Buisson règle ses comptes avec Sarkozy - les questions SMS #cdanslair 28-09-2016
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 20 %Attaque 70 %Défensif 10 %
Temps de parole
- Invité45 %
- Invité 219 %
- Présentateur16 %
- Présentateur 212 %
- Invité 38 %
≈ 1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Jérôme Fourquet, une question pour vous. Restent-ils des indécis parmi les sympathisants de la droite et du centre ?
Oui, des indécis, il doit y en avoir. Mais attention, on n'est pas dans une élection classique, on est dans une primaire. Et le principal réservoir, le principal mars de manœuvre, ce sont tous ceux qui ne sont pas forcément aujourd'hui décidés à aller voter à cette primaire. Aujourd'hui, on estime à 8% des Français le nombre de ceux qui nous disent être certains d'aller voter. Alors, il y aura sans doute un peu de déchets dans tout cela. Si on prend uniquement les sympathisants de droite, à qui s'adresse en priorité cette primaire, c'est 20% d'entre eux.
Donc, il y a 80% des électeurs de droite, de gens qui nous disent à nos enquêteurs qui sont proches de la droite, qui n'ont pas l'intention d'aller voter à cette primaire. C'est eux qui détiennent la clé du scrutin, plus que les indécis. Et c'est en leur direction que Nicolas Sarkozy, notamment, fait campagne. D'où l'intérêt tout à l'heure de ce qu'on disait sur Patrick Buisson. Essayez de mettre en garde cette droite dure, une frange de ses 80%. En leur disant, attention, si vous allez voter, ne vous faites pas attraper au nouveau jingle de Nicolas Sarkozy. Vous aurez à la fin Barouin à Matignon. Vous aurez l'eau tiède. Et donc, Nicolas Sarkozy, ce n'est pas la vraie droite.
Il est peut-être là le vrai message de Patrick Buisson, au-delà, encore une fois, des petites vacheries.
Il connaît ses gammes, il connaît sur le bout des doigts ce type d'électorat. Nicolas Sarkozy, quand on regarde les déplacements qu'il fait, ce n'est pas des grandes métropoles. Il va dans des villes moyennes où le Front National et la droite ont fait des bons scores aux dernières élections. Et son principal enjeu, c'est de mobiliser, de faire venir aux urnes cet électorat.
« Les accusations de buisson relatives à la manifestation anti-CPE de 2006. Peuvent-elles faire l'objet d'une enquête a posteriori ? » Oui, il faudrait regarder les conditions de prescription, puisqu'on est au-delà de 10 ans par rapport aux faits. C'était début 2006 et il faut qu'il y ait une initiative. Ce n'est pas Nicolas Sarkozy ni ses proches qui vont déposer plainte. Ça serait ouvrir un dossier qui les embêterait plus qu'autre chose. Est-ce que du côté de l'État, en place actuellement, on a envie qu'il y ait une enquête sur ce terrain ? Ça serait un peu gros, à mon avis.
Mais surtout qu'il aurait pu y avoir une enquête récemment, au moment des manifestations anti-El Khomri, la loi, parce que lorsque des casseurs ont cassé les vitres de l'hôpital Necker, où derrière, on était en train d'opérer des enfants. Et là, la Ligue des droits de l'homme est intervenue pour dire « Mais comment ? Ils étaient deux ou trois, vous auriez pu les arrêter, vous avez laissé faire, les ordres n'ont pas été donnés. » Alors que là, les médecins qui étaient derrière ont eu très peur.
Alors est-ce que, justement, pour désavouer, pour discréditer un mouvement, alors que les manifs, ça commençait à bien faire, il y a eu du côté de l'État le désir de laisser faire, ça, je veux dire, la question est posée, n'est pas tranchée, vous voyez.
– Catherine, vous avez la parole, vous pouvez la garder. Peut-on imaginer Sarkozy renoncer à la primaire ?
– Non, non, non, ça c'est impossible. – Malgré tout ce qu'on a dit ce soir, malgré tous les coups d'une souillure ? – Parce que d'abord, tant qu'une bataille n'est pas livrée, elle ne peut pas dire elle est perdue, puis vous n'avez pas engagé tout ça, tout ce que vous faites. Et puis, vous savez, c'est très difficile, lui, il ne croit pas au sondage, parce qu'il faut voir quand il se déplace. Bon, de tous ceux qui sont candidats à la primaire, il est le seul qui a ce flot de gens qui sont pour lui, de militants, mais il faut voir, c'est une vedette, je veux dire, dès qu'il est assis, les gens se ruent pour faire des selfies, enfin c'est épouvantable d'ailleurs.
– Il n'y a que ça, il n'y a que lui qui a ce genre de…
– Ah oui, oui, c'est le seul.
– Oui, incontestablement, c'est celui qui draine le plus de monde, les séances médicales sont assez impressionnantes. – Ah oui, le plus de ferveurs. – C'est le fan club, quoi. – Mais en même temps, il a un fan club, c'est très important, on le sait depuis longtemps.
