Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 24 avril 2024 10 minContradictoireActualité / polémiqueSantéTravail & emploiÉconomie & entreprises

#Metoo à l'hôpital : "La culture de l'impunité, c'est terminé", affirme Frédéric Valletoux

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:11OuverteRéponse directe

    Bonjour Sonia De Villers.

  • 0:27OuverteRéponse partielle

    Les chiffres qui sont donnés sont rassurants ?

  • 0:50RelanceRéponse directe

    Les spécialistes, en effet, il y a une vraie disparité, monsieur le ministre.

  • 1:08RelanceRéponse directe

    Bien sûr, mais vous savez, il y a une dizaine de départements en France où il n'y a plus de pédiatre.

  • 1:47OuverteRéponse directe

    Vous dites, M. le ministre, qu'on y travaille depuis longtemps.

  • 2:37OuverteRéponse directe

    Et cette fameuse taxe lapin, alors, qu'évoquait Dominique, 27 millions de consultations perdues chaque année ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:17Invité politiqueChiffre
    « Je rappelle que c'est 200 millions de consultations en France en 2023. »
  • 0:22Invité politiqueChiffre
    « La moitié des rendez-vous chez un généraliste sont obtenus en moins de 3 jours et chez un pédiatre en moins de 7 jours. »
  • 0:57Invité politiqueChiffre
    « Le délai médian pour consulter un ophtalmo, 25 jours. »
  • 1:01Invité politiqueChiffre
    « 36 jours pour un dermatologue. »
  • 1:03Invité politiqueChiffre
    « 42 jours pour un cardiologue. »
  • 2:42Invité politiqueChiffre
    « « Quel sujet vous pousse à voter aux élections européennes ? » La santé arrive en deuxième position. »
  • 3:22PrésentateurChiffre
    « Il y a 10 000 étudiants qui sont en deuxième année de médecine. »
  • 3:26PrésentateurChiffre
    « Il y en avait 8 000 en 2019. »
  • 3:40Invité politiqueChiffre
    « 27 millions de consultations perdues chaque année, 5 euros de pénalité pour sanctionner le patient qui n'honore pas un rendez-vous. »
  • 4:43Invité politiqueChiffre
    « Doctolib est devenu quand même très très puissant. C'est 75 000 médecins professionnels de santé. »
  • 4:46PrésentateurChiffre
    « C'est à peu près une petite moitié des rendez-vous qui sont pris chaque jour. »
  • 5:05PrésentateurChiffre
    « Une vingtaine de millions, plus d'une vingtaine de millions de rendez-vous par an qui sont non-honorés. »
  • 9:02Invité politiqueChiffre
    « 4,3% pour les hôpitaux publics, et seulement 0,3% pour ceux du privé. »
  • 9:27PrésentateurFait
    « On applique des critères qui sont les mêmes à tous. Et il se trouve que quand on valorise la pédiatrie, quand on valorise les maternités, quand on valorise les grèves, quand on valorise les soins palliatifs, ce sont surtout des activités portées par le public. »

Temps de parole

  • Présentateur69 %
  • Frédéric Valletoux31 %

6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, le 7-10.

0:03
Frédéric Valletoux

7h48, Sonia De Villers, votre invitée ce matin, est ministre déléguée chargée de la santé et de la prévention. Bonjour Frédéric Valte.

0:10
Présentateur

Bonjour Sonia De Villers.

0:11
Frédéric Valletoux

La Fondation Jean Jaurès publie une étude sur les délais avant obtention d'un rendez-vous médical à partir des données du site Doctolib. Je rappelle que c'est 200 millions de consultations en France en 2023. La moitié des rendez-vous chez un généraliste sont obtenus en moins de 3 jours et chez un pédiatre en moins de 7 jours. C'est rassurant ?

0:28
Présentateur

Les chiffres qui sont donnés, en tout cas, sont entre un paysage qui est équilibré avec des chiffres qui, effectivement, paraissent, si ce n'est rassurants. En tous les cas, on ne montre que sur l'accès aux généralistes. Les choses se passent plutôt bien. Plutôt bien. Je ne dis pas que c'était évidemment formidable. Il faudrait regarder territoire par territoire, bien sûr, la réalité de ce que vit chaque patient. Par contre, elle pointe une difficulté sur les spécialistes. Donc on voit bien que c'est un...

