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Podcast / conversationLCP (sur YouTube)· 16 novembre 2025 56 minAutoproduitDivertissementAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

La parole aux agriculteurs | VIP Very Important Paysans

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 17:00Chiffre
    « Le blé, c'est 55 % de l'ensemble des céréales produites en France. 53 % de blé tendre contre seulement 2 % de blé dur. »
  • 20:00Chiffre
    « 147 000 producteurs de blé en France. Et bien sûr vous en faites partie, Jean-Baptiste aussi. La France est le sixième producteur mondial. Et 50 % du blé est exporté. »
  • 22:00Chiffre
    « Aujourd'hui, le cours du blé, il est à 160 euros, le blé conventionnel. 170 euros le blé conventionnel, plutôt bas. »
  • 39:00Fait
    « Les Sud-américains nous ont dit : "Pas de problème, vos voitures, vos produits pharmaceutiques, vos machines, etc., En échange de quoi, on va augmenter les quotas de matériels et de produits agricoles. »
  • 40:00Fait
    « Les exploitations de viande font la taille d'un département. Les espèces les plus reproductives sont par mois clonées. Et puis, les bêtes sont aussi nourries au soja et au soja parfois transgénique. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Générique Chaque matin, ils sont debout aux aurores. Ils prennent soin de leur champ, de leurs bêtes, de leur ferme, pour nourrir chacun d'entre nous. Ce sont nos 600 000 héros du quotidien, des VIP, des "Very Important Paysans". -Amis des campagnes, amis des villes, bonjour et bienvenus dans ce tout premier numéro de VIP, "Very Important Paysans", la première mission d'informations consacrée au monde agricole.

Du champ à l'assiette. Dans cette émission, nous mettons à l'honneur nos agricultrices et agriculteurs, raconter leur quotidien, leurs difficultés, inquiétudes...

Mais aussi leurs espoirs ! Je ne serai pas seule. J'ai avec moi mes VIP, mes "Very Important Partenaires", je vous présente Louise. -BONJOUR. -Vous venez du Sud-Ouest, des Landes. -Exactement. -Vous êtes petite-fille de paysan.

On entend cet accent. Vos grands-parents sont aussi de Mont-de-Marsan ? -Non.

Ils étaient éleveurs laitiers entre les Landes et le Pays basque. -Vous avez un podcast qui cartonne. Il met à l'honneur les agriculteurs et leur parole.

Et ici, vous allez nous présentez une personnalité inspirante de l'agriculture. -J'ai rencontré plus de 200 agriculteurs donc j'ai plein de belles histoires à vous raconter. -On a hâte.

Lui aussi a des histoires. Jean-Baptiste. Bonjour. -Bonjour. -Vous êtes céréalier. - Oui. -Dans la Marne. -Oui. -Vous cultivez quel type de céréales ? -Du blé, du maïs, du colza...

Ma particularité est de faire du blé dur que je transforme en pâte avec ma compagne. -Avec Caroline, vous nous raconterez cette belle expérience. Vous êtes aussi un agri-youtubeur.

Un mélange entre agriculteur et influenceur. Qu'est-ce que vous faites dans vos vidéos ? -On filme son quotidien, on explique notre métier...

Et les tâches que l'ont fait dans les champs pour donner un peu de pédagogie à ceux qui veulent regarder. -Très bien, c'est aussi ce qu'on va faire dans notre émission VIP. A vos côtés : Michel.

Bonjour. - Bonjour ! -Ravis de vous avoir, vous êtes notre Monsieur conso. -Très heureux d'être là.

Et oui, j'essaierai de décortiquer les étiquettes, produits, et vous donner un maximum d'infos sur la distribution et les produits que nos agriculteurs produisent. -Vous connaissez la grande distribution car vous y avez travaillé pendant plus de 20 ans. -Exactement. -Avec vous, on verra que les étiquettes nous cachent parfois des choses.

Puis Antoine Robin, comment ça va ? -Très bien. Ravi que cette émission existe. -On est heureux et fiers de présenter cette nouvelle émission sur LCP. -Vous non plus êtes là par hasard...

Vous êtes issue du pays du Saint-Nectaire ! -C'est vrai, je suis d'Auvergne...

Petite-fille de paysans, dans le Puy-de-Dôme, vous voyez mon pépé et ma mémé qui reviennent d'un concours de danse traditionnelle auvergnate et je suis très fière de mes origines. On a fait le tour de la bande de VIP. Tout de suite, le Sommaire, nous allons plonger dans les coulisses de la fabrication de la baguette et de son ingrédient phare : le blé.

Nous recevrons Nicole Le Peih, députée du Morbihan elle-même agricultrice. Puis, place au légume préféré des Français : la pomme de terre, bien sûr ! Mais tout de suite, que s'est-il passé ces dernières semaines dans nos campagnes ?

Antoine Robin nous dit tout, c'est le "Very Important Presse". Jingle -Je vais vous parler d'un mot qui a mis les agriculteurs en furie et qui les a mis dans la rue, c'est le "Mercosur". Alors, ça veut dire quoi ?

C'est : "Mercado Comun del Sur". Dans les années 90, il y a cinq pays d'Amérique du Sud dont le Brésil et l'Urugay qui décident de créer un marché commun entre eux pour faciliter les échanges commerciaux. Ce sont des énormes pays et surtout, c'est un bassin économique de 260 millions de consommateurs.

Alors, évidemment, l'Europe, elle use d'une Chimène pour le Mercosur. Et ça fait 25 ans qu'on essaye de négocier avec eux pour des échanges de marchandises. Les Sud-américains nous ont dit : "Pas de problème, vos voitures, vos produits pharmaceutiques, vos machines, etc., En échange de quoi, on va augmenter les quotas de matériels et de produits agricoles.

Evidemment, ce sont des mastodontes qui font peur, avec des normes sanitaires qui ne sont pas exactement les mêmes que dans l'Union Européenne. Je rappelle que les exploitations de viande font la taille d'un département. Les espèces les plus reproductives sont par mois clonées.

Et puis, les bêtes sont aussi nourries au soja et au soja parfois transgénique. -On en parlera, bien sûr, du Mercosur et de ses nouveaux accords qui font grincer des dents avec notre prochain invité. Mais vous avez une autre info. -Ecoutez, il n'y a pas que des mauvaises nouvelles parce qu'on a appris cette semaine, alors là pour le coup c'est une information assez étonnante, qu'il y a un petit producteur de lait de la Sarthe, qui s'appelle Julien Lepeltier, qui avec son exploitation vient d'intégrer le jeu mondialement connu qui s'appelle Farming Simulator.

Je crois que tu connais très bien, Jean-Baptiste. -Oui. -Ca donne d'ailleurs beaucoup à nos jeunes agriculteurs l'envie de se lancer dans les exploitations.

Et donc, on voit son exploitation de la Sarthe, la pichonnière, juste dernière, qui a été reconstituée image par image. Alors, le but de Farming Simulator, vous gérez votre exploitation et si vous livrez du lait et qu'il est justement rémunéré à la sortie, comme chez certaines marques, vous gagnez des points. Et ça veut dire que nos agriculteurs, eux, ont réellement basculé dans le futur et c'est bien et tant mieux pour nous.

On va terminer par...

On dit que l'agriculture française ne s'exporte pas. Je vais vous montrer quelqu'un qui s'exporte. Regardez. -Montrez-nous. -Il est quand même très joli. -Ouh, le beau bébé !

Rires -Il s'appelle Alexandre Jacquier et c'est notre candidat pour le concours qui a lieu ce soir à Los Angeles pour élire Mister Univers. Donc, c'est un paysan des Landes, dans le Béarn. En fait, quand on l'a enquêté, on s'est rendu compte qu'il n'était pas vraiment paysan.

