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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 14 février 2019 166 minContradictoireActualité / polémiqueSantéAgriculture & alimentationÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Grand Débat avec les maires de l’Indre

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 48 %Attaque 30 %Défensif 22 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Quels sont les principaux sujets que vous souhaitez aborder aujourd'hui ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Comment analysez-vous la fracture territoriale et sociale en France ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Quelles solutions proposez-vous pour les déserts médicaux ?

  • 12:00OuverteRéponse directe

    Quels sont les freins à la revitalisation des centres-villes ?

  • 15:00FerméeRéponse partielle

    Faut-il contraindre les jeunes médecins à exercer en zone rurale ?

  • 18:00OuverteRéponse directe

    Quelles sont vos propositions pour l'autonomie financière des communes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Locuteur 2Fait
    « Nous avons besoin de confiance et de reconnaissance. Aujourd'hui, la méconnaissance de notre travail engendre des jugements erronés. »
  • 4:00Locuteur 3Chiffre
    « Entre 2010 et 2017, 57 milliards d'euros. Et qui, de surcroît, pratiquent l'évasion fiscale. »
  • 5:00Locuteur 3Promesse
    « Il faut renouveler, me semble-t-il, et abonder le programme Tepcv, la Transition Energétique pour la Croissance Verte. 400 millions d'euros par an, et ce, sur plusieurs années. »
  • 6:00Locuteur 4Fait
    « On a boosté 12 000 lignes téléphoniques, il y a quelques années et puis nous sommes sur le très haut débit. Et dès l'année prochaine, 70 % de la population aura accès à la fibre et au très haut débit. »
  • 7:00Locuteur 4Chiffre
    « Pour avoir les 30 % supplémentaires, c'est 85 millions d'euros, en ce qui concerne l'Indre et le Cher. »
  • 8:00Locuteur 5Fait
    « Je souhaiterais vous démontrer, monsieur le Président, que l'on peut faire du développement économique de très haut niveau en zone rurale et que la ruralité est l'avenir de notre pays. »
  • 10:00Locuteur 7Fait
    « Je suis désolée de le dire. J'ai l'expérience des nouveaux contrats aidés, parcours emploi compétences. En tant que maire, j'ai voulu faire une bonne action : recruter des gens, on en avait besoin. »
  • 11:00Locuteur 8Fait
    « Nous allons aborder les élections municipales l'année prochaine. Pour retrouver des locomotives, des maires, il y aura pas beaucoup de soucis, je pense. Mais par contre, pour trouver des adjoints, des conseillers municipaux, il y aura beaucoup de problèmes. »
  • 12:00Locuteur 9Fait
    « Je pense que la transition énergétique est une chance pour nos territoires. Nous avons de l'espace : moins de 10 habitants au km2. Nous avons du soleil, nous avons de l'eau, nous avons du vent. »
  • 13:00Locuteur 10Chiffre
    « 1 750 emplois et 37 millions de retombées économiques. »
  • 14:00Locuteur 11Fait
    « On a créé des régions, des communautés de communes... Franchement, c'est des usines à gaz. On fait croire aux gens qu'on va faire des économies. »
  • 15:00Locuteur 12Fait
    « Il me manque un médecin. J'ai un pharmacien, un dentiste. Mais là, ce n'est pas mon propos. Mon propos, c'est le statut des élus. »
  • 16:00Locuteur 13Fait
    « On pourrait produire cette richesse sur le territoire. Par contre, nous avons multiples barrières, et on vous demande de les faire sauter, ces multiples barrières. »
  • 17:00Locuteur 14Chiffre
    « Le tourisme est une partie éminemment importante de l'économie française. Je vous donnerai seulement 2 chiffres pour le département : 1 750 emplois et 37 millions de retombées économiques. »
  • 0:15Locuteur 2Fait
    « En l'état actuel des choses, je ne serais pas responsable à dire : "On va rouvrir la maternité." »
  • 0:30Locuteur 2Fait
    « On a fermé trop de structures hospitalières, alors même qu'on a recréé des maisons pluridisciplinaires. »
  • 3:00Locuteur 2Chiffre
    « Le dernier semestre 2018, nous avons recréé de l'investissement et de l'emploi industriel. »
  • 5:30Locuteur 2Chiffre
    « La DGF de l'Indre, elle est les 203 euros par habitant. Au national, elle est 264 euros par habitant. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... -E.

Macron : Bien. Mesdames et messieurs les ministres, parlementaires, élus, maires, présidents, merci beaucoup. D'abord, je vous prie de m'excuser.

Le coupable est évidemment Vanik Berberian, parce que il m'avait vendu un parcours touristique de sa commune, et évidemment...

A chaque étape, les choses ont réservé de l'imprévu mais c'est le charme de vos communes et de votre vie au quotidien. Donc, pardon de vous avoir fait attendre, mais c'était une parenthèse enchantée, je dois le dire, que ce parcours à Gargilesse. En tout cas, je suis très heureux de pouvoir partager ce moment avec vous, qui sera suivi d'un moment plus convivial, avant que nous n'allions, ensuite, cet après-midi, évoquer les sujets économiques et sociaux des filières.

Parce que dans le cadre du grand débat, je souhaitais, en effet, avoir, dans chaque... chacune de nos régions, un échange privilégié avec les élus que sont les maires.

Alors il y a le grand débat, qui vit sa vie dans vos communes et qui est suivi en fonction d'ailleurs, de l'appétence de nos concitoyens, de leurs souhaits sur le terrain, comme par voie numérique. Les chiffres sont, à cet égard, impressionnants. Il a sa propre vie.

L'échange qui sera le nôtre, si je puis dire, est, lui, à part. Mais c'est pour moi très utile d'avoir, d'abord, des retours très directs des élus que vous êtes et donc vos préoccupations propres en tant qu'élus, et de manière extrêmement concrète, soit sur des sujets, je dirais, nationaux ou de fonctionnement de notre République, soit aussi sur des sujets plus locaux, régionaux. Et puis c'est aussi le moyen d'avoir, par votre truchement, le ressenti, le retour de beaucoup de nos concitoyens, et de porter aussi des causes, des sujets, qui sont au quotidien les leurs.

Donc je veux, si vous en êtes d'accord, que cet échange soit surtout la possibilité d'un débat libre, pour vous, de contributions, d'interpellations ou de questions. Je répondrai évidemment, à la fin de cet échange, aux questions, mais je veux aussi pouvoir me nourrir, m'inspirer de tout ce qui remontera. Voilà, je ne serai pas plus long.

Je suis surtout là pour vous entendre, avec les ministres, dont la régionale de l'étape, si je puis m'exprimer ainsi, chère Jacqueline. Mais merci, en tout cas, d'être là. Et merci à nouveau, monsieur le maire, pour votre accueil. -Merci, monsieur le Président.

Madame la ministre, madame, monsieur le préfet, monsieur le préfet de région, chers collègues. C'est un grand plaisir, monsieur le Président, de vous accueillir dans notre département de l'Indre. Vous étiez attendu.

L'accueil que vous avez reçu des habitants du village était sincère. Je pense qu'il peut être partagé par les habitants des autres communes de notre territoire. Et pourtant...

Et pourtant, il y a des choses à dire. Et donc quand on s'est réunis avec le président de l'AMI et quelques membres du conseil d'administration, il nous a semblé important que nous soyons en mesure de profiter de ce moment exceptionnel que vous nous donnez pour pouvoir dire les choses de manière très directe. L'Association des maires ruraux de France s'exprime depuis des années, en annonçant ce qui risquait de se passer.

Et aujourd'hui, on voit bien que, finalement, ce que nous avions annoncé se déroule, et nous ne sommes pas surpris. J'ai eu l'occasion de le dire : vous n'êtes pas responsable de ce qui se passe aujourd'hui. C'est pas une année et demie de votre gouvernance, ou peut-être 2, je sais plus... 2 bientôt ?

Je sais pas. -E. Macron : En mai. -C'est 30 ans...

J'ai jamais été bon en...

C'est 30 ans, 40 ans, où la fracture territoriale s'est aggravée, la fracture sociale aussi. Et quand vous additionnez ces 2 fractures et que vous ne trouvez pas de solution, il est normal et logique qu'il y ait une fracture de la crédibilité du discours public et politique. Et aujourd'hui, on est dans cette situation-là.

Je dis ça parce que vous n'êtes pas le seul responsable. C'est pas vous qui avez voté la loi NOTRe, c'est le gouvernement précédent. Pareil pour la loi Maptam.

Et l'esprit de cette loi, c'est pas le gouvernement de M. Hollande qui l'a concocté et défini, c'était dans le gouvernement précédent. Ca pose une question.

Ca pose une question de la capacité de l'élu à faire ce qu'il a envie de faire. Alors je vais dire les choses très clairement : quand vous avez des alternances politiques et que vous vous rendez compte que finalement, le produit dans la seringue est le même, ça veut dire qu'il y a quelqu'un qui est responsable. Et nous sommes tous coresponsables, parce que tous, à un moment ou un autre, on a exercé des responsabilités, mais il y a également l'Etat.

Et je vous avais déjà fait part de mon point de vue sur la situation et le rôle de l'Etat, dans la responsabilité qu'il a notamment dans l'écriture des textes. Il y a une confusion. Il y a... comment dire... un principe qui n'est pas bon.

C'est pas possible comme ça. L'exemple de l'eau et l'assainissement en est l'incarnation. Voilà.

Quand vous avez tous les élus et toutes les associations d'élus, de maires qui disent : "Il faut laisser le libre choix aux communes", et que, finalement, ça devient obligatoire, sans qu'il y ait véritablement de motifs, c'est qu'il y a quand même un problème, quoi ! Voilà. Je vais pas être très long, parce qu'on a pris beaucoup de temps sur la visite.

Mais M. Lecornu va nous présenter, d'après ce que j'ai compris, d'après le défilé, l'organisation de ce débat, le déroulé. Voilà.

Ca va être un défilé aussi, hein ! Avec une expression, qui est pour chacun, autour de 2 minutes. Et je vais vous le dire très clairement : 2 minutes, c'est pas possible.

C'est pas possible, il y a trop de choses à dire. Et l'exercice que nous allons faire maintenant peut être intéressant si, effectivement, d'abord, il y a...

On peut déborder. Enfin, je sais pas ce qu'en pense le maire de Déols. La séquence peut être utile si, effectivement, on se parle franchement et si les vrais problèmes sont posés et si des réponses sont données.

On a vu que les Français ont, de manière très, très forte, participé aux cahiers de doléances. On voit aussi que la grande consultation, qui se fait en ce moment, le grand débat, connaît chez nos concitoyens un engouement réel. J'ai remis au président de la République, tout à l'heure, une sacoche avec des dizaines de courriers que j'ai reçus.

Les gens, sachant que le Président venait à Gargilesse, m'ont écrit du département et d'ailleurs. Voilà. Des dossiers...

Avec des problématiques... bon... qu'on connaît les uns les autres.

Mais ça veut dire qu'il y a vraiment un besoin de dire les choses. Je voudrais dire un mot aussi de la présence d'André Laignel, ici, dans notre assemblée, parce que c'est quelque chose d'important. L'AMF, donc, est sur une position qui est très claire vis-à-vis du gouvernement.

Je crois qu'il est nécessaire qu'il y ait des clarifications. Et je le dis en tant que vice-président associé de l'AMF : je pense qu'il y a des clarifications qui sont à apporter, notamment en matière de dotation, en matière de finances, et puis, de manière générale, en matière de relations entre la commune et les intercommunalités. Merci, André, de ta présence parmi nous.

C'est important, encore une fois, parce que vous avez, ici, devant vous, monsieur le Président, un bout du pays qui a, au plus profond de lui-même, la passion de la commune. Tous ces gens qui sont là, moi, je les connais, ne comptent pas leur temps, ne comptent pas leur énergie, sont véritablement dans la démarche de l'intérêt général et jamais dans une position politicienne. J'ai parlé de l'Etat.

Je voudrais aussi parler de la dimension politicienne qui est un véritable boulet dans notre pays. Sincèrement, je le dis. Quand on en arrive à faire en sorte que ce qui pourrait être intéressant est mis de côté, parce qu'on a des petits calculs, c'est simplement plus supportable.

Et moi, et je termine là-dessus, quand vous avez annoncé votre candidature, avec l'ambition de faire de la politique différemment, j'étais tout à fait intéressé. Plus que ça : vraiment content. Je me disais : "Enfin, on va peut-être se débarrasser "de ces joutes politiciennes qui nous entravent." Et on nous avait annoncé un nouveau monde et, finalement, on se rend compte que le nouveau monde n'est pas si neuf que ça.

D'où la déception, d'où les gens dans le pays, qui, aujourd'hui, expriment leur mécontentement. Voilà. On n'a pas le droit à l'erreur, tous, ici, et au-delà.

Je veux dire : les élus, l'Etat, les responsables économiques, nos responsables associatifs...

Enfin, tous ceux qui sont impliqués dans la vie publique partagent cette responsabilité. Donc pour que... la séquence soit fructueuse, il faut aussi qu'il y ait des annonces, et notamment en matière de service public.

Voilà. Parce que finalement, on se rend compte...

Quand je dis que ça fait 30 ans qu'on vit la même chose...

J'ai l'impression que j'ai passé mes 30 ans de maire à me battre pour le maintien des trains à la gare d'Argenton, pour, etc., etc. Il y a quand même un problème.

Et le problème, il vient d'où ? Il vient du fait que le pays est déséquilibré, qu'il y a donc une aspiration des zones métropolitaines par rapport aux zones dites "rurales" qui fait qu'aujourd'hui, ce déséquilibre pose la question de la cohésion des territoires, madame la ministre. Voilà.

C'est sociétal, c'est historique. C'est pour ça que c'est compliqué. Et puis il y a des facteurs psychologiques, aussi.

Et nous, le souhait que nous avons, à l'Association des maires ruraux, c'est que la question de l'espace soit mieux considérée dans le principe général, qu'on ne compte pas uniquement la dimension des habitants, de l'unité des citoyens, mais aussi l'espace, parce que ces gens-là ne vivent pas en lévitation, ils vivent sur un territoire. J'ai oublié de saluer le président de la région. Tu m'excuses.

Voilà...

On est à un moment charnière où, effectivement, le rééquilibre entre l'urbain et le rural doit véritablement s'incarner dans des textes. J'ai dit que je serais court et j'ai encore une fois été long. (Rires) C'est terrible !

Monsieur le ministre... -Monsieur le maire, merci beaucoup pour ces mots d'accueil.

On va effectivement débuter les échanges. Madame la ministre, tu ne souhaites pas prendre la parole. Tu donnes ton temps de parole, c'est ça ?

Tu me faisais signe en me faisant "non". C'est pour ça... -Je vais juste citer George Sand.

Tu veux bien ? George Sand qui dit : "L'esprit cherche, "et c'est le coeur qui trouve." Je trouve que c'est une belle citation et que ça vous va bien.

Voilà. -C'est une très belle introduction. On va commencer les échanges avec Michel Blondeau, en tant que maire de l'Association...

Président de l'Association des maires, pardonnez-moi, de l'Indre. Les règles des 2 minutes, c'est pas pour enquiquiner le monde, c'est juste pour permettre à tout le monde de parler, puisque le président de la République a à coeur que tout le monde puisse s'exprimer ici. Donc c'est dans un souci de partage, qu'on introduit la règle des 2 minutes.

Donc, allez-y, monsieur le président, monsieur le maire de Déols. -Comme il a été long, je ne lui laisserai pas mon temps. Bien.

Donc, monsieur le Président, mesdames et messieurs les ministres, messieurs les présidents, vraiment, au nom des maires de l'Indre, je vous dis toute notre reconnaissance d'avoir choisi notre département. Et je vais essayer de parler en leur nom. D'abord, je voudrais parler aussi au nom du département de l'Indre, en disant que Gargilesse, c'est beau, mais que dans le département de l'Indre, il faut que les Françaises et les Français sachent qu'il y a plein d'atouts, qu'il y a plein d'intérêts à venir dans l'Indre.

N'est-ce pas, monsieur le président Descout ? Et vous avez pu entendre mes collègues qui ont vanté leur fromage, leur vin, leurs trucs. Et il y a un patrimoine exceptionnel.

Il faut venir dans l'Indre, et que la France le sache. Donc je vais m'exprimer au nom de mes collègues maires. L'Association des maires de l'Indre, c'est 232 adhérents sur 237 communes.

Donc très représentative. Et je vais leur laisser le soin de dire ce qu'ils ont à dire sur leur rôle, sur leurs attentes et sur ce qu'ils pensent et ce qu'ils attendent de vous en tant que maires. Je citerai simplement, de mon côté, quelques réflexions que j'ai notées dans les cahiers...

Pas dans les cahiers de doléances, mais dans les...

Dans ce que les Déolois m'ont envoyé, comme réflexions. J'ai distribué dans toutes les boîtes aux lettres votre questionnaire pour leur donner, à domicile, la possibilité d'y répondre. Alors je vais simplement vous lire quelques réflexions qui m'ont intéressé.

En voilà une : "Faire confiance aux municipalités "et renforcer le pouvoir des maires "qui sont au plus près des gens." Deuxièmement : "Je souhaite que les maires "aient beaucoup plus de pouvoirs. "Ce sont les élus du peuple, souvent choisis "pour leurs qualités, et pas nécessairement "pour leur couleur politique." Troisièmement : "Redonner aux maires leurs pouvoirs. "Ne pas supprimer les services dans les petites communes "ou villages." Quatrième : "Il faut sauver les maires. "Ils sont le lien social, en prise directe "avec les réalités du terrain." "Monsieur le Président, à l'issue de ce grand débat, "retenez donc" - c'est ce qu'on souhaiterait - "des mesures fortes en faveur des communes, "des maires et leurs conseillers municipaux. "Ils le méritent. "Vous aurez sur ce sujet une adhésion "très majoritaire et reconnaissante "de nos concitoyens." Je laisse les maires compléter ce que je viens de vous dire.

Monsieur le préfet nous avait demandé de faire remonter les principales préoccupations de nos concitoyens. J'ai choisi deux thèmes. Le premier thème, c'est la dépendance. "Le vieillissement de la population "a pour conséquence un nombre de plus en plus important "de personnes en situation de dépendance. "Malgré la volonté du conseil départemental "de favoriser le maintien à domicile "et de permettre les meilleures conditions d'hébergement "dans les Ehpad, nous constatons des situations dramatiques "et il convient de trouver des solutions en urgence. "Le manque de moyens, notamment en personnel dans les Ehpad, "entraîne des situations qui, dans certains établissements, "peuvent être considérées comme de la maltraitance "pour certains résidents. "Le maintien à domicile, qui est souhaitable "le plus longtemps possible, connaît ses limites, "faute de personnes accompagnantes, "surtout en milieu rural, "les statut et rémunération des aides n'étant pas à la hauteur "des prestations demandées et du temps passé en déplacement. "Il en est de même pour ce qui concerne les soins, "dû au nombre de professionnels de santé "- infirmiers, kinésithérapeutes, médecins - "très insuffisant pour faire face aux besoins. "Monsieur le président, il y a là, "des personnes en souffrance, du côté des personnes dépendantes "et du côté des professionnels. "Des décisions sont urgentes à prendre." Deuxième sujet : l'inclusion numérique. "Le second sujet qui préoccupe beaucoup nos habitants "est l'inclusion numérique. "En effet, on estime qu'au moins 20 % de la population "ne sait pas utiliser le numérique. "A cela, on peut ajouter les zones qui, dans l'Indre, "ne sont pas encore couvertes, soit par la téléphonie mobile "soit par le haut débit. "Monsieur le Président, tout va trop vite "dans ce domaine et le gros risque est de laisser "une partie de nos administrés au bord du chemin, "angoissés qu'ils sont déjà, face aux demandes administratives "et autres sollicitations. "L'Association des maires est prête, "dans la mesure de ses moyens, à contribuer à l'accompagnement "et à la formation des personnes en difficulté. "Monsieur le Président, je sollicite l'aide "du secrétaire d'Etat en charge du Numérique "pour nous aider à porter ce projet." Voilà les deux sujets que je voulais évoquer.

Maintenant, je laisse à mes collègues le fait de faire le reste. -Merci beaucoup, monsieur le président. On va entendre maintenant des maires des 4 arrondissements du département de l'Indre.

On va commencer, évidemment, par le maire de la ville préfecture, Gil Avérous. Cher Gil, tu as la parole pour 2 minutes. -G.

Avérous : Monsieur le Président, Châteauroux, ville-centre, 45 000 habitants. Une ville qui a souffert de restructurations successives, notamment industrielles, également militaires. On a perdu 1 000 militaires il y a 6 ans, maintenant.

Une ville qui a besoin de redynamiser son coeur de ville. Et avec le dispositif que vous avez mis en place, Action coeur de ville, on a, aujourd'hui, des moyens qui s'ouvrent pour ça. Je voulais d'ailleurs saluer cette politique qui est plutôt intelligente, dans le sens de ce qu'on faisait avant dans les quartiers politiques de la ville.

On a la même réflexion avec tous les partenaires autour de la table. Aujourd'hui, 2 difficultés sur ces programmes-là : les dotations. La dotation de soutien à l'investissement local, DSIL.

Au début, on nous l'a vendue comme bonifiée pour les villes qui étaient classées en action Coeur de ville. Aujourd'hui, on s'aperçoit que l'enveloppe, c'est la même, et qu'on flèche les crédits sur Action coeur de ville, mais qu'il n'y en a pas plus. On a l'impression qu'on nous a vendu quelque chose qu'on n'a pas.

Deuxième point qui peut freiner, et qui freine au quotidien nos projets de développement, notamment nos aménagements urbains, c'est les Architectes des bâtiments de France. Je vous le dis clairement : aujourd'hui, on est face à des fonctionnaires qui ont le droit de vie ou de mort sur les projets qu'on réalise. Et je dis bien de vie ou de mort, parce qu'en fonction de leur avis vous réalisez ou vous réalisez pas.

Quand c'est un projet public, c'est gênant. Quand c'est un projet privé, c'est encore pire. Moi, je suis déféré devant le tribunal, parce que sur l'aménagement de la place centrale, je vais planter 24 arbres au lieu de 28.

On a une différence d'appréciation sur 4 arbres. Il a saisi le procureur. Le procureur m'a envoyé une jolie lettre pour me dire que je serai responsable personnellement de ce problème.

Voilà. Ca, au quotidien, pour les élus - et mes collègues pourraient le dire -, c'est devenu insupportable, vraiment. (Applaudissements) Deuxième sujet : je vous disais "on souffre de restructuration".

