L'interview : Renaud Muselier - 21/07
Audio original de l'émission.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 20 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:26OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il va falloir repenser notre organisation, la sécurité civile, le financement, pour se préparer à ce qui nous attend dans les prochaines années ?
- 1:03RelanceRéponse directe
Vous avez plus d'expérience que vous voulez dire ?
- 1:40RelanceRéponse partielle
Vous ne parlez pas des associations locales qui sont réticentes sur le débroussaillage des forêts ?
- 1:59FerméeRéponse directe
Vous voulez dire des écolos ?
- 2:22OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut davantage d'avions, et notamment de Canadair ?
- 3:29RelanceRéponse partielle
On est 20 ans plus tard, on est dans la même situation, en fait on est dans une situation pire, c'est que là ça brûle sous nos yeux, et on continue à regarder ailleurs, non ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:51Invité politiqueFait
« Oui, d'abord solidarité totale avec nos amis de la Gironde. »
- 1:05Invité politiqueFait
« On a quand même plus d'expérience, parce qu'on a, par exemple on voit aujourd'hui qu'ils font des pare-feux, nous on a ces pare-feux qui s'appellent des DFCI, pour les camions de pompiers, »
- 1:31Invité politiqueChiffre
« le plan de guerre du feu, c'est 6 millions d'euros par an, qui nous permettent d'avoir une anticipation, »
- 1:44Invité politiqueFait
« Oui, il y a la loi, il y a la loi pour débroussailler, et il faut que les maires fassent appliquer la loi, »
- 2:25Invité politiqueFait
« Alors c'est une démarche que nous avions organisée, oui, c'est une démarche que nous avions organisée au niveau de la région, en européanisant la flotte. »
- 2:53Invité politiqueFait
« Cette commande européenne que j'avais sollicité, il y en a deux avions pour les Français, et en tant que président de région, j'ai demandé à participer pour l'achat d'un troisième. »
- 4:01Invité politiqueChiffre
« En tout cas, ce que je sais qu'en tant que président de région, je consacre sur mon plan environnemental 40% de mon budget, »
- 4:07Invité politiquePromesse
« on va passer à 100% du budget d'ici la fin de l'année, »
- 4:59Invité politiqueChiffre
« 30 millions d'euros, de façon à ce que les ferries soient décarbonées 2023 et 2025 pour les bateaux de croisière. »
- 5:43Invité politiqueFait
« j'organise en décembre une réunion avec tous les ports de la Méditerranée parce que les bateaux qui polluent chez nous, ils polluent aussi en face. »
- 6:46Invité politiqueFait
« Vous m'avez expliqué pendant toute la campagne régionale que j'allais perdre. Vous avez gagné ? Oui, mais j'ai gagné. »
- 6:53Invité politiqueChiffre
« J'ai pris des macronistes. J'avais une majorité de 80. Je suis revenu à 84. »
- 7:02Invité politiqueFait
« J'ai fait ce que m'a appris M. Chirac ou M. Sarkozy. Additionné. »
- 12:16Invité politiqueFait
« C'est intelligent. C'est exactement ce qu'on fait au Parlement européen. »
- 13:56Invité politiqueFait
« Sur le schéma général, moi je suis contre la taxation de quelle qu'elle soit, par principe. »
Temps de parole
- Renaud Muselier69 %
- Présentateur31 %
≈ 6,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Vous écoutez RMC, l'interview Philippe Corbet. Bonjour Renaud Muselier, président de la région Sud-Provence-Alpes-Côte d'Azur. Vous êtes un soutien d'Emmanuel Macron, on va parler de la situation politique nationale. C'est l'une des premières fois que vous prenez la parole depuis les législatives. Mais d'abord, les incendies, votre région est en première ligne face aux risques de méga-feux, face aux conséquences du dérèglement climatique.
Est-ce qu'après les feux qu'on a vus en Gironde, et les feux qu'on a vus ces dernières années, est-ce qu'il va falloir repenser, comme l'ont demandé des présidents d'exécutifs locaux, notre organisation, la sécurité civile, le financement, pour se préparer à ce qui nous attend dans les prochaines années ?
Oui, d'abord solidarité totale avec nos amis de la Gironde. Ils ont été impactés, on l'a vu, c'est terrible, c'est des méga-feux, c'est très très impressionnant. Et comme vous l'avez souligné, nous on est en première ligne depuis toujours.
