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InterviewLCP (sur YouTube)· 27 avril 2026 62 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSolidarités & familleSantéInstitutions & élections

Boris Vallaud, président du groupe PS à l'Assemblée nationale | LCP, Lundi C'est Politique 27/04/26

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 35 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 77 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Quelle est votre position sur les carburants ? Le Gouvernement en fait trop ? Pas assez ?

  • 2:00RelanceRéponse partielle

    Les mesures sont-elles suffisantes face à la hausse des carburants ?

  • 3:00FerméeÉludée

    Vous n'allez pas censurer ce budget ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Le Gouvernement annonce des mesures pour aider les Français. Faut-il un projet de loi de finances rectificatives en juillet ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Quelle est la méthode que vous attendez de Sébastien Lecornu ?

  • 6:00FerméeRéponse partielle

    Vous êtes l'inventeur du concept de non censure. Ce sera possible en pleine campagne présidentielle ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:20Boris VallaudFait
    « Je ne suis responsable d'aucune des dérives de ce budget, d'aucun des manques de recettes fiscales. »
  • 5:20Boris VallaudFait
    « Nous avions déjà demandé une loi de finances rectificatives avant la dissolution et nous ne l'avons pas obtenue. »
  • 6:20Boris VallaudFait
    « La première réunion que j'ai eue c'était tout à l'heure avec les responsables du PLF et PLFSS de l'année dernière. »
  • 8:20Boris VallaudFait
    « Sur le fond, on respecte ce 1er mai qui est un jour chômé et payé. »
  • 9:20Boris VallaudFait
    « Il y a beaucoup de boulangers et fleuristes qui n'ont pas de salariés. »
  • 11:20Boris VallaudFait
    « Les raisons qui nous ont poussé à ne pas soutenir la loi Yadan. »
  • 13:20Boris VallaudFait
    « La Ve République est usée jusqu'à la corde et à bout de souffle. »
  • 14:20Boris VallaudFait
    « Je propose de réduire les pouvoirs du Président. »
  • 15:20Boris VallaudFait
    « On est dans un monde qui est devenu une grande boutique. Tout est à acheter, tout est à vendre. »
  • 17:20Boris VallaudFait
    « Je propose la création d'un pôle public des énergies qui peut nécessiter la nationalisation d'un certain nombre d'opérateurs. »
  • 19:20Boris VallaudFait
    « Je suis prêt à débattre avec tout le monde. »
  • 20:20Boris VallaudFait
    « Il y a des idées mais aussi des personnes pour les incarner. »
  • 22:20Boris VallaudFait
    « Respectons-nous les uns les autres. »
  • 28:20Boris VallaudFait
    « Il faut un cahier des charges qui nous assure d'un encadrement minimum des enfants. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Cela fait deux mois que les Etats-Unis Israël ont déclenché la guerre au Moyen-Orient. Depuis, les Français surveillent les prix des carburants. Le Gouvernement a dû débloquer des aides au compte-gouttes.

Sébastien Lecornu compte de près les deniers de l'Etat. La gauche demande plus mais les députés socialistes sont prêts à rouvrir les mains des finances ? Jusqu'où faut-il revoir la copie ?

Boris Vallaud, président du groupe PS à l'Assemblée nationale est notre invité. Bonsoir, ravi de vous retrouver pour "Lundi, c'est politique". - Bonsoir. - Merci d'être notre invité.

Pour vous interroger, Laurie-Anne Toulemont Marco Pommier, Gaëlle Macke et Hugo Couturier, Hugo au Perchoir sur la chaîne Twitch de LCP sur laquelle ceux qui nous regardent peuvent interagir et faire réagir notre invité. En fin d'émission, nous recevrons Victor Castanet qui a révélé plusieurs scandales dans la gestion des crèches ou les maisons de retraite. Un sujet qui résonne avec votre livre, "Nos vies ne sont pas des marchandises".

L'argent peut-il gérer nos vies ? C'est la question du moment. On attend si la conclusion du rapport de la commission d'enquête sur le service public de l'audiovisuel.

Sera-t-il publié d'ici peu ou pas ? Les socialistes ont dit qu'ils étaient d'accord pour publier les débats et les documents qui ont eu lieu. - On précisera. - Mais vous ne voulez pas endosser la responsabilité des conclusions de la commission.

On y reviendra. On va commencer par les promesses des distributeurs sur lesquels le Gouvernement met la pression. Les groupes pétroliers voient leur marge augmenter.

La pression sur le Gouvernement est forte. Sébastien Lecornu prévient, chaque euro d'aide sera un euro qui ne sera pas investi ailleurs. - C'est vrai qu'on n'a pas beaucoup étant donné que le PS a une position globale sur ce sujet qui est un sujet de pouvoir d'achat et qui concernant pour les Français.

On a entendu Olivier Faure dire qu'il faudrait un chèque exceptionnel carburant alors que d'autres disent qu'il faut s'en prendre aux taxes. Quelle est votre position ? Sur ce sujet des carburants.

Le Gouvernement en fait trop ? Pas assez ? - Nous sommes intervenus à plusieurs reprises pour interpeller le Gouvernement.

Parce que la réalité objective d'aujourd'hui...

Et je le sais, c'est que ceux qui ont besoins de leur véhicule pour aller travailler n'arrivent plus à faire le plein d'essence. Les difficultés étaient déjà intérieures à cette flambée des prix mais évidemment, avec des carburants qui sont, pour certains, au-delà des deux euros, vous voyez que ça correspond à 250 EUR sur une année. Il y a déjà maintenant près de moi nous avons du Gouvernement qu'il fallait encadrer les marges des distributeurs.