On en a une, aujourd'hui, à laquelle on est confrontés, particulièrement André Laignel, à Issoudun, et moi, à Châteauroux, c'est l'avenir de l'AFPA, à la fois au niveau national...

Vous connaissez leurs difficultés. On a deux gros centres dans le département. J'ai fait une proposition : c'est qu'ici, à Châteauroux, dans le cadre de votre politique que je trouve bonne, d'ailleurs - celle sur le service national universel -, on puisse utiliser ce site AFPA pour installer un centre SNU.

On a travaillé le dossier avec le président de la région, François Bonneau, pour vous faire une proposition un peu particulière. C'est de colorer sur l'insertion ce site SNU, c'est-à-dire, d'accueillir ici des jeunes qui sont soit décrocheurs de l'Education nationale, soit sans projet d'insertion professionnelle, et du coup, d'utiliser tous les équipements qui sont sur ce site AFPA, pour leur faire découvrir les métiers. C'est un site qui est équipé d'une salle de code, de pistes de conduite, de lieux d'hébergement.

On a simplement besoin de votre décision. Je voulais saluer, d'ailleurs, le travail et l'écoute du ministre Gabriel Attal, avec lequel on a pu échanger, vraiment de manière très fructueuse. Voilà.

On a aujourd'hui l'équipement. Il faut une volonté et un interlocuteur au sein du gouvernement, pour en faire quelque chose de bien et donner une chance au personnel de l'AFPA d'avoir un avenir, et à nos jeunes de trouver, ici, une solution qui leur permette d'avancer dans leur parcours. Je ne serai pas beaucoup plus long.

J'ai peut-être dépassé les 2 minutes quand même, mais voilà...

Merci de votre écoute et merci de votre présence. -Merci à toi, Gil. On va rester dans l'arrondissement de Châteauroux, avec Jean Aufrère, maire d'Ecueillé, qui est juste derrière.

Allez-y, monsieur le maire. -J. Aufrère : Monsieur le Président, ma question portera sur les déserts médicaux. "L'Indre figure parmi les départements très touchés. "De nombreuses actions ont été menées "par le conseil départemental, avec l'attribution de bourses "et d'aides diverses, par les communes également, "qui ont procédé à la construction de nombreuses "maisons de santé, "avec des loyers fort intéressants pour les médecins "qui s'y installent. "Les résultats attendus, hélas, ne sont pas au rendez-vous. "Au contraire, "la situation se détériore dans notre département. "Il n'est pas acceptable que les habitants "de nos territoires ne trouvent plus de médecins. "Beaucoup, aujourd'hui, n'ont plus de médecin référent. "Monsieur le Président, ne pensez-vous pas qu'il est temps "d'obliger des jeunes médecins sortant de faculté "à venir exercer dans nos territoires ruraux "pendant quelques années ? "Après avoir découvert la qualité de vie de nos territoires "et des relations humaines qui y règnent, "nous sommes certains que nombre de praticiens "s'y installeraient durablement. "La santé est un domaine essentiel "dont l'Etat est responsable. "Nous, maires ruraux, comptons sur votre courage "pour remédier à ces inégalités entre Français." Merci. -Merci beaucoup, monsieur le maire.

On va changer d'arrondissement pour aller dans l'arrondissement du Blanc et laisser la parole à madame le maire du Blanc. -Merci. Monsieur le Président, comme mon collègue, je suis effectivement très sensibilisée aux problèmes de santé.

Mais, avant, je veux dire que la ville du Blanc est la ville pôle du parc naturel régional de la Brenne. C'est un territoire d'exception, avec un patrimoine naturel remarquable, avec des zones Natura 2000, des zones Znieff, avec, au minimum, 250 espèces d'oiseaux recensées. C'est vraiment un territoire d'exception.

Donc, il y a une qualité de vie sur ce territoire qui est remarquable. Nous oeuvrons en réseau, avec tous les élus du territoire du parc naturel régional de la Brenne, pour offrir des services au public pour la petite enfance, pour les personnes âgées, pour la culture...

Enfin, vraiment tous les domaines sont étudiés ensemble. Et grâce aux collectivités, à l'Etat, on a pu mettre pas mal de choses en place. On a réalisé, là, effectivement, une MSP, avec 23 professionnels à l'intérieur, qui vient d'ouvrir au mois de novembre.

Et tout ça grâce à la région, à l'Etat, à l'Europe, à la communauté de communes, à la commune du Blanc. Elle vient d'ouvrir. Et tout le projet s'est basé sur le fait de pouvoir renouveler les médecins qui étaient à l'intérieur, puisqu'ils se rapprochent, petit à petit, de la retraite.

Donc, c'est eux qui nous avaient demandé de mettre en place cette MSP. Il y a une vraie volonté, un vrai travail de tous les professionnels de santé du territoire, parce que c'est très varié, dans cette maison de santé. Il y a à la fois 8 médecins généralistes, il y a 2 dentistes, il y a des infirmières, des kinés, le CMPP, avec le Camsp, une sage-femme, un podologue...

Enfin, bon. Bref. Quelque chose d'intéressant : on a mis en place 2 studios pour accueillir des étudiants en médecine ou kiné ou autre.

Les médecins ont des agréments pour accueillir des stagiaires. Et tout ça, donc, repose pour nous, sur la présence de l'hôpital du Blanc. L'hôpital du Blanc qui est un hôpital de médecine, chirurgie, obstétrique.

Vous n'êtes pas sans savoir que, malheureusement, au mois de juin, la directrice de Châteauroux a demandé la suspension des accouchements de manière temporaire, pour l'été. Finalement, ça a été... définitif, sous prétexte que les plannings n'étaient pas complets, sous prétexte de sécurité.

Nous nous opposons fermement à cette vision des choses. Nous pensons qu'il n'y avait pas de problème de sécurité avant qu'il y ait fusion de l'hôpital du Blanc avec celui de Châteauroux. Il y avait des problèmes financiers, là, on est d'accord, comme partout.

Mais il n'y avait pas de problème de planning. Les plannings ont toujours été complets. Il y a toujours eu la permanence des soins, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Donc ça, ça n'était pas contestable. La maternité du Blanc était reconnue pour la qualité de son accueil, pour les soins qui étaient donnés. C'était, pour les femmes, un vrai moment de bonheur, que la naissance de leur enfant dans ces conditions.

Donc c'est un vrai drame, vraiment, une vraie blessure pour le territoire, que d'avoir cette maternité fermée. D'autant plus que nous sommes situés à 60 minutes minimum d'une autre maternité, que ce soit Châtellerault, Poitiers ou Châteauroux. Donc c'est un vrai problème, parce que les femmes se retrouvent dans des situations dangereuses, à devoir faire ce temps de trajet pour accoucher sur des routes qui ne sont pas de l'autoroute.

Ce sont des routes de campagne avec du gibier qui traverse la nuit, avec des problèmes divers et variés. A 80 km/h, en plus...

Mais en plus, on a le souci...

Votre ministre de la Santé nous a dit : "Oui, va mettre en place des moyens de transport", mais la réalité est tout à fait différente. Moi, j'ai plusieurs exemples où, effectivement, les familles ont appelé le SAMU. On leur a dit : "Ah, oui, non.

Il faut venir à Châteauroux "mais j'ai pas d'ambulance avant 40 minutes. "Il vaudrait mieux que vous veniez tout seul." Ou au contraire, on arrive à les emmener, mais par contre, pour revenir, il faut qu'ils se débrouillent pour revenir seuls.

Donc c'est un vrai problème. Donc la santé, pour moi, c'est un problème pour tous. On a droit...

Tous nos territoires ruraux, nous qui sommes ici, nous avons besoin d'un égal accès aux soins. Et je pense qu'il est indispensable que les habitants du territoire de santé du Blanc qui regroupe 60 000 habitants...

Parce que c'est le territoire du Blanc, mais c'est aussi toute une partie de la Vienne qui est proche du Blanc, et qui venait donc à la maternité du Blanc. Et donc je pense qu'il est absolument indispensable de revoir ce problème, de retrouver une solution, pour recréer une maternité sur le Blanc, parce que c'est indispensable pour le territoire. Les habitants du territoire sont vraiment traumatisés, et vraiment, ne comprennent pas qu'on les délaisse à ce point-là.

Voilà. J'attends une réponse en ce sens de votre part. Merci, monsieur le Président. -Merci beaucoup, madame le maire.

On va laisser la parole à Jean-Louis Camus, maire de Mézières-en-Brenne. Allez-y, monsieur le maire. Vous avez la parole. -J.-L.

Camus : il faut que je trouve le bon papier. J'ai préparé tellement de questions, monsieur le Président. Je vais laisser tout ce qui est DGF et autres.

J'ai préparé un autre papier, beaucoup plus direct. "Très honoré, tout d'abord, de vous adresser la parole. "Elu depuis 1977, maire depuis 1983, "j'ai tout mis en oeuvre pour maintenir notre monde rural. "Nous avons, avec mon équipe, à force de volonté et de travail, "projet après projet, préservé la qualité de vie "dans nos communes rurales. "Précurseur de l'aménagement du territoire, "avec la création du parc naturel régional de la Brenne, "d'une réserve naturelle nationale, Chérine, "d'une maison de santé pluridisciplinaire, "la première équipée en télémédecine, "aujourd'hui, j'attends 2 médecins "pour remplacer 2 médecins "qui viennent de partir à la retraite. "Avec une première Maison de services au public, "récompensée au niveau national", Vanik, "l'année dernière, "Maison de services au public, Brenne box, "qui est un centre de coworking..." Merci au président de la région de nous avoir soutenus sur ce projet. "Télétravail, bien sûr, "avec prochainement, la création de 2 entreprises, "due à 2 télétravailleurs qui sont venus bosser à Brenne box. "Nous avons la volonté, avec l'arrivée "de la fibre optique, que nous cofinançons, "d'aller plus loin. "Nous avons, Président, la volonté d'être "un territoire rural expérimental. "Avec notre participation aux appels à projets en cours "sur la production et l'usage de l'hydrogène "et sur l'expérimentation d'un véhicule autonome "pour la ruralité. "Parce qu'enfin, ces projets ne sont pas réservés au monde "et qu'au monde urbain. "Nous avons besoin, plus que jamais, en ruralité, "de réponses à nos problèmes de distance "pour tous les actes de la vie. "Le monde rural veut vivre, monsieur le Président. "Il y a de la volonté, il y a de l'intelligence, "il y a une qualité de vie enrichie par la diversité "de notre patrimoine naturel. "Tout cela ne demande qu'à être boosté "par la reconnaissance et le soutien financier "indispensables à la reconquête "des territoires ruraux qui font la France. "Car oui, monsieur le Président, je reste persuadé "qu'un jour ou l'autre, le rat des villes "aura besoin du petit rat des champs." -Merci beaucoup, monsieur le maire.

On laisse la parole à Philippe Gourlay, maire de Roussines. Allez-y, monsieur le maire. -P.

Gourlay : Bonjour, monsieur le Président. "Je suis maire de Roussines, un petit village de 370 habitants. "Et je suis également président de la communauté de communes, "Marche occitane-Val d'Anglin. "Donc 17 communes, 7 500 habitants. "15 habitants au kilomètre carré. "Cette communauté de communes comprend également "Saint-Benoît-du-Sault, l'autre plus beau village de France "département de l'Indre." Après Gargilesse, bien sûr ! "Notre communauté de communes travaille, bien évidemment, "l'attractivité de son territoire. "Faute d'activités industrielles "importantes, développer le tourisme est depuis longtemps "le choix des élus.

Nous sommes encouragés en cela, "par l'intérêt de nos paysages magnifiquement entretenus "par nos agriculteurs. "Plusieurs festivals et projets touristiques sont proposés "aux touristes. Un projet culturel est actuellement "en cours d'élaboration, conditionné par la réhabilitation "du prieuré de Saint-Benoît-du-Sault. "Nous sommes également inscrits dans 2 destinations touristiques "de renommée internationale. "La 1re destination : Brenne, qui est un produit "de tourisme vert dans le parc naturel précédemment cité. "La 2e : la Vallée des peintres, entre Berry et Limousin. "Tourisme culturel et artistique, "sur le thème des impressionnistes. "Je vous citerai, par exemple, Claude Monet qui est venu peindre "la vallée de la Creuse, non loin d'ici. "Il y a produit près de 23 tableaux. "D'ailleurs une exposition a lieu actuellement, "à l'atelier Grognard, à Rueil-Malmaison, "avec de nombreux tableaux prêtés par l'Indre et la Creuse. "Notre problématique est la suivante, "monsieur le Président : comment concilier "développement touristique "et diminution des dessertes des gares, "permettant l'accès à nos territoires ? "S'ajoute à cela le cadre plus général de la dégradation "des services publics et de la baisse de la population. "D'ores et déjà, la moitié de nos compatriotes vivent en ville. "Bientôt, dans 15 ans, ce seront les 2 tiers. "Quel sera le destin des petites communes comme les nôtres, "perdues au milieu de ces étendues de plus en plus vides ? "Que faire de ces territoires exclus "des dynamiques métropolitaines ? "Enfin, j'ai envie, monsieur le Président, "de vous citer Erik Orsenna, qui, dans son livre 'Désir de villes', "nous dit : 'Rien n'a changé "'depuis l'origine de la démocratie. "'Elle est par nature fragile, toujours à réinventer, "'toujours inscrite dans un espace.

Si notre démocratie "'doit être refondée, et telle est bien la nécessité "'pour ceux qui refuseront toujours de céder aux séductions "'des dictatures, il faut d'abord choisir la géographie "'où il s'agira de la faire vivre. "'Sans oublier que, numérique aidant, "'le virtuel est lui aussi devenu espace, "'un espace de plus en plus réel.'" "En ce jour, monsieur le Président, "comment ne pas faire référence à la Saint-Valentin, "également charmante commune de l'Indre ? "Les beaux discours sont agréables à entendre. "Pourtant, ils ne sont pas toujours suffisants. "Il est toujours plus rassurant de recevoir des preuves d'amour. "Elles font du bien, elles permettent d'établir "la confiance et de renforcer le lien entre les partenaires. "Bref, monsieur le Président, soyons partenaires tous ensemble, "élus, services de l'Etat.

Et personnellement, "je reste à votre disposition et je vous remercie." -Merci, monsieur le maire. On va changer d'arrondissement, pour aller sur l'arrondissement de la Châtre, et on va laisser la parole à son maire, Patrick Judalet.

Allez-y, monsieur le maire. Vous avez la parole. -P.

Judalet : Bonjour, monsieur le Président. Je vais vous parler d'urbanisme. de centre ville, de centre bourg, puisque "selon un récent sondage réalisé par Ipsos "pour Villes de France, les habitants des petites villes "et des villes moyennes plébiscitent leurs communes "et leur manifestent un attachement très fort. "Pour eux, la ville idéale est une commune rurale, "voire une ville moyenne, c'est important. "Sachant que les politiques publiques "- ce sont les statistique qui le disent -, "favorisent de plus en plus les grandes villes "et les métropoles, "nos territoires deviennent peu attractifs "et nos habitants pointent le déclin des centres villes, "de nos centres villes et de nos centres bourgs. "Aujourd'hui, nous nous battons tous contre ce déclin "qui touche tous les domaines d'une ville. "On l'a dit : les services, les commerces, "déserts médicaux et également les aménagements urbains. "Le plan Dauge, en son temps, était un outil "qui concernait, dans un 1er temps, "17 villes expérimentales, dont la Châtre. "Puis le plan Action coeur de ville est arrivé, "et la Châtre, dont je suis maire, comme d'autres villes, "a disparu de la liste des 222 villes retenues. "Par ailleurs, monsieur le Président, "l'Etat nous demande à nous, maires, à nous, communes, "de nous recentrer, à travers le PLU ou le SCoT, "sur les centres villes et les centres bourgs, "pour proposer des terrains à construire, "afin de diminuer l'emprise foncière à construire "sur les zones agricoles, et c'est bien normal. "La Châtre, à travers son PLU, rend même "des terrains à construire pour libérer des espaces agricoles. "Et ce, quelle que soit la taille de la commune. "On le vit actuellement à travers les PLU", n'est-ce pas, François, "et le SCoT. "Monsieur le Président, comment satisfaire cette demande "quand on sait qu'un terrain à bâtir en centre ville "a un coût beaucoup plus important, "quand on sait que l'acquisition d'une propriété "en centre ville est plus coûteuse, "en centre-bourg, "parfois difficile à aménager, souvent située dans des secteurs "inscrits ou classés avec toutes les conséquences "que Gil évoquait tout à l'heure ? "Comment intéresser des investisseurs "ou des candidats repreneurs, des familles ? "Ni la loi Pinel, "qui est réservée aux grandes agglomérations, "ni la loi Malraux ne concernent ni n'intéressent "ce petit patrimoine bâti. "Le résultat est l'augmentation de la vacance, "dans nos communes, de ce patrimoine, "avec, rapidement, l'apparition de propriétés "en quasi état d'abandon. "On le voit en sillonnant tout le département, "dans nos centres villes, dans nos centres bourgs. "Les collectivités de notre taille "sont impuissantes à endiguer seules "ce phénomène car elles n'ont ni les moyens financiers, "malgré les aides du département, notamment, "ni l'ingénierie suffisante. "Pourtant, des projets sont présents. "Monsieur le Président, il faut nous aider "à sauver ses centres villes et ces centres bourgs, "nous aider à résorber la vacance de cet habitat, "à offrir à des investisseurs la possibilité de se réapproprier "ces secteurs, sauver notre territoire rural. "Peut-être..." Je vais proposer quelques idées et directions, si vous le permettez. "Peut-être qu'un guichet unique des services de l'Etat, "des dotations spécifiques, des mesures fiscales "pour les futurs acquéreurs et des ORT élargis", je crois que c'est un peu prévu dans la loi ELAN, "pourraient permettre à des habitants de vivre "dans leur ville préférée et de résorber "cette désertification. "En tout cas, monsieur le Président, "nous tous ici vivons au quotidien, "dans notre territoire rural "et je crois qu'on en est tous très fiers." Merci. -Merci, monsieur le maire.

On laisse la parole au président de votre communauté de communes, François Daugeron, qui est par ailleurs, maire de Sainte-Sévère-sur-Indre. -F. Daugeron : Bien.

Monsieur le Président. Donc, François Daugeron, maire de Sainte-Sévère-sur-Indre et président de la communauté de communes, la Châtre-Sainte-Sévère, 30 communes, 18 000 habitants. Je voudrais revenir juste sur ce qu'a dit en préambule le président Michel Blondeau, par rapport aux Ehpad et par rapport à l'aide à la personne.

Je suis président d'un Ehpad à Sainte-Sévère. 89 lits, plus de 65 employés. Et je voulais dire ô combien c'est difficile au quotidien, et notamment pour recruter.

Aujourd'hui, nous avons un vrai problème pour recruter du personnel. Alors nous sommes associatifs. Il faut le préciser.

C'est quelque chose de très concret. C'est une convention, la convention 51 qui est du 31 octobre 1951, et qui fait qu'on a des rémunérations qui sont plus faibles que le secteur public. Ca, ça nous forme une forme de concurrence.

Et je pense que c'est quelque chose qui pourrait évoluer, parce que ça va être très difficile de trouver du personnel et aussi d'aller sur la formation. La formation de ces personnels. Vous savez, c'est un engagement fort.

C'est un métier très exigeant. Et je vois au quotidien...

Ca frise, monsieur le Président, l'abnégation. C'est des gens qui travaillent beaucoup et qui sont près des résidents. Je voudrais évoquer aussi, toujours sur le même sujet...

J'ai un cas qui est très concret aussi. Aujourd'hui...

Nous allons faire des travaux. C'est important, voire conséquent, pour notre association. Et aujourd'hui, on pourrait faire 3 lits supplémentaires, 3 chambres supplémentaires.

Et on me dit, les services de l'ARS, notamment - nous sommes sous l'autorité de tutelle, donc du département et de l'ARS...

Mais l'ARS nous dit que dans le cadre du Priac, c'est pas possible, parce qu'il y a une dotation suffisante. Sauf que, monsieur le Président, quand il faut que j'explique à mes administrés qu'il faut qu'ils aillent à 110 km, souvent pour l'épouse ou l'époux, c'est pas simple, et notamment en termes de mobilité. Je voudrais évoquer, et ça aussi, ça en fait partie, parce que nous, c'est une économie importante en milieu rural, tout ce qui est aide à la personne...

Et je pense qu'il faudra aussi...

Parce qu'on voit bien qu'avec l'isolement, ça peut avoir ses limites, de garder les gens chez eux. Et donc pourquoi pas des structures intermédiaires ? Parce qu'on voit bien que les maisons de retraite se médicalisent de plus en plus, et les personnes rentrent de plus en plus âgées dans ces structures.

Je voudrais aller sur l'économie. L'économie, et quand on parle d'économie, systématiquement, nous n'allons pas forcément sur l'agriculture et l'élevage, alors que c'est une économie forte et ô combien forte chez nous parce que nous sommes en polyculture, ici. Et il faudrait vraiment valoriser l'élevage, notamment.

Vous savez, c'est des gens qui travaillent très dur, qui n'ont pas toujours des revenus en conséquence. Et il faut absolument qu'on travaille sur les filières, valoriser les produits. Ils font un grand travail là-dessus, sur la valorisation des produits, et puis aussi en amont et aussi en aval.

Et bien sûr, je n'oublierai pas la partie abattage aussi, qui doit être valorisée. Sujet très important. Je voudrais dire combien il nous faut des mesures incitatives pour l'industrie.

L'industrie. Il faut absolument qu'on mette du travail chez nous, que les entreprises viennent. Vous avez pu, ce matin, découvrir ce beau bocage.

N'est-ce pas ? O combien nous faisons tout, nous les élus, pour favoriser...

Et je salue tout le travail qui est fait, que ce soit du département, de la région, notamment dans le cadre de la fibre, de l'aménagement du territoire, pour que les entreprises viennent chez nous, avec des mesures très concrètes. Je sais qu'il y a la Banque des territoires qui existe. Je sais qu'il y a des dispositifs qui existent aussi, pour que les entreprises puissent être aidées, pour qu'on puisse retrouver de la population chez nous... -Merci, monsieur le maire. -F.

Daugeron : Excusez-moi, je suis un peu long... ...qui nous manque d'une manière cruciale.

Voilà. Je ne veux pas être plus long, mais l'économie, l'économie. Et je suis sûr que la ruralité a un grand avenir devant elle.