Vous avez plus d'expérience que vous voulez dire ?
On a quand même plus d'expérience, parce qu'on a, par exemple on voit aujourd'hui qu'ils font des pare-feux, nous on a ces pare-feux qui s'appellent des DFCI, pour les camions de pompiers, pour les interventions immédiatement organisées, qui sont structurées sur l'ensemble de la région, ce qui nous permet à nos SDIS, à nos marins-pompiers, à nos capteurs-pompiers, d'intervenir très vite, tout de suite, et on a mis en place, au niveau de la région, avec les départements et les collectivités, le plan de guerre du feu, c'est 6 millions d'euros par an, qui nous permettent d'avoir une anticipation, c'est de travailler sur le débroussaillage, faire en sorte qu'il y a plus de 200 gardes régionales.
Vous ne parlez pas des associations locales qui sont réticentes sur le débroussaillage des forêts ?
Oui, il y a la loi, il y a la loi pour débroussailler, et il faut que les maires fassent appliquer la loi, et souvent c'est difficile par rapport à leurs propres concitoyens, donc je ne parle pas des associations qui sont contre, je pense que cela laisse croître la forêt sans l'organiser, ce qui est une faute majeure.
Vous voulez dire des écolos ?
Essentiellement des associations environnementales, et après vous avez les associations de riverains qui veulent garder leur territoire, donc c'est deux traitements différents, vous avez d'un côté ceux qui ne veulent rien faire, mais à ce moment-là ça s'embrase, et donc il faut penser que le feu va arriver. Comme le feu va arriver de toute façon, il faut s'organiser de façon à ce qu'il lèche, mais qu'il ne brûle pas. Et quand vous avez débroussaillé, la maison n'est pas brûlée.
Est-ce qu'il faut davantage d'avions, et notamment de Canadair ?
Alors c'est une démarche que nous avions organisée, oui, c'est une démarche que nous avions organisée au niveau de la région, en européanisant la flotte.
En partageant avec les Italiens, les Espagnols et les Règles.
Oui, parce que de toute façon c'est tout le Sud qui est touché, mais en fait c'est toute la France qui va être touchée demain. Donc il faut que notre expérience puisse servir aux autres, qu'ils viennent se former chez nous, et que nous on vienne en soutien chez eux, c'est la solidarité nationale, comme elle fonctionne au niveau européen. Et donc là, il y a une commande au niveau des Pélicans, enfin des Canadair ou des Dash. Cette commande européenne que j'avais sollicité, il y en a deux avions pour les Français, et en tant que président de région, j'ai demandé à participer pour l'achat d'un troisième.
De façon à ce qu'on en ait un troisième à disposition, plus une organisation mécanique législative qui nous permette, pour l'été, de louer des hélicoptères qui existent en tant que tels, pour intervenir immédiatement. Donc nous avons un travail en amont, nous avons une surveillance des départs de feu, une intervention immédiate, et nous avons sur IER mis en place un dispositif qui s'appelle un Pélicandrome, qui permet aux Canadair de venir se ravitailler là, ou les Dash, de venir se ravitailler là, de façon à ce qu'ils ne retournent pas sur Nîmes.
Renaud Muselier, vous étiez un proche de Jacques Chirac, vous avez été son secrétaire d'État aux Affaires étrangères, lorsqu'il a prononcé ce discours à Johannesburg en 2002, où il disait « notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». On est 20 ans plus tard, on est dans la même situation, en fait on est dans une situation pire, c'est que là ça brûle sous nos yeux, et on continue à regarder ailleurs, non ?
Non, je pense que le problème c'est qu'on s'occupe un peu de la forêt quand ça brûle.
Je ne pense pas que de la forêt, de manière générale, il y a toute une partie des Français, notamment des jeunes, qui disent qu'il faut aller plus loin, il faut des mesures plus radicales pour sortir notre modèle de dépendance au carbone.