0:54
Frédéric Valletoux

Les spécialistes, en effet, il y a une vraie disparité, monsieur le ministre. Le délai médian pour consulter un ophtalmo, 25 jours. 36 jours pour un dermatologue. 42 jours pour un cardiologue. C'est un délai médian. Ça signifie que dans certaines zones, c'est 3 mois d'attente.

1:08
Présentateur

Bien sûr, mais vous savez, il y a une dizaine de départements en France où il n'y a plus de pédiatre. Enfin, je pourrais... Les côtes d'armor, un mois pour emmener son enfant chez un pédiatre. Quand on a des enfants, c'est interminable, un mois. Bien sûr, mais la liste est malheureusement longue. Un chiffre, simplement. On sait qu'un quart des spécialistes est sur 5% du territoire. Donc on peut tourner autour de cette réalité dans tous les sens. Mais c'est une réalité qui fait qu'effectivement, la concentration des spécialités sur certains territoires, qui peut s'expliquer parfois, parce que sur certaines spécialités, il ne faut pas être loin d'un plateau technique pour l'exercer.

Et donc, évidemment, on ne peut pas s'installer tout seul au milieu de nulle part, si on peut dire ça comme ça.

1:47
Frédéric Valletoux

Oui, enfin, dans les deux sèvres, c'est 3 mois pour attendre.

1:49
Présentateur

Vous avez raison. Pour un rendez-vous pour faire vérifier sa vue. On travaille depuis longtemps pour, j'allais dire, inverser ces réalités. En tout cas, rendre plus accessible l'offre de soins. On travaille ensemble l'ensemble des forces médicales, qu'elles soient publiques ou privées, l'hôpital et la médecine de ville. En favorisant les coopérations, en favorisant aussi les délégations de tâches. C'est-à-dire qu'on a peut-être pendant longtemps un système de santé qui a été trop tourné autour du médecin. Et la seule figure du médecin, il est important, il est incontournable et il restera essentiel dans la prise en charge des Français.

On ne soigne pas sans médecin et on ne soignera jamais sans médecin. Mais néanmoins, on peut faire monter en reconnaissance des professionnels autour. C'est ce qu'on fait pour permettre, effectivement, que sur une prise en charge qui soit différente, une pathologie de longue durée qu'on doit suivre, on puisse le faire par d'autres professionnels.

2:37
Frédéric Valletoux

Vous dites, M. le ministre, qu'on y travaille depuis longtemps. Le sondage Ipsos Radio France d'il y a dix jours, à la question « Quel sujet vous pousse à voter aux élections européennes ? » La santé arrive en deuxième position. Bien sûr. En deuxième position. Or, l'extrême droite caracole à 38% des intentions de vote. Vous entendez à la fois le mécontentement et l'inquiétude.

2:56
Présentateur

Bien sûr, je l'entends. Et ça fait quelques années que toutes les enquêtes d'opinion montrent que la santé s'est installée parmi les premières préoccupations des Français, l'accès aux soins.

3:06
Frédéric Valletoux

Depuis le Covid, en gros, c'est ça ?

3:07
Présentateur

Même avant le Covid. Et on voyait les tensions sur la démographie médicale bien avant. Et donc, pour cela, le système de santé, pour le remettre à flot, c'est des années d'efforts. On forme déjà plus de médecins. Il faut donner les chiffres. Il y a 10 000 étudiants qui sont en deuxième année de médecine. Il y en avait 8 000 en 2019. Donc, progressivement, il faut 10 ans, 15 ans pour un spécialiste pour être formé.

3:33
Frédéric Valletoux

Et cette fameuse taxe lapin, alors, qu'évoquait Dominique, 27 millions de consultations perdues chaque année, 5 euros de pénalité pour sanctionner le patient qui n'honore pas un rendez-vous. Il a été demandé à Doctolib de demander des coordonnées bancaires au patient qui prend rendez-vous et de le prélever. Refus tout net de Doctolib.