Je vous remercie pour votre écoute, monsieur le Président. -Merci, monsieur le maire. Tous vos collègues étaient en train de me regarder, donc je sentais qu'il fallait que je vous coupe la parole.

Et je m'en excuse. On va laisser la parole à Patrick Lambilliotte, maire de Saint-Août. Pour 2 minutes, monsieur le maire. -P.

Lambilliotte : Monsieur le Président, bonjour. Monsieur le ministre, n'ayez pas peur, vous n'aurez pas besoin de vérifier si votre micro marche bien. Je suis donc maire de la commune de Saint-Août.

C'est une commune de 860 habitants, sur une superficie de 5 500 hectares. Donc à l'est du département, dans la région naturelle du Boischaut Sud. Elle est située, ma commune, sur un axe routier, au centre d'un triangle, entre la Châtre, dont vous avez entendu le maire tout à l'heure, Issoudun...

Le maire, André Laignel, à qui je ne parlerai pas de finances, parce que je pense qu'il est bien plus professionnel que moi. Et ensuite, à 20 km également de Châteauroux, la commune de Gil. Nous avons comme particularité, chez nous, un marché de volailles qui est reconnu dans le département, voire au-delà, et qui attire plus de 3 000 personnes, l'été.

Donc c'est un gros marché, surtout lors des marchés animés, qui nous posent d'ailleurs des problèmes pour la sécurité. Nous n'avons pas les moyens de mettre des blocs de béton, etc., pour la sécurité des personnes, pour Vigipirate.

Nous avons dans notre commune...

Je vais vous parler un petit peu de ma commune, parce que les autres ont parlé au niveau industrie, au niveau économie, au niveau finance...

Moi, je pense plus à ma commune. Donc je vais être un petit peu...

Je vous prie de m'excuser, pour mes collègues mais j'ai bien... 2 minutes, oui.

Je vais parler un peu de ma commune. Nous avons une dizaine d'associations. Et heureusement qu'on a les associations, parce qu'on a besoin de nos bénévoles.

C'est les bénévoles qui nous font vivre un petit peu, qui animent un petit peu nos communes. Nous avons des commerces divers et variés. Nous avons une école maternelle, une école primaire.

Nous avons une Marpa, une maison d'accueil, une résidence pour l'autonomie. Nous avons une pharmacie, des infirmières et infirmiers, 2 kinés, un médecin. Donc vous voyez, nous ne sommes pas trop mal lotis.

On pourrait être mieux, bien entendu. Mon propos aurait pu être celui qu'on entend partout sur le pouvoir d'achat, sur les retraites, la mobilité, les taxes, la fibre, le téléphone qui marche pas...

Et ça, je fais confiance, pour la fibre, à Serge Descout, notre président départemental, et à Nicolas Forissier, notre député, qui se battent, justement, pour qu'on puisse... supprimer les 6 zones blanches.

Et pour venir de Saint-Août à Gargilesse, j'ai dû m'arrêter 3 fois pour pouvoir téléphoner. Je savais pas dans quel coin il fallait que je m'arrête. Ceci dit, moi, ma parole sera sur la désertification médicale, même si on en a déjà parlé 4 fois.

Ce sera la 5e fois, mais c'est pas grave. Quelquefois, il faut savoir remettre sans arrêt le coeur à l'ouvrage. Moi, je vous parlerai de la désertification médicale.

Moi, j'ai un médecin, comme je l'ai dit, Félix Akiyo, qu'on appelle dans la région Félix, parce qu'il est connu. Il a 75 ans, toujours bon pied, bon oeil. Bon oeil, il faut le dire vite, malheureusement.

Il commence vers 9 h, le matin, et il finit à 21 h. C'est le seul médecin dans un environnement d'environ 5 000 personnes, 5 000 habitants. C'est une catastrophe, monsieur le Président.

J'en ai quelquefois mal au coeur, de le voir partir travailler dans des conditions difficiles. Qu'il neige, qu'il vente, il va bosser. Samedi, dimanche, il est toujours présent.

La fois dernière, je l'ai vu avec une pantoufle au pied. "Qu'est-ce qui t'est arrivé, Félix ?" "Je me suis tordu la cheville en allant, à 3 h du matin, "voir un malade." 3 h du matin, c'est pas sérieux.

Et là, ça commence à être catastrophique, cette désertification. Donc le problème, c'est de trouver des médecins, de les attirer. Tous les plans successifs n'ont malheureusement rien donné.

Et vous n'en êtes pas responsable, puisque ça date de très longtemps. Je dirais 20 ans, 30 ans, parce que pour former un médecin, c'est pas à vous que je vais l'apprendre, ni à mes collègues, il faut au moins 10 ans. J'ai vu que dans votre plan Santé, que vous avez soumis hier et qui passe au Parlement, vous avez prévu de libérer le numerus clausus.

C'est bien, mais les résultats seront dans 10 ans. Pendant ce temps-là, on va encore attendre. On va toujours attendre !

Donc...

C'est facile de critiquer. Monsieur le président Hollande, auparavant, avait dit : "Sur mon quinquennat, il y aura 1 000 maisons de santé." On en est loin !

Nous, on en a créé une, avec la communauté de communes. Et j'en remercie le président et surtout M. Nicolas Forissier, député, qui ont lancé cette idée, de créer une maison de santé.

Donc j'ai tout, j'ai les éléments, mais c'est le médecin qui va me manquer à un certain moment. Avec le département, nous avons également réhabilité la poste pour faire 2 logements qui sont libres. Ils sont prêts, pour accueillir des médecins, prêts pour accueillir des jeunes, des étudiants.

Donc on a tout, on a tout. Alors, maintenant, il faut trouver une solution. J'essaye de ne pas passer les 2 minutes.

Je vais essayer de donner une solution qui n'a pas plu. J'en avais déjà parlé, en 2004, au président Pinton : la coercition. Je sais que quand je dis ce mot-là, je vais avoir plein de foudre.

Le lobby des médecins à l'Assemblée nationale - car moi, je vais commencer à le dire, maintenant -, il faut qu'ils arrêtent. Je pense que c'est bien, l'Assemblée nationale il faut des représentants, mais qu'ils n'oublient pas d'aller sur le terrain aussi. Et sur le terrain, au niveau médical.

Voilà. Donc il y a peut-être une solution, la coercition. Il faut conclure, monsieur le maire.

Oui, je vais conclure. Le conventionnement et le non-conventionnement. Donc pourquoi ?

Il faudrait peut-être déconventionner ceux qui vont toujours dans les mêmes coins, le long de la mer, pour bronzer, etc. Et puis dans nos communes, nous, eh bien... ils ne viennent pas.

Donc déconventionner ceux qui vont là. Et l'argent que vous avez gagné, vous le mettez pour le placement pour ceux qui viendront dans nos communes rurales. Voilà peut-être une piste.

Alors moi, ici, sur Saint-Août, j'ai posé mes valises dans cette belle région, et surtout dans cette commune, car à Saint-Août, il y à tout. On trouve de tout. C'est ce qu'on dit, chaque mardi, dans ma commune de Saint-Août. -Merci beaucoup, monsieur le maire.

On va aller dans l'arrondissement d'Issoudun et laisser la parole à son maire, André Laignel. Monsieur le ministre, vous avez la parole. -A.

Laignel : Merci. Monsieur le Président, heureux que nous nous voyons ici, dans l'Indre. J'allais dire un si beau jour, le jour de la Saint-Valentin.

Puisque nous sommes aussi le seul département où il y a un village de ce nom, proche d'Issoudun. Mais cela vous a déjà été dit. Nous ne doutons pas que vous allez dire votre flamme à la ruralité, aux maires.

Mais ce que nous voulons, c'est que tout cela aille beaucoup plus loin, et que nous passions aux actes. Je partage tout ce qui a été dit par ceux qui se sont exprimés précédemment. Je n'ai pas un point de désaccord sur ce qu'ils ont dit.

Je pourrais en rajouter, mais je ne veux pas m'exprimer en tant que maire d'Issoudun, monsieur le Président. Je vais m'exprimer au nom de l'Association des maires de France. Au nom de l'Association des maires de France, nous vous avons depuis longtemps dit les préoccupations qui étaient celle des maires, de l'ensemble des élus municipaux.

Et ce que vous entendez ne vous surprend pas. Vous le savez, vous le connaissez, et je le sais. Et donc c'est bien, que vous nous rencontriez, mais il y a un moment où la rencontre ne suffit plus, où il faut que nous ayons des réponses.

C'est vrai qu'après 18 mois de stigmatisation des maires...

Que n'avons-nous entendu ? Nous étions "trop nombreux", mes chers collègues. Nous étions "incompétents".

Nous étions "clientélistes". Ce sont des mots qui ont été employés par des membres de gouvernements, parfois par vous-même, monsieur le Président. Je crois que si la réunion d'aujourd'hui a un sens, comme celles qui l'ont précédée, avec d'autres maires, c'est d'avoir un autre dialogue.

Ou plutôt, enfin un véritable dialogue. C'est, bien entendu, des problèmes essentiels, qui préoccupent nos collègues. Ils n'ont pas évoqué les finances.

Nous avons des passes d'armes, actuellement, sur le sujet, me semble-t-il. Mais ça, c'est stérile. C'est stérile.

Moi, ce que je souhaite, c'est qu'on puisse se mettre autour de la table et qu'on compare. Oui, j'ai annoncé des chiffres. Je suis prêt à prouver que mes chiffres sont justes.

Oui, pour 2019, la DGF est stable, globalement, mais ça n'empêchera pas que 19 500 communes verront baisser leur dotation forfaitaire. Ce sont les chiffres de l'Etat. Ce sont pas les miens.

Je n'invente jamais un chiffre. C'est ça, la réalité. Mais vous avez été beaucoup plus subtils que le quinquennat précédent.

Mais comme vous en faisiez aussi partie, peut-être avez-vous appris. Et c'est vrai que vous n'attaquez pas directement la DGF. Mais ce sont les crédits à destination des territoires qui eux, sont gravement touchés.

J'ai fait les comptes, et je suis prêt à les confronter avec tous les ministres que vous voudrez bien mettre en face de moi. Sur l'année 2018, ce sont plus de 3 milliards de crédits destinés aux territoires, non pas de crédits aux communes, mais de crédits destinés aux territoires...

Parfois directement aux communes. Je pense bien entendu à la réfaction des crédits sur le logement : considérable. Plus de 800 millions en 2 années.

Je pense bien entendu aux emplois aidés, mais je pense aussi qu'il y a des baisses. Et pas "je pense" : je prouve. Ce sont les chiffres des lois de finances.

Par exemple, sur l'investissement, dont on nous dit que les crédits n'auraient pas baissé. La DETR et a été stable mais la DSI, elle a baissé en 2018 et baisse en 2019. Ce sont les chiffres de la loi de finances, monsieur le Président.

Voilà quelques réalités. A cela, j'ajoute que les vraies préoccupations sont celles de la libre administration des communes. Vous avez dit, je reprends vos propos, qu'il fallait aller vers l'autonomie financière et fiscale.

Chez les dates, chez les lieux. Eh bien nous vous prenons au mot. Mettons-nous autour d'une table pour définir ce que peut être l'autonomie financière et fiscale.

Vous avez dit : "La taxe d'habitation sera compensée intégralement, "et dans la durée." Le CFL a fait des propositions. L'Association des maires de France, des départements de France et des régions de France les ont reprises à leur compte.

Ces propositions, elles peuvent être discutées. Est-il raisonnable de les qualifier d'absurdes ? Si, monsieur le Président.

Vous, à Autun. J'ai l'in extenso. Alors c'est que l'in extenso de l'Elysée n'est pas juste.

Si, si, je confirme. -E. Macron : Je n'ai jamais dit...

Je répondrai après à tout. Je n'ai jamais dit des maires qu'ils étaient trop nombreux ou incompétents ou clientélistes. -A.

Laignel : Clientélistes, si. -E. Macron : Non, non. -A.

Laignel : Je suis désolé. Je vous enverrai les dates. E.

Macron : Je suis très preneur. Je répondrai sur les chiffres. A Autun ?

Si j'ai parlé d'une réforme, c'est celle de la DGF... -A.

Laignel : Je vais y venir. Pardon, mes chers collègues, mais je suis un peu débordé, là. -E.

Macron : Je n'ai absolument pas parlé des propositions qui sont faites. Je suis très preneur que vous formuliez maintenant la proposition que vous faites sur l'autonomie financière des communes, en remplacement de la TH. Si vous pouvez me le dire, je suis très preneur. -A.

Laignel : C'est connu. Je rappelle que ça a été voté à l'unanimité par le comité des finances locales. Et pour ceux qui nous écoutent, je rappelle que le comité des finances locales, c'est l'ensemble de l'échiquier politique. -E.

Macron : C'est une exonération à perpétuité. -A. Laignel : Non, ce n'est pas une exonération.

Et c'est là, que vous avez commis une petite méprise. Non, c'est le dégrèvement. Ce qui, juridiquement, n'a strictement rien à voir.

Vous avez même ajouté que c'était...

Et c'est là que vous avez dit que c'était absurde. ...que ça entraînerait le fait que quand les élus augmenteraient leurs taux, c'est l'Etat qui paieraient, ce qui est erroné. -E.

Macron : Donc est-ce qu'on peut juste, pour parler de la même chose...

Vous me disiez "la proposition finale". Puisque vous n'êtes pas sans estimer qu'à un moment donné, la position de l'AMF était le transfert de la taxe foncière. -A.

Laignel : Et ça a changé, ça a évolué. -E. Macron : La proposition finale, finale ? -A.

Laignel : Je vous dis que c'est le dégrèvement, ce qui est le seul moyen de garantir la dette dans la durée, la compensation de la suppression de la taxe d'habitation, et y compris de garantir son évolutivité, et de garantir la liberté de nos collègues. Car dans le cas de dégrèvement, ils peuvent, bien entendu, continuer à augmenter les taux, en en prenant la totale responsabilité vis-à-vis de leurs concitoyens. Je vais m'arrêter là, car ça serait trop long.

Mais je vais terminer d'un mot : nous vous avons écrit, François Baroin et moi-même, il y a de cela un peu plus 2 mois, à la suite du Congrès des maires de France et sur le mandat du Congrès des maires de France. Nous vous avons demandé, dans ce courrier, l'ouverture d'un véritable dialogue, d'une négociation. Et nous vous avons cité 7 points précis.

Je ne les reprendrai pas un par un. Mais comme nous n'avons pas eu de réponse et que je ne peux pas penser un seul instant que le dédain l'emporterait sur le dialogue, je vais à nouveau, monsieur le Président, vous remettre ce courrier. Là, je suis sûr qu'il sera arrivé au bon endroit. -E.Macron : Comme j'ai reçu François Baroin, vous n'êtes pas sans le savoir, nous avons eu la discussion sur ces points. -Merci beaucoup, monsieur le ministre.

On va laisser la parole à Nicole Sauget, maire de Giroux, dans votre arrondissement d'Issoudun. -N. Sauget : "Monsieur le Président, "je suis maire d'une commune de 120 habitants, "de Giroux, les Giraldiens, donc. "Jusqu'en 2017, notre commune faisait partie de la communauté "de communes du canton de Vatan. "Taille familiale de 4 800 habitants, "qui regroupait 14 communes "une des 1res communautés de communes du département, "avec, comme base de départ, un Sivom qui avait été constitué "pour la création et la gestion d'une piscine en 1974. "Eh oui, 1974. "La volonté des maires de l'époque était déjà forte "pour mutualiser les compétences qu'ils avaient choisies, "mais la loi des chiffres nous a contraints à fusionner "avec une autre communauté de communes. "Nous sommes désormais 30 "dans un EPCI, sur une superficie de 700 km carrés, "avec des compétences, en partie imposées. "Notre population est désormais de 10 000 habitants, environ. "Est-ce que ces seuils vont se stabiliser ? "Car il faut du temps pour s'adapter. "Et pendant ce temps, le service public en pâtit. "Concernant le service public, je pense qu'il doit s'adapter, "bien sûr, mais il doit rester de proximité. "Mon impression sur ce sujet est que l'Etat s'est désengagé "d'une grande partie de ses services, "en demandant aux collectivités de combler ce désengagement, "en mettant en place différents services à leurs frais, "alors que parallèlement à cela, elles ont été obligées "de contribuer à l'effort de redressement de l'Etat. "Je ne reviendrai pas sur les baisses de dotations "et les inégalités de ressources entre communes. "Concernant le ressenti de la population, et notamment "ses demandes d'augmentation du pouvoir d'achat, "une réponse pourrait être apportée "dans la baisse des coûts de service, "mais de nombreuses normes engendrent beaucoup de frais "et les budgets sont lourdement impactés. "Comment pouvons-nous avoir une lisibilité de notre budget "alors qu'une multitude de réformes se profilent : "DGF, IFER éoliennes, taxe d'habitation, et j'en passe ? "Ne pouvons-nous pas réfléchir à mettre en adéquation le risque "et la réponse qu'on y apporte, en profitant de l'occasion "pour mettre en place une meilleure pédagogie "en direction de nos administrés sur la gestion des risques ? "Le maintien de la population est un sujet "qui nous préoccupe régulièrement. "Nous avons mis en place "des infrastructures et des services de qualité, "afin de répondre aux besoins de nos administrés. "Nous possédons un tissu économique "qu'il nous faut maintenir et développer "mais cela passe aussi, entre autres... "Je ne parlerai pas de l'accès aux soins "mais de la couverture au niveau Internet et mobile. "Aussi avons-nous investi, avec des aides région "et départements, dans la montée en débit. "L'arrivée de la fibre sur notre territoire. "Mais pour que ce soit une pleine réussite, "il faut que les opérateurs s'impliquent davantage, "en entretenant également le réseau existant. "Que comptez-vous faire sur ce point ? "La protection sociale est très avancée dans notre pays, "et c'est très bien.

Par contre, il faudrait que chacun "se réapproprie les valeurs des choses. "Chaque individu a des droits, mais aussi des devoirs. "Il serait bon de rappeler les règles de vie en société "dès le plus jeune âge, afin d'essayer de rétablir "une France moins individualiste et plus encline au lien social. "Je suis agricultrice sur une exploitation céréalière "de 200 hectares que je cultive avec mon mari. "Quel avenir avons-nous et comment transmettre "un outil de production qui ne nous permet plus de vivre ? "Nous avons besoin de confiance et de reconnaissance. "Aujourd'hui, la méconnaissance de notre travail "engendre des jugements erronés. "'La diversification', me direz-vous. "Nous essayons, "mais les différents classements en zone défavorisée "- quid des installations des jeunes agriculteurs -, "la PAC, les baisses des aides, comme des dotations, "nous contraignent énormément, et ce n'est pas facile, "de faire aboutir des projets, même s'ils vont dans le sens "de la réduction des produits phytos et des engrais. "En exemple, un projet de méthanisation que nous avons "et qui a du mal mal à se faire accepter. "Que voulez-vous faire de nos campagnes, "quand l'acceptabilité sociale "des activités économiques rurales "sont de plus en plus remises en cause par des non ruraux. "Pour terminer, je reprends ma casquette de maire "pour vous dire que je suis favorable au mix énergétique. "La ruralité est prête à rendre ce service au collectif. "C'est à ce titre que je regrette que notre projet éolien "en commun avec le village voisin de Luçay-le-Libre "peine à aboutir. "Je voudrais vous dire que je suis fière de ma commune rurale "et de mon territoire. "Je ne souhaite pas une opposition "entre les villes et les campagnes, "mais simplement qu'on arrête de vouloir dupliquer "ce qui marche pour les uns sur le territoire des autres. "Respectons nos identités, nos spécificités, "notre patrimoine, notre culture, "notre agriculture dans notre pays, "dans notre Europe riche de ses diversités. -Merci beaucoup.

On va laisser la parole à Jacques Pallas, maire de Saint-Georges-sur-Arnon. -J. Pallas : Merci beaucoup.

Et il savait pourtant, mais c'est pas grave. Monsieur le Président, mes chers collègues. Donc, je suis maire d'une petite commune rurale sur l'axe de Bourges et Issoudun.

J'ai 630 habitants, mais vous l'avez deviné : je suis pas originaire du Berry, plus du Lot-et-Garonne. Les choses étant dites...

Voilà. Comme vous le savez, monsieur le Président, "tous les bulletins de conjonctures économiques, "sociaux, environnementaux diffusés, quels que soient "les organismes et institutions, sont en berne. "Notre département rural, ses habitants, "nos services publics souffrent. "Pas une semaine, un jour sans que les médias "n'allument les clignotants rouges, "avec les ravages énumérés par l'ensemble des témoignages "sur nos populations par mes collègues maires. "Il faut répondre par des mesures d'urgence sociale, "environnementale. "Gilets jaunes ou pas, nous sommes tous concernés. "Alors, à quand le bonheur ? "C'est simple comme du Robespierre, "et nous en avons tant besoin. "Comme disait Robespierre : 'Le plus sûr garant "'de la tranquillité publique, c'est le bonheur des citoyens.' "Oui, monsieur le Président, vous pouvez décider d'augmenter "le pouvoir d'achat de 300 euros, c'est possible, immédiatement. "L'ouverture des négociations dans les entreprises "sur les salaires dans le public et le privé. "La hausse des pensions et des minima sociaux. "La restauration des moyens pour nos services publics. "Un moratoire dans l'attente de vos diverses annonces "concernant les statuts des trois fonctions publiques. "10 milliards d'euros, "c'est une première étape importante, mais insuffisante. "Vous versez des aides publiques à des grosses entreprises "et banques.

