Macron et les tontons flingueurs - Les questions SMS #cdanslair 16.04.2018
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:04OuverteRéponse partielle
Mais a-t-on oublié la principale préoccupation des Français, le chômage ?
- 1:07RelanceRéponse partielle
Peut-être parce que ce sont des thèmes qui s'imposent ?
- 1:12OuverteRéponse partielle
Mais ce n'est pas lui qui a choisi les thèmes.
- 1:16OuverteRéponse directe
Pourquoi le président a-t-il pris le risque de cette confrontation avec des journalistes qui n'écoutent personne ?
- 3:32ComplaisanteRéponse partielle
Et c'était il y a 20 ans, avant les réseaux sociaux, etc.
- 3:50OuverteRéponse directe
Une nouvelle journée de solidarité ne serait-ce pas un nouvel impôt qui ne dit pas son nom ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22InvitéFait
« C'est là où je continue à dire que tout le monde est perdant, et à commencer par les Français qui n'ont pas eu de réponse à un certain nombre de préoccupations majeures. »
- 0:30InvitéFait
« Moi, sincèrement, je crains fort que ça coûte plus cher que ce qu'on nous dit, et que ça ne résolve pas les problèmes qu'on veut bien régler. »
- 0:41InvitéChiffre
« Des millions de Français sont concernés par ça. Et les chômeurs, au premier chef, quand on dit que les 33 milliards consacrés à ça tous les ans, ne vont pas aux chômeurs. »
- 1:01InvitéFait
« Le sommaire d'hier soir était pratiquement le même que celui d'émission de Pernaut. C'est-à-dire l'ISF, l'augmentation de la CSG pour les retraités, etc. »
- 1:58InvitéFait
« Il a plié Marine Le Pen en huit entre les deux tours. »
- 4:29InvitéFait
« La seule des sciences humaines qui est une science exacte, c'est la démographie. Parce que les gens qui auront 95 ans dans 20 ans, ils sont nés depuis longtemps et on les connaît à disprès, on sait combien ils sont. »
- 4:56InvitéFait
« Tous les gouvernements, depuis 30 ans, voient venir la bombe démographique du quatrième âge et de la grande dépendance. Et on sait qu'à partir de 2030, c'est un cauchemar de financer ça. »
- 5:16InvitéFait
« Nicolas Sarkozy avait évoqué la navidée et puis il a arrêté. »
- 5:48InvitéFait
« Je pense que ça sera beaucoup plus long que ce qu'on a bien voulu nous dire, puisque la préfète, qui n'est pas en cause, elle a dit, bon, voilà, on a réussi. »
- 6:00InvitéChiffre
« Ils sont, je crois, quelques 3 000 ou 3 500 actuellement, alors qu'ils n'étaient plus que 700. »
- 7:30InvitéChiffre
« Elle a fait une très forte audience. Pour BFM TV, faire 3,5 millions… »
- 7:56InvitéChiffre
« Donc globalement, pour cela, il ne faut jamais oublier qu'il y a quand même 45 millions de Français qui sont en âge de beauté. »
- 9:28InvitéFait
« Les syndicats d'abord cherchent d'abord à exister. Pour la fonction publique, il y aura certainement du monde. »
- 9:38InvitéFait
« Parce que les syndicats ont eux-mêmes du mal à réunir leurs troupes. »
- 10:05PrésentateurFait
« J'en doute. Visiblement si. »
Temps de parole
- Invité28 %
- Invité 227 %
- Présentateur23 %
- Invité 322 %
≈ 8,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Mais a-t-on oublié la principale préoccupation des Français, le chômage ?
C'est un des grands oublis, effectivement, de cette émission. C'est là où je continue à dire que tout le monde est perdant, et à commencer par les Français qui n'ont pas eu de réponse à un certain nombre de préoccupations majeures. On a eu un exercice, une mise en scène, des postures. C'est vraiment dommage, parce qu'il y a trois réformes actuellement qui sont capitales. C'est la réforme de l'assurance chômage. On ne sait pas où on va. Moi, sincèrement, je crains fort que ça coûte plus cher que ce qu'on nous dit, et que ça ne résolve pas les problèmes qu'on veut bien régler. La deuxième, c'est l'apprentissage. Des millions de Français sont concernés par ça.
