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Conférence de presseC dans l'air (sur YouTube)· 5 mars 2026 64 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalSécuritéNumériqueInstitutions & élections

Epstein : la Russie veut faire tomber Macron - C dans l’air - 06.02.2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    L'affaire Epstein prend une autre tournure avec une opération d'ingérence russe visant E.Macron. Jusqu'où peut aller cette tentative de désinformation ?

  • 2:00OuverteRéponse partielle

    Que faudrait-il faire face à une attaque odieuse où tout est faux ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi maintenant ?

  • 6:00RelanceRéponse partielle

    Est-ce qu'il faut riposter quand on est victime d'une attaque odieuse où tout est faux ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Quelles réponses possibles ? Quelles ripostes ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que ceux qui instrumentalisent cette affaire peuvent arriver à leurs fins ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00D.SeuxFait
    « Une réponse institutionnelle et officielle fera moins de bruit que le bruit de l'affaire initiale. »
  • 5:00M.JégoFait
    « Le président français explique qu'il serait prêt à se rendre à Moscou. Son conseiller diplomatique est allé à Moscou mardi, où il a vu le conseiller diplomatique du Kremlin. »
  • 7:00D.SeuxFait
    « Ca va plus loin. Au fond, c'est un condominium D.Trump-V.Poutine. »
  • 9:00N.BacharanChiffre
    « On est peut-être à 4 millions de pages publiées. Ca s'appelle noyer le poisson. »
  • 11:00R.GentéChiffre
    « 15 % seulement des opérations du KGB sont celles qui consistent à faire des opérations... 85 % étaient des opérations psychologiques, informationnelles. »
  • 13:00D.SeuxChiffre
    « La guerre en Ukraine est financée à 100 % par l'Europe. L'aide occidentale est financée à 100 % par l'Europe. »
  • 15:00N.BacharanFait
    « Il veut défaire l'Otan, l'UE, obliger les troupes de l'Otan à reculer vers l'ouest, au-delà de la Pologne, la République tchèque. »
  • 19:00R.GentéFait
    « Il y a tout le volet financier. Sa spécialité, c'était l'évasion fiscale et le transfert de fonds offshore. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Essayez-le. ... - A.Casse: Bonsoir.

Bienvenue dans "C dans l'air". L'affaire Epstein prend une autre tournure vendredi, celle d'une opération d'ingérence russe visant E.Macron.

C'est ce que les autorités ont détecté. Un faux site a été créé, relayant des faux mails qui impliqueraient le président de la République dans des orgies. On est en plein dans la guerre informationnelle.

Jusqu'où peut aller cette tentative de désinformation et quelle riposte? Bonsoir, R.Genté.

Vous êtes journaliste, spécialiste de l'ancien espace soviétique. Vous êtes l'auteur de "Notre homme à Washington". - R.Genté: Nous y sommes. - A.Casse: D.Seux, vous êtes éditorialiste.

M.Jégo, bonsoir. Vous êtes journaliste au "Monde", pour lequel vous avez été correspondante à Moscou de 2005 à 2014.

En une de votre journal, on lit ce soir: "Epstein, un scandale aux ramifications mondiales". N.Bacharan, bonsoir.

Vous êtes historienne et politologue. Je rappelle votre ouvrage, "Requiem pour le monde libre". On va remonter le fil de cette histoire.

La diplomatie française choisit de nous la révéler via son compte French Response. Un faux site de France-Soir avec un faux article faussement signé par un journaliste...

La diplomatie française choisit de riposter tout de suite. - D.Seux: Elle a raison.

Par définition, une réponse institutionnelle et officielle fera moins de bruit que le bruit de l'affaire initiale. Le compte French Response sur X...

Chacun peut se demander s'il est sur X. Il y a 180 000 abonnés à ce compte. C'est bien, mais par rapport à la circulation de l'information...

Nous consacrons une émission à cette affaire. C'est le début d'une réponse, mais c'est une réponse trop timide encore. - A.Casse: Que faudrait-il faire? - D.Seux: Est-ce que c'est le ministre des Affaires étrangères?

Est-ce qu'il faut que les membres du gouvernement prennent à partie Moscou pour dénoncer ce genre d'information? Je vais vous donner un exemple. E.Macron, hier, a enregistré une émission chez nos confrères de Brut.

Une heure. Qui en a parlé? On parle d'autre chose aujourd'hui.

Moscou a gagné la partie. - A.Casse: C'était sur un autre sujet. - D.Seux: Le bruit, aujourd'hui, était sur autre chose. - A.Casse: Est-ce qu'il faut riposter quand on est victime d'une attaque odieuse où tout est faux?

C'est donner de la visibilité aux fausses informations. - R.Genté: C'est répondre à des fantasmes qui sont utilisés, qui existent dans nos sociétés.

En l'occurrence, les élites décadentes, la pédophilie...

Ca surfe là-dessus. Quelle que soit la réponse, on a l'impression que ça vous embarque dans l'histoire. Il n'y a pas de règle absolue.

Parfois, il faut répondre. Il faut aussi voir comment y répondre. French Response essaie d'apporter des réponses, qui ne sont parfois pas très sérieuses.

Il y a de l'humour, de la moquerie. C'est peut-être le meilleur moyen d'y répondre. Mais c'est une machine infernale qui fantasme sur les fantasmes de la société. - A.Casse: Les autorités dénoncent une ingérence russe qui vise le président de la République.

On peut aussi se demander pourquoi maintenant? - M.Jégo: Non seulement, il faut répondre, mais il faut aussi donner les dessous.

Quelles sont les intentions russes? Pourquoi maintenant? Le président français explique qu'il serait prêt à se rendre à Moscou.

Son conseiller diplomatique est allé à Moscou mardi, où il a vu le conseiller diplomatique du Kremlin. Ce n'est pas un hasard si, justement, à ce moment précis, la machine de propagande russe choisit d'humilier E.Macron, pour qu'il arrive là-bas vraiment humilié, pour montrer à voir un criminel, un pédophile, un obsédé sexuel...

Enfin, voilà. Peut-être que c'est à usage interne aussi. C'est aussi pour déstabiliser les sociétés occidentales. "Regardez vos élites.

Elles sont décadentes." C'est ça, le discours russe de Poutine. Lui défend les valeurs familiales.

Peu importe qu'il vive avec une femme qui a 35 ans de moins que lui, avec laquelle il n'est pas marié...

Il a fait 2 enfants à une femme qui a 35 ans de moins que lui, qui est une gymnastique rythmique avec laquelle il aurait dû couler de beaux jours. Qu'est-ce qu'il vient nous faire la guerre en Ukraine puisqu'il a le bonheur chez lui, Poutine? - A.Casse: Insistons sur cet opportunisme.