Vous oubliez les artisans, les commerçants "et les PME. Et ces grosses entreprises et banques "n'en ont pas besoin. "Elles réalisent d'énormes bénéfices..." Je reprends les chiffres de la nation. "Entre 2010 et 2017, 57 milliards d'euros. "Et qui, de surcroît, pratiquent l'évasion fiscale. "Choisissez... 60, 70, 85 milliards d'euros, "C'est les chiffres de la nation. "Faites votre choix, au détriment du budget de l'Etat "et du financement de nos services publics, "indispensables à nos territoires ruraux. "Les salariés, retraités, artisans "et l'emploi sont sacrifiés. "La justice fiscale, monsieur le Président, "est au coeur de la transition écologique et sociale, "exprimée par l'article 13 de la Constitution. "A quand un Grenelle de la fiscalité ? "L'intégralité dans la répartition des bénéfices, "la fiscalité et l'impact environnemental, "c'est désastreux pour la société, "ses territoires et la planète. "Notre territoire dispose des ressources naturelles "énergétiques, locales, propres, sans C02, durables, renouvelables "que sont le vent, le soleil, l'eau, nos forêts, nos déchets. "Il faut renouveler, me semble-t-il, "et abonder le programme Tepcv, la Transition Energétique "pour la Croissance Verte. 400 millions d'euros par an, "et ce, sur plusieurs années. "90 communes dans notre département en ont bénéficié. "Mais vous avez arrêté ce dispositif écologique. "Sans cette aide, nous ne pouvons continuer nos projets "avec une conséquence directe sur les métiers de l'artisanat, "apprentis, bureaux d'études, architectes et matériaux. "Vous devez, monsieur le Président, faire des propositions "sur ce programme. "Monsieur le Président, la justice écologique et sociale "commande pour chaque euro collecté par la fiscalité "écologique, qu'il soit utilisé pour financer "une politique de soutien aux populations "les plus touchées par la crise écologique, "et pour financer les infrastructures, "la rénovation de l'habitat public-privé "et des moyens de transport alternatifs, "fondés sur les énergies non carbonées. "Mais je crois savoir que votre gouvernement "est prêt à avoir des négociations "sur l'affectation d'une part des recettes "de la taxe carbone aux territoires. "Vous aurez, monsieur le Président, "tout mon soutien dans cette indispensable relance, "comme celle de mon association Amorce, "que vos services connaissent bien. "Oui, monsieur le Président, cela a un coût, "nous le savons tous. "Vous devez réviser la manière dont vous avez conçu "la bascule du CICE en baisse de charges. "Vous allez payer 2 fois, convenons que c'est idiot. "En différant les baisses de cotisations patronales en 2020, "vous économisez 20 milliards sur le budget 2019, au mieux. "Une formule médiane : il suffirait de reporter de 6 mois "les baisses des cotisations en les rendant effectives "au 1er juillet, pour libérer quelques milliards. "Vous voyez, monsieur le Président, expression forte "d'un mécontentement, "propositions alternatives financées, "à savoir 10 milliards par trimestre, "pour cette année 2019. "Le bonheur, pour la tranquillité publique, c'est à ce prix." Merci. -Merci, monsieur le maire.

Monsieur le président du conseil départemental, est-ce que vous souhaitez dire quelques mots ? -Monsieur le Président, je voudrais dire tout le plaisir de vous accueillir dans le département. Je le dis d'autant plus facilement, que je vous avais adressé une invitation, il y a déjà quelques mois.

Vous avez été très bien inspiré de choisir ce beau département. Monsieur le Président, le département a de nombreux atouts, mais j'y reviendrai ce soir dans le développement de l'économie, mais il a des handicaps. Et là, je voudrais attirer votre attention sur 3 domaines.

Sur le très haut débit, le département de l'Indre est très avant-garde. On a boosté 12 000 lignes téléphoniques, il y a quelques années et puis nous sommes sur le très haut débit. Et dès l'année prochaine, 70 % de la population aura accès à la fibre et au très haut débit.

Mais il y a 30 % qui restent en marge. Et ces 30 %, ça coûte aussi cher que les 70 %. Eh bien nous croyons nous, le département, tous ensemble, avec les élus, qu'il faut que ce département soit équipé en très haut débit dans les toutes prochaines années.

Alors, on nous a demandé, avec nos amis du Cher, de répondre à un Amel. Evidemment, les opérateurs, comme nous ne sommes pas assez puissants, nous ont expliqué que c'était un beau projet, mais ça ne les intéressait pas. Monsieur le Président, nous sommes résolument tournés vers l'avenir, on va de l'avant.

Pour avoir les 30 % supplémentaires, c'est 85 millions d'euros, en ce qui concerne l'Indre et le Cher. Les département de l'Indre et du Cher, je suis habilité à vous le dire, prendront toutes leurs responsabilités. Nous en avons déjà référé au président Bonneau qui est très à l'écoute.

La question est extrêmement simple, monsieur le Président : pouvez-vous réactiver le financement, qui était à 30 %, pour les 70 %, dès le 2e semestre ? Je peux vous dire que si vous réactivez ce financement, eh bien le département de l'Indre, d'ici 3 à 4 ans, sera couvert par le très haut débit et on pourra rivaliser avec les autres départements. 2e sujet...

Alors la téléphonie, mobile, j'en parle pas. On a reculé. Le département de l'Indre a démontré qu'il fallait pas 4 ou 5 pylônes, mais 31.

Donc maintenant, les opérateurs sont tout à fait d'accord sur cette façon de voir les choses. Un mot sur la mobilité : on ne va pas parler du BOP. Nous y travaillons tous ensemble.

Sur la N151 notamment, qui va de Châteauroux à Bourges. Là aussi, les choses avancent, mais c'est pas ma compétence. Mais voyez-vous, nous avons 2 dossiers, nous travaillons beaucoup avec le député Jolivet, qui sont des contournements... des aménagements d'infrastructures sur la Châtre et sur Villedieu, notamment, une route qui va sur Tours.

Ces aménagements, autrefois, c'était 10 % le département, 90 % l'Etat et la région. Les choses ont bien changé. Mais ce sont des aménagements qui nous apparaissent structurants et très importants.

Il y en a pour 65 millions d'euros. Le département prend toutes ses responsabilités. Et nous sommes prêts, nous, à financer non pas 10 %, mais à 75 %.

Nous avons saisi madame la ministre. Nous avons adressé un dossier au Premier ministre, en disant : "Monsieur le Premier ministre, madame la ministre, "il nous manque 25 %, il nous manque grosso modo 15 millions. "Vous nous donnez le feu vert, je vous garantis..." Je parle sous contrôle de ma chargée des finances "Dès la séance du mois de juin, je fais voter "les autorisations de programme de 75 millions." 75 millions de travaux supplémentaires dans ce département, ça va redonner de l'oxygène aux entreprises.

Donc j'attends un peu cette aide du département. Enfin, dernier point sur la santé. Je crois qu'on va pas revenir sur la désertification médicale.

Je voudrais dire simplement que depuis 2 ou 3 ans dans ce département, nous nous sommes tous alliés pour dire : "Il faut effectivement que nous puissions attirer des médecins." Comme la coercition n'est pas de ce monde, je pensais qu'il fallait plutôt agir sur le levier de la séduction. Et je note quand même que 2018 est la 1re année où le nombre de médecins ne baisse plus.

Donc, bref. Nous utilisons les outils qui sont les nôtres, mais la séduction, ça marche. Il faut convaincre les médecins de venir s'installer, en montrant tous les atouts que nous avons.

Alors, évidemment, on n'a plus que 147 médecins. Il nous en manque encore 30 ou 40, mais nous y arrivons. Simplement, un mot pour conclure, monsieur le Président, sur quelque chose de très simple, qui ne coûte rien, que j'ai soulevé depuis 2 ans : nos enfants étudiants qui sont en médecine, ils sont censés être tous à Tours, sauf que les 2 tiers ne sont pas à Tours, ils sont à Limoges.

Et comme il y a 2 régions sanitaires différentes...

Vous avez parfaitement compris où je voulais en venir. Pour venir faire des stages dans l'Indre, ça pose un vrai problème. Et vous savez que les médecins s'installent généralement là où ils ont fait les stages.

Si vous me solutionnez également ce problème-là, dans les 3 dossiers que j'ai évoqués...

Si vous nous apportez des réponses, je n'en doute pas, positives, on aura fait un grand pas et on aura bien fait de venir. Merci, monsieur le Président. -Merci, monsieur le président.

On n'a plus beaucoup de temps. On peut prendre 2 questions libres, peut-être, aux deux extrémités. Prenez le micro qui est là.

Monsieur le maire, et ensuite, monsieur le maire, là-bas. On n'aura pas beaucoup de temps. Je suis désolé. -Monsieur le Président, Régis Blanchet, maire de Buzançais, vice-président du conseil départemental.

J'accompagne mon président. Vice-président de la CDC Val de l'Indre-Brenne, en charge du développement économique. J'ai écrit mon texte pour que ça fasse 2 minutes, mes chers collègues.

Je vais essayer d'être optimiste, d'être positif. "Je souhaiterais vous démontrer, monsieur le Président, "que l'on peut faire du développement économique "de très haut niveau en zone rurale "et que la ruralité est l'avenir de notre pays. "Je vais prendre l'exemple de la ville Buzançais, bien sûr, "dont je préside le conseil municipal depuis 1995. "C'est une petite ville de 5 000 habitants, "située en zone rurale, très éloignée d'une métropole "et même d'une zone urbaine, de la préfecture. "Pourtant, grâce à une politique de prospection très ciblée, "j'ai réussi à faire venir de belles entreprises à Buzançais. "J'ai actuellement 4 leaders mondiaux, 1 leader européen, "2 leaders nationaux, "plusieurs PME, "ce qui est assez exceptionnel pour une commune de cette taille. "Mais contrairement aux maires des métropoles "qui n'ont pas de difficulté pour faire venir des entreprises, "au contraire, ils ont l'embarras du choix, "nous, maires de zone rurale, "devons nous battre avec la plus grande énergie "pour installer de belles entreprises. "C'est un travail de tous les jours, de tous les instants. "Mais je reconnais qu'il faut aussi "que les métropoles soient fortes "et qu'elles puissent se développer "pour concurrencer, pour faire face à la concurrence mondiale. "Mais en même temps, si vous me permettez cette expression, "il ne faut pas délaisser le reste du territoire "pour éviter que ne s'accentue la fracture territoriale "qui est le véritable cancer de notre société française." Vous n'y êtes pour rien.

Ca fait des décennies que c'est comme ça "A cet égard, monsieur le Président, "je vous propose de créer "un fonds national de solidarité territoriale "en direction des territoires les plus fragiles, "qui serait les prémices "d'une véritable politique économique "d'aménagement du territoire "que la France attend depuis de nombreuses années. "Mais même lorsqu'on réussit à faire venir "de belles entreprises, dans nos territoires ruraux, "ensuite, on est confrontés à un autre problème, "qui est la très grande difficulté à recruter "des cadres et des professionnels qualifiés." Je vais encore vous citer un exemple de ma ville de Buzançais. "L'entreprise Beirens Poujoulat, "qui est un leader mondial de la cheminée industrielle, "a dû refuser et continue à refuser des marchés à l'export "parce qu'ils ne trouvent pas de personnel qualifié, "de chaudronniers, notamment.

Et pour faire face "à ses besoins, l'entreprise a été obligée de créer "sa propre école de chaudronnerie industrielle à Buzançais, "que je vous invite d'ailleurs à visiter "lors de votre prochain déplacement." D'ailleurs, vous connaissez bien le président-directeur général, puisqu'il est président national des ETI, les entreprises de taille intermédiaire, qui sont entre 250 et 5 000 salariés. -Il faut conclure, monsieur le maire. -"Il y a donc urgence à proposer des formations aux métiers "dont nos entreprises ont particulièrement besoin." J'ai conclu. -Merci, monsieur le maire.

Monsieur le maire, vous avez la parole vraiment pour 2 min. -D. Barachet : Je vous ai dit 2 min.

Regardez par rapport aux autres. D'accord ? Je m'appelle Didier Barachet.

Je suis maire d'une petite commune de 3 900 habitants, qui s'appelle Ardentes, et vice-président de Châteauroux métropole, avec Gil Avérous. Voilà. A côté de ça, mon métier, c'est expert-comptable, commissaire aux comptes mais je vais pas vous parler de chiffres, comme André Laignel, parce que moi, je serais embêté.

Parce que tout à l'heure, votre collaboratrice m'a dit que ma DGF, elle avait augmenté de 0,8 %. Alors bon, je ne vais pas en parler. Non.

C'est des sujets qui sont revenus tout à l'heure...

Mais moi, il y a un sujet qui m'agace, c'est les médecins. Je n'arrive pas à comprendre que les élus n'arrivent pas à prendre une décision pour faire des quotas sur les médecins. Aujourd'hui...

On en parlait...

Une fois, j'en ai parlé avec Douste-Blazy, du temps de Chirac. C'était déjà en 2003. Soit c'est une profession qui est protégée, il y a un lobby très fort...

Mais si on imposait aux jeunes de s'installer obligatoirement...

Je dis pas que la plupart, ceux qui sont dans le Midi, les faire revenir. Ils ne reviendront pas, ils sont trop vieux, ceux-là. Mais attendez.

C'est une mission de service public. Je regrette, tout le monde doit être égal devant la santé. On a 15 000 personnes ici, dans l'Indre, qui n'ont pas de référent.

Alors ils me disent...

Parce que moi, je suis comme eux. Ils me disent : "On est en profession libérale." Moi, je suis en profession libérale.

On a réformé les huissiers, les notaires, les avocats. Dernièrement, on a réformé les commissaires aux comptes. Je sais pas si vous savez la conséquence : 8 000 emplois en moins, 60 % du chiffre d'affaires, dans les 3 ans, de perdu.

Moi, je suis un vieux. J'ai pas de problème, je veux dire. Mais les jeunes qui ont acheté leur cabinet, ça fait 4-5 ans, je veux le dire, et qui, aujourd'hui...

J'ai 32 dossiers encore, parce que je fais un cumul d'emplois. J'ai 32 dossiers. Dans 3 ans, j'en ai plus que 5.

D'accord ? Bon. Ca va, je suis en fin de carrière.

Je suis un vieux. J'ai 61 ans. Non, mais vous voyez...

Ca a été dur mais alors pourquoi eux, on n'y touche pas ? Deuxième sujet : on cherche des économies, dans ce pays. Bon sang, on en cherche !

On dit : "C'est la guerre de tout." On cherche des économies. Les communes en font.

Je sais que sur les 2 dernières années : frais de fonctionnement, -2 %. Alors pour les grosses communes, il faut pas dépasser 1,2, et on a le maintien de la DGF. Moi, je dis pour ceux qui font moins, on n'a pas un plus ?

Voilà. Je lance, je lance, OK ? Ce que je ne supporte pas pour l'Etat...

Moi, je suis dans les collectivités, au conseil municipal depuis 89. Donc, ça va faire 30 ans. On a créé des régions, des communautés de communes...

Franchement, c'est des usines à gaz. On fait croire aux gens qu'on va faire des économies. Avant, on avait la commune, le département, l'Etat.

Ca fonctionnait, il n'y a pas de souci. Mais là, je crois qu'il faut en enlever un peu. Là, on trouverait des économies, l'Etat trouverait des économies.

Mais il faut avoir le courage de le faire ou alors, il fallait aller jusqu'au bout du raisonnement. -Merci, monsieur le maire. C'est pour vos collègues. -Simplement, aménagement du territoire : je dis qu'on a une ligne, on a de moins en moins de trains.

D'accord ? Après, on a des axes latéraux. Tours-Nevers, ce serait bien qu'on ait une quatre voies.

Et enfin, une conclusion, une conclusion, une conclusion...

On a créé un impôt pour créer des services publics. D'accord ? L'impôt continue toujours à augmenter, et on a moins de services publics.

C'est tout. -Donnez le micro à votre voisine, s'il vous plaît. Allez-y, madame. -Monsieur le Président, Mireille Duvoux, maire de Chabris.

Alors, Chabris est une commune au nord de l'Indre, active, avec de belles entreprises, comme à Buzançais. Alors, d'un côté, des chefs d'entreprise qui recherchent du personnel qualifié et qui n'en trouvent pas. Et d'un autre côté, une population qui vit sur ses lauriers.

Je suis désolée de le dire. J'ai l'expérience des nouveaux contrats aidés, parcours emploi compétences. En tant que maire, j'ai voulu faire une bonne action : recruter des gens, on en avait besoin.

Et je trouvais que c'était bien de mettre le pied à l'étrier à ces gens qui ont quitté l'école à 16 ans, qui n'ont pas de formation. Mais en fait, j'ai rêvé, parce que j'ai recruté 4 personnes, 4 échecs. La première personne que j'ai recrutée...

C'était des emplois à mi-temps, je précise. La 1re personne que j'ai recrutée, au bout de 3 jours, elle n'en pouvait plus, elle a rendu son tablier. Et celui qui est resté le plus longtemps est resté pendant un mois et demi.

Alors désolée, mais 0 % de réussite. Et je recherche toujours. Je suis toujours prête à recruter des parcours emploi compétences, mais on ne m'en propose pas.

Voilà. Bon. C'est tout ce que j'avais à dire.

Les contrats d'avenir nous donnaient satisfaction. D'ailleurs, je suis prête à pérenniser l'emploi de quelqu'un que j'ai eu pendant 3 ans, parce qu'il nous a donné satisfaction. Mais là, je pense qu'il faudra revoir ce dispositif, monsieur le Président. -Merci, madame le maire.

Mon voisin. Ensuite, on repartira au milieu, après. Allez-y. -Oui.

Gilles Touzet, maire de Prissac, une petite commune où j'ai pas de problème. Sauf que, comme tous mes collègues, il me manque un médecin. J'ai un pharmacien, un dentiste.

Mais là, ce n'est pas mon propos. Mon propos, c'est le statut des élus. Nous allons aborder les élections municipales l'année prochaine.

Pour retrouver des locomotives, des maires, il y aura pas beaucoup de soucis, je pense. Mais par contre, pour trouver des adjoints, des conseillers municipaux, il y aura beaucoup de problèmes. Donc, je pense qu'il faudrait réfléchir au statut des élus, parce que les forces vives de notre pays, entre 18 et 50 ans, les tout jeunes qu'on a, entre 18 et 50 ans, ne sont pas du tout attirés par la mission, par la fonction.

Et s'il n'est pas arrêté un statut qui pourra leur donner des disponibilités pour qu'ils soient efficaces et disponibles, on n'arrivera à rien, on aura des gros problèmes. Merci. -Merci, monsieur le maire.

J'ai promis la parole à monsieur. En une, minute vraiment, parce qu'ensuite, il faut que le président de la République ait du temps pour conclure. Et après, on passera à votre collègue, devant, et on laissera le Président conclure. -Roland Caillaud, maire de Pouligny-Saint-Pierre, 1 100 habitants et 3 000 chèvres sur le territoire, avec des bons fromages que je vous ai apportés.

Je dirai simplement : je pense que la transition énergétique est une chance pour nos territoires. Nous avons de l'espace : moins de 10 habitants au km2 Nous avons du soleil, nous avons de l'eau, nous avons du vent. On peut produire de la richesse sur ce territoire, pas toujours tendre la main et attendre des dotations.

On pourrait produire cette richesse sur le territoire. Par contre, nous avons multiples barrières, et on vous demande de les faire sauter, ces multiples barrières. Vous pensez que c'est normal, que pour sortir un dossier éolien, il faut entre 5 et 10 ans ?

Pour prendre de la pierre sous nos pieds dont a besoin tous les jours, il faut des dossiers qui traînent des années et des années. On a des cours d'eau sur le territoire, on a plus de 100 moulins. On voudrait produire de l'électricité et là, on est totalement bloqués par l'administration.

Je crois qu'il y a des verrous à faire sauter. Ces verrous nous permettraient d'entreprendre, de produire de la richesse. Et c'est avec ça qu'on gardera les populations, qu'on attirera de la population.

S'il n'y a pas de travail, on perdra de la population. Alors faites-nous sauter les leviers, et on avancera. Simplement un exemple... -Merci, monsieur le maire.

Il faut conclure. -Simplement un exemple quand même marquant : il y a des commissions au niveau du département où on traite les arrêtés du préfet. Je dirais que les représentants des maires sont sous-représentés, et c'est l'administration qui vote et qui des fois, nous met en minorité.

L'administration prépare les dossiers et elle vote sur ces dossiers. Il y a même des administrations qui lèvent les 2 mains parce qu'ils ont 2 voix. C'est pas pensable !

On sert à rien. Désolé. Il faut changer les choses. -Merci, monsieur le maire.

Le micro devant. J'ai d'abord promis à monsieur le maire. Et madame, vous aurez le mot de la fin.

Mais vraiment parce que c'est vous. -Bien. Monsieur le Président, merci de votre venue dans l'Indre.

Je voudrais aborder un problème, un sujet qui n'a pas été abordé : il s'agit du tourisme. Je le regrette, parce que le tourisme est une partie éminemment importante de l'économie française. Je vous donnerai seulement 2 chiffres pour le département : 1 750 emplois et 37 millions de retombées économiques.

Dans un contexte comme le nôtre, aujourd'hui, sans beaucoup de moyens, je pense qu'il faut saisir ce que l'on a sous la main, le patrimoine touristique, gastronomique et autres, et le mettre en musique, notamment au niveau du tourisme dans un monde apaisé. Et notre position centrale ici, aujourd'hui, nous permet certainement d'avoir une espérance forte. Je rejoindrai les propos du président Descout quand il parle d'attractivité.

Je pense qu'on passera par le tourisme, pour cette attractivité. Et je vous invite, avant d'y réfléchir, à venir écouter le silence chez nous, en mairie. -Merci beaucoup.

Et madame, vous avez la parole pour conclure en moins d'une minute. -Monsieur le Président, je suis très contente d'avoir la parole deux minutes. -Moins d'une minute. -Une minute.

Je voudrais terminer sur une note positive. J'habite...

Voilà. Je suis maire de Niherne, un village de 1 700 habitants. Vice-présidente à la communauté de communes, avec le monsieur...

Avec Buzançais, avec M. Blanchet. Et où c'est vrai, on a de belles petites entreprises.

Moi, j'ai chez moi...

J'ai pas trop à me plaindre. J'ai encore 7 classes. J'ai encore un médecin.

J'ai un kiné. J'ai un dentiste. J'ai un peu tout ce qu'il faut autour de l'église.

Et bientôt, un restaurant. Par contre, je vais quand même dire une petite chose qui va nous manquer. Parce que j'ai décidé de faire le chauffage...

Monsieur Bonneau, vous étiez chez moi, dans ma commune. Du chauffage en géothermie pour l'école et tout. Et je suis un peu ennuyée avec l'Ademe. "Un peu", c'est peu dire.

Je suis gentille quand je dis "ennuyée". Et voilà, je n'ai pas beaucoup d'aide non plus, pour l'isolation. Quand on parle géothermie, je pense qu'on parle nouvelles... voilà... nouvelles énergies, nouvelles technologies.

Et j'arrive pas à... voilà... -Très clair.

Merci beaucoup, madame le maire. Monsieur le président de la République. -E.

Macron : Alors... (Rires) Alors.

Je vais essayer...

Non, non ! Je vais essayer de revenir sur chacun des points que vous avez soulevés, en vous remerciant, en tout cas...

