, aujourd'hui, ils sont plus trop valables mais ça peut être un débat et ça peut être la fin d'un débat aussi en légalisant. En vrai, je trouve pas que ça soit une mauvaise idée parce que je vois dans certains pays, ça marche plutôt bien qu'au moins ça soit encadré par des gens spécialistes dans ça aussi. Je trouve que c'est pas une mauvaise idée. La légalisation du cannabis, il y a, je pense, trois fausses idées qui vont avec. Premièrement, elle s'accompagnerait de moins de consommation. Deuxièmement, il y aurait moins de trafic et troisièmement, ce serait moins dangereux pour la société.

Je crois qu'on a pu voir que c'était pas moins dangereux pour la société mais surtout quand on légalise et les expériences à la fois européennes et surtout internationales le montrent, il y a plus de consommateurs et par ailleurs, ça ne fait pas reculer les trafics parce que si on pense qu'un dealer sur un point de deal va demain prendre un numéro URSAF et aller vendre tranquillement du cannabis à bonne dose de THC et dans une échoppe, on se trompe lourdement. La vérité, c'est que les trafiquants ne sont pas que des vendeurs de cannabis, ce sont d'abord des trafiquants et évidemment, ils se reporteront sur des substances plus dangereuses.

Je pense qu'aucun problème ne peut être résolu qu'en pointant une chose. Le cannabis, oui, ça fait partie du problème aujourd'hui. Si ça s'est installé, c'est qu'il y a eu des politiques sociales qui ont été inefficaces, qu'il y a une stigmatisation. Aujourd'hui, dans les banlieues, il y a une proportion de Français racisés qui y vivent qui est beaucoup plus élevée que dans n'importe quel autre secteur habité. Oui, il y a des raisons mais qui ne sont pas le cannabis. Oui, bien sûr. Mais à la base, c'était bien. Quand on leur a donné dans les années 70 des HLM avec le chauffage au sol, ils étaient contents. c'est quand ils revenaient du bled.

Oui, mais je pense qu'on sait aujourd'hui que les primo-habitants des banlieues, ils sont tous partis. Oui. Ils sont tous partis. à cause du trafic. Ça, je suis... Justement, pour faire évoluer cette question-là que je trouve passionnante, vous êtes tous les deux pour la légalisation du cannabis mais j'ai l'impression pour des raisons très différentes. C'est mort. Chacun votre tour sans forcément prendre 10 minutes mais c'est quoi votre scénario si jamais demain Macron dit boum, légalisation du cannabis. C'est pas Macron mais c'est l'Assemblée nationale. Mais Assemblée nationale, navette Sénat, navette Assemblée nationale, validation.

Il se passe quoi si jamais demain le cannabis est légalisé tel que vous le voudriez ? Demain, le cannabis est légalisé en France. C'est l'Eldorado. Voilà, tout simplement parce qu'on a déjà plein de shops de CBD en France qui sont prêts à faire la transition. Ils ont déjà le THC. Ils l'ont. Ils ont juste à changer ce qu'il y a dans les boîtes et c'est bon. C'est... Voilà. En fait, il faut...

Moi, mon modèle de légalisation pour moi, ce serait un mix entre l'Espagne et le Canada, un truc qui serait quand même régulé par l'État en termes de qualité de produit, en termes d'approvisionnement, tout ça, mais avait quand même un côté assez libéral pour pouvoir permettre à certains entrepreneurs de se lancer dans ce milieu et voilà, faire croquer tout le monde et puis voilà. Voilà. Si... C'est une question, c'est une large question. Effectivement, si on légalise, déjà, moi, je reviens sur ce que vous disiez tout à l'heure, je pense qu'on pourra enfin parler de ça de manière apaisée comme un comportement qui n'est pas un comportement du diable, quoi. Oui, bien sûr.

Comme un comportement normal. Je pense que l'État doit, enfin, devrait contrôler ce trafic. Il y a de l'argent à se faire. complètement d'accord. Il y a beaucoup d'argent à se faire.

42:47
Locuteur non identifié

Beaucoup d'argent à se faire.