Quand je vois que ces marges augmentent, même si c'est contesté... - Sébastien Lecornu a proposé cette mesure. - Mais il faut passer à l'action.

Ca fait plusieurs semaines que nous le réclamons. C'est la raison pour laquelle la baisse des taxes pourrait être une idée. Une baisse de taxe ne correspond pas à...

Le contribuable, aujourd'hui...

J'aimerais savoir quelles sont les rentrées fiscales liées à l'augmentation du pétrole. Encadrer l'image du distributeur. Une proposition faite c'était d'envisager... - Les mesures sont suffisantes ? - Non.

Quand j'entends le ministre de l'Economie, dire que des dispositifs seront prêts fin mai, c'est maintenant que les Français n'arrivent pas à faire le plein. L'Etat doit soutenir le pouvoir d'achat de ceux qui n'arrivent plus à remplir leurs carburants. C'est, pour l'essentiel, les ménages les plus modestes.

Il est possible d'avoir pour cela des mesures ciblées, qui ont un coût raisonnable. Je comprends qu'on ne peut pas prendre une mesure générale. Mais il y a des Français aux revenus modestes qui doivent pouvoir aller travailler.

Ca pourrait être une mesure de chèque ciblé sur un certain nombre de ménages. - Le chèque carburant, c'est ce qui est proposé, là. - C'est quoi votre méthode ? - C'est qu'au fond ce qui avait été décidé au moment des flambées précédentes du prix du carburant soient recyclés sur un certain nombre de consommateurs aux revenus modestes et qui ont besoin de leur véhicule. - Vous n'allez pas censurer ce budget. - Je ne suis responsable d'aucune des dérives de ce budget, d'aucun des manques de recettes fiscales.

C'est pourquoi je dis : Combien coûte les recettes fiscales et combien peut être redistribué aux Français. Je ne crois pas que l'Etat ait vocation à gagner de l'argent sur... - Il n'y a pas de cagnotte.

La croissance va être amputée par cette crise par ailleurs. Il n'y aura pas de recette. - Je ne dis pas qu'il y a une cagnotte...

Je dis que quand les prix de l'essence augmentent et qu'il y a des taxes qui sont liées au prix de l'essence, mécaniquement, il a plus de rentrées fiscales. - Vous ne croyez pas le Gouvernement qui dit qu'il n'y a pas de cagnotte. - J'ai des doutes.

Vous savez, il y a des décalages pour les rentrées de TVA. S'ils comparent les mois précédents avec les rentrées actuelles, il y a un problème. - Le Gouvernement annonçant certaines mesures pour aider les Français.

Est-ce que ça ne rend pas inévitable un projet de loi de finances rectificatives en juillet. - J'ai besoin de savoir la réalité de ce que veut faire le Gouvernement. Moi j'ai toujours la préférence du débat.

Quelles sont les intentions du Gouvernement ? Je rappelle que nous avions déjà demandé une loi de finances rectificatives avant la dissolution et nous ne l'avons pas obtenue. Ayant nous-mêmes manifesté notre inquiétude du fait de la réduction des rentrées fiscales et de l'augmentation du déficit... - Il en faut un aujourd'hui ? - Ce serait une bonne méthode plutôt que des décrets.

Mais quelles sont les intentions du Gouvernement ? Quand on se tourne vers la Cour des Comptes, ils ont acté sur 4 milliards. Et puis on nous dit que c'est six. - Le Gouvernement envisage 6 milliards d'économie. - Je dis que dans un équilibre budgétaire il y a aussi la possibilité de toucher les recettes.

Madame de Montchalin, quand elle était ministre, avait dit que s'il y avait des difficultés elle pourrait revoir ce qu'on appelle la pente des exonérations de cotisations sociales. S'il doit y avoir des efforts, qu'ils soient justement partagés. Ca ne donne pas cette impression. - Quelle est la méthode que vous attendez de la part de Sébastien Lecornu ? - Nous sommes très en amont du budget.

C'est une discussion que nous n'avons pas eue entre socialistes. - Vous n'avez pas commencé ? - La première réunion que j'ai eue c'était tout à l'heure avec les responsables du PLF et PLFSS de l'année dernière et qui sont aussi en charge des discussions pour le prochain budget.

J'ai besoin que le Gouvernement nous dise quelles sont ses intentions. Avant de discuter du futur budget, je ne veux voir les exécutions budgétaires. Je veux savoir si les engagements pris sont tenus.

Je ne veux pas me retrouver dans la situation où nous étions avec François Bayrou, des promesses faites mais pas tenues. - Vous êtes l'inventeur du concept de non censure. Ce concept nouveau pour le budget 2027 ? - Ce n'est pas un concept, c'est une exigence de justice.

On a renoncé à aucune de nos prérogatives constitutionnelles. Je ne prends pas d'engagement de censure ou de non censure au moment où nous négocions. - Ce sera possible de négocier en pleine campagne présidentielle ? - J'ai bien mesuré mais je n'ai pas la réponse au moment même.

Ce que nous avons réussi à faire l'année dernière sera beaucoup plus compliqué l'année prochaine. - A cause de qui ? - De tout le monde, des circonstances, de la proximité des élections... - Vous aurez moins envie d'être constructifs cette année ? - Ce n'est pas ça.

Mais chacun reprend un peu ses positions. Moi, j'attends... - Dans vos propres rangs vous aviez dû convaincre la non censure pour le budget 2026.

Vous y arriverez à l'aune des élections présidentielles ? - Laissez-nous travailler. Laissez-nous attendre du Gouvernement qu'il dise comment il compte travailler pour le pays.

