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InterviewFrance Inter — Questions politiques (sur Site radio)· 4 avril 2021 54 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheSantéInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Jean-Michel Blanquer: un bac 100% en contrôle continu "n'est pas l'idée que nous nous faisons du mois de juin"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 52 %Attaque 31 %Défensif 18 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Cette décision de fermer les écoles, c'était un crève-cœur pour vous ?

  • 2:46FerméeRéponse partielle

    La date du retour en cours pour tous les écoliers, collégiens, lycéens, au 3 mai, elle est fixée ? Elle ne bougera pas ?

  • 3:44RelanceRéponse directe

    Je n'ai pas très bien compris si vous aviez été convaincu de la contagiosité des enfants ou si on vous a obligé à être convaincu.

  • 5:59RelanceRéponse directe

    Pourquoi ne pas avoir été aussi loin qu'il l'aurait fallu dans la politique de test systématique à l'école ?

  • 7:32OuverteRéponse directe

    Avant la décision d'Emmanuel Macron, on avait entendu beaucoup de syndicats d'enseignants dire les enseignants ont peur, il faut les vacciner. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur la campagne de vaccination ?

  • 8:34FerméeRéponse directe

    Une stratégie spécifique pour les enseignants.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:17Invité politiqueChiffre
    « Mais 61% des Français n'y croient pas. »
  • 4:00InvitéFait
    « Non. Ce que je dis de façon permanente et que je dis encore aujourd'hui, évidemment, c'est que le sujet dans ces questions d'épidémie, c'est l'interaction sociale. »
  • 5:21InvitéFait
    « Ce que nous voyons, c'est d'abord qu'à l'école primaire, et ça, dans le monde entier, finalement, les enfants sont moins contaminants et évidemment avec très peu de symptômes. »
  • 6:45InvitéChiffre
    « C'était toujours autour de 0,2% des classes qui étaient fermées en même temps. »
  • 7:21InvitéChiffre
    « ça nous amenait des taux de positivité en moyenne autour de 0,5%. »
  • 8:10InvitéChiffre
    « plus de 95% des personnes, par exemple, en EHPAD, etc. »
  • 9:26InvitéPromesse
    « notre objectif, c'est que ce soit dans le courant du mois d'avril »
  • 12:50InvitéFait
    « Ce n'est pas l'idée que nous nous faisons du mois de juin aujourd'hui. »
  • 14:06InvitéFait
    « Si on a créé ce grand oral, c'est parce qu'on a voulu envoyer un signal à tout le système scolaire français que c'est très important de savoir bien s'exprimer, argumenter, écouter, avoir de la conscience en soi, etc. »
  • 17:36InvitéChiffre
    « Je rappelle que c'est 40% de contrôle continu dans la version normale du nouveau baccalauréat. »
  • 20:09InvitéChiffre
    « nous sommes dans un très rare pays à faire une évaluation pour tous nos élèves à la fois, c'est-à-dire 800 000 enfants »
  • 20:33InvitéFait
    « le confinement de mars, avril, mai 2020 a évidemment représenté une baisse de niveau pour ces enfants »
  • 26:47PrésentateurFait
    « Vous vous êtes opposé jusqu'au bout à la fermeture des écoles. »
  • 30:24PrésentateurChiffre
    « 300% d'augmentation des tentatives de suicide chez les moins de 15 ans depuis septembre. »
  • 39:36InvitéFait
    « La réforme du lycée je l'ai imposée. »
  • 50:39InvitéFait
    « on a besoin d'avoir une force économique de la France »
  • 50:46InvitéFait
    « sur le sujet de la souveraineté économique »
  • 50:53InvitéFait
    « sur la question de réindustrialisation de la France »
  • 51:39InvitéFait
    « comment nous réussissons à une échelle nationale, européenne et internationale à créer des sociétés démocratiques durables »
  • 53:25InvitéFait
    « Napoléon fait partie intégrante de notre histoire »
  • 53:37InvitéFait
    « il a de bons de mauvais aspects mais il faut en parler »
  • 53:45InvitéFait
    « il ne faut pas faire d'anachronisme, il faut faire de l'histoire »

Temps de parole

  • Invité71 %
  • Présentateur12 %
  • Invité politique8 %
  • Présentateur 25 %
  • Invité 24 %

1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Questions politiques avec Alibadou. Bonjour, bonjour et merci d'écouter, de regarder Questions politiques, le rendez-vous du dimanche de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Et si c'était la fin de l'exception française ? Fin de l'exception française ou une parenthèse rendue nécessaire par la troisième vague ? La fermeture des écoles était annoncée par le président de la République mercredi soir et en même temps un nouveau calendrier scolaire. Dès demain, une semaine de cours à la maison, à distance, pour les écoliers, les collégiens, les lycéens. À partir du 12 avril, deux semaines de vacances simultanées pour les trois zones.

Le 26, retour en classe pour les maternelles et les primaires. Cours à distance pour les collégiens et les lycéens. Avant la dernière étape, le retour en classe au collège et au lycée. Et un casse-tête évidemment, d'abord pour retenir ces dates, ensuite pour les parents, les familles. Et bien sûr, dans les établissements où les questions d'organisation sont d'une immense complexité. Et avec des protocoles qui ne cessent d'évoluer. Beaucoup de questions restent donc posées dans la communauté éducative.

Et nous sommes en direct jusqu'à 13h avec le ministre de l'Éducation nationale, de la jeunesse et des sports, Jean-Michel Blanquer, pour intervenir, réagir, commenter l'émission, l'application mobile France Inter ou les réseaux avec le hashtag QuestionPol. France Inter. QuestionPolitique, Ali Badou. Bonjour Jean-Michel Blanquer. Bonjour Ali Badou. Merci d'être au micro de QuestionsPolitiques. Beaucoup de questions à vous poser. Votre parole est évidemment très attendue. L'équipe de QuestionsPolitiques avec moi, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour Ali. Bonjour Jean-Michel Blanquer. Bonjour à tous. Françoise Fressos du journal Le Monde. Bonjour Françoise.

Bonjour Ali. Bonjour à tous. Et Karine Bécard de France Inter. Bonjour Karine. Salut tout le monde. Karine qui a préparé votre portrait. Elle a remis à jour votre portrait. Nous découvrirons ça ensemble tout à l'heure. Mais très sérieusement et pour commencer, Jean-Michel Blanquer, cette décision de fermer les écoles, c'était un crève-cœur pour vous ?

2:05
Invité

On peut dire ça comme ça pour tout le monde, pas seulement pour moi. Je pense pour les parents, les professeurs. Ça vous que je pose la question. Oui bien sûr. Tout le monde ressent la même chose parce que je pense qu'il y a le même attachement de tous les Français à l'école et qu'on partage tous ce désir d'avoir une année scolaire 2020-2021 la plus normale possible pour tous nos enfants. Donc je l'ai ressenti comme tout le monde de cette façon-là. En même temps, je considère qu'on est arrivé à une solution d'équilibre, c'est-à-dire une solution qui, en englobant les vacances de Pâques, fait que par exemple un enfant d'école primaire, en réalité, va perdre trois jours de classe physiquement.

Donc ça reste très raisonnable et donc on n'a pas perdu du tout le pari qui est d'avoir cette véritable année scolaire 2020-2021 non perdue pour les enfants de France.

2:45
Présentateur

On va en parler évidemment. La date du retour en cours pour tous les écoliers, collégiens, lycéens, au 3 mai, elle est fixée ? Elle ne bougera pas ?

2:54
Invité

Normalement non, bien sûr. Surtout les sujets...

2:56
Présentateur

Normalement ?

2:57
Invité

Parce qu'on est toujours obligé d'avoir un adverbe de prudence depuis le début de cette crise. Mais c'est une petite prudence, si je peux dire. Nous nous programmons vraiment pour rentrer le 26 pour les élèves des écoles primaires et le 3 pour ceux de l'enseignement secondaire physiquement, étant bien entendu que ceux de l'enseignement secondaire, dès le 26, auront de l'enseignement à distance aussi.

3:17
Invité politique

Mais 61% des Français n'y croient pas. En fait, ils vous trouvent beaucoup trop optimistes. Ils disent que le retour en classe n'aura pas lieu dans 4 semaines.

3:23
Invité

Écoutez, nous le verrons bien. Simplement, nos protocoles sanitaires restent très stricts, donc permettent d'envisager le retour à l'école primaire dans des conditions valables. Rappelons que dans une bonne partie de la France, il y avait encore possibilité d'organiser cela de manière normale au moment où on a arrêté. Donc, j'espère bien qu'on va être en mesure d'y arriver le 26.

3:44
Présentateur

J'avoue que je n'ai pas très bien compris si vous aviez été convaincu de la contagiosité des enfants ou si on vous a obligé à être convaincu. En regardant les différentes études qu'il y a depuis plusieurs semaines et plusieurs mois, il n'y a pas une évidence absolue que ce sont les enfants qui peuvent contaminer les autres ? Ou est-ce qu'il y a vraiment eu un déclic dans le gouvernement et chez vous ?