42:50
Invité

On entend souvent dire oui, mais qu'est-ce qu'on fait du coup des gens qui sont actuellement dans... qui tiennent les trafics ? Moi, je pense que c'est une question qu'il faut prendre en compte. Effectivement, il faut prévoir une politique sociale, des politiques publiques fortes pour ces personnes-là qui vont se retrouver sans manne financière. Par contre, ça ne doit pas être une raison pour s'arrêter. Enfin, je veux dire, ça serait une défaite pour moi de l'État mais totale de se dire on ne légalise pas parce qu'en fait, le système illégal en place permet de faire ce que nous, on devrait faire en tant qu'État. Tu penses que c'est le cas ? C'est des arguments qui existent.

De dire oui, mais du coup, qu'est-ce qu'ils vont faire ? On ne touche à rien parce qu'ils sont déjà là. En tout cas, si c'est légalisé... Je pense que c'est vraiment une goutte d'eau ce problème entre guillemets parce que ces gars-là qui vendent du cannabis actuellement, ils vont voir qu'ils ne vendront plus rien. Ils vont essayer peut-être de vendre d'autres choses mais bon, ça se vendra beaucoup moins. Après, ça fait vivre des gens, ça fait vivre beaucoup de gens il me semble, ce système-là. Bref, pour venir à la question de si c'est légalisé, moi personnellement dans mon quotidien, ça ne va rien changer. Je vais continuer ma vie.

Je serais très content pour ceux qui peuvent aller acheter du cannabis de qualité. En fait, c'est surtout pour les gens qui travaillent, pour le père de famille qui consomme le week-end et qui dans la semaine va prendre sa voiture pour aller au travail et va se faire contrôler et va perdre son permis à cause de ça. Moi, c'est pour ces gens-là qu'il faut qu'on légale. Tout à l'heure, ce que tu disais sur la dame qui travaillait au permis, le médecin qui est de la commission des permis, effectivement, aujourd'hui, tu as fumé un joint il y a deux jours, tu te fais contrôler positif, tu peux prendre.

Je pense que la justice en France elle est quand même bien faite et un juge pourra adapter une peine à la personne et aux circonstances, mais effectivement, bien que le produit n'aura plus du tout d'effet sur toi, on va considérer que tu l'aies fumé une demi-heure avant l'accident ou il y a trois jours, tu auras les mêmes conséquences parce que la médecin t'aurait pu lui répondre que l'alcool aussi. Non mais oui, c'est complètement ça. L'alcool... Ça me fait penser un peu au Japon où le Japon, le cannabis, c'est illégal.

Si tu es japonais, tu pars au Canada, tu vas consommer du cannabis, tu retournes au Japon, on te fait un test, tu es positif au THC, même si tu as consommé au Canada, tu vas quand même te faire réprimander aujourd'hui. Je trouve qu'on est un peu dans la même situation. En fait, je reviens là-dessus, c'est qu'en fait, je pense que si on légalise, on rationalise. En fait, on fait rentrer ça dans la société et on le regarde en face comme on regarde l'alcool, comme on regarde le café, le sucre. On arrête la politique de l'autruche en fait. Exactement. On fait face au truc. Tout à l'heure, tu as dit qu'il y a un éléphant milieu de la pièce, mais regardons.

Le cannabis, c'est un énorme éléphant tout vert ou multicolore, ça dépend de combien tu as fumé et qu'il est là, il est au milieu de notre pays. On est le pays qui consomme le plus en Europe, le sixième dans le monde et on se dit non, non, nous, on va faire des opérations de com' à Marseille et on va faire opérations de place nette. 98 interpellations et 71 gardes à vue. C'est le bilan de l'opération place nette qui s'est déroulée à Marseille pour laquelle Emmanuel Macron s'est rendu dans la cité fosséenne hier.

Il y a plus de consommateurs en France que dans d'autres pays parce que la drogue est facile à trouver et puis aussi parce que dans notre pays, on a parfois l'addiction à des substances psychotropes qui ne sont pas seulement la drogue mais qui sont aussi par exemple les antidépresseurs. C'est aussi le symptôme parfois d'une société qui va mal mais je ne crois pas que ce soit en donnant un synonyme, un symbole de lâcheté en légalisant le cannabis qu'on va répondre à ces difficultés auxquelles la drogue elle-même tente de répondre. J'aimerais bien que Macron nous fasse un coup de com' à la Macron chemise ouverte gros pétard dans la main. Pour ça, je signe. Legalize man.