3:54
Présentateur

Non, la réponse de Doctolib est plus nuancée que ça. C'est-à-dire que Doctolib fera ce que la loi lui dit de faire, d'une part. Et deuxièmement, le système n'est pas un prélèvement obligatoire en cas d'un rendez-vous raté. Il est sur la décision du médecin. C'est le médecin qui décidera qu'effectivement, la personne qui aura laissé une empreinte bancaire, devra être prélevée de 5 euros parce que, manifestement, ce n'est peut-être pas la première fois que cette personne rate des rendez-vous. Ce n'est pas la première fois que cette personne rate des rendez-vous sans prévenir le médecin. L'objectif, ce n'est pas d'augmenter les caisses ici ou là.

D'abord, c'est une taxe qui irait dans la poche du médecin et qui serait à la liberté du médecin, c'est-à-dire libre à lui de pénaliser ou pas le patient qui abuserait.

4:38
Frédéric Valletoux

Et donc, vous avez contrainte Doctolib par la loi ?

4:39
Présentateur

Non, on va simplement...

4:41
Frédéric Valletoux

Parce que Doctolib est devenu quand même très très puissant. C'est 75 000 médecins professionnels de santé.

4:46
Présentateur

C'est à peu près une petite moitié des rendez-vous qui sont pris chaque jour. Donc, ce n'est pas la totalité. Et ceux qui n'ont pas Doctolib pourront aussi prendre cette empreinte bancaire. L'idée, si vous voulez, c'est de responsabiliser les patients. On peut prendre un rendez-vous, on peut avoir à annuler un rendez-vous. Simplement, il ne faut pas l'oublier de l'annuler parce que le temps médical est rare. Et donc, on veut permettre aux médecins de dégager du temps médical. C'est quand même une vingtaine de millions, plus d'une vingtaine de millions de rendez-vous par an qui sont non-honorés. On ne parle pas de quelque chose de totalement marginal.

5:13
Frédéric Valletoux

Frédéric Valtoux, autre sujet qui a beaucoup suscité de remue, l'IVG, l'interruption volontaire de grossesse. Le décret qui autorise les sages-femmes à pratiquer des IVG à l'hôpital a suscité, je l'ai dit, pas mal de colère et d'incompréhension parce qu'il imposait la présence d'un médecin spécialisé, gynécologue et anesthésiste. Or, on vient de le dire, il y a beaucoup de régions où il n'y en a pas et il n'y en a pas assez.

5:36
Présentateur

C'est exactement ce que je décrivais, de faire confiance à des professionnels de santé qui ne sont pas forcément que des médecins. Même si les sages-femmes est une profession médicale, il ne faut jamais l'oublier. Eh bien, la loi avait changé en 2022 en permettant aux sages-femmes de pratiquer des IVG chirurgicales qui sont à peu près 20% des IVG qui sont pratiqués en France. Le décret qui avait été fait, peut-être par l'administration, renforçait les conditions pour que finalement, c'était plus compliqué quasiment avant qu'après pour les sages-femmes. Non, il s'agit de leur faire confiance et il s'agit de les mettre en responsabilité.

Donc, cette nuit est paru un décret qui autorise et facilite surtout, simplifie les procédures pour les sages-femmes pour pratiquer des IVG chirurgicales. C'est-à-dire qu'à partir du moment où elles le font dans un établissement qui a l'autorisation de ce type d'acte, il n'y a pas besoin d'avoir à côté d'elles un médecin qui, au-dessus de leur épaule, vérifierait ce qu'elle ferait.

Et donc, c'est un acte aussi pour faciliter l'accès à l'IVG et c'est avec la revalorisation financière de l'acte IVG qui avait été décidé au mois de mars et en même temps, vous vous souvenez que l'inscription de ce droit dans la Constitution, la facilité qui est faite pour les femmes de recourir plus facilement à l'IVG.