Ca lui servait de décor. Il a transformé sa porcherie en salle de musculation. Au départ, ils avaient pensé à Michel Biero dans une bassine de choucroute. -Ils m'ont appelé, mais je ne pouvais pas, j'avais VIP. -Et donc, Alexandre Jacquier a reconnu qu'il n'était pas vraiment paysan.

C'est bien pour la candidature. Ce qui est chouette, c'est que ça donne une image extrêmement sexy du monde agricole tel qu'on le connaît et c'est tant mieux. -Et on adore.

JB, ça vous tente pour l'année prochaine ? -Oui, oui. En fait, c'est juste un problème d'agenda.

Parce que moi, je suis taillé pareil. Je me balade à cheval pareil, torse nu sur mon tracteur. -Petit joueur quand même, JB.

Merci beaucoup, Antoine. Vous nous donnerez des nouvelles d'Alexandre, s'il a gagné ce concours de Mister Univers. Sans transition, est-ce que vous saviez que la France est le premier pays producteur de céréales dans l'Union Européenne ?

Nous, dans VIP, on a décidé de vous parler de la céréale star de l'agriculture. C'est bien sûr notre "Very important produit". Jingle Et cette céréale, c'est évidemment le blé.

J'aimerais que vous regardiez les chiffres qui s'affichent à l'écran. Le blé, c'est 55 % de l'ensemble des céréales produites en France. 53 % de blé tendre contre seulement 2 % de blé dur.

Ca, c'est étonnant. Pourquoi ? Et c'est quoi la différence, Jean-Baptiste ? -C'est une céréale qui est un peu plus compliquée à produire, un peu plus fragile. -Elle sert à quoi ?

Le blé dur a plutôt une vocation à partir dans les pâtes ou dans la semoule, le blé tendre plutôt dans les farines ou dans l'alimentation animale. -Merci beaucoup, JB de remettre un petit peu d'infos sur ce plateau. Mais finalement, comment est-ce qu'on passe d'un champ de blé à la baguette de nos repas quotidiens ?

C'est ce que nous sommes allés voir avec ce reportage de Lisa Bergès. Musique -En France, il s'en vend près de 300 millions par jour. -Une baguette, s'il vous plaît. -Oui. -La baguette, c'est notre emblème national et la star de nos boulangeries. -Une baguette, ça touche toutes les tables, que ce soit le président Macron, comme la petite famille à côté.

Tout le monde aura le même produit. C'est super important. -Nous allons vous emmener dans les coulisses de sa fabrication.

Du champ au fournil, en passant par le moulin. Et vous allez voir que le secteur est aujourd'hui en pleine mutation. Entre exigence des consommateurs, respect de l'environnement et adaptation du travail agricole, le monde de la baguette change de tradition.

On va commencer par la fin, parce que c'est ici que la magie prend forme. Damien Dedun est double champion d'Europe de baguettes. -Je suis en train de préparer une autolyse.

Une autolyse, qu'est-ce que c'est ? C'est un mélange de farine et d'eau, uniquement. -Dans sa boulangerie en banlieue parisienne, il confectionne chaque jour des centaines de baguettes. -Là, on va juste faire le mélange.

Une fois que la farine est absorbée, on arrête. -La recette est ancestrale, elle date de l'Antiquité. De la farine, de l'eau, un peu de sel et de la levure. -Et on reviendra pétrir plus tard.

On rajoutera le sel, la levure et on sera bon. -Avec quand même, aujourd'hui, un peu moins de pain sur la planche. -A l'époque, les boulangers pesaient tout à la main.

Maintenant, on a des machines. Ce qui va permettre aussi de gagner du temps. Donc là, on voit, vous voyez là, encore mieux.

Ca, c'est les bulles qu'on va retrouver dans notre baguette. L'alvéolage, il est là, déjà. -La baguette, c'est un pain de 60 centimètres de long, 5 ou 6 de large et 250 grammes.

Tout cela est très calibré. Ce qui fait la différence, c'est la qualité du travail, bien sûr, et celle de la farine. -Cette farine est plus jaune que celle-là.

Ca, c'est la différence. On a une farine pour faire de la baguette blanche, une farine pour faire de la baguette de tradition. Il y a beaucoup plus d'enveloppes à l'intérieur.

Elle n'a pas été écrasée pareil. C'est super important d'avoir une belle qualité de farine. -Et qui dit farine, dit meunier.

A Corbeil-Essonnes, ce moulin existe depuis le XIXe siècle. A l'époque, c'était même le plus grand d'Europe. Aujourd'hui, 1000 tonnes de blé continuent d'arriver ici chaque jour et l'endroit s'est modernisé.

Le meunier en chef, c'est François-Xavier. Oubliez la meule, les ânes ou les ailes en bois, son outil de travail à lui, c'est cette salle bourrée d'écrans. -C'est la tour de contrôle.

Les principes de la meunerie sont restés les mêmes depuis des dizaines et des centaines d'années. Mais la technologie a permis d'avoir un travail beaucoup plus fin et beaucoup plus efficace par rapport à des installations plus anciennes. -Quand le blé arrive, il est mouillé, puis écrasé. -Si ces grandes machines très bruyantes empêchent le meunier de dormir, elles sont surtout là pour débarrasser le blé de son enveloppe.

Musique Ensuite, le blé transformé en farine chemine dans l'usine jusqu'à ces tamiseurs. Le blé qui rentre dans le moulin, c'est l'échantillon qu'on voit en haut à gauche de la table. La farine qui sort du moulin, c'est l'échantillon qu'on voit en bas à droite de la table. -Vient enfin l'étape de l'assemblage en fonction du produit souhaité.

Les fameux types de farine avec la lettre T devant un numéro. Et depuis quelques années, la demande évolue. -Je dirais que l'évolution principale, c'est plus sur la largeur de la gamme.

C'est-à-dire qu'on va faire plus de qualité de farine qu'historiquement, parce que les besoins et les demandes des clients sont plus variés qu'auparavant. On va de plus en plus vers des blés filières, des blés qui ont des caractéristiques données par rapport aux conditions de culture. -Ce que François-Xavier appelle des blés filières, ce sont des blés produits différemment, avec un cahier des charges plus respectueux de l'environnement, du produit et du travail de l'agriculteur.

Et ça, ça commence dans les champs. Laurent est producteur de blés depuis 30 ans. -Si on n'a pas la passion c'est pas la peine de vouloir y aller. -Ces dernières années, il a changé de méthode.

Il pratique ce qu'on appelle l'agriculture régénératrice. Plus de labours. A la fin de la récolte, il fait pousser dans ses champs un cocktail de plantes qui permettent au sol de se régénérer naturellement. -Voilà.

Donc le radis, ce n'est pas celui que vous connaissez, qu'on va chercher chez le primeur. Le radis, il a le gros intérêt, c'est d'avoir une racine qui est quand même assez puissante. Et c'est surtout que cette masse de végétation qui va générer vraiment une réserve en termes de nourriture aussi pour toute la vie du sol.

C'est si bon, on pourrait presque le manger. -Et c'est encore plus visible quand on creuse. -Voilà un petit spécimen.

Donc le ver de terre qui, lui, est dans ce qu'on appelle la litière de surface. Ca c'est la terre que je viens de sortir en profondeur. Et aujourd'hui quand on compare avec la terre qu'on a en surface, on est bien capable de voir la différence de couleur.

Et la différence de couleur, elle est liée à l'enregistrement en matière organique qu'on a en surface. -Avec cette méthode, Laurent travaille moins et il utilise 15 % de produits chimiques en moins. -La terre que je cultive aujourd'hui, elle ne m'appartient pas.

Elle appartient aux générations futures. Donc, si aujourd'hui je brûle le potentiel de production ou de productivité de ce que j'exploite aujourd'hui, demain, qu'est-ce qu'on va leur laisser comme héritage ? -Et nous allons continuer à parler du blé avec notre invité, agriculteur.