Cette affaire Epstein est l'affaire parfaite pour déstabiliser qui que ce soit. - R.Genté: Ce qui est très important, c'est que c'est au moment où le président de la République fait une offre de dialogue avec la Russie.

La réponse qu'on reçoit, c'est une humiliation avec la réplique dont on parle et les propos de monsieur Lavrov, qui dit que c'est pitoyable, que parfois, nous envoyons des émissaires de manière discrète...

L'humiliation est la réponse de la Russie. - D.Seux: Ca va plus loin.

Au fond, c'est un condominium D.Trump-V.Poutine.

La sortie des documents... - A.Casse: 3 millions de documents. - D.Seux: Ca permet à D.Trump de disparaître derrière les affaires au Royaume-Uni, en Norvège, au Danemark, en France...

Ca détourne l'attention. V.Poutine détourne l'attention sur E.Macron.

Ca rend service à D.Trump. - A.Casse: C'est une diversion? - N.Bacharan: Oui.

On est peut-être à 4 millions de pages publiées. Ca s'appelle noyer le poisson. C'est intéressant de se souvenir que c'est la première fois qu'on est dans une telle situation de publication pour nous tous de documents qui relèvent d'une enquête criminelle qui a été très longue, avec des millions de documents.

J'ai bien regardé. Ca ne s'est jamais produit. La dernière fois que le FBI a publié une enquête, c'était 300 pages sur M.Jackson.

On a été noyés dans des millions de documents au moment de l'affaire des Panama Papers en 2016. C'était pas du tout gouvernemental. C'était un cabinet d'avocats qui avait laissé fuiter dans la presse pour démolir un tas de gens qu'il souhaitait démolir.

Cette décision annoncée par Trump qui ne voulait plus le faire et qui a été contraint par le Congrès...

Il publie tout. Tous les jours, il en sort davantage. C'est noyer le poisson. - A.Casse: Qui est derrière cette opération d'ingérence russe qui vise E.Macron?

Selon "Le Parisien", ça s'inscrit dans le cadre d'une opération d'un activiste américain qui est basé à Moscou et qui s'en est déjà pris à B.Macron. Il avait été interviewé. - J'ai décidé de créer plusieurs sites Web. - Combien de sites Internet possédez-vous? - Des centaines. - Dans combien de langues? - Au moins 18.

En voici un français. Celui-là aussi. Il a fait quelque chose avec 100 euros. - "Macron promet 100 euros aux Français s'ils votent pour la majorité présidentielle".

Qu'est-ce que ça veut dire? - Je ne sais pas. Cela provient d'une autre source.

Ca a simplement été réécrit par l'IA. Est-ce vrai? Je ne sais pas.

J'ai 65 millions de personnes qui lisent chaque mois mes articles. - A.Casse: C'est un document rare.

On voit très peu cet homme. Cette interview est précieuse. Pourtant, il a une influence considérable. - D.Seux: La confiance qu'il ne sera pas sanctionné!

C'est incroyable. On peut se dire, si on veut être un peu optimiste, qu'à force d'être arrogants, ils vont finir par tomber. A force d'en rajouter, les Européens vont dire qu'ils vont tout couper.

La justice se saisit. Il y a des perquisitions chez X et des convocations d'E.Musk à Paris auxquelles il ne se rendra pas.

Ils vont peut-être trop loin. Peut-être qu'il va y avoir un réveil. C'est pour ça qu'on a commencé en disant que le silence n'était pas possible. - A.Casse: Peut-être qu'on atteint les limites de cette stratégie russe dans cette guerre informationnelle? - R.Genté: Je pense que ça va continuer et que ça marche plutôt pas mal.

C'est très profond, dans l'histoire russe du KGB. Il y avait un fameux espion du KGB qui avait fait défection dans les années 80. Il disait que 15 % seulement des opérations du KGB sont celles qui consistent à faire des opérations... 85 % étaient des opérations psychologiques, informationnelles.

Ca fait partie de son ADN. Dans les années 60, le KGB soutenait les mouvements noirs-américains, les pacifistes en Europe. C'est quelque chose qu'ils ont l'habitude de faire.

Ils sont passés à quelque chose de plus radical avec les fake news et les provocations. Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose. - A.Casse: On va regarder ces fausses informations dans le détail.

Il s'agit aussi d'utiliser l'IA. Des fausses informations sur une implication du président de la République dans l'affaire Epstein. Ils prétendent qu'il allait régulièrement au domicile parisien de J.Epstein. *-Une tentative d'ingérence russe dans l'affaire J.Epstein. *-On découvre ce matin que des réseaux sociaux prorusses ont tenté de faire croire qu'E.Macron était impliqué dans ce dossier. - Le président français cible d'une opération de déstabilisation russe.

Tout est parti de ce post publié sur X par un compte prorusse accompagné d'une vidéo s'appuyant sur de faux e-mails issus soi-disant du dossier Epstein. ...

Réponse quelques heures plus tard du très officiel compte French Response, piloté par le Quai d'Orsay, dans son style alliant ironie et réponses cash. ...

Faux article, faux site d'information, mais vrai journaliste dont l'identité a tout simplement été usurpée, comme il le raconte dans les colonnes de son vrai journal, "Le Parisien". Une opération russe qui porte une signature, celle du réseau Storm-1516, identifié par les services français avec une stratégie bien rodée et déjà utilisé plus de 70 fois. De fausses informations qui pullulent sur les réseaux et finissent à la télévision russe. - Macron se retrouve pris dans la tourmente du scandale.

Les documents divulgués laissent entendre qu'il est homosexuel et que son mariage avec Brigitte sert de couverture. Il est prédit que Macron deviendra le leader d'une Europe unie et qu'Epstein sera sollicité pour faciliter cette ascension. En guise de remerciement, le président français aurait laissé les pédophiles mettre en place une activité touristique étrangère au Maroc. - Une nouvelle tentative de désinformation qui sème le trouble alors que plusieurs personnalités françaises sont effectivement citées dans les dossiers Epstein.

Parmi eux, J.Lang, visiblement proche de Epstein. - J.Lang: Je ne crains rien.

Je me sens blanc comme neige. - J.Lang se retrouve convoqué dimanche au Quai d'Orsay.

D'autres noms sont aussi cités: B.Le Maire, G.Depardieu, qui auraient simplement rencontré le financier.

C.Villani et Ariane de Rothschild ont échangé avec lui par e-mail, tout comme l'ancien conseiller diplomatique de N.Sarkozy et un chef d'orchestre.

Un contexte que les Russes ont cherché à exploiter au moment où une thèse prend de l'ampleur, celle du kompromat. Les services russes auraient-ils utilisé les soirées de J.Epstein pour atteindre de potentielles cibles?

Au moins 2 mails font allusion à des rencontres entre le milliardaire et le chef du Kremlin. ...

