Incendies : «Le gouvernement n'a rien fait pour s'y préparer», dénonce Emma Fourreau
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:34OuverteRéponse directe
Est-ce qu'ils ont tort, selon vous, Mafouro ?
- 1:51OuverteRéponse directe
Est-ce qu'à vos yeux, un gouvernement peut prendre seul une décision aussi importante sans en assumer les conséquences pour ses voisins ?
- 4:14OuverteRéponse partielle
Si jamais la France insoumise était au pouvoir en Espagne et que vous étiez ministre de l'Intérieur, quelles décisions auriez-vous prises face à l'afflux de migrants à Ceuta ?
- 6:25OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous pensez de cette proposition de Bruno Retailleau sur les visas territorialisés ?
- 7:58RelanceRéponse directe
Que lui répondez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:49PrésentateurFait
« sur les quelques 60 000 personnes, pas une seule personne n'est entrée en Espagne continentale, ou même sur le sol européen »
- 1:43PrésentateurChiffre
« Il y a au moins 72 personnes qui sont décédées »
- 3:50Invité politiqueChiffre
« de régulariser environ 500 000 personnes »
- 5:10PrésentateurFait
« on signe régulièrement des accords de pêche qui sont totalement déséquilibrés avec de nombreux pays en Afrique »
- 8:32PrésentateurFait
« il a baissé le budget de la sécurité civile »
- 8:41PrésentateurFait
« il n'y a pas pu y avoir de commande de nouveaux canadaires »
Temps de parole
- Présentateur68 %
- Emma Fourreau32 %
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Europe 1. 7h, 9h. Europe 1 matin. Europe 1 matin, il est 8h12. Votre invité ce matin, Jacques Serret, était Mafouro, eurodéputé de la France Insoumise.
Bonjour, Mafouro. Bonjour. Après la crise de Ceuta, le temps monte en Europe. Le chancelier allemand Frédéric Schmers, Georgia Meloni, mais aussi la première ministre danoise, Mette Frédéric Sen, mettent directement en cause la politique migratoire du gouvernement espagnol. Ils estiment que son vaste programme de régularisation a créé un facteur d'attraction. Est-ce qu'ils ont tort, selon vous, Mafouro ?
Bien sûr, les réactions européennes sont affligeantes, parce qu'on voit qu'on a affaire à une manipulation de grande ampleur sur ce qui s'est réellement passé à Ceuta, à savoir qu'il faut rappeler les faits face à la désinformation de la droite et de l'extrême droite, à savoir que sur les quelques 60 000 personnes, pas une seule personne n'est entrée en Espagne continentale, ou même sur le sol européen, parce qu'on le rappelle, parce que certaines personnes n'ont jamais ouvert de manuel de géographie. Ceuta est en Afrique. Et donc, évidemment, aucune de ces personnes ne sont arrivées en Europe. Et on voit tout de suite les réactions disproportionnées.
Et on voit que, finalement, c'est une manipulation de ce drame pour nourrir un agenda européen, partagé par Meloni notamment, qui est celui de l'anti-immigration primaire, et surtout sur le fait d'agiter des peurs qui ne sont pas réelles. Notamment, j'ai vu le tweet de Jordan Bardella qui disait « Demain, ils seront chez nous ». Mais non, Ceuta, c'est à 1000 kilomètres d'ici. Encore une fois, il n'y a pas une seule personne qui est arrivée en Europe. Il y a des contrôles qui sont effectués. Et toutes ces personnes, quasiment, ont déjà été renvoyées au Maroc avec la coopération entre l'Espagne et le Maroc. Donc, vraiment, c'est un faux problème.
Par contre, ce qui est vrai, c'est que c'est un drame humain. Et ça, on n'en entend jamais parler. Il y a au moins 72 personnes qui sont décédées. C'est l'un des épisodes les plus meurtriers sur la frontière espagnole. C'est de ça dont on devrait parler aujourd'hui.
Emma Fourreau, on parlait de ses dirigeants européens. Le chancelier allemand Frédéric Schmerz, Georgia Meloni. Mais il y a aussi la première ministre danoise, Mette Frédéric Sen, qui hausse le ton, elle aussi. Pourtant, elle est aussi social-démocrate comme Pedro Sanchez, le premier ministre espagnol. Et elle aussi, en tant que dirigeante classée centre-gauche, elle aussi considère qu'il faut désormais durcir la politique migratoire européenne. Vous dire qu'elle aussi se trompe ?