Bonjour, François-Xavier. -Bonjour, Frédérique. -Merci d'être avec nous.

Vous êtes céréalier dans l'Aisne. Vous avez plusieurs cultures, céréalière, blé, orge, colza, lin. C'est bien ça ? -Lentilles, betteraves, oui. -Pas mal.

Je veux vous poser une question toute simple pour commencer. Comment on produit le blé ? Quelles sont les étapes et comment vous, surtout, vous le produisez ? -Le blé, je le produis déjà dès l'année d'avant, dès le mois de mai ou juin de l'année d'avant, avant la moisson, en observant les dernières variétés de blé et leurs réactions par rapport aux aléas climatiques, aux aléas d'insectes et en fonction de ces différents critères, je choisis, à ce moment-là, des variétés qui me séduiront pour la prochaine campagne et qui feront de belles farines pour produire le pain. -Vous êtes adepte de l'agriculture de régénération.

C'est très important. C'est redonner vie aux sols qui ont été épuisés depuis des années par, évidemment, des labours et des cultures successives. Vous aussi, vous êtes adepte de ça ? -Oui, j'aime le système de l'agriculture régénérative.

C'est une agriculture qui travaille avec le vivant. On ne travaille pas, ou moins, sur des sols nus. On sème des couverts, on limite l'érosion, on favorise la biodiversité dans les cultures.

Rien d'incompatible avec la production du blé. Au contraire, elle est très valorisante pour le pain. Comment vous êtes venu à cette activité, François-Xavier ? -Par passion.

Je suis fils d'agriculteur, petit-fils d'agriculteur. J'avais quitté le métier de l'agriculture pendant une dizaine d'années pour travailler en périphérie de l'agriculture dans une entreprise. Et j'y suis revenu après le départ de mon papa. -On va voir d'autres chiffres qui s'affichent sur notre écran. 147 000 producteurs de blé en France.

Et bien sûr vous en faites partie, Jean-Baptiste aussi. La France est le sixième producteur mondial. Et 50 % du blé est exporté.

On dit que le métier est de plus en plus dur, c'est pas facile de se positionner. -On en parlait tout à l'heure, la première chose qu'a fait François-Xavier ce matin, c'est regarder le cours du blé, ce qu'on appelle le MATIF. Aujourd'hui, le cours du blé, il est à 160 euros, le blé conventionnel. 170 euros le blé conventionnel, plutôt bas.

Et ça, c'est l'angoisse permanente de ces céréaliers qui ne savent pas, aujourd'hui, s'ils vont pouvoir vivre de leur production future quand ils regardent ces cours de bourse qui sont extrêmement fluctuants en ce moment. -Exactement. En fait, c'est assez anxiogène de regarder les prix de marché quand ils sont baissiers. -Vous le faites tous les jours, ça ? -Je le fais très régulièrement.

Peut-être pas tous les matins... -Jean-Baptiste ? -C'est un réflexe d'agriculteur.

Tu regardes deux trucs, en fait, quand tu te lèves, c'est la météo, que tu vois, et les cours du blé. -Nous, en télé, c'est les audiences, Donc, vous faites ça, oui, régulièrement ? -Tous les jours.

Et l'idée, c'est justement de ne pas focaliser non plus sur ces prix sur lesquels on a très peu d'impact. Les techniques dont on parlait tout à l'heure d'agriculture régénérative ou de conservation, peu importe, ou même le bio, sont là aussi pour nous rendre fiers de notre métier et de nous dire que oui, on vend des denrées alimentaires, mais on les produit proprement et bien. Et ça, on en est assez fiers, plus que le cours du MATIF. -Justement, là-dessus, ce que tu as évoqué sur les histoires de prix du blé, c'est un sujet quand même hyper important à comprendre aussi pour les téléspectateurs, c'est qu'on a beau faire notre blé sur notre ferme, c'est les cours mondiaux qui vont régir le prix de notre blé.

C'est-à-dire que suivant la récolte des Russes, des Américains ou du Canada, toi, tu as beau avoir bien travaillé ou pas, les cours vont monter ou descendre. Et ça, sur une ferme, en revenu, ça peut impacter fois trois, alors que tu ne peux pas le maîtriser. -Michel, il y a 30 ans, la France, elle était championne mondiale de la farine.

Aujourd'hui, elle en importe. Mais ce n'est pas toujours très clair pour le consommateur. -Oui, alors déjà, le consommateur, aujourd'hui, on a la chance, il réclame de plus en plus d'origine France. -Oui, c'est vrai. -Donc les distributeurs jouent de plus en plus le jeu sur l'origine France, dans leur intérêt, parce que le consommateur le demande.

Mais oui, il y a encore de la farine d'importation qu'on utilise, parce qu'elle est moins chère pour produire certains produits. -Origine France, ça veut dire quoi ? -Origine France, on a deux agriculteurs qui produisent le blé qui est Origine France, parce qu'ils poussent en France.

Très différent du fabriqué en France, parce qu'on peut fabriquer une baguette en France, mais dont le blé vient d'Allemagne. -François-Xavier, comment votre métier évolue ? Comment vous le sentez ? -Alors, moi je le sens bien parce qu'on a des consommateurs qui croient en l'agriculture, qui croient aux produits sains et français.

On a des tensions qui sont politiques, qui sont économiques. On est sur un marché mondial, Jean-Baptiste en a parlé tout à l'heure. Le tout, c'est de continuer à exister.

On pourra toujours vouloir du plus beau et du plus propre, mais si demain, nos exploitations ne sont pas rentables, on ne sera plus là. Donc, je crois que le message, c'est là, c'est "croyez en nous et on fera le reste". -Par contre, il y a une chose que vous pouvez maîtriser, c'est vos coûts.

Produire en agroécologie ou en agriculture régénératrice, ça coûte plus cher. Est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi et pourquoi tous les agriculteurs n'y vont pas ? -Tous les agriculteurs n'y vont pas parce que ce sont des techniques qui ont une dizaine, une quinzaine, une vingtaine d'années qui sont assez récentes.

Les agriculteurs sont assez conservateurs. Il faut avoir envie d'autre chose, d'autre production. Même vous, vous n'avez pas basculé votre ensemble d'exploitation en agriculture de régénération.

Il faut être extrêmement prudent. -C'est ça. Je suis encore en pleine transition.

Je suis quand même passé de trois à huit cultures, aujourd'hui. On parlait d'investissement. On essaie de baisser nos charges.

On est là pour capter du carbone, pour baisser nos émissions de gaz à effet de serre. C'est un des principaux intérêts de cette technique-là. Ce sont des techniques dans lesquelles on doute, dans lesquelles on n'est jamais sûr de réussir.

Et donc cette part de risque, on doit l'assumer. -Dernière question. La dernière, pour Antoine. -C'est du blé de meilleure qualité à la fin, avec des meilleures valeurs protéiques pour le consommateur, le blé issu de l'agriculture régénérative ? -Alors, j'ai envie de m'en convaincre, parce que je suis fier du mode de production.

Seulement, que ce soit un blé d'agriculture de régénération ou un blé produit classiquement, arrivé dans la fosse ou à part certaines filières, c'est le même blé. -On entend souvent dire que les céréaliers sont les mieux lotis de l'agriculture, on a cette image un peu... -Ca se passait bien jusqu'à maintenant, Fred !

Ca se passait bien, vous allez agacer JB ! -Je suis là pour ça, aussi ! Non, mais on a cette image, un peu, du céréalier dans sa voiture de luxe...

C'est ça. -Qui bosse trois mois par an. -C'est bon, pas la peine d'en rajouter. -Info ou intox ?

