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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 20 août 2020 35 minAutoproduitFond programmatiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesSécuritéSanté

Conférence de presse du Président Emmanuel Macron et de la Chancelière Angela Merkel

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 10:00OuverteRéponse directe

    L'Allemagne peut-elle accélérer sa mue géopolitique, notamment militaire, pour mieux soutenir la France en Méditerranée orientale ?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Réactions mesurées au Mali : rassurées par les promesses électorales et le soutien à Barkhane ? Position sur Erdogan en Méditerranée orientale : complémentarité ou désaccord ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Quelles mesures pour éviter des décisions nationales contre le Covid ? L'Allemagne déclarera-t-elle la France zone à risque ?

  • 25:00OuverteRéponse directe

    Réaction à l'hospitalisation de Navalny ? La France est-elle prête à l'accueillir ? Attentes vis-à-vis de Poutine sur la Biélorussie ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00E. MacronChiffre
    « Un plan de 750 milliards d'euros, dont une enveloppe de 390 milliards de subventions, qui permettront de financer une part significative des plans de relance nationaux. »
  • 9:00E. MacronFait
    « L'Union européenne doit continuer de se mobiliser aux côtés des centaines de milliers de Biélorusses qui manifestent pacifiquement pour le respect de leurs droits. »
  • 14:00A. MerkelFait
    « L'Union européenne, en tant qu'acteur européen, doit faire entendre sa voix. »
  • 20:00A. MerkelFait
    « Nous nous concertons régulièrement. Nous avons déclaré ensemble la Croatie comme zone à risque. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

... -E.

Macron: Bien, mesdames et messieurs, Mme la chancelière, chère Angela, Mme la chancelière, je suis extrêmement heureux de vous accueillir aujourd'hui dans le Var au fort de Brégançon, ici même où, il y a 35 ans, presque jour pour jour, le président François Mitterrand accueillait le chancelier allemand Helmut Khol. Et cet anniversaire place donc notre rencontre aujourd'hui sous les meilleurs augures. C'est la 1re fois que nous nous retrouvons avec la chancelière depuis l'accord historique conclu en juillet au Conseil européen sur le plan de relance, fruit d'une initiative franco-allemande inédite scellée le 18 mai et d'un travail d'arrache-pied durant les semaines qui ont suivi.

Un plan de 750 milliards d'euros, dont une enveloppe de 390 milliards de subventions, qui permettront de financer une part significative des plans de relance nationaux, mais aussi de beaucoup de projets communs que nous souhaitons développer. C'est cette relance solidaire que nous avons actée. Il nous faut désormais la mettre en oeuvre.

Et notre discussion d'aujourd'hui a permis, d'ailleurs, de continuer à élaborer cette stratégie commune avec une volonté sur les domaines les plus technologiques et les domaines stratégiques et industriels d'avoir des grands projets franco-allemands et de préparer dans les semaines à venir des initiatives franco-allemandes qui nous permettront d'utiliser de la manière la plus efficace cet argent et ces investissements ensemble et de manière aussi ouverte à tous nos partenaires européens. Nous avons, lors de l'entretien que nous venons d'avoir et qui se poursuivra ensuite par un dîner de travail accompagné par l'ensemble de nos délégations, commencé à balayer nombre de chantiers extrêmement importants pour notre Europe et notre relation bilatérale. Nous vivons des temps qui sont faits de défis.

La crise du Covid-19 est le 1er de celui-ci, je dirais, au moment où nous nous parlons. Nous en avons longuement parlé, à la fois des situations que nous observons dans nos pays, des mesures que nous prenons, pour nous coordonner et souhaiter une meilleure coordination européenne. Nous pourrons y revenir si vous le souhaitez dans le cadre des questions.

Les défis, ce sont aussi les défis technologiques et industriels que je viens d'évoquer, la mise en oeuvre du plan de relance, sur lequel nous avons préparé, une série, là aussi, d'initiatives conjointes. Et c'est également le contexte géopolitique qui est le nôtre. Nous avons longuement évoqué beaucoup de ces sujets, mais nous sommes aujourd'hui confrontés à un monde qui se recompose, compte tenu du cycle américain et chinois.