Bien sûr. Au Danemark, il y a toujours eu une politique zéro immigration. Elle a toujours eu des propos scandaleux sur l'immigration. Donc, pour le coup, ce n'est pas une surprise de voir Mette Frédéric Sen réagir ainsi. Et ce n'est pas un revirement de la part de la social-démocratie, parce qu'elle a toujours été dans cette tradition. Et c'est une tradition longue au Danemark. Ce qui sépare notamment le Danemark de la Suède, qui a une histoire plutôt d'accueil. Donc, ce n'est pas surprenant de voir ses réactions. Ce qui est surprenant, c'est de voir les demandes qui sont totalement ubuesques.
Je vois, par exemple, Mélanie qui demandait la suspension de l'Espagne, de l'espace Schengen, alors que ce n'est tout simplement pas prévu par les traités. Donc, on voit qu'ils disent tout et n'importe quoi pour agiter les peurs. Et que c'est vraiment une polémique montée de toutes claires. C'est qu'y compris, il n'y a pas que l'Europe qui embraye là-dessus. On voit Trump qui a réagi en disant que c'était une invasion. Et qui disait tout de suite, regardez, c'est ce qui se passerait si, aux États-Unis, les démocrates gagnaient. Et donc, on voit bien, en fait, que la situation est instrumentalisée dans chaque pays pour faire avancer un agenda politique interne.
Mais Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol, lui répond que chaque État est souverain pour conduire sa politique migratoire. La réalité, c'est lorsqu'on appartient à l'espace Schengen, les décisions prises par un pays concernent forcément les autres. Est-ce qu'à vos yeux, un gouvernement peut prendre seul une décision aussi importante sans en assumer les conséquences pour ses voisins ?
Alors, en l'occurrence, sur le DRM de Ceuta, quasiment toutes les personnes ont été rapatriées vers le Maroc. Il ne s'agit pas d'une décision de Pedro Sanchez.
Non, en l'occurrence, je fais référence à la décision du gouvernement espagnol de ces dernières semaines de régulariser environ 500 000 personnes. Et en l'occurrence, sur ce point-là, vous refusez de parler d'appel d'air.
Bien sûr que non. L'appel d'air, c'est quelque chose qui est construit de toutes pièces pour faire peur. La réalité, c'est que de nombreux États ont pris à un moment donné ce genre de décision, y compris l'Allemagne il y a quelques années. Et ça montre bien une chose, c'est que les exilés sont évidemment les bienvenus, mais sont aussi utiles dans chaque pays.
Emma Fourreau, j'aimerais essayer de comprendre si jamais la France insoumise était au pouvoir. Et en l'occurrence, dans un cas comme celui-ci, dans le cas de l'enclave espagnole de Ceuta, si la France insoumise était au pouvoir en Espagne et que vous étiez, vous, ministre de l'Intérieur, quelles décisions auriez-vous prises face à l'afflux de migrants à Ceuta ?
Alors ça n'a pas beaucoup de sens de comparer comme ça. Mais ce qui est sûr, c'est que notre boussole, c'est celle de la dignité humaine. Donc quoi qu'il arrive, toutes les décisions doivent être conduites avec cet impératif-là. Et on voit que dans le traitement médiatique, politique, c'est quelque chose qui est totalement perdu. Mais quand on parle de migration, il faut avant tout parler des causes des migrations. A savoir que la plupart des migrations sont forcées aujourd'hui, que ce soit via le dérèglement climatique avec de plus en plus de réfugiés climatiques, que ce soit via la destruction des économies locales. Et l'Europe a une responsabilité là-dedans.
Notamment, moi, je siège en commission pêche et on signe régulièrement des accords de pêche qui sont totalement déséquilibrés avec de nombreux pays en Afrique. Et qui fait que, évidemment, ça détruit des emplois localement et que donc certaines personnes, par la misère, sont contraintes de fuir. Donc ça n'a aucun sens de parler de la migration sans d'abord vouloir traiter les causes. Ensuite, une fois qu'il y a des politiques qui s'en prennent aux causes, évidemment, ceux qui viennent, il faut les traiter dignement.
Et ça, ça a toujours été le programme de la France Insoumise et qui est effectivement à rebours de ce que fait aujourd'hui l'Union Européenne avec le pacte Asile et Immigration, avec le règlement retour qui est le pire règlement jamais adopté par le Parlement européen en termes de droits humains, parce que c'est clairement l'organisation de déportations massives de personnes hors de l'Europe. C'est le fait de confier en partie la gestion de l'immigration à des pays tiers qui ne respectent pas les droits humains comme la Tunisie et l'Égypte. C'est le fait d'enfermer des enfants.
Mais en l'occurrence, sur le cas du Maroc, le Maroc cette nuit a réagi. Rabat parle de fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux et de l'action des passeurs. On n'est pas là dans ce débat-là. Est-ce que vous considérez la défense du Maroc ce matin ?