En vous remerciant de la richesse du propos. Même si on oublie toujours des secteurs. Vous avez eu raison de rappeler le tourisme qui est ô combien important dans la région, avec quelques autres filières industrielles sur lesquelles nous reviendrons cet après-midi.

Bon. Monsieur le maire et président de l'AMRF...

D'abord, je me dois de remercier, en effet, votre association, pour son engagement et pour la mobilisation de tous les maires, dès le début de la crise que nous avons traversée. Alors, vous en avez peut-être eu la prescience. Ce qui est vrai, c'est que depuis de nombreuses années, une partie des fractures que le pays vit sont dénoncées, poussées, et avec des propositions par l'AMRF.

Et donc merci pour le travail qui a été conduit. Ensuite, et ça rejoint les propos d'André Laignel aussi, tout à l'heure, sur la relation aux collectivités. Je vous remercie d'avoir eu l'honnêteté de dire que le gouvernement qui est en place depuis 18 mois n'est pas celui qui a lutté contre le nombre de communes et autres.

C'est le problème que j'ai avec André Laignel : c'est qu'il est précis jusqu'à un certain point. Je n'ai jamais dit, pour ma part, que les maires étaient les qualificatifs que vous avez cités. J'ai sans doute utilisé ces adjectifs depuis 20 mois, je le reconnais, mais pas pour dire : "Les maires sont ceci ou cela." Et je n'ai absolument jamais dit que les maires étaient trop nombreux.

C'est d'ailleurs pour ça que ce gouvernement lui-même, enfin le gouvernement d'Edouard Philippe, sous sa 1re forme, comme sa 2e forme, n'a jamais poussé ces mesures. Ces mesures viennent plutôt des majorités, au demeurant, que le président Laignel a soutenues dans son engagement politique. Ce sont les lois NOTRe et Maptam, et c'est la décision, d'ailleurs largement partagée par beaucoup de majorités, de baisser la DGF.

Donc le monde dans lequel on vit, on en hérite. Il vient d'avant. Mais c'est la décision pour des bonnes raisons de finances publiques, de baisser la DGF, avec d'autres collectivités publiques qui sont touchées.

Et c'est en effet l'intercommunalité forcée. Tout n'allait pas dans le mauvais sens dans la loi NOTRe, mais l'intercommunalité forcée reposait sur une vision des choses qui ne date pas d'hier et qui a été une forme de pensée dominante depuis plusieurs années, où en fait, le regroupement semblait être ce qui a porté les choses, et avec des effets sur le 1er janvier 2018. On le sait puisque certaines communes, rejoignant des intercommunalités de manière forcée, ont vu, justement, les référentiels fiscaux et budgétaires qui étaient pris, entre autres, pour leurs dotations, bousculées, avec des effets de bord.

Mais moi, j'aime bien la responsabilité en politique. Je suis responsable de tout ce que je décide. Je prends le pays comme vous quand vous prenez votre commune, dans un état, mais je ne voudrais pas qu'on retrace une intentionnalité, en considérant que c'était ou mes engagements de campagne, ou les gouvernements et les majorités qui sont élus depuis mai 2017, ce serait un mensonge.

Par contre, là où vous avez raison, c'est qu'il faut revenir sur, je crois, des idées qui se sont installées. Et vous l'avez dit, vous aussi, monsieur le maire, à l'instant. D'abord, je pense que quand on force des réorganisations, ça ne fonctionne pas.

Alors est-ce qu'il faut tout rebattre ? Moi, j'ai été élu sur l'engagement de stabiliser. Et je crois qu'il y a un paradoxe dans les demandes contemporaines.

Il y a à la fois une demande de calme de stabilité, et puis, quand j'entends les maires, il faut corriger les choses qui ne vont pas. Donc c'est pour ça que moi, je souhaite, dans le dialogue qu'on a avec l'ensemble des associations d'élus et tous les élus de France, pouvoir corriger. Et la ministre, avec les 2 ministres auprès d'elle, s'en chargent.

Corriger, justement, ces effets pervers, en particulier ces trop grandes intercommunalités qui ont pu créer des effets de bord. Mais je ne voudrais pas qu'on construise, ce faisant, non plus une forme d'autre pensée dominante qui serait que l'intercommunalité, c'est forcément mal. Bon.

Et donc c'est parfois ce qui permet d'accéder à tel ou tel équipement. Il me semble que ce qui est bon, c'est, en tout cas, quand elle est choisie. Et c'est là qu'on fait les vraies économies.

Et c'est d'ailleurs pour ça aussi que personnellement, je crois beaucoup à l'objet de la commune nouvelle, qui permet, lorsque c'est voulu lorsque c'est poussé par les collectivités, de faire des véritables économies parce que là, on regroupe vraiment les choses et on ne crée pas une structure au-dessus. Je vous ai entendu, monsieur le maire aussi, sur cette famille de sujets qu'a levée le président Berberian, entre le département et la région. Et vous avez là des présidents qui vivent cela au quotidien.

C'est vrai qu'il y a des articulations qui, d'ailleurs, au plus près du terrain, sont faites quand tout ça se fait en bonne intelligence. Mais sur lesquelles on peut, sans doute, simplifier des choses. En tout cas, je pense que là, très clairement, on peut améliorer les choses en redonnant de la responsabilité, au plus près du terrain, des réorganisations choisies et de la lisibilité dans les compétences.

Donc ça rejoint ce que vous disiez sur communes et intercommunalités. Sur ce que vous avez pu dire...

Moi, j'ai toujours été très prudent avec cette formule qu'on attribue beaucoup à une nouvelle majorité, mais... "Le nouveau monde..." Vous savez, on ne change pas l'environnement dans lequel on arrive quand on arrive.

Mais reconnaissez-moi au moins une chose, c'est d'être fidèle à cet esprit de pragmatisme et à cette absence d'ostracisme politique. Il y a une chose à laquelle je crois, c'est ce pourquoi je me suis engagé dans la vie politique, c'est que ça n'est pas un camp contre l'autre. Et c'est d'ailleurs ce tic-tac qui, pendant des décennies, nous a, à mon avis, beaucoup bloqués.

Moi, j'assume d'avoir nommé un Premier ministre qui n'était même pas membre du parti qui m'a amené aux responsabilités. Pardon, mais ça s'était jamais fait dans la cinquième. J'assume d'avoir des membres du gouvernement qui viennent de la société civile, d'autres qui ont des expériences d'élus de terrain, et vous en avez autour de moi.

Ils en sont d'ailleurs l'expérience vivante, tous les 3, avec des parcours très différents. Et j'assume tout cela. Néanmoins, je constate qu'il y a une société politique qui n'a pas bougé partout et qui veut continuer à faire de la politique et des petites phrases, mais on doit être deux pour danser le tango.

En tout cas, je crois à la vertu de ce tango et à l'absence de petites joutes, parce que j'ai la même fatigue que vous à l'égard de celles-ci. Et je crois véritablement, comme vous l'avez dit, que le pays en est fatigué et qu'on doit être à la hauteur de ses attentes. Je reviendrai sur les différents sujets de service public et les attentes que vous avez évoquées.

Et je partage les préoccupations plus larges que vous avez mentionnées. Au fond, on le voit bien dans le moment que nous sommes en train de vivre dans le pays. Il y a deux données, malgré tout, qu'on a peut-être occultées de nos approches, c'est la démographie.

Parce que beaucoup de crises qu'on a dans les territoires, ce sont des rapports à la population. Et on n'a pas assez réfléchi sur l'hétérogénéité de nos démographies. Au fond, quand on parle métropoles ou territoires ruraux, je n'aime pas ce clivage.

Mais nous avons des territoires qui sont sous une forte pression démographique. Soit parce que ce sont des territoires qui attirent de l'économie, de la création de richesses, et donc des nouveaux habitants, soit parce que ce sont des territoires qui ont une forte natalité, soit parce que ce sont des territoires dont le solde démographique intérieur-extérieur est positif. Et ceux-ci ont d'ailleurs eux-mêmes des contraintes avec de la pression pour de nouvelles infrastructures.

Il y a des territoires qui sont en déprise démographique et qui sont souvent ceux qui sont d'ailleurs en train de vieillir. Ce qui n'est pas forcément, d'ailleurs, rural contre urbain, parce qu'il y a des territoires ruraux qui gagnent de la population. Il y a des territoires ruraux qui attirent des jeunes pour s'installer parce qu'on y vit mieux.

Et je veux défendre aussi cette forme de ruralité, et d'ailleurs, toutes les formes de territoire qu'on a dans le pays. Mais je ne voudrais pas qu'on ait une forme de clivage trop simple. Par contre, les territoires qui gagnent ou qui perdent de la population, c'est une différence profonde, c'est un clivage de destin, aujourd'hui, qu'on a dans le pays, parce que ce ne sont pas les mêmes contraintes.

Et c'est d'ailleurs d'autant plus vrai, que le gouvernement actuel, il doit par exemple se battre avec 50 000 étudiants de plus, chaque année, qui arrivent à l'université, qui sont plutôt d'ailleurs dans les métropoles ou les grandes villes. Et une déprise démographique que vous vivez dans vos communes, parce que notre démographie vit un creux. Et ceux qui rentrent dans les petites classes sont moins nombreux que cette génération née au début des années 2000.

Tout ça pour le dire. Donc, on doit remettre de la démographie dans notre approche des politiques publiques. Et la 2e chose : on doit en effet remettre de l'espace.

Et moi, dans les propositions que je vois émerger progressivement, on voit que la réalité spatiale, les contraintes, du coup, de mobilité qui vont avec cette réalité spatiale, surdéterminent parfois les territoires et ne créent pas les mêmes droits. J'entends beaucoup de nos concitoyens qui sont tout à fait prêts à changer et qui veulent changer, en termes de mobilité, et qui ont la même conscience écologique que vous avez à plusieurs reprises défendue. Ils disent simplement : "Quand je suis loin, "que je n'ai pas de transport public, "parce que ça n'existe pas, compte tenu des caractéristiques "du territoire, les contraintes ne sont pas les mêmes." Et donc, les réponses politiques ne peuvent pas être les mêmes.

Et donc je partage cette espèce de rééquilibrage fondé sur ces 2 notions qui va nous imposer de changer des choses de manière tout à fait certaine. Monsieur le président, vous avez évoqué, donc, plusieurs points sur lesquels je suis déjà revenu. Mais 2, tout particulièrement.

L'un qui est un ressort démographique, que je viens d'évoquer : le vieillissement de la population, et le sujet de la dépendance. Je partage complètement ce point. Il n'est pas neuf.

Il y a eu, à plusieurs reprises, des mesures qui ont été prises. Les départements ont d'ailleurs une très forte implication sur cette politique. Mais vous le disiez vous-même, et plusieurs y sont revenus : ça n'est pas suffisant par rapport à ce qu'on vit.

A la fois en termes d'offre, les personnels qui vivent...

Les personnels qui travaillent dans ces structures souffrent beaucoup parce qu'ils ne sont pas assez nombreux. Vous l'avez dit, monsieur le maire. Et les conditions d'accueil sont parfois pas à la hauteur de ce que nos concitoyens sont en droit d'attendre.

J'ajoute à ça qu'on voit, en plus, une bonne partie de notre population vivre dans l'angoisse de ce moment de la vie. J'ai eu l'occasion de le dire, parce que nous sommes à un moment du pays qui n'a pas de précédent. C'est la première fois, il faut s'en réjouir, que nous avons, parce que c'est l'avancée de la science, parce que c'est aussi la paix durant les un peu plus des 7 dernières décennies, que nous avons autant de personnes, de citoyens qui arrivent à la retraite et dans le grand âge, alors même que nous n'avons pas changé les autres paramètres de la vie active.

On rentre plus tard dans la vie active, en moyenne, qu'il y a 40 ans, on part au même âge qu'il y a 40 ans. En 79-80, on partait à 62 ans. Et simplement, c'est la 1re génération qui vit avec une espérance de vie qui est de 82-84 ans.

C'est ça, la réalité. Et donc ceux qui arrivent à la retraite, aujourd'hui, ont l'angoisse pour eux-mêmes. Moi, je les entends comme vous.

Ils disent : "La maison de retraite, c'est 1 800 ou 2 000 euros." Et c'est la 1re fois qu'on a une génération qui arrive à la retraite et qui dit : "Je dois financer nos anciens "qui sont en dépendance, "Alzheimer, qui sont en Ehpad ou autre, "je dois encore aider les enfants et je veux pouvoir "faire quelque chose pour mes petits-enfants, "et moi-même, je sais pas comment je vais m'en sortir." C'est la 1re fois parce qu'on a un système qui n'a pas été conçu dans ces équilibres financiers et démographiques pour cette transformation.

Donc on doit ensemble le repenser. On va pas rajouter des impôts pour recouvrir un nouveau risque. Donc, au fond, qu'est-ce qui se passe subrepticement ?

Les gens qui ont les moyens n'ont pas cette angoisse. Les gens qui sont très modestes, il y a des dispositifs comme l'APA ou autre. Mais celles et ceux qui travaillent toute leur vie, qui contribuent au système arrivent à cet âge et se disent : "Encore une fois, le système s'ajuste sur moi." Et donc on doit apporter une réponse collective, mais elle va supposer de revisiter des choses très profondes.

C'est un défi qui est aussi important que celui que nous avons eu à la sortie de la Deuxième Guerre mondiale, quand on a inventé l'Etat social, providence du 20e siècle. Celui du 21e siècle, j'ai eu l'occasion de l'évoquer, il va devoir porter ce risque en lui-même. Et donc la réponse n'est pas...

On a remis de l'argent. Ca n'est jamais assez, et on a déjà une situation qui est très tendue parce qu'on doit repenser profondément ce risque. Il y a plusieurs options.

Certains proposent de le financer par le secteur privé. Moi, je suis interrogatif sur ce sujet, parce qu'on ferait porter le risque sur chacun, et on a un dispositif de solidarité pour les plus modestes. Je pense qu'il faut qu'on le pense comme on a pensé les grands risques et conçu les grands risques dans notre pays.

Mais c'est un vrai chantier de société, de transformation. Mais je pense qu'il est, aujourd'hui, maintenant, pour nous, extraordinairement ambitieux, mais on ne pourra pas répondre à l'angoisse des plus âgés et aux situations extrêmes que vous avez évoquées, sans cela. Et c'est pour moi un des sujets très importants.

Sur l'inclusion numérique, vous avez parfaitement raison. On a 13 à 15 % de notre population qui n'a pas un vrai accès au numérique en termes d'usage, de maîtrise. Ce sont d'ailleurs souvent les plus fragiles sur le plan éducatif, économique, social, ou les plus âgés.

Quand on va trop vite sur ces transformations, on prend le risque de redoubler l'exclusion. Le défenseur des droits a fait un très bon rapport qui m'a été remis sur une réforme qui est préparée depuis plusieurs années, qui a énormément d'impact, qui a permis d'ailleurs de faire des économies au gouvernement, et il faut en faire pour tenir nos finances publiques : la réforme de la carte grise. Elle a conduit...

Elle était tout à fait bonne. Elle va dans le bon sens. Simplement, parce qu'elle s'est appliquée partout, de la même manière, sur le territoire, elle a conduit une partie de notre population qui a du mal à aller vers le numérique à dire : "Ca devient impossible pour moi, "de renouveler la carte grise." Et certains l'ont vécu.

Et ils le vivent toujours. Mais donc on ne répond à cela qu'en faisant 2 choses. D'abord, de l'accompagnement.

C'est ce qu'on a mis en place avec le passeport numérique. On a mis 100 millions d'euros sur ce sujet. On le fait avec des associations, des maires, aussi, beaucoup, depuis 18 mois, pour accompagner, justement...

Souvent, on fait le service dans les maisons de services au public. Accompagner, justement, à la formation et aux usages. Et après, ça montre une chose, c'est qu'il faut pas avoir une réponse unique partout sur le territoire et qu'il faut accepter à certains endroits que la transition prenne un peu plus de temps.

Et ça, notre pays aujourd'hui, vit ces fractures. Elles viennent parfois de loin comme l'a dit le président Berberian. Mais parce que nous sommes à un moment de grande transition sur le plan écologique, sur le plan démographique et de vieillissement, comme sur le plan du numérique.

Et il faut qu'on sorte d'une espèce de face à face où il y aurait d'un côté ceux qui veulent que tout change tout de suite, très vite, et de l'autre, ceux, du coup qui sont plongés dans une volonté de ne rien changer en disant...

Ces transitions ne fonctionnent que si on arrive à créer un consensus. C'est ça qu'on doit rebâtir, qui est d'expliquer où on veut aller mais de s'assurer que chacun a sa place dans cette transition, à son rythme. Et tout le monde n'a pas le même rythme, parce que tout le monde ne vient pas de la même situation ni n'a les mêmes contraintes.

Et donc, sur le plan numérique, je pense qu'il faut poursuivre, ce mouvement mais on doit être beaucoup plus vigilants. Et donc ça suppose aussi de revenir sur certaines réformes. C'est pour ça que je l'ai dit : sur la carte grise, comme les différentes mesures sur ces sujets.

Je souhaite qu'on soit plus pragmatiques et qu'on puisse corriger des points qui ont été faits. Monsieur le maire de Châteauroux, vous m'avez interrogé sur plusieurs points. J'ai bien noté le point sur la DSIL qui accompagne Coeur de ville.

Et je vous remercie d'avoir, en effet, souligné que ce projet qui est en fait un projet porté par les élus, répond aux demandes. Sur les ABF, qui est toujours un sujet difficile...

On va regarder quand même le cas particulier que vous avez mentionné parce qu'il est croquignolesque. Alors, sur ce sujet, je veux dire que le gouvernement, pour la 1re fois depuis longtemps, a eu le courage de revenir sur ce sujet dans la loi ELAN. Il y a des propositions qui ont été faites.

Les parlementaires ont eu de longs débats. C'est un sujet toujours, là aussi, très complexe, parce que dans la loi ELAN, on a enlevé des avis qui pouvaient être bloquants de l'ABF pour dire : "Bon. Il faut simplifier les choses, "arrêter de bloquer les maires dans leurs projets." On a parfois reproché au gouvernement, aux parlementaires qui ont soutenu de dire : "Vous n'en avez rien à faire, du beau. "En quelque sorte, vous allez sacrifier "la qualité architecturale", dont on voit ici toute la valeur.

Là aussi, c'est une question d'équilibre. L'ABF fait un travail très important. Il faut pas que ça devienne un travail tatillon qui bloque 4 arbres plantés, comme vous l'évoquiez tout à l'heure.

Donc là, je pense que d'abord, le bon sens n'est jamais l'ennemi de l'efficacité ni de la République. Et parfois, on en manque. La 2e chose : tout ce qu'on peut simplifier, il faut continuer à le faire et recentrer chacun sur ses missions et donner plus de liberté.

Donc, si la loi ELAN n'a pas réglé le cas particulier que vous évoquiez, ça fait partie des simplifications auxquelles je suis tout à fait ouvert : sans dénaturer le coeur du métier, la pertinence de ce que fait l'ABF, on peut répondre à votre problème. Sur l'utilisation des sites AFPA, je vous remercie de ce pragmatisme. Moi, j'y suis tout à fait favorable.

Alors il y a le déploiement. On commence l'expérimentation cette année et puis on va ouvrir sur le SNU. Mais les sites que nous avons, à travers le territoire, de l'AFPA, doivent être utilisés et retrouver des projets.

Alors il y a 2 possibilités. Et je le dis parce que vous êtes en effet au moins tous les 2 concernés. Il y a le service national universel qui est une option pour loger, accueillir, etc.

Il y a aussi toute l'offre de formation qu'on va développer, parce que notre pays a un défi en termes de formations : filières d'apprentissage et d'alternance et formation continue. On a des offres qui vont s'ouvrir avec, en particulier, les branches professionnelles et les régions. Et c'est vrai qu'on va avoir besoin de sites, là aussi.

Et donc il faut regarder lesquels sont les plus adaptés. Enfin, la 3e chose, ça a été aussi mentionné : je souhaite qu'on puisse développer, dans le cadre des politiques qui sont menées, toutes les innovations éducatives qui permettent, en particulier à nos jeunes les plus en difficulté, en redéveloppant l'accueil permanent, d'avoir des offres un peu différenciées, qui, comme dans les Epide ou les écoles de la 2e chance, permettent d'apporter une réponse. Et là, les sites AFPA sont des sites tout à fait pertinents pour être récupérés.

Donc il ne s'agit absolument pas de rester avec des friches administratives et de considérer qu'il faille changer l'usage. On a besoin de cela. J'ai demandé que le gouvernement puisse piloter...

On va, je pense, nommer, d'ailleurs, une personne en charge pour faciliter le dialogue, pour que cette emprise immobilière puisse être utilisée dans le cadre des projets qui sont les nôtres. J'ai été ensuite interrogé...

Alors c'était vous, monsieur le maire. Et vous avez, en quelque sorte, inauguré une préoccupation qui ensuite a traversé la salle, sur la santé, les déserts médicaux et les médecins. Alors.

D'où vient le problème ? Est-ce que la solution que vous proposez, ou que quelques autres ont proposée, est possible à tenir ? Et quelles sont les propositions qu'on va essayer de décliner ?

Le problème vient de loin et il s'est en quelque sorte combiné. Nous avons fait une erreur, mais qui remonte à 30 ans. Et je dis ça avec beaucoup d'humilité, parce que j'aurais pu faire la même, et sans doute faisons-nous aujourd'hui des erreurs dont on s'apercevra dans 20 ou 30 ans.

Donc il faut avoir beaucoup d'humilité. Mais beaucoup d'économies développées ont pensé, quand les dépenses de santé s'envolaient, qu'on pouvait réguler les choses par l'offre. Et on a dit : "On va installer moins de structures, "former moins de médecins, on dépensera moins en santé." Mais on a sous-estimé l'évolution profonde, d'abord la demande, mais surtout l'évolution là aussi démographique et scientifique, qui est que l'amélioration de nos traitements, le vieillissement de la population font que notre système a eu, en fait, de plus en plus besoin de santé, et a encore de plus en plus besoin de santé.

Et donc on a en quelque sorte créé nous-mêmes de la rareté. 1er point, ce qui n'enlève pas les besoins, mais ce qui crée des situations absolument insoutenables : la pression sur les urgences en milieu urbain, les déserts médicaux dans les milieux ruraux ou en périphérie, d'ailleurs, aussi, de grandes métropoles. La 2e chose, c'est que le besoin de santé a changé.