Et nous en avons la conviction profonde, l'une et l'autre, la nécessité d'avoir une Europe qui prend toute sa place, qui défend sa souveraineté stratégique, son indépendance dans la coopération et en respectant les équilibres internationaux et le multilatéralisme, mais qui sait porter son agenda. C'est cet agenda que nous souhaitons bâtir ensemble en Méditerranée orientale. Nous avons eu l'occasion à plusieurs reprises d'évoquer ce sujet durant l'été et même avant avec Mme la chancelière.

En Méditerranée orientale, nous avons longuement évoqué ce sujet, notre souhait de travailler ensemble, à un agenda commun, dont l'objectif est, évidemment, d'une part, de préserver la souveraineté européenne. Et nous avons, Allemagne comme France, la claire volonté, la claire solidarité avec Grèce et Chypre. Mais nous avons aussi la volonté d'assurer la stabilité de cette région à tous égards.

Et la volonté de faire respecter le droit international et de favoriser la désescalade. Nos approches n'ont pas toujours été les mêmes dans les modalités, mais elles ont toujours été convergentes dans la volonté de faire de la Méditerranée orientale un espace de liberté, de respect du droit international, de stabilité. C'est le sens de la médiation initiée par l'Allemagne, qui, je l'espère, pourra reprendre rapidement.

C'est le sens aussi du soutien clair à la souveraineté grecque apporté il y a quelques jours comme les initiatives prises avec Chypre précédemment, mais une volonté aussi de maintenir constamment le dialogue avec l'ensemble des parties prenantes. Et nous aurons dans les prochaines semaines à poursuivre cette coordination, c'est ce que nous avons agréé avec Mme la chancelière. C'est aussi l'enjeu de sécurité et de stabilité en Méditerranée qui nous conduit à travailler ensemble sur la Libye.

Nous ne pouvons laisser des puissances étrangères s'ingérer dans ce conflit et violer l'embargo sur les armes imposé par les Nations unies. Notre priorité demeure donc d'obtenir un cessez-le-feu, puis d'enclencher une dynamique vers une résolution politique du conflit libyen. Pour cela, la mission européenne Irini doit être renforcée, les violations de l'embargo doivent être sanctionnées Et nous poursuivrons ensemble le travail à la fois pour que l'agenda onusien progresse et pour que l'ensemble des voisins puisse être pleinement associé à cette évolution.

Nous sommes également revenus sur la situation en Biélorussie à la suite du Conseil européen extraordinaire qui s'est tenu hier. L'Union européenne doit continuer de se mobiliser aux côtés des centaines de milliers de Biélorusses qui manifestent pacifiquement pour le respect de leurs droits, de leurs libertés, de leur souveraineté. Un dialogue entre les autorités, l'opposition et la société civile est à cet égard indispensable.

Nous souhaitons que ce dialogue puisse être mis en place par les Biélorusses eux-mêmes, mais l'Union européenne se tient prête, néanmoins, à accompagner celui-ci si notre rôle de médiation peut être utile et souhaité par les Biélorusses avec d'autres institutions, notamment l'OSCE et en incluant la Russie dans un dialogue exigeant comme nous avons pu le faire, Mme la chancelière comme moi-même, et, encore ce matin, le président, Charles Michel, qui a eu l'occasion d'appeler à nouveau le président Poutine à l'issue de notre Conseil d'hier. Nous poursuivrons dans quelques instants nos échanges sur les autres priorités de la présidence allemande du Conseil de l'Union européenne et l'ensemble de notre agenda commun. Une Europe plus solidaire et plus souveraine en matière climatique, en matière numérique, alimentaire, sanitaire, industrielle et sécuritaire.

Une Europe aussi unie dans son agenda avec la Chine. Une Europe également unie quand il s'agit de sujets d'intérêts conjoints. Le soutien au Liban dans la réponse humanitaire comme dans la stabilité.

Notre travail ensemble en Afrique. Nous avons aussi multiplié les sujets de coopération dans un contexte, on le sait, marqué en particulier par le coup militaire au Mali. Et je dois dire que c'est cette affirmation d'un modèle européen de solidarité et de liberté et cette volonté d'avoir une coopération sur tous les sujets entre l'Allemagne et la France qui nous anime, Mme la chancelière et moi-même, et sur lequel, depuis maintenant 3 ans, nous oeuvrons ensemble.

C'est cet agenda qui nous a permis de progresser, d'obtenir cet accord il y a quelques semaines. C'est cet agenda qui nous permettra, j'en suis sûr, de faire face aux sujets d'incertitude, aux défis à venir qui ne manqueront pas, mais qui nous permettra à coup sûr d'être plus forts. C'est donc autour d'un dîner amical que nous allons maintenant poursuivre ces échanges.