Dans le budget, il y a quelque chose de pas neutre, c'est qu'il n'y a pas d'hypothèses de loi des finances rectificative qui sera majeur. On ne construit pas un budget pour une année entière, qui fait des promesses qui pourraient être démenties. Evidemment, c'est un rendez-vous d'une nature particulière. - C'est sans doute avec cela en tête que François Hollande a proposé un budget a minima pour arriver au compromis.

Le parti socialiste ne censurait pas. Ca vous semblerait une bonne position ? - Chacun peut exprimer des préférences...

Je ne sais pas si c'est une bonne option. Je ne sais pas ce que le Gouvernement. - C'est une bonne idée sur le papier ?

De dire qu'on règle les affaires courantes... -Peut-être que oui ou peut-être que non.

Quand j'entends le Gouvernement dire qu'il veut poursuivre une trajectoire de baisse du déficit que nous contestons... -Donc François Hollande s'exprime un peu tôt. - Il a le droit d'exprimer une opinion personnelle. - Pourquoi s'engager si près alors qu'on va changer dans quelques mois après ? - Vous parlez... - Du budget. - C'est un budget qui sera extrêmement particulier par nature.

On le sait, que ce dernier budget n'était pas un budget définitif. - Revenons sur les carburants. Les distributeurs ont une idée, ils disent : "Si on supprimait les certificats d'énergie qu'on doit réinvestir,..." Il y a 8 milliards investit cette année.

Ca ferait baisser les taxes ? - Que les distributeurs, pétrolier se pose la question de l'effort qu'ils doivent consentir à la crise, donc comment ils participent...

Il y a une proposition européenne à laquelle je souhaite que la France se joigne pour financer ces moments difficiles que les Européens ont à passer. Voilà ce que j'attends... - Donc on ne touche pas aux certificats d'économie d'énergie ?

Et puis vous avez voté ce budget. Pardon, vous l'avez laissé passer. - Nous avons quand même économisé.

Ce n'est pas le budget qui nous avait été présenté originalement. Nous avons épargné les Français d'une grande saignée. - Sébastien Lecornu promet une loi pour l'année prochaine.

Pour l'instant, il n'y a pas de loi pour le 1er mai. Les inspecteurs du travail sont priés de rester chez eux mais il n'y a pas de loi. Déjà, sur cela, vous êtes d'accord pour que les boulangers et les fleuristes ouvrent et fassent travailler leurs salariés ? - Il y a manifestement un besoin de sécurisation juridique qui est très marginale.

En réalité, il y a eu cinq contrôles l'année dernière. C'est très marginal. En réalité, tout cela met une grande pagaille.

L'engagement que le ministre Jean-Pierre Farandou c'est le retour au dialogue social, aux accords de branche. S'il y a accord de branche, il y aura loi. Sinon, non.

Si nous devons rejouer la même scène l'année prochaine, nous nous y opposerons aussi. - Sur le fond, vous êtes d'accord ? - Sur le fond, on respecte ce 1er mai qui est un jour chômé et payé.

A part les artisans et entreprises familiales qui peuvent ouvrir, je suis pour qu'on ne travaille pas le 1er mai. - Donc pas les boulangers et les fleuristes. - Il y a beaucoup de boulangers et fleuristes qui n'ont pas de salariés.

Je ne veux pas qu'on autorise des grandes chaînes dans la boulangerie, les librairies...

Ce n'est pas une loi pour les artisans boulangers. - Pour ce 1er mai, vous dîtes que les boulangers et fleuristes qui ont des salariés n'ont pas à travailler. - Sur l'adoption de la loi avec la MRP qui a été posé par le groupe qui défendait le texte, ce que vous craignez qu'avec l'entonnoir parlementaire qui va arriver...

On arrive en fin de mandature, vous craignez que les macronistes reproduisent ce genre de procédure ? - Je m'y perds. De quoi parlez-vous ?

Qu'il y ait de façon désordonnée des propositions qui font fi de la réalité de ce qui s'est hémicycle, qui font fi de la nécessité de respecter le dialogue social et les partenaires sociaux, je le crains et je l'observe. On a des lois qui arrivent sans majorité, en crispant tout le monde. Je le crains. - Vous répondez présent pour la lutte contre la discrimination.

Aurore Bergé promet de repartir d'une feuille blanche et explique sa méthode. - On parle d'une loi que je souhaite qu'on construire avec l'ensemble des forces parlementaires représentées à l'assemblée et au Sénat. Je suis ministre de la république.

J'ai invité toutes les forces parlementaires pour travailler ensemble parce qu'il est insupportable qu'un seul français aujourd'hui ait un doute sur son avenir dans notre pays. Au regard de son identité réelle. - Ca ne sera pas la loi Yadan.

Ca vous rassure ? - Ca me rassure oui. J'avais dit, dès après la loi, nous avions prévu de nous y opposer et que les socialistes seraient disponibles pour un travail transpartisan. - Vous faites confiance à Aurore Bergé ? - Je ne fais pas de procès, je viens d'entendre que c'était une page blanche.

Il y a une réalité objective : l'augmentation des actes antisémites. Nous devons tous nous mobiliser et essayer de produire une loi qui est une loi de consensus... - Elle peut voir le jour avant les présidentielles ? - Pourquoi pas.

Je ne suis pas capable de vous le dire. - Transpartisan et consensuel, ça va prendre du temps. - Parfois ça vaut la peine. - Vous dites qu'il faut repartir d'une faut feuille blanche... - Je ne vais pas vous répondre aujourd'hui.