En 2018, alors que D.Trump et V.Poutine doivent se rencontrer à Helsinki, J.Epstein aurait aussi cherché à jouer les intermédiaires.

Des éléments auxquels s'ajoutent les mots du Premier ministre polonais avant-hier. estiment qu'il est probable que ce scandale de pédophilie ait été une opération préméditée par le KGB russe. C'est ce qu'on appelle un piège à miel, un appât sucré.

Tout cela ne peut signifier qu'une chose: la Russie détient également des documents compromettants sur de nombreux dirigeants encore en activité aujourd'hui. - Des accusations aussitôt ignorées et moquées par le Kremlin. *-D.Peskov: Je ne ferai aucun commentaire à ce sujet.

Evitons de perdre du temps. - De nouvelles suspicions qui s'ajoutent à celles visant D.Trump, qui aurait lui aussi pu faire l'objet d'un kompromat. - A.Casse: On va en parler aussi ce soir.

Question. Est-ce le cas? - M.Jégo: Peut-être que Macron le dérange.

Comme Macron est un fervent soutien de l'Ukraine, ça, Poutine, ça le dérange. La question est pertinente. Ce qu'on voit, c'est surtout la volonté d'humilier.

Ce n'est pas la 1re fois que Macron est au centre de ça. Il y avait déjà eu des histoires sur sa femme. Des fake news ont été déversées par des comptes russes.

Ca montre à quel point...

Est-ce qu'il faut reprendre l'angle avec V.Poutine? Vous voyez ce traitement. - A.Casse: Ce qu'on vient de voir à la télévision russe, à quel point l'affaire Epstein a été instrumentalisée pour s'en prendre à E.Macron.

Comment vous réagissez quand vous voyez cette séquence? On a l'impression que les attaques sont davantage dirigées contre E.Macron que contre les autres dirigeants européens. - R.Genté: Peut-être parce qu'il a pris le leadership de la construction européenne, une fortification de l'Europe pour répondre à l'agression russe.

Dans le petit reportage avec la présentatrice russe, elle dit que Macron voudrait devenir "le président d'une Europe unie, lui, l'homosexuel". C'est l'Europe unie qui est attaquée. Si vous regardez les hommes les plus puissants du monde aujourd'hui, Trump, Musk, Poutine, ces trois-là s'attaquent à l'UE.

C'est ça qu'ils veulent détruire. La France les dérange tous. Ils voient très bien que la force potentielle n'est pas réellement existante aujourd'hui.

C'est l'Europe unie. C'est ce que dit cette présentatrice de télévision. "Macron, l'homosexuel, patron de l'Europe".

C'est à ça qu'ils s'attaquent, l'Europe unie, pas l'homosexualité. - A.Casse: Question. - D.Seux: En temps normal, raisonnablement, rien du tout.

Il n'y a pas d'éléments. Il y a maintenant un univers informationnel qui est sous la table, qui prend quasiment plus de place que les informations, non pas institutionnelles...

Mais classiques, habituelles. Des journalistes qui vérifient, qui travaillent. Les réseaux sociaux parlent.

De plus en plus de générations s'informent presque plus sur les réseaux sociaux. Ils sont dans des couloirs d'information où vous n'êtes pas dans la contradiction, mais dans un monopole de l'information. Une formule dit que les réseaux sociaux aujourd'hui, c'est saint Thomas à l'envers. "Je ne vois que ce que je crois." C'est un peu ce qui se passe.

Pourquoi E.Macron? La guerre en Ukraine est financée à 100 % par l'Europe.

L'aide occidentale est financée à 100 % par l'Europe. Il y a eu une bascule totale des financements. La France a envoyé 4 Mirage 2000 sur les 6 promis à l'Ukraine.

C'est très concret de la part de Moscou d'essayer d'affaiblir E.Macron sur ces financements et ces aides à l'Ukraine. - A.Casse: Quelles réponses possibles?

Quelles ripostes? La diplomatie française a changé de langage et de stratégie. Elle choisit de contrer sur les réseaux sociaux les fausses informations.

Est-ce qu'il faut aller plus loin? Au moment où on demande si E.Macron va de nouveau parler à V.Poutine, est-ce qu'il faudrait couper court à cette stratégie? - N.Bacharan: Il faut essayer.

En 2017, dans les derniers jours de la campagne électorale, E.Macron a été accusé d'avoir un compte offshore dans je ne sais plus quelle île. C'était déjà en direct du Kremlin.

Quand il a reçu V.Poutine au début de son mandat, c'était à Versailles, je crois. Il a mis en cause les médias russes, RT et Sputnik, en disant que c'était de la propagande.

Dans la situation où on est, outre la réponse du Quai d'Orsay qui tente une autre approche, il faut y aller franco. Il faut appeler le Kremlin, il faut le faire savoir et dire: "Arrêtez ça". Aller dialoguer avec Poutine, c'est encore une espèce d'hubris absurde.

Ca n'a aucun sens. Ca a été tenté en 2022. On en est toujours au même endroit.

Poutine ne cédera rien. Lui donner la parole pour expliquer qu'il ne cédera rien, c'est absurde. - D.Seux: Sauf si vous considérez qu'en allant à Moscou, E.Macron envoie un message à D.Trump qui est: "Moi aussi, j'essaie de négocier.

On essaie de faire la même..." - M.Jégo: Est-ce qu'E.Macron est le mieux habilité à parler à Poutine?

On ne comprend rien aux Russes, nous. Pourquoi on n'envoie pas le président finlandais, qui les connaît? - A.Casse: On va se pencher dans un instant...

C'était mentionné dans le reportage. On va parler du cas de J.Lang.

Il y a le cas qui intrigue le plus en France. Le président de l'Institut du monde arabe est convoqué par le Quai d'Orsay ce dimanche. Il y a une volonté d'aller vite.

Pourquoi? Il y a une contradiction entre ce que dit J.Lang et plusieurs mails échangés avec J.Epstein ou des intermédiaires. - J.Lang: C'est un inconnu que j'ai découvert grâce à W.Allen. - Un ami? - J.Lang: Un ami de Woody Allen. - Et de vous? - J.Lang: Un ami...

C'est un mot à utiliser avec précaution. Une connaissance. - A.Casse: Selon un mail d'un mécène de l'Institut du monde arabe, il est écrit: "Caroline m'a dit que tu étais à Paris.

Jack a insisté personnellement pour que tu viennes pour son anniversaire. Jack est très discret. C'est réservé à son cercle intime.

Ca compte beaucoup pour lui. Il n'envoie pas ce genre d'invitation à moins d'y croire vraiment." Un mail direct de J.Lang dit à Epstein: "Votre générosité est infinie.