Qu'est-ce que vous en pensez ? -Eh bien, ça nous permet d'être en plateau, pour parler d'agriculture. -Exactement, c'est bien ça. -Ce qu'on peut quand même dire, c'est que c'est très variable, le métier de céréalier.

Dans l'Aisne ou dans le Gers, on ne gagne pas le même tarif parce qu'on n'a pas les mêmes rendements. Et quand les cours du blé sont en dessous de nos coûts de production, dans l'Aisne ou dans le Gers, que tu feras une année à zéro. -On est d'accord.

Alors, ce blé, on le transforme pour en faire de la farine. Et pour en faire quoi ? Du pain.

Voilà notre pain quotidien tellement cher aux Français. Alors, quelques chiffres. 30 % du pain est acheté quand même en grande distribution, contre 70, évidemment, en boulangerie.

C'est vrai qu'on les aime, nos boulangers artisans, on les chérit. Mais est-ce que vous saviez, vous, que dans certains supermarchés, depuis la fin de l'été, des baguettes sont vendues à 29 centimes d'euros ? Michel, vous le confirmez, vous allez nous expliquer tout ça.

C'est, bien sûr, le biéroscope tant attendu. On parle de la baguette, mais pas de n'importe laquelle. -Oui, je vous confirme.

On parle de cette baguette à 29 centimes et qui a fait hurler les journalistes, les boulangers, bien sûr. -Et les agriculteurs. -Oui.

Et même mes voisins à l'apéro. Donc, ça a fait hurler tout le monde. Mais en réalité, Fred, on ne parle pas de pain.

On parle d'une perception. En fait, la baguette, c'est devenu un marqueur social, un symbole. C'est devenu, et pour les baguettes à ce prix-là, c'est devenu un produit d'appel.

Donc c'est vrai, 29 centimes, ça peut paraître très bas par rapport à une baguette de l'artisan boulanger qui est vendue entre 1,20 euro et 1,40 euro en fonction des régions. Mais on a opposé deux baguettes qui ne jouent absolument pas dans la même cour. Il y a une baguette à 29 centimes qui est produite de façon industrielle à très grande échelle, des millions d'exemplaires.

On optimise absolument tout. On y rajoute même du gluten de blé pour accélérer la fermentation. Bref, c'est l'efficacité industrielle.

Et à côté de ça, on a l'artisan boulanger qui façonne sa baguette, qui la travaille. Evidemment, c'est plus cher parce que plus de main-d'oeuvre, plus de temps. Donc on a deux baguettes, deux prix, mais on a aussi deux clientèles différentes.

Parce que l'une répond à un besoin de pouvoir d'achat, quand celle du boulanger répond à un goût de savoir-faire. Donc la vraie question, est-ce que 29 centimes, c'est trop peu ? Non, je pense que la vraie question, c'est de savoir si les producteurs de blé, donc toute la chaîne, jusqu'au supermarché ou à l'artisan boulanger, peuvent vivre de leur métier. -La réponse est dans la question.

A 29 centimes, je vois mal François-Xavier et Jean-Baptiste se rémunérer correctement. -Alors à 29 centimes, je vous le confirme, j'ai l'expérience, le producteur de blé peut vivre, le transformateur peut vivre et le supermarché, lui, ne perd pas d'argent. -C'est un prix d'appel. -Alors, il n'en gagne pas parce qu'il en a fait un prix d'appel. -Michel, sur un sujet comme ça, quand tu es agriculteur, tu envoies un message que la nourriture ne vaut pas cher.

Et ça n'encourage pas les pratiques de François-Xavier à se dire... tout ce qui va être différent chez nos agriculteurs français, quand tu encourages à dire : "C'est pas cher l'agriculture, l'alimentation", c'est un peu gênant. -A 29 centimes, tu n'es pas sur la farine de régénération de François-Xavier. -On est d'accord, mais il en faut d'une pour tout le monde.

Encore une fois, vous disiez que c'est 30 % qui sont vendus en supermarché. La baguette dont on parle, à 29 centimes, c'est une toute petite vente dans ces 30 %, parce qu'il y a plein d'autres pains dans les supermarchés. Donc, encore une fois, c'est un produit d'appel. -Bon, en tout cas, ça créer le débat.

On l'a vu. Et comme vous le dites, il en faut pour tous. C'est un peu cette idée.

Vous avez un peu énervé Jean-Baptiste. -Un petit peu. -Je vais m'écarter. -Sa chronique arrive. -Oui.

C'est peut-être pas le bon moment. -On passe au "Very important pratique" avec Jean-Baptiste Vervy. Jingle -Alors, je vais vous poser une petite question, quel est le point commun entre votre portable et mon tracteur ? -J'imagine que c'est le GPS. -C'est parce qu'on a répété.

Ca devait pas sortir comme ça. Effectivement, c'est le GPS. Sachez que dans l'agriculture, les tracteurs et tous les matériels que l'on a, globalement, un matériel sur deux utilise du GPS.

Alors nous, on ne l'utilise pas pour venir en studio avec notre tracteur. On peut le faire quand même pour retrouver des parcelles, des fois, avec les collègues. Mais ça va surtout nous servir, et c'est des satellites qui vont nous aider à nous positionner dans la parcelle.

Par exemple, là, on voit des images, on est en train de semer, et donc on va se positionner précisément. Avant, on avait un traceur, et on regardait toute la journée comme ça, dans la poussière, avec le soleil. Ce n'était pas très confort.

Mais au-delà du confort de travail, ça nous permet d'éviter les chevauchements, de redoubler, on va dire, avec notre semoir, avec notre... -C'est à l'intérieur de ce semoir que tu vas... -Pour semer les graines, mais si je mets de l'engrais...

Et en plus, on a des machines qui font 4 mètres, des fois 20 mètres, des fois 30 mètres de large, donc à l'oeil, ce n'est pas toujours évident. Et éviter ce recroisement, c'est entre 10 et 15, voire 20 %, en fait, d'économie de matière qu'on peut utiliser. Donc ça, c'est quand même plutôt positif.

Et puis après, travailler avec des GPS, ça nous permet de mieux optimiser le matériel. C'est-à-dire que des fois, on va travailler un peu la nuit. Du coup, on va étendre les plages de travail et ça permet d'amortir et d'avoir du matériel, des fois, à plusieurs et d'automatiser un petit peu tout ça.

Et enfin, c'est un pas sur la robotisation et l'automatisation. Vous avez, en fait, un constructeur aux Etats-Unis où, avec la moissonneuse batteuse, on pilote le tracteur qui est à côté, qui est en train de récupérer le grain. Et demain, après, ça sera les robots en agriculture.

Mais ça, ça sera une autre chronique. -Et tout ça, ça a un prix ? -Oui, oui, ça a un prix.

Alors, des GPS, ça vaut entre 5 et 15 000 euros, on va dire. Et ça dépend, on va dire, des fonctionnalités. Soit ça te dit ça va tout droit soit ça fait des demi-tours et c'est justement là où, quand on avance dans des fonctionnalités poussées, on arrive dans de l'automatisation.

Vous avez même en Asie des tracteurs qui fonctionnent en maître-esclave avec un avec chauffeur et l'autre sans, et ils se copient quoi. -Il y a beaucoup de vols parce que ça coûte très cher. Vous êtes confronté, François-Xavier ? -Oui, équipé, tout à fait.

On travaille en groupe, donc on est contents de pouvoir partager le matériel. Et c'est convoité, et ça part très rapidement, surtout quand on est proche des frontières. -Les gens ne savent pas c'est que des matériels qui coûtent aussi cher, souvent les agriculteurs le partagent, on appelle ça les CUMA.

Et chacun l'utilise. Après, il faut gérer son emploi du temps, surtout pendant la moisson. Ils partagent pour éviter des surcoûts et un impact sur les coûts de production de la matière première. -Evidemment.