Non mais justement pour revenir à cette question d'opération place nette de la France premier pays consommateur de cannabis en Europe et tout, même si les chiffres sont plus compliqués parce qu'il y a les chiffres qui disent ceux qui ont testé, les chiffres qui disent ceux qui ont fumé régulièrement, ceux qui fument régulièrement. Donc il y a plusieurs chiffres là-dessus mais globalement la France est assez haut la main à la première place du classement européen. Quelle est la perception qu'ont les non-fumeurs des fumeurs de cannabis ? Parce que peut-être aussi que l'image publique dépend de ça. C'est ce que je dis depuis tout à l'heure, c'est diabolisé de fou.

Oui mais du coup, pourquoi c'est diabolisé ? Comment la mécanique se crée ? Parce que la réalité c'est que de l'autre côté pour le coup, il y a réellement derrière les opérations place nette des gens qui vendent du cannabis qui ont aussi des armes et qui font parfois régner un climat de terreur autour d'eux. La racine, je l'ai, elle est là. La racine, c'est Nixon dans les années 60 qui a créé la guerre contre la drogue.

47:19
Locuteur non identifié

Et qui a diabolisé

47:26
Invité

ce truc dans la tête de la population, de tout le monde. Qui a dit la cocaïne, le cannabis, tout ce que tu veux, c'est de la drogue, c'est pas bien, c'est mauvais. On a tout mis dans le même panier et on n'a pas cherché à réfléchir. Et là, on se retrouve 70 ans plus tard dans cette situation où on est là à se retrouver à parler, limite tourner en rond sur un truc où on est tous d'accord. Il faut réfléchir deux secondes. Je pense qu'il y a une fracture générationnelle déjà.

Après tout résoudre comme tu l'as fait, moi je ne suis pas d'accord parce qu'il y a plein de pays aujourd'hui qui sont très loin des Etats-Unis qui sont même plutôt contre, je pense à tous les pays de la péninsule arabique, etc. Qui eux interdisent l'alcool. Les pays arabiques, c'est différent. La Thaïlande aussi où on peut risquer jusqu'à 30 ans de prison. La Thaïlande, c'est légal. Ça dépend où. La Thaïlande, on peut se balader avec un kilo de bœuf sur un scooter, il n'y a pas de problème. Non, il y a des endroits en Thaïlande où à l'inverse, c'est... Ok, ça je ne savais pas.

Mais du coup, cet imaginaire, je te laisse développer pour le coup là-dessus, cet imaginaire autour du fumeur, autour des gens qui fument et tout, on a quand même toujours aujourd'hui... Tout à fait. Il y a deux imaginaires qui reviennent le plus et je vais les dire en citant des rappeurs, mais il y a l'imaginaire posé à la Caballero et Jean Jass et il y a l'imaginaire un peu plus hardcore street à la Niño. Et quels sont les autres imaginaires ? Parce qu'il y a aussi comme on disait le père de famille... Bah t'as les hachichins ou la mère de famille.

T'as Charles Baudelaire qui dans je ne sais plus quelle année avec le club des hachichins sur l'île Saint-Louis où ils se réunissaient autour de hachiches, de pipes de haches pour écrire des poésies, écrire des trucs comme ça. Tu vois, t'as aussi cette image littéraire du fumeur de cannabis, t'as cette image du sportif. T'as des grands coureurs de marathons qui consomment du cannabis avant en vaporisation pour ouvrir leur bronche, des trucs comme ça. Dans tous les domaines. La drogue, si on prend l'Empire britannique voilà, si on remonte dans le temps, la drogue, ça a toujours été là, ça altère les consciences.

Je dirais pas que ça libère l'esprit parce qu'il y a plein d'autres moyens de se libérer l'esprit que de prendre de la drogue. Mais en tout cas, ça altère. Voilà, ça altère les gens. Il y a une forme de perte de contrôle des individus sur eux-mêmes et donc des forces publiques sur les individus. La drogue, c'est un fait politique. C'est un fait social. C'est super intéressant ce que tu dis. C'est justement la question de la représentation qu'on a des fumeurs en tant qu'individu ou en tant que collectif. Tout à fait. Alors moi, cette représentation, j'avoue que je ne comprends pas d'où elle vient de par mon vécu.

Mais c'est vrai que moi, si je prends l'exemple de mes parents qui ont un peu plus de 60 ans, voilà, pour eux, c'était, quand ils ont su que je fumais, ils n'ont rien compris. Ils n'ont pas compris. Ils s'en disent, c'est pas la typologie de personne habituelle. C'est bizarre. Ouais, voilà, c'était à tel point que je pense qu'ils n'ont eu aucun moyen d'action dessus tellement ils ne comprenaient pas. Parce que pour eux, c'est soit le Rastaquare, soit le mec de cité. Donc voilà, malheureusement, c'est un peu toujours ça aujourd'hui.