Puis-je encore abuser de vous?" Il parle d'une voiture avec chauffeur en France qu'il aimerait employer. Il y a ces contradictions apparentes, plusieurs appels à la démission et la stratégie du Quai d'Orsay, qui veut aller vite.

La convocation de J.Lang a lieu dimanche. - D.Seux: Il apparaît improbable...

Je crois que son mandat se termine en 2026. Je pense qu'il est probable que ce sera anticipé. Il a 86 ans.

J'imagine...

La réflexion au sommet de l'Etat, c'est: "Quels sont les dégâts? Il peut y avoir des connexions d'un certain nombre de personnes qui se connaissent, qui se rendent service." L'affaire Epstein, c'est autre chose.

C'est de la pédopornographie et de la pédophilie. - A.Casse: L'affaire Epstein embarrasse les uns et les autres, ceux qu'on peut appeler oui ou non les puissants.

Dans un 1er temps, ils ont tous une réponse qui consiste à dire qu'ils ne le connaissaient pas. E.Musk disait qu'il ne s'était jamais rendu sur son île.

Des mails prouvent le contraire. Des mails embarrassants contredisent aujourd'hui la version de J.Lang. - N.Bacharan: Il y a de nombreuses démissions aux Etats-Unis aujourd'hui, pas qu'aux Etats-Unis.

L'ancien patron de Harvard, qui était toujours professeur, le patron d'une firme d'avocats, des tas de gens qui renoncent à leur poste parce qu'il y a énormément de n'importe quoi qui circule sur l'affaire Epstein, mais il y a des échanges qui sont incontournables. Dire "je l'ai juste croisé au coin d'une rue", ça ne fonctionne plus. Pour rétablir la valeur d'une institution, la démission est l'option nécessaire. - A.Casse: Question.

Vous venez d'y répondre, N.Bacharan. M.Jégo? - M.Jégo: Il faut faire très attention.

On nous balance 3 millions de documents. Des noms circulent. Comme l'a dit Dominique, c'est pas parce que le nom est là que ça veut dire...

On découvre, dans le cas de J.Lang, que c'est avéré. Ce n'est pas seulement une affaire de pédophilie.

Il y a du blanchiment, là-dedans. Epstein était un grand spécialiste du blanchiment. Il a aidé les Russes en 2014 pour contourner les sanctions.

Il leur a fait un plan. - A.Casse: Il y a d'autres volets à cette affaire.

Ca nous montre la méthode Epstein, qui essayait de s'approcher le plus possible du pouvoir par tous les moyens. - R.Genté: La réponse de J.Lang est aussi très mauvaise.

Tout le monde est terrorisé à l'idée d'être considéré comme un pédophile aujourd'hui. C'est le mal absolu avec un grand M dans le monde dans lequel on vit. Il était plus que ça, Epstein.

Il y a ce volet criminel pédopornographique avéré. Mais il avait un réseau gigantesque. Il côtoyait des grands financiers.

Il finançait de l'art, divers projets...

Il était assez mégalomane. Il entretenait tout ce réseau. Tout est confondu, dans cette histoire.

Le président Macron est mentionné 1000 fois dans ces dossiers. Ca n'a rien à voir...

Les propagandistes jouent de ça. - A.Casse: Dans l'article du "Parisien" consacré à l'affaire Epstein et la piste russe, on lit cette phrase. "N'importe quel espion aurait rêvé d'infiltrer le carnet d'adresses de J.Epstein." - R.Genté: Il est trop tôt pour apporter une réponse définitive, mais on est obligés de se demander s'il n'était pas un espion.

Les secrétaires de direction qui travaillaient au quotidien avec lui étaient russes. On les appelait "les hirondelles". Ce sont les jolies femmes envoyées par le KGB, mises dans les bras de personnes que l'on veut attraper et qu'on attrape de cette façon, en ayant des informations compromettantes contre eux ou pour extraire des informations. - D.Seux: Ce n'est pas très discret de mettre des secrétaires russes auprès de quelqu'un... - R.Genté: Il avait aussi beaucoup d'escort girls.

Même si ces jeunes femmes...

La Russie, ce n'est pas une démocratie comme la France. Tout le monde se retrouve sous le contrôle du KGB d'une façon ou d'une autre. Les criminels ne sont pas libres.

Les entreprises...

J'ai souvent vu ça dans mon travail. Lorsqu'elles voulaient investir à l'étranger, elles se retrouvaient toujours rattrapées par le KGB. Même si la secrétaire est indépendante, elle sera forcément rattrapée un jour ou l'autre.

Bien sûr qu'on peut avoir un énorme doute sur la capacité du FSB de mettre la main sur le carnet d'adresses. - A.Casse: Et si c'était le FSB qui détenait la fameuse liste des clients d'Epstein? "Quel meilleur moyen pour compromettre l'élite américaine que de posséder des preuves de participation à des orgies avec des mineurs?" Que pensez-vous de cette théorie? - N.Bacharan: Il est certain que le FSB a collecté tout ce qu'il pouvait en informations compromettantes sur les élites occidentales, et américaines particulièrement.

Régis le rappelait, il y a tout le volet pédocriminel de J.Epstein, mais il y a tout le volet financier. Sa spécialité, c'était l'évasion fiscale et le transfert de fonds offshore.

Le blanchiment d'argent, le trafic d'armes, de diamants...

C'est quelqu'un qui, après la chute de l'URSS, a fait partie de ces gens talentueux et de sombres crapules qui nageaient comme un poisson dans l'eau dans cette Russie qui passait du soviétisme à l'ultralibéralisme. Il y a plein de contacts entre J.Epstein et le FSB et entre J.Epstein et quelqu'un comme D.Trump.

Toute cette question du kompromat, de la fascination de Trump vis-à-vis de Poutine...

Il aime les autocrates, il veut en être un. Il y a aussi toutes les fois où les affaires Trump, dans les années 90, ont été renflouées par des oligarques russes. A un moment, ça croise les réseaux d'Epstein.

Tout est lié. - A.Casse: Un média dissident russe montre qu'Epstein était lié à un homme du Kremlin issu du FSB.

Est-ce qu'on arrive à remonter jusqu'à V.Poutine? - M.Jégo: Pas vraiment.

Il semblerait qu'à un moment, Epstein ait envie de voir Poutine. C'est un mail adressé à E.Barak, l'ancien Premier ministre israélien.

Il dit à E.Barak: "Poutine m'a proposé de le voir au Forum économique de Saint-Pétersbourg, qui est le Davos russe. Je lui ai dit non.

Ca ne m'intéresse pas." Il y a des petits détails intéressants quand on creuse bien. C'est une très bonne enquête.

Elle raconte comment une certaine Maria, une jeune femme qui était une militante des jeunesses poutiniennes, quelque chose qui a été créé par le Raspoutine du Kremlin...