4:00
Invité

Non. Ce que je dis de façon permanente et que je dis encore aujourd'hui, évidemment, c'est que le sujet dans ces questions d'épidémie, c'est l'interaction sociale. Donc, plus vous multipliez les interactions sociales, plus, évidemment, le virus circule. L'école, comme d'autres activités de la société, mais certainement pas davantage, contribue aux interactions sociales. Pas seulement, d'ailleurs, au moment où l'enfant est à l'école, au moment où on l'accompagne et à d'autres moments. Donc, ce qui était assez agaçant dans la semaine qui a précédé notre décision, c'était de voir à quel point les esprits se focalisaient sur l'école alors que c'était un sujet parmi d'autres.

Donc, simplement, il est vrai que quand on prend la décision de fermer les écoles, même pour l'enseignement à distance, ce qu'on fait, c'est que non seulement on évite que les enfants... On oblige les parents à rester chez eux. On oblige les parents à rester chez eux.

4:41
Présentateur

Donc, c'est notamment pour ça.

4:43
Invité

Dans le monde entier, cette décision est prise aussi avec cette idée-là, bien entendu, pour limiter le fait de sortir. Mais c'est vraiment, comme je l'ai dit depuis des mois, ce que l'on doit faire en dernier ressort. Et donc, on l'a fait en dernier ressort. Mais je pense qu'il faut éviter de considérer l'école comme un lieu spécifique de contamination. Encore une fois, c'est un lieu où, évidemment, on peut se contaminer. Je n'ai jamais dit qu'il ne se passe rien à l'école. Mais qu'il y a des données, aujourd'hui, on arrive à avoir une vision objective, justement, sur... Écoutez, alors, il faut toujours être là aussi, très prudent sur ces questions-là.

Donc, je peux exprimer avec l'humilité qu'ici, à un non-scientifique. Mais je crois qu'il faut aussi de l'humilité aux scientifiques dans la crise que nous traversons. Ce que nous voyons, c'est d'abord qu'à l'école primaire, et ça, dans le monde entier, finalement, les enfants sont moins contaminants et évidemment avec très peu de symptômes. Et donc, c'est des aspects un peu rassurants de tout cela. Et qu'après, lorsqu'ils deviennent adolescents, ils sont plus contaminants, éventuellement un tout petit peu plus de symptômes.

5:41
Présentateur

Quand t'as la crèche, on ne comprend pas.

5:42
Invité

Donc, la crèche, c'est parce qu'il y a...

5:44
Présentateur

C'est pas vous, la crèche, mais...

5:45
Invité

Non, non, mais c'est vrai que pour les tout-petits, ça vaut aussi pour la maternelle, le fait qu'il n'y ait pas de masque, le fait qu'il y ait... Parfois, on est amené quand même à toucher les enfants et à être très proche d'eux. Oui, bien sûr. A fortiori, la crèche, ceci contribue à la démarque.

5:56
Présentateur

Je vais donner la parole à Françoise Fresseuse, mais d'un mot, pourquoi ne pas avoir été aussi loin qu'il l'aurait fallu dans la politique de test systématique à l'école ? Pourquoi est-ce que vous ne l'avez pas fait tester pour isoler et éviter d'en arriver à cette extrémité, à ce qui était non négociable pendant des mois pour le président de la République, pour le gouvernement, à savoir fermer les écoles ?

6:17
Invité

Notre politique de test a été très volontariste depuis la rentrée de septembre. Notamment, c'est monté en puissance au premier trimestre. Ça a concerné surtout l'enseignement secondaire parce que c'était des tests nasopharyngés. Et d'ailleurs, c'est cette politique de test, très articulée avec les autorités de santé, qui nous a permis de rompre les chaînes de contamination. C'est vrai qu'au premier trimestre, c'était une politique qui allait là où on voyait des symptômes et qui permettait de rompre les chaînes de contamination, de fermer des classes. C'était toujours autour de 0,2% des classes qui étaient fermées en même temps. Et si vous interrogez les...

6:50
Présentateur

Avec le recul, il aurait fallu davantage tester et faire ça de manière systématique, Jean-Michel Blanquer ?

6:54
Invité

Il y a des sujets techniques, c'est-à-dire, par exemple, les tests salivaires n'ont pu être autorisés que relativement récemment. Dès que ça a été le cas, c'est-à-dire en gros au début de l'année 2021, on a commencé à programmer la montée en puissance qui nous a permis d'arriver ces derniers temps à 300 000 tests salivaires proposés chaque semaine et d'avoir non seulement une politique permettant de rompre les chaînes de contamination, y compris à l'école primaire, mais aussi une politique permettant parfois de tester aléatoirement des populations entières. À chaque fois, je tiens à le dire, ça nous amenait des taux de positivité en moyenne autour de 0,5%.

Et là aussi, c'est quelque chose qui est quand même inférieur au taux de positivité dans le reste de la population. François Stresseuse. Avant la décision d'Emmanuel Macron, on avait entendu beaucoup de syndicats d'enseignants dire les enseignants ont peur, il faut les vacciner. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur la campagne de vaccination ? Est-ce qu'ils vont devenir un public prioritaire ? C'était un peu flou. Vous, vous militez pour qu'ils soient vaccinés très vite. Comment ça va se passer ? Le président a été très clair sur ce point lorsqu'il a commencé à parler de cette question.

Je vous rappelle qu'il y a, comme chacun sait, une politique générale qui est d'aller des plus vulnérables aux moins vulnérables. Chacun comprend le sens d'une telle politique. C'est comme ça que depuis le début de la vaccination, c'est-à-dire depuis le début de l'année, ce sont les personnes les plus âgées, plus de 95% des personnes, par exemple, en EHPAD, etc. Et c'est cela qui a infléchi la courbe de mortalité en France. C'est une stratégie plutôt payante et on doit la saluer. Mais maintenant que cette stratégie a maintenant près de 3 mois, il est normal que vienne s'articuler à cela une politique permettant de cibler certains publics prioritaires. Il y a eu les soignants, bien entendu.

Ça aussi, ça allait de soi. Maintenant, c'est les enseignants.

8:34
Présentateur

une stratégie spécifique pour les enseignants. La France a immunisé justement les enseignants. Une enquête de l'OCDE montre que la France est très en retard. Mais à partir de quand ?

8:42
Invité

Oui, à partir de quand la vaccination ? Parce qu'il y en a beaucoup qui disent qu'il faut que ce soit avant la rentrée des classes, c'est-à-dire dans les 3 semaines qui viennent. Je suis évidemment très attentif à ce que ce soit le plus rapide possible tout en ayant à prendre en compte ce qui se passe pour le reste de la société, notamment pour les vaccins disponibles pour les plus vulnérables, que ce soit les plus âgés

9:04
Présentateur

pour les profs. Jean-Michel Blancard, parlons très simplement. Je finis.

9:06
Invité

Non, mais je dis bien. Je voulais dire que, évidemment, tous ceux qui ont une comorbidité sont déjà concernés comme tous citoyens. Actuellement, c'était particulièrement vrai des plus de 50 ans, mais certaines comorbidités, c'est même avant 50 ans.

Et puis, s'agissant des professeurs, notre objectif, c'est que ce soit dans le courant du mois d'avril, selon des règles de priorité que nous travaillons actuellement, notamment, ça commencera par ceux qui s'occupent des enfants en situation de handicap, c'est-à-dire non seulement, d'ailleurs, les professeurs concernés, mais aussi, vous avez des personnels qui ne sont pas des professeurs mais qui travaillent en milieu éducatif et qui sont avec les enfants handicapés. On continuera normalement avec ceux qui s'occupent des enfants de maternelle, pour les raisons, d'ailleurs, que Nathalie Saint-Cricq disait tout à l'heure. Et puis, ensuite, ce sera un raisonnement par âge.

Tout ce travail se fait actuellement avec les autorités de santé. Mais, pardonnez-moi,

9:59
Invité politique

est-ce qu'on ne se fait pas quand même des nœuds au cerveau ? Je veux dire, est-ce qu'il n'y a pas juste une urgence de vacciner un million de profs et on a trois semaines pour le faire ? On a l'impression qu'en fait, il y a une jeune logistique qu'on ne peut pas nous raconter. Ce qui est urgent,

10:10
Invité

c'est de faire les choses dans le bon ordre. C'est-à-dire, si vous voulez, entre une personne de 70 ans et un professeur de 35 ans, on a probablement le choix à faire de la personne de 70 ans. Ensuite, ce qui est important, c'est qu'on réussisse le plus vite possible à faire tous les professeurs. Mais, ça vient s'intégrer dans une vision d'ensemble. Alors, ça dépend des doses disponibles. Vous savez, c'est autour de 10 millions de Français vaccinés en ce mois d'avril et plus 10 millions chaque mois.

10:36
Présentateur

Non, mais vous savez que beaucoup d'enseignants, de beaucoup de professeurs nous écoutent et donc la campagne de vaccination, elle commence quand pour eux ?

10:43
Invité

C'est probablement vers la mi-avril qu'on aura les premiers correspondants aux catégories que je disais. La question, c'est ensuite le nombre de vaccins et là, on est évidemment dépendant des facteurs généraux. C'est pourquoi... Alors,

10:55
Présentateur

disons les choses différemment. Quand est-ce qu'ils seront tous vaccinés ?