Et je vous assure que c'est la même amitié qui présidera à nos discussions sur la finale de la Ligue des Champions, qui se tiendra ce dimanche à Lisbonne et que nous regarderons chacun devant nos postes de télévision. Je vous remercie. Mme la chancelière, chère Angela. (Propos en allemand d'Angela Merkel traduits en français) -A.

Merkel: M. le président, cher Emmanuel, nous le ferons certainement. Effectivement, nous regarderons ce match.

J'ai écrit dans un tweet que notre amitié supportera le fait que nous soutenions des équipes différentes. Ce soir, que le meilleur gagne. Et, bien sûr, nos coeurs ne battront pas pour la même équipe.

Néanmoins, cher Emmanuel, je tiens à te remercier pour cette invitation ici, à Brégançon. Effectivement, je vivais encore en RDA lorsque le président Mitterrand a invité le chancelier Helmut Khol, et j'étais loin de m'imaginer qu'un jour, l'Allemagne serait réunifiée et que je serais invitée ici. Et c'est un jour pour moi un jour très important, me retrouver ici, à Brégançon, quelques semaines après notre rencontre de Meseberg du 29 juin.

Nous voyons que nous avons vraiment beaucoup de sujets à l'ordre du jour, que nous traitons cet ordre du jour, que nous arrivons à nous mettre d'accord. Nous avons eu une décision du Conseil européen. C'était très bien, mais c'était basé sur une initiative franco-allemande.

Et c'est certainement que tout cela a été un signal fort de la capacité de décision et d'action de l'Union européenne. Nous sommes dans des situations très difficiles. Et, vous le savez, la Covid-19 n'est pas terminée.

Je crois que nous devons avoir une action plus que jamais européenne à ce niveau-là. On ne peut pas se limiter à des réponses nationales. On ne peut pas non plus confiner de nouveau tout un pays.

Il faut travailler au plan régional. On a appris beaucoup de choses sur ce virus et il faudra que nous coordonnions notre action pour lutter contre l'épidémie. Donc, nous avons fait preuve d'esprit de décision et d'action dans des situations difficiles, donc, en particulier au mois de juin.

Maintenant, ces décisions vont devoir être mises en oeuvre. Donc, il faut avancer dans les discussions avec le Parlement européen et la ratification des Parlements nationaux. Et, ensuite, l'argent pourra être disponible pour tous les investissements nécessaires à partir du début de l'année 2021.

Nous avons aussi discuté longuement pour savoir comment ce fonds, Next Generation Fund, ce Fonds de relance et de reprise, comment on peut l'utiliser et comment la France et l'Allemagne peuvent aider à ce que les bonnes décisions stratégiques soient prises dans tous ces investissements de manière à accroître notre indépendance, notre souveraineté, notre compétitivité. Et, bien sûr, nous poursuivrons un dialogue intense avec les cercles économiques, les activités économiques et les entreprises. Et, partout où nous ne sommes pas encore leaders au plan mondial, nous essaierons de progresser et de montrer que nous avons des compétences en Europe.

L'Union européenne, en tant qu'acteur européen, doit faire entendre sa voix. Donc, c'était un de nos sujets de discussion. Nous avons parlé par exemple de la Chine, des Etats-Unis, e la Russie, de la Turquie.

Je ne vais pas répéter tout ce qu'a dit le président, mais il est clair que l'Europe n'est forte que lorsqu'elle parle d'une seule voix, qu'elle se reconnaît comme un défenseur du multilatéralisme. Mais ce multilatéralisme, bien sûr, ne peut être façonné que si, pour l'essentiel, sur les questions fondamentales, nous parlons d'une seule et même voix. Et, là, il y a encore beaucoup à faire.

Nous avons beaucoup échangé sur la situation en Libye. La Libye reste un problème important. Nous sommes, bien sûr, dans un processus qui est dirigé par les Nations unies, mais il faut essayer d'intégrer les pays voisins dans une solution.

La Libye n'est pas un pays dans lequel on peut arriver, en tant que pays tiers, avec ses propres stratégies. Non. Il faut que la Libye trouve une solution à partir de la volonté des Libyens, et nous ferons tout Français et Allemands, pour y parvenir.

