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Podcast / conversationJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 4 octobre 2020 23 minAutoproduitActualité / polémiqueEnvironnement & énergieAgriculture & alimentation

VLOG - Une rivière... sans eau !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Jean-Luc MélenchonFait
    « Il faut bien se rendre compte que là, ce sont des régions où jamais on n'imagine qu'il puisse manquer d'eau. »
  • 1:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Le changement climatique, il est irréversible et dans ces conditions, il faut voir comment avec la situation qu'on a sur les bras, on va pouvoir maintenir un certain nombre de fonctions qui sont vitales pour les êtres humains. »
  • 3:00Jean-Luc MélenchonFait
    « La quantité d'eau qui tombe en une année est à peu près constante, par contre, c'est la répartition de cette eau sur l'année qui pose problème. »
  • 4:00Intervenant géologueChiffre
    « On a eu un printemps ici, dans le Haut-Doubs, avec plus de 40 jours sans pluie, c'était exceptionnel. »
  • 6:00Intervenant géologueFait
    « Il faut conserver les zones humides, il faut arrêter de drainer les champs, il faut avoir une politique globale sur le bassin versant. »
  • 9:00Jean-Luc MélenchonChiffre
    « Il faut 120 litres de flotte pour une vache, par jour ! »
  • 12:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Il faut bien réfléchir et ensuite on prend une décision qui va s'appliquer dans le moyen et le long terme. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Là on est à Maison-du-Bois-Lièvremont, c'est un endroit clé dans notre visite parce qu'il y a un pont et puis du pont on va voir la rivière asséchée et je dois dire que rien que d'y penser, ça provoque un sentiment étrange parce qu'il faut bien se rendre compte que là, ce sont des régions où jamais on n'imagine qu'il puisse manquer d'eau. Il y a de la neige juste au-dessus, il y avait de l'eau… bon, on est pas dans le grand sud du pays, alors voir des rivières s'assécher, il faut arriver à comprendre les phénomènes qui s'additionnent pour produire ce résultat, pour essayer de voir comment on peut contrer et faire face à cette difficulté, mais il faut bien comprendre que ça ne sera pas que… le problème ce n'est pas de revenir à "avant" parce que ça, ce n'est pas possible, parce que le changement climatique, il est irréversible et dans ces conditions, il faut voir comment avec la situation qu'on a sur les bras, on va pouvoir maintenir un certain nombre de fonctions qui sont vitales pour les êtres humains, en l'occurrence se procurer de l'eau potable qui est la quantité d'eau la plus faible qui est au total dans l'eau qui est disponible sur cette planète. Alors c'est pour ça qu'on vient là, c'est parce que ce n'est pas une région où vous vous attendez à ce qu'il y ait de la sécheresse, jusqu'au point, qu'on va constater, de la disparition de la rivière pure et simple.

Voilà, c'est ça le sujet du jour. – Messieurs ! – Bonjour ! – Madame pardon, j'allais justement faire des remarques sur le fait que c'était très masculin. – Bonjour ! – Bonjour !

Qui est l'intellectuel ? – Ben, il parait que c'est moi, mais ça me fait un peu peur comme définition. – Ce n'est pas une définition. – Surtout face à toi Jean-Luc quand même hein !

On est deux ex-étudiants de Besançon, c'est ça ? – Oui, mais moi j'étais à la fac de lettres, et toi ? – À la fac de sciences, je suis géologue [Musique] – Ce n'est pas croyable ! [Musique] Ça fait mal au cœur. – Voilà ! [Musique] – Je vous garantis que ce problème n'a pas atteint les sommets des dirigeants du pays, je vous le garantis !

La conscience n'existe pas, pour l'instant, dans leur esprit c'est un problème exotique de la Guadeloupe, de Mayotte ou de la Guyane, mais ils n'ont pas pris conscience, je ne sais pas pourquoi, parce qu'il n'y a pas que des gens de la région parisienne. Quand t'as été gamin ici, tu ne peux pas voir une photo du Doubs où il n'y a plus de Doubs sans que t'aies t'impression que… Tu vois, si le ciel nous tombait sur la tête, ça nous ferait le même effet. C'est comme si tu allais aux chutes du Niagara, il n'y a plus de Niagara !