10:59
Invité

Ah ben, non, je préfère ne pas vous donner une date, même si, évidemment, ce qui est souhaitable, c'est qu'on réussisse à faire cela au cours des... Et pour les personnels non enseignants ? En tout cas, pour cela que... Pour les...

11:08
Présentateur

Personnels non enseignants ?

11:09
Invité

Ah, de toute façon, c'est articulé, c'est-à-dire, c'est tous ceux qui travaillent à l'école, au collège et au lycée. On ne fait pas une distinction en fonction de l'employeur, mais en fonction des caractéristiques, c'est-à-dire l'âge de la personne et aussi les situations professionnelles dans lesquelles... Donc dans les deux mois,

11:22
Présentateur

pour le dire vite.

11:22
Invité

Ce qui est un peu rassurant dans tout ça, c'est que dans les... Et qui, évidemment, guide aussi notre travail, c'est que toutes les enquêtes que l'on fait montrent que les professeurs font partie des catégories qui sont moins contaminées que la moyenne. Donc c'est quand même le point rassurant, notamment parce que, justement, les protocoles sont respectés, que les professeurs sont des gens très responsables, quand même, ils jouent un rôle pédagogique vis-à-vis des élèves sur les gestes barrières et sur tout ce qui s'ensuit. Et c'est heureusement la situation dans laquelle on est.

11:47
Présentateur

Qu'est-ce que pouvez-vous dire aux jeunes qui s'apprêtent à passer le bac, qui ne savent pas forcément dans quelles conditions, et notamment ceux qui ont peur de ce fameux grand oral, qu'ils n'ont probablement pas très bien préparé, parce que le préparer avec un ordi, ce n'est pas forcément avoir les mêmes, les meilleurs éléments et les meilleurs avantages pour pouvoir s'y confronter. Il y a même une pétition qui demande à ce que ce soit supprimé. Il y a beaucoup de pétitions de façon générale

12:11
Invité

et les circonstances actuelles conduisent évidemment à toute une série de demandes que je suis capable d'entendre, mais c'est aussi mon rôle de ne pas dire oui à toutes les demandes. Alors vous dites oui à quoi

12:20
Présentateur

pour l'instant et non à quoi ?

12:21
Invité

Je dis oui à l'intérêt de l'élève, toujours. C'est mon premier mantra. Les bacheliers. Les bacheliers, ils ont intérêt à avoir un baccalauréat bien préparé. C'est la raison pour laquelle on a déjà pris des mesures d'adaptation, puisqu'il y avait des épreuves qui devaient avoir lieu au mois de mars, qu'on a transformées en contrôle continu, comme vous le savez. Il y aura des épreuves écrites ? L'épreuve de philosophie du baccalauréat est prévue comme étant une épreuve écrite. Elle aura donc lieu.

12:45
Présentateur

Mais en tout cas, sur la table, est-ce qu'il y a le scénario malgré tout d'un baccalauréat en pur contrôle continu, Jean-Michel Blanquer ?

12:50
Invité

Écoutez, c'est très difficile de vous répondre parce qu'il faut que je fasse des phrases non s'écables. C'est-à-dire... Ah non, mais en l'occurrence, nous ne la couperons pas, nous vous écoutons. Non, non, non, il faut parler librement, si la question est complexe, prenez le temps de nous expliquer. Non, non, c'est très clair. C'est l'épreuve de baccalauréat à l'écrit en philosophie à vocation à être passée, de même que celle du grand oral. Dans les deux cas, on peut l'organiser dans des conditions sanitaires respectant les protocoles. Et nous sommes d'ailleurs, nous avons été dans les semaines précédentes capables d'organiser certains concours avec beaucoup de distance.

13:22
Présentateur

Mais il est possible dans des conditions dures et compliquées de l'épidémie que le bac soit un pur contrôle continu.

13:28
Invité

Mais ce n'est pas du tout la perspective que nous avons. Ce n'est pas l'idée que nous nous faisons du mois de juin aujourd'hui. Juste, je reviens

13:32
Présentateur

à cette histoire d'oral. Il y a un certain nombre d'élèves qui considèrent qu'ils ne sont pas forcément ni l'assurance, ni la préparation, ni eu suffisamment de conditions pour bien articuler et que le fait de ne pas le faire en présentiel les pénalise. Qu'est-ce que vous leur répondez ? Est-ce que la nature même de cette orale ne risque pas d'être compliquée pour des gens qui n'ont pas été en présentiel ?

13:51
Invité

J'en dis qu'il y a la question de fond et puis il y a la question de la note. La question de fond, c'est pourquoi est-ce qu'on fait un grand oral ? Il ne faut jamais oublier le sens et ne pas oublier aussi le fait que nous continuons des réformes qui sont indépendantes de l'épidémie dans l'intérêt des élèves. Si on a créé ce grand oral, c'est parce qu'on a voulu envoyer un signal à tout le système scolaire français que c'est très important de savoir bien s'exprimer, argumenter, écouter, avoir de la conscience en soi, etc. Et ça s'apprend.

Les professeurs de France fort heureusement apprennent à leurs élèves cela et le signal qu'on a envoyé maintenant depuis plus de deux ans que cette réforme est amorcée est un signal de préparation de cela, que ce soit par les pratiques théâtrales, le chant, les exposés oraux et toute une série de choses. Nous avons aussi mis à disposition de tous des ressources très importantes. J'en profite pour le dire. On trouve sur notre site EduSchool, sur le site de l'éducation.gouv aussi, sur l'UMNI, sur l'ensemble des ressources numériques que nous mettons en ligne, de quoi préparer cette oral. Et par ailleurs, les élèves vont retrouver le chemin de l'école en mai-juin.

Il y aura donc encore du temps de préparation de cette oral. Mais j'invite chacun au mois d'avril à s'entraîner. Il y a des mécanismes d'entraînement qui sont proposés dans les ressources que nous mettons.

15:06
Présentateur

Évidemment, et quand on a accès aux ressources numériques. Et quand on a une chambre pour s'isoler, c'est aussi une question sociale. On peut le faire en plein air aussi. Françoise Frésoze.

15:15
Invité

En fait, la question qu'on peut se poser, est-ce que deux années de crise sanitaire n'ont pas fini par tuer le bac ? Parce qu'au fond, même si les épreuves se déroulent, il va y avoir quand même des consignes d'indulgence des jurys. Est-ce que vous êtes inquiet, vous ? Ou vous dites après tout, c'est une étape, et au fond, le bac n'aura plus la valeur qu'il a eue ? Non, c'est l'inverse. Je sais que cette idée-là court parfois et qu'une sorte de pente pessimiste régulière qui peut exister cherche à dire ça, mais je crois que c'est le contraire. D'abord, la réforme du baccalauréat, elle était faite pour revaloriser le baccalauréat. Je rappelle les grands principes.

Le fait d'avoir du contrôle continu, par exemple, c'était une façon de dire que l'effort continu est récompensé. Et que par ailleurs, le fait d'avoir les enseignements de spécialité était fait pour que les élèves approfondissent davantage. Et ça, on ne l'a pas perdu. Interroger les élèves qui ont choisi histoire, géographie, sciences politiques, géopolitique, par exemple. Interroger ceux qui ont choisi littérature, humanité, philosophie. Interroger ceux qui ont choisi sciences numériques, informatiques. Autant de choses qui n'existaient pas auparavant et qui désormais existent et qui correspondent à des choix, je dirais, de cœur des élèves qui l'ont fait par passion, si je puis dire.

Et donc, ils ont eu des programmes assez exigeants qui leur ont permis d'approfondir. C'est ça, la vraie valorisation du baccalauréat. On fait toujours du fétichisme de parchemin, si je puis dire. Mais ce qui compte, c'est comment est-ce qu'en préparant le baccalauréat, on prépare ce qui fait réussir après le baccalauréat. Et la valeur du diplôme, évidemment. Et donc, c'est ça qui donne la valeur au diplôme. Des éléments de dévalorisation, il y en a eu dans les décennies précédentes. Là, c'est l'inverse. Pour les raisons que je viens de dire, ça ne va vite se rendre compte. Malgré une année qui peut être chaotique, Jean-Michel Blanquer, si on n'a pas de fétichisme...

Elle est moins chaotique que dans la plupart des autres pays. Ça, c'est entendu. C'est en cela qu'au contraire, il y a une sorte de résilience de notre système et de tout le monde, de tous les acteurs, les professeurs, les élèves, qui font qu'on aura passé le chemin. Et puis, au passage, il y a aussi des pratiques nouvelles qui auront été bénéfiques. Les pratiques numériques, chacun l'a dit. Bien sûr qu'il y a des imperfections, mais les élèves et les professeurs ont progressé sur ce sujet. Deuxièmement, l'autonomie de l'élève. Vous avez des élèves qui sont devenus plus autonomes dans leur travail. Le contrôle continu. Moi, j'entends des personnes qui ont réclamé aujourd'hui...

Mais le contrôle continu,

17:21
Invité politique

c'est l'opposé d'un baccalauréat. C'est l'opposé de passer, en fait, un examen.