Merci beaucoup, JB, d'avoir éclairé nos lanternes. JB, ça y est, on est copains. -Bien sûr ! -Excusez-nous. -JB ! -C'est familier.

Et puis surtout, merci à vous, François-Xavier, d'avoir partagé votre expérience. Eh bien, pendant qu'un agriculteur nous quitte, c'est une agricultrice qui nous rejoint, mais une agricultrice qui est aussi députée. Eh oui, c'est l'heure de notre interview "Very important politique".

Jingle Nous recevons Nicole Le Peih. Bonjour, Madame Le Peih. -Bonjour à vous.

Merci d'être avec nous. Vous êtes notre première invitée politique et vous essuyez les plâtres avec nous. Je suis sûre que ça va très bien se passer.

Vous êtes députée Ensemble pour la République du Morbihan, en Bretagne. Vos thèmes de prédilection sont, bien sûr, l'agriculture, l'alimentation, la ruralité. Vous avez eu plusieurs carrières professionnelles avant d'arriver à l'agriculture.

Vous avez même travaillé dans l'hôtellerie. -Absolument. -Et puis, en 1989, qu'est-ce qui s'est passé ?

Vous avez décidé de créer votre exploitation, c'est ça ? -C'est ça. C'est-à-dire qu'en 1989, j'ai eu l'opportunité aussi, après un séjour en hôtellerie, vous avez raison de le préciser, et ensuite en agroalimentaire avec import-export, je suis rentrée dans une réflexion sur l'avenir de l'agriculture sur nos territoires riches de compétences, mais souvent pas assez, je dirais, pas assez dans l'exemplarité que l'on ne sait pas toujours mettre en avant. -Vous étiez en avant, vous étiez pionnière en 90 déjà, de mener ce genre de réflexion. -J'étais dans les précurseurs, et comme tout précurseur, ça coûte parfois cher d'avoir raison trop tôt. -Et oui, on ne sait.

On est d'accord. Vous avez donc créé un élevage de vaches allaitantes et de volailles, avec votre mari. -Oui, exactement.

Et je crois que votre fille reprend l'exploitation ? -Oui, alors on a créé cette production de volailles en plein air en circuit court et avec un atelier de transformation. Et ensuite, nous avons fait un élevage, aussi, de vaches allaitantes, de vaches charolaises, puisque nous avions 35 hectares de prairies au bord de l'eau.

Voilà. -J'ai une petite question à vous poser, à votre avis, qui sont les plus têtus, les poules ou les députés ? -Ah !

Alors, compliqué, et je rentre à l'hémicycle tout à l'heure, à 16 h 00, avec des amendements à défendre, donc je ne vais pas répondre. Jingle ! -Joker.

Vous avez bien raison. On va revenir plus sérieusement sur l'actualité du monde agricole. Le Mercosur, Antoine.

Vous en avez parlé dans votre revue de presse. -Madame la députée, vous qui avez traité de vache allaitante, de volaille, évidemment, le petit revirement de position de notre président concernant le Mercosur, vous agricultrice, mais aussi députée, donc la voix de la société civile, qu'est-ce que vous en avez pensé ? -Alors, je reste sur ma première ligne de défense, puisque nous défendons une traçabilité et une sécurité alimentaire en France, tous les producteurs.

Nous avons mis, je dirais depuis... les années 80, 90, nous avons accéléré sur cette formation pour être exemplaires.

Nous avons, aujourd'hui, un besoin... de produits plus hauts de gamme qui est demandé par le consommateur.

Or, nous allons rester sur cette... sur cette rigueur, pour pouvoir, demain, exister. -Donc là vous dites que, pour l'instant, vous avez beaucoup de réserves vis-à-vis du Mercosur, tant que... -Alors je reste sur ma ligne de défense, je défendrai l'agriculture française, comme je sais le faire jusqu'à maintenant, et je défendrai la position de garder nos produits en qualité, en traçabilité et en sécurité alimentaire. -Jean-Baptiste, je sais que ça vous inquiète, forcément. -Oui, oui.

Oui, bien sûr. Et puis, en plus, ce que vous dites, ce n'est pas si évident parce que vous dites, et c'est à juste titre, vous avez raison, on fait des produits de qualité. Mais si c'est pour avoir, à côté, des produits qui ne respectent pas nos normes, en fait, là, c'est quand même un gros souci.

Surtout que le consommateur s'en rend pas compte au goût. -Comment on le protège ? -Exactement.

Et le consommateur, j'aimerais qu'il devienne responsable, puisque 80 % de ses repas sont souvent pris à l'extérieur du foyer. Alors, est-ce qu'il s'inquiète de ce qu'il mange en restauration ? -C'est une bonne question. -Il devrait être plus consomme-acteur.

C'est quand même lui qui a le porte-monnaie. Et je suis d'accord avec Mme la députée. Il faut que le consommateur...

Après, c'est à nous aussi, en tout cas, je parle au nom des distributeurs, de faire de la pédagogie et d'expliquer les choses et de bien mettre en avant ce qui est produit en France et ce qui vient de l'étranger. Comme ça, il peut faire son choix. -Pour compléter, est-ce que justement, il n'y a pas un manque de courage politique d'aller jusqu'au bout de ces positions-là ? -Parce que nous vivons aussi dans une mondialisation, nous sommes conscients.

Donc aujourd'hui, il y a un jeu d'échange de produits. D'ailleurs, pour le lait, nous exportons...

Je viens de quitter le ministre, justement. Nous exportons, aujourd'hui, le lait en Amérique du Sud, mais aussi au Canada, donc le CETA, il y a aussi l'accord CETA. Mais aujourd'hui, la force, aussi, de la production laitière, c'est qu'on exporte.

Parce qu'on a cette qualité, je reviens, parce qu'on a cette traçabilité. -Dans ce cas-là, ce n'est pas un manque de clarté vis-à-vis des agriculteurs, de dire : "On va mettre en place ces échanges, voilà pourquoi, des filières vont en pâtir, il va falloir vous adapter." Des fois, on a le sentiment d'un double discours entre ce qui est tenu au national et ce qui se négocie à Bruxelles. -C'est quand même complexe.

Le tout est complexe, je peux l'entendre. Mais cette formation que nous avons depuis des années sur cette qualité, je reviens, je vais le dire souvent, mais sur cette traçabilité, c'est ce que veut le consommateur aujourd'hui. Donnons-nous les moyens, ensemble, avec tous les acteurs du territoire, d'aller vers cette traçabilité.

Et c'est ce qui sauvera peut-être et la France et l'Europe. -On va passer à un autre sujet. Tout à l'heure, vous évoquiez la pétition, la fameuse pétition de la loi Duplomb, plus de deux millions de signatures.

Ca a été examiné la semaine dernière en commission à l'Assemblée. Comment on examine une pétition ? Quelles sont les étapes ?

Qu'est-ce qu'on en fait ? -Alors, on a accepté d'examiner cette pétition. D'ailleurs, si vous voulez me parler de l'article 2, il a été rejeté par le Conseil constitutionnel, mais au-delà de ça, je vais au-delà.

OK, il y a eu donc plus de deux millions de signataires qui se posent la question de la qualité, on est bien d'accord, de nos produits. OK. Les mêmes, je les renvoie, qu'est-ce qu'ils consomment matin, midi et soir ?

La France produit des produits avec une traçabilité, une sécurité alimentaire, et je sais de quoi je parle. Je fais de la volaille plein air, circuit court. Donc, quelque part, j'aimerais qu'il y ait cette attention à chaque achat.

Regardez la betterave, l'acétamipride. Bon, la betterave, on a dit : "OK, personne n'en veut, etc." Sauf qu'aujourd'hui, l'Allemagne, notre voisin, l'Allemagne, aujourd'hui, est remontée dans sa production de betteraves jusqu'à plus 40 %.