Le président Macron en a déjà parlé, nous avons besoin de stabilité en Méditerranée orientale. Il y a beaucoup de tensions actuellement. Et si la France et l'Allemagne allient leurs forces, nous arriverons certainement à trouver des solutions intéressantes qui permettront de parvenir à un apaisement et qui empêcheront que les attaques contre la souveraineté de pays membres de l'Union européenne se poursuivent.

Des attaques que nous ne pouvons pas accepter. Nous pensons que l'on doit résoudre tout cela par la discussion, par la négociation, et non pas par la tension militaire. Dans bien d'autres domaines, nous continuerons à discuter.

Nous allons d'ailleurs poursuivre cette discussion ce soir. Nous allons parler aussi du Brexit. C'est un sujet important de notre présidence allemande de l'Union européenne.

Et je tiens à remercier encore une fois le président non seulement de cette invitation de ce soir mais aussi de toute l'action politique que nous avons eue et menée ensemble. Il faudra que nous nous coordonnions vraiment de manière très poussée, car vous savez, depuis ce dernier Conseil européen, il s'est passé beaucoup d'événements terribles. La tragédie au Liban, la situation en Biélorussie, l'évolution de la pandémie avec la reprise de nouvelles infections.

Donc tout cela fait que cette réunion est d'une importance stratégique immense. Et je tiens à répéter que je remercie le président de nous permettre de nous retrouver aujourd'hui ici-même. C'est important, non seulement pour nos relations bilatérales, mais pour toute l'Europe. (Propos en allemands) -Bonsoir, M. le président et Mme la chancelière.

Je représente Die Welt, je représente aussi la presse allemande et mes collègues. Je me permets de poser ma 1re question en français, car elle s'adresse à vous, M. le président.

Vous étiez très actif dernièrement sur le plan international, mais aussi un peu solitaire. Vous avez mentionné vous-même les bâtiments militaires dans la Méditerranée orientale. Nous connaissons tous les raisons pour lesquelles l'Allemagne ne peut pas jouer ce même rôle.

Mais mes consoeurs et confrères français constatent une mue géopolitique de l'Allemagne et de Mme Merkel. Je cite : "une mue lente et silencieuse". Est-ce que vous la souhaitez plus rapide, plus radicale, aussi sur un plan militaire où l'engagement de l'Allemagne serait pour l'instant souvent à la logistique et à l'humanitaire ?

Merci. -E. Macron: Je souhaite que nous ayons ensemble et pour l'Europe une action efficace.

Qu'est-ce que ça veut dire, être efficace ? Protéger notre souveraineté lorsqu'elle est mise en cause, lorsque celle d'un Etat membre est mise en cause, et permettre la stabilité d'une région qui est la nôtre. Vous êtes à quelques mètres de cette même mer, qui est mare nostrum, cette Méditerranée.

Et donc, je pense que la coopération entre l'Allemagne doit avoir pour objectif de, voilà, de tenir c'est 2 points, notre souveraineté et la stabilité, donc, pour éviter toute escalade, comme nous l'avons fait aujourd'hui, comme nous cessons de le faire avec, ensuite, nos atouts et notre complémentarité. Et, moi, Ce qui m'importe, c'est que, sur tous les sujets, nous arrivions à définir une vue en commun. Et c'est ce que rappelait Mme la chancelière, c'est ce que nous avons su faire sur les sujets économiques, budgétaires face à la crise du Covid-19.

Et ça n'a pas été un mouvement spontané. Ca a été un très gros travail depuis le mois de mars, ensemble, par visioconférence, le 18 mai, puis à Meseberg en juin, puis au sommet de juillet. Mais on a réussi parce qu'on a aligné notre objectif final.

Et, là, notre objectif stratégique sur la Méditerranée orientale, il est clair, c'est le même, c'est celui que je viens de définir, la souveraineté européenne et la stabilité. Et donc, nous avons chacun ensuite nos moyens de faire, nous avons chacun notre histoire. Il faut qu'il y ait une complémentarité pour que notre objectif commun permette d'obtenir des résultats.

Et donc, quel est le résultat que nous cherchons à obtenir ? La désescalade des tensions, le respect de notre souveraineté et de la souveraineté de nos partenaires européens et un agenda constructif pour la Méditerranée orientale avec l'ensemble des pays de la zone, en particulier la Turquie. Et donc, avec la Turquie, il faut rétablir les choses lorsque des provocations sont faites ou des excès sont commis.