17:24
Invité

Mais justement, c'est pour ça que je ne dis pas oui à ceux qui demandent 100% de contrôle continu. Mais ce qui est intéressant, c'est que vous avez certains acteurs qui, avant cette crise épidémique, protestaient quand je disais qu'il faut une part de contrôle continu. Je rappelle que c'est 40% de contrôle continu dans la version normale du nouveau baccalauréat. Donc, ils protestaient contre ces 40%. Et puis maintenant, c'est parfois les mêmes qui me disent qu'il faudrait 100% de contrôle continu.

Moi, ce que je vous dis, c'est que dans cette traversée de la mer Rouge, si j'ose dire, de ce moment un peu compliqué dont on va sortir, on aura finalement une sorte de légitimation du contrôle continu. Mais évidemment, moi, je ne veux pas qu'on passe de l'autre côté du cheval. Alors, pour poursuivre la métaphore pour le coup,

18:01
Présentateur

et pour ne pas avoir le fétichisme du baccalauréat, puisque vous ne savez pas encore aujourd'hui si l'hypothèse d'un pur contrôle continu sera finalement ce qui sera retenu. Mais est-ce que, de manière générale, vous constatez une baisse du niveau des élèves ? On a entendu vu des témoignages d'enseignants, dire qu'ils avaient vu des élèves décrocher. Est-ce que cette pandémie a entraîné, de fait, et malgré vous, malgré les enseignants et malgré le travail dans les établissements, une baisse de niveau qu'il faudra compenser ?

18:31
Invité

Alors, c'est difficile de parler de manière aussi générale. Et la réponse mérite, la question mérite une réponse assez documentée. D'abord, il y a le sujet du décrochage en tant que tel, c'est-à-dire des élèves qui seraient partis à cause de la crise. Là, c'est un point positif pour la France, puisque c'est vraiment des sujets sur lesquels il faut se comparer, puisque, de manière très contre-intuitive, je dirais, en 2020, les élèves français se sont moins décrochés qu'en 2019. Pourquoi ? Parce qu'il y a eu un tel volontarisme de la part de tous pour les raccrocher. Par exemple, prenez le lycée professionnel qui est souvent un lieu central de décrochage, si je puis dire.

Il y a eu un énorme effort des professeurs de lycée professionnel, de l'institution en général. Et puis, je dirais, un désir d'école qui s'est retrouvé à la faveur de cette crise. Parfois, d'un mal est né un bien. Tout le monde a compris que l'école, en réalité, ce n'était pas un gadget, que ce n'était pas quelque chose de négligeable, et donc, y compris les élèves. Et donc, en septembre, déjà, en mai-juin, le choix de revenir à l'école a été le bon choix. On s'en rend compte a posteriori, parce que ça a réamorcé la pompe. Les pays qui n'ont pas fait ça, on en a beaucoup pâti ensuite. Et ensuite, nous, on a eu le retour, je dirais, massif des élèves en septembre.

Donc, côté décrochage, la situation est vraiment la meilleure possible dans le contexte que nous avons eu. Baisse de niveau. En s'agissant du niveau, là, il y a une différence école primaire, collège, lycée. Ceux qui sont susceptibles de pâtir le plus d'une crise comme celle-là, c'est évidemment les plus petits. Par exemple, l'enseignement à distance, évidemment, quelque chose de très compliqué pour les plus jeunes. Dans la classe la plus, je dirais, la plus fatidique, c'est-à-dire, et aussi la plus technique, d'ailleurs, celle du cours préparatoire.

Les indications que nous avons eues sont très claires, puisque vous savez, nous sommes dans un très rare pays à faire une évaluation pour tous nos élèves à la fois, c'est-à-dire 800 000 enfants, un peu moins, qui, alors, pour un élève de CP, ça veut dire en septembre de son entrée en CP, puis en février en CP, puis de nouveau en septembre quand il rentre en CE1. Cet élève, on l'a donc, si je puis dire, photographié trois fois l'année dernière. Et donc, on a une vision pour chaque enfant et à l'échelle du pays que, oui, le confinement de mars, avril, mai 2020 a évidemment représenté une baisse de niveau pour ces enfants.

On le constate en septembre, avec une baisse en septembre 2020 par rapport à septembre 2019. Mais par contre, la bonne nouvelle ensuite, c'est que notre évaluation de février 2021, et ça, vraiment, j'invite chacun à regarder ça dans le détail, c'est extrêmement intéressant, c'est que, en français et en mathématiques, donc ce que nous évaluons de manière très précise, ces enfants de CP entrés en 2020 sont meilleurs qu'auparavant, que donc, en février 2010...

21:04
Présentateur

– Mais c'est vrai que c'est assez paradoxal. – Oui, tout à fait. Alors, c'est parce que,

21:07
Invité

tout simplement, il y a eu un travail de fait par les uns et les autres et que, on le verra, la France a réussi à passer ce cap. J'étais l'autre jour dans une classe, dans une des villes les plus pauvres de France et j'étais sur les sujets sanitaires. Mais j'ai regardé les questions pédagogiques, évidemment. les 12 enfants du CP que je visitais savaient lire au mois de mars. C'est des enfants très pauvres. Je pensais à leur équivalent aux États-Unis ou dans d'autres pays d'Europe. Eh bien, le même enfant, malheureusement, dans d'autres pays, en ce moment, est en train de décrocher, au sens de décrocher, cognitivement.

C'est donc ce qui est la chose la plus grave qui soit parce que, quand on est plus âgé, on rattrape plus facilement. On ne doit pas perdre l'apprentissage. Et c'est pour ça que je tiens tant à ce que les écoles soient ouvertes, notamment à l'école primaire, dans ces moments-là. Et donc, la France, grâce à ses professeurs en particulier, mais aussi les familles et tout le monde, cette espèce de mobilisation générale pour l'école, la France a évité, je pense, une catastrophe éducative. Elle est en train de l'éviter. Il y a encore un effort à poursuivre. Mais c'est sur cela que nous travaillons en permanence. Karine Becker, puis Françoise Frésoz.

22:07
Invité politique

Je voudrais vous poser une question sur vraiment la prise de décision, en fait, pendant cette crise sanitaire et de la désorganisation des couacs qui semblent apparaître. Vous avez parlé, par exemple, des centres aérés qui allaient rester ouverts. Finalement, on a appris qu'ils allaient fermer.

22:21
Invité

Non, non, ils sont ouverts dans les quartiers urbains prioritaires au cas par cas.

22:26
Invité politique

On a parlé des assistantes maternelles qui allaient devoir arrêter qui, finalement, vont pouvoir fonctionner. En fait, ma question, c'est de savoir pourquoi le gouvernement ne se donne pas un temps vraiment d'organisation. Pourquoi, dès la prise de décision d'Emmanuel Macron, qui arrive vraiment à la dernière minute, pourquoi tout de suite derrière, en fait, les choses s'emmêlent parce qu'on ne se donne pas ce temps de latence pour organiser les choses au niveau du gouvernement ? Alors,

22:51
Invité

Jean-Michel Locaire. Qu'il y ait parfois des imperfections, des choses qui sont trop imprécises pendant 24 heures, ça peut tout à fait arriver. des fois d'anticipation, vous connaissez le reproche.

Oui, c'est-à-dire qu'il y a une telle multitude de sujets à traiter qu'évidemment, on souligne ce qui ne va pas, mais regardez comment la France, ce pays auquel on fait toujours beaucoup de reproches, mais on ne voit pas toutes les qualités, et là, c'est indépendamment de ce qu'est le gouvernement, mais de notre système administratif, on le critique parfois, mais voilà, on a des préfets, des institutions qui font que, contrairement à ce qui se passe dans beaucoup de pays, vous décidez quelque chose, ça se passe réellement ensuite.

23:27
Invité politique

Mais pourquoi ne pas donner 24 ou 48 heures pour organiser les annonces d'Emmanuel Macron, alors qu'on a le sentiment...

23:32
Invité

C'est exactement ce qui s'est passé pour régler des dizaines de sujets, et vous, journaliste, vous êtes dans votre rôle pour pointer les deux ou trois sur lesquels... Mais par exemple, sur celui que vous dites, les centres aérés, en réalité, je ne parlerai pas de couac, puisque, en effet, certains pourront ouvrir au cas par cas, notamment dans les quartiers urbains défavorisés. Sur les assistantes maternelles, c'est un sujet qui ne relève pas de ma compétence, mais c'est un sujet qui s'est calé, si je puis dire, au bout de 24 heures.

Vous savez, on a ce qu'on appelle le centre interministériel de crise, qui nous permet de travailler ensuite dans le détail sur vraiment des centaines de sujets, et à chaque fois qu'il y a une décision massive prise... Donc, tout est prêt pour demain,

24:08
Présentateur

à vous écouter, M. le ministre ?

24:09
Invité

Oui, pour la semaine prochaine, pour mardi en général, pour pas mal de choses, oui, les choses... Mais tout est prêt, mais vous pourrez toujours me pointer telle chose qui ne va pas dans tel endroit, et dans tous les pays, vous trouverez cela. Bien sûr, mais de manière générale... Prenez l'accueil des enfants de personnel soignant, c'est quand même toute une logistique, tout un travail auquel nous sommes attelés en ce moment même. Il y aura sans doute des imperfections. N'empêche qu'en mars, avril, mai, on a très bien réussi à le faire. Là aussi, je remercie vraiment du fond du cœur ceux qui se sont engagés là-dedans l'année dernière. On va retrouver un peu les mêmes cette fois-ci.