Elle devient la conseillère en communication de J.Epstein. A ce titre, elle reçoit...

Ces gens s'entraident beaucoup. Elle reçoit un visa spécial des Etats-Unis qui lui permet de vivre toute l'année et de travailler...

Elle a un statut particulier. Elle va faire des affaires. Elle va investir dans la tech.

Ce n'est pas la seule. Epstein semble avoir eu une sorte d'affection pour les assistantes ou les conseillères russes. On voit à quel point, avec Trump et d'autres, il partageait cet amour pour les superstructures.

Les escort girls d'Epstein étaient beaucoup russes. - A.Casse: Est-ce qu'Epstein a été un intermédiaire entre V.Poutine et D.Trump?

Un mail de juin 2018: "Vous pourriez suggérer à Poutine..." - R.Genté: Ce mail avait été révélé par les médias politiques il y a quelques mois.

Il avait sans doute des informations contre monsieur Trump. Est-ce qu'il voulait l'informer sur la psychologie du personnage? Est-ce qu'il avait des informations compromettantes?

C'est l'un des plus ambigus. Il avait vraiment un carnet d'adresses gigantesque. Il a présenté des géants de la tech à l'ambassadeur russe aux Nations unies, à l'époque. - A.Casse: Qu'entendez-vous par "ambigus"? - R.Genté: Ca pourrait être des scandales d'ordre sexuel.

Epstein, sur cette île démoniaque qu'il avait achetée, où il faisait ses orgies, avait placé des caméras partout. Ce n'est pas simplement pour le plaisir sexuel qu'il faisait ça. Il construisait un réseau à partir du chantage.

Il tenait les gens. Si quelqu'un a mis la main dessus, les Russes ou d'autres, c'est une mine d'or pour tenir le monde entier dans ses mains. - A.Casse: C'est une toile d'araignée qui a des ramifications partout dans le monde? - D.Seux: Dans ce monde de prédateurs, vous avez D.Trump, V.Poutine, les géants de la tech...

L'Europe, c'est des naïfs. On est des enfants de la cour de récréation. On s'agite dans tous les sens.

On prend des coups plus qu'on en donne. On voit bien les dégâts que peuvent faire sur l'opinion publique ces affaires. L'opinion publique se demande ce qu'est cette élite mondialisée.

Ca cause des dégâts terribles. - A.Casse: Il en restera toujours quelque chose? - D.Seux: "Il n'y a pas de fumée sans feu", on connaît l'histoire. - A.Casse: C'est un poison lent? - D.Seux: L'objectif, c'est quand même de détruire les démocraties libérales au sens politique.

C'est l'objectif, que ce soit du côté russe ou du côté américain et Maga. La presse américaine, notamment le "New York Times", essaie de contrer ça et de dire qu'il faut revenir au fond de l'affaire. Où était D.Trump?

Que faisait-il? Le poisson est pour l'instant noyé. - A.Casse: Est-ce que ceux qui instrumentalisent cette affaire peuvent arriver à leurs fins? - N.Bacharan: C'est un travail pensé depuis très longtemps.

Ca n'arrive même pas avec la guerre d'Ukraine, qui dure depuis 2014. C'est un projet à long terme que V.Poutine a écrit.

Ce n'est pas juste nos intuitions. Il veut défaire l'Otan, l'UE, obliger les troupes de l'Otan à reculer vers l'ouest, au-delà de la Pologne, la République tchèque. Il veut reconstituer son empire.

Sa méthode, c'est de semer le trouble. On ne croit plus à rien, à nos élections. Nos élites sont pourries.

Maintenant, il a un allié en la personne de D.Trump. On est pris en tenaille des 2 côtés.

Il faut se souvenir qu'historiquement, il y a eu parfois des énormes scandales qui ont fait basculer le monde. Je pense aux années 30 en France, l'affaire Stavinsky, un énorme scandale politico-financier. Des scandales qui ont accablé la Réplique de Weimar avant la montée du nazisme.

Là, vous parlez d'un poison lent ou rapide, mais qui va durer. On trouvera toujours de quoi faire monter la sauce, avec 3 ou 4 millions de documents. "On ne peut plus faire confiance à rien." D.Trump est déjà en train de lancer l'offensive pour miner la crédibilité des prochaines élections de mi-mandat en novembre, au cas où elles ne lui seraient pas favorables. - D.Seux: L'Europe a du mal à trouver une colonne vertébrale unique.

Une commission au Parlement européen, présidée par N.Loiseau a demandé à la Commission européenne de faire un rapport sur les ingérences russes dans les élections allemandes. Elle attend toujours le rapport.

La Commission est tétanisée. Elle ne veut pas embarrasser D.Trump au moment de l'Ukraine.

Nous sommes comme des lapins dans les phares d'une voiture. - A.Casse: E.Musk, B.Gates ou le patron de LinkedIn étaient en relation avec J.Epstein.

B.Gates est sorti du silence cette semaine pour dire ses regrets. - Nous apprenons de nouveaux détails sur la manière dont Epstein a courtisé le pouvoir jusqu'à des grands magnats. - L'un de ces noms est E.Musk.

Il a toujours nié toute relation étroite avec J.Epstein. - E.Musk éclaboussé par les nouvelles révélations de l'affaire Epstein.

Les documents déclassifiés par le département de la Justice révèlent qu'en septembre 2012, J.Epstein invite sur son île E.Musk, qui lui répond ceci. ...

La visite sur l'île n'aura finalement pas lieu mais les 2 hommes continuent d'échanger par e-mail. En décembre 2013, c'est Musk qui sollicite Epstein pour aller sur son île. Cette fois encore, la visite ne se fera pas.

Il y a quelques jours, E.Musk se justifiait. ...

Autre nom qui apparaît, celui de Reid Hoffman, l'inventeur de LinkedIn, réseau social pour les professionnels devenu incontournable. Il se serait rendu chez Epstein, notamment sur son île privée, surnommée "l'île des pédophiles". Dans un mail, il lui écrit qu'il a envoyé "des cadeaux pour les filles." ...

Des documents qui prouvent que même après avoir été condamné en 2008 pour sollicitation de mineurs à des fins de prostitution, J.Epstein a continué à fréquenter l'élite californienne de la Silicon Valley, comme lors de ces dîners privés. - Ce n'est pas un crime de faire la fête avec Epstein.

Aussi horrible que cela puisse paraître, ce n'est pas non plus un crime d'échanger des e-mails. Si nous disposons de preuves nous permettant de poursuivre ces hommes, nous le ferons. - Depuis le retour au pouvoir de Trump, les intérêts des patrons de la tech convergent avec ceux du président.