En tout cas, ce que je sais qu'en tant que président de région, je consacre sur mon plan environnemental 40% de mon budget, on va passer à 100% du budget d'ici la fin de l'année, sur cinq axes qui sont air, mer, terre, déchets et énergie, qui nous permettent systématiquement, dans la totalité du budget, quand même un régional, 3 milliards d'euros, qui nous permettent d'investir systématiquement sur une évolution de cette société. Donc nous on a, par exemple pour la mer, les bornes pour les posidonies, de façon à les protéger, et que les bateaux ne raclent pas le fond de la mer, et vous avez les escales zéro fumée que nous sommes en train de mettre en place.
Par exemple, quand le maire de Marseille veut que les... C'est un exemple très précis, il a lancé une pétition pour que les paquebots à Marseille ne puissent pas accoster dans les périodes de pollution, c'est-à-dire beaucoup de jours pendant l'été.
C'est peut-être pas un maire de lancer une pétition, c'est plutôt un maire d'agir. De l'interdire par exemple. Non, non, d'agir. Dans l'action, nous avons mis en place les escales zéro fumée de la région sur les trois ports Toulon, Nice et Marseille, 30 millions d'euros, de façon à ce que les ferries soient décarbonées 2023 et 2025 pour les bateaux de croisière. Si la mairie veut mettre un peu des moyens dedans, au lieu de faire des pétitions, pour gagner un ou deux ans, c'est avec plaisir. Et le maire de Marseille n'a pas aidé en ce sens.
Renaud, vous avez dit...
Et puis, il y a un autre truc. Marseille est une ville, historiquement et culturellement, c'est un port quand même. Oui. Donc, bon, c'est un port. Un port, il est fait pour avoir des bateaux. Bon, alors ces bateaux, ils vont évoluer sur le GNL, sur l'électrique. On organise le branchement électrique à quai. On organise... Vous savez que le bateau démarre, il y a les fumées. C'est des scrubbers. Ces scrubbers font en sorte qu'il n'y a plus de pollution. Mais ça, il faut les équiper, il faut les organiser.
Et comme j'ai en charge la Méditerranée du futur au niveau de l'État français et au niveau européen, j'organise en décembre une réunion avec tous les ports de la Méditerranée parce que les bateaux qui polluent chez nous, ils polluent aussi en face. Et donc, on organise le système des branchements à quai électrique de tous les bateaux de façon à ce que les populations du Sud comme les boissons du Nord soient traitées de la même manière.
René Ouzidio, vous êtes un homme de droite. C'est pratique, ça. C'est confondant. Oui, je suis un homme de droite. Vous êtes un homme de droite.
C'est vrai, je suis un homme de droite.
Je rappelais ça pour nos auditeurs. Vous avez choisi de rejoindre Emmanuel Macron pendant le précédent quinquennat. Et quand on regarde les résultats dans votre région, il y a quasiment la moitié des députés qui sont des députés ARN. Les macronistes ont perdu 13 sièges. C'est-à-dire qu'il y a quasiment deux fois plus de députés ARN que députés macronistes dans cette région qui est une grande région française. Qu'est-ce qui...
Et LR a perdu les deux tiers.
Et ça ne vous déplaît pas forcément puisque c'est le parti que vous avez quitté pour rejoindre la majorité. Non, mais ce n'est pas
le parti que j'ai quitté.
Franchement, les résultats de la macronie dans cette région importante que vous représentez ne sont pas à la hauteur de ce que vous avez essayé de constituer au niveau local.
Ben si, regardez. Vous m'avez expliqué pendant toute la campagne régionale que j'allais perdre. Vous avez gagné ? Oui, mais j'ai gagné. Pourquoi ? Parce que j'ai additionné. J'ai pris des macronistes. J'avais une majorité de 80. Je suis revenu à 84. On m'a expliqué que j'avais la moitié de ma liste qui était remplie d'en marche. J'en ai que cinq. J'ai fait ce que m'a appris M. Chirac ou M. Sarkozy. Additionné. Additionné. entre les verts modérés jusqu'à la droite qui n'est pas extrême. En additionnant, j'ai gagné dans une région qui était considérée comme celle qui avait passé... C'était pour les régionales.