Ce qui est évident, c'est qu'il faut réprimer les réseaux de passeurs. Ça, ça fait partie du programme de la France insoumise. On voit qu'il y a une coopération entre l'Espagne et le Maroc pour gérer la situation. Donc sur ça, il n'y a pas de discussion.
Dans le journal du dimanche, Bruno Retailleau propose de revenir, selon ses mots, à l'inspiration première de Schengen. Libre circulation pour les Européens, mais des visas territorialisés pour les ressortissants extra-européens. Autrement dit, Bruno Retailleau propose un visa délivré par l'Espagne qui ne permettrait plus automatiquement de circuler en France. Qu'est-ce que vous pensez de cette proposition ?
Le fait de circuler, c'est liberté. Mais ce n'est pas étonnant en venant de Bruno Retailleau qui a toujours essayé de faire la jonction entre la droite et l'extrême droite. Il y a vraiment une surenchère perpétuelle sur les questions de migration, de déplacement, etc. Mais on voit bien que toutes les lois qui sont adoptées ces dernières années n'ont jamais permis de résoudre la situation. Cette surenchère, à part agiter les peurs, n'a aucune traduction matérielle. Et on le voit bien, de toute façon, le fait de toujours vouloir durcir, réprimer, enfermer, repousser, faire construire des murs, débarbeler, etc. On voit bien que ça n'a jamais résolu le problème.
C'est peut-être parce que notre politique est extrêmement mauvaise et que le tout répressif, quel qu'en soit le mécanisme, ne fonctionne pas aujourd'hui. Donc l'espace Schengen, c'est quelque chose qui est important en Europe. La vérité, c'est qu'il y a déjà de nombreux États qui font des contrôles malgré ça. Donc sa proposition ne changerait pas grand-chose. Et ce n'est pas là qu'est le cœur du sujet. Encore une fois, c'est une politique qui est totalement aveugle si on ne prend pas en compte les causes de départ.
Emma Thoreau, je rappelle que vous êtes eurodéputée La France Insoumise. Je voudrais vous entendre sur un tout autre sujet, mais qui évidemment concerne des millions de Français. Ce sont les incendies qui ont eu lieu ces derniers jours. La France Insoumise accuse le gouvernement de ne pas avoir préparé la France. Et Gabriel Attal, toujours dans les colonnes du journal du dimanche, a attaqué la France Insoumise. La France Insoumise fait du Trump bas de gamme. LFI avait voté contre la commande de 36 hélicoptères bombardiers d'eau. Ils ont toujours voté contre les pompiers. On savait qu'ils voulaient désarmer les policiers. Jean-Luc Mélenchon veut aussi désarmer les pompiers.
Voilà ce que déclare Gabriel Attal. Que lui répondez-vous ?
Je pense que Gabriel Attal est extrêmement mal placé pour s'exprimer sur le sujet. Puisque comme on le sait tous, en 2024, alors qu'il était Premier ministre, il a baissé le budget de la sécurité civile. Ce qui a une conséquence très concrète. A savoir le fait qu'il n'y a pas pu y avoir de commande de nouveaux canadaires. Ce qui est extrêmement grave. Parce qu'on voit que la France est totalement impréparée. Face aux dérèglements climatiques, il y a ses conséquences. Alors qu'il n'y a que Emmanuel Macron qui peut nous dire qui aurait pu prédire. Puisque les scientifiques alertent depuis des années.
Et j'entends par-ci par-là le fait que, effectivement, 9 départs d'incendie sur 10 sont de cause humaine. Mais la vérité, c'est qu'il n'y a pas une explosion du nombre de pyromanes en France. Par contre, l'intensité des incendies, elle, est liée au dérèglement climatique. Parce que lorsque le sol est sec, ça se propage beaucoup plus rapidement avec une plus grosse intensité. Et tout ça, le gouvernement le sait. Et n'a absolument rien fait pour s'adapter. Ce qui fait qu'aujourd'hui, on a des pompiers qui sont livrés à eux-mêmes. On a malheureusement 4 pompiers qui sont décédés. On a une population qui parfois s'organise elle-même. Parce que le gouvernement les a abandonnés.
Et il y a plein d'exemples comme ça. Notamment en ce qui concerne l'Office nationale des forêts. On est en train de désarmer cet organe à cette pression de plus de 1000 postes.
Merci Yama Fourreau. Eurodéputé, la France insoumise. Merci Yama Fourreau d'avoir accepté notre invitation. Et d'avoir été en direct avec nous ce matin sur Europe 1. A très vite.
Emma Fourreau