Ca veut dire que le sucre que, mesdames, messieurs, vous prenez dans votre café ou dans votre yaourt le matin vient aujourd'hui de l'Europe du Nord. -Est-ce qu'à l'inverse, on ne peut pas se réjouir qu'une partie de la société s'enquière du futur et de la manière dont sont fabriqués nos aliments ? Deux millions de Français qui affirment qu'ils ne souhaitent pas de pesticides dans notre alimentation, on peut le voir aussi comme quelque chose d'extrêmement vertueux, non ? -Alors... je suis d'accord, puisqu'ils ont signé, donc ils se sont engagés.

Nous, on s'engage au quotidien à faire meilleur, à chaque fois. Pourquoi pas, justement. Et cet engagement... je renverserai la vapeur.

Cet engagement a été signé à plus de deux millions. OK, même pas peur. Mais c'est l'ensemble de la France qui va aujourd'hui empêcher et freiner des produits importés avec des toxines, avec d'autres produits qui ne sont pas autorisés pour les producteurs français.

On est d'accord ? OK, alors je m'interroge. -Justement, Jean-Baptiste aussi, vous vous interrogez, évidemment. -Je m'interroge, ça m'agace, en fait.

Ce sujet m'agace parce qu'en fait, alors pas contre vous, j'ai rien contre vous, mais à un moment donné, si, effectivement, c'est une bonne chose qu'il y ait deux millions de personnes qui se soucient de ce qu'ils ont dans les champs. Si on les écoute, il faut se soucier de ce qu'il y a dans l'assiette. Donc là, il faut être dur et intransigeant sur dire : "Ca, ça ne rentre pas." Le Nutella aux noisettes qui sont traitées, il n'y a plus de Nutella.

C'est terminé en France. Les nuggets de telle chaîne, il n'y a plus de ces nuggets-là. On va jusqu'au bout.

Ces consommateurs qui vont dans le bon sens aussi pour la qualité des aliments qu'on mange par rapport à notre agriculture, allons-y jusqu'au bout, mais bloquons les accès à ces produits-là. -Même pas peur. Et produisons local, beaucoup plus. -Merci beaucoup, Madame Le Peih.

Je vous propose de rester encore avec nous, puisque ce qui va suivre risque de vous intéresser. Je sais que vous vous attachez une grande importance à la place et au statut des femmes dans l'agriculture. Justement, on va en parler de ces femmes avec la chronique "Very important personne" de Louise Lesparre.

Jingle Ma chère Louise, vous avez décidé de nous parler d'une pionnière qui a été très importante pour toutes les femmes, dans l'agriculture, mais aussi pour vous, je crois. -Exactement. Je vais vous parler de Michou Marcusse.

Michou, elle est née en 1931, entre les deux guerres. Elle a 94 ans aujourd'hui. Elle est née dans les Landes.

Et Michou, c'est un symbole. C'est le symbole de la lutte des femmes, des agricultrices, plus précisément, pour avoir le droit d'exister. Je vais vous raconter cette histoire.

Michou a eu le certificat d'études en poche et puis elle a épousé Jean, un agriculteur. Et à l'époque, encore plus qu'aujourd'hui, quand on épouse un agriculteur, on épouse l'agriculture et même la belle famille qui va avec. Puisque comme beaucoup de femmes à l'époque, Michou va se retrouver à cohabiter pendant quatre ans avec ses beaux-parents, avec toutes les difficultés qu'on imagine.

Et après quatre ans de cohabitation, c'est décidé, Michou et Jean prennent leur indépendance, ils ont leur propre exploitation et leur propre habitation. Mais ce qui rend Michou unique, c'est sa vision, parce que Michou, tout de suite, elle croit au collectif. Donc elle va s'investir dans les jeunesses agricoles catholiques. qui sont des groupes de jeunes agriculteurs qui échangent pour l'agriculture de demain, et elle va s'investir pour les femmes.

Elle va intégrer des groupes de femmes qui échangent, qui discutent, avec un objectif, exister en tant que telle, ne plus être juste la femme d'eux, et puis surtout être indépendante économiquement. Et alors, tous ces combats mèneront Michou jusqu'à Paris, puisqu'elle travaillera aux côtés d'une fameuse Simone Veil sur la place des femmes dans notre société. Et elle aura même eu la Légion d'honneur. -Et Michou, vous la connaissez personnellement ? -Eh oui, j'ai cette chance, car c'est une amie de ma grand-mère.

Elles se sont battues ensemble pour le droit des femmes dans les Landes. Oui, oui. Et j'ai une petite anecdote à vous raconter.

C'est il y a cinq ans...

On voit Michou en photo, derrière. Il y a cinq ans, on a eu une femme qui a été élue à la tête de la présidence de la Chambre d'agriculture des Landes. Et les deux ont soufflé : "Enfin, une femme à la tête d'une instance agricole locale." -Ca veut dire que ce combat a porté ses fruits, d'après vous ? -Oui, ça a porté ses fruits, mais ça a très long.

Il a fallu attendre 1986 pour que les femmes aient droit au statut de cheffe d'exploitation, et 2019, donc il y a à peine 6 ans, pour qu'elles aient le droit à des indemnités de congé maternité quand elles ne sont pas remplacées. Aujourd'hui, elles sont 103 000 cheffes d'exploitation qui sont les dignes héritières de Michou et qui mettent toute leur énergie et leur courage à faire tourner les exploitations. Et je voulais leur rendre hommage aujourd'hui. -Merci beaucoup, Louise, pour ce beau coup de projecteurs sur une femme exceptionnelle et engagée.

Vous connaissiez Michou Marcusse ? Alors, je ne connaissais pas le nom, mais je pense à ma maman, je pense à ma grand-mère, etc., qui, elles, se sont battues.

Ma maman, longtemps, s'est appelée MME, vous voyez, sur le courrier, la MME. Et quand je me suis installée...

D'ailleurs je ne me serais jamais installée en 1990 sans avoir un statut, sans avoir une responsabilité, puisque je m'engageais, je m'engageais au niveau bancaire, je m'engageais au niveau physique, déjà, sur une exploitation, au niveau familial, au niveau social, avec des salariés, et au niveau sociétal, aujourd'hui. Donc cet engagement, il a une place, il a un statut. -Combien de fois les agricultrices racontent quand quelqu'un vient à la ferme et dit : "Il est où le patron ?" "C'est moi la patronne." -Encore maintenant. -Bon, mais le combat continue en tout cas.

Merci beaucoup Louise, merci Nicole. Et tout de suite, on va passer à notre deuxième, Very Important Produit. Jingle Et ce produit, c'est le légume préféré des Français et c'est la pomme de terre.

Est-ce que vous saviez qu'il en existe plus de mille variétés partout dans le monde et 250 répertoriées en France ? Vous le saviez ? -Oui.

Brouhaha -On va faire un petit tour de table. J'ai envie que vous nous citiez le plus rapidement possible les variétés de pommes de terre qui vous viennent à l'idée. Michel ? -La Mona Lisa. -La Mona Lisa, très jolie. -La Mandine, l'Agata, la Chérie. -Ah oui. -La Harry.

Harry, nouvelle variété ronde, on dirait le Golden. -La Grenaille. -La Grenaille, très bonne, la petite Grenaille.

Et puis, il y a la vitelotte, la Bintje, pour nos amis du Nord. Je vois qu'il y a des amateurs de patates dans cette émission. Eh bien, d'ailleurs, tiens, la patate, les Français l'adorent puisqu'ils en consomment près de 50 kilos par an.

On doit être un peu loin encore de nos amis belges, mais quand même, on se maintient. C'est un succès incroyable pour un légume qui n'est cultivé que depuis 300 ans en Europe. Et Fred Morris nous retrace la genèse de cette histoire d'amour entre la patate et les Français. -Aïe, persil, thym, romarin. -Sauté, vapeur, en purée, sarladaise, en frites, en gratin, en pâté,...