Et c'est pour ça que je disais que je trouve que les consommateurs eux-mêmes, enfin, pas les consommateurs, la partie visible des consommateurs, elle ne se rend pas service et elle ne rend pas service à tous les gens qui veulent juste fumer de temps en temps parce que c'est agréable. Mais après, je trouve qu'il y a de moins en moins cette image de... De moins en moins, ça va prendre du temps. Moi, je pense qu'on va y arriver. On va y arriver. Et que l'Allemagne est légalisée, c'est une très bonne nouvelle.

C'est qu'il y a aussi peut-être, pour rebondir ce que tu disais, Ryan, il y a aussi peut-être une statistique qui peut aller dans le sens de ce que tu racontes du changement d'imaginaire qui est qu'entre les années 90 et aujourd'hui, on est passé d'une moyenne d'âge de fumeurs de 25 ans à 32 ans. Oui. Donc les fumeurs vieillissent aussi. Ils vieillissent et ils gagnent en pouvoir d'achat. Et ils deviennent, ils vont devenir petit à petit le cœur des cibles électorales. Et je pense que ça va bouger en même temps. Oui, ça va changer. Les jeunes, ils fument, mais ils votent pas. C'est vrai qu'on a une espèce de changement de cycle.

Je ne sais pas, on voit que même les politiques actuelles et tout, ça commence à être des gens de notre âge, des jeunes et tout. Je pense qu'ils vont plus se pencher là-dessus et de manière plus ouverte. Parler d'homosexualité, il y a 30 ou 40 ans. Oui, c'était impossible. Je pense qu'on se serait heurté au même truc des représentations complètement fantasques. Aujourd'hui, le mariage, il est légal. On n'en parle même plus. On n'en parle même pas. C'est pas un sujet. C'est pas un sujet. C'est comme le cannabis, ça ne devrait pas être un sujet. Sauf sur certains trucs. Vous faites un parallèle entre les deux sociétalement ?

Parce que c'est vrai que dans la campagne de François Hollande, les deux sujets avaient été brandis à peu près dans la même catégorie. Alors, je ne les comparerais pas tel quel, mais je trouve que on a beaucoup parlé de représentation, etc. Et pour moi, le mécanisme, c'est le même. C'est-à-dire qu'on a un comportement que la plupart des gens jugent et ne comprennent pas et à force de le médiatiser, merci le crayon, on va travailler les représentations des gens et tout viendra... Moi, je suis plutôt un optimiste. Ça n'a pas toujours été le cas quand je fumais. Maintenant, je suis un optimiste. Très bien.

Et je pense que les choses vont dans le bon sens et on va arriver un jour à avoir un rapport apaisé à ça, bien sûr. J'ai une petite question rapide avant de passer au dernier grand thème. C'est la question du cannabis qui est un chemin vers d'autres drogues. Ça, c'est faux. Ça a été prouvé. Au-delà du fait que ça a été prouvé, j'aimerais que vous parliez pour le coup de votre expérience personnelle. Vous avez tous les deux dit que vous aviez déjà consommé d'autres drogues dures. Je ne vous demande même pas de vous épancher là-dessus. Mais est-ce que pour vous, ça a été un chemin, le cannabis, une porte d'entrée vers ça ou est-ce que c'est vraiment deux choses distinctes dans vos vies ?

Complètement distinctes. Alors, moi, je dirais qu'il y avait une porte, que quelque chose a défoncé la porte, mais ce n'est pas le cannabis, c'est moi. Oui, globalement, moi, c'est pareil. Il y avait déjà le cannabis, mais je ne pense pas que ce soit le cannabis qui m'est fait. Parce qu'en soi, l'effet du cannabis et l'effet des autres trucs, il n'y a rien à voir. Là où je mettrais quand même, où j'apporterais quelque chose, c'est que le milieu social que j'ai commencé à côtoyer en fumant de cannabis m'a plus facilement donné accès à d'autres drogues parce que c'est des gens à la marge et qui ont... Après, voilà, moi, je vivais en campagne.