Il faut que notre souveraineté soit respectée, mais il faut aussi qu'on ait un agenda positif sur lequel réengager la Turquie. Et il faut qu'on ait un agenda de clarté sur des sujets comme la Libye, par exemple, où on a su définir avec les Nations unies plusieurs objectifs communs. Donc, voilà, pour moi, ce qu'il faut faire.

Ce n'est pas à moi de qualifier les changements qui s'opèrent du côté de l'Allemagne. Par contre, c'est à moi de tout faire en sorte que l'Allemagne et la France coopèrent de la manière la plus efficace une fois que nous avons défini des objectifs en commun. C'est ce que nous avons fait sur la Méditerranée orientale, c'est ce que nous avons fait sur la crise européenne en cours et c'est ce que nous continuerons de faire sur le reste. (Propos d'Angela Merkel en allemand traduits en français) (...) -A.

Merkel: Différents moyens d'action possibles. On peut, bien sûr, appuyer nos partenaires européens, et on peut le faire, comme vient de l'indiquer le président, on peut envoyer des bateaux sur place, mais nous nous engageons aussi pour que le dialogue entre la Grèce et la Turquie reprenne. Ce n'est pas encore fait, mais nous y travaillons.

Et nous voulons que, de là, découle un projet d'ensemble. C'est difficile, donc, de savoir ce qui est le plus important. Est-ce qu'une stratégie est meilleure que l'autre?

C'est pourquoi nous travaillons ensemble et nous essayons d'exploiter ces possibilités. Je crois qu'il y a beaucoup de possibilités et qu'il faut les exploiter. C'est ça, un agenda international. -Bonsoir.

Jérôme Rivet de l'AFP. Comme l'actualité internationale est très riche, je vais me permettre de poser une double question. Sur le Mali, les réactions ont été plutôt mesurées face au putsch.

Est-ce que c'est parce que vous êtes plutôt rassurés par la promesse de futures élections et par le soutien réaffirmé à la lutte anti-djihadiste et à l'opération Barkhane de la part du Mali ? Et enfin, sur les tensions en Méditerranée orientale dont vous venez de parler, la France a adopté quand même un ton beaucoup plus dur vis-à-vis du président Erdogan et de sa politique en général. Est-ce que c'est un problème entre vous ou est-ce que c'est une position complémentaire? -E.

Macron: Sur le 2e point que vous venez d'évoquer, comme je viens de le dire, c'est que je considère que c'est de la complémentarité, et ce aussi longtemps que nous avons un objectif commun. Je le rappelle à nouveau: souveraineté de l'ensemble des Etats membres, stabilité dans la région. Nous l'avons réévoqué, Mme la chancelière vient de le dire.

C'est une complémentarité parce que face à des puissances régionales qui se désolidarisent, la diplomatie sans les lignes rouges parfois militaires et la présence n'existe pas, en tout cas pas longtemps. Mais la puissance militaire sans chemin diplomatique est contre-productive parce qu'elle ne mène qu'à l'escalade. Il faut tenir les 2.

C'est ce que nous faisons. Ensuite, sur le Mali, nous avons clairement condamné, nous l'avons fait hier d'ailleurs ensemble, Européens, un coup d'Etat militaire contre un président démocratiquement élu par son peuple. Nous n'avons pas à nous substituer à la souveraineté malienne ou au peuple malien.

La France, à travers l'opération Barkhane, l'Europe, et d'ailleurs l'Allemagne, l'Espagne, plusieurs autres Etats membres le sont aussi sur d'autres sujets militaires, à nos côtés, les Nations unies avec la Minusma, sont présentes au Mali. Nous ne sommes présents collectivement au Mali qu'à la demande du peuple malien souverain et qu'à la demande de l'ensemble des Etats de la région, en particulier de la CEDEAO. Donc, nous n'avons pas à nous substituer à la souveraineté malienne.

Nous avons à condamner un coup de force militaire contre un dirigeant démocratiquement élu. Après, nous avons demandé, premièrement, qu'il soit relâché le plus vite possible et qu'aucune violence ne soit faite, deuxièmement, que le pouvoir soit rendu le plus rapidement possible aux civils et qu'une transition rapide et démocratique soit assurée. Et troisièmement, pour le peuple malien, il y a 2 choses auxquelles nous veillons: la stabilité du Mali et la poursuite de la lutte contre le terrorisme.