Je veux voir les intentions de la ministre. Je sais qu'elle a réfléchi. Je veux qu'on soit capable de dire qu'il y a des augmentations partout dans le monde des actes antisémites, et de condamner le Gouvernement de Nétanyahou dans ses entreprises criminelles de colonisation.

Si on est capable de dire tout ça dans un même mouvement, on parle d'un point différent. C'était un certain nombre...

Le sujet de provocation implicite. - Vous ne voulez pas que ce soit dans le texte. - On a besoin de précision.

Il faut ménager la lutte de l'antisémitisme...

Les socialistes, on a beaucoup consulté sur ce sujet et la liberté d'exprimer ses opinions et de critiquer un Gouvernement...

On y va avec un état d'esprit qui est : cette affaire est trop grave pour ne pas s'y impliquer pleinement. - Vous ne serez pas les seuls. Tous les partis veulent...

Mathilde Panot aussi. C'est presque un retournement. - Tant mieux.

Si tout le monde est autour de la table, tant mieux. - Comment vous analysez ce revirement ? - Prétendre combattre l'antisémitisme... - La ministre laisse la porte ouverte à une peine d'illisibilité automatique pour les élus condamnés pour des propos ou des actes antisémites ou racistes. - Je ne peux pas vous répondre.

Je suis prêt à tout regarder. J'y vais sans a priori. Je sais ce que...

Les raisons qui nous ont poussé à ne pas soutenir la loi Yadan, j'y vais dans cet état d'esprit. Nous regarderons tous, nous mesurerons les équilibres pour qu'il y ait une loi qui permette de faire reculer l'antisémitisme. - Il y a la lutte contre l'antisémitisme mais aussi le racisme.

LFI appelle une mobilisation contre le racisme. Vous y serez ? Vous ferez front commun ? - La question ne se pose pas en ces termes.

Il faut combattre le racisme. Je ne sais pas qui appelle à ce rassemblement. Nous étions à Saint-Denis au moment de rassemblement et nous y serons probablement aussi.

Je serai dans les Landes car c'est ma conception...

Je sais pas s'il y a quelque chose organiser dans les Landes. - Vous pouvez l'organiser... - C'est vrai.

Personne n'est propriétaire de la lutte contre le racisme. Je pose la question de savoir...

Les discussions vont se prononcer avec les organisations syndicales... - Que ce soit à l'initiative de LFI, ce n'est pas un obstacle pour vous. - Ce n'est pas un obstacle rédhibitoire.

Je veux voir les modalités, les mots d'orde qui co-organisent. - Une précision sur la loi Yadan, l'ancien juge considère que la provocation implicite au terrorisme va de l'arbitraire, selon lui. - C'était un des motifs pour ne pas vouloir cette loi. - La loi de programmation militaire, l'urgence agricole...

La session parlementaire doit se terminer le 30 juin. Vous souhaitez une session extraordinaire en juillet ? - J'ai aucune intention qu'il y ait une session extraordinaire. - Face a cet embouteillage, vous souhaitez qu'il y ait des sujets abordés avant la présidentielle ? - Il y a des lois qui ne souffrent pas d'attente.

Elles ont fait tellement objet de report comme la loin de fin de vie...

La loi de reprogrammation militaire, il y a sujet...

L'urgence agricole, elle est patente. L'année dernière, le revenu des agricoles est le plus faibles depuis 10 ans. Des agriculteurs vont arrêter leur activité.

Il y a des sujets d'urgence et je crois qu'on doit être capable d'organiser notre agenda, y compris avec des sessions extraordinaires si nécessaire. - Comment vous jugez l'ambiance dans l'hémicycle ? - J'imagine qu'il y aura l'affirmation d'une adversité par les uns et les autres d'une identité politique et ce que nous défendrons les uns et les autres ne sera pas à l'identique.

Je fais exception sur la loi de fin de vie. Nous aurons des propositions sur la loi d'urgence agricole qui ne seront pas les mêmes que celles d'autres groupes ni de celui du Gouvernement. On fera notre travail de parlementaire. - Ca risquera d'être plus long, moins intransigeant ? - Il y a des moments houleux.

Nous verrons bien. On a bien l'intention de nous battre dans l'hémicycle, dans le bon sens du terme pour les idées que nous avons. - Avec Raphaël Glucksmann, il fallait que les lois soient votées...

C'est une sorte de reconnaissance qu'il n'y aura plus de majorité forte et décisive et franche à l'Assemblée et donc, autant l'organiser ? - Vous avez raison de dire, une des explications, de mon point de vue, dans le monde dans lequel nous sommes, la Ve République est usée jusqu'à la corde et à bout de souffle. Elle est incapable de créer les conditions d'un débat public serein.

Je fais le constat aussi depuis le Gouvernement Michel Barnier que nous sommes des parlementaires qui faisons l'apprentissage...

Nous, socialistes, nous nous sommes posés la question de savoir ce qu'est l'exercice de l'opposition. On était pas dans une position confortable. Ca change la culture, fondamentalement, ça légitime la possibilité de la recherche du compromis, qui ne serait plus la part maudite de la politique mais une façon de réenchanter la politique... - Les coalitions seraient plus faciles ? - De travail parlementaire.

Derrière, il y aura une réflexion sur l'équilibre des pouvoirs du Parlement et des ministres. Les gouvernements qui gouvernent finissent par... - C'est une manoeuvre pour éviter que ce soit le Rassemblement National qui ait une majorité forte à l'Assemblée... - Pour ce qui me concerne, je parlais personnellement, pas comme président de groupe...