Et les chômeurs, au premier chef, quand on dit que les 33 milliards consacrés à ça tous les ans, ne vont pas aux chômeurs. Ils vont aux gens qui sont déjà en fonction. Et donc, là, il n'y a pas une question sur l'éducation. Pas une question sur l'éducation. Ce qui est très étonnant, c'est que à trois jours d'écart, le sommaire d'hier soir était pratiquement le même que celui d'émission de Pernaut. C'est-à-dire l'ISF, l'augmentation de la CSG pour les retraités, etc. Il a rebattu les mêmes thèmes que trois jours plus tôt.
Peut-être parce que ce sont des thèmes qui s'imposent ?
Mais peut-être qu'il y en avait d'autres aussi qui s'imposaient, qui ont été oubliés.
Mais ce n'est pas lui qui a choisi les thèmes. C'est les journalistes qui n'ont pas rénové. Oui, c'est ce que dit.
Peut-être qu'il ne reçoive pas TF1.
Pourquoi le président a-t-il pris le risque de cette confrontation avec des journalistes qui n'écoutent personne ? Il a pris un risque, ça vous l'avez dit, les uns et les autres. Pourquoi a-t-il pris le risque ?
Pour montrer, je crois qu'il ne fuit pas le débat, qu'il ne fuit pas la controverse, qu'il ne fuit pas la difficulté quand on s'adresse à lui de manière extrêmement critique. Ça, on voit bien l'intention en termes de posture. Maintenant, la plus-value ou l'utilité finale du débat, c'est plus discutable. Mais n'oubliez jamais une dimension psychologique, c'est qu'il adore ça.
Ça s'est vu hier.
Il adore ça. Et qu'il est très bon dans le registre pugnace de la répartie, de la qualité de la réponse, de la maîtrise des dossiers. Il a aussi montré qu'il était à ce point de l'efficacité. La joute verbale, c'est son grand truc. Et souvenez-vous, quand même, le sommet de joute verbale que nous avons eu, c'est Marine Le Pen. Il a plié Marine Le Pen en huit entre les deux tours. Et ça n'a pas peu... Oui, mais vous voyez, on parlait du passé, mais un homme comme François Mitterrand, ou comme Jacques Chirac, il vous les aurait mouchés tout de suite, les deux. Ça ne serait pas passé comme ça. D'abord, ils n'auraient pas accepté ce genre de débat.
Et deuxièmement, vous auriez eu une phrase qui aurait fusée... Cinglante. Cinglante. Et je peux vous dire que ça se serait arrêté tout de suite.
Mais Mitterrand avait peur de lui.
Et là, c'est assez étonnant, parce qu'il s'est mis dans la posture de l'homme qui veut faire de la pédagogie. Il est emmené sur des sentiers, sur des terrains qui sont archi-boueux. Mais lui, il veut montrer que non. Alors que par une phrase, une citation d'auteur, vous les renvoyez dans leur but tout de suite. Et ça s'arrête. Ça, avec Mitterrand, vous imaginez Georges Pompidou dans cette circonstance ? Le chef de Gaulle ? Pas deux secondes. Ça veut bien dire que cette question du monarque républicain, dont on dit que les Français souhaitent un monarque républicain, elle a quand même ses limites. Il y a une partie de la population qui veut cette verticalité.
Il y a une autre partie qui ne la supporte plus. Et la phrase cinglante qui aurait mouché comme ça les journalistes, elle est devenue insupportable pour une partie des Français qui considèrent aussi que le président doit accepter... Mais oui, il y a des comptes à rendre, il doit accepter de se faire bousculer par des journalistes et qu'il n'y a pas... C'est probablement pourquoi il a fait ça. Oui, et je pense qu'il en est conscient. Conscient et qu'il le sait si bien que c'est pour cela qu'il a voulu cet exercice. Donc Mitterrand et Chirac, certes, ça ne serait pas passé comme ça, mais c'était il y a 20 ans.
Et c'était il y a 20 ans, avant les réseaux sociaux, etc.
Et comme un malheur n'arrive jamais seul, l'émission s'est terminée sur la promesse qu'on replique au truc dans un an.
Comme vous y allez. Allez, n'a-t-on pas eu enfin un débat, en vérité, à l'abri du convenu ? C'est ce que vous disiez, Brice Tintur, il y a des gens qui ont trouvé leur compte.
Oui, qui se sont dit, enfin, on a un débat qui n'est pas dans une forme de complaisance.
Une nouvelle journée de solidarité ne serait-ce pas un nouvel impôt qui ne dit pas son nom ? Alors effectivement, ça fait partie des pistes qui ont été évoquées hier soir par le président de la République. C'est pas du tout à nous voir.