Oui, mais ça veut dire
que quand on est allé au législatif derrière de la même manière, ils n'ont pas su additionner. En additionnant pas, vous coupez vos voies en deux tiers ou un tiers. Et donc, quand vous voyez que les LR ont perdu la totalité de leurs élus à l'exception des Alpes-Maritimes, il n'en reste que cinq, ils ont perdu parce que c'est un peu le même électorat. C'est dans le cadre des présidentielles. Vous avez bien vu qu'il y a trois blocs. Il y a le groupe de la NUPES de la gauche tirée par l'extrême-gauche. Vous avez le groupe de l'extrême-droite avec les hémoristes, etc. Et puis, vous avez le groupe, le bloc central qui est incarné par une personnalité qui est celle de Macron.
On peut dire ça différemment. Le macronisme, maintenant, c'est plus clair que ça ne l'était. En tout cas, ceux qui ne voulaient pas le voir le voient clairement. Le macronisme est à droite. L'équilibre de la majorité
est à droite. Donc, je suis un homme de droite, je n'ai pas l'impression de trahir.
D'accord.
Mais ce n'est pas tellement... Là, on voit bien voir, d'ailleurs, dans le cadre de la pétodière du Parlement, aujourd'hui, vous avez la nécessité de travailler sur des projets. Ces projets, vous avez la nécessité d'avoir les gens qui sont les gens modérés, qui trouvent des solutions efficaces et pragmatiques comme vous avez souligné.
Ce que vous prenez, Renaud Muselier, c'est une sorte de... Je ne dirais pas d'alliance parce que le mot est peut-être un peu gros, mais une sorte de travail en commun, de LR avec les macronistes pour trouver, on l'a vu au Sénat cette nuit sur le texte sanitaire, on va le voir probablement d'ici ce week-end sur le pouvoir d'achat à l'Assemblée, qu'il y a une sorte de coalition de fait entre LR et la macroniste.
Mais comme ça existe dans nos collectivités locales, comme ça existe au niveau européen, mais c'est plus long. Parce que vous êtes obligés de négocier, vous êtes obligés de discuter, et donc vous n'avez pas le pouvoir absolu, vous avez un pouvoir relatif qui fait en sorte que vous le négociez et donc vous le tempérez. Après tout, c'est la démocratie. Et dans cette démocratie-là, c'est ce qui se passe au niveau européen, c'est ce qui se passe au niveau de nos collectivités territoriales, et c'est ce qui ne se passe jamais au niveau de l'Assemblée nationale. Et c'est ce que nous ont dit nos électeurs. Nos électeurs, ils ont dit, maintenant, essayez de vous entendre.
On voit bien que le compromis tel qu'il existe au niveau européen ou comme il existe au niveau local, ce mode d'emploi, ils ne l'ont pas au niveau national. Ils vont bien finir par le trouver.
Je leur souhaite. Dans cette pétodière, puisque je reprends votre mot, dans cette pétodière, quand vous observez ce que fait Marine Le Pen, la stratégie qu'elle aborde, l'idée d'être, entre guillemets, constructive. Elle a voté, enfin, elle va voter avec ses députés, 89 députés, quasiment tous les articles de la loi au pouvoir d'achat. Est-ce que vous dites, elle est habile et si elle continue comme ça, elle peut être réglée la prochaine fois ? Bien sûr qu'elle est habile, elle a toujours été très habile,
Mme Le Pen. Est-ce qu'avant ? Elle progresse aussi parce qu'elle a vieilli. Mais vous constaterez que Mme Le Pen a beau après avoir... Oui,
mais là, c'est la dernière semaine, à l'Assemblée, c'est elle qui profite politiquement le plus de cette situation
que vous décrivez comme une pétodière. Sauf que vous avez un cut. Le cut, c'est l'élection. Dans l'élection, elle n'a pas gagné les présidentielles et elle n'a pas gagné les législatives. Ça, c'est une réalité. Maintenant, dans le comportement intérieur du Parlement, elle fait exactement l'inverse de ce qu'elle fait au niveau européen. Au niveau européen, elle ne vote jamais rien. Elle vote toujours au profit de son idéologie locale contre l'Europe. Au niveau du Parlement français, elle se retrouve dans une situation où elle nous a expliqué au lendemain les présidentielles que c'était fini maintenant, les présidentielles.