Vous feriez la part des choses comment, vous, entre le réchauffement climatique et la sécheresse, l’assèchement des rivières ? – Ben, il faut que, j'allais dire presque bassin versant par bassin versant, on regarde si les sécheresses sont bien expliquées par le déficit de pluviométrie, ou si on a déjà des déficits importants dans les rivières avant, donc c'est sûr qu'une année comme cette année, le déficit de pluviométrie est très important, mais si on compare avec ce qui se passait antérieurement, les sécheresses du Doubs, elles arrivaient en septembre, après l'été. Maintenant on voit des rivières qui sont à sec quasiment en début d'été, ce qui prouve bien que de toutes façons, on a un énorme problème. – Les précipitations, la quantité d'eau qui tombe en une année, est à peu près constante, par contre, c'est la répartition de cette eau sur l'année qui pose problème.

C'est à dire, on a des périodes avec beaucoup d'eau et des longues périodes sans eau, on a eu un printemps ici, dans le Haut-Doubs, avec plus de 40 jours sans pluie, c'était exceptionnel, au moment où d'habitude, c'est au mois d'avril qu'il y a vraiment de l'eau. Cette année, plus de 40 jours sans eau dans le Haut-Doubs c'est inouï quoi, c'est inouï ! Ce n'est pas la quantité d'eau, c'est la répartition de l'eau sur l'année. – Alors attend !

Troisième facteur, ça, ça a plutôt à voir avec le dérèglement climatique ? – Oui oui, vis à vis du dérèglement climatique, ce qu'il faut bien voir, c'est qu'actuellement on est dans une phase de transition, c'est à dire qu'on est dans une phase où le climat est perturbé. Il ne faut pas oublier qu'il y a le réchauffement global, et puis après, il y a comment ce réchauffement global va s'exprimer localement par le climat. – C'est ça, c'est ça. – Pour le moment, on est dans des régions tempérées où le climat est quand même incertain, et la seule chose qu'on peut dire aujourd'hui, c'est qu'on a devant nous une ou deux décennies de climat très perturbé avec des périodes de sécheresses, avec des périodes de fortes pluies et on ne sait pas trop bien où l'on va, et ça c'est problématique pour aussi la gestion de l'eau potable, l'alimentation des différentes communes, pour savoir ce qu'il faut faire. – Bon voilà, ici nous voilà à Ville-du-Pont.

Où est la ville ? On voit le pont. J'adore le paysage !

L'eau, elle a baissé hein ! Bon, on va marcher, alors ! [Musique] Oh la vache !

Ça, c'est la rivière d'habitude ? Misère ! – Ce qu'on voit très très bien, c'est le caractère… hein, le calcaire est complètement parcouru de toute une série de fissures, on va dire, elles portent toutes des noms différents, d'accord, et tout ça, ce sont des endroits d'infiltration qui peuvent être parfois même relativement ouverts, relativement importants.

Alors, évidemment, il y a les galets dessus, les gros galets, on ne voit pas, mais l'eau s'infiltre à l'intérieur et alimente le sous-terrain. – Mais alimente quoi ? Une rivière souterraine ? – Une rivière souterraine ou toute une série de drains qui peuvent partir dans toutes les directions, et tant qu'on n'a pas vraiment fait les traçages, on ne sait pas exactement où ça va.

On a des idées avec la géologie, et on a des idées parce qu'il y a beaucoup de traçages qui ont été faits avec le colorant vert, la fluorescéine, et puis voilà. Et puis il y a des accidents, comme le fameux accident de Pontarlier, où le jour où l'usine d'absinthe prend feu, des ouvriers ont déversé des tonneaux d'absinthe pour ne pas que ça explose et puis on a vu arriver l'absinthe deux jours après dans la Loue. On s'est bien rendu compte que ça avait traversé toute une partie du massif pour ressortir dans la Loue – Attends, qu'est-ce qu'ils ont mis, pardon je n'ai pas compris ?

De l'absinthe ? – Oui. (rires) – Sérieux, il y a eu une rivière d'absinthe ici ? – L'usine de Pontarlier prend feu, et à moment un donné, au moment de l'incendie, les ouvriers veulent évacuer le stock pour ne pas qu'il explose, qu'il prenne feu.

Alors, il y a deux versions parce que… voilà. Et ils ont déversé ça, et en fait, ben je pense que c'est quasiment 48 heures après, ben les promeneurs sur le bord de la Loue ont vu que la rivière prenait une drôle de couleur et sentait l'absinthe, et pour boire l'apéro, il suffisait de mettre le verre dans la rivière et de boire directement l'absinthe. – Excuse moi, parce qu'au début, je me demandais, "mais pourquoi on met de l'absinthe sur un incendie ? " Mais non, c'est justement pour que ça ne brûle pas.