On accueillait 30 000 enfants par jour, sans tambour ni trompette, mais grâce à une forme d'efficacité des Français.

24:47
Présentateur

Juste une question très courte. Est-ce que c'est totalement normal d'avoir Emmanuel Macron à 20 heures, à l'Assemblée le lendemain, un vote qui ne sert à rien ? Est-ce qu'on ne peut pas comprendre un peu la fureur de l'opposition qui pourrait de temps en temps être un petit peu associée et que ce ne soit pas simplement cette chaîne de décision qui a l'air un peu étrange ? Et on peut comprendre donc la fureur de l'opposition.

25:05
Invité

Alors, je ne fais pas mien les mots que vous avez utilisés, évidemment. Je pense que un vote démocratique, ça ne sert pas à rien. Oui, mais un vote sans conséquence. Commenter dans certains pays que je ne citerai pas aux citoyens ou aux éventuels parlementaires si ça ne sert à rien d'avoir un moment donné... On peut toujours trouver pire que soi, Jean-Michel Blanquer. Non, mais ce n'est pas pire que soi. C'est la possibilité de s'exprimer, d'échanger des arguments et à la fin... Vous savez, moi, j'étais surpris que beaucoup de groupes d'opposition appellent à s'abstenir. Je trouve que ce n'est pas démocratiquement très compréhensible. S'ils sont contre, qu'ils le disent.

Vous voyez, on a très souvent certains qui sont dans des postures d'opposition. Moi, je trouve que c'est très sain d'avoir un débat et puis de nous dire voilà, ça, à mon avis, moi, opposant, je considère qu'il faudrait faire de cette façon. Nous, ça pourrait nous inspirer. Ce n'est pas tellement ça que l'on voit plus.

25:51
Invité politique

Vous avez inspiré quelles propositions vous avez reprises de l'opposition, par exemple ? Il y a plein de choses.

25:54
Invité

Regardez, quand il y a eu le sujet sur les vacances, par exemple, j'ai répondu que les vacances, à mes yeux, ce n'était pas la solution magique puisque on pouvait très bien se contaminer davantage pendant les vacances que pendant la période scolaire et que ça dépend donc de la façon dont on l'organise. Mais néanmoins, on a réfléchi à partir de cette proposition. Et qu'est-ce qu'on en a fait ? On a fait la solution d'équilibre qu'on vous présente aujourd'hui, c'est-à-dire celle où on a d'abord l'enseignement à distance et non pas les vacances. Ce n'est pas pareil. Loin s'en faut.

Et puis ensuite, les vacances, en espérant qu'on aura aussi accoutumé à une forme de responsabilité dans les comportements du quotidien pendant les dites vacances. Puis un retour progressif avec l'enseignement à distance pour le second degré. Tout ça, c'est des choses qui se sont nourries de discussions. Alors, laissons de côté le Parlement. Laissons de côté le Parlement,

26:35
Présentateur

M. le ministre. Parlons du lieu où ça se décide. Le Conseil de Défense, en l'occurrence, vous vous êtes opposé jusqu'au bout à la fermeture des écoles. Vous aviez une relation de tension avec vos collègues. Vous avez perdu ce combat-là. Qui était votre allié ? Et en l'occurrence, est-ce que Olivier Véran, le ministre de la Santé, a gagné ?

26:52
Invité

Pas du tout dans cette... Non, ça voudrait dire qu'il aurait perdu pendant toutes les semaines d'avant. Ce n'est pas comme ça que ça marche. Mais pas du tout. D'abord, on a une excellente entente avec Olivier Véran et il est tout à fait capable. Oui, mais vous aviez des idées différentes. Heureusement. Sur les écoles, écoutez ce qu'il a dit. Non, non, bien sûr. Mais vous avez été mis en minorité au Conseil de Défense ? Non, ce n'est pas une histoire de minorité. Non, ça ne se passe pas du tout comme ça. Comme on n'y a pas accès et que ce n'est pas public, on ne sait pas comment ça se passe, en l'occurrence. Ça s'appelle un Conseil de Défense.

27:19
Présentateur

Mais on sait que vous étiez contre la fermeture des écoles et qu'elle a été décidée. Donc vous avez perdu.

27:24
Invité

Non, ce n'est pas du tout dans ces termes que ça se pose. Encore une fois, si vous me laissez le temps de développer... Ah bah décrivez-nous le Saint-Dessin. Oui, je ne veux pas vous décrire le fond mais la forme pour vous montrer que ce n'est pas possible. D'abord, excellente entente entre les uns et les autres. C'est important de le dire. N'imaginez pas ça comme un pugilat entre des intérêts contraires. Olivier Véran, par exemple, est tout à fait en mesure de comprendre... Par le prendre, mais vous êtes une équipe,

27:49
Présentateur

vous aimez ça, d'accord.

27:50
Invité

Le côté fondamental d'avoir les enfants à l'école, bien sûr. Et d'ailleurs, il l'a dit lui-même à plusieurs reprises. Et c'est d'ailleurs des sujets sur lesquels regarder. Sa manière d'en parler a un peu évolué précisément parce que l'on discute. Donc non. Ensuite, on regarde évidemment la situation sanitaire. Et donc moi-même, et dans un dialogue avec le président de la République et le Premier ministre, même préalable au Conseil de défense, nous avons évidemment regardé comment on pouvait faire pour aménager ce mois d'avril, pour en quelque sorte passer ce cap-là. Donc à la fin, la décision qui a été prise, c'est une décision Ah non, bien sûr.

C'est moi-même qui ai proposé certains points que vous avez là puisque, par exemple, ce que j'expliquais à l'instant à Mme Bécart, c'est le fait que vous avez seulement trois jours et demi où il n'y a pas classe pour les enfants de l'école primaire. Je trouve un résultat très valable. On n'aura pas fait rater beaucoup l'école aux enfants. Et en plus, il y a l'enseignement à distance qui, lorsqu'il est sur des courtes durées, est assez efficace parce qu'il y a de la motivation, parce qu'on s'est vu il n'y a pas longtemps. Et donc, ce n'est pas la même chose que quand vous avez un long tunnel d'enseignement à distance.

Donc, je trouve qu'on est arrivé à une solution d'équilibre qui, justement, est le fruit d'un travail d'écoute et pas seulement, contrairement à ce qu'on dit, d'un travail confiné entre six ou sept personnes qui décideraient tout seules, mais parce qu'auparavant, il y a de l'écoute. Par rapport à ce que disait Nathalie Saint-Cricq tout à l'heure, vis-à-vis des parlementaires, il n'y a pas que le jour où, en fonction de l'article 50 de la Constitution, le Premier ministre vient devant les députés puis les sénateurs. Il y a aussi... Non, mais il est allé voir au moment où les décisions ont été prises et annoncées par le président de la République.

Mais en amont de la décision, il écoute les groupes politiques, il y a toute une liaison qui se fait, puis on les écoute le mardi dans les questions au gouvernement. Non, mais ça, c'est public,

29:27
Présentateur

on le voit, on voulait savoir, nous,

29:29
Invité

comment se prenait la décision et le lieu où elle se prenait véritablement. Mais c'est des moments d'assurance. Maintenant que vous nous avez expliqué comment se prend la décision, quel est-vous votre diagnostic sur l'état de la jeunesse au bout de deux ans de crise sanitaire ? Est-ce que vous dites qu'elle est résiliente ? Ou est-ce que vous êtes très inquiet ? Vous dites, on a évité la catastrophe éducative. Mais au niveau du mental, comment vous sentez les choses ? Et est-ce qu'il faut, en sortie de crise, faire quelque chose de spécifique pour les jeunes ? Oui, trois fois oui à la question que vous posez, in fine.

La situation, je l'ai qualifiée depuis assez longtemps maintenant de catastrophe éducative mondiale. C'est une catastrophe éducative mondiale, c'est une catastrophe pour la jeunesse du monde. Donc, ne m'inimise absolument pas ce qu'il en est. Je regardais une étude japonaise hier qui parlait, par exemple, de l'augmentation du suicide d'adolescents mondialement. En France,

30:23
Présentateur

300% d'augmentation des tentatives de suicide chez les moins de 15 ans depuis septembre et ça ne cesse d'augmenter. Il y a une détresse psychique, psychologique qui est ravageuse et en l'occurrence, répondez à Françoise sur cette question-là.

30:37
Invité

C'est ce que j'étais en train de faire.

30:39
Présentateur

Non, mais vous étiez en train de passer par le Japon pour revenir en France.

30:41
Invité

Non, je parle du monde parce que le problème est lié à l'épidémie et que l'épidémie, elle touche tous les pays et que donc, on doit discerner ce qui relève de ce qui, en quelque sorte, nous frappe et la manière dont nous réagissons à cela. Donc, tout ce que vous venez de dire est exact. Les pédopsychiatres du monde entier s'inquiètent et lorsque je me bats pour les écoles ouvertes, ce n'est pas parce que j'ai une sorte d'idée fixe, pas du tout, c'est parce que j'ai tout ça à l'esprit.

31:03
Présentateur

Et parce que les pédopsychiatres en France s'y opposent à l'information de l'État.