C'est une proposition personnelle. - Est-ce que c'est une façon de faire barrage au RN ? - Ce n'est pas dans cet état d'esprit que je soutiens la proportionnelle.

Je me dis que dans un moment d'immenses doutes sur notre capacité à gouverner, s'il y a moyen de réenchanter la politique, je crois qu'il faut s'en saisir. - C'est marrant que vous n'assumiez pas que c'est pour faire barrage. - Ce n'est pas un mode de scrutin pour faire barrage. - On peut faire l'hypothèse qu'il n'y aura plus jamais de majorité absolue.

Il nous faut poser la question de ce que ça implique comme équilibre de pouvoir. C'est ce qui est, qui a commencé à émerger depuis la dissolution. Il n'y a pas de règles, de grammaire, tout est apprentissage.

Très imparfait, inachevé. On était en permanence envahis de doutes, de questions...

Je pense que nous aurons, comme dans d'autres pays à nous poser la question de nos pratiques... - Vous vous imaginez faire des coalitions ? - Des coalitions avec la gauche...

Je n'en sais rien. Quand Michel Barnier est entré dans l'hémicycle, au nom de la motion de censure, il me dit : "Pourquoi il n'y a pas eu de compromis ?" Etre dans une opposition, ce qu'il a pris comme engagement devant les électeurs...

C'est une forme de démocratie continue. - Vous entendez cette petite musique qui dit "Seul le RN est capable de majorité à la prochaine présidentielle." - On va faire en sorte qu'il n'y ait ni présidentielle ni législative...

On va tout faire pour que ce ne soit pas une question de chance mais plutôt de projet. Et un projet qui ne soit pas les propositions de l'extrême droite. - Et si on fait une proportionnelle pour les législatives, est-ce qu'on reviendrait à un régime parlementaire ? - Moi, je suis parlementaire.

C'est ma conviction. - Donc plus d'élection directe du président de la République ? La politique du Gouvernement, c'est le Premier ministre.

Et les socialistes au quotidien de la politique c'est le Premier ministre. Il est élu au suffrage universel direct en Italie et dans d'autres pays. Ca n'empêche pas...

Je ne propose pas de revenir sur les élections au suffrage universel. Mais je propose de réduire les pouvoirs du Président. - "Nos vies ne sont pas des marchandises", c'est le titre du livre que vous sortez.

Vous dîtes par exemple que les services funéraires ou la gestion des autoroutes sont des pans de vie captés par le privé et qu'il faudrait remettre du public dedans. - Pas que du public, ça pourrait être du non lucratif. Je voudrais qu'on partage un constat et que chacun et chacune puisse le faire.

On est dans un monde qui est devenu une grande boutique. Tout est à acheter, tout est à vendre. Que ce soient les crèches, le soin, l'enseignement supérieur...

Tout est un objet marchand. Le marché prétend mieux que la délibération collective. La démocratie elle-même, les citoyens, doivent décider de ce qui a de la valeur ou ce qui n'en a pas. - Vous avez donné trois exemples. - La politique publique de l'eau, je vous donne un exemple, dans les Landes, avec mon prédécesseur, on a mené une grande bataille pour la gestion publique de l'eau.

Aujourd'hui, on a un syndicat départemental qui gère 90 % de la distribution. Nous avons le prix de l'eau le plus bas de la nouvelle Aquitaine. - Vous municipalités beaucoup.

Par exemple, pour les services funéraires vous dites qu'il faut remunicipaliser ces services. - A Rennes, j'ai visité une entreprise funéraire, une coopérative qui est inspirée du modèle canadien. Il y a quelques années, les fonds d'investissement avaient investi massivement toutes les pompes funèbres canadiennes et avaient fait augmenter les prix car c'était leur intérêt.

Les coopératives sont substituées. Aujourd'hui, les fonds d'investissement sont partis ailleurs, notamment en France. Les coopératives au Canada font l'essentiel et il y a des services funéraires. - Ce n'est pas la même démarche. - Un service non lucratif, qu'il soit public ou privé... - Vous parlez des autoroutes.

Il y a un truc que vous écartez, c'est la nationalisation. Pourquoi ? Vous ne parlez pas de cela. - Ca fait partie des outils.

Ce que j'ai dit c'est que la démarchandisation... - Où est la nationalisation ? - Ca fait partie des outils mais ce n'est pas tout.

Je propose la création d'un pôle public des énergies qui peut nécessiter la nationalisation d'un certain nombre d'opérateurs. Je parle pôle public du médicament qui suppose des entreprises nationales. - Ce n'est pas de la nationalisation comme on l'entendait à l'époque de 1980. - Ca fait partie des outils, des possibilités.

Sur les autoroutes, ça revient à nationaliser des autoroutes. On les renationalise. Mais on attend la fin des concessions car elles sont proches.

Ca nous évite de débourser énormément d'argent pour racheter la fin de concession. En attendant, nous investirons dans les trains... - Ce n'est pas une nationalisation directe.

Si on va plus loin, les réseaux sociaux, Doctolib, Airbnb...

Ca aussi, ça marchandise notre vie. Il faudrait les interdire ? - Si vous avez bien lu, il y a des interdictions, des limitations, des sorties du marché.

Pour le logement, lorsque vous encadrez les loyers, vous subordonnez la propriété privée à l'intérêt général, au bien commun. Vous participez à la démarchandisation. - Il faut interdire Airbnb ou Doctolib ? - Pourquoi Doctolib ?