Je pense qu'on vit à Paris ou dans une grande ville, c'est peut-être différent. Mais voilà, je pense que... Et c'est un gros point de mon expérience aussi, c'est de dire que, en fait, la consommation de cannabis m'a fait rentrer dans un cercle social où il y avait d'autres possibles. Effectivement. De là à dire que j'ai fumé un joint et le lendemain, je prenais de la drogue dure, ce n'est pas ça du tout qui s'est passé. Le chemin est beaucoup plus complexe et encore une fois, c'est toujours par rapport à l'individu. Et encore une fois, si on laisse les gens à la marge, ils vont avoir des comportements de gens à la marge. C'est normal. C'est normal. Sinon, on ne s'occupe pas de toi.

Tu vas tout faire pour qu'on s'occupe de toi. Je ne le traduirai pas comme ça, mais... Les gens ont besoin d'intention aussi, je pense. C'est un autre sujet. Ouais, voilà. Pour le coup, rapidement, ça m'intéresse que tu élabores un peu là-dessus. Est-ce que pour toi, dans le fait de fumer encore plus quand on est jeune, il y a une forme d'une manière ou de s'exprimer ou de se faire remarquer ?

En vrai, je pense pour un jeune qui a une personnalité très polie, entre guillemets polie, je veux dire, voilà, polie comme ça, qui veut, entre guillemets, aussi rentrer, ouais, voilà, dans certains cercles de mecs un peu cools, des trucs comme ça, il va peut-être, voilà, consommer du cannabis, ça va le mettre un peu outsider, il va se dire, les gens vont peut-être s'intéresser à moi, non, non, non, mais dans un schéma où c'est légal, à l'adolescence, à l'adolescence, ça joue. Si on parle à un adulte, un serré dans la société, etc., ça marche plus.

Le dernier grand volet que je voulais ouvrir, c'est le volet de la santé mentale, parce que ça a été, pour le coup, prouvé aussi que le cannabis était un révélateur de problèmes psychologiques, notamment la schizophrénie, mais aussi les états dépressifs et tout. Je sais que c'est aussi ce que tu as vécu, Morin, et ce que tu nous racontes courageusement. J'aimerais qu'on développe un peu cet aspect-là, parce que, pour le coup, j'ai l'impression que d'un point de vue de la santé publique, c'est probablement le plus gros danger. Effectivement, moi, en termes de santé mentale, le cannabis ne m'a pas aidé du tout. Après, il faut faire attention aux corrélations.

C'est-à-dire que, est-ce que c'est le cannabis qui rend les gens, enfin, qui fragilise la santé mentale, ou est-ce que c'est la fragilité en santé mentale des gens qui les mènent au cannabis ? Je pense qu'il y a un peu des deux, mais effectivement, ce n'est pas un produit magique, et c'est pour ça que, moi, je reste sur ce que je pense. C'est une drogue, ça a un effet sur ton cerveau, et les effets sur le cerveau, le cerveau n'en a qu'un. Il faut être prudent. Donc, moi, je n'ai pas de gros soucis de santé mentale. Je n'en ai jamais eu vraiment des gros non plus, enfin, même jamais. Mais, c'est une vigilance à avoir, et c'est quelque chose qu'il faut être parlé aussi.

Et c'est pour ça qu'une consommation de cannabis, sur la première question, est-ce que mes enfants fument ? S'ils me disent, papa, j'ai fumé trois fois dans la dernière année, je m'en fous. Si je sais que mon fils, il a des fragilités, il est en échec scolaire, il fume cinq fois par semaine. Là, je ne suis pas OK. S'il me dit, j'ai fumé trois fois dans l'année, écoute, j'espère que tu fiches. Oui, c'est ça. Non, mais là, je vais te rejoindre à moitié, entre guillemets, où moi aussi, je suis passé par des problèmes, entre guillemets, un peu de santé mentale, on va dire. Mais c'était vraiment dû à la prohibition.

Tu vois, genre, quand j'allais au lycée et tout, que je fumais mon pilon et tout, je ne suis pas d'accord. J'étais hyper anxieux, hyper parano, et c'était parce que j'avais peur de me faire contrôler. Mais attends, mais c'est des effets notoires du cannabis, ça. Pourquoi pas quand je suis chez moi ? Quand j'étais chez moi, jamais. Mais l'anxiété sociale, voilà. Oui, mais de la police, pas des gens. Juste de la police. C'est tout. Donc, pour moi, c'est la situation qui a créé ça. Et avec le temps, j'ai compris que, en vrai, c'était assez chill. Voilà, si tu n'es pas un mec qui casse des vitres en même temps, tu peux fumer ton joint. Les flics, ils ne vont pas te faire chier normalement. Oui,