31:06
Invité

Oui, j'ai toujours été d'ailleurs en osmose totale avec ce que disait la Société Française de Pédiatrice. Pourquoi ? Parce que nous avons une vision globale, c'est-à-dire on ne concerne pas que le coronavirus, on regarde tous les aspects de la santé physique et psychique des enfants. Mais ça veut dire qu'en sortie de crise, il va falloir faire des efforts spécifiques ? Oui, bien sûr. C'est pourquoi je martèle aussi, je suis ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports. Et donc, ministre de la Jeunesse. Et donc, je martèle, mais à la suite du Président et du Premier ministre, que la jeunesse est et sera, mais c'est vrai au présent comme au futur, notre priorité absolue.

Ça doit être vrai sur le plan budgétaire, ça doit être vrai sur le plan de notre créativité, ça doit être vrai aussi sur le plan de l'état d'esprit général avec lequel nous animons la société française. Par exemple, j'attire l'attention sur la démographie aussi. Le fait que la démographie baisse comme on pouvait le craindre dans une crise comme celle-là, c'est évidemment très grave pour l'avenir du pays. Ça veut dire qu'il faut des aides ? Vous pensez qu'il faut remettre des aides à la natalité ? Je pense que... Vous savez, on a beaucoup parlé du monde d'après lors du premier confinement et je trouve qu'on en parle moins maintenant et c'est donc maintenant qu'il faut en parler.

Oui, parce que maintenant,

32:05
Présentateur

les gens veulent retrouver le monde d'avant.

32:07
Invité

C'est parce qu'on doit avoir un monde d'avant en mieux. Et donc, le monde d'avant en mieux, c'est quelque chose qu'on aimait bien avant plus une vision renouvelée pour la jeunesse. Moi, je pense que dans ce monde que nous avons à préparer dès maintenant avec la jeunesse, il y a trois piliers qui sont fondamentaux pour le construire et qui construireont... C'est la santé, évidemment, tout le monde l'a compris, l'éducation et l'environnement. Et c'est évidemment ce qui doit guider nos choix budgétaires à l'échelle française comme à l'échelle européenne.

Je vous rappelle que nous avons pris des initiatives pour qu'à l'échelle de l'Europe, il y ait une vision partagée sur un investissement supplémentaire en éducation. C'est d'ailleurs en partie ce que le plan de relance commence à indiquer. Et cette société où environnement, santé et éducation sont clés, c'est évidemment une société pour la jeunesse.

32:53
Présentateur

Pour les enfants, d'un mot justement puisqu'il est question d'environnement et avant votre portrait Jean-Michel Blanquer, une question à propos des rêves d'enfants. On a manifestement une décision de la maire de Poitiers qui a considéré qu'elle fallait supprimer les subventions aux aéroclopes de la ville en disant que l'aérien, je cite, ne doit plus faire partie des rêves d'enfants. Comment est-ce que vous réagissez à cette prise de position ? Est-ce que vous considérez que les verres, les écologistes entre les sapins de Noël et diverses décisions sont en train de sombrer dans une idéologie un peu étrange ? C'est du tout moins ce qu'a dit Marlène Schiappa tout à l'heure.

33:25
Invité

Oui, c'est évidemment très inquiétant. C'est-à-dire, franchement, je pense qu'il y a beaucoup de gens qui ont voté élevé aux précédentes municipales qui s'en mordent les doigts aujourd'hui parce que c'est absolument catastrophique ce que nous montrent les maires écologistes aujourd'hui comme vision du monde. C'est une vision triste, austère, complice en plus avec les islamistes radicaux s'agissant de Strasbourg. Donc c'est vraiment terrible.

33:45
Présentateur

On va parler des rêves d'enfants pour le moment puisque la question portait spécifiquement sur les rêves d'enfants en l'occurrence c'est la question écologique Jean-Michel Blanquer.

33:51
Invité

Ça en dit tellement long sur le plan presque psychologique sur cette espèce de néo-jansénisme c'est la mauvaise écologie je vous parlais d'environnement à l'instant il y a clairement la bonne écologie

34:02
Présentateur

Un néo-jansénisme ?

34:04
Invité

Écologique, oui. Il y a la bonne et la mauvaise écologie c'est très clair. Vous avez une écologie universaliste qui cultive l'optimisme pour la jeunesse et puis vous avez une écologie nihiliste qui a peur créée une peur du futur qui est un cercle vicieux parce que si on ne tient que des discours comme ça dans le futur on aura un cercle vicieux du pessimisme et de la neurasthénie etc. Et vous croyez

34:25
Présentateur

qu'ils sont dangereux que c'est idéologiquement dangereux d'avoir des gens qui prennent des décisions

34:29
Invité

comme ça ? Dans l'exemple que vous donnez il y a plus grave évidemment c'est pas la chose s'il n'y avait que ça ce serait anecdotique mais ça vient à la suite de plusieurs choses dont certaines sont symboliques significatives comme pour les arbres de Noël et d'autres au contraire très substantielles et très graves comme à Strasbourg sur le fait de subventionner une mosquée liée au régime d'Erdogan

34:51
Présentateur

Je ne comprends pas le raisonnement et vous aviez un discours plutôt rationnel mais je ne comprends pas le discours entre le pré-jansénisme et quelque chose qui relèverait de la prédestination des enfants la question de l'aérien et maintenant la question du financement d'une mosquée

35:05
Invité

Oubliez le jansénisme parce que ça risque de nous amener trop loin mais c'était pas tellement la vision de la prédestination que je voyais quoique c'était plutôt la dimension d'austérité et s'agissant de de ce que je pointe je vais le redire autrement pour être clair je pense qu'il y a des thèmes qui sont justement des thèmes mobilisateurs pour la jeunesse et à juste titre qui sont par exemple l'environnement c'en est un très important mais c'est vrai aussi du féminisme de la lutte contre le racisme de la lutte contre l'homophobie etc et ce sont des thèmes extrêmement importants parce qu'ils correspondent en effet à des sujets qui doivent nous mobiliser mais sur chacun de ces thèmes vous avez la bonne et la mauvaise approche vous avez l'approche qui unit l'approche qui investit dans le futur l'approche qui aussi sait créer de l'optimisme sur ces sujets par l'action et puis vous avez l'action il y a celle qui fragmente qui oppose les gens qui donne une grille de lecture victimaire des choses etc donc moi j'ai une grille de lecture assez claire sur ces sujets et pour moi les mères écologiques représentent exactement ce risque là c'est à dire un cercle vicieux du pessimisme d'une forme d'austérité aussi d'une vision du monde et puis aussi cette espèce de laisser aller vis-à-vis de périls qui sont bien réels c'est à dire être complice du régime d'Erdogan aujourd'hui c'est quelque chose d'assez grave donc oui je suis inquiet de ce ELV municipal et on a aujourd'hui on doit montrer autre chose cette autre chose c'est pas parce qu'on serait contre l'écologie mais pour l'environnement et en l'occurrence

36:28
Présentateur

on va taper sur École École Égile et Verts on va en parler justement de politique le ministre de l'éducation nationale de la jeunesse et des sports Jean-Michel Blanquer est notre invité ce dimanche Vous allez bientôt décrocher

36:47
Invité politique

Jean-Michel Blanquer le record de longévité au ministère de l'éducation nationale certes François Bayrou qui y a passé un peu plus de 4 années tient encore la corde mais dans un peu moins de 4 mois désormais vous l'aurez dépassé s'installer durer c'est suffisamment rare pour être souligné En fait ce qui est suffisamment rare Jean-Michel Blanquer c'est de ne jamais être tombé malgré toutes les secousses que vous avez traversées comme si rien ne pouvait vous ébranler votre réforme du lycée par exemple qui est plutôt loin d'avoir fait l'unanimité vous l'avez imposée la grève des correcteurs du bac vous l'avez quasiment ignorée c'est comme si elle n'avait jamais existé même les accusations d'avoir directement participé à la création d'un syndicat Avenir Lycée cela ne vous a pas fait trébucher on parle pourtant de 65 000 euros de subventions l'opposition à l'Assemblée vous a interrogé vous vous êtes montré un peu fâché mais comme toujours tout a fini par glisser

37:47
Invité

L'UNL où M. Mélenchon va se faire acclamer a reçu 220 000 euros Avenir Lycéen 65 000 donc et je peux vous dire que les liens entre M. Mélenchon et l'UNL sont beaucoup plus forts que ce que je peux avoir avec Avenir Lycéen

38:04
Invité politique

La France insoumise qui est souvent votre cible privilégiée à l'Assemblée ce qui est intéressant Jean-Michel Blanquer à bien vous observer c'est qu'il vous faut presque toujours avoir raison vous avez c'est vrai et depuis longtemps de grands projets pour l'éducation vous réfléchissez vous modelez vous expérimentez mais vous semblez avoir du mal à supporter la contradiction un peu peut-être comme Emmanuel Macron le président Macron qui a hésité en juillet dernier à vous faire politiquement avancer remaniement ministériel vous avez failli quitter la rue de Grenelle pour devenir ministre de l'intérieur voire premier ministre vous avez probablement cru votre fiabilité votre honnêteté être enfin récompensé et puis non l'ancien recteur que vous avez été Jean-Michel Blanquer l'ancien professeur agrégé a été prié de préparer pour septembre une quatrième rentrée

38:57
Invité

ce que je vois dans une école comme celle-ci c'est que ce que nous avons fait en mai et juin pour le déconfinement est utile aussi pour la préparation de la rentrée parce que maintenant les habitudes sont prises

39:07
Invité politique

cette crise sanitaire qui aurait donc empêché le ministre de l'éducation nationale d'être à 56 ans candidat candidat aux élections régionales est-ce là vraiment votre seule raison ou avez-vous voulu protéger vos solides convictions du jugement électoral

39:26
Présentateur

Réponse Jean-Michel Blanquer ?