Prenez les exemples que je vous ai donnés. - Sur le numérique, si le législateur décide que les réseaux sociaux sont interdits pour les enfants de moins de 16 ans ou 14 ans, ça veut dire que nous interdisons aux réseaux sociaux de faire de l'attention de nos enfants des marchandises. Voilà un exemple concret.

Sur le logement, la démarchandisation c'est aussi décider que le logement n'est pas un objet de spéculation. Par exemple, ils ont fait ça à Vienne. Quand vous êtes enseignants, infirmières, retraités, vous pouvez quand même vivre à Vienne.

Voilà ce que c'est la démarchandisation. Ca peut être de faire sortir du marché un certain nombre de services. Je parlais notamment des EHPAD. - Toutes ces positions dans ce manifeste, c'est une contribution au programme du candidat à la présidentielle qui sera soutenu par le PS ? - Bien sûr.

Je me livre à un exercice assez classique pour un socialiste, se poser la question de l'actualisation du rapport des socialistes au marché. - C'est une contribution au programme du prochain candidat socialiste. - C'est une contribution à la gauche.

Ce sont des choses très concrètes et ancrées dans la vie. - Pour défendre ce concept, ce ne serait pas de vous présenter vous-même qui serait le mieux ? - Je ne sais pas ce qui serait le mieux.

Sans être candidat, vous autorisez à défendre la démarchandisation...

C'est une grille de lecture, une contribution à une lecture du monde. Ca actualise...

Ca fait un peu la synthèse...

De la pensée... - Pour vous, il faut que la démarchandisation apparaisse dans le programme du prochain candidat que vous soutiendrez à la présidentielle ? - Je serais flatté. - Hugo, ? - Jean-Luc Mélenchon vous tend la main pour débattre de démarchandisation à condition que vous vous excusiez d'avoir qualifié une association.

Vous êtes toujours prêt à débattre avec lui ? - Je suis prêt à débattre avec tout le monde. On parle du principe du débat et pas du débat lui-même. - Nous sommes à un an des présentielles.

A gauche, en particulier au PS, la liste des potentiels candidats s'allonge. Emmanuel Macron envisage déjà l'après. A Chypre il a dit ceci : "D'abord j'ai conseillé d'autres présents, après j'ai été ministre.

Je me suis dit qu'on pouvait changer les choses plus fort et plus vite. J'ai donc lancé un mouvement politique. Je suis allé à la présidence.

Mais c'était et c'est toujours pour faire des choses que je crois utiles mais surtout me battre pour que mon pays et notre Europe avance. C'est pour défendre des valeurs auxquelles je crois. C'est une affaire de passion.

J'ai pas fait de politique avant et j'en ferai pas après." - Vous y croyez ? - Je le prends au mot.

C'est vrai qu'il ne tient pas beaucoup ses promesses mais j'envie de croire à cela. - La semaine dernière, le PS présentait son programme présidentiel pour 2027. 150 pages.

On trouve un virage à gauche certain, le SMIC à 1690 EUR, un impôt sur les sociétés...

Il enterrait la social-démocratie, cette espèce d'inventaire anti François Hollande. C'est un virage plus vers la gauche ? - Je ne me pose pas la question en ces termes.

Vous évoquez la taxe Zucman. C'est un principe auquel chacun et chacune peut se ranger, quand il est un républicain qui s'est collé par le monde moderne ont été créé pour faire de l'impôt. La justice fiscale est nécessaire.

Si l'effort contributif des milliardaires est inférieur à ce qu'il pourrait donner, oui... - C'est l'addition des mesures qui... - Ce programme vous va ? - C'est une base de discussion d'abord avec nos militants qui vont amender, le pousser aux gloires pour l'améliorer et l'ancrer dans ce qu'ils vivent au quotidien.

Mettre de la justice sociale comme de la justice économique, chacun peut...

Ce sont les conditions de la cohésion sociale. - On peut reconnaître que le PS travaille sur un programme. Ca faisait quelques années que ce n'était plus le cas et qu'on entendait surtout parler de querelles internes. - Je pense qu'il y a une erreur de diagnostic.

La crise ce n'est pas quand on exprime ses désaccords. Ce n'est pas quand on dit : "Je préfère quel chemin que telle autre." Mais la crise, c'est quand ça va pas.

Mais avant, on avait l'impression qu'il y avait une grosse bataille. - C'est votre appréciation. - Taxe Zucman, c'est de cela dont on parle. - Vous dites, justice fiscale,...

Ca me paraît juste. - Il y a des idées mais aussi des personnes pour les incarner. On a un peu du mal à vous suivre.

On a compris que vous étiez contre une primaire de la gauche, vous avez une autre solution. Ca s'appelle : "Construire 2027." Ca veut dire quoi ?

Comment voulez-vous faire émerger un candidat ? - D'abord vous dire que c'est plus large que ça. Il y a des parlementaires communistes, il y a des membres de GRS, des élus locaux, des élus nationaux, et on a un périmètre qui est large.

Je prends la gauche mélanchoniste dans sa diversité. Je veux un commun dans cette gauche. Je pense qu'on a besoin de faire une stratégie électorale.

Il faut être capable de faire l'analyse de la détermination de ce qu'est la géographie de nos pas. Où va se faire la grande bataille de France ? Je considère que c'est dans la France des sous-préfectures.

Il faut ramener à la méthode...

C'est important. - C'est le tirage au sort... - Il y a des propositions que nous pourrons construire ensemble.

Je pense que nous devons parler d'un contrat de législature de cette gauche de Raphaël Glucksmann, non mélanchoniste...

C'est la méthode de Lionel Jospin...

Il était auprès de personnalités considérables comme Martine Aubry...