Parce que je le rappelle, c'est avant tout le fléau des Maliennes et des Maliens, de leurs voisins, et je pense aux Nigériens, aux Burkinabé, aux Mauritaniens. Je pense aussi aux Ivoiriens qui ont eu à connaître plus au Sud des troubles encore récemment. Aux Tchadiens.

Et donc l'ensemble de ces Etats regarde la situation pour que rien ne soit fait pour nous divertir de cette priorité qu'est la lutte contre le terrorisme dans cette région et qui est la seule chose qui justifie à la demande des Maliens notre présence. -A. Merkel: Oui, il faut voir que, bien sûr, nous avons des natures et des caractères un peu différents.

Et c'est bien, le Créateur nous a faits différents. Donc nos réactions face aux événements sont aussi marquées par ces caractéristiques différentes. Mais nous suivons le même objectif et c'est important que dans la poursuite de cet objectif, on s'exerce à cultiver toutes les facettes.

Pour le Mali, bien sûr, l'engagement de la France est plus gros que le nôtre. Il y a Barkhane, par exemple. Et je tiens à remercier la France pour son engagement au Mali parce qu'elle porte le poids essentiel.

Le terrorisme se propage et s'étend dans toute cette région des Etats du Sahel. Et nous soutenons aussi la CEDEAO dans sa tentative d'arriver à une transition pacifique dans cette région. Mais nous n'arriverons à rien si on ne pouvait pas poursuivre notre lutte contre le terrorisme.

C'est pourquoi nous avons besoin d'un règlement de cette situation, d'un règlement démocratique de la transition au Mali pour pouvoir continuer notre lutte. (Propos en allemand) -Une question au nom de mon collègue de la ZDF. Il voudrait savoir quelles sont les mesures que prennent la France et l'Allemagne pour éviter que l'on en arrive à nouveau à des décisions nationales dans la lutte contre le Covid.

Comment voulez-vous arriver à une approche européenne? Et est-ce que les Français doivent s'attendre à ce que l'Allemagne les déclare zone à risque? -A.

Merkel: Nous essayons, dans tout ce que nous faisons, de nous orienter avant tout sur l'observation des faits. Nous le faisons en Allemagne. Bien sûr, certaines régions, certains districts le déplorent, en particulier là où nous avons imposé des limitations de sortie.

Et nous essayons aujourd'hui de trouver des possibilités d'action au niveau européen. Nous nous concertons régulièrement. Nous avons déclaré ensemble la Croatie comme zone à risque.

Bien sûr, si l'épidémie progresse dans certaines villes ou régions allemandes, peut-être que nous serons considérés comme zone à risque par nos voisins. Je pense que nous sommes arrivés à voir un certain nombre de critères. On regarde les chiffres.

Et nous nous sommes mis d'accord aussi pour travailler plus étroitement ensemble de manière à pouvoir donner à nos citoyens l'impression, à juste titre, que nous avons une approche commune dans toute la zone Schengen. On a trop l'impression, en Allemagne, que d'un Land à l'autre, d'une ville à l'autre, les règles sont différentes. Mais c'est simplement qu'on a des réactions différentes par rapport aux faits observés.

Et je crois qu'au niveau européen, c'est un peu la même chose. Nous voulons éviter à tout prix d'avoir à refermer les frontières, mais si nous voulons l'éviter, il faut arriver à une coordination. Si tel ou tel pays ne faisait rien, ce serait impossible.

Donc il faut qu'on se coordonne. Si, par exemple, des lycéens allemands n'ont pas le droit de faire la fête après leur baccalauréat en Allemagne, mais qu'ils vont fêter ça ailleurs, dans d'autres pays où ils ont le droit de le faire, je suis sûre que ça n'ira pas. Donc je pense qu'il faut que nous ayons vraiment la volonté d'agir ensemble.

Nous avons encore beaucoup à apprendre. Nous n'avons pas pu nous préparer pendant des décennies à cette pandémie. Maintenant, il faut qu'on arrive à trouver une voie pour réagir à cette épidémie qui limite beaucoup nos possibilités d'agir. -E.

Macron: Oui, sur ce sujet, qui est de la coordination européenne et de la lutte contre le virus et ses effets, d'abord, nous avons réussi, comme nous nous sommes donné la peine à avoir une vraie coordination européenne. Ca a été le plan de relance de juillet dernier qui est la coordination la plus étroite et efficace pour faire face aux conséquences économiques et sociales de cette pandémie. Ensuite, le défi qui est le nôtre aujourd'hui, c'est dans la situation où on voit partout plus de cas observés, de savoir comment éviter les erreurs qui ont été faites tout au début de la crise.