Et comme par hasard, comme ils ont eu plutôt un bon succès aux législatives, même s'ils n'ont pas gagné, elle s'est dit, après tout, je peux peut-être jouer le coup une dernière fois aux prochaines présidentielles. Donc, elle essaye de se dédiaboliser en permanence. Elle le récite plutôt... Quand vous regardez le Parlement, vous avez un mec de droite, vous voyez la gauche qui est débraillée, sale, qui hurle, qui crie partout. Ils défendent aussi les idées pour lesquelles ils ont été élus. Non, mais c'est un point de comportement. Dans le comportement, vous représentez... J'étais 20 ans député. Vous représentez au Parlement français la République.
En représentant la République, vous avez une charge. Vous n'êtes pas dans une cour de récréation. Et cette charge-là, il faut l'assumer en tant que telle. Vous ne pouvez pas crier, vous avez grandi. Vous sortez du bac à sable et vous êtes chez les grands dans l'histoire de la République, dans l'histoire du Parlement français. Et donc, vous devez essayer de vous comporter à ce niveau. Elle, elle essaye. eux, non.
Quand vous dites méthodière, vous pensez que ça peut exaspérer les Français, ça peut fatiguer les Français ? Ah, mais c'est insupportable.
Vous ne parlez pas que de la NUPES, vous parlez de l'Assemblée de l'Assemblée de l'Assemblée. Non, je parle du Parlement dans sa globalité. C'est insupportable pour les Français. C'est insupportable. Les Français ont dit vous avez trois groupes, débrouillez-vous, et finalement, peut-être que vous allez enfin pouvoir réussir à travailler ensemble. C'est ça qu'ils ont envoyé comme message.
C'est presque un espoir. Entendez-vous, on vous met tous dans la même pièce ? Mettez-vous ensemble là-dedans,
soyez un peu raisonnables, soyez un peu intelligents, vous êtes de droite, vous êtes de gauche. Il y a toujours une attente des Français. Donc, ils n'attendent pas ce spectacle-là. Donc, dans ce spectacle-là, le Parlement de la République doit prendre l'habitude d'arriver à travailler ensemble. Et aujourd'hui, ce compromis va arriver sur quelques amendements, textes de loi potentiels, mais cette habitude-là, il faut qu'ils arrivent à la prendre.
Prenons l'exemple qui va nous occuper dans les prochaines heures et prochains jours sur le prix du carburant. Il y a une discussion en cours entre le gouvernement et LR pour trouver un compromis. LR renonce à l'idée d'avoir un litre à 1,50. Le gouvernement renonce à son idée de chèque pour les travailleurs qui étaient inusés à gaz et ils vont converger vers une prolongation de l'aide de la ristourne au-delà de 18 centimes jusqu'à décembre.
C'est intelligent. C'est exactement ce qu'on fait au Parlement européen.
C'est ça qu'il faut faire.
Négocier comme temps. Quand vous n'avez pas de majorité, vous discutez avec ceux qui sont élus. C'est ça la démocratie. Sinon, c'est la révolution. Et donc là, vous avez une démarche qui est assez simple ou alors le Parlement ou une dissolution. Et la dissolution, ils ne la veulent pas. Aucun ne la veut. Ce n'est pas ceux de la NUPES qui la veulent et ce n'est sûrement pas ceux du Fonds National qui la veulent. Et LR, ils ne savent pas dans quelle situation ils sont. Donc personne ne veut la dissolution. Donc ils ont l'obligation de travailler ensemble, tous ensemble, et en même temps de montrer leur différence. Et bien ça, c'est un peu difficile aujourd'hui. Il y a un autre sujet.
Mais par contre, ils ont l'obligation de réussir. Parce qu'on a la guerre à nos frontières, on est une situation très compliquée. On voit bien que la Chine n'a pas la croissance estimée, voulue, attendue. Et donc on a quand même beaucoup de paramètres qui font en sorte qu'on ne peut pas partir en vacances en se disant tout va bien à la maison. On a le feu autour de la maison aussi. Ce n'est pas simplement que le climatique.
Il y a un autre sujet qui va discuter dans cette loi pouvoir d'achat. Une discussion sur une taxe, une éventuelle taxe sur les super profits. On voit que plusieurs groupes, la NUPES mais l'URN sont favorables à une taxe sur un super profit et que la plupart des députés LR et de la majorité n'en veulent pas. Vous voyez que ça peut faire une majorité ça. Mais il y a deux entreprises qui sont visées parce qu'ils veulent une taxe sur un super profit. Deux, particulièrement deux. Total, notamment pour ces activités de raffinage.