La pomme de terre est le légume le plus consommé en France avec une moyenne de 50 kilos par an et par habitant. C'est beaucoup ? -Juste ce qu'il faut, mais pas trop. -Trois fois moins qu'au milieu du XXe siècle où nous en engloutissions 150 kilos chaque année.

Alors, la France est-elle le berceau de la patate ? Pas du tout ! -Quand le résultat est là, effectivement, on est content.

Des fois, on est déçu. Ca se passe pas toujours comme on veut. -Epluchons un peu mieux cette histoire qui débute au Pérou où les conquistadors espagnols ont découvert ce précieux tubercule qui se décline en plus de 5 000 variétés.

Ramenée en Europe, la patate fait un carton, notamment en Allemagne. Tiens, on dit "Kartoffel" en langue teutonique, même si ça n'a aucun rapport. Mais en France, rien.

Personne ne veut la cultiver. On se refile la patate chaude sans jamais la planter. -Frites fricadelles, voilà, voilà ! -C'est l'ingénieur agronome Antoine Parmentier au XVIIIe siècle qui la rendra populaire grâce à un stratagème.

Aiguiser la curiosité des Français avant d'aiguiser leur appétit. Il organise des tours de garde autour d'un champ de patates comme on surveillerait un trésor. Mais il laisse le champ libre à la nuit tombée.

Les curieux volent la récolte et découvrent tous les bienfaits de la pomme de terre qui prend son nom actuel à cette époque car on considère que c'est là un fruit de la terre. Elle acquiert enfin ses lettres de noblesse et peut se faire appeler Madame Patate. Pour ce qui est de Monsieur Patate, ça, c'est une autre histoire. -Et pour continuer à apprendre plein de choses sur la pomme de terre, on accueille Catherine de Saint-Laurent, productrice dans le Nord. -Bonjour. -Merci d'être avec nous sur le plateau de VIP.

Vous êtes vous spécialisée dans la production de pommes de terre, certifiée agriculture raisonnée. Vous travaillez en famille avec votre mari, c'est ça ? Je crois qu'on a quelques petites photos d'ailleurs, on va pouvoir les afficher.

Voilà, donc ça c'est monsieur de Saint-laurent, c'est ça ? Donc vous cultivez des pommes de terre depuis combien de temps ? -Troisième génération sur nos exploitations agricoles.

Mon mari s'est installé en 2000 sur une exploitation d'une cinquantaine d'hectares. Et moi, je l'ai rejoint en 2010. J'ai repris une exploitation familiale dans le but de continuer à développer le commerce de la pomme de terre.

Aujourd'hui, on cultive tous les deux 350 hectares. -Ah oui, pas mal. Et combien de variétés de pommes de terre ? -On en cultive six variétés et 60 hectares de pommes de terre, parce que sur 350 hectares produits, on a un assolement quinquennal, on revient tous les cinq ans dans le même champ, donc on a aussi des céréales, du lin, des betteraves sucrières et un peu de colza et de maïs dans les champs où on ne peut rien mettre d'autre. -Il y a 20ans, vous avez fait le choix de vendre vos pommes de terre en direct producteurs, sans passer par des intermédiaires.

Il y a 20 ans, ça se faisait ? -C'était un peu précurseur. En fait, l'idée est venue que dans notre village, il y avait une supérette dans laquelle il y avait des pommes de terre qui venaient de la Marne. -Ah, ça c'est chez moi ! -C'était pas possible. -On va les séparer les deux, là. -C'était pas possible. -Je dois reconnaître. -Et donc, voilà, avec beaucoup de bon sens, c'est juste le bon sens, je dis au directeur du magasin "Mais ça vous gêne pas de vendre des pommes de terre qui ont fait autant de kilomètres alors que mon champ est juste en face ?" Et il me dit : "Amène-moi ta marchandise." Et là, l'idée culmine et on se dit : "On va faire une petite étude auprès des magasins locaux." Il y avait moyen de faire une place auprès de la grande distribution. -Voilà, j'aimerais qu'on en parle.

Elle est là. Il incarne la grande distribution, les circuits courts, la pomme de terre locale. -C'est génial ce qu'elle a fait.

Après, la pomme de terre, c'est vrai qu'il en existe...

Des milliers de variétés. Dans un supermarché, on en compte une dizaine. Allez, entre huit et dix, parce que chaque pomme de terre a son usage.

On en reparlera. Mais c'est vrai que c'est un produit qui est presque le produit phare d'un rayon fruits et légumes. Aujourd'hui, où que ce soit en France.

C'est vrai que dans le Nord, on en consomme beaucoup plus parce qu'on a cette culture. -C'est la base. -Exactement.

Rien que la frite déjà, je pense qu'une grande partie des patates passent dans la frite. Mais non, en supermarché, oui, c'est un produit extrêmement important du rayon fruits et légumes. -Vous faites tout en vente directe, mais c'est souvent la solution idéale, mais c'est beaucoup de boulot supplémentaire. -C'est vrai, du coup, on a investi, parce qu'on a rien sans rien.

Notre métier a évolué. On n'est pas que producteur, on est aussi producteur-vendeur. On a une relation avec des magasins avec lesquels on n'a pas de contrat.

On est sur un marché complètement libre, ce qui nous plaît aussi, parce qu'on aime cette liberté. On négocie les prix, c'est presque à la journée, voire la semaine, quand il y a des promotions de prévues. On joue le jeu sur l'année, on s'engage, nous, à produire des variétés qui plaisent aux consommateurs.

Il y a aussi un changement de stratégie de production. -Il faut suivre la mode. Mais en parlant de prix, on en parlait avec Antoine, la surproduction.

C'est vrai, ça ? -C'est la crise quand même. On a très, très bien produit.

Les industriels, d'ailleurs, aussi, ont été extrêmement demandeurs, pour transformer en frites fraîches, ça a connu un boom extraordinaire l'année dernière. Et là, on est dans la surproduction avec des prix qui s'effondrent. Comment vous vivez ça au quotidien ? -On sort de trois années extraordinaires, on peut le dire comme ça, avec des appels aussi des industriels sur le fait de produire plus parce que nouvelles usines, parce que... -Dans le Nord... -Exactement. -Et parce qu'il y a eu des marchés émergents aussi qui ont fait que les industriels vous ont demandé plus.

Sauf qu'avec les nouvelles taxes de notre ami M. Trump, ça a basculé. Et du coup, il y a surproduction, quoi. -Nous, on n'est pas directement impactés par ce cours, même si en grande distribution, on peut pas être complètement déconnectés de la réalité.

Un producteur de pommes de terre "classique", va produire pour un industriel avec un contrat. Il a un prix de contrat qui a été défini aujourd'hui entre 150 et 180 euros la tonne. S'il engage plus de 30 ou 40 tonnes hectares et qu'il en récolte 70, c'est le cas de cette année, il faut bien qu'il écoule le reste de sa production, qui aujourd'hui n'est pas contractualisée.

C'est ce qui fait que le marché est engorgé. Ils se disent que c'est pas vendu. Et le prix du libre, complètement libre, c'est 15 euros la tonne. -C'est pour ça qu'aujourd'hui, la grande distribution fait des mises en avance sur la pomme de terre très régulièrement.

J'ai vu encore la semaine dernière le kilo de pommes de terre à 30 centimes. A 30 centimes ! Je ne suis pas sûr... -Vous ne gagnez pas votre vie à 30 centimes ! -Alors, si je le prends au jour J et que je calcule, je vais vous dire non, c'est limite.

Mais moi, je ne peux pas raisonner comme ça. D'abord, on a une installation qui est amortie. Ca fait 23 ans qu'on fait ça.