Ça devait être quelque chose alors, de voir une rivière d'absinthe ! – Et c'est comme ça qu'on a découvert qu'une partie des pertes du Doubs venaient alimenter la résurgence de la Loue. – D'accord. – Le principe de base d'une rivière, pour revenir à quelque chose de simple, le principe de base d'une rivière, c'est que normalement, qu'on soit dans un système de nappes alluviales ou dans un système de karst, c'est qu'il y a la période des pluies.

La période des pluies remplit des réservoirs naturels, qui peuvent être des nappes aquifères, qui peuvent être le karst, qui peuvent être des tourbières, etc. et quand on arrive dans la période sèche, l'étiage, ce sont tous ces réservoirs naturels qui réalimentent la rivière en eau. Donc, si on dit qu'on va avoir des périodes de sécheresse, qui vont se répéter, la seule solution, c'est que quelque part, la nature ait stocké de l'eau pendant les périodes de fortes pluies et qu'elle va la relâcher progressivement pour soutenir l'étiage de la rivière.

Mais pour faire ça, il faut conserver les zones humides, il faut arrêter de drainer les champs, il faut avoir une politique globale sur le bassin versant. Chaque fois, par exemple, qu'un village crée une grande zone, un lotissement, en mettant du macadam partout, en récupérant l'eau de pluie et puis en l'envoyant dans la rivière, c'est de l'eau qui est perdue pour la recharge naturelle, et c'est de l'eau qui manquera en été quelques mois plus tard. – Et pourquoi ?

Il faut bien qu'elle aille quelque part quand même ? – Elle serait bien mieux dans le sol ou dans le sous-sol, et ressortir tranquillement pour alimenter la rivière… – Plutôt que dans les tuyaux… – Si on la fait partir dès le mois de mars ou dès le mois d'avril dans la rivière, ben au mois de juillet, elle est déjà dans la Méditerranée. – OK, OK, ça y est, j'ai compris. – D'habitude, l'été, on vient ici avec les enfants, parce qu'il n'y a pas beaucoup de profondeur, donc on vient l'été, se rafraîchir dans l'eau, en plus il y a peu de courant ici, que là, on venait marcher où on devait… [Musique] Là, on va faire une pause, et après on va repartir, continuer.

Là, on vient de voir quelque chose d'un peu plus près, ce sont les autres aspects de la détérioration des rivières, avec les algues dedans, et les conséquences que ça a sur la géologie, la façon dont fonctionne la rivière, puisque ces algues qui sont au fond, finissent par tapisser et faire comme un filtre, un bouchon en réalité, mais, je dois dire pour ceux qui ne connaissent pas une rivière, peut-être que ça ne leur fait rien de voir ça, ou pour ceux qui sont du sud, mais pour ceux qui ont connu cette région, et qui la connaissent comme elle est, c'est un spectacle qui est terrifiant, que la disparition de l'eau. Je pense qu'on a bien fait de venir là, parce que c'est là qu'on peut le mieux se rendre compte de la situation. Aller, on y va. [Musique] – Elle arrive à peu près au dessus de la pierre blanche à son niveau normal – Là où il y a le pneu. – Oui, à peu près au niveau du pneu. – Mais là-bas, ce que je vois, ce sont des bateaux qui sont à sec. – C'est tout à sec, oui. – On voit, sur le gros bâtiment avec les fenêtres rouges, l'eau doit arriver à la moitié du mur. – C'est spectaculaire, hein.

C'est le décor, tu vois, qui rend la chose plus saisissante, parce que le décor est vert, et puis le lac a disparu. [musique] – Oh la vache ! – Là, il faut descendre à côté. – Mais on peut descendre dessus ? – Oui, oui, il n'y aucun soucis. [Musique] – Ce n'est pas vrai ?

Ah ouais, sympa, merci ! Eh ben alors, vous passez devant et vous ne regardez même pas ! Aïe Aïe Aïe Aïe Aïe Aïe ! [rires] Ah ben, on peut pas faire moins, hein !

Ah, vous aviez tout prévu, mais comme c'est gentil ! Comme c'est gentil, oh lala lala, mais ça rend fou, il parait, non ? – Non, non, c'est bon, là.

Depuis 2011, ça a été ré-autorisé, c'est maîtrisé, le taux de thuyone et du coup il n'y a pas de soucis. Enfin, à boire avec modération mais à part ça, c'est tout bon. – Alors, modérés, nous, c'est pas trop notre truc héhé (rires) … – C'est vrai ! – Et je crois que pour ça aussi.