Et je rejoins pleinement Mme la chancelière. Premièrement, les faits scientifiquement établis, objectivés et homogènes. Je pense que c'est très important, la coordination doit se baser sur la science.

La 2e chose, c'est qu'on a la même stratégie, la même approche sur les grandes règles. Une politique de prévention qui est la même, peu ou prou, et on veille à l'harmoniser. Donc la prévention par les gestes barrières et le masque.

Tester, tracer, isoler. Avec d'ailleurs les mêmes difficultés que nous avons, on l'a évoqué, pour parfaitement isoler. Dans des démocraties comme les nôtres, on ne peut pas enfermer les gens dans des tiers lieux où ils seraient privés de toute liberté.

Donc nous connaissons les défis, mais nous sommes maintenant, sur l'ensemble de cette stratégie, beaucoup plus coordonnés. On a ensuite amélioré la coopération européenne sur le vaccin, ensemble, en associant beaucoup d'autres Etats et la Commission, pour encourager, d'abord, nos industriels qui recherchent sur des vaccins mais aussi nous assurer que nous aurons les capacités de les produire et de les livrer à nos populations quand ces vaccins seront disponibles. Et je le dis, et c'est très important, au moment même où on a plusieurs vaccins qui sont en phase 3, et donc où on a des perspectives qui sont raisonnables d'avoir un vaccin dans les prochains mois.

Ca ne va pas régler le problème des prochaines semaines, mais des prochains mois. Nous nous sommes coordonnés sur des sujets de la vie quotidienne de nos concitoyens. La rentrée scolaire qui s'effectuera dans les prochains jours, où les règles là aussi doivent être harmonisées, mais on aura une rentrée scolaire qui se fera.

On ne va pas mettre nos pays à l'arrêt, mais on va devoir vivre avec le virus, en veillant à ce qu'il ne se propage pas plus vite et ne touche pas les personnes les plus âgées qui sont, on le sait, les plus fragiles. Et l'un des défis qui est le nôtre, et on va y travailler, on va surtout demander à nos ministres de la Santé d'y travailler dans les prochains jours et prochaines semaines, c'est de voir comment on gère ces foyers infectieux lorsqu'ils sont découverts. Si nous avons un foyer infectieux qui est découvert ici à Brégançon, ce qui est le plus important, c'est d'éviter qu'on aille contaminer tout autour.

Et ça commence à la sortie de ce fort. Mais ça n'a aucun sens si on a un foyer infectieux ici de fermer toutes les frontières françaises. Or, trop souvent, on a réagi comme ça à l'échelle nationale et à nos frontières.

Et donc ce que nous voulons faire, c'est d'avoir une homogénéité, une coordination de gestion de l'épidémie par foyer infectieux. Dans leur mesure, et d'ailleurs, nous avons les mêmes critères entre l'Allemagne et la France, mais aussi pour qu'on puisse avoir les mêmes mesures de restriction de la circulation des personnes, de fermeture, quand on a un foyer épidémique qui est identifié, au niveau le plus fin, pour permettre ensuite d'avoir les garanties entre Etats membres et d'éviter de tout rebloquer. Ca, ce sera le travail des prochaines semaines.

Mais il faut être très clair avec nos concitoyens, nous faisons tout pour coordonner au mieux. Mais on le fait sur des bases scientifiques établies, objectives et aussi avec la connaissance qu'il faut être encore très humble. On ne sait pas tout sur ce virus.

Ce qu'on sait, c'est qu'il circule toujours et qu'il est là dans nos pays. -Bonsoir, Julie Pietri de la radio France Inter. Quelle est votre réaction face à l'hospitalisation de M.

Navalny ? Est-ce que vous confirmez que la France est prête à l'accueillir pour tenter de le soigner ? Et par ailleurs, qu'attendez-vous de M.

Poutine sur la crise en Biélorussie ? -E. Macron : Alors, sur M.

Navalny, nous sommes évidemment extrêmement préoccupés et attristés par la situation d'Alexeï Navalny. Et nous avons appris ce matin ce qui lui était arrivé. Et je veux ici dire que nous lui apportons tout notre soutien, à lui, à sa famille et à ses proches, pour un prompt rétablissement, et nous sommes à leurs côtés.