C'est l'impôt temps, ça existait sous l'ancien régime, ça n'a plus de la corvée. C'est pas un nouvel impôt, simplement ça sera très insuffisant et je ne pense pas que ça nous résolve tout le problème. Quand, si vous voulez, la société, les entreprises, continuent à vous payer, vous, salariés. Mais en revanche, elles payent toutes les taxes, en plus des taxes à des associations, à des caisses, si vous voulez, qui couvrent les besoins des personnes.
À la décharge d'Emmanuel Macron, il faut dire une chose, c'est vrai que sur le sujet, hier soir, il a été un peu flou et il s'est fait arracher des semi-confidences par Bourdin, qui là-dessus était très punchy, éventuellement une journée cadeau, éventuellement la création du cinquième risque, etc. À sa décharge, il faut dire une chose. La seule des sciences humaines qui est une science exacte, c'est la démographie. Parce que les gens qui auront 95 ans dans 20 ans, ils sont nés depuis longtemps et on les connaît à disprès, on sait combien ils sont. Tous les gouvernements, depuis 30 ans, voient venir la bombe démographique du quatrième âge et de la grande dépendance.
Et on sait qu'à partir de 2030, c'est un cauchemar de financer ça, de prendre en charge ces personnes, en termes de personnel, de moyens financiers, etc. C'est une horreur. Et tous les gouvernements, depuis 20 ans, ont mis ça sous le tapis en disant mon successeur se débrouillera avec ça.
C'est maintenant, on y est là.
Nicolas Sarkozy avait évoqué la navidée et puis il a arrêté.
Il ne va pas pouvoir repousser, lui, le rendez-vous. Emmanuel Macron a-t-il convaincu les Français qu'il n'est pas le président des riches ?
Je ne crois pas du tout, parce que c'est une image qui est très fortement incrustée dans l'opinion. Et je ne vois pas, hier, ce qui aurait pu permettre à ceux qui pensent qu'Emmanuel Macron a une politique en faveur des plus privilégiés d'inverser ce raisonnement.
L'intervention à Notre-Dame-des-Landes n'est-elle pas en train de s'enliser et de tourner au fiasco, malgré la mobilisation de 2 500 gendarmes ?
Je pense que ça sera beaucoup plus long que ce qu'on a bien voulu nous dire, puisque la préfète, qui n'est pas en cause, elle a dit, bon, voilà, on a réussi. Simplement, les zadistes ont appelé des renforts. Donc les renforts, ils sont arrivés pour reconstruire. Ils sont, je crois, quelques 3 000 ou 3 500 actuellement, alors qu'ils n'étaient plus que 700. C'est compliqué, je pense que ça va prendre beaucoup de temps.
Et là-dessus, hier, il a fait preuve de fermeté, comme il l'avait fait jeudi dernier. Oui, il n'a pas changé de discours. Il n'a pas changé de discours. Dorénavant, dans les interviews du président Macron, la forme l'emportera-t-elle toujours sur le fond ?
C'est notre tort, notre faute, notre silicose à nous des journalistes, c'est de toujours parler beaucoup trop de la forme. Mais lorsque, comme c'est le cas, là, le fond est quand même assez répétitif, qu'on a déjà entendu ça 5 fois, on est un peu condamnés à rester sur la forme. Parce qu'en plus, la forme, là, a dévoré le fond. La justification d'une forme plus rugueuse, elle serait totale si on se disait, à l'arrivée, on a des réponses qu'on n'aurait pas eues avec une forme plus, on va dire, courtoise. Et on peut quand même se poser la question de, est-ce qu'on a eu des questions qu'on n'aurait pas eues ?
La réponse, c'est non, parce qu'on a cessé de dire qu'Emmanuel Macron avait dit globalement les mêmes choses qu'avec Jean-Pierre Pernault.
– Les journalistes l'appelant Emmanuel Macron, lui-même faisant preuve de combativité, étions-nous en campagne électorale ? Il y avait un petit air de campagne électorale.
– La candidature plénale, vous voulez dire ? – On est en campagne électorale tout le temps maintenant, vous savez, le temps politique a changé. D'abord, on n'est plus en septennat, on est en quinquennat. Et puis les émissions de politique sont tellement fréquentes, puisqu'il y a de plus en plus de médias, que de toute manière, on peut considérer que les hommes et les femmes politiques sont tout le temps en campagne.
– Pourquoi l'interview menée par le duo Plenel-Bourdin a-t-elle fait une moins bonne audience que le JT de Pernault ?