Mais c'est tellement gentil de votre part. – Ben, de rien, avec plaisir. – Ah mais, bien sûr qu'on va le goûter ! – Alors, la petite dose d'absinthe au fond du verre… – Ah ouais, pas plus hein, parce que… et alors après, qu'est-ce qu'on fait ? – Après, on met une cuillère à absinthe, comme ceci, un petit sucre, et je vous laisse placer le verre sous un petit robinet, et après vous n'avez plus qu'à ouvrir délicatement. – Qu'est-ce qu'il y a, là-dedans ? – C'est juste de l'eau avec des glaçons, – Ah, d'accord. – Et donc, vous pouvez ouvrir délicatement. – Ça y est, t'as tout ce qu'il faut, Antoine, tu vois bien l'opération ? – Il faut que ça aille goutte à goutte sur le sucre, pour que le tout tombe bien progressivement dans le verre.

Voilà, là c'est parfait. C'est un petit peu anisé quand même. – C'est ça, je le sens, je le sens, là. – Et puis celle-ci a des notes de mélisse, elle est assez rafraîchissante.

Il faut goûter les bons produits. – Ah ben, c'est clair ! Je peux bien goûter de l'absinthe, j'ai goûté du kawa une fois, donc euh, une autre affaire.

Alors là, ça va, je dois mettre l'eau là, c'est bon, là ? – Là, c'est pas trop mal, oui. Voilà, et puis vous pouvez remuer deux ou trois fois avec la cuillère, c'est ce qu'on appelle "battre l'absinthe" en termes officiels. – Je bats l'absinthe ! [rires] – Bon, c'est prêt à déguster ! – Elle ne proteste pas.

Alors, mais on ne sait pas, comment s'appelle le… ? – Le restaurant ? Il s'appelle "l'absinthe", tout simplement. – Avec des bières artisanales du Saut-du-Doubs, mais c'est génial, tout ça ! – Que des bons produits locaux. – Ça y est là, c'est bon ? – Là, oui, c'est bon, vous pouvez la consommer – Vous êtes prêts à me porter, les petits ? (rires) Pourquoi il n'y a que moi qui en boit ?

Je trouve ça curieux. (rires) Ça, ça m'a l'air piégeux. – Oh, au bout de deux ou trois, vous pouvez peut-être sentir les effets, oui (rires) . – Merci.

Je la reprend en descendant ? – Oui, bien sûr, je vous la mets de côté – Il n'y a pas d'inconvénient ? Je pense revenir hein, donc… – De toutes façons, je crois que vous n'avez pas le choix et vous allez devoir repasser par ici, oui. – Oui, oui, on va faire une petite halte. – En gros, moi je suis en France et vous, vous êtes en Suisse, hein. – Bon alors ici, on est sur une passerelle assez spéciale, de ce côté-ci, c'est la France, de ce côté-là, c'est la Suisse.

Et puis, qu'est-ce que vous voyez ? Ben justement : rien ! Voilà la frontière, elle est là, il n'y a pas de gabelou, il n'y a pas de poste frontière.

On est deux, on va envahir la Suisse. Et là, malheur ! Il n'y a plus d'eau.

Regardez, je crois que là, ça fait plus peur qu'ailleurs. Parce que là, on voit mieux la place qu'occupe la rivière d'habitude. Là où on était tout à l'heure, il y avait des bords herbeux, tout ça, donc on se rendait peut-être moins compte de ce que c'est qu'une rivière à sec.

Et autrefois, par là, il devait y avoir un moulin, avec un bief, il y a longtemps hein. Le bief, c'est un truc qui coupe le cours de l'eau pour le concentrer et l'amener sur la machine du moulin. Et là, de l'autre côté, on voit des pierres qui étaient des bouts du moulin en question.

Donc, la leçon à tirer : c'est que c'était un flux assez puissant pour faire marcher un moulin. Parce qu'un moulin, il ne faut pas croire que ça tourne comme ça, il faut qu'il y ait du débit hein, faut que ça pousse. [musique] – Alors là, il n'y a plus d'eau. – Voilà le Saut du Doubs là. [musique] Donc en fin de compte, en tout cas à partir d'ici, à partir du Saut du Doubs, c'est ça le Doubs, voilà.

Alors, c'est ça le Doubs actuellement, parce que normalement, ce n'est pas ça évidemment. Ici, normalement, enfin voilà, c'est l'image de la région, ici le Saut du Doubs, c'est vrai, c'est l'image de la région, c'est exactement ça, oui. – Bonjour M'sieur Mélenchon. – Bonjour M'sieur ! – Qu'est-ce que vous faites là ?