Les nouvelles que nous avons à cette heure sont extrêmement inquiétantes. Nous continuons de suivre de très près la situation. Nous en avons discuté avec madame la chancelière.

Nous sommes évidemment prêts à apporter toute l'assistance nécessaire à Alexeï Navalny, à ses proches, sur le plan sanitaire, sur le plan de l'asile, de la protection. C'est évident. Et là aussi, nous en avons longuement parlé.

Bien sûr, là aussi, toute la clarté devra être faite sur les circonstances qui ont conduit à cette situation. Et nous serons extrêmement vigilants sur les suites et les enquêtes qui seront menées. J'espère surtout qu'il pourra être sauvé et nous apporterons tout le soutien qui sera demandé pour ce faire.

Sur la Biélorussie, je l'ai évoqué, nous avons eu, madame la chancelière, moi-même le président Charles Michel plusieurs échanges avec le président Poutine sur la situation en Biélorussie. Nous attendons d'abord un dialogue franc parce que nous avons la conviction que la stabilité et la possibilité d'une relation entre l'Union européenne et la Russie se jouent aussi sur ce dossier. Nous ne voulons pas y voir une réplique de ce que nous avons connu dans des années antérieures, en particulier en Ukraine.

Et nous avons été très clairs avec M. Poutine sur ce point. Le président Poutine.

Dans les échanges que nous avons eus, nous avons insisté sur la nécessité d'avoir une transition démocratique inclusive en Biélorussie qui passe par le dialogue du pouvoir en place, avec la société civile et les oppositions, et l'organisation dans de bonnes conditions d'élections libres. C'est ce que nous avons réaffirmé en Européens hier. Et nous sommes prêts à apporter toute notre aide et notre médiation à cet égard.

Nous avons aussi proposé à la Russie que l'OSCE soit impliquée pour une médiation. Et je peux dire que la réponse du président Poutine a été favorable à cette proposition que nous avons faite. C'est, selon ses dires, le président Loukachenko qui est aujourd'hui réticent.

Et donc ce que nous attendons de la Russie, c'est véritablement un dialogue franc et sincère avec l'Union européenne, et en particulier l'Allemagne et la France. C'est une coopération pour une médiation efficace. Et c'est d'apporter sa pierre pour éviter toute escalade et pour surtout bannir absolument toute violence additionnelle dans la situation biélorusse. (Propos traduits de l'allemand) -A.

Merkel : Oui, le cas d'Alexeï Navalny est un cas qui m'a vraiment bouleversée quand j'ai appris l'information. Il est à l'hôpital dans un état qui est très préoccupant et inquiétant. Je souhaite bien sûr qu'il puisse se rétablir.

Et, bien entendu, que ce soit en France ou en Allemagne, il pourra recevoir de notre part toute l'aide et l'appui médical souhaité. Mais il faut bien sûr que la demande en soit faite. Ce qui est important aussi, c'est que l'on arrive à savoir exactement comment on a pu en arriver là.

Nous allons exiger d'avoir des explications, car ce qu'on entend n'est pas très clair, et il faudrait que les conditions de cet empoisonnement soient plus transparentes. Nous avons eu hier une conférence vidéo au sein du Conseil européen sur la Biélorussie, et on a vu que nous étions très largement d'accord. Nous avons aussi, Emmanuel Macron et moi-même, parlé avec le président Poutine et nous avons dit très clairement ce que nous attendons de lui.

Nous souhaitons que les citoyens de Biélorussie, qui font preuve de beaucoup de courage, aient la possibilité de prendre le destin de leur pays en main, qu'il y ait un véritable dialogue, que ce soit par l'intermédiaire de l'OSCE ou par l'intermédiaire de toute autre instance. Charles Michel a également parlé avec le président Poutine et il a informé en 1re main le Conseil européen. Loukachenko, pour le moment, n'a pas voulu parler avec aucun d'entre nous.

Donc il est clair que nous disons à Poutine que nous cherchons le dialogue avec le gouvernement biélorusse. Nous voulons bien sûr que les prisonniers politiques soient libérés, qu'il y ait un droit de manifester, que les citoyens puissent avoir tous les droits qu'ils méritent et que mérite tout pays actuellement. -E.

Macron : Très bien. Merci beaucoup. Bonne soirée à toutes et tous.

Merci à vous. -A. Merkel : Danke schon.

Conférence de presse du Président Emmanuel Macron et de la Chancelière Angela Merkel · Pourquijevote