Notre système de santé, il a été pensé en 58 par la loi Debré, en particulier le système hospitalier et ce qui va autour. Il a été pensé dans un cadre où il y avait le médecin de campagne, quelques spécialistes, l'hôpital qui formait, faisait la recherche et traitait les pathologies les plus aiguës. Nous traitons aujourd'hui...

On soigne de mieux en mieux ces pathologies aiguës. Et donc, au fond, aujourd'hui, le défi notre système de santé, c'est de soigner des pathologies chroniques au plus près du terrain et d'accompagner le vieillissement. Ce qui fait que les besoins en termes de santé se sont totalement déformés et la structure qu'on a aujourd'hui n'est plus adaptée à ça.

Dernier point, celui-ci territorial. Les territoires qui ont commencé à avoir des difficultés sur le plan démographique et/ou économique, l'un renforçant l'autre, ont en effet, du coup, moins attiré les professionnels de santé. Ca a eu un effet boule de neige qui sont les déserts que nous vivons aujourd'hui.

Alors, est-ce qu'on peut répondre à cela en essayant de préserver nos structures actuelles ? Je ne crois pas. Par contre, ce que vous avez très bien dit, ce que vous avez dit, madame le maire, c'est quand on impose le changement, quand on ne l'explique pas, quand la défiance s'installe, là, on crée toutes les conditions pour que les choses aillent encore moins bien, encore plus lentement, avec des conflits, des drames et des incompréhensions mutuelles.

Est-ce qu'on peut recréer partout la même offre de santé en obligeant les médecins à s'installer ? Je ne crois pas à cela, et je n'y crois pas en raison même de ce que sont nos professionnels de santé et la situation que j'observe. Pourquoi ?

D'abord, parce que nos médecins, aujourd'hui, et ceux qui ont déjà une quarantaine d'années, ils ne veulent plus vivre comme les médecins d'avant. Ils ne veulent plus vivre, même si c'est un héros du quotidien dont vous avez décrit la vie, comme Félix. Et ça, c'est vrai.

Et je ne peux pas les forcer à vivre comme Félix. Il y a une génération comme ça, de héros, nos médecins de campagne. Il y en quelques-uns.

Mais dans la nouvelle génération, ça n'est plus vrai. Ils ne veulent plus vivre pareil. Ils veulent pouvoir avoir une vie de famille.

C'est une profession qui s'est féminisée durant ces 20 dernières années. Donc il y a aussi la nécessité d'être mère ou père de famille. Il y a la volonté de travailler beaucoup plus entre professionnels, et donc d'avoir une autre vie.

On veut plus être tout seul à travailler dans le secteur et on veut plus être dérangé à 23 h ou minuit, tous les jours ou tous les week-ends. Si c'est la vie que vous proposez, je peux vous le dire : ça marchera 1 an ou 2 ans, votre solution, et ils partiront. Et d'ailleurs, un des problèmes qu'on a aujourd'hui en termes de démographie médicale étant qu'en plus du numerus clausus qui a été jadis pensé, on a environ 40 % des professionnels que nous formons, que nous avons formés, qui ont quitté la profession de médecin, parce qu'ils ne voulaient plus de cette vie.

Donc les contraindre en les installant, en disant : "Toi, tu viens t'installer là pendant 2 ans", je crois pas du tout que ça marche. D'abord, vous aurez une bronca immédiate des étudiants de médecine, des jeunes externes et internes. Non, mais qui considèrent qu'en quelque sorte, et ce qui est vrai, dans l'espèce de contrat qui est passé avec eux...

Ils disent : "Nous, pendant, des années, "on contribue au service médical, "on fait fonctionner les hôpitaux." Il y a pas un hôpital de France qui fonctionne sans les externes et les internes. Et ils ne sont pas payés comme un médecin à temps plein.

Donc l'équilibre que cette profession a trouvé, il repose sur cette base-là. "Pendant l'externat et l'internat, "on donne à la collectivité qui nous a payé nos études "et nous accompagne, mais après, on a une forme de liberté." Donc je pense que si j'allais dans votre sens, outre le fait de créer une bronca, ce qui est pas forcément ce qui m'arrêterait, je pense que c'est inopérant.

Parce que on n'apporterait pas davantage la solution. De la même manière, quand je regarde les nouveaux médecins qui s'installent, le conventionnement n'est pas forcément ce qui les orientent le plus. La clé, elle est dans une politique d'incitation qu'on doit développer, accélérer, et qui a commencé à être pensée sur les territoires.

C'est accélérer la création, là on a mis le budget en place, les structures, et il faut que ce soit pensé en intelligence sur le territoire, c'est pas décidé d'en haut. Développer ces maisons pluridisciplinaires de santé qui permettent de répondre à une aspiration des médecins et de la population. On veut travailler ensemble. (Propos inintelligibles) Alors je continue.

Donc il y a des endroits où ils en veulent, et il n'y en a pas. Il y a des endroits où ils ont commencé à le faire, et ça marche très bien. Mais simplement, il faut pas le freiner.

Il ne faut pas freiner, il faut continuer ce développement. Et cette réponse continue à être pertinente. La 2e : il faut inciter les médecins à y aller.

Et c'est ça, ce qui manquait. Donc c'est pour ça que dans la loi santé, il y a une proposition qui est de permettre aux médecins de s'organiser en collectivité médicale, et donc d'être accompagnés et incités. C'est pour ça que non seulement on les favorise et valorise en termes de rémunération, mais on les dote, pour ceux qui choisissent cette organisation, d'assistants médicaux.

C'est-à-dire que le ministère et l'assurance maladie payent un aide ou une aide-soignante, un personnel administratif, des gens qui vont venir alléger ces professionnels de santé de leurs charges, soit sur des actes de soins ou des actes administratifs. Ce qui correspond, là aussi, à une demande très forte et rend beaucoup plus incitatif ces maisons pluridisciplinaires. Donc c'est pas que les murs, il faut qu'il y ait politique d'incitation qui l'accompagne. 3e chose : on repense le financement des soins.

C'est-à-dire pour les favoriser et aller dans ce sens-là, il faut permettre de plus en plus de valoriser, mieux rémunérer le professionnel de santé sur sa politique de prévention, sa participation au travail, en quelque sorte, d'une meilleure santé de la population et pas seulement à l'acte, ce qui est le pire moyen d'être rémunéré. Et donc, sur ce sujet, le coeur de la réponse, pour moi, et sans cette politique incitative, les assistants médicaux, le développement des structures, une rémunération plus adaptée, pour les conduire à aller dans ces zones carencées. Ensuite, on va développer, monsieur le maire, et ça correspond aussi à ce qui a été dit par monsieur le maire, en comparaison avec les experts-comptables, on va développer des postes de médecins salariés qui permettront, là où certains sont prêts à avoir une forme de sécurité d'emploi, une visibilité dans ces maisons ou ces structures, sur la base de choix, d'aller vers une solution comme celle-ci.

Ca correspond pas à la volonté d'une large majorité, mais ça peut aller justement dans le sens d'une offre sur le terrain. Donc voilà les dispositifs qui vont être mis en place pour répondre à ce besoin. Ensuite, il y a les groupes de santé de proximité, les hôpitaux de proximité, qui vont être développés.

Et là, on rejoint toutes les problématiques de restructuration hospitalière. Je connais évidemment le cas de la maternité, madame le maire. Et vous en avez reparlé avec beaucoup d'émotion.

Et je sais l'émotion que cela a suscité. on est au coeur, véritablement, d'un dossier où les malentendus sont multipliés, où la défiance s'est installée. Non, mais je le dis en prenant, d'ailleurs, à part...

Cette restructuration est décidée, si on reprend les prémices, au fond, il y a longtemps, et on connaît les chiffres. Mais je pense qu'il faut, ensemble, qu'on regarde les choses et qu'on les pense différemment. D'abord, est-ce que je peux vous dire moi, aujourd'hui, même si je voulais vous faire plaisir, que la maternité du Blanc pourrait se rouvrir ou autre ?

Je ne serai pas responsable, si je vous disais ça. Je ne suis pas gynécologue obstétricien, mais j'ai regardé les rapports qui ont été donnés. Ce que tous les professionnels, et là, en terme de santé publique, disent, y compris en termes de nombre d'actes qui sont considérés comme étant suffisants ou correspondant à un minimum pour que ça ne devienne pas dangereux, on n'y est plus, et on n'y est plus depuis un moment.

Et ça c'est baissé...

Mais c'est factuel. Par contre, ce qui est vrai, c'est qu'on l'a sans doute pas assez expliqué, ça n'a pas été assez concerté, et on a pas reprojeté la population, les élus, les acteurs hospitaliers, vers un projet qui est positif, parce que quand on ferme...

J'étais il y a quelques semaines en Normandie, avec exactement le même type de problèmes, à Bernay. Quand on n'explique pas aux gens de la défiance s'installe, tout le monde se bloque. Mais si on dit qu'il y a à côté de ça un besoin, et un besoin, parce qu'il faut pouvoir accueillir pendant un temps les futures mamans, il faut pouvoir accueillir les nouvelles mamans après qu'elles aient accouché.

Et donc, on a besoin on a besoin de centres d'accompagnement, de périnatalité. On a besoin, en termes de gériatrie ou autres, d'une offre de soin, et celle-ci, qu'elle se localise au plus proche du terrain, ça a un sens. Mais si on n'explique pas qu'on a un projet, qu'il faut changer le projet initial d'une structure quand elle a été pensée pour une démographie ou un territoire, parfois, il y a plusieurs décennies, on ne peut pas faire adhérer les gens à un projet, on peut pas leur dire qu'il y a pas un projet caché qui serait de tout fermer.

Donc moi, j'ai beaucoup de respect pour le combat que vous avez mené, que vous menez. Et beaucoup de respect pour la population qui est derrière ce combat. Je vous dis qu'en l'état actuel des choses, je ne serais pas responsable à dire : "On va rouvrir la maternité." Par contre, ce que je veux, c'est que, conformément au projet de santé, ce à quoi je crois, on puisse ouvrir l'offre de santé qui a du sens, justement, dans votre commune.

Et qu'en lien avec le regroupement hospitalier, qui a été pensé il y a plusieurs années et qui a permis de rapprocher des structures, on ait une articulation de l'offre de soins, entre les territoires qui répondent aux besoins. Il doit y avoir un avenir médical sur votre commune. Il doit y avoir une cohérence médicale de cette offre de soins.

Et ça, je pense que c'est très important. Qu'est-ce qu'on va être amené à faire en dynamique, ensemble, dans tous les territoires de France ? C'est d'avoir beaucoup plus cette concertation, et là-dessus, je le dis, je l'ai d'ailleurs dit hier en Conseil des ministres quand le projet a été pensé.

Je crois que le projet est bon en termes médical. Il doit devenir pertinent en termes territorial. Ce qui veut dire qu'il doit être décliné sur le territoire, avec les élus que vous êtes, les services de l'Etat, pour être pensé dans une dynamique de territoire.

Et la grande faiblesse qu'on a eue, ces dernières décennies, sur ces sujets comme sur d'autres, c'est qu'ils ont été pensés souvent, je dirais, trop dans une filière de compétences, en disant ; "Il y a une vérité médicosociale "qui ne souffre pas la discussion avec le terrain." C'est pas vrai. Et donc, ça peut pas tomber d'en haut, sans concertation, sans discussion, sans projet partagé avec les élus, la population, et puis des professionnels de santé, qui sont dans ces structures et qui ont aussi des projets, qui savent quels sont les besoins.

Donc, ces projets de territoire sont très importants pour moi, parce que un des leviers aussi du projet santé, et qui répond à votre demande, c'est de décloisonner le libéral de l'hospitalier. Ce qui est aussi une autre manière de garder des structures et d'améliorer notre fonctionnement. Ces dernières années, on a fermé trop de structures hospitalières, alors même qu'on a recréé des maisons pluridisciplinaires.

C'est quand même fou. Il faut qu'on permette beaucoup plus facilement à des praticiens hospitaliers d'aller faire du libéral si ça a du sens et que ça vient compenser un besoin, parfois à quelques kilomètres de là où ils sont, et qui pourrait répondre, d'ailleurs, dans certaines déserts médicaux à des besoins. Il faut permettre à des professionnels qui sont dans le libéral d'aller utiliser un plateau hospitalier qui s'est peut-être libéré ou qui moins utilisé. parce que c'est pertinent pour eux.

Parce qu'à la fin des fins, c'est quand même l'argent de la collectivité, même quand on est dans le privé. Les actes sont des actes qui sont remboursés pour beaucoup par la Sécurité sociale. Donc, voilà sur ces sujets de santé, si vous voulez, le panorama des réponses que nous souhaitons apporter et aussi du changement de méthode et de philosophie que je souhaite qu'on apporte dans le cadre des discussions au plus près du terrain.

Et donc, sur ce point, madame le maire, je veux vraiment vous dire que je veillerai à ce qu'il y ait un projet de santé sur la structure, on répliquera pas ce qui se faisait avant, mais qui soit cohérent avec ce qui peut être porté, et qu'on puisse aussi apporter une réponse cohérente sur l'ensemble du territoire, parce que vous très bien dit : "On ne peut pas laisser des habitants, "en restructurant l'offre, mais sans apporter une réponse, "par exemple, en termes de mobilité." Et là, une des choses, en l'occurrence, qui ne fonctionnent pas, c'est qu'on ne peut pas dire à la fois : "On vous demande d'aller à 60 minutes", ce qui est tout à fait pilotable, et de dire, "Je n'apporte pas "l'offre de mobilité et le service d'ambulances, "qu'elle soit publique ou privée, "qui permet de vous assurer que je réagis vite". Ca, on va le regarder, mais c'est évident que ça fait partie de la réponse d'ensemble qu'on doit apporter à nos concitoyens, et qui doit accompagner ce genre de restructurations.

Et je vous remercie pour les autres points qui ont été évoqués. Monsieur le maire de Mézières-en-Brenne...

Pardon. Vous êtes revenu...

Vous avez, et je vous en remercie, mentionné les différents projets que votre commune et vous-même avez porté sur la capacité à expérimenter à être un territoire sur les transitions en termes de mobilité ou d'écologie. Ca rejoint ce que plusieurs ont aussi évoqué sur ces points. Résolument, oui.

Et là-dessus, ça rejoint ce qui a été évoqué en fin de propos. Si nous voulons réussir à recréer de l'emploi, de l'activité, dans des territoires qui ont parfois souffert, et qui ont perdu ou vu s'effacer leur empreinte industrielle, il est indispensable de pouvoir accélérer le réinvestissement. C'est de l'argent parfois, mais ce sont des délais, toujours.

Nos délais, aujourd'hui, ne sont plus adaptés à ce combat. En matière, en particulier, en effet, de transition écologique environnementale. Nos délais ne répondent pas aux besoins.

Dans la loi mobilité, enfin la loi Pacte, qui est en train de finir son chemin parlementaire, et puis dans la loi mobilité, on va apporter des réponses sur ces sujets-là. J'étais hier avec les constructeurs automobiles du monde entier pour leur dire : "La France", vous l'avez évoqué, "veut être un des leaders de l'électrique, "du véhicule autonome et de l'hydrogène." Il faut pouvoir faire des territoires d'expérimentation, et donc très vite donner des autorisations.

On est en train de créer le cadre législatif qui permettra à des territoires qui sont candidats de le faire, et très vite. On a commencé, d'autres l'ont évoqué, sur la méthanisation, à réduire les délais. Le ministre dans des compétences antérieures et la secrétaire d'Etat, maintenant, travaillent beaucoup sur ce sujet, parce que les délais, par exemple, dans le monde agricole, pour faire des méthaniseurs en particulier, les délais de raccordement au réseau.

Parce qu'on sait bien que le chantage se faisait souvent là-dessus, étaient totalement impropres. On a commencé à les réduire, on évalue. Et maintenant, on passe de plus en plus tout vers la demande de certificat unique avec des garanties, justement, de délais.

Moi, ce que je veux qu'on puisse donner, c'est des rescrits de temps. C'est-à-dire qu'on s'engage, quand un dossier est déposé, à dire : "Dans tant de temps, "les administrations", parce qu'il y a tous les collectivités avec l'Etat, et c'est un, bien évidemment, c'est le parcours du combattant, "vous réponde dans un temps donné, et le plus court possible". Et on a le même sujet sur l'éolien et le solaire.

Certains ont évoqué l'éolien. L'éolien devient un sujet de concertation locale, avec beaucoup de tensions. Il y a des territoires qui veulent en accueillir, d'autres qui ne veulent plus.

Et donc, sur ce sujet, il faut aujourd'hui être très vigilant. Il n'y a pas de recette simple. Le solaire, par contre, doit s'étendre beaucoup plus rapidement.

On a des friches, militaires en particulier, qui peuvent être reconverties en fermes solaires, dans beaucoup d'endroits. Les délais, aujourd'hui, sont beaucoup trop lents Et donc, j'ai demandé au gouvernement de pouvoir les réduire, qui sont d'ailleurs des délais de libération de ce foncier, bien souvent, comme d'autorisation des projets. Et donc, ça c'est pour moi un point très important pour redonner des perspectives à vos territoires sur ces sujets.

Ensuite...

J'ai été interrogé sur...

M. Courlet, le maire de...

Voilà. Sur...

Le destin des petites communes. Les problématiques de desserte. Plusieurs sont revenus en creux sur les sujets de dessertes.

Je sais tous les points de sensibilité. Je veux quand même dire qu'il y a eu un très gros travail qui a été fait ces derniers mois, avec beaucoup de concertations. Et on va pouvoir arriver aux demandes sur la réouverture de l'arrêt sur Argenton-sur-Creuse.

Le 19 h 41 aura bien un arrêt, je peux ici vous le confirmer. On pourra, à partir de mi-février, revendre les billets. Et l'ouverture effective se fera début mai.

Voilà. Ca, je pense que c'était, je le sais, attendu. C'est à la fois légitime et pertinent.

Je sais que sur des départements voisins, il y avait des demandes pour aller beaucoup plus loin sur certaines rotations, la souterraine ou autres. Ca, c'est pas jouable. En tout cas, il faut voir avec la région si on arrive à redévelopper une offre TER et accompagner.

Mais ça, je pense, que c'était totalement légitime. Et toute la réforme SNCF, dont on a tant parlé, a pour but, précisément, de redonner de la compétitivité et de l'adaptabilité à la SNCF, de pouvoir réinvestir sur l'entretien, et donc de répondre à cela. Et bien souvent, sur ces sujets de mobilité, en particulier ferroviaire, on voit le symptôme qui est d'aujourd'hui.

Mais la cause profonde, elle est dans l'absence de réformes, il y a 10 ans, 20 ans, 30 ans. Et le fait qu'on a à la fois sous-investi et trop peu réformé et du coup, on se retrouve dans cette situation d'impasse. Et donc la réforme qui a été portée l'année dernière donnera ses pleins rendements sur ces sujets dans 10, 15 ans.

Mais d'ores et déjà, on doit pouvoir accompagner des réouvertures. Celle-ci en fait partie. Ensuite sur ce que vous disiez, sur le destin des petites communes rurales par rapport à la dynamique métropolitaine.

Moi, je crois profondément qu'il y en a une. D'ailleurs, vous êtes beaucoup à le porter ici. Il y en a une d'abord parce qu'il y a des activités en capillarité qui vont continuer à se redévelopper.

On est en train de faire redémarrer notre industrie. Et on l'a vu avec, par exemple, territoire d'industrie. Plusieurs d'entre vous font partie de cet appel à projets.

On a vécu une crise, 2 vagues de crise de désindustrialisation, avec la mondialisation, puis la crise financière. Pour la 1re fois, en plus de 10 ans, le dernier semestre 2018, nous avons recréé de l'investissement et de l'emploi industriel. Et donc on redémarre l'industrie sur nos filières historiques, comme sur de nouvelles filières.

Mais il faut faire quoi ? 1, redémarrer l'investissement productif. C'est les décisions qui ont été prises. et la politique d'attractivité et les politiques fiscales.

Accélérer la politique d'investissement dans les compétences qui est indispensable. Il n'y a pas d'industrie s'il n'y a pas les formations. Ca, c'est ce qu'on pousse beaucoup avec, en particulier, les présidents de région.

Et 3, retisser l'industrie au plus près du terrain. Le nouvel avenir industriel français, c'est pour ça qu'on a cet approche par territoire d'industrie, il ne sera pas dans les métropoles. Coût du foncier, coût de congestion, etc.

Et donc ils sera dans nos villes intermédiaires, dans une petite ville, avec des réouvertures, du développement, de la réinstallation. C'est absolument indispensable. Et il y a une véritable attractivité qui est là, avec un savoir-faire un goût, etc.

Pardon ? Je vais y venir pour répondre à la question de madame. Ne vous inquiétez pas.

Je dis : "Nous, on met 15 milliards, "et on a fait une transformation en profondeur des formations." Après,il faut avoir les bonnes politiques pour inciter et pour accompagner. Mais ça, c'est indispensable en matière industrielle.

Il y a un avenir industriel dans le rural. Il y a les filières agricoles, ça a été très bien dit, qui sont dans cet avenir, moi je crois beaucoup à la souveraineté alimentaire et à l'ambition agricole du pays. J'aurai l'occasion de le dire samedi prochain.

Et il y a les nouveaux usages de travail. Le télétravail, le partage de travail, qu'il soit d'ailleurs industriel ou de services, va se développer, et on n'en est qu'aux balbutiements. Ce qui rend encore plus nécessaire la bonne desserte et des infrastructures, à la fois de mobilité, mais du numérique.

Mais pour moi, l'avenir en termes de création d'emplois dans les territoires ruraux, et le tourisme fait partie de ces filières d'avenir aussi. Et donc je considère pas du tout...

Je pense qu'on est au creux de la vague, là, aujourd'hui. On est même en train de remonter, dans certains cas du territoire. Mais il y a une véritable dynamique.

Simplement, cette dynamique n'est pas unique. Et c'est pas un grand plan dans lequel on pourrait, en quelque sorte, dessiner les avenirs de la ruralité pour la France toute entière. Ca dépend aussi des dynamiques métropolitaines, des dynamiques régionales qu'il peut y avoir.

C'est aussi pour ça qu'en termes d'infrastructure, si vous regardez la stratégie retenue par le gouvernement, ça n'est plus d'aller promettre des aéroports ou des TGV à tout le monde, mais la connexion de chacun avec la métropole ou le bassin d'activité, qui est le plus pertinent pour elle. C'est cette mobilité ou cette accessibilité de proximité, mais qui est celle qui permet véritablement de consolider ou de redévelopper une emprise industrielle ou économique. Monsieur le maire de La Châtre, vous m'avez interrogé...