Il avait autour de lui une équipe qui lui donnait de la force. Je veux cette équipe. Ce que j'appelle un consensus organisé, avec des personnalités qui nous accompagnent pour cela, et que nous soyons capables de déterminer et porter... - Ca va sortir du chapeau ? - Oui.

Si nous ne sommes pas capables de le faire, c'est que nous ne prenons pas au sérieux la menace de l'extrême droite. Ni celle de l'extrême gauche. Je veux une candidature commune sur un projet qui puisse être majoritaire dans le pays. - Vous serez quand même plusieurs dans la salle.

Vous pensez que tout le monde va dire que c'est celui-là ou celle-là ? - On a pu le faire dans plusieurs communes de France. - Vous évoquez une gauche de Glucksmann, où se situe... - Je demanderai.

Je ne savais pas que c'était une soirée à thème. C'est un collègue impliqué et...

Il est socialiste. - Dans votre groupe, vous avez aussi le député de l'Essonne Jérôme Guedj qui s'est déclaré en février... - Tout le monde a le droit de dire qu'il est candidat, d'exprimer une position...

Il n'y a pas de légitimité ou non...

Ca nourrit le débat, tant mieux. A la fin, il y en aura qu'un. - Il y a des municipales... - Une seconde à perdre mes 10 ans à gagner.

Quelle assurance avez-vous pour ne pas faire comme d'habitude et renier vos engagements dès la première opportunité ? - Je suis assez convaincu d'une chose, c'est la raison pour laquelle j'insiste sur la proportionnelle et l'importance de l'élection législative. La centralité du Parlement, la régulation des comptes, c'est nécessaire.

Ce n'est pas possible d'avoir un régime où on ne rend compte de rien. - Dernière chose sur les mots d'oiseaux que vous balancez de temps en temps. Bernard Cazeneuve qui traite Olivier Faure de gélatine... - Ce n'est pas nécessaire.

Respectons-nous les uns les autres. - On va avancer. On va accueillir l'invité de face à vous.

Victor Castanet, journaliste et auteur sur les maisons de retraite et l'accueil des enfants dans les crèches. - Face à vous, Boris Vallaud, un journaliste d'investigation qui s'est penché lui aussi sur les limites de la marchandisation à outrance. Victor Castanet.

Auteur de deux livres : "Les Fossoyeurs", prix Albert Londres 2022 qui dénonce la maltraitance dans les EHPAD privées. Puis "Les Ogres" en 2024. Ces deux livres vont dans votre sens pour votre manifeste contre les démarchandisation.

Les deux livres, ont-ils reçu la réponse politique qu'ils ont appelée ? Après la publication de "Les Fossoyeurs", la Commission des affaires sociales s'est contentée que de quelques auditions. Le livre sur les crèches privées a, lui, entraîné la création d'une Commission d'enquête parlementaire et elle a conclu à un système à bout de souffle et a émis des préconisations qui sont loin d'avoir toute été traduite par des mesures politiques concrètes.

L'auteur de ces enquêtes a des comptes à rendre aux politiques ? Face à vous, Victor Castanet. - Merci d'être avec nous.

Installez-vous. Vous êtes quelque minutes face a Boris Vallaud. - Je suis ravi d'être là et je félicite Boris Vallaud de parler du fond à un an de la présidentielle.

On attend des responsables politiques qu'ils abordent les questions de fond et qu'ils répondent à des sujets d'actualité. Il y a un an...

Vous parliez du fond qui malheureusement ne font pas toujours l'actualité ou alors ils font l'actualité quand il y a un drame. Pour interpeller Boris Vallaud, il y a plusieurs sujets que j'aimerais aborder, sur la petite enfance, le parti socialiste a pris en main les sujets. Céline Hervieu, députée du parti socialiste a beaucoup travaillé sur ces questions et a fait une proposition de loi avec trois points principaux qui ne changent pas le secteur mais qui permette d'améliorer certaines choses avec notamment le fait d'augmenter les sanctions financières contre les groupes qui ne respectent pas les réglementations, interdire les formations à distance et qu'on surveille l'actionnariat.

Cette loi a été adoptée il y a plus d'un an à l'Assemblée nationale, le 25 janvier 2025 et puis depuis, plus rien. J'en ai parlé et j'ai découvert avec surprise en discutant avec des sénateurs qui me disaient que la loi n'arrivait pas au Sénat. Et qu'a priori, elle n'arrivera pas d'ici à la présidentielle.

En tant que journaliste et citoyen, je me suis dit : " A quoi ça sert de débattre pendant des mois et d'arriver à s'entendre à l'Assemblée nationale pour qu'au final il ne se passe rien ?" C'est de la communication ou alors on va aller au bout de ce sujet ? - D'abord, dire que Victor Castanet a été, à travers ses différents ouvrages, très utile.

Ca trouve écho dans mon livre sur la démarchandisation. S'agissant du cas d'espèce, ça été voté parce que c'était une proposition de loi socialiste à l'Assemblée nationale. Il faut trouver la possibilité de l'inscrire au Sénat.

On a, dans la file des textes qui passent d'un hémicycle à l'autre, beaucoup de textes en première lecture et c'est le groupe socialiste qui arrive à avoir le plus de propositions de loi votées à titre définitif. Au Sénat, une loi va être débattue, sur la régularisation de l'installation des médecins dans les déserts médicaux. Il y aura la nécessité de trouver la possibilité d'inscrire dans une niche parlementaire au Sénat la proposition de loi votée pour qu'elle puisse avoir et être votée au Sénat.