57:17
Locuteur non identifié

mais tu aurais trouvé normal qu'un de tes camarades de classe

57:20
Invité

ou un de tes potes s'enfile un flasque de vodka ou de whisky avant d'aller en cours, par exemple ? Ben non, parce que les effets ne sont pas pareils du tout. Moi, j'allais en cours sous pilon et je suivais mon cours totalement normalement. Je prenais mes notes, je n'avais pas de problème. Il y a un mec qui vient sous flash, ce n'est pas pareil tout de suite. Je pense. Moi, je ne fais pas de différence. Moi, de l'alcool, j'ai beaucoup de mal. Je diabolise beaucoup de l'alcool. Mais c'est pour ça que je suis là, mais c'est pour ça qu'on est là. C'est vrai. Après, quand je dis diaboliser, ce n'est pas diaboliser, mais faire se rendre compte aux gens que ce n'est pas aussi anodin que ça.

Là, ce qui est rageant en plus, c'est la différence de traitement entre les deux. C'est-à-dire que d'un côté, on a un ministre de l'agriculture qui nous dit que le vin n'est pas un alcool comme les autres et que l'alcool n'est pas une drogue comme les autres. Mais je n'ai jamais vu, à ma connaissance, malheureusement peut-être, un jeune qui sort de boîte de nuit et qui est sou parce qu'il a bu du Côte-du-Rhône, du Croce-Hermitage, du Bordeaux, des costières de Nîmes. Jamais. Je ne crois pas que le vin soit un alcool comme les autres. Et d'un autre côté, tu as un vieux pochon de weed dans ta chaussette, tu peux te retrouver en garde à vue. Oui, c'est réel.

Alors que tu es là, tu as le nez tout rouge, tu titubes et tu fais chier tout le monde. C'est un truc de fou. La dissonance, c'est réel. Je ne mets pas sur le même plan le cannabis, qui est une substance psychotrope, et la cigarette et l'alcool. En revanche, nous avons une politique qui est extrêmement forte, notamment sur le tabac. La majorité a eu le courage d'augmenter massivement le prix des paquets de cigarettes parce que le coût pour la société est absolument colossal. Ce sont des milliers de morts par an. Il en va de même pour l'alcool. Mais enfin, ce n'est pas le même type de substance, notamment sur les effets que ça peut avoir sur le cerveau des jeunes.

Et le mettre sur le même plan, ce serait, je crois, encore une fois, banaliser et faire passer cette substance pour une substance qui pourrait être, dans le fond, sans effet supplémentaire pour la société. Que toi, tu penses un jour arrêter ? Je voulais la poser. Ben moi, moi, perso, moi, perso, non. Parce que moi, ça me correspond totalement avec mon lifestyle. Ça ne m'empêche rien du tout. Et au contraire, ça m'aide. Ça m'aide. Moi, j'ai arrêté les anxiolytiques, j'ai arrêté le scénant, je prenais de la morphine tous les jours. J'ai arrêté tout ça grâce au cannabis. J'étais un zombie. Vraiment. Et ça m'a vraiment aidé. Mais il faut prendre conscience de sa consommation. C'est ça le truc.

Et plus globalement, est-ce que vous seriez rassuré si vous étiez dans un avion ou si vous aviez un président ou si vous aviez un chef d'entreprise qui ne fume pas pendant le service de travail mais fume chez lui sur le côté ? Ça ne vous poserait aucun problème. Je prends notamment l'exemple du pilote d'avion parce que c'est l'exemple peut-être le plus viscéral.

59:56
Locuteur

Pourquoi ?

59:56
Invité

S'il fait bien son travail, fais ce que tu veux, mec. Si on a les moyens médicaux, pharmacologiques et juridiques de s'assurer qu'au moment, comme avec l'alcool en fait, est-ce qu'au moment où il prend son poste, on est sûr qu'il n'y a pas d'effet psychoactif et qui délétère sur l'accomplissement de sa mission ? Je m'en fous. Après, un politique... Je prends l'exemple de Flight, le célèbre film avec Denzel Washington où il réussit à sauver un avion mais il est sous substance et donc du coup, on lui fait son procès alors que pour le coup, il est plutôt un héros à ce moment-là. Je n'ai pas le rêve, j'avoue, mais c'est intéressant de la façon.