6:48
Frédéric Valletoux

Alors, je m'adresse à l'ancien président de la Fédération des hôpitaux de France, le livre de l'infectiologue Karine Lacombe, l'enquête de Paris Match, la culture machiste du milieu hospitalier, ses comportements sexistes, voire des agressions sexuelles sortent au grand jour. Les présidents des commissions médicales, des établissements et des CHU se sont engagés il y a quelques jours à appliquer une tolérance zéro. Il faut voir la réponse du syndicat des internes, monsieur le ministre, en médecine. Elle est cinglante. Combien de signalements, disent-ils, restaient désespérément sans suite depuis des années ? Ma question est la suivante.

A l'hôpital public, quand on a repéré des comportements abusifs de certains médecins ou chefs de service, quels moyens l'administration a-t-elle pour agir, pour les déplacer, pour les sanctionner ? Qu'est-ce qu'on fait, concrètement ?

7:33
Présentateur

La question qui est posée par les internes, c'est est-ce que les règles en place sont mises en œuvre ? Et c'est la question à laquelle, moi, je veux apporter aussi une réponse, et de manière très transparente. La culture de l'impunité, si tant est qu'elle existe ici ou là, c'est terminé. Et effectivement, il y aura une tolérance zéro de ce point de vue-là. Moi, je réunis l'ensemble des acteurs, dont les internes, mais pas seulement le 29 avril. J'ai réuni l'ensemble des ordres le début mai. Je vois Karine Lacombe dans quelques heures.

7:57
Frédéric Valletoux

Ah bon ? Vous la rencontrez tout à l'heure ?

7:58
Présentateur

Oui, bien sûr. Je la connais par ailleurs, mais pour parler de ce sujet précisément, j'avais pas eu l'occasion. Donc l'idée, elle est qu'effectivement, on veille à ce que, dans les établissements, et on part pas de zéro parce qu'il y a déjà des choses qui se font dans les hôpitaux, et bien, effectivement, tout le monde puisse mettre fin à cette ambiance, à cette culture, à ces comportements, à cette violence sexiste et sexuelle qui, effectivement, a sans doute trop caractérisé certains établissements.

Alors, je veux pas jeter la pierre uniquement sur l'hôpital, parce que c'est le système de santé en général, c'est qui doit être regardé, et je veillerai à ce que ce soit le système de santé qui soit effectivement évoqué. Mais en tout cas, on part sur des pistes concrètes, sur des propositions concrètes d'ici quelques semaines, que je vais travailler avec les acteurs pour, effectivement, tourner la page de cette triste période.

8:45
Frédéric Valletoux

Un dernier mot sur les cliniques privées qui ont appelé à une grève totale à partir du 3 juin, annonçant même des déprogrammations d'actes médicaux et de soins, en cause, votre annonce de la revalorisation des tarifs, 4,3% pour les hôpitaux publics, et seulement 0,3% pour ceux du privé. Les cliniques privées créent à l'injustice, que leur répondez-vous ?

9:07
Présentateur

Oui, alors, les cliniques essaient de faire d'un débat technique un sujet de polémique publique. Moi, j'ai aucun état d'âme à débattre avec les cliniques, effectivement, de l'accompagnement par l'État depuis des années de leur activité. Simplement, leur rappeler que pour la campagne tarifaire, ce qu'on appelle la campagne tarifaire, comment on répartit les 105 milliards d'euros que le Parlement a votés pour aider les établissements, qu'ils soient publics, privés ou de lutte contre le cancer, tous les établissements qui existent en France ? Eh bien, on applique des critères qui sont les mêmes à tous.

Et il se trouve que quand on valorise la pédiatrie, quand on valorise les maternités, quand on valorise les grèves, quand on valorise les soins palliatifs, ce sont surtout des activités portées par le public. Donc, en fait, c'est les mêmes critères qui, appliqués au case mix de chacun, donnent des résultats différents. Tout ça parce qu'on résonne dans une enveloppe qui est fermée, qu'on ne peut pas dépasser, qui est les 105 milliards votés par l'Assemblée nationale. Merci. Je les appelle à la raison et leur dis, allez, tout le monde au boulot. En ce moment, les Français ont besoin d'être soignés d'abord et avant tout. Merci, M. le ministre. Merci.