Si elle ne l'est pas, elle reviendrait et nous trouverions... - Au milieu de tout ça, ça n'avance pas. - C'est toute la difficulté, d'avoir deux assemblées qui n'ont pas les mêmes majorités, d'avoir à l'Assemblée nationale 11 groupes parlementaires...

Ca rend le travail compliqué. On a des semaines transpartisanes qui accumulent dans les premières lectures...

On a créé un embouteillage. - Est-ce que vous pouvez vous engager à ce que cette loi soit présentée ou débattue au Sénat pour qu'il y ait l'espoir d'un vote définitif ou alors vous vous dîtes que vous ne pouvez pas et qu'elle mourra avant les présidentielles ? - Mes collègues sénateurs socialistes qui décident de l'ordre du jour ont bien en tête ce texte.

Dans les discussions qu'ils ont eues récemment sur leur niche parlementaire, il y avait cette question dont dépend trouve que la loi qui concerne l'installation des médecins, on a commencé à la débattre en 2018 ou 2019, c'était beaucoup trop long. Il faut avancer. Je peux parler à mon homologue qui est très attentif. - Le grand âge. - Avant cela, un point important sur la petite enfance dont j'ai beaucoup parlé au moment de la sortie du livre, il y a la responsabilité d'un certain nombre de groupes qui ont optimisé les coûts, baisses du personnel...

Il y a aussi une responsabilité commune à ces groupes et aux mairies, la question de la délégation des services publics. En France, il y a de plus en plus de mairies qui, par intérêt économique, parfois par simplicité ou parce qu'ils n'avaient pas la compétence, ont décidé de déléguer les crèches municipales à des groupes et des groupes privés. Il y a de plus en plus de mairies qui les ont confié à des groupes privés.

Le problème, c'est que globalement, les prix, les délégations de service public, les prix des berceaux se sont effondrés. Ca coûte de moins en moins chères à la mairie de payer un berceau. 9000 EUR par an un berceau...

Aujourd'hui 3000 EUR. Les mairies ne se rendent pas compte quand elles font des appels d'offres et qu'elle choisisse le moins cher, il y aura moins de masse salariale, moins de personnel...

C'est une catastrophe. Ces le mouvement général. Ce que je veux demander à Boris Vallaud, j'ai sonné l'alerte, au niveau municipal, certains se sont emparés de ce sujet.

Au niveau national, j'aimerais savoir ce que le PS porte comme réponse sur le problème systémique, structurelle qui concerne les pouvoirs publics. - Je suis parfaitement d'accord. La question du cahier des charges des services publics est organisée comme connexe de la marchandisation.

Ca ne peut pas être des enchères. Quand on regarde qui sont les fonds d'investissement qui investissent, ce sont les mêmes qui investissent dans les pipelines et dans les maisons de retraite. Il faut un cahier des charges qui nous assure d'un encadrement minimum des enfants...

A titre personnel, je suis pour les crèches municipales. Pour les crèches associatives, non lucratives. Je ne parle pas d'interdiction mais la démarchandisation, pour moi, c'est préférer une gestion non lucrative.

Non lucrative, on parle des EHPAD... - Sur ce point, il y a deux réponses.

Soit on dit qu'on repasse en gestion directe et les prix explosent et les mairies ne pourront plus gérer...

Deuxième possibilité, peut-être que le parti socialiste pourrait le porter, fixer des prix plancher. En France, on dit, il y a un prix : 5000 EUR. Prix plancher dans toute la France qu'on va moduler. - Ca pour être valable aussi pour les maisons de retraite... - Ca pourrait.

En délégation de service public, on puisse dire : "On ne peut pas vendre un berceau en dessous d'un tel prix." - C'est ce que j'évoquais avec le cahier des charges. - Il y a deux points intéressants, c'est un sujet qui revient sans cesse.

Il y a une loi Grand âge dont on parle qui n'est jamais votée et le secteur est dans une crise qui perdure. Certains groupes se remettent en question mais les pouvoirs publics et les politiques ne se sont pas assez emparés du sujet. Il y a un point important, si le Parti socialiste arrive au pouvoir, comment vous faites pour augmenter le ratio de personnel ?

Sur la transparence, j'attends déjà que vous répondiez la première question. - 10 à 12 milliards par an...

Le bon ratio serait de un point. Dans les Landes, il n'y a pas d'EHPAD à but lucratif. Aucun.

Le taux d'encadrement est de 0,8. Il n'y a pas les financements...

On a besoin des ratios d'encadrement. Il y a un certain nombre de maladies génératives qui appellent à des services spécifiques. - Est-ce qu'il faut interdire les EHPAD privés ? - Je veux que tout soit public.

Non lucratif. Ca peut être privé mais pas lucratif. - C'est facile de le dire. - Dans les Landes, on le fait. - Sur la transparence, je pense qu'un des points principaux, c'est la transparence.

Vous mettez des indicateurs de qualité dans tous les EHPAD de France sur le nombre de personnels, le ratio, sur le turnover, vous le publiez sur un site gouvernemental les gens peuvent choisir. Je sais que depuis la sortie de mon livre, les ministres qui se succèdent disent qu'on va le faire et personne ne le fait. Est-ce que vous le ferez si vous arrivez au pouvoir ? - Personne n'est exempt, quelque soit la gestion, qu'il y ait des désordres.

J'ai vu que le Gouvernement avait annoncé un label qui s'appelle "Maisons France autonomie". J'attends de voir ce que c'est, au-delà de l'étiquette et si ça correspond à la demande que vous formulez. - Merci d'être venu échanger avec votre député Boris Vallaud quelques minutes.

Merci d'être venu. Bonne soirée. A lundi prochain.