On a une relation avec les magasins qui est plus qu'annuelle. On est présent dans les magasins, on va expliquer aux consommateurs que c'est bien nous qui produisons, ça ne sort pas d'une usine, ça sort d'une ferme avec des gens, des salariés, une équipe. Ca donne un sens autre au produit. -Catherine, est-ce que vous commercialisez des pommes de terre terreuses ?

Vous allez comprendre pourquoi je vous pose cette question dans un instant. -Oui, non lavées. On a deux chaînes.

On a une chaîne de lavage et une chaîne de brossage. Et en fait, on travaille pour un gros faiseur de fruits et légumes français qui est bien développé sur Paris et lui ne veut que de la Bintje brossée. Et il a raison. -Donc non lavée. -Donc non lavée, c'est ça. -Ca tombe bien parce que c'est le retour du biéroscope de Michel qui va nous expliquer pourquoi les consommateurs boudent ces pommes de terre pleines de terre alors que c'est l'origine, c'est la vie.

C'est ça qui fait sens, n'est-ce pas Michel ? -Evidemment. Je vais vous rappeler une évidence et on l'a vu dans le reportage.

La patate, Fred, ça ne pousse pas dans les arbres. -Mais non ! -C'est d'ailleurs pour ça qu'on l'a appelée "la pomme de terre". -Incroyable. -Et malheureusement, certains consommateurs, quand ils voient un peu de terre autour d'une pomme de terre dans les étals, c'est panique générale.

Et donc, en 1990, et c'est pas si vieux que ça, on a inventé la pomme de terre lavée. Il y a deux raisons, la première c'est parce que les consommateurs veulent toujours des produits brillants, bien propres, lustrés, et la deuxième raison c'est parce que les distributeurs en avaient un peu assez d'avoir de la terre sur les tapis de caisse et ça abîmait les tapis de caisse. Donc, on a commencé à laver les pommes de terre.

Alors, les producteurs récoltent la pomme de terre et pour la conserver, on va la refroidir dans des immenses frigos pour la conserver pendant plusieurs mois. Et une fois qu'on va les sortir de ces frigos, pour les mettre sur le marché, on va les laver à grande eau. Et donc on consomme énormément d'énergie, on consomme énormément d'eau, et une pomme de terre lavée, il faut le dire aussi, va germer beaucoup plus vite qu'une pomme de terre terreuse.

Donc la pomme de terre terreuse, elle germe moins vite, elle se conserve beaucoup plus longtemps et elle consomme beaucoup moins d'énergie. Donc c'est quand même mieux pour la planète et pour les producteurs. Quand je travaillais dans la grande distri, on avait lancé avec des collègues à vous de la pomme de terre équitable, issue de l'agriculture régénératrice et il fallait une variété qu'on ne pouvait pas laver.

Résultat, on jetait plus de 30 % dans les magasins. C'était une catastrophe. Un petit conseil aux téléspectateurs, la pomme de terre, de toute façon, dans beaucoup de cas, on la lave à la maison, voire on l'épluche, donc achetez-la avec un peu de terre. -On est bien d'accord.

Et puis la pomme de terre germée le grand chef Marc Vérat, vous savez ce qu'il en fait, lui ? Il en fait de la purée. Il dit que c'est la meilleure purée au monde, cette pomme de terre germée.

On salue notre ami Marc. Merci Michel. Et puis, puisqu'on parle de patates, on peut aussi parler de la façon dont on va les cuisiner.

Vous êtes plutôt à l'eau, en salade, en gratin ? -Des frites. -Des frites, des frites, des frites. -Quelle surprise !

Rires et brouhaha La bonne variété pour des frites ? -C'est les Bintje, non ? -On va dire la Bintje.

On produit aussi l'artémis. Mais l'artémis, c'est la mélodie. -Vous cherchez de nouvelles variétés pour améliorer la frite ? -C'est pas tant pour l'améliorer c'est aussi des variétés qui nous permettent d'avoir un gros calibre.

On ne mange pas des frites comme ça, on veut des longues frites... -Michel travaille avec des obtenteurs de plans, des gens qui vont développer des plans spécifiques pour justement... -Proposer aux consommateurs une pomme de terre qui a un calibre de cinq centimètres, pour la frite, ça ne va pas.

Il faut des grosses. Et qui ont du goût, pas des grosses qui partent pour l'industrie. Donc, voilà. -Allez, ça tombe bien, parce qu'on va aller voir dans les cuisines d'un grand chef comment on prépare, non pas les frites, mais le gratin.

Oui, le fameux gratin dauphinois. Le meilleur, bien évidemment. Regardez.

Musique -Bonjour, bienvenue chez le Per'Gras, bienvenue en Isère. Aujourd'hui, on va préparer une recette internationalement connue, mais qui est de chez nous : le gratin dauphinois. -Au menu aujourd'hui, la véritable recette du gratin dauphinois que le chef Laurent Gras connaît par coeur.

Elle lui a été transmise par ses aïeuls, restaurateurs depuis cinq générations à Grenoble. -En se levant encore enfant, un peu tard, on avait les odeurs du gratin qui mijotait dans le four. Avec l'ail, le lait, la crème et la pomme de terre qui sont en train de cuire, je crois que je pourrais reconnaître l'odeur du gratin dauphinois de partout.

Dans la rue, j'ai les radars en éveil. -Le chef épluche d'abord évidemment les pommes de terre. Il a choisi la variété Agatha. -Tout à l'heure, on a parlé de quand est-ce que j'ai commencé mon premier gratin.

C'est d'abord quand est-ce que j'ai commencé à éplucher mes premiers seaux de pommes de terre parce qu'on commence par ça. -Il les coupe en tranches. -Des tranches pas trop fines puisqu'il faut garder un petit peu de consistance après cuisson. -Mais le succès de sa recette tient aussi à un outil primordial. -Le plat a une très grande importance.

On va travailler sur un plat en fonte, qui répandra une chaleur uniforme dans le four et qui va amener un appoint de cuisson autre qu'un plat en inox ou en pyrex. Donc je vous conseille fortement le plat en fonte. -Laurant hâche de l'ail, place son plat en fonte sur une plaque de cuisson chaude, verse le lait puis la crème fraîche. -Et on va s'arrêter juste en dessous de la moitié de la hauteur du plat. -Il dépose l'ail, le sel et le poivre dans le mélange. -On attend que notre liquide soit à frémissement.

Le mélange lait, crème, ail, sel, poivre est en train de chauffer. On voit que ça commence à fumer. On attend quelques minutes.

Ensuite, on va mettre nos pommes de terre en immersion à l'intérieur. On laisse reprendre l'ébullition. Il faut toujours travailler avec un liquide chaud pour des histoires de transfert d'amidon.

Ensuite, on va recouvrir de notre crème fraîche. Ca ramène de la matière grasse. Et on va mettre quelques parcelles de beurre également sur le dessus pour la couleur et la saveur. -Il enfourne ensuite le plat dans un four chaud à 180 degrés pendant une vingtaine de minutes, puis à 140 degrés pour dix à quinze minutes supplémentaires.

Et voilà une recette très simple et la garantie d'un plat bien réconfortant pour l'arrivée des premiers froids. -Et bien voilà une recette qui devrait nous ouvrir l'appétit. Sur ce plateau, on sait ce qu'on va faire ce soir.

Du gratin dauphinois. C'est déjà la fin de notre premier numéro de VIP, Very Important Paysans. Merci à vous, Catherine et à tous nos invités qui sont venus sur ce plateau.

Merci à mes Very Important Partenaires pour ces échanges. Et puis on peut dire que notre agriculture française n'a pas fini de nous surprendre. On se retrouve dans quinze jours, même heure pour un nouveau numéro.

Vous pouvez nous retrouver en Replay et sur les réseaux de LCP. A bientôt, au revoir.