Il y a par exemple une raffinerie dans les Bouches-du-Rhône et la CMA-CGM qui est le troisième armateur mondial qui est basé à Marseille et qui, d'une certaine manière, a grossé ses profits depuis un an et demi. Est-ce qu'il faut que la CMA-CGM fasse un effort très net pour baisser le prix des conteneurs ? Ou alors, est-ce qu'il faut mettre en place une taxe contre la CMA-CGM ?
Sur le schéma général, moi je suis contre la taxation de quelle qu'elle soit, par principe. Donc il faut que la CMA-CGM fasse une preuve ? Sur le côté total, on ne peut pas leur demander de descendre le prix de l'essence, de continuer à investir, d'être le numéro 1 mondial et en même temps le taxer. Le truc, ça ne marche pas. Donc on ne peut pas tout leur demander à la fois et donc c'est une stratégie. Il faut peut-être qu'il fasse
un geste plus fort que jusqu'à présent.
Mais discuter, mais ce n'est pas pour ça qu'il faut taxer. Le cut de la taxation est un cut facile mais qui est très dangereux en aval. Donc quand vous avez une entreprise de dimension mondiale, vous protégez cette souveraineté donc vous n'y touchez pas. Mais la CMA-CGM, qui est un outil mondial, si dans le cadre de la taxation, ça serait la seule entreprise de transport qui serait taxée au monde. La seule entreprise au monde. C'est-à-dire que tous ses concurrents dans le cadre des armateurs ne sont pas taxés. Donc il faut qu'elle fasse un geste pour faire blesser le prix des compteurs. Mais M.
Saadé, qui est un Marseillais, qui aime son pays, qui est basé ici, ses bateaux sont français, il est à disposition du gouvernement pour discuter de telle ou telle chose. Mais la taxation, pourquoi taxer une entreprise qui est un fleuron mondial, qu'ils ont réussi à élever au niveau mondial, qui ne se reverse pas des dividendes et qui réinvestit dans l'entreprise, pourquoi voulez-vous la taxer ? Pourquoi voulez-vous la taxer ? Ça n'a aucun sens.
On a bien vu dans le problème du Covid, on a bien vu dans le problème de la guerre, qu'on a besoin de souveraineté industrielle nationale avec un encroche très fort, avec des gens qui sont des patriotes, des Français, des régionalistes, des Marseillais bien entendu, et vous voulez les taxer parce qu'ils réussissent. Mais pourquoi voulez-vous taxer ceux qui réussissent alors qu'ils jouent la carte France ?
D'abord, vous n'avez pas rejoint de renaissance, vous allez créer un autre parti, un parti de majorité, un parti régional,
local ? Moi, j'ai été élu avec ma majorité sur notre région d'abord. Donc, je fais nos territoires d'abord. Donc, là, ils peuvent adhérer qui veut. De la gauche à la droite, en passant par elle, etc. Ceux qui veulent. De toute façon, les maires, par exemple, ils sont essentiellement à droite chez nous. On a bien vu que la division entraînait la catastrophe et au niveau local, je fais un parti qui s'appelle notre territoire d'abord. Un parti régionaliste ? Ça fait un peu un peu autonomiste ou indépendantiste. Vous n'avez pas demandé
l'autonomie de la région ?
Je ne sais jamais. C'est un petit pays. On a la taille de la Belgique. On est plus nombreux que la Finlande. Et on a le produit intérieur de la Nouvelle-Zélande. Et on a mer et montagne. On a les Provence. Mais pourtant, je suis français. Fondamentalement français. Je veux que mon pays fonctionne. J'ai une stabilité politique. Cette stabilité politique, c'est l'addition des différences. Et donc, au niveau local, je veux additionner ces différences en leur laissant la liberté nationale. S'il y en a qui veulent être à Renaissance, si je peux être à Renaissance, si d'autres sont en CLR, pourquoi pas ? Et je vois ce que fait M. Séjourné pour la construction de Renaissance. Ça m'intéresse.
Renaud Muselier qui ne va pas demander l'autonomie de la région Sud ce matin. Merci d'être venu sur BFM TV. Bonne journée. Sous-titrage Société Radio-Canada
Renaud Muselier