Alors vous avez raison sur les actions Coeur de Ville. Le plan Dauge a eu énormément de force d'intérêt et a apporté beaucoup de choses. Le plan Coeur de Ville ne se substitue pas aux initiatives du sénateur Dauge.

C'est un plan à part qui a été porté avec 222 signataires et qui s'est déployé. Mais ce qui est vrai, c'est qu'il a vocation à être, pour les les communes de plus de 10 000 habitants. Compte tenu de votre taille, vous êtes en-dessous.

Ce que nous sommes en train de réfléchir, de penser et de concevoir, et qui, pour moi, est un des sujets de sortie, c'est d'avoir une réponse pour, justement, ces communes qui sont en-dessous de 10 000 habitants, et avoir l'équivalent du plan Coeur de Ville. C'est-à-dire un accompagnement des projets, qu'ils soient d'ailleurs patrimoniaux, de rénovation urbaine, de rénovation du commerce et de l'artisanat ou du logement, parce que là aussi, les problématiques sont extrêmement multiples. Et donc on apporte une réponse, y compris en termes d'accompagnement fiscal ou d'incitation, quand on est face à de l'emprise de friches ou de l'emprise d'immobilier diffus, dont, parfois, le coût a monté, et qui rend très difficile la restructuration ou le retricotage d'un centre-ville.

Votre cas, entre guillemets, sera pris en compte et rentre pleinement dans cette initiative. La 2e chose sur laquelle je voulais insister, qui correspond à ce que vous avez dit et vos demandes, c'est le problème de l'ingénierie. On se retrouve souvent devant des projets qui sont assez importants, et quand on est dans une commune de taille moyenne, ou dans une commune de plus petite taille, c'est très difficile de mener le projet.

Donc, on attend les financements, les autorisations, et quand le projet arrive, compte tenu des équipes qu'on a, soit on doit grever le projet de son coût de fonctionnement en embauchant des cabinets d'étude, des gens de manière ad hoc, soit on n'arrive pas à le développer suffisamment vite. C'est exactement ce qui est au coeur de cette agence nationale de cohésion des territoires. Pour moi, cette agence, elle sera dans chaque territoire auprès des préfets, et en lien avec l'ensemble des élus, pour que, quand il y a un projet, un besoin d'ingénierie, parfois les collectivités les plus importantes, régions départements arrivent à accompagner, mais que l'Etat puisse, sur des compétences techniques, apporter l'expertise et déployer justement ces professionnels, ingénieurs, administratifs, etc., parce que ça correspond à une demande et c'est quelque chose qui permet d'accélérer beaucoup de projets, ce qui est un élément essentiel.

Sur les ERT élargies, la loi ELAN va dans ce sens. Il faudra voir si elle permet...

Je pense, à vous écouter, elle permet d'avancer. Sur le guichet unique des services de l'Etat, je suis résolument en faveur de cela. Et j'ai demandé qu'on puisse regarder les choses, aussi bien pour les élus que vous êtes, que pour nos concitoyens, sur beaucoup de sujets.

Monsieur le maire, qui est président de votre intercommunalité. M. Daugeron s'est exprimé après vous.

Alors sur les Ehpad, j'ai évoqué le sujet. J'y ai déjà répondu, et vous avez totalement raison sur ce point, sur l'agriculture, là-dessus, et vous avez évoqué l'élevage...

Là aussi, nous sommes à un tournant. Il y a eu, pendant la 1re année du quinquennat, un très gros travail qui a été fait avec toutes les filières, ces états généraux de l'alimentation, permettant de répondre justement à une partie des problématiques que vous évoquiez. Elles se sont traduites par une loi qui rentre en ce moment, précisément, en vigueur.

Toute la stratégie agricole, d'abord elle repose sur une conviction double, moi, que je porte. C'est un secteur d'avenir, parce qu'on a besoin de développer notre souveraineté alimentaire, en tant que Français et Européens. Dépendre de l'étranger, il y a des imports et les exports, et c'est très bien, mais créer et constituer, instituer, une dépendance, c'est ne pas être une grande puissance autonome.

Et c'est ensuite se mettre dans une situation où on ne peut plus garantir à nos concitoyens la qualité et traçabilité de ce qu'ils mangent. Or, c'est ce qu'ils veulent. Il y a un droit à l'alimentation saine, aujourd'hui, qui est au coeur des aspirations notre pays.

Et je me félicite que nous ayons, parmi les meilleurs services vétérinaires de consommation de répression des fraudes, qui ont permis d'ailleurs de débusquer cette affaire de viande polonaise, de la retracer jusqu'aux derniers kilos, de savoir où ils étaient entreposés et qui avait fraudé, et de pouvoir aussi sauver la fierté, l'honneur et la traçabilité de toute la filière viande française, par ailleurs. Et donc, c'est pour ça aussi que je développe au niveau européen la force de cette filière. La 2e chose, c'est que notre agriculture, et le département comme la région en sont un formidable exemple, elle fait partie des travaux d'aménagement et d'environnement du territoire.

Et donc, ce sont aujourd'hui des services annexes. On l'a évoqué avec la méthanisation. C'est de l'entretien des territoires, qu'il s'agisse de cours d'eau, de bocage, d'équilibre, d'ailleurs, des sols, qu'il faut rémunérer.

C'est les fameux, justement, services environnementaux sur lesquels s'est beaucoup battu le ministre Travert, à qui je veux rendre hommage et qui a préparé cette loi. Et donc, voilà. Forts de ces convictions, on a mis en place ce dispositif.

Maintenant, pour donner une perspective et vraiment se battre pour notre agriculture, on a un 1er pari : c'est défendre des prix. Nos agriculteurs, ils veulent vivre du prix payé. On a là, les négociations commerciales qui s'achèveront dans quelques semaines, avec l'engagement qui a été tenu d'augmenter le seuil de vente à perte et de s'assurer que ça redescende dans les filières.

Et on va s'assurer le tracé, développer les choses. On a développé les contrats de filières, poussé les producteurs à s'organiser davantage entre producteurs pour mieux négocier les prix, ce qui est absolument indispensable pour avoir ces résultats. Ca, c'est quelque chose qu'on va suivre.

On a des 1ers résultats dans certaines filières. Le lait se porte mieux que naguère, l'oeuf ou la volaille, qu'on évoquait tout à l'heure, avec l'un de vos collègues. Le boeuf, le porc, ça reste très dur.

Donc, ces filières doivent s'organiser différemment, beaucoup plus fortement, pour ensuite choisir la bonne stratégie de filière. Il n'y en a pas qu'une, là aussi. Certains veulent monter en gamme, d'autres veulent aller vers les AOC, les AOP, le circuit court.

D'autres veulent rester dans l'intensif pour aller à l'international. Ce qui est sûr, c'est que si on est moyens de gamme, peu compétitifs, on est morts. Et c'est ce qu'ont eus beaucoup de territoires et beaucoup de filières.

Et donc ça, c'est au coeur du projet que nous portons. La loi est passée. Maintenant, c'est une animation de filières et la discussion avec celles-ci.

J'ai évoqué les sujets, ensuite, industriels. Et je partage totalement, sur ce point, l'aspiration qui est la vôtre. Le maire de Saint-Août.

Monsieur le maire, vous avez évoqué essentiellement...

Je regarde, parce que j'ai déjà répondu sur la désertification médicale et la conviction que je porte, et ce que nous sommes en train de faire. Sur la fibre et le mobile, qui est l'autre point que vous avez évoqué et sur lequel plusieurs sont revenus. Je partage totalement votre engagement sur ce sujet, et je l'ai jadis porté comme ministre.

Et qu'il s'agisse du fixe comme du mobile, avec, d'ailleurs, vos parlementaires, il y a eu un très gros travail qui a été fait par les ministres pour passer le new deal avec les opérateurs, en décembre 2017, et accélérer les délais en même temps que renforcer leur responsabilité. Et puis accélérer donc le plan de France très haut débit, pour permettre de couvrir l'ensemble du territoire. On va regarder votre cas particulier.

C'était monsieur le président du département qui l'a évoqué. Moi, je suis pas contre pouvoir rouvrir. Il y a aujourd'hui un plan de charge, donc il faut qu'on arrive à trouver la voie de passage pour que ça vienne pas embouteiller le reste des choses.

Parce qu'il y a une espèce de traitement de fils, mais je crois pas qu'un projet comme ça puisse être de nature à bloquer les choses. Notre objectif est double. C'est, dans ce quinquennat, d'une part, d'accélérer la couverture fibre.

C'est le fameux plan très haut débit en lien avec les collectivités, pour des zones les moins tendues. Et c'est d'accélérer le déploiement d'antennes pour le mobile et l'Internet mobile, qui est absolument clé. Celui-ci, d'ailleurs, quand il se déploie très vite sur 4 G, 5 G, pouvant se substituer à la fibre.

C'est le choix que certains sont en train de faire, parce qu'ils disent : "Si j'ai la 5 G mobile "avec le meilleur débit possible, la fibre elle-même "devient superfétatoire", en quelque sorte. Et là-dessus, c'est là que nous avons accéléré les choses et qu'on a remis en quelque sorte dans le pot de la discussion les droits que l'Etat d'habitude touche lorsqu'il attribue des fréquences hertziennes aux opérateurs en réinjectant une partie de cet argent dans les projets, et donc, dans l'accélération de ce déploiement. Dans les 2 cas, on a décidé, il y a maintenant presque un an et demi, une accélération du déploiement parce que c'est clés pour redonner de l'avenir industriel, pour réattirer des habitants, pour développer les services éducatifs, pour développer la télémédecine, qui fait partie aussi des offres indispensables, si on veut développer le médical dans le monde rural ou très rural.

Et donc, là-dessus, vous m'aurez pleinement à vos côtés, y compris pour revoir de manière pragmatique, les projets. Monsieur le maire d'Issoudun. Monsieur le président.

D'abord, je suis évidemment déçu que, surtout ici, vous ne m'ayez pas parlé en tant que maire d'Issoudun, parce que vous auriez pu me dire tout ce que le gouvernement vous avait donné : Coeur de Ville, Territoire d'industrie et les formidables projets dont votre ville a pu bénéficier. Mais vous êtes revenu sur les sujets plus nationaux, monsieur le maire. Bon.

Sur vos propos, qui étaient approximatifs, je me suis exprimé. Sur les sujets...

Si, j'ai dit qu'ils étaient faux. Et sur les sujets financiers, je pense qu'il ne faut pas que vous vous trompiez. Et ça rejoint un débat qu'on a parfois avec le président Berbérian, quand il dit : "La dotation dans le rural, "elle est 2 fois moins que dans l'urbain." Non, parce qu'il prend la dotation forfaitaire, et le président Laignel a aussi parlé tout à l'heure de la dotation forfaitaire en parlant des 19 500 communes.

Je veux bien, mais la dotation forfaitaire, c'est pas toute la dotation. Et le législateur, année après année, décide même que c'est de moins en moins toute la dotation pour pouvoir faire de la péréquation. Si c'était toute la dotation, les ruraux seraient les 1res victimes.

Je vais juste vous donner une illustration dans un département comme le vôtre...

Non, mais 19 500 sur le forfaitaire, après certains vont perdre peut-être encore plus s'ils sont riches et d'autres vont monter. C'est ça. Et c'est là où vous inquiétez certains, vous êtes malhonnête sur les autres.

Mais je peux vous le dire. Quand on dit la moitié de la vérité, c'est qu'on dit pas toute la vérité. Alors la DGF.

Quand on est est dans le département, si je ne prenais que la dotation forfaitaire...

D'abord, c'est pas vrai de dire qu'elle baisserait pour toutes les communes, mais ici, la DGF de l'Indre, elle est les 203 euros par habitant. Au national, elle est 264 euros par habitant. Si je ne prenais que la dotation forfaitaire dans le département, vous seriez en-dessous de la dotation forfaitaire nationale.

C'est vrai, si je faisais la même approche, mais à la fin, aucun des élus n'aura cette situation, parce que derrière...

Non, vous avez de la DSR, vous avez de la DSU, vous avez toutes les dotations de péréquation. Mais c'est que la vérité. Le législateur, cette année, a même décidé qu'on accroisse encore la péréquation.

Si vous perdez après des habitants ou ceci ou cela, il y a les structures de la DGF. Après, il y a un cas dans chaque commune. Mais je m'inscris en faux sur l'approche qui ne voudrait regarder que la dotation forfaitaire.

Cette approche n'est pas honnête, parce qu'elle ne traite pas bien y compris la grande ruralité, qui est compensée par des dotations qui sont venues en plus de la DGF. Moi, je l'ai dit : s'il y a plus malin, qu'on le fasse. Et c'est ce que j'évoquais l'autre jour, sur la proposition qui avait été mentionnée.

Vous vous étiez réjoui, à l'époque, en disant que c'est un jour de fête, quand d'autres gouvernements avaient décidé de l'abandonner. Mais elle était au moins courageuse, cette réforme. Elle proposait de faire une péréquation de fait.

C'était moins compliqué. Simplement, c'est comme toujours dans notre pays : il y a les communes qui étaient les plus urbaines, les plus riches, ou qui bénéficiaient d'autres systèmes, elles ne voulaient pas perdre. Donc, moi ce que je peux vous dire, c'est, premièrement : ce qui dépend du gouvernement et des engagements financiers que j'ai tenus devant les Français, ils sont respectés.

J'avais dit : la DGF au niveau national, elle ne baissera pas en montant, et elle ne baisse pas. Ensuite, le législateur peut décider de modifier les choses. Le CFL peut d'ailleurs l'éclairer, et il est contraint par le législateur, comme il se doit.

Si collectivement, les élus souhaitent rendre les règles plus intelligentes, j'y suis tout à fait favorable. Mais il faut juste s'accommoder sur le fait qu'à un moment donné, si la DGF est constante, soit on décide de geler les dotations pour tout le monde, soit, si on change de curseur, il y aura des gagnants et des perdants. C'est une évidence.

Donc, il y a des communes qui gagnent beaucoup d'habitants. Elles ont une dynamique, des charges de centralité. C'est d'ailleurs pour ça qu'il y a cette dotation forfaitaire qui est liée à la population.

Elle dit j'ai des charges de centralité, je dois les avoir. Si on leur baisse de ce côté-là pour compenser d'autres communes qui sont en train de perdre des habitants et qui voient leur GDF fondre, il faut qu'il y ait un accord. Mais on peut pas dans un système où tout le monde gagne, parce que c'est l'argent du contribuable.

En tout cas, je voulais juste restaurer la réalité de ces structures. On a 4 dotations forfaitaires au niveau communal, 2 haut niveau intercommunal, plusieurs au niveau départemental régional, plusieurs critères dans celles-ci. C'est le fruit de l'histoire et d'une stratification.

C'est pas cette mandature qui les a changés. Si vous considérez, et ça, c'est une proposition concrète, que j'attends même de l'AMF, au-delà des propositions très génériques qui ont été faites, j'y suis très favorable. Mais ça suppose, et ça, c'est aussi une conversion mentale, qu'on doit faire, que les élus entre se mettent d'accord.

Parce que bien souvent, les élus en appellent à l'Etat quand ils ne sont pas d'accord entre eux, pour reprocher ensuite à l'Etat les vicissitudes qui sont liées aux différences de situations. Moi, je suis très décentralisation, mais faut y aller au bout. Quand on veut prendre les choses et qu'on veut rendre plus intelligentes, ça veut dire qu'on est d'accord de s'entendre pour les rendre plus intelligentes et d'expliquer à celui qui sera moins favorisé par le système.

Mais il peut pas y avoir toujours, d'un côté, ceux qui ont raison ou qui dénoncent le fait qu'ils perdent, ceux qui y gagnent, qui l'empochent et ne disent rien, et l'Etat qui serait forcément le mauvais garant. Ca, ce n'est pas vrai. Et je pense que d'ailleurs, ce discours, quand il s'installe, il affaiblit la République.

Je l'ai déjà dit à plusieurs reprises. Il affaiblit la Républiques, parce qu'il installe un discours mensonger contre l'Etat. Je veux défendre là-dessus les fonctionnaires et les gouvernements successifs, parce que, à la fin, le législateur, ce sont des élus.

Les membres du CFL, comme vous l'avez très bien rappelé, ce sont des élus, donc, si des élus de la République ont des idées plus intelligentes, qu'ils les proposent, et surtout, les portent et les mettent en oeuvre. Sur, ensuite, la proposition qui a été faite. Moi, j'assume pleinement d'avoir proposé de supprimer la taxe d'habitation.

C'était un impôt injuste sur le plan territorial et sur le plan social. Ce plan social est injuste, parce que le dégrèvement qu'évoquait le président, vous le connaissez déjà pour les plus modestes. Donc quand on me dit : "Vous touchez à l'impôt local, "vous allez défaire un lien ontologique "entre la commune et ses habitants." La belle affaire !

Il y a plein de communes, la moitié de leurs habitants, ils ne payent plus la taxe d'habitation, C'est l'Etat qui la paye pour eux. On le sait bien ! C'est les plus modestes.

Les classes moyennes, elles, la payent, mais la payent quand on habite une surface comme celle-ci, qu'on gagne une fois le SMIC, 3 fois le SMIC, 5 fois le SMIC, c'est la même taxe d'habitation. Ce n'est pas juste. Ensuite, les communes qui ont plus monté ces dernières décennies la taxe d'habitation, ce sont les communes qui avaient de la charge de centralité, ou plutôt des choses à faire, des projets à mener, et dont le potentiel fiscal, la ressource étaient faibles.

Les grandes métropoles, elles n'ont pas tant monté. D'ailleurs, leur taxe d'habitation elle est plus basse, parce qu'ils perçoivent de l'impôt sur les sociétés. Ils ont réussi même dans leurs négociations a rattraper une partie des droits de mutation pour certains.

Donc ils ont de la ressource, et les plus petites réussissent, parce qu'elles ont moins de projets ou autre à la garder. Donc c'est un impôt qui est aussi injuste territorialement, parce que ce sont souvent ces villes moyennes, ces villes, ces centres-bourgs, ces villes qui sont au coeur d'une intercommunalité qui ont dû monter la taxe d'habitation. Et c'est bien souvent d'ailleurs les villes où vont les habitants qui peuvent pas habiter dans la métropole et qui, en plus, font le trajet.

Donc, je pense que c'est juste de la supprimer. Et c'est l'Etat qui le finance par, justement, ces économies. C'est l'engagement que j'ai pris.

La question, ensuite, c'est de dire comment, et ça, j'y suis très attaché, la commune vit. D'abord le temps, de cette transition, je l'ai dit, on rembourse en totalité avec les faits de base, s'il y a de nouveaux habitants, et c'est tout à fait normal. Après, est ce qu'on transfère d'une collectivité à une autre la fiscalité ?

Le garant, in fine, de l'économie à faire, c'est l'Etat. Mais est-ce qu'il y a une refonte à faire de la fiscalité locale ? Initialement, l'AMF avait proposé de descendre la taxe foncière.

Il n'y a pas eu de consensus, a priori, sur ce point à ce stade. Ca peut être une idée intéressante, parce qu'en effet, en descendant la taxe foncière, on a quelque chose qui correspond au lien local communal. Les départements ont besoin d'une ressource fiscale également, mais c'est pas la taxe foncière, ou pour d'autres des DMTO, qui sont les plus liés à la vie du département, dans l'activité sociale, c'est peut-être plutôt une part ou une taxe, une part de fiscalité personnelle ou de CSG ou de CRDS, à laquelle l'Etat renoncera en la transférant à un département.

Ce serait peut-être plus intelligent, comme ça a été fait pour partie sur un bout de TVA, avec les régions, parce que la TVA, c'est cohérent avec l'activité économique. Mais me dire : "Notre solution, c'est le dégrèvement total", je confirme que cette solution, c'est tout sauf l'autonomie financière et fiscale. Parce que c'est dire : "Je veux, moi, l'autonomie financière "d'un impôt dont le contribuable final ne paiera pas le montant." Ah ben moi, je veux bien !

C'est une belle idée de la responsabilité fiscale et de me dire qu'ils font un lien. Mais ça va se finir...

Encore, je peux en être le garant le temps de mon quinquennat, mais après, dans la suite, on vous dira : "Le dégrèvement, ça devient une dotation. "La dotation. Bonjour.

Au revoir." Mais c'est quoi ? Un impôt qui sera en totalité dégrevé ?

Et puis qu'on resterait lésés à perpétuité. Je dirais : "Moi, je paie la taxe d'habitation pour vous, "monsieur le maire. C'est l'Etat qui la paye pour moi." Enfin.

Mais oui, enfin, ça n'a aucun sens ! Dans ces cas-là, il faut pas garder un impôt. On va se prendre le coût de collecte, le suivi, les fonctionnaires qui vont le suive, pour, derrière, le rembourser pour tout le monde ?

Je vous ai vu plus pragmatique, monsieur le maire. C'est tout. Donc, j'ai le droit de penser que c'est une proposition d'étape.

C'est votre 2e proposition, c'était pas la 1re. Celle-ci, elle dit juste : "Je veux pas m'entendre avec les autres collectivités." Mais à la fin, personne peut penser qu'elle est sérieuse.

Je vous sais pragmatique. Je sais qu'il y aura une 3e proposition, à coup sûr. Ensuite, madame...

Je crois que c'était madame le maire de Giroux, c'est ça ? Vous avez évoqué beaucoup de sujets. Certains, je les ai traités.

Je regarde. J'en ai traité beaucoup, en particulier l'agriculture. Vous avez raison sur les nouvelles tensions qui existent dans le monde rural.

Ca, c'est un vrai sujet qu'il y a. C'est aussi pour ça que je dis toujours qu'il y a des ruralité, et qu'il y a, on le voit, sur les débats sur l'éolien, la rapidité de la transition environnementale. Néanmoins, parce que vous avez parlé avec beaucoup de passion et de manière très personnelle de l'agriculture, comme ça a été fait par un autre élu, je vais vous dire que moi, je crois très profondément à cette filière, très profondément.

Et je la défendrai. Je parle souvent des paysans, d'ailleurs, plus que des agriculteurs, parce que je trouve que ça renvoie cette notion de pays et de paysage. C'est indispensable, justement, d'expliquer que c'est au coeur de notre territoire, de nos équilibres.

S'il y a des changements à faire, il faut les accompagner. Il faut laisser personne dans l'impasse. Sur le reste, je crois avoir répondu.

Vous avez insisté, à juste titre, sur le besoin de visibilité aussi qui est donné, et ça, je le partage pleinement. Monsieur le maire, M. Palas.