– Elle a fait une très forte audience. – Pour BFM TV, faire 3,5 millions… – Ce n'est pas le même canal. – Ce n'est pas les mêmes habitudes de consommation, ce n'est pas les mêmes usages. Pour 3,5 millions pour une télé d'information à 7h sinifat…
– Mais pour un président de la République, ce n'est pas beaucoup.
– Oui, mais c'est une chaîne de la TNT.
– Oui, bien sûr, bien sûr. – Mais enfin, tout le monde l'a.
– Non, c'est quand même une bonne audience. Ça montre bien qu'il y a une curiosité du public, d'une partie du public, qui veut ce type de joute. Donc globalement, pour cela, il ne faut jamais oublier qu'il y a quand même 45 millions de Français qui sont en âge de beauté. Donc quand on parle d'audience à 5 ou à 6 millions en disant « c'est formidable », ça veut dire que l'immense majorité ne regarde pas. Donc c'est un vrai défi, c'est un vrai enjeu que d'arriver à capter l'intérêt d'une part un peu plus conséquente des Français.
– Peut-être que c'était le pari hier.
– Et ça, je pense que ça fait partie effectivement des éléments au moins réussis. – On ne sait pas c'est qui étaient les téléspectateurs, à moins que vous ayez des informations là-dessus. Parce qu'autant on connaît très bien le public, Jean-Pierre Pernaut, autant le public BFMTV un dimanche soir, sur ces scores-là, on ne sait pas que c'est… – C'est a priori, pas les mêmes, ça ne se recouvre pas. En revanche, le public de Jean-Pierre Pernaut, il entend beaucoup ensuite dans les 20 heures, dans les reprises, dans les journaux, ce qui s'est dit. C'est pour ça que ce ne sont pas des publics hermétiques. Mais ça permet probablement d'élargir malgré tout l'impact auprès des Français.
– Alors cette remarque, j'ai vu deux pitbulls, sur de leur coup, être renvoyés dans les cordes par le Président. Et vous ? – Est-ce qu'ils ont été renvoyés dans leurs cordes par le Président à chaque fois ?
– C'est ce que pense ce monsieur qui est un fan de Macron. – Je crois qu'il n'a pas voulu faire ça, justement. Il ne voulait pas montrer qu'il est renvoyé dans leurs cordes. C'est pour ça que tout à l'heure je disais, ils auraient été mouchés par un autre Président, mais pas par lui.
– La table était jolie, le Président brillant ou l'inverse, les deux journalistes habiles, mais qu'a-t-on réellement appris ? – C'est ce que vous nous avez dit dès le début de l'émission. – Oui. – C'est le fait qu'il n'y ait pas eu d'annonce suffisante et que les Français ont peut-être été les oubliés. – C'était Pernault dans une version hard. – Voilà. – Le gouvernement craint-il la mobilisation de tous les syndicats de la fonction publique le 22 mai ? Qu'en sera-t-il de la SNCF ?
– Écoutez, les syndicats d'abord cherchent d'abord à exister. Pour la fonction publique, il y aura certainement du monde, mais je ne sais pas si vous voulez cette fameuse convergence des luttes qu'appelle de ses voeux Philippe Martinez, le patron de la CGT, arrivera un jour, je ne vous crois pas du tout. Parce que les syndicats ont eux-mêmes du mal à réunir leurs troupes.
– Après cette confrontation, les Français sont-ils du côté du Président ?
– Je ne pense pas que ça fait bouger les lignes. Je pense qu'on a eu pile la confrontation apaisée et face à la confrontation rugueuse. Mais à l'arrivée, c'est la même pièce et ça m'étonnerait que ça déplace beaucoup les lignes.
– Ce format d'émission sera-t-il renouvelé ? J'en doute. Visiblement si.
– Il y a des questions de le refaire dans un an, mais j'espère avec des femmes, parce que ça ne change rien.
– Le problème était-il l'agressivité des deux journalistes ou leur positionnement quasi politique ?
– Je pense qu'ils n'étaient pas incisifs et qu'ils n'avaient pas assez travaillé leurs questions. – Non, pour poser des questions. – Le problème, c'est que leurs a priori idéologiques obscurcissaient leur discours journalistique.
– Merci à vous tous, c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h55. On se retrouve demain 17h50 pour un nouveau C'est dans l'air. Belle soirée sur France 5.
– Sous-titrage Société Radio-Canada – Sous-titrage Société Radio-Canada