Pour un politique, par exemple, tout à l'heure, je déconnais avec Macron qui fait main-joint à la chemise ouverte dans un coup de com qui sait très bien faire. Ça serait assez stylé. Alors, il y aurait du style. Ça me ferait rire intérieurement. Je dirais qu'en termes de société, ce n'est peut-être pas ce qu'on attend non plus. Mais pour rebondir sur ce que tu disais, par exemple, demain, je ne sais pas, tu prends du Xanax ou n'importe quel anxiolytique. De base, le commande du mortel n'est pas censé, par exemple, prendre le volant sous cette substance, mais tu vas voir ton médecin, il va discuter avec toi, voir dans quelle mesure que ça peut être possible.

Et si tu en as absolument besoin de cette molécule et que tu as absolument, par exemple, besoin de conduire aussi, on va te faire une dérogation. Et puis, voilà. On sait que c'est bon. Donc, voilà. En un mot, excellent, constructif. Voilà. On en arrive au même point en ayant des parcours différents, des façons de penser différentes, mais on arrive à la même conclusion, légalisation. Voilà. En tout cas, fumer un joint de temps en temps ou même chez... Enfin, fumer un joint de temps en temps n'altère pas à vie ton discernement, tes compétences, la personne que t'es. C'est comme boire une bière. Ça va pas te changer à vie.

On a une époque où on avait quand même des présidents qui se mettaient sous au salon de l'agriculture. Chirac, il y a des images de lui. La personne se posait des questions. Après, ça a joué dans sa légende. C'était plutôt agréable. On a soulevé des questions intéressantes. On a balayé un peu le sujet, je trouve. Je pense que dans la forme, on est d'accord sur pas mal de choses, notamment la légalisation. Je pense qu'on ne prend pas du tout les mêmes chemins. Le point de désaccord que j'aurai principal avec lui, c'est la représentation du produit quand il a dit que ce n'était pas une drogue. J'aimerais, si vous le souhaitez, que vous terminez chacun avec une question pour l'autre.

Est-ce que si un jour tu en ressens le besoin, est-ce que tu aurais peur de consommer ? Si demain, c'était légal. Je veux dire, demain, on légalise. Je ne sais pas. Tu vois que le marché a évolué, etc. Est-ce que tu dirais, bon, pourquoi pas ? Je ne vais pas dire reprendre une consommation régulière, mais refumer un jour parce que ça donne de temps en temps. C'est une question que je me pose souvent. Je ne dis pas que je ne refumerai jamais. En tout cas, ce que je sais, c'est qu'aujourd'hui, je n'en ai pas envie et je n'en ai pas besoin. En tout cas, je ne le ferai jamais sous une forme de besoin.

Je pense que je commence à me connaître assez pour savoir dans quel contexte je pourrais m'y autoriser. Je suis à le bout de la planète, je suis en soirée, je ne sais pas. C'est un truc très spécifique là. Je pourrais. Pourquoi pas ? Pourquoi pas ? C'est une question de condition. C'est vraiment une question de contexte parce que mes années d'addiction m'ont marqué quand même et pour rien au monde, j'y retournerai. Donc, je serai prudent toute ma vie. Très compréhensible. Je dis souvent à mes potes que je suis puni. Tu t'auto-punis, tu t'auto-disciplines. Et puis, je pense que j'ai fumé pour une vie. C'est bon. Si on avait un quota, je l'ai défoncé. Parfait, c'est ce qu'on veut.

Est-ce que ça te semble possible pour toi d'arrêter aujourd'hui le cannabis ? Non, je ne pourrais pas parce que ça ferait que je devrais reprendre certains médicaments, certaines substances et je ne veux pas me retrouver comme ça à devoir arrêter ces substances où c'est très très dur. Je vais terminer par une question plus à la blague qu'autre chose mais bon, ça fait plaisir. Peut-on écouter du reggae sans fumer du cannabis ? Impossible. Non, c'est une blague. J'ai beaucoup fumé du cannabis et je n'ai jamais pu aimer le reggae. Par le monde aussi. J'aime bien, c'est marrant. J'espère que ce débat vous a plu.

Il y en a plein d'autres de disponibles sur la chaîne si ça vous tente d'en mettre un nouveau et puis on se retrouve très bientôt pour de nouvelles vidéos. N'oubliez pas évidemment de vous abonner, de liker et de commenter. C'est le plus important pour soutenir notre travail. On se retrouve très bientôt sur le crayon. Ciao !

1:04:09
Locuteur

Ciao !