Des archives et un passé qui dérangent, notamment B.Gates. Les documents déclassifiés font ressortir ce brouillon de mail de 2013 rédigé par J.Epstein dans lequel il dit avoir aidé B.Gates à trouver des médicaments pour soigner une MST transmise par des filles russes. - B.Gates: J'ai participé à des dîners mais je ne suis jamais allé sur cette île.

Plus il y aura des éléments qui sortiront, plus il apparaîtra clairement que même si le fait d'être allé à ces dîners était une erreur, ça n'avait rien à voir avec ce comportement déviant. Je regrette chaque minute que j'ai passée avec lui et je m'en excuse. - Son ex-femme raconte pourtant que les relations de B.Gates avec J.Epstein ont contribué à leur divorce. - Quelles que soit les questions qui subsistent, ces questions sont pour ces personnes et cela inclut mon ex-mari.

Ce n'est pas à moi de répondre. Je suis bien heureuse d'être loin de cette boue. - De la boue et même un scandale d'Etat, selon les mots de ce député démocrate à l'origine de la loi contraignant l'administration Trump à divulguer l'intégralité de ces documents. - Nous avons affaire aux individus les plus riches et les plus influents.

Des leaders de la tech, de la finance, des responsables politiques tous impliqués d'une manière ou d'une autre avec des e-mails où ils expriment leur envie de se rendre sur l'île d'Epstein. C'est un des plus grands scandales de l'histoire de notre pays. Il est temps que les élites rendent des comptes. - Les patrons de la tech rattrapés par l'affaire Epstein.

Tous assurent aujourd'hui n'avoir rien vu, rien su des abus sexuels commis par J.Epstein. - A.Casse: On parle des hommes les plus puissants du monde.

Sont-ils en train de trembler, aujourd'hui? - D.Seux: La question qu'on peut se poser, c'est: pourquoi n'y a-t-il pas de sanctions judiciaires?

Il y a forcément, aux Etats-Unis, en Europe et ailleurs, l'idée qui monte, qui est "tous pourris". Quand il y a ce genre de dérives, voire de crimes, il faut une réponse. C'est la justice qui doit la prononcer.

Or, il me semble qu'il n'y a pas de réponse judiciaire aux Etats-Unis. Seule la justice peut éteindre la colère face à ce genre de comportements. - N.Bacharan: Pas de réponse, non...

Ca ne veut pas dire qu'il n'y en aura pas. Je pense que la justice aussi est noyée. C'est aussi le but de la manoeuvre.

Il y a des jeunes femmes qui ont porté plainte. Quand J.Epstein est mort, elles ont été entendues, même si Epstein ne pouvait plus être poursuivi, à titre de réparation.

Enormément de gens sont en cause. Enormément de gens dont on va savoir, petit à petit, en épluchant, qui est allé dans cette fameuse île...

Il est hors de question de s'imaginer qu'ils se sont baignés sans s'apercevoir de rien! On peut imaginer qu'un jour ou l'autre, il y aura des enquêtes dans tout ce qui n'est pas prescrit. - A.Casse: En 2011, 2 ans après sa sortie de prison, après avoir été condamné pour prostitution sur mineurs, il participe à un événement auprès de J.Bezos et B.Gates.

Pouvaient-ils ne pas savoir? - N.Bacharan: Déjà, cette peine de prison était une vaste blague.

Il a fait un deal avec le procureur, procureur récompensé par la suite par un poste de ministre dans l'administration Trump. Il a été condamné à 13 mois, ce qui signifiait qu'en fait, il dormait en prison une fois par semaine. Le reste du temps, il était entièrement libre de ses mouvements.

Les gens qui le fréquentaient devaient quand même savoir qu'il y avait des problèmes judiciaires, disons...

Des problèmes de condamnations, pas très lourdes, ce qui laissait penser que ce n'était probablement pas très grave. Epstein a engagé une équipe informatique pour nettoyer les traces de cette condamnation. - A.Casse: C'est un article du "Times" qui est sorti aujourd'hui.

Epstein avait à coeur d'effacer son casier judiciaire, en tout cas sur Internet, sur Google et Wikipédia. Il avait carrément engagé, via le beau-frère de sa complice et compagne G.Maxwell, des pirates informatiques? - N.Bacharan: Absolument.

Si on veut un jour nettoyer notre fiche Wikipédia, on se rend compte que c'est impossible. Mais avec une bonne équipe de hackeurs, si possible formés par le FSB, ça doit pouvoir s'arranger! Effectivement, il y a cet aspect.

Dans ce laps de temps, entre la condamnation et l'arrestation en 2019, que savaient les gens qui fréquentaient Epstein? En ce qui concerne la tech, en particulier, Epstein a été l'homme qui a aidé nombre de ravissantes jeunes femmes russes très compétentes à venir travailler auprès de ces géants de la tech. Donc, les espionnes à la solde de Moscou. - M.Jégo: On voit que l'époque dans laquelle on vit...

Ce qui, il y a 15 ans, vous disqualifiait, vous discréditait, aujourd'hui, c'est le contraire. L'argent, le sexe...

Regardez Trump! Il a violé des femmes, il a je ne sais combien d'affaires judiciaires et il ne se passe rien. Donc il y a quelque chose, comme ça, de l'impunité totale des puissants que donne l'argent. - A.Casse: C'est d'ailleurs le titre du livre coécrit par R.Bacqué, sorti cette semaine, à propos des géants de la tech.

On peut y lire "ce sont nos nouveaux maîtres". Vous le pensez aussi? - R.Genté: Nous sommes dans une époque populiste, où on fait croire au peuple qu'il peut se révolter contre les élites.

Ca fait peur, car c'est un écho avec les années 30. En même temps, ce sont eux qui sont souvent derrière ces mouvements populistes. Un bon exemple, c'est la façon dont est né le Mouvement 5 étoiles en Italie.

Apparemment, ça vient du peuple. Quand on étudie tout cela, on s'aperçoit que c'est piloté par des entreprises qui travaillent avec des algorithmes, qui permettent de jouer sur les passions humaines, l'émotion immédiate. On le voit très bien aux Etats-Unis avec E.Musk, P.Thiel, tous ces gens qui promeuvent une vision morale du monde, parfois très conservatrice, voire chrétienne ou autre, et qui en même temps ont des vies complètement différentes.

Ils manipulent tout ça pour détruire les autres parties de l'élite qui ne leur conviennent pas. C'est très souvent contre la démocratie et la liberté d'expression. - D.Seux: Ce qui marque l'époque, c'est la désinhibition.

Dans le comportement personnel, on a un certain nombre de personnes qui choquent tout le monde, mais manifestement pas les personnes concernées. Il y a une sorte de pacte entre les géants de la tech et D.Trump.