Il parait que vous aimez mon franc-parler, qu'est-ce que c'est que cette histoire ? – Oui, on a créé la Suisse Insoumise. – La Suisse Insoumise, mais vous êtes insoumis par nature, les Suisses, il n'y a rien à en tirer !

Allez, au revoir, bonne journée ! [musique] Ben, il a l'air un peu maigrichon votre lynx. – Oh non, il est beau ! [musique] On voit paraître de plus en plus d'articles et de références aux sécheresses mais l'esprit public n'identifie pas le lien qu'il y a entre cette sécheresse et les différents paramètres qui conduisent aux situations de manque d'eau.

Et, au niveau politique, je crois qu'exception faite des élus des coins qui sont entrés en sécheresse et qui prennent conscience du fait qu'il y a un problème à porter, mais les "élites", de l'État, de la haute administration, alors zéro, eux, ils n'ont pas compris. Ils ne savent pas qu'il y a un problème, et un problème énorme, et c'est pour ça que les images qu'on fait, ont une grande importance parce que, voir une rivière à sec en France, c'est un événement. Alors évidemment, il y a certains départements du pays où non, les rivières sont à sec chaque année, c'est plutôt dans le Sud ça, c'est aussi vieux que le Sud lui-même.

Mais là, nous sommes dans le Grand Est du pays. Donc voilà, c'est un problème qui est en train de se généraliser, il faut qu'on comprenne à temps l'impact sur tout, hein : les quantités d'eau potable disponible, la façon dont vivent les gens, la façon dont vivent les arbres, surtout que là, c'est une nature artificialisée, on a planté des arbres de tous les côtés là, les fameux pins de l'ONF, ils en ont mis partout pour en faire une ressource, mais le problème, maintenant, il n'y a plus d'eau, alors des forêts entières sont en train de mourir. Là, ce n'est pas le cas encore, hein.

Mais on m'a raconté que l'arbre qui se dessèche, parce qu'il se dessèche, il devient plus vulnérable à certains insectes. Et ces insectes se mettant sur les arbres qui se dessèchent, étant plus nombreux, puisqu'ils ont plus à manger, s'attaquent aux autres avec plus de facilité et donc, ils les chopent à la première faiblesse, si j'ose dire, parce que tout ça se déroule quand même sur des cycles qui ne sont pas des cycles instantanés. Donc, il y a comme ça des conséquences en chaine, qui passent du manque d'eau à, ensuite, la nature, les végétaux, des végétaux aux insectes, les animaux, en file comme ça.

Et évidemment, ça souligne les aberrations, quoi ! Il faut 120 litres de flotte pour une vache, par jour ! Bon, la question se pose de savoir si on a besoin de tant de vaches, et pour quoi faire ?

Mais après, il y a des gens qui en vivent de ça, donc on ne peut pas se contenter de leur dire "ça ne peut pas durer". Il faut aussi proposer des alternatives, donc il faut tout repenser ! La rivière, l'environnement, l'eau qui est là, l'élevage, les arbres.

Parce que les arbres, ce n'est pas un sujet pour capitalistes d'une salle de bourse, hein. Décider de planter un arbre, ça veut dire que quand on le plante, on pense qu'on va le récolter et si on le récolte 40 ans après, on ne peut pas prendre des décisions qui s'appliquent pour les 10 prochaines minutes hein, donc tout le monde comprend ça. Et c'est là qu'on commence maintenant, vraiment à percevoir l'importance, le sens du fait que le temps est un événement social, c'est-à-dire quelque chose qui participe de la vie de la société.

Ce n'est pas juste un arrière-plan. Alors au début, je racontais ça, ça paraissait un peu "philo bac + 15" là, mais maintenant, il y a de plus en plus de gens qui comprennent et notamment, pourquoi la planification, c'est la clef de la décision politique. C'est qu'il faut bien réfléchir et ensuite on prend une décision qui va s'appliquer dans le moyen et le long terme.

Et il faut vérifier tout au long du temps qui se déroule que la décision qu'on a prise était la bonne, qu'elle produit des résultats dans le sens de ce qu'on attend à la fin, et si ce n'est pas le cas, et bien, de rectifier avant, hein. Tandis que là, c'est le grand n'importe quoi, on fait puis on verra bien, bon, si ça fonctionne 2 ou 3 ans, eh ben c'est bien, bon ! Il y a une indifférence au temps long qui, à la fin, devient un désastre pour tout le monde, quoi !

Ça, c'est vraiment pour le coup, une idée nouvelle. – Sous-titrage : Le Crayon d'oreille -