– Derrière cet acharnement, Hollande a la manœuvre ? – Non, non, Hollande ne téléphone pas ses ordres à Patrick Buisson, donc Hollande est assez habile pour en jouer politiquement. Le seul levier sur lequel puisse appuyer François Hollande, c'est éventuellement le levier des enquêtes judiciaires, voir comment on accélère ou comment on freine en fonction de l'adversaire qui est en face. Mais il n'y a pas de prise de François Hollande sur Patrick Buisson. – On dit depuis le début qu'il a choisi Nicolas Sarkozy comme adversaire.
– Et puis en plus tous ses proches, on a vu la semaine dernière comment les ministres de François Hollande ont répondu à la polémique sur les Gaulois. C'était devenu d'ailleurs un match entre, non pas Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, mais Nicolas Sarkozy et les ministres de François Hollande qui répondaient toutes les heures. – Pour installer le duel entre les deux. – Pour installer le duel. – On a quand même trouvé que l'enquête de Mediapart, qui est quand même dirigée par Edouard Penel, qui est un des amis de François Hollande, avec qui il avait fait un livre, tombe juste le jour où il y a 50 000 chômeurs de plus et que ça tombe bien de faire un bond héritatif quand même.
– À droite comme à gauche, au moment des élections, les affaires sortent ou rebondissent. Est-ce que je me trompe ?
– Non mais c'est ce que disait Bruno tout à l'heure et ce que les Français ont intégré. Quand on les interroge, pour 70% des Français, les hommes politiques sont corrompus. Donc là aussi, celui qui a des affaires ou des casseroles…
– Il est étonnant le chiffre que vous donnez parce que vous avez l'habitude de le donner.
– Oui, oui, oui, parce qu'il revient régulièrement. Et donc il n'y a pas… tant qu'on n'est pas sur… C'est pour ça que les affaires libyennes peuvent être un peu plus compliquées. Si c'est financement par une puissance étrangère, s'il y a enrichissement personnel, s'il y a même des faits plus graves. Là, les Français peuvent s'en détourner. Mais aujourd'hui, notamment dans le contexte actuel, beaucoup de gens à droite se disent « De toute façon, il n'y en a pas un pour racheter l'autre ». Et on a besoin de quelqu'un qui soit efficace et qui sache faire marcher l'appareil d'État et nous protéger. Si maintenant, il y a eu telle ou telle affaire, qui n'en a pas eu ?
C'est comme ça que beaucoup de Français raisonnent. Et le bruit de fond dont vous parliez tout à l'heure concernant Nicolas Sarkozy, il fonctionne aussi pour beaucoup d'autres personnels politiques.
– Les électeurs de Nicolas Sarkozy pourraient-ils voter Marine Le Pen à la présidentielle en cas de victoire d'Alain Juppé à la primaire ?
– Alors ça, ce n'est pas impossible. On a vu par exemple une initiative de la droite forte, le courant de Guillaume Pelletier, qui soutient très fortement Nicolas Sarkozy, suite à une multiplication d'articles dans la presse qui disaient qu'une partie de l'électorat de gauche pouvait s'inviter à la primaire pour faire barrage à Nicolas Sarkozy. Et donc, comme François Baroin l'avait déclaré la semaine dernière, c'est hors de question que la gauche vienne s'aborder ou saboter notre primaire.
Et donc, si on a un match très serré au deuxième tour de la primaire entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, avec ce fan club dont parlait Catherine Nait tout à l'heure, qui se mobilise massivement, mais qui est battu au finish par Alain Juppé, qui aura bénéficié du soutien d'une partie de l'électorat de gauche, alors là, il y aura un ressentiment très fort dans une partie de l'électorat la plus dure de la droite qui, manifestement, n'ira pas voter Alain Juppé.
Quelqu'un comprend-il l'écœurement que le simple citoyen ressent ? Oui, bien sûr, mais affaires, manipulations, coups tordus, et c'est une dérélection de la vie politique qui dure maintenant depuis plusieurs décennies. On s'en sort de deux manières, soit par un sursaut collectif, et ce pays retrouve la prospérité, la richesse et des élites bien choisies, soit par un homme providentiel. L'homme providentiel, on ne le voit pas. Vous ne le voyez pas venir. Un homme d'État ne se reconnaît-t-il pas à sa capacité à bien s'entourer ?
Ce qu'on disait tout à l'heure, c'est ça, un des principaux points sur lesquels Patrick Busson peut avoir un pouvoir d'accroche, c'est de dire, voilà, Nicolas Sarkozy s'est mal entouré, il a été mal conseillé, il était sous influence, et il a été trompé par quelqu'un qui... Il n'y a pas que l'affaire de Patrick Busson, il y a aussi la campagne présidentielle, où on voit qu'au minimum, il s'est peut-être fait rouler par ceux qui ont organisé sa campagne.
Merci à vous tous. C'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h30. Une émission que vous pouvez retrouver sur PLEUZ, le site de Ripley de France Télévisions. On se retrouve demain à 17h50 pour un nouveau C'est dans l'air. Tout de suite, c'est à vous. Belle soirée sur France 5.