Wall Street doit être au maximum et il faut tout faire pour ça. Par exemple, baisser les taux d'intérêt de la Fed pour faire monter les actions. Les actions rémunèrent plus que les obligations.

Et on dérégule, notamment sur les données personnelles. Voilà ce que le pouvoir politique donne aux géants de la tech. "En échange, vous m'aidez sur les réseaux sociaux".

C'est faire un bruit général, désinhiber, ce qui permet à chacun de brouiller les cartes. Il n'y a plus de sens, plus de respect des valeurs habituelles de la démocratie américaine. - A.Casse: Il n'y a plus de valeurs? - D.Seux: Voilà.

Les seules valeurs sont celles de la force, incarnées par un président. - A.Casse: Ces révélations sur les milieux de la tech, quelles conséquences ça peut avoir dans les milieux d'affaires? - D.Seux: Pour l'instant, ça ne les atteint pas tellement, mais à un moment, ça va être difficile.

Regardez le réseau X, par exemple. Il a quand même pas mal baissé en valorisation depuis son rachat. Tout le monde qui consulte X sait que c'est devenu, en réalité, un marécage sur l'information. - A.Casse: Ce n'est plus ce que c'était, en tout cas! - D.Seux: A un moment, vous finissez par payer.

Mais on n'en est pas encore à ce stade. Si la question est de savoir si ce climat général a un effet sur le climat des affaires dans le monde, la réponse est oui. Pour la 1re fois depuis une trentaine d'années, les entreprises du monde entier doivent se dire: "Je dois intégrer quelque chose qui est la géopolitique, la guerre entre les prédateurs." Ca, depuis 30 ans, on n'en parlait pas.

Un livre a été écrit en 2005 par un journaliste du "New York Times". C'était "La Terre est plate". Il n'y a plus de frontières.

Les marchandises, les capitaux et les personnes circulent facilement. Aujourd'hui, on peut dire que la Terre est devenue carrée. Les entreprises doivent maintenant intégrer des personnes spécialistes de la géopolitique, de la désinformation.

C'est un facteur nouveau dans la vie des affaires. - A.Casse: On sent qu'E.Musk est fébrile.

Il passe maintenant ses journées à répondre aux accusations depuis qu'il est cité dans les fichiers Epstein. - N.Bacharan: Ca illustre la formule de l'arroseur arrosé.

Pendant toute la campagne 2024, il a soufflé sur les braises des élites Maga, en disant qu'il allait tout révéler sur les élites corrompues...

Au moment où il s'est fâché avec D.Trump, vers l'été 2025, la vengeance d'E.Musk a été de dire que Trump était dans les dossiers Epstein.

Aujourd'hui, il se trouve que Musk est aussi dans les dossiers Epstein. - R.Genté: C'est aussi pour ça que l'Europe est visée.

Les Européens veulent légiférer. Ils ne veulent pas qu'on puisse faire de la diffamation, tout raconter sur X. Je pourrais dire que vous avez volé 1 million d'euros, comme ça, sans que ça me coûte rien.

L'Europe veut garder ses valeurs et son fonctionnement. Et elle veut aussi imposer tous ces gens. Si on veut imposer Twitter, Amazon, c'est autant d'impôts que les concitoyens français et européens vont payer en moins.

C'est aussi pour cela qu'ils font la guerre aux Européens. - D.Seux: Il y a notamment une amende contre X de plusieurs millions de dollars.

Elle est en attente de paiement. - A.Casse: Il y a aussi plusieurs affaires d'espionnage qui nous viennent de Chine.

Deux Chinois ont été arrêtés cette semaine en Gironde et il y a l'usine Huawei, en Alsace, qui a un temps inquiété les services de renseignement, notamment parce qu'elle était construite près d'un camp militaire. - A une dizaine de kilomètres de Strasbourg, cela devait être la 1re usine hors de Chine du géant Huawei. Un site de 52 000 m2, pour produire des composants pour des antennes 5G.

Une usine flambant neuve à 300 millions d'euros, aujourd'hui déserte. La production devait démarrer en janvier, mais Huawei ne répond plus. - C'est le flou total.

On en avait entendu parler il y a quelques années, comme quoi une usine Huawei allait ouvrir près de chez nous. Depuis, silence radio. On se demande si elle ouvrira ou pas.

Car c'était un truc de grande ampleur. Et c'est comme si c'était abandonné maintenant. On n'en entend plus parler. - Ca aurait pu être une bonne opportunité de travail pour les gens du coin ou d'ailleurs. - Pourtant, dès le début du projet, des voix s'élèvent contre l'installation de cette usine à proximité d'un centre de renseignement militaire.

Huawei est soupçonné d'espionnage pour le compte de Pékin. En 2018 déjà, le FBI alertait les sénateurs américains. - Il existe une menace pour notre pays émanant des entreprises de télécommunications, en particulier Huawei. - Cela leur offre la capacité d'exercer des pressions, voire un contrôle sur notre infrastructure de télécommunications.

Ils pourraient modifier de manière malveillante, voler des informations ou mener des activités d'espionnage indétectables. - Face aux menaces, les Etats-Unis placent l'entreprise sur sa liste noire. L'UE, elle, encourage ses Etats membres à bannir les réseaux de communication de Huawei. 13 pays, dont la France, suivent ces recommandations.

Le groupe chinois tente de se défendre, maladroitement. - On travaille beaucoup, en étroite collaboration avec l'Agence nationale de la sécurité informatique. - En même temps, on a SFR et Bouygues qui ont bâti la moitié de leur réseau avec des antennes Huawei et qui doivent en démonter des milliers. - Ca, ça relève plutôt du côté politique...

Donc, je ne suis pas vraiment compétent à répondre là-dessus. - Aux soupçons d'espionnage s'ajoutent ceux pour tentatives d'influence et de corruption, notamment auprès d'une quinzaine d'eurodéputés. ...

Depuis le début de l'année, l'Union envisage d'aller plus loin avec une exclusion totale de Huawei des réseaux mobiles européens. En bloquant son projet d'usine en Alsace, l'entreprise tente un nouveau bras de fer pour forcer la main en Europe. Ce député qui a suivi le dossier de près en est convaincu. - Si Huawei essaye d'infléchir et de faire pression sur l'Europe et la France de par sa décision, je pense que c'est un mauvais calcul.

C'est nous prendre pour ce que nous ne sommes pas. La France a fixé des règles avant la construction de cette usine. Huawei l'a construite en connaissance de cause.

Il n'y a aucune raison que la France et l'Europe reviennent sur les décisions prises. - Cette semaine encore, la Chine est au coeur de soupçons d'espionnage. 4 personnes, dont 2 ressortissants chinois, ont été mises en examen après avoir été interpellées en Gironde.