Vous avez soulevé beaucoup de sujets. Sur les territoires, en particulier le financement des réseaux ou les PCV, je suis surpris de ce que vous avez dit, parce qu'on a tout payé. On a même payé ce qu'on avait pas promis.

Je suis preneur qu'il y ait une discussion avec les ministres pour voir votre cas particulier, parce que ça m'a étonné. Après, en fait, vous avez parlé d'autres sujets nationaux. Sur le pouvoir d'achat.

Bon. Je réponds très rapidement. Sur les salaires, si je disais : "Je décide d'augmenter 300 euros", ou de je ne sais pas combien, je vais vous dire qui sera la victime : la compétitivité française et avec elle, les jeunes et les peu qualifiés, voire toutes nos entreprises qui exportent.

Le sujet de notre économie pendant des décennies...

Vous savez, quand je nous regarde en Europe, on était, jusqu'au début des années 2000, meilleur que les Allemands. Qu'est-ce qui a fait que les Allemands nous ont taillé des croupières dans un 15 dernières années ? Ils ont construit une compétitivité par des réformes courageuses, et nous, on a un peu stabilisé.

Ils ont réussi à baisser le coût du travail. Dans d'autres secteurs, à monter en gamme et à investir. Et du coup, ils ont plus différencié et réussi à maintenir de l'emprise industrielle.

Et donc, moi, je pense qu'il faut absolument pas dire aujourd'hui, pour régler le problème de pouvoir d'achat, qu'on va monter les salaires de tout le monde. Non. Il y a des filières où il faut avoir des discussions.

Moi, je crois à l'approche par branches. C'est tout l'esprit de la réforme qu'on a menée. Dans les services à la personne, qu'ont évoqué plusieurs élus, aujourd'hui, on a une rémunération qui n'est pas juste.

On a beaucoup de gens qui sont à temps partiel subi à à peine le SMIC. On a encore des branches dont le minimum conventionnel est en-dessous du minimum légal. Là, je veux qu'on lance une négo.

Ca, oui. Parce que ça, ça veut dire qu'on n'a pas l'équilibre social. Et d'ailleurs, c'est un problème d'attractivité, cette filière.

Pourquoi aujourd'hui on a du mal à embaucher des gens dans le secteur de la dépendance ? Parce qu'on n'a pas les niveaux de rémunération qui correspondent. Et parce que quand on regarde l'accord de branche, on demande à des femmes et des hommes, souvent, d'ailleurs des femmes, dans ce secteur-là, d'accepter un temps partiel, SMIC, avec des frais de déplacement qui sont à sa charge, Quand on est en plus parent, le reste à charge...

L'intérêt d'aller travailler est minime, quand il est pas négatif. Donc là, on a besoin, sur ses branches-là, d'avoir un vrai dialogue social et de regarder les forfaits mobilité qu'on doit remettre à la négo et de revaloriser les minimums. Pour le reste, je pense qu'on se tromperait à faire l'ajustement, comme vous le proposez, à dire : "On fait", en quelque sorte, "comme en 68, une augmentation générale des salaires", parce que c'est pas ce dont notre économie, notre société, a le plus besoin.

Elle a besoin d'avoir un système plus juste pour ceux qui travaillent, ce qu'on a commencé à faire avec la prime d'activité, on croit un impôt négatif, un peu pour ceux qui se remettent au travail, pour inciter davantage et les accompagner. On a besoin de vivre mieux de son travail, baisse des cotisations sociales et salariales. C'est en fait le financement de notre modèle qui doit moins peser sur le travail, et en particulier sur le travail peu qualifié.

C'est comme ça que je vais plutôt répondre. Et c'est aussi pour ça que moi, j'assume la bascule du CICE en baisse de charges qui va dans ce sens-là et qui est plus juste, parce qu'elle permet de toucher tout le secteur agricole qui était impacté de manière très hétérogène, le secteur associatif, les indépendants et les artisans et les commerçants qui touchaient pas le CICE parce qu'ils sont pas à l'IS, et qui, là, vont toucher la baisse de charges pour eux. Et en plus de ça, ils auront la baisse de charges salariales, 3,4 points.

Donc ils vont avoir plus de 9 points d'allègements de charges, les indépendants. Bon. Donc ça, je pense que ça va dans le bon sens, et ça rejoint votre volonté profonde.

Après, là où vous avez raison : cette année beaucoup d'entreprises vont avoir le CICE des années précédentes et les charges. C'est là où je leur demande, et on va le suivre pour les plus grandes par un dialogue individualisé, de réinvestir dans l'embauche, l'insertion, l'investissement en France. Parce que c'est ça dont on a besoin pour redémarrer.

Mais je pense que notre économie, là, il faut qu'elle se reforge du muscle. Investir dans la production, investir dans les compétences, et permettre là où c'est possible de corriger. Mais peut-être pas partout.

J'ai répondu sur les sujets de mobilité que vous avez évoqués, en particulier sur la ligne POLT. On va regarder sur les sujets de contournement. Je sais qu'il y a des discussions aussi avec la région sur les sujets financiers de ces contournements.

Donc là dessus, on va regarder avec le président, que je vois juste après, et monsieur le préfet, pour répondre aux besoins...

Pardon. C'était vous, monsieur le président qui l'avez soulevé. Excusez-moi.

Donc je crois que j'ai couvert vos sujets. Monsieur le président, j'en étais passé à vous, excusez-moi. sur la fibre, j'ai répondu.

Donc, je suis ouvert à ce qu'on regarde le projet. Sur les 2-3 points que vous avez évoqués, on va regarder aussi en lien avec la région, parce qu'elle est impliquée. Sur la santé, je crois qu'on partage la même philosophie : les leviers de la séduction.

Et sur les études de médecine, ça me permet de compléter un point, vous avez eu une très bonne remarque. On doit fluidifier le dialogue inter académies, parce qu'aujourd'hui, les choses doivent être compensées, si je puis dire, l'un l'autre. Mais surtout, les ministres de la santé et de l'enseignement supérieur de la recherche lancent une réforme des études supérieures.

On l'a commencée sur les infirmières. Vous avez peut-être vu des infirmiers, en permettant un accès plus simple. On le poursuit en ouvrant le numerus clausus et en changeant les études, parce qu'on va aussi supprimer l'examen national classant.

La volonté de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche, c'est aussi, dans la maquette et le modèle, de favoriser le cursus hors de l'hôpital et de permettre de revenir plus facilement. Je dis ça de manière très triviale, mais un jeune de Gargilesse, qui va faire ses études et qui va à Limoges, à la fin de ses études, ça fait 10, 12 ans qu'il est parti. Donc il a peut-être construit sa vie ailleurs.

D'abord, vous, ce que vous voulez, c'est que pendant ses stages d'Internat, il puisse revenir, si ce n'est à Gargilesse, dans une commune voisine. Ou à Déols, pour pas faire de jaloux. Mais ce qu'on veut pouvoir faire, c'est aussi, même avant, dans ses stages d'externat, qu'on puisse valoriser beaucoup plus le stage qui est hors secteur hospitalier.

Donc, là, aujourd'hui, il pourrait revenir, par exemple, chez vous, monsieur le maire, il faut qu'il puisse aller s'installer dans le rural, dans des maisons de santé, justement, au public, des maisons pluridisciplinaires, ce qui sera une stratégie de réponse à votre besoin, et pas simplement dans les structures hospitalières. Et ça, je pense que c'est pertinent, parce que ça recrée de la mobilité positive et ça correspond aux besoins qui sont les nôtres. Ensuite, sur les autres questions qui m'étaient posées...

M. Blanchet, c'est ça ? Monsieur le maire.

Vous avez évoqué le sujet des entreprises et compétences, donc de la formation. Ca me permet de compléter le point que je faisais. Je partage totalement le sujet.

On en a plusieurs fois parlé avec le président Bonneau, qu'il s'agisse d'ailleurs, des lycées gérés par la région de nos études supérieures et de la formation tout au long de la vie. L'un des défis qu'on a, et ça rejoint ce que disait monsieur le maire, c'est la formation. Nous sommes le seul grand pays européen qui n'a pas réglé le problème du chômage de masse depuis 35 ans.

Et on est un pays qui s'est désindustrialisé. On est en train de retourner ça, mais la clé est dans l'investissement dans les personnes. On réinvestit, là, dans l'outil productif.

Si on réinvestit pas dans les personnes, dans la formation, on pourra pas recombler cet écart. Pourquoi ? Parce qu'on a beaucoup de nos chômeurs, en particulier de longue durée, qui se sont déqualifiés.

Et à côté de ça, on a trop de nos jeunes qui n'ont pas forcément les bonnes qualifications sur les besoins. Ce 1er point, on est en train de le régler avec la réforme de l'orientation du lycée et du sup. Mais on va réinvestir et transformer l'offre de formation.

Alors on l'a réorganisée depuis l'automne dernier : apprentissage, alternance, formation. On met 15 milliards d'euros, en lien aussi avec la politique que chaque région veut mener. Je veux saluer le travail du président Bonneau, qui a une vision industrielle et a toujours beaucoup cru à la formation sur son territoire.

Après, il y a une hétérogénéité selon les régions les territoires. Il y en a qui n'y croient pas du tout, il y en a qui y croient beaucoup. Ici, vous êtes un territoire qui y croit.

Donc on accompagne beaucoup, avec aussi Pôle emploi, le pic a été justement pensé à cet effet. On va mettre 15 milliards dans la formation des jeunes, en particulier jeunes décrocheurs et chômeurs de longue durée. L'objectif, c'est de remettre sur le marché du travail, on pense que c'est faisable par ce biais, 2 millions de jeunes et de moins jeunes, dont les compétences, aujourd'hui, ne permettent pas de revenir.

Et donc, dans la bataille contre le chômage, dont on parle trop peu en ce moment, mais qui reste une bataille essentielle pour le pays, c'est, 1, inciter nos entreprises à embaucher et faciliter l'embauche. Ca a été les ordonnances travail début de mandat. 2, la politique de formation pour qu'il y ait des compétences adaptées aux besoins, et 3, la réforme du marché du travail pour s'assurer qu'on a un système d'indemnisation qui corresponde bien à ça.

Ce qui me permet de venir à vous, madame le maire. Je sais pas les 4 cas particulier que vous avez vécus sur, justement, les différents plans de compétences. Moi, je défends ce projet, parce que ça correspond à quoi ?

Simplement, plus d'exigence à l'égard de l'employeur pour qu'il donne de la stabilité et de la formation. Par contre, ce que vous avez décrit, c'est des cas manifestes de manque de motivation. Et donc ça, ça existe dans le pays.

Donc, j'entends cela. Il m'est arrivé parfois de renvoyer à cette réalité, dans des phrases qui ont pu être décontextualisées et qui m'ont beaucoup de tort. Donc, vous voyez toute la précaution oratoire que j'adopte pour aborder le sujet.

Il n'en demeure pas moins que...

Cela existe, c'est réel. Donc il faut pouvoir le nommer. Il y a des jeunes ou moins jeunes qui n'ont pas les compétences qui permettent d'avoir les emplois qu'on leur propose.

Il faut les former et d'autres, il faut s'assurer que le système ne protège pas plus ou n'incite pas trop à ne pas accepter ces offres. Et ça, c'est au coeur de la négociation qui reprend, ou qui a repris hier, entre les partenaires sociaux : la réforme de l'indemnisation du chômage. C'est de s'assurer qu'on a des durées d'indemnisation qui correspondent aux réalités quand on se compare, qui permettent d'avoir un système qui tient, qu'on a des plafonds qui, aussi, correspondent aux besoins et qu'on a des systèmes qui permettent pas trop facilement l'aller-retour.

Dans des moments où on a eu un chômage qui était plus important qu'aujourd'hui, on a pu favoriser cela, ce qui n'est pas bon, parce qu'on a, du coup, on le voit, beaucoup de gens qui choisissent de travailler 4 à 6 mois puis qui se remettent au chômage. Et du coup, c'est la collectivité qui devient le financeur de choix individuels chez certains, de choix d'économie locale quand elles sont saisonnières ou de choix, parfois, de grands groupes, d'ailleurs, qui décident de ne prendre que des contrats courts pour quelques mois parce qu'ils disent : "Tu auras, regarde, pendant 6 mois, "le système qui te paye ton indemnisation." Ca, c'est pas possible.

C'est pas possible d'abord sur le plan financier, et c'est pas possible sur le plan moral, parce que les gens le voient, et quand, dans une commune, on a le voisin qui abuse du système, l'effet moral, psychologique, personnel, est terrible, parce qu'on se dit : "Pourquoi ? Pourquoi moi, j'accepte "toutes ces contraintes ? Quel sens a ma vie ? "Et est-ce que tout ça, au fond, a beaucoup de sens ?" Moi, j'entends, on va le regarder, et il se trouve que cet après-midi, j'ai fait venir le patron de Pôle emploi.

Donc, on va vous proposer des gens mobilisés, mais c'est clairement un sujet qu'on a aujourd'hui, il en fait partie et c'est pour ça que la réforme de l'indemnisation chômage, pour moi, répond à cette problématique de manière très importante. J'ai répondu sur la médecine, monsieur le maire, et j'ai pris note de votre conviction sur les articulations des différentes strates. On a eu plusieurs fois, d'ailleurs, aussi avec l'AMF, la discussion sur ce sujet-là.

Et vous avez raison sur le fait que l'identité de la commune est au coeur de l'imaginaire de notre pays et de nos concitoyens. Et après l'idée de dire, il faut, à un moment, choisir en tout cas. Non je pense que, au fond, ce qui est efficace, c'est quand la commune décide de le faire et fusionne avec d'autres.

Mais l'imposer partout a créé des effets qui sont contre-productifs. Et donc, il faut pouvoir corriger. J'ai répondu sur les contrats d'avenir.

Monsieur le Maire de Prissac, sur le statut des élus. D'abord, je vous remercie d'avoir dit, je crois, quelque chose qui est très juste, c'est qu'on a beaucoup parlé des sondages, des chiffres, qui ne changent pas d'ailleurs beaucoup de ceux qu'il y avait dans les cycles précédents, de gens qui veulent arrêter ou d'autres qui veulent repartir. Il y a aussi parfois des transitions de générations.

Par contre, la vraie difficulté que je partage, ce sont les équipes municipales. Et ça, vous avez raison, parce qu'elles sont encore plus largement bénévoles, et que c'est très dur d'avoir des gens qui vont accepter beaucoup de contraintes, et vous le savez tous infiniment mieux que moi. Moi, je suis favorable, je l'ai déjà dit, à ce qu'on avance sur ce sujet.

D'abord, il faut tordre le cou à la démagogie. Les élus sont mis dans un sac, aujourd'hui, qu'on a tendance à beaucoup attaquer, qu'il s'agisse des parlementaires, des exécutifs locaux, des élus de terrain...

Je pense qu'il y a pu, par le passé, avoir des excès. Il y en a eu, ils ont été sanctionnés. Il faut sans doute améliorer encore des choses.

Je crois qu'on peut le faire sur certains types de cumul de rémunérations, des clarifications à apporter. J'y suis favorable. Mais quand on regarde nos élus sur le territoire, ils sont à une écrasante majorité bénévoles, et ils sont aujourd'hui, quel que soit d'ailleurs le niveau, à des niveaux de rémunérations, rapportés à leurs responsabilités, qui, quand on compare au secteur privé, n'ont rien d'indécents, pour utiliser la litote.

Le sénat a fait des propositions sur la réforme du statut de l'élu. J'ai dit que sur cette base-là, je souhaitais que le gouvernement puisse s'en saisir et que dans les sujets de sortie de débats, en plus de ce qui est discuté avec l'ensemble des associations d'élus, on puisse avancer sur ce sujet, là aussi, sans démagogie aucune, mais en défendant les engagés de la République, dont on a besoin pour pouvoir faire chaque jour. Monsieur le Maire, j'ai répondu sur les sujets de transitions environnementales et différents projets.

Je partage totalement. Et donc, ça fait partie là des réponses qui ont commencé et qui seront poursuivies. Et monsieur le maire de Valençay, vous avez eu infiniment raison de souligner l'importance du tourisme parmi les filières d'avenir pour notre pays, en particulier pour la région.

A cet égard, on a tous évidemment à coeur de véhiculer une image internationale qui soit positive. Et je le dis là, parce qu'il faut que tous nos concitoyens aient en tête que dans la force de notre pays, il y a son attractivité touristique et il y a l'image qu'on donne du pays. Et donc, il faut aussi qu'on ait, tous et toutes, cette responsabilité en partage.

Il y a, j'ai eu l'occasion de le dire il y a plusieurs jours, la défense absolue des principes et des valeurs de la République, de ses élus, de ses institutions et, évidemment, en particulier aussi, de tous les cultes. Et il y a l'image qu'on donne à l'international. On peut pas parler de tourisme, ou on serait dans l'abstraction, si dans le moment que le pays vit, on n'appelait pas chacun aussi à la responsabilité sur l'image qu'on projette.

Et donc, on peut pas projeter l'image d'un pays où il y aurait de la violence partout. C'est pas vrai. D'abord, c'est pas notre identité, notre personnalité, et ensuite, je pense que ça dessert tout le monde.

Et je pense en particulier à celles et ceux qui vivent du commerce, de l'attractivité. Donc là-dessus, moi, je serai d'une fermeté accrue. Et je veux aussi que, collectivement, parce que la responsabilité on la partage avec nos concitoyens.

On peut plus entendre...

Je pense que c'est innocent ou c'est formidable d'aller participer à des manifestations qui produisent cela. Je crois que tout le monde doit revenir à la raison, et le moment est venu de revenir à une saine raison. J'en profite pour évoquer cela.

Donc sur le tourisme de manière plus large, je crois très profondément que nous avons encore plus d'emplois à créer sur ce secteur, et des potentiels de développement dans notre pays au niveau européen et à l'international. La France est une très grande destination touristique, mais aujourd'hui, quand je regarde les choses, nous sous-valorisons notre tourisme. C'est-à-dire que si je regardais le nombre de touristes qu'on a, on est bien meilleurs que beaucoup de voisins.

Mais si je regarde la durée qu'ils restent et le panier moyen, il est plus faible. Donc ce qu'il faut dans notre stratégie touristique qu'on développe, ce que j'ai demandé aux ministres, qu'ils ont commencé à faire...

Et ça, ça se crée sur le terrain. Et ce qu'on a vu ce matin en particulier est une formidable illustration, c'est de développer de l'offre intégrée, où celui ou celle qui va venir, parce qu'il est fou de Talleyrand, juste chez vous, se dira : "A Gargilesse, il y a finalement une originalité "et la crypte, personne ne m'en avait parlé, ou la statue "qui est de l'autre côté de la crypte", et découvre George Sand et...

Vous voyez ? Et donc ça, c'est sur les territoires. Beaucoup l'ont fait.

Les départements et les régions ont développé ces offres, mais je souhaite qu'on passe à l'étape supérieure ensemble, là dans les prochains mois et années, et ce qu'on doit viser, c'est de fidéliser ces touristes. Et c'est également de les faire rester plus longtemps et de s'assurer qu'ils dépensent davantage sur notre territoire. Enfin, madame le maire, j'ai bien pris note de vos demandes sur l'Ademe.

Je reviendrai pas sur les sujets écologiques. Je pense sur beaucoup de sujets, on peut faire mieux pour simplifier, et je l'ai dit. Les parlementaires ont fait un gros travail avec le gouvernement pour passer une loi dite droit à l'erreur, c'est-à-dire avoir des administrations qui accompagnent, qui permettent, lorsqu'il y a une erreur, soit celle, d'un élu, d'une entreprise, d'un citoyen, aident à corriger plutôt qu'elles ne sanctionnent.

La loi est passée promulguée, elle est insuffisamment passée dans les moeurs. Et donc là, on a un énorme travail avec les préfets, avec l'ensemble des administrations pour que tout cela passe dans les esprits, les moeurs, la pratique du quotidien, et que notre administration, qui a de formidables qualités, soit au quotidien, une administration qui facilite. Je le dis parce que nous sommes un pays...

Oui, mais moi...

Je finirai sur ce point, et on ira casser la croûte. Je suis, moi, quand on parle de l'Etat ou des services de l'Etat, frappé par un paradoxe : dès qu'il y a un attentat, une catastrophe, une attaque, des problèmes de sécurité, l'Etat est là au quart de tour. Il est reconnu, il est apprécié.

La qualité de sa réponse est formidable. Et dès qu'on est dans la gestion courante, l'Etat est vu comme un empêcheur de tourner en rond, un élément de complexité, peut-être, allez disons-le, de bureaucratie. Donc d'abord, je vous le dis, n'oubliez jamais tous les visages de l'Etat.

Je le dis pour nos fonctionnaires, ce sont les mêmes fonctionnaires. Ca veut dire que nous, collectivement, nous devons réorganiser les choses profondément, donner plus de responsabilités et de pouvoir aux fonctionnaires qui décident sur le terrain à votre contact, parce qu'ils décident de manière plus pragmatique et pas tout faire remonter à Paris. Ces dernières années, on a trop fait remonter à Paris.

Redéployer aussi sur le terrain plus de monde et changer d'esprit, c'est-à-dire l'esprit à la fois de responsabilité et de facilitation. Facilité, ça veut dire pouvoir vous accorder quelque chose, de dire je n'applique pas, la circulaire "tartemuche". Mais je prends mes responsabilités, et je sais que quelqu'un me couvrira derrière.

Mais ça existe, ils le font. Quand il y a un incendie, quand il y a une inondation, ils appellent pas...

C'est ce que je dis souvent : j'ai moins de nouvelles dans ces cas-là que quand il y a des problèmes du quotidien. Et c'est tant mieux, parce que les réflexes se réveillent, les bons réflexes. Mais ça veut dire que nous-mêmes, nous avons créé des espèces d'anticorps de la responsabilité collective qui sont trop actifs en temps normaux.

Donc, c'est ça qu'il faut pouvoir changer. Ca change dans les esprits, dans l'organisation. C'est pas que la loi, la loi est passée.

Il faut changer beaucoup plus profondément. Oui et donc, il faut le dire comme on le fait là. Le dire, imprimer une nouvelle philosophie, donner les responsabilités et redéployer les moyens sur le terrain.

Voilà. Je crois avoir couvert l'essentiel de vos questions. Je crois qu'on va passer maintenant un petit moment ensemble, avant de poursuivre avec les présidents, mais merci à vous.

Et merci pour le travail que vous faites chaque jour. Vraiment.