39:28
Invité

Alors il y a beaucoup à dire d'un trait qui n'est pas que flatteur D'abord sur des points factuels vous dites la réforme du lycée je l'ai imposée il y a eu une très grande consultation pour la réforme du lycée les idées de la réforme du lycée je ne les ai pas inventées un matin ça fait des années et des années que beaucoup de gens parlaient de la nécessité de débloquer cela quand on fait des enquêtes vers les lycéens la dernière que j'ai vue c'est 58% d'approbation de la réforme du lycée et ce malgré le monceau de critiques d'adversités qui ont pu exister dont vous êtes fait l'écho mais les lycéens comprennent que c'est beaucoup mieux aujourd'hui de pouvoir choisir des enseignements de spécialité que d'avoir les anciennes séries pourquoi est-ce que tant de pouvoirs précédents y avaient renoncé précisément parce qu'ils n'avaient pas envie d'affronter les contradictions que soi-disant moi je n'aimerais pas affronter vous savez si je n'aimais pas enfin si je n'acceptais pas la contradiction ça se verrait et probablement je n'aurais pas la durée que vous avez bien voulu souligner précisément parce que oui j'aime bien la contradiction je pense que c'est important après on ne pouvait pas me faire le reproche de répondre à la contradiction puisque je pense qu'il y a des arguments mais il y a des sujets sur lesquels on le voit chaque semaine à l'Assemblée nationale il ne peut pas non plus laisser faire regarder ce qui se passe par exemple toujours sur la réforme du lycée on a un comité de suivi du baccalauréat il se réunit très régulièrement avec toutes les organisations syndicales nous prenons sans arrêt des mesures pour aller de l'avant et donc changer des choses en tenant compte des échos du terrain donc je sais bien qu'il y a cette petite musique à mon égard pour dire voilà il n'aime pas la contradiction comme vous l'avez dit je crois que je l'aime exactement au même titre que chacun d'entre vous

41:06
Présentateur

c'est même une forme de bonheur quand on regarde les questions au gouvernement lorsque vous vous levez pour prendre la parole

41:11
Invité

ça s'appelle la démocratie et c'est intéressant et puis moi je respecte et affronter le débat je respecte les adversaires surtout quand on ne se met pas sur les terrains qui sont autres que les terrains de la réalité des gens alors vous avez aussi enfin vous avez évoqué je ne vais pas évoquer tout ce que vous avez dit mais sur chacun de ces sujets le but visé c'est quoi c'est l'intérêt de l'élève et le but visé aussi c'est vrai c'est de creuser un sillon à l'éducation nationale je souhaite que au travers de ce qu'on aura fait il y ait des choses qui soient durablement inscrites je pense à ce qu'on a fait pour l'école primaire en particulier les moyens qu'on y a mis pas seulement le dédoublement des classes qui touche chaque année plus de 300 000 enfants mais aussi tout ce qu'on fait par exemple pour les évaluations que je citais pour le travail pédagogique sur le français et les mathématiques tout ça c'est fait pour rehausser le niveau et même s'il y a eu cette crise sanitaire le but est de continuer à creuser le sillon et je crois que les professeurs sur le terrain

42:05
Présentateur

le temps du bilan viendra le temps du bilan viendra Jean-Michel Blorga non mais bien sûr et c'est bien de pouvoir y répondre

42:11
Invité

si vous permettez Alibadou juste un point c'est que le message que je veux passer au travers de ça c'est que la crise sanitaire n'empêche pas certains sillons de continuer bien sûr qu'elle gêne et qu'elle pose mille problèmes et que à cause de ça des choses sont ralenties c'est vrai mais ne croyons pas qu'on est stoppés dans une évolution positive pour le progrès des élèves

42:28
Présentateur

vous êtes très identifié

42:31
Invité

au combat pour la laïcité contre les séparatismes un récent sondage de l'IFOP montrait qu'au fond une courte majorité de lycéens se déclaraient favorables à l'autorisation des signes religieux à l'école est-ce que vous pensez qu'on est en train de changer de monde ou est-ce que vous pensez que le combat laïque au fond est un combat ringard aujourd'hui non alors comme vous dites une courte majorité ça veut dire quand même qu'on est un peu dans le 50-50 ce qui est et donc il y a matière à ne pas se sentir si faible que ça quand on porte le combat laïque je pense que l'immense majorité de la population est tout à fait d'accord avec les valeurs de la laïcité qui sont aussi des valeurs d'humanisme on utilise trop peu ce mot désormais mais voilà derrière la laïcité derrière les mots de république qui parfois peuvent apparaître abstraits aux jeunes et j'entends ça il faut dire tout simplement l'humanisme c'est-à-dire ce qu'on veut c'est une humanité qui vive bien et où chacun soit respecté en tant qu'être humain mais on est à France sur la rupture des générations

43:22
Présentateur

parce qu'on constate une rupture une fracture entre générations

43:25
Invité

et ça veut dire cette rupture entre générations je considère que quand elle existe c'est parce qu'on n'a pas fait assez attention depuis 20 ou 30 ans à la formation justement et à mieux expliciter des choses qui nous paraissaient mais est-ce que c'est pas aujourd'hui un combat perdu d'avance notamment parce qu'on a pris du retard non je considère que si vous voulez bien sûr il n'est pas gagné d'avance non plus mais il n'est pas perdu d'avance comment est-ce qu'il pourrait être gagné d'abord sur le terrain des idées sur le terrain de la formation sur le terrain des idées parce que les anti-républicains les anti-laïcs ont gagné beaucoup de terrain depuis 30 ans et notamment par la bataille des idées et c'est venu des Etats-Unis c'est venu aussi de certains secteurs en France c'est venu de la convergence d'intérêts entre l'islamisme radical qui a poussé ses pions d'un point de vue idéologique regardez ce que par exemple un Tariq Ramadan a fait et puis les universités américaines qui sont rentrées dans un certain nombre de délires intellectuels qui ont pu nous contaminer j'ai vu ça de très près j'ai moi-même vécu vous le savez en partie là-bas et c'est des choses que j'ai analysées donc ça se situe sur le terrain des idées d'une part ça se situe aussi sur le terrain de la formation je mentionnais tout à l'heure les sujets d'environnement par exemple la meilleure manière de prendre la bonne part de ces questions c'est de les approfondir là on vient de voter à l'Assemblée nationale la loi présentée par Barbara Pompili un excellent projet de loi où il y a une part éducation pour mettre encore plus de développement durable mais pas sous le mode du slogan ou des choses faciles mais sur le mode de l'approfondissement scientifique de la part des élèves des enjeux environnementaux donc moi je crois à la raison c'est pour ça que je crois à l'école je crois au progrès je crois à l'universalisme je crois en l'être humain et je crois en l'éducation et je pense que tous ces éléments-là les jeunes les enfants les adolescents ils y croient ils ont besoin de ça et donc c'est notre manière de présenter les choses de faire vivre cela d'être fier de notre modèle français parce que derrière ça il y a aussi des puissances internationales des courants internationaux qui n'aiment pas le modèle à la française et ça fait même peut-être deux siècles et demi que ça dure qu'on n'aime pas le républicanisme à la française qu'on n'aime pas ces idées portées les droits de l'homme par exemple et bien il faut les porter haut et fiers et mieux partager ces valeurs avec nos enfants parce que c'est vrai il y a un risque je serais d'accord avec vous il y a un risque de différentes générations

45:35
Présentateur

comment pouvez-vous peser sur l'UNEF par exemple quand on a vu les prises de position récentes également que le numéro 2 de l'UNEF était voilé et qu'au jour dans le temps elle s'occupait où il s'intéressait aux catégories les plus défavorisées et que maintenant ils ont cessé de faire levier sur est-ce qu'il faut baisser les subventions c'est un truc très simple

45:53
Invité

d'abord je pense que tout ce qui a trait aux subventions justement doit baisser pour à partir du moment où on est devant des mouvements qui ont clairement pris des options antirépublicaines deuxièmement parce que l'opposition demande carrément la dissolution je ne pense pas il ne faut pas contredire la démocratie en voulant défendre la démocratie autrement dit justement j'aime bien la contradiction je pense qu'ils ont évidemment le droit d'exister et qu'en plus j'ai jamais réclamé pour ma part la dissolution par contre sauf si ça devait aller vers des extrémités auxquelles ils ne sont pas encore arrivés mais simplement j'ai vu y compris à ce micro des gens minimiser ce qui s'est passé avec l'UNEF en disant mais c'est que des groupes de parole on ne prend pas de décision on s'est mis à rentrer dans une casuistique qui n'a aucun sens on voit bien comment madame Pulvar trébuche précisément non pas parce qu'elle pratiquerait une sorte de discrimination vis-à-vis des personnes non racisées comme on dit maintenant mais c'est parce qu'à partir du moment où vous commencez à être d'accord un peu d'accord avec ce genre de choses en fait vous ne savez plus où ça s'arrête mais ma question c'est qu'est-ce que vous faites