Elles avaient notamment installé une parabole dans le jardin du Airbnb qu'elles occupaient. Une grande oreille très vite repérée. - A.Casse: Qu'est-ce qui vous marque dans cette histoire, R.Genté? - R.Genté: C'est toujours la même histoire, à Strasbourg comme en Gironde.

On installe des antennes pour espionner des infrastructures militaires françaises. Ca montre quelque chose. C'est une des 1res fois où on a des cas aussi nets.

Ensuite, que la Chine soit très présente, là, on le sait. Elle est très puissante. Au fond, c'est le même combat que pour les Russes, affaiblir l'Occident, faire en sorte que ce ne soit plus l'Occident qui domine le monde.

Donc l'espionnage en Europe est très important. - A.Casse: La Chine se frotte certainement les mains, si la Russie veut faire tomber Macron? - D.Seux: Ca me semble un peu différent.

Dans le cas chinois, on est plus dans le cadre de l'espionnage classique. Ce dont nous parlions avant, c'est une tentative de déstabilisation qui valide l'idée évoquée par E.Macron que nous sommes en guerre.

La Chine, l'espionnage, c'est quelque chose d'assez classique. Il y a eu un espionnage de rattrapage sur la technologie. Aujourd'hui, c'est peut-être militaire.

Je n'en ai aucune idée. Ce qu'il y a de particulier avec Huawei, c'est qu'ils sont très bons sur le plan industriel. Ce sont carrément les meilleurs du monde sur les centraux téléphoniques et le matériel.

C'est donc un vrai problème de se passer de Huawei. Ca a d'ailleurs été rappelé, Bouygues et SFR ont encore des terminaux Huawei. Il y a quelques années, Paris avait décidé de leur interdire d'installer des antennes à Paris.

C'était un peu étrange. Aujourd'hui, ils financent un certain nombre de bourses, de doctorats. Ils ont une influence...

Ils ont été enlevés des Etats-Unis et, en Europe, un certain nombre de pays les ont bannis. Donc ils n'ont plus la force qu'ils avaient il y a quelques années. - A.Casse: On passe à vos questions.

Question. - M.Jégo: C'est ça qui me frappe.

C'est peut-être notre vulnérabilité, finalement. Oui, on réplique, on essaie...

On a l'agence Viginum, on fait des choses...

On n'en fait d'ailleurs peut-être pas assez la publicité. - A.Casse: C'est cette agence qui a détecté l'opération d'ingérence russe? - M.Jégo: Oui, voilà.

On a de la chance, c'est français. Mais on a quand même un vrai...

Là, c'est pareil, on a repéré ces Chinois avec leur grande antenne dans le jardin du Airbnb... - A.Casse: Ce n'était pas très discret. - D.Seux: Les Chinois ont le droit d'avoir, eux aussi, des pieds nickelés! - A.Casse: Il y a eu une coupure Internet.

C'est ce qui a alerté la voisine. - D.Seux: Qui a appelé le 17! - M.Jégo: La question, c'est comment mieux s'armer pour limiter ces ingérences, ces coups tordus.

Je pense qu'on va finir par apprendre. - A.Casse: Question. - N.Bacharan: Il venait de tous ces trafics.

Il y a des tas de gens qui lui ont fait des cadeaux financiers énormes. Il les avait conseillés pour faire de l'évasion fiscale massive, par exemple. Et une fois que le client a procédé à tout cela, il est "mouillé", comme on dit, dans la mafia.

Par exemple, le domicile de J.Epstein à New York, un hôtel particulier dans l'Upper East Side, lui a été donné par un de ses clients. Donc il y avait l'argent qu'il gagnait lui-même avec toutes sortes de manipulations et d'actions financières et aussi l'argent qu'il extorquait tout simplement par chantage.

Ca, ce sont les choses avérées. Après, il y a tout le réseau FSB et au-delà. Il s'est même vanté, et je pense que c'est aussi avéré, de "recycler" des fortunes financières pillées par des dirigeants africains, qu'il réussissait...

Il avait même cette expression: "Moi, Epstein, je fais le contraire de la pyramide de Ponzi, où il s'agit de faire croire qu'il y a de l'argent qui n'est pas là. Moi, je fais disparaître de l'argent qui existe vraiment." C'était sa manière à lui de procéder à toutes ces opérations de blanchiment, de disparition de comptes.

L'argent reste bien là. - A.Casse: Et il faut toujours suivre l'argent! - D.Seux: Ne me regardez pas quand vous parlez d'argent! - A.Casse: Question.

C'est encore pour vous, Nicole... - N.Bacharan: Je pense qu'il en reste et qu'on en trouvera encore.

L'immense difficulté, c'est d'éplucher ce qu'il y a. On en a parlé autour de cette table. Il y a des tas de coupures de presse, des mails qui ne signifient absolument rien, des photos qui n'ont rien à voir avec rien.

C'est cette noyade générale qui explique aussi peut-être la lenteur de la justice à prendre des initiatives. - D.Seux: Elle doit utiliser l'IA, on espère, quand même... - N.Bacharan: Tout le monde s'y est mis.

Tous les journaux ont leurs mots-clés. Mais ça ne suffira pas. On n'arrivera jamais à un moment où on dira: "On sait tout sur l'affaire Epstein." Ca n'arrivera pas. - A.Casse: Question. - D.Seux: Au choix! - R.Genté: Du Mossad, probablement.

On a quelques indices. Il était très proche d'Israël. Il s'en est vanté.

Mais dans ce domaine, on est aussi dans le bluff. On ne prête qu'aux riches, comme on dit. Pour le FSB, ça mérite encore d'être prouvé.

Un des indices, c'était son quasi beau-père, monsieur R.Maxwell, qui était un très grand espion et qui travaillait pour le KGB, le Mossad et la CIA. - A.Casse: Question. - N.Bacharan: Oui, bien sûr.

Mais là aussi, on ne pourra jamais calmer les rumeurs. R.Maxwell, le beau-père dont parlait Régis, lui aussi est tombé de son yacht de manière malencontreuse... - A.Casse: C'est une autre mort qui intrigue, dans cette histoire. - N.Bacharan: Dans les dernières années de sa vie, Epstein se vantait un peu trop d'avoir conseillé ou fréquenté un tas de gens. - A.Casse: Merci beaucoup.

Tout de suite, "C à vous". Bonsoir, M.Bouhafsi. - M.Bouhafsi: Bonsoir.

Le nom de J.Epstein est désormais synonyme de poison. Ses réseaux tentaculaires sont exposés au grand jour dans le monde.

L'onde de choc est énorme. Sommes-nous face à l'une des plus grandes affaires judiciaires de notre histoire? 26 ans après, une contre-enquête montre qu'une femme

Epstein : la Russie veut faire tomber Macron - C dans l’air - 06.02.2026 — Emmanuel Macron · Pourquijevote