47:00
Présentateur

qu'est-ce qu'on baisse les subventions en clair qu'est-ce que vous faites parce que vous regardez

47:03
Invité

un quand des groupes se mettent dans ce type de situation on ne doit pas ils ne doivent pas avoir d'argent public deuxièmement je pense qu'ils sont en plein déclin précisément parce qu'ils prennent ce genre d'options pourquoi est-ce que l'UNEF a pris ce genre d'options depuis plusieurs années c'est parce qu'ils étaient déjà en déclin électoral et qu'ils ont fait du clientélisme dans les facultés et bien il faut que ce déclin se continue et puis que d'autres groupes c'est déjà le cas ils ne sont plus la première organisation étudiante de France ils déclineront d'eux-mêmes d'options extrémistes qu'ils auront prises de manière tout à fait inadaptée Karine Bécart puis Françoise Fresseuse

47:37
Invité politique

Alors on pointe beaucoup les décisions très personnelles du président Macron et encore plus pendant cette crise sanitaire c'est intéressant parce que cette semaine il y avait donc cette longue interview d'Edouard Philippe dans le magazine Le Point qui nous expliquait tel qu'il voyait lui la 5ème République et notamment il considère que c'est une diarchie que l'exécutif a deux têtes vous êtes comme je le rappelais professeur agrégé professeur agrégé de droit public quelle est votre lecture à vous de la 5ème République est-ce qu'effectivement c'est une diarchie est-ce que les décisions devraient être prises avec les deux têtes de l'exécutif

48:07
Invité

Jean-Michel Blanquer bien sûr les institutions sont très claires vous savez vous avez parlé de durée tout à l'heure la constitution de la 5ème République elle est sur le point de battre un record celui de la 3ème République en termes de durée c'est une excellente chose pour la France c'est vraiment on ne se rend pas compte là aussi si on fait une comparaison dans le temps du bénéfice que nous avons d'avoir des institutions solides mais c'est pas ma question ma question c'est est-ce qu'Edouard Philippe a raison de pointer le fait qu'Emmanuel Macron est en train de vous répondre en mettant en perspective d'accord mais une des raisons de la durée et de la solidité des institutions c'est leur souplesse en réalité et cette souplesse elle vient un du fait que c'est une bonne synthèse de notre histoire constitutionnelle qui avait été chaotique auparavant deux qu'il y a effectivement avec ce duo au sommet quelque chose qui permet parfois de partager les rôles ce qui peut être très bien compris parfois en termes d'emplois

48:57
Présentateur

ou de les confondre on va aller vite en l'occurrence Edouard Philippe pointe du doigt une confusion et c'est une critique de l'exercice du pouvoir par Emmanuel Macron présider ça n'est pas gouverné et en l'occurrence quand on lit l'interview du point on s'aperçoit c'est vraiment aussi une manière de le comprendre

49:13
Invité

mais je pense qu'ils ont fait un duo qui s'entendait bien je l'ai vu en permanence il vous manque Edouard Philippe mais non parce que je suis en lien je suis parfois en relation avec lui et puis en plus sur le lit c'est difficile comment ? il vous manque ? non parce que je le vois non politiquement je pense que ça fait du bien à chacun d'avoir des temps de respiration on voit bien qu'il est en forme Française Fresseuse alors la grande question pour 2022 c'est est-ce que Marine Le Pen peut remporter le deuxième tour quelle est votre opinion ?

en démocratie tout est possible et donc je veux être ni dans le jeu de ceux qui cherchent un peu à exciter les peurs à partir de ça ni dans le jeu de la désinvolture il faut évidemment prendre tous les scénarios possibles et donc mesurer le sujet en même temps on ne doit pas être obnubilé par cet enjeu c'est l'ensemble des perspectives démocratiques qui doivent être mis et au fond la question sous-jacente c'est est-ce que Emmanuel Macron n'est pas devenu un peu trop seul pour pouvoir rassembler un camp face à Marine Le Pen en 2022 et là on rejoint la solitude du pouvoir la critique implicite d'Edouard Philippe qui dit la 5ème république c'est une hiérarchie est-ce que là il n'y a pas une solitude d'Emmanuel Macron qui fait que peu vont se mettre derrière lui en 2022 ?

non je ne pense pas je pense que d'abord les français voient bien toute une partie des bonnes choses qui résultent de l'équation que représente Emmanuel Macron et notamment le en même temps à mes yeux a encore une certaine vigueur c'est-à-dire on a besoin d'avoir une force économique de la France on le voit bien par exemple sur le sujet de la souveraineté économique des sujets dont je parle par exemple avec Jean-Pierre Chevènement le président parle aussi de cela sur la question de réindustrialisation de la France et puis mais en même temps une jambe sociale une jambe sociale modernisée c'est ce que nous faisons depuis le début du quinquennat à vous entendre

51:02
Présentateur

la campagne a commencé il est acquis qu'Emmanuel Macron sera candidat à l'élection présidentielle non pas parce que vous acceptez d'y aller à fond et de voir sa candidature comme une évidence

51:11
Invité

il est évident que quand il y a un président de la République qui fait son premier mandat on pense à la possibilité du second et pour moi il est souhaitable mais ça à la probabilité vous savez c'est vrai qu'en ce moment on est sur le sujet de la pandémie et que franchement on n'est pas très concentré sur la question il reste deux minutes il faut quand même penser au monde d'après c'est quoi sur quoi va se jouer 2022 à votre avis ?

je ne vous parle pas que de 2022 en vous parlant de ça je vous parle vraiment des décennies qui viennent du 21ème siècle c'est à dire comment nous réussissons à une échelle nationale européenne et internationale à créer des sociétés démocratiques durables où il fait bon vivre parce qu'on aura investi dans l'éducation dans la santé dans l'environnement et ça effectivement ça peut inspirer un programme mais c'est pas que le sujet de 2022

51:54
Présentateur

quand vous voyez que le front républicain s'effondre partout c'est à dire qu'en gros les gens disent Macron Le Pen moi je ne me dépasserai pas vous réagissez comment vous considérez que ça a une évolution normale des choses ou vous êtes effondré ? je pense que

52:06
Invité

on a besoin d'une gauche de gouvernement et d'une droite de gouvernement plus crédible c'est ce qui évitera ce genre de phénomène et donc j'invite vraiment à ce que ce soit le cas au maximum dans la manière d'avoir de la cohérence notamment par exemple vous voyez quand on s'oppose à nous sur la gestion de l'épidémie ou sur d'autres sujets qui est quand même une cohérence que les français verront et qui feront qu'il y aura une plus grande popularité de ces deux parties du champ politique qui sont décisifs pour qu'il y ait une vie démocratique saine moi je me refuse à avoir juste nous et en face Mme Le Pen ou juste Mme Le Pen et M.

Mélenchon il faut qu'il y ait quelque chose de plus équilibré et on voit bien localement ça permet aussi des alliances ça permet tout simplement au pouvoir qui est le nôtre qui est plutôt au centre de réussir parfois à avoir des majorités d'idées avec d'autres il arrive que des propositions venues de la gauche ou de la droite nous intéressent donc ce que je veux dire par là c'est qu'on ne doit pas s'obnubiler avec une seule opposition à fortiori extrémiste et je pense que dans l'esprit de beaucoup de français il y a évidemment encore la valeur des forces qui sont républicaines et de celles qui ne le sont pas

53:16
Présentateur

d'un mot d'ailleurs à propos de la république il faut commémorer Napoléon Bonaparte c'est une question que je pose traditionnellement mais quand vous êtes le ministre de l'éducation faudra-t-il le faire dans les écoles les collèges les lycées

53:25
Invité

Napoléon fait partie intégrante de notre histoire j'ai donné un entretien récemment

53:29
Présentateur

mais dans les établissements scolaires

53:31
Invité

bien sûr il fait partie de notre enseignement vraiment comment peut-on imaginer de fasser Napoléon de notre histoire il a de bons de mauvais aspects mais il faut en parler il faut commémorer regarder et le célébrer d'abord parce que l'éducation vous savez il ne faut pas faire d'anachronisme il faut faire de l'histoire c'est vraiment plutôt que d'être sans arrière faire du jugement moral sur savoir si les hommes préhistoriques étaient féministes il faut savoir il faut simplement être sain sur ces questions et évidemment Napoléon n'était pas un saint avec un T et ça n'empêche qu'il faut quand même le commémorer parce qu'il est essentiel dans notre histoire tout simplement

54:06
Présentateur

c'est très clair merci en tout cas Jean-Michel Blanquer d'avoir été avec nous aujourd'hui joyeuse Pâques joyeuse Pâques à toutes et d'ailleurs on va vous remercier en remercier toute l'équipe de questions politiques et vous donner rendez-vous donc dimanche prochain merci

Jean-Michel Blanquer: un bac 100% en contrôle continu "n'est pas l'idée que nous nous faisons du mois